Coupe rase et coupe de régénération. — La
coupe rase est l'exploitation en une seule fois de tout le bois existant sur la superficie. Par la coupe de r^énération, on Texploite au contraire en plusieurs fois, de manière à produire et à dégager un repeuplenjent naturel en essences de la futaie W,
Après la coupe rase, comme après la coupe de régénération, le repeuplement naturel est rarement complet en bonnes essences. Le sol se recouvre, surtout après la coupe rase, de végétations adventices à Tabri desquelles vient un semis naturel des essences de la forêt coupée. Ce semis e^t généralement suffisant pour reconstituer la
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SAPINI^E. 15
forêt. Les morts-bois disparaisseat au bout de quelques années, et les essences feuillues cèdent peu à peu la place aux essences résineuses, qui reprennent la prépondémnce.
38. Dans les sapinières soumises à ce régime, Texploitation se fait lorsque le plus grand nombre des arbres ont acquis une valeur marchande. Jusqu'à ce terme, qui est celui de la révolution, beaucoup sèchent, quelques-uns sont coupés accidentellement, et le massif reste serré. Les arbres soutiennent entre eux une lutte continuelle et s'eflTorcent de conserver dans le sol et dans l'atmosphère assez d'espace pour prendre leur nourriture. Tant que la forêt est jeune et vigoureuse, les arbres les plus faibles succombent assez rapidement, et il se fait une éclaircie naturelle. Mais à mesure que les arbres avancent en âge, la lutte est plus soutenue, elle devient même épuisante, et finirait par entraîner le dépérissement si Ton ne faisait pas la coupe.
Cette marche de l'accroissement dans les forêts ainsi traitées est nettement accusée sur la section des souches. On remarque au centre une zone considérable dont les couches concentriques sont progressivement plus épaisses, puis une zone généralement petite, présentant des couches concentriques à peu près de même épaisseur, et à partir de ce point une décroissance continue jusqu'au dépérissement de l'arbre, qui n'arrive souvent qu'après une longue série de couches tellement minces qu'on a de la peine à les compter.
On est tenté d'admettre que dans cette lutte pour l'existence, les arbres prennent plus de hauteur au'étant
progressivement espacés de manière à la prévenir. Mais une observation constante prouve qu'ils s'épuisent et cessent de croître en hauteur et en grosseur avant d'avoir atteint les dimensions auxquelles ils parviennent dans les forêts aménagées.
39. Avec l'exploitation par coupes rases, il y a dans la forêt aménagée autant de coupes que d'années dans la révolution. Elles sont d'âge gradué, ce qui constitue la régularité dans les forêts de ce genre. Cette régularité est moindre avec l'exploitation par coupes de régénération, parce qu'il faut plusieurs années pour produire et dégager le semis naturel en essences de la forêt.
40. Le repeuplement, qu'il provienne de la coupe rase ou de la coupe de régénération, est accompagné d'une végétation adventice. Dans la forêt aménagée, on la fait disparaître à plusieurs reprises, jusqu'à ce que les bonnes essences soient devenues maîtresses du sol. Ces coupes sont dites de nettoiement.
41. Après les coupes de nettoiement, les jeunes arbres ont d'abord une végétation très active. Mais le peuplement ne tarde pas à de venir serré, et il s'établit entre les arbres dont il se compose une lutte qui se fait au préjudice de l'accroissement. Pour y obvier, on coupe les arbres défectueux et superflus, et l'on conserve en nombre suffisant pour que le massif ne soit pas interrompu les arbres les meilleurs et les mieux placés. C'est Véclaircie. Elle doit se renouveler périodiquement, mais elle ne produit pas toujours l'effet qu'on en attend. La conservation du peuplement complet en bois de même âge jusqu'à l'époque de la régénération ralentit la végétation.
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et le couvert, en s'élevant, cesse de conserver la fraîcheur du sol.
42. Avant le terme fixé pour Texploitation, le peuplement en bois de même âge est plus fortement éclairci afin que le semis se produise. C'est la coupe d'ensemencé" ment.
Quand le semis a pris de la force, on éclaircit de nouveau les vieux bois. C'est la coupe secondaire.
Et quand le semis peut se passer de leur protection, on achève de les enlever. C'est la coupe définitive.
Les coupes d'ensemencement secondaire et définitive sont dites de régénération.
43. Les difficultés du réensemencement naturel dans les repeuplements en bois de même âge et les inconvénients des coupes de régénération ont fait adopter la coupe rase de proche en proche avec repeuplement artificiel. Le sol est exactement nettoyé après la coupe, et pour prévenir les végétations adventices on repeuple l'année même de la coupe. A cet effet, on ehtretient des pépinières qui fournissent les plants de premier repeuplement et ceux plus forts destinés à remplacer les manquants.
La forêt ainsi obtenue se traite ensuite par les coupes de nettoienlent et d'éclaircie, jusqu'au terme de la révolution.
Aux inconvénients de la forêt d*âge gradué et de
l'éducation des peuplements en bois de même âge,
s'ajoutent ceux des repeuplements artificiels, qui sont
coûteux et moins bons que les repeuplements naturels.
' Enfin, sur chaque coupe, lorsqu'elle arrive en tour
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compose d'arbres vigoureux, en nombre suffisant et convenablement agencés pour qu'elle rende le maximum d'accroissement. Ce résultat ne peut être obtenu qu'avec la coupe périodiquement renouvelée, ayant pour but l'enlèvement du matériel défectueux ou superflu, c'està-dire avec la coupe jardinatoire.
46. Dans la forêt jardinée, le peuplement n'est plus d'âge gradué. C'est au contraire le mélange des âges qui en constitue la régularité, mais il doit correspondre à un certain type. Les âges sont groupés de telle sorte que sur chaque division et presque sur chaque point de la forêt se trouvent en même temps des sujets de tous les âges, depuis le semis de Tannée jusqu'à l'arbre exploitable..
Cha^iue essence et chaque classe d'âge doivent être représentées partout dans la mesure la plus utile.
C'est le contrôle (*), par la comparaison du dénombrement des arbres de la futaie périodiquement renouvelé, qui fait connaître l'accroissement et par suite la coupe de chaque période. Elle sera égale, moindre ou plus forte que cet accroissement, au gré et selon l'intérêt du propriétaire, qui est d'avoir sa forêt à l'état normal, c'est-à-dire composée de deux étages de végétation : près du sol, un sous-bois dans lequel se recrutent les arbres de la ftitaie, et par-dessus, un étage supérieur formé de ces arbres mêmes, dans lequel se prend la coupe principale, qui est immédiatement silivie, et dans les mêmes limites, de là coupe de nettoiement avec préparation de futaie.
(1) V. Il* partie.