‹ Traité forestier pratique manuel du propriétaire de boisChapitre 36 sur 106 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

CONTROLE

88. Partager la forêt en divisions fixes et dresser des états de dénombrement du matériel de la futaie sont des mesures d'ordre. Elles ne sont pas encore le contrôle.

89. Lorsque les états de dénombrement de la futaie sont établis pour chaque division, par essence et par grosseur d'arbres, on les établit de nouveau au bout d'un certain temps, et la comparaison de ces élats est le contrôle.

90. Au dénombrement, chaque arbre est mesuré à i"33 de hauteur. C'est avec le compas forestier, sorte de compas d'épaisseur, que le mesurage se fait le plus rapidement. On trace avec la griffe^ sur l'écorce de l'arbre, un trait horizontal au point où se place le compas. Ce point doit être le même à tous les comptages. Un autre trait de griffe^ oblique, en évidence et plus haut que le trait horizontal, indique chaque comptage.

Le compas forestier est en bois, d'une construction simple, et ne doit porter qu'une graduation, celle adoptée dans la forêt où Ton opère. Elle peut être au diamètre. Nous avons adopté celle à la circonférence, et les arbres sont classés de deux en deux décimètres.

Cet instrument, dont le croquis est donné ci-contre, page 59, sert au mesurage des arbres dans toutes les opérations de dénombrement : inventaire général du matériel, martelage, récolement, vérification, etc.

Il se compose de trois pièces : la règle portant la graduation, la branche fixe passant par le zéro, et la branche mobile qui intercepte sur la règle la grosseur de Tarbre.

Gomme détails de construction, on peut donner les indications suivantes :

Largeur, 0«»070

Règle { Epaisseur, 008

Longeur, 1 100

/ renforcée à l'assemblage .

Branche verticale \ . . v * x -ax

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Branche verticale \ prévient l'usure en doublant

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de la mortaise.

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Dans les opérations de dénombrement la griffe forestière est indispensable. C'est avec cet instrument que l'on trace à la hauteur prescrite le trait horizontal sur lequel le compas doit se placer à chaque mesurage et le trait oblique indiquant que Tarbre a été mesuré. Comme les opérations se font par virées, ce dernier trait est placé en évidence pour guider dans leur marche les ouvriers compteurs.

Il existe plusieurs modèles de griffes. Une des meilleures est celle à anneau, dont le croquis ci-contre, page 61, est dessiné de moitié grandeur.

L'anneau est en fer plat de 0,010 de largeur et 0,005 d'épaisseur, élargi sous la poignée en bois, et celle-ci est fixée avec trois clous.

Le taillant, en acier, est circulaire, plus large en haut qu'en bas et ouvert par côté de manière à laisser tomber les fragments d'écorce détachés par le grififage.

Les angles du fer sont légèrement arrondis à la lime.

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91. On procède au dénombrement par équipes de trois hommes. L'un tient le calepin et surveille, les deux autres mesurent et appellent.

Après avoir mesuré et griffé, on appelle Tessence d'abord, puis la grosseur lue sur le compas. Tout arbre ayant plus de O'^SO et moins de 0"50 est appelé 40. Tout arbre de plus de 0"*50 et de moins de 0^70 est appelé 60, et ainsi de suite .

Le calepin a, de même que les tables de cubage, deux entrées. En tête des colonnes sont indiquées les essences, en marge les grosseurs, et à l'intersection on pointe l'arbre appelé.

Pour faciliter la récapitulation, le pointage se fait par dizaines, fl y a plusieurs modes de pointage.; Deux sont indiqués au spécimen de calepin ci-contre, page 63. Le calepin se trace au moment de l'opération, sur le carnet de poche, qu'il est commode d'avoir en papier quadrillé ordinaire.

En tête du calepin sont indiqués : la forêt, le canton, la division, le triage, l'opération et la date.

Aussitôt après ropération, le calepin est récapitulé et reporté au cahier d'aménagement, pour servir au contrôle.

CONTROLE

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64 TEAITEMEîrr ET AMÉNAGEMENT.

92. Tous les renseignements utiles au contrôle sont recueillis dans des états préparés au cahier d'aménagement. Ces états sont au nombre de cinq.

Le n** 1 a pour titre : Etat de la futaie réservée. Il contient le dénombrement des arbres existants au début de Taménagement, de la réserve faite à chaque coupe, et des vérifications, revisions, etc.

Chaque division a un compte particulier auquel on donne ordinairement ane feuille ou quatre pages de l'imprimé n"i, dont le spécimen est à la page 65. — A raison d'un dénombrement de la futaie tous les six ans et de deux inscriptions par page, la feuille durera quarantehuit ans.

Les dénombrements s'inscrivent à la suite les uns des autres, avec indication à la colonne d'observations de la date de l'opération et des autres renseignement utiles.

Le n° 2 a pour titre : Etat de La futaie exploitée^ Sa contexture est la même que celle de l'état n" 1, le titre seul est changé, ainsi que la destination de l'état : voir page 65. Chaque division a un compte en tout semblable à celui de la futaie réservée. On lui donne, conmie à celle-ci, une feuille de quatre pages par division.

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Le n® 3 a pour titre : Etat récapitulatif du matériel, et se remplit au début de l'aménagement et aux re visions. On lui donne ordinairement deux feuilles ou huit pages. A raison d'une re vision tous les six ans, et d'une page par revision, les deux feuilles dureront quarante-huit ans.

Les chiffres portés aux colonnes 4 et 5 sont extraits de Fétat n** 1 . Us expriment le résultat du dénombrement opéré à la fin de la !'• période pour la revision de l'aménagement.

Les chiffres portés à la colonne 6 s'obtiennent, pour chaque division, en ajoutant au dernier dénombrement tiré de l'état n° 1, les bois exploités pendant la durée de la !'• période, tirés de l'état n° 2, et en retranchant du total le chiffre du matériel initial tiré de l'état n° 1.

Les chiffres portés à la colonne 7 indiquent, pour chaque division, la possibilité de la 2* période, qui est évaluée au tiers de l'accroissement constaté dans la colonne 6.

Les chiffres a et 6, colonnes 4- et 5, sont extraits des colonnes 9 et 10 de l'état n** 4-, et servent à calculer l'accroissement sur l'ensemble de la forêt d'où Ton conclut la possibilité générale.

L'accroissement de la 1'® période a été de 11"44 par hectare et par an, et s'est produit au taux moyen de 9.13 V#i plus élevé que l'intérêt de l'argent. En coupant la totalité de l'accroissement, on changerait du 9.13 Vo contre de l'argent qui rapporte 4.5 %• Ce serait une faute que l'on évite en fixant la possibilité au tiers de l'accroissement constaté.

Si la possibilité n'est pas outrepassée, et les choses se passant comme dans la 1" période, le capital forestier

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à la fin de la 2® période sera augmenté de 4.,750 m. c, difierence entre raccroissement et la prévision. L'inventaire qui se fera à la fin de la 2* période indiquera le mérite de cette prévision et donnera les éléments de fixation de la possibilité pour la 3* période. Et ainsi de suite de période à période.

Le n** 4 a pour titre : Etat récapitulatif de prévision et (T exploitation. Il se remplit au début de l'aménagement, aux revisions et chaque année à mesure de l'exploitation. On lui donne le même nombre de feuilles qu'au n** 3.

La 1" partie de Tétat n** 4, ayant pour iiiv^ prévision, se remplit au début de la période, à Taide des renseignements extraits de Tétat n° 3.

La 2® partie, intitulée exploitation, se remplit à mesure des coupes annuelles, à Taide des carnets ou livres auxiliaires de l'exploitation. Elle fournit en fin de période le volume des bois exploités utilisé à l'état n° 3, pour la détermination de l'accroissement.

Voir, à la page 69, un spécimen de cet état, dont la 1" partie est remplie avec les chiffres extraits de la colonne 7 de l'état n° 3.

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L'état n°o a pour titre : Etat récapitulatif de la recette et de la dépense. De même que l'état n* 4^ il se remplit àTaide des carnets ou livres auxiliaires de Texploitation. Quelques lignes suffisent chaque année, et on lui donne le même nombre de pages qu'à Tétat n*» 4.

Dans cet état, deux colonnes, montant des recettes et montant des dépenses, font livre de caisse. Voir le spécimen de la page 71.

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72 TRAITEMENT ET AMÉNAGESCENT.

Indépendamment des états destinés à recueillir les données numériques du contrôle, le cahier d'aménagement contient des feuilles blanches pour Imsertion des renseignements statistiques et autres, et des onglets pour recevoir les plans.

D est commode d'avoir un plan réduit de la forêt, inséré au cahier d'aménagement, et plusieurs copies de ce plan pour les besoins du service. *

Des plans de détail sont souvent utiles. Tel est le cas lorsque la forêt renferme des maisons forestières, des scieries, des carrières, etc. Il est bon d'avoir ces plans au cahier d'aménagement et d'y inscrire les légendes, notes et indications nécessaires, avec renvoi, s'il en est besoin, à un folio du cahier.

Parmi les renseignements utiles, on doit signaler l'état de l'âge des coupes. Il se fait à la main, sur une feuille blanche, soit en tête, soit à la fia du cahier. Il a deux entrées. En tête de colonne Tannée, en marge le numéro de la coupe, et à l'intersection son âge.

93. Calculs d'accroissement. — Le contrôle est la comparaison des dénombrements de la futaie en tenant compte des arbres exploités. Cette comparaison fait connaître pour chaque division l'accroissement et les conditions dans lesquelles il s'est produit. De celte double notion résulte pour chaque forêt la solution de toutes les questions que peuvent soulever le traitement et l'aménagement , quelle que soit la qualité du propriétaire.

Au début, on n'a qu'un premier comptage et il faut

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suppléer à la notion de raccroissemeni, qui ne viendra qu'au second dénombrement.

Dès qu'on a deux comptages, on doit commencer les calculs d'accroissement. Les comparaisons se font par division, en bloc ou en détail.

En bloc, elles suflBsent pour l'aménagement et se font très vite. Ce travail est indiqué à la page 67, dans le spécimen de l'état n° 3 du cahier d'aménagement.

Les comparaisons de détail sont plus minutieuses, mais elles sont nécessaires pendant un certain temps, afin de bien se rendre compte des exigences culturales de la forêt et des règles qui doivent présider au traitement et à l'aménagement.

Le calcul repose sur cette observation, que les arbres les plus forts au premier comptage sont encore les plus forts au comptage suivant.

On examine pour la catégorie des plus gros arbres le nombre existant au comptage précédent, celui du dernier comptage et celui des arbres abattus dans l'intervalle.

En retranchant le premier de ces trois nombres de la somme des deux autres, on sait combien d'arbres dans la période considérée sont passés de la catégorie immédiatement inférieure dans celle des plus gros arbres. On fait de même pour toutes les catégories, et appliquant le tarif, on peut ensuite déterminer pour chaque catégorie le quantum et le taux de l'accroissement.

Ce travail fait pour toute la forêt et pour chaque division, on sait ce qu'il y a eu d'accroissement, on fixe ce qu'il convient de couper et comment on doit choisir les arbres à exploiter dans chaque classe de çcos^e.vix.

On coupe autant, moins ou plus que Taccroissement, suivant Tintérêt qu'il peut y avoir à maintenir, augmenter ou diminuer le capital forestier.

Ce calcul ne présente aucune difficulté, mais Tordre dans lequel il est disposé contribue à en faire ressortir les résultats, ainsi qu'on peut le voir ^ar le spécimen qui en est donné, pages 75, 76 et 77.

Après avoir préparé le cakpin pour cette comparaison, en ajoutant au dernier comptage les arbres exploités depuis le premier, on fait le cdcul en bloc et le calcul en détail.

Ce calcul est établi sur une division de la fcn'èt des Eperons, pour une durée de trois ans, de 18B5 à 4888.

En bloc, page 76, Taccroissement est de 14°*^82 par hectare et par an, et le taux d'accroissement 8.98 **/«.

En détail, page 77, l'accroissement est de i4"*94 par hectare et par an, et le taux d'accroissement 9.06 Vo-

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