ANATOMIE GÉNÉRALE
L' ANATOMIE comparée a pour objet la forme et la structure des animaux. On la divise en anatomie générale et en anatomie spéciale. Dans la première on traite des conditions générales auxquelles est assujettie la forme animale ; la seconde comprend la description des organes (i) ou collections d'organes qui entrent dans la composition et constituent r9rganisme(2) des animaux. Quoique l'anatomie générale ne soit réellement qu'une suite d'abstractions déduites des faits par-
(1) Les différentes parties de l'économie sont désignées par le mot de tissus , sous le rapport de leur structure intime , et par celui d'organes , quand c'est des fonctions qu'il s'agit. ( Note des Iradac-^ leurs , extraite de l'Anatomie générale de M. Meckel. )
(2) Nom que l'on donne au corps de l'être organisé , quand on a égard à l'activité des parties qui te constituent. Ainsi le définit M. Meckel, qui l'emploie dans ce sens comme synonyme des mots animal, végétal, être organisé. ( Ffote des traducteurs, )
ticuliers fournis par l'anatomie spéciale, il est utile de l'exposer la première. Cet ordre d'étude permet de préconcevoir une idée sommaire de la science sur laquelle on veut fixer son attention. Ainsi guidé, l'esprit saisira des points de ralliement, autour desquels il pourra grouper, avec méthode^ le nombre immense des faits individuels que comprendl'anatomie spéciale.
Conformelj^a celte vue, nous réunirons dans une même étude les conditions les plus générales de la forme ou les lois de formation, et nous rattacherons les généralités que présente chaque somme individuelle de parties .à sa description isolée. De là deux grandes divisions comprenant : l'une, les lois de formation j l'autre, la description des organes et groupes d'organes. Cette dernière sera elle-même subdivisée en histoire des propriétés générales de chaque groupe, et en histoire de ses propriétés particulières, que nous ferons, lors de la description des difTérentes parties qui le composent. Est-il contraire à l'esprit d'une saine logique d'opposer ainsi l'anatomie générale à l'anatomie spéciale, et de limiter la première aux lois de formation ? Je ne le pense pas, quoique celle opinion ait été soutenue récemment (i). En vain prétend-on que ces lois
(i) SJayer ùber Histologie und eine neue Eintlicilung der Gewebe des nieiischlichen Kôrpers. Bamberg, 1819, S. 4- (Sur Tbistologit et une nouvelle classification des tissus du corps de l'homme. )
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étant purement physiologiques, ne doivent jamaisétre confondues avec les faits de Vanatomie; ie reproche d'avoir péché contre ies règles de la logi([ue n'est-il pas encouru à plus juste titre par les auteurs d'une assertion aussi peu fondée? Et prouver que l'enchaînement des lois d'après lesquelles ont" été formés les corps des animaux , est moins du ressort de Tanalomie que la description pure et simple des parties qui les composent, n'est-il pas une tâche plus difficile à remplir pour eux, que ne le serait pour nous le soin de démontrer l'inconséquence de leur opinion ?
Personne ne conteste que l'anatomie ne doive donner les images générales des formes qu'affectent les différentes collections de parties qu'unit entr'elles un rapport commun. Or, c'est en faisant précéder la description isolée des parties qui constituent chaque J57'^fè/72e(i) par l'exposé
(i) M. Meckel reconnaît deux classes de systèmes : i" les systèmes simples , formés de parties similaires existant au nombre de dix , autant qu'il y a de tissus différens ; 2° les systèmes composés , copstitués par des parties non-similaires et résultant de l'association d'organes simples réunis dans un ordre tel , qu'ils donnent naissance à des portions de l'être chargées d'accomplir une fonction spéciale et unique ou tout au plus doubl'i ( Voytz la traduction du Manuel d' Jnato^ mie générale, descriptive et pathologique de J.-F. Meckel , par Jourdan et Breschet ). Ainsi déterminée, cette appellation comprend non-seulement les systèmes généraux de Bichat , mais encore ce qu'il nomme appareil , mot qu'adopte plus loin l'auteur que nous traduisons ; elle s'applique aussi aux organes formés de plusieurs tissus. ( Note des Iraducleurs.) ^
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des propriétés générales qu'on a satisfait de tout temps à ce besoin de l'esprit humain. JN'est-il pas naturel de suivre encore la même méthode ici? De même que les considérations abstraites nées de l'élude des faits partiels nous ont fait connaître la nature de chaque ensemble , de même les conséquences élevées, émanées de ces premières idées générales, nous conduisent à établir les lois de formation, c'est-àdire, les conditions les plus générales de la forme animale, et nous donnent ainsi les connaissances les plus justes sur sa nature.
Objecter que les lois de formation ne doivent pas êtie traitées dans Tanatomie parce qu'elles sont du domaine de la physiologie , c'est oublier que l'aiiatomie, ou la science de la forme affectée par les êtres organises, n'est qu'une partie de la ] hy>iologiej qui est la science de la nature de ces mêmes êlres.
11 est également méthodique de comprendre dans l'anatomie générale la doctrine des conditions que présente la forme animale embrassée dans ses générahtés. L'image serait incomplète si les déviations de la règle n'y étaient pas comprises. Pour éviter tout reproche à cet égard, nous ne nous bornerons pas à quelques propositions tirées de Tanatomie pathologique; mais dans nos généralités, nous indiquerons les ccndilions les plus sommaires de ia forme animale, et dans l'anatomie des sj)écialilés
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nous exposerons, suivant le même plan , les anomalies indiviiluelles des organes.
La division de Tanatomie en générale et en spéciale a trouvé aussi des contradicteurs. Elles ne sont pas, a-t-on dit, l'une à l'autre, ce que sont les parties générale et spéciale d'une autre science, car toutes deux considèrent le même objets les points de vue seuls diffèrent : la première traitant uniquement de la conformation intérieure ou la texture, la seconde de la con- » formation extérieure ou la position, en un mot des rapports extérieurs des organes (ij. Cette opinion est bien peu fondée^ car il est évident que l'anatomie générale ne se borne pas à des considérations sur la texture, qu'elle s'occupe aussi des circonstances de configuration et de situation relative offertes par les parties. Assurément leslois de formation se rattachent surtout à ces rapports extérieurs, mais chaque fois qu'il s'est agi de décrire un ensemble d'organes, on a joint riiistoire de la forme extérieure à celle de la texture. Celte pratique ne date pas seulement des travaux de Bichat, ou de ceux qui ont fait avec lui , de l'anatomie générale, une science à part, mais elle est celle adoptée par les anatoraistes et les physiologistes de tous les temps.
Si d'ailleurs l'anatomie spéciale est danj quelques ouvrages bornée, ou presque bornée à la
(i) Mayer, 1. c. § 5, 6.
forme extérieure r cela tient à deux causes, à ce que les tissus des pièces d'un même ensemble présentent quelquefois une ressembl.mceetmêmc une identité parfaite, la forme extérieure étant la seule condition qui montre de» différences très-tranchées ; 20 à l'ignorance ou à la négligence des auteurs. Ces fautes n'ont pas, d'ailleurs, été commises par tous les anatomistesni pour toutes les parties j nous citerons comme exemple les organes glanduleux.
On peut donc borner l'objet de l'anatomie générale aux considérations des conditions de l'a. forme organique, en réservant de préférence à l'anatomie spéciale celles de la forme extérieure.
Je crois même pouvoir défendre avec avan- * tage lesdénominalions anatomie générale et spé' ciale contre celles d^anatomie analytique et synthétique qu'on leur a voulu substituer. Je ne pense pas non plus que le mot d'anatomie descriptive soit préférable à celui d'anatomie spéciale.
L'anatomie générale n'est-elle pas descriptive aussi bien que l'anatomie spéciale ; et dans Wn^^iomie synthétique n'analyse-t-on pas autant que dans l'anatomie générale? En effet, l'anatomie spéciale n'indique passeiilement le mode de composition des organes, mais encore les circonslances particulières (j n'offre ton te partied'iin système général cjui entre dans la composition d'un organe.
d'anatomie comparée.