‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 15 sur 52 · VII · texte numérisé non relu

VII

De la consistance.

Le degré de cohésion est au premier coup d'œil la ({ualilé dislinctivc qui semble la plus

l6 TRAITÉ GÉwiRAL

propre à tracer des limites entre les différentes parties d'une même organisation. La division des élémens de l'économie animale , en fluides et en solides estfondée sur cette base. Un examen plus sérieux dissipe bientôt cette importance illusoire, si l'on remarque qu'il existe des passages insensibles entre la consistance des parties les plus fluides et celle des parties les plus résistantes ; que les solides se forment des fluides, soit à l'époque la plus voisine de l'origine, soit dans toute la durée de la vie, et reprennent ensuite, par unraouveraent insensible, la condition fluide j .que la forme intérieure ou la disposition intime des solides et des fluides ne présente pas de différences essentielles , les uns et les autres consistant, à quelques exceptions près, en line portion douée d'une forme déterminable, les globules j et en une autre portion amorphe servant d'enveloppe à la première; qu'il en est ainsi de la composition qui est essentiellement la même ; qu'enfin une seule et même partie offre les degrés de cobésion les plus variés aux différentes époques de la vie du même animal , et dans les divers animaux.

La seule différence existant entre les solides et les iluides se réduit donc à ce que les derniers n'ont pas par eux-mêmes de forme extérievire ou de configuration déterminée j et, que devient encore la réalité de ce caractère quand

D ANATOMIE COMPARÉE. l'J

on voit plusieurs fluides, et particulièrement le sang, revêtir une forme distincte? Tous les liquides ne jouissent pas au même degré de cette propriété; ce n'est d^ailleurs qu'abandonnés à eux-mêmes et dans certaines conditions qu'ils la manifestent.

De la forme extérieure.

La faculté de modifier spontanément et d'une manière passagère la forme qu'ils revêtent est commune à tous les animaux, propie à certaines de leurs parties, moins développée dans les uns que dans les autres, nulle dans certaines fractions de l'économie. Cette faculté distingue plutôt lesorganesqueîes animaux, puisque ceuxci ne diffèrent que par le plus ou le moins j (|u'ils n'en jouissent d'ailleurs que par suite de la présence des organes qui la possèdent exclus! vement. Evidente à un très-haut degré dans les parties charnues ou muscles, elie s'y manifeste par la contraction et la dilatation, qui ont pour effet la modification déforme. Il faut attribuer à d'autres causes les changemens de configuration qu'éprouvent les autres parties sous Taclion de quelqu'agent extérieur, qui est ordinairement un agent mécanique^ et dans des conditions trèscommunément morbides ou du moins insolites.

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V élasticité el Y extensibilité j propriétés essenlielle» ment mortes, sont ici les seules mises en jeu. Ces phénomènes sont élrani^ers à la part que les organes où ils se manifestent prennent à la consmvation de l'organisme. L'action musculaire, au contiaire^ consiste dans une modification de forme^ qui a pour résultat immédiat le déi)lacement, ou changement de lieu , des parlies sur lesquelles elle agit, et par suite la translation de tout l'animal.

Aux dimensions nouvelles de ces organes succèdent nécessairement d'autres dimensions pour la totalité de l'animal. La mesure des variations de forme qui le peuvent affecter est donc dans une prop.orlion directe à la somme d'organes agissants et contractiles dont il est composé, inverse à celle des parties dures, inflexibles, peu compressibles et passives qui entrent dans son organisation.

11 est, dans la forme extérieure, des différences permanentes que l'çn voitse reproduire dans les parties indi\ iduclles, même dans les portions de systèmes et dans les divisions d'organismes enliersj cesontceUes qui résultent de l'antagonisme existant entre la forme arrondie, et la forme alongée, fibreuse ou rayoniiée.

Certains organes présentent un tout continu ; d'autres sont partout en portions isoices. Au nombre des ]irtraiers sont le tissu nuiqueux ou

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oellulaire, les voies circulatoires, le vaisseau dorsal et l'organe respiratoire des insectes, enfin l'enveloppe cutanée; les os, les cartilages, les muscles, les membranes séreuses sont des exemples du contraire.

On voit encore l'instrument d'une même fonction n'être pas partout formé sur un type semblable; ainsi , l'organe delà respiration est chez les insectes un arbre diversement ramifié, distribué à tout le corps de l'animal et co«Timuaiquant avec l'air extérieur par des orifices latéraux; dans le plus grand nombre de mollusques, plusieurs prolongemens cutanés configurés d'un grand nombre de manières le constituent; la plupart des vertébrés contiennent une cavité intérieure où cette fonction s'exerce.

Ces différences dans la forme extérieure n'excluent pas la possibilité de saisir entre les organes et même les organismes entiers des coïncidences remarquables; telles sont :

10 La prédominance des dimensions de longueur dans la plupart des animaux, et de leurs parties individuelles ;

ao La disposition en rayons, qu'ils soient simples ou composés, parlant d'un ou plusieurs centres 3

3° Les anastomoses ou les communications variables en nombre et en volume qui unissent entr'eui ces divers rayons ;

4" La courbure des contours qui circonscri-

TRAITÉ GÉNÉBAL

vent la matière organisée et l'absence d'arètes et angle? saillans qui la caractérise en géne'ral ;

5° La concordance de confi.i^uralion de tous les organes principaux comparés enlr'eux et avec l'ensemble;

Go L'analogie de forme propre au même organe, partout où il se rencontre, analogie évidente an moins dans sa partie essentielle, si elle n'est pas ])rononcée dans la totalité.

7° La symétrie, caractère presque général des anin)aux, établi sur la similitude des moitiés droite et gauclie de l'être. Cette répétition des mêmes dispositionsde chaque côté n'est souvent pas également parfaite. Bicbat voit dans la symétrie un moyen distinctif des organes liés le plus étroitement aux fonctions de l'intelligence (i). La conililion contraire signale , selon lui, les instrumens de réconomie destinés plus immédialcment à la conservation de l'individu^ c'est-à-dit e, ceux de la vie végétalive. La distinction établie par l'analomiste français, n'est que relative même dans les animaux supérieurs ; elle disparaît au bas de l'échelle (a). La plupart des invertébrés ont tous les organes parfaitement symétrique!>j ce sont même ces êtres chez lesquels

(i) Sur la vie et la mort. — (a) J. F. Mccke} Beitraege zur vei gl. Anatoinie, Bd. a , H. a , S. 85. ( iMcnioircs pour servir a l'anat. compan'e ) et dans son Anatomie gcncrale.

d'anatomie comparée. 21 on remarque en général une symétrie plus régulière; aussi ne saurait-on en for.mer un sig-ne propre à distinguer les classes supérieures des inférieures (i). 11 existe cependant des faits qui ont servi à faire naître la pensée de ce caractère. La forme extérieure est ordinairement symétrique dans les animaux les plus élevés. Les pleuronectes, parmi !es poissons, sont les premiers qui se soustraient à cette loi j leurs yeux sont placés d'un même côté du corps et la dissemblance la plus frappante existe entre les deux moitiés latéralesde l'animal, soit dans la coloration, soit dansla structure. Viennent ensuite les mollusques gastéropodes qui ol'frent d'autres dispositions asymétriques.

Texture.

Il faut entendre, par ce mot, la disposition intime et le mode d'arrangement des parties considérées en elles-mêmes et des organismes entiers. Quoique celte matière soit l'objet principal des développemens que nous donnerons plus

(i) Heiland, Darstellung des Verhaltnisses zwischen clerrechten und lînken Hâlfte des menschlichen Kôrpers. Niimberg, 1807, ( Exposé du rapport qui existe entre la moitié droite et gauche du corps de l'homme).— Walther's Physiol. , Bd. a, S. 102.

22 TRAITJÉ GÉNÉRAL

tard à l'occasion de la loi de variété ^ et qu'elle apparlienne e.ii outreala description spéciale des organes, nous ne pouvions, dans ces généralités, nous dispenser d'y consacrer quelques lignes. Les derniers élémens appréciables de tous les tissus sont les gloLules et leur véhicule coagulahle, liquide d;ms les humeurs, concrété à dt's d grés diiTérens dans les solides.

Celle proposition est surtout démontrée par l'étude de l'embryon, dont le corps en est uniquem; nt formé dans les premiers temps de la vie, et par celle des animaux inférieurs, qui présentent cette disposition pendant toute la durée de leur existence.

Dans des développemens supérieurs ces élémrns, où isolés ou réunis, se prolongent en Jihres on s'étendent en lames^ qui liées par le fli.ide concrété, ou tissu cellulaire, constituent des organes et groupes d'organes composés. Nous en traiterons à l'article déjà indiqué.

l a texture d'un seul et même organe est partout aussi parfaitement identique que la forme extérieure. Elle est même plus constante, plus essentielle et dans un rapport plus intime avec la fonction, que les conditions de lignes et de surface présentées par la superficie. Les variations de forme peuvent être nombreuses; si elles ne sont pas liées au mécanisme de l'action qu'exerce la partie, elles nuisent jjcu à son exercice. Les déviations des tissus sont ,

b'anatomie comparée. as3

au contraire, d'ane inlUience constamment préjudiciable à la fonction.

Telle n'est cependant pas la rigueur de cette identité de texture observée dans les élémc;, s d'organisation, ou dans les organismes entiers, que l'on ne puisse y remarquer des différences no.tables de proportions ou de nature, mais qui ne suffisent pas pour effacer dans les ])remiers le caractère général ou spécifique, et dans les seconds celui qui dislingue l'animal des autres êtres.

Souvent on voit dans la série animale une fonction s'établir avant qu'un organe spécial ait été réservé à ses actes. La composition devient ensuite plus complexe à mesure c[u'il se forme de nouvelles parties distinctes.

La comparaison des organismes entiers donne lieu à une autre remarque: c'est que bien que tous les instrumens des fonctions composées acquièrent des perfeclionnemens insensibles à chaque degré supérieur dc l'ccbeile, on n'observe pas, dans la composition totale, une gradation uniforme et continue. Des systèmes entiers de parties manquent tout-à-fait dans certains animaux, d'autres y sont dévelop])és à un très-liaut degré. 11 en est qui se présentent incomplets dans quelques êtres, et qui offrent la plus grande comj>licalion possible dans des animaux différons. Ainsi Tins-

trument complexe de la locomotion, qui atteint le plus entier développement dans les insectes, est médiocrement prononcé chez les mollusques et les vers. L'ensemble vasculaire, pour ainsi dire^ nul chez les premiers, est, par opposition très - distinct et très - perfect ionné chez les derniers. Enfin les organes de ia respiration présentent eux-mêmes des conditions extrêmes d'étendue, si on les compare dans les différentes classes que nous venons de nommer. Plus un animal est supérieur , plus les organes qui le composent sont variés, plus ils sont complexes et perfectionnés , plus les parties , ou les élémens qui les composent, sont nombreuses et se modifient. Il est quelques exceptions à cette règle. On voit des organes ou des parties d'organe Irès-développées et trèscomplexes dans des animaux inférieurs, se simplifier et même entièrement disparaître dans des animaux d'un ordre plus élevé. Citons à l'appui de celte assertion l'oeil et le système épidermique. Malgré ces cas exceptionnels, la variété et le nom!)re des organes, leur slinicture plus composée n'en restent pas moins un signe de déveloj)pement supérieur; il en est de même delà délicatesse et de la ténuité du tissu. Le réseau vasculaire de la choroïde qui tapisse l'œil des tritons, oj gane comparativement si petit quand on lui oppose l'œil de l'homme, est formé de mailles

d'anatomie comparée. a5 beaucoup plus grossières (i). Les dernières divisions des muscles dans / es animaux inférieurs d'une petite taille sont beaucoup plus Tolumineuses que ne le sont celles des organes musculaires appartenant à des animaux supérieurs^ de dimensions plus considérables (2). Les globules du sang des derniers vertébrés ont plus de diamètre queceuxqui proviennent d'animaux placés plus haut dans la série (3).

Situation.

La situation relative d'un organe déterminé est identique ou analogue dans les animaux voisins par leurs caractères ; dans des animaux plus éloignés on y observe des différences remarquables. Ainsi le cœur de plusieurs mollusques est situé à l'extrémité postérieure de leur corps; il est fixé dans d'autres au milieu du dos; quelquesuns de ces animaux le présentent en avant sur le côté droit. Le cœur de la plupart des vertébrés est dirigé dans le sens de la ligne médiane de la

(i) s. Th. Soemmering ùber das feinste Gefâssnetz der Aderhaut im Aiigapfel. S. y. ( Sur le réseau vasculaire le plus fin de la choroïde de l'œil ). — (a) Prochaska de carne musculari. Viennae , 1778. — (3) Hewson, Descr. of the red pai'ticles of the bloo4. Lond. 1777, Cap. I.

poitrine; il aftecie chez Tliomme et les singes qui s'en rapprochent le plus , une position oblique. La moelle spinale occupe la région du dos chez les vertébrés; les invertébrés la portent andessous du canal intestinal, à la partie inférieure du corps. On ne trouve pas moins de varialions dans la situation de l'organe respiratoire. Certaines parties offrent une position beaucoup plus constante que d'autres. L'encéphale est un des organes dont la position varie le moins ; il est toujours situé à l'extrémité antérieure du corps et au-dessus du canal intestinal. Le cordon rachidieii est déjà, comme nous venons de le dire, sujet à plus de déplaceiiieus. La position relative des mêmes parties n'est pas non plus invariable dans un animal donné. Ainsi les reins, les testicules, certaines parties du canal intestinal, du système vasculaire changent d-e position beaucoup plus souvent que le cœur, l'encéphale et le système nerveux en général. Il y a plusieurs causes de ces déplacemcns. Il est de ces organes, comme les testicules, qui sont à partir de leur origine soumis aune loi de translation incessamment agissante jusqu'à une époque déterminée. D'autres sont voisins d'organes qui , devant changer do place plus tard, en sont iiillaencés , soit par l'effet, d'une pression mécanique, soit par suite d'une action dynami({uc. Enfin, il existe entre les organi.smes une tendance à Vimitation des nrênus formes. Il en résulte que sou-

d'anatomie COMPARÉn:. 27 Tent line disposition conslante dans l'un n'est reproduite que comme une exception dans l'autre.

On voit en outre la position relative de difFérentes parties déterminer une résistance variable à l'effort qui tendrait à les disjoindre. Ainsi , dans le même animal ou dans des espèces diverses, on observe que des pièces d'un appareil donné, les unes sont unies entre elles ou aux pai ties qui les avoisinent par un tissu cellulaire fort lâche, d'autres par un tissu cellulaire fort serré. Des organes osseux dans le même individu, les mêmes os , dans des êtres différens , offrent des circonstances de connexion lout-àait diverses. Il existe un rapport intime entre ces variétés et la fonction elle-même.

La coïncidence du changement de position est souTcntliée à la corelation des fonctions. Le cœur ne se déplace que simultanément av-ec les parties de la respiration. Ces organes sont dans un voisinage nécessaire par la condition où est le centre de la circulation, de transmettre par la voie la plus courte, aux instrumens de la respiration , le sang devenu impropre à la vie , ou d'en recevoir celui que l'action de Tair a renouvelé.

La position d'une partie détermine donc ses rapports avec les autres; et, s'il en est ainsi^il n'est pas tout-àrfait exact de dire avec M. Geoffroy-

St-Hilaire(0 que : «Quels que soient les moyens imaginés par la nature pour opérer des agrandissemens sur un point et des a naigrissemens sur un autre, une loi qu'elle s'est imposée, préside, comme causera l'ordre et à l'harmonie qui règne dans ses ouvrages; c'est qu'aucune partie n'enjambe sur l'autre ; le principe des connexions est invariable; un organe rst plutôt diminué, anéanti , transposé que déplacé. »

Sans doute la nature suit souvent et même très-généralement cette loi avec scrupule et minutie; mais il n'est pas rare de l'en voir dévier, soit dans les fractions à\\n même ensemble de parties^ soit dans les portions des groupes difFérens que forment les organes; à Tétat régulier comme à l'état d'anomalie, on trouve des déviations du type le plus général.

Prenons quelques exemples. Le péroné et le tibia des mammifères ne touchent pas immédiatement au fémur. Dans les oiseaux et les reptiles Tarliculation est contiguë sans intermédiaire. Le sternum est uni aux côtes antérieures dans les oiseaux, et la plupart des reptiles ; il en est quelquefois séparé dans les mammifères.

Plusieurs os du crâne, disjoints dans les ani-

(i) Philos, anat. Paris, 1818, pag. 4o5.

d'anatomie comparée. 29 maux supérieurs , s'atteignent dans les poissons sur la ligne médiane.

Plusieurs m iiscics^ qui , cliez Vhomme et les mammifères, prennent leur inscrlion supérieure seulcmenl à la jambj, naissent Je la cuisse chez d'autres animaux ; ])ar exemple, chez les oiseaux et reptiles.

Il n'est pas rare de voir, toutes les autres conditions étant d'aiTeurs ég iles, l'un des reins descendre dans le bassin : il se trouve, dans ce cas , très-éloigné de la caps-ii le sus-rénale de son côté et du rein du côté opposé.

On ne remarque pas dés difFérences moins noj tables dans le degré de protection que les organes reçoivent de leur position , s.îit que l'on considère difFérens or^ai^es dans le même animal, soit que l'on compare entr'tux les mêmes organes^ dans les divers animaux. L'encéphale et le cordon rachidien sont, par exemple, beaucoup mieux défendus que le cœur etje poumon, dans les animaux supiuieurs ^ les organes delà digestion et de la génération le sont moins que les organes respiratoire et circulatoire, mais sont plus protégés que les pièces locomotives.

En parcourant la série animale, du composé au simple^ on voit disparaître insensiblement les moyens protecteurs des organes les plus nobles et les plus importans, et ceux-ci se montrer de plus en plus à découvert.

3o TUAiTÉ GÉNÉRAL

Dans le même animal , certaines parties s'isolent parfois d'une manière plus complète que d'autres. Ainsi, clans les animaux supérieurs, les centres du système nerveux, savoir l'encéphale et le cordon rachidien , reçurent ime cavité particulière, formée d'os et de plusieurs mtmbranes superposées. Le coeur elles poumons, situésdansune cavité extérieure commune, furent enfermés dans des poches propres, sans ouverture, et parfaitement séparées l'une de l'autre ^ tandis que les viscères de la digestion et les organes génitû-urinaires restent le plus fiéquemment contenus dans une capacité commune. Après la naissance, l'homme seul semble fai^e exception à cette dernièr.' règle ; les testicules , chez lui, s'isolent dans une enveloppe spéciale. Observons^ au contraire, toutes les autres parties qui concourent à la composition de la même région, dans les membres, par exemple, une même enveloppe les circonscrit. Cette tendance à s'isolerdisparaît à mesure qu'on descend l'échelledes êtres; on voit graduellement le tissu celluiairc attacher, avec plus d'uniformité, les uns aux autres, les organes qu'une seule cavité renferme.

Ces. deux étals de protection et d'isolement des parties qui di/Térencienl les animaux, semblent dépendre d'une même loi. Les organes les plus nécessaires à la vie sont à la fois les mieux abrités et le plus complètement distincts; ce sont surtout les animaux supérieurs qui présen-

d'anatomie comparée. 6f lent des moyens d'isolement et de proleclion pins parfails ; mais on voit décroître dans le même rapport, la faculté de supporter sans inconvénient les lésions intérieui es et extérieures, et de régénérer des parties détruites ou enlevées; en même temps que les parties centrales des systèmes les plus importans à la vie, se développent proporlionnellement plus et prédominent davantage.

- Les moyens de protection contre les causes destructives intérieures et extérieures sont donc dansla même raison que lacomplicationde structure. Plus i. s sont développés^ moins il est donné à l'animal de réparer les perles de substance essuyées, de résister aux accidensdont il peut être menacé j en un mot, moins il possède la faculté de régénération.

On observe, en outi'e, dans les parties de

'beaucoup d'animaux, des changemens de position correspondans à certaines périodes de la vie. La place relative qu'elles occupaient dans l'économie de l'individu cesse alors d'être la même, et la proleclion qu'elles liraient des dispositions environnantes varie également : ainsi les testicules, d'aboi d placés dans Tabdomen, en sortent j ainsi . les organes les plus nécessaires à la vie, n'ayant -pas encore d'enveloppe, sont toul-à-Iait nus dans les premiers temps de la vie.

TRAITÉ GlÎNJÉRAt

Nombre.

Le nombre des parties qui constituent l'être organisé, mérite d'êlre étudié sous plusicur-s rapports.

La première conséquence à laquelle conduit l'évaluation relative des diverses pièces élémentaires qui composent chaque organe, considéré individuellement , ou qui concourent à la formation des organismes comparés les uns aux autres, c'est que, chez les animaux supéi ieurs, les fraclions organiques sont beaucoup plus nombreuses que dans les animaux moins élevés. Il a déjà été fait mention de cette circonstance quand il s'est agi de la composition des organes et organismes. Nous serons ramenés à traiter encore de cet objet lorsque nous indiquerons la formation insensible des organes dans la série animale, et cjue nous ferons l'exposé des différentes divisions des animaux.

La comparaison que nous établirons ici sera un premier parallèle entre les animaux euxmêmes des différentes espèces, envisagés soit sous le rapport du nombre de leurs parties semblables et similaires, soit sous celui des parties dissimilaires ou dissemblables; ensuite nous opposerons les organes les uns aux autres , sous le

d'anatomie comparée. 33 point de vue de la quantité numérique considérée en général.

Il résulte de cette première comparaison, que les organes identiques ou très-semblables les uns aux autres n'existent pas en même nombre dans tous les animaux; remarque aussi vraie pour les parties les plus simples que pour les plus compliquées , pour les pièces organiques placées en opposition sur les côtés de la ligne médiane / et que l'on peut considérer comme identiques aussi bien que pour celles qui ne sont que similaires et qui se trouvent situées d'avant en arrière, dans le sens de la longueur.

Beaucoup d'insectes ont cinq yeux à l'état parfait. Les arachnides en possèdent même un pins grand nombre : chez les animaux vertébréis , il n^existe jamais à l etat normal plus de deux yeux. L'ovaire, double chez la plupart des animaux, est toul-à-fait unique ou presqu'unique dans les oiseaux et la plupart des mollusques. On peut en dire autant des testicules, doubles dans la plupart des animaux, uniques chez les mêmes mollusques. Les sangsues présentent , an contraire, de chaque côté, un testicule divisé en neuf poches séparées, placées les unes au bout des autres.

Le corps des astéries, plus ou moins aussi celui des radiaires, se compose de cinq rayons au moins; quelquefois le nombre en est beaucoup plus considérable.

L'expression numérique des vertèbres cjui composent la base osseuse du tronc, présente les différences les plus extrêmes. Dans les mêmes classes d'animaux, surtout dans celles des reptiles et poissons , on en voit varier la quantité depuis sept à huit jusqu'à plusieurs centaines. Il en est de même des' côtes, et même d'une manière plus absolue, puisqu'elles manquent tout- à-fait dans plusieurs espèces de ])oissons et de reptiles.

Les parties dissimiiaires du même groupe de parties qui ne se répètent pascomme celles dont il vient dVître question, n'offrent pas de moins grandes différences dans le nombre; on voit ainsi les pièces du sy stème osseux se multiplier en descendant lasérie animale. Des os simples dans les animaux supérieurs se subdivisent insensiblement en plusieurs, lorsqu'on lesrecbercheaux derniers échelons.

Assez généralement les organes se présentent au nombre de deux. Cette proposition n'est pas également évidente dans toutes les espèces ni pour tous les organes; cl e est même impossible à déraontrcn- dans quchjues animaux.

Les systèmes nerveux, osseux, musculaire circulatoire ( celui-ci en partie du moins"), respiratoire, génito-urinaire , l'enveloppe générale du corps même, sont évidemment doubles. Us sont formés dedcux moiliés latérales qui se cori^spondent, on peut dire exactement, et se réunissent en un tout unique sur la ligne médiane seule-

d'aNATOMIE COMPARKE. 35

ment; cependanl nous Yo^jrons déjà le cœur partie centrale cîe Tensemble vasciiloire, ne se montrer double que dai'.s quelques cas exceptionnels offerts par les mollusques, .et dans les animaux même où il se présente partagé en des divisions plus nombreuses, chacune de ses sections est chargée cVime fonction spéciale. Toutes les parties du sy.ième digestif sont également simples.

Plusieurs causes peuvent être assignées à ces Tariétés que présentent les organes ou leurs composans.

L'augmentation du nombre des parties semblables ou similaires coïncide avec l'absence ou la diminution d\autres parties appaitenant au même groupe d'ori,.anes. Ainsi, par exemple, les serpens dont le nombre des vertèbres et des cotes est considérablement augmenté, sont pri- Tes de membros.

Le développement de la portion do eorps à laquelle apportiennem les 0,-ganes, c.t dan rapport fort d.reet avec le nombre de eeux-ci. Voyez la ba e.ne, analysez le cou peu prolongé decelan,n,al, et vous „ y t. ouverezcjue cinc, vertèbres cervicales, dont la seconde et la troi sieme sont en outre soudées entre elles; on en compte au contraire pins de vingt dans |e,< oiseaux a long cou. Dans cette classe en ^.énéral le «ombre des vertèbres cervicales est t^ès-ei t^! ment en rapport avec la longueur du cou.

3G TKAITÉ GÉJN'JÎRAL

Cette loi souflrè cependant quelques excep*' lions. Les mammifères ont, par exemple, presque tous le même nombre de vertèbres cervicales, quelle que soit d'ailleurs la longueur proportionnelle du cou. Quelquefois une partie, double en général^ n'est simple que parce que la seconde pièce ne s'est pas développée. Celte remarque est surtout applicable à Tovaire des oiseaux^ où la fonction n'est accomplie qu'à gauche, que l'organe du côté droit soit dévelop[?é ou non.

La mulliplicilé des parties d'unmême ensemble par la division et la séparation de celles qui forment un tout dans les animaux supérieurs, et souvent aussi par la répétition de parues semblables ou similaires j est en général un caractère d'infériorité dar)S la série animale (i), parce que, dans le premier cas, ces parties s'arrélent à un degré d'organisation au-xiessus duquel les animaux supérieurs s'élèvent promjîtement ; et, dans le second parce qu'il semble véritablement devoir être |ilLis facile cl e former un corps dont les organes sont conslilués par faddition de

(i) J. F. Meckel ùber den Cliaiakter der alimaehligeu VervoHkointniiimg der Organisation, ocler den tJntcrschied zwischen dcn liohern u. nicdern Formen ( Sur le oarastère da perfectionnément insensible de l'organisation , ou la différence entre les forajcs supérieures et inférieures) dans ses Beilr. sur vergl. Anai. Bù. a. » H. i., S. 6i.

d'aNATOMIE COMPAR12E. 3']

parties identiques répétées un nombre quelconque de fois, que lorsqu'ils sont l'assemblage de plusieurs parties hétérogènes.

Remarquons que ce sont précisément les animaux dont le corps se ressemble le plus dans toutes ses portions ou fractions qui possèdent 9^x\ plus haut degré la faculté de régénération.

Volume.

L'observation du volume absolu des organisxnes entiers ou des dimensions relatives des organes individuels, fait voir qu'il ne serait pas tout-à-fait exact de dire que l'organisation la plus compliquée et l'inteUigence la plus développée, se rencontrent conslamnient avec les proportions les plus, considérables de ia taille; mais elle démontre que les animaux les plus volumineux font partie de ceux qui composent la première classe, c'est-à-dire , celle des mammifères.

Après ceux-ci se placent, iion les oiseaux ^ mais les poissons que suivent les reptiles.

Les insectes occupent un des derniers rangs dans l'échelle du volumel

La classe qui comprend les espèces de l'organisation la moins complexe, celle des zoopbytesj

offre à la fois les animaux It^s plus minimes et les moins orj^aiiisés. On esl donc fondé à établir qu'à l'organisMlion la plus simple correspond la petitesse la plus t^xlrême, et (ju'avec un degré de développement très-supérieur coïncide la masse la plus considérabie.

II est bien dijjne de rem^srque que les oiseaux et les insectes, appelés à se mouvoir dans un milieu dont la ténuité les laisse sans point d'appui, préseutent un volume si peu notable, et que cependant le prolongement des voies aériennes, étendues dans l^épaisseur d& presque toutes les parties, donne au corps de ces animaux la construction la plus légère et la plus propre à l'exécution du vol.

Il y a , en général, une opposition directe entre le volume et le nombre des organismes de la même espèce.

Les proportions relatives des organes offrent aussi dès combinaisons infinies. Cette règle s'applique à tous les instrumens de l'organisation , soit qu'ils diffèrent entr'eux par la quantité de leurs parties intégrantes, soit par les propriétés qui les caractérisent. Ces variétés sont la cause principale des modifications que l'on remarque chez les divers animaux , dans la forme du corps entier ou de quelques-unes de ses parties. A quoi sont dues en effet la plupart de ces modifîcalions? N'est- ce pas au raccourcissement^ au développement moindre, au prolongement,

d'anatomie coarp.vîiKE.

su perfeclionnement (.l'orgaiies généralement existans V Et n'est-ce pas dans les cas les plus rares qu'elles sont le résultai de l'addition d'oriianes nouveaux ?

Ces différences exercent d'ailleurs une influence le plus souvent nécessaire et très-décisive sur tout l'acte vital, ou au moins sur quelques fonctions; influence caractérisée non seulement dans le mode d'existence de l'individu, mais dans les moeurs de l'universalité de l'espèce. Cette considération du rapport étroit qui unitles phénomènes vitaux aux conditions tie développement se rattache elle-même à un fait important en physiologie : c'est que, toutes choses étant égales d'ailleurs, l'organe le plus volumineux agit naturellement avec l'énergie la plus prononcécj mais l'application rigoureuse de ce principe nécessite la distinction exacte entre ce qui est apparence ou réalité de volume.

Plus un animal est inférieur, moins le système nerveux est développé relativement à la masse du corps, moins la portion centrale offre de volume comparée aux parties périphériques j en d'autres termes, })lus les org mes réservés uniquement à l'entretien de l'existence des corps prédominent sur ceux que revendique la vie intellectuelle. Cet antagonisme entre les dimensions du corps et le développement du système nerveux en général , et entre les diverses portions elles-mêmes de ce système^ n'est pas le

4o TRAITÉ GÉNÉRAL

seul ; il existe encore d'autres oppositions plus spéciales.

Les organes de la génération, par exemple, prennent un accroissement inverse à celui du système nerveux et particulièrement à la masse de ses parties centrales ; mémp opposition se remarque entre les instrumens de la respiration et l'organe sécréteur dé la bile. Dans ce dernier cas l'un des organes est vicaire de l'autre pour la fonction ; dans le premier la fonction de l'un des organes s'exerce avec plus de plénitude, tandis que l'action de l'autre s'atténue dans le mômerapport.

Coloration.

Les phénomènes de coloration présentent quelques circonstances dignes d'être remarquées.

La plus digne d'intérêt est cette diversité infinie de couleurs, propre à certains animaux, qui n'en revêt que l'enveloppe extérieure, et l'uniformité constante d'aspect que présentent sous ce point de vue les organes intérieurs, non exposésàla lumière^, que cache ce vêtement supeificiel. Aucun rapport n'unit d'ailleurs ces accidçnsvariésde coloration siégeant principalement

d'anatomie comparée. 4i

dans rëpiJerme ou ses annexes , à des différences de structure quelque peu sensibles.

Ce fait prouve combien le système épidermique , si différent des autres par son organisation, est indépendant sous le rappprt de celte propriété elle-même.

Des agens extérieurs, notamment la lumière et le calorique, semblent puissamment favoriser la manifestation des couleurs vives et variées. C'est dans les milieux , c'est dans les contrées où la chaleur répand le plus de feux et la lumière le plus d'éclat, que l'on voit les animaux parés des nuances les plus intenses et les plus diversifiées, et de leurs parties ce sont celles qui sont le plus directement exposées aux influences de la température, du jour, qui brillent des teintes les plus riches et les plus nombreuses. Supprimez ces influences; avec la lumière et la chaleur, vous verrez s'effacer les couleurs ; faites varier la force de la lumière et vous produirez des accidens de coloration proportionnels ; en faut-il conclure que ces agens sont les causes productrices de cette faculté ? Non assurément; cardes espèces d'animaux fort voisines les unes des autres, soumis à des actions extérieures semblables , offrent les contrastes les plus frappans.

Le volume et le perfectionnement des organes se rencontrent souvent dans une opposition directe ; il n'est pas rare de voir également coin-

L\'l TRAITÉ GÉNÉRAL

ciJer avec une coloration plus intense de ta peau, et particulièrement avec une coloration bigarrée, un développement moindre du reste de l'organisation, qui se manifeste soit dans la composition, soit dans la masse des parties.

Les mammifères offrent les teintes les plus uniformes. Les oiseaux que l'ensemble de leur organisation place immédiatement après eux, sont, il est vrai, nuance's des couleurs les plus variées; mais l'effet immédiat et continu d'une vive lumière contrebalance , chez eux , les influences défavorables attachées au perfectionnement élevédeleurorganisation. Nousretrouvonsles preuves les plus irréfragables de la constance de cette ici dans les jeux de couleurs diversifiées qui dessinent la peau des reptiles , des insectes , des mollusques, des vers et des zoopbjtes. Nous observerons seulement que pour les insectes on trouve à l'intensité et à la variété des nuances qui les colorent, la même explication que pour les oiseaux.

On peut donc dire que l'imperfection de l'organisation favorise l'intensité et la diversité de la coloration, que l'action de la chaleur et de la lumière y contribuent puissamment; mais que, chez beaucoup d'animaux, il existe une ten- ^ dance à cet aspect extérieur, dont on ignore les causes.

d'anatomik comparée. 43

Composition.

Les êlres organisés en général et les animaux en particulier , sont formés d'élémens île trois ordres difFérens. Les uns sont primitifs, les seconds sont médiats, les derniers sont immédiats. Aucun organisme n'est simple, même Ie§ plus inférieurs ; tous sont composés d'élémens primitifs réunis en principes médiats.

Les élémens primitifs sont principalement l'azote, le carbone, l'hydrogène, l'oxygène, le phosphore, le soufre, la potasse, la chaux, la magnésie, la silice, le fer, le manganèse.

Ces corps simples, en se combinant diversement, forment des principes médiats et de nature particulière et surtout l'albumine ^ la fibrine, la gélatine et le mucus; modifications variées de la même substance qui ne se distinguent en tr' elles que par la proportion diverse des élémens primitifs qui les composent.

La quantité plus grande d'azote et moindre d'hydrogène est le caractère de la fibrine,- la gélatine contient moins de carbone et davantage d'oxygène et d'hydrogène. L'albumine est formée d'autant de carbone que la fibrine, et d'une proportion inférieure d'azote.

Réunis en quantités qui varient les principes

médiats, forment à leur tour les composans imr. médiats, parties constitutives des difFérens élémens organiques solides et liquides qui seront exposés d'une part au sujet de la loi de variété et - d'autre part à l'occasion de l'anatomie spéciale des différens systèmes. Outre ces trois ordres de principes généraux et médiats, il en est d'autres, bornés à des parties individuelles du corps et même à desorganismes particuliers. Ce n'est pas ici la place d'en parler, nous les renvoyons à l'anatomie spéciale y quand il s agira de l'organe dans lequel on les rencontre.

La plupart de ces principes sous un volume donnée présentent peu de poids et sont cornbustibles. Quelques-uns seulement^ les matières excrémentielles, sont entièrement comhurées.

Ce n'est que dans les animaux inférieurs que des parties dures, fort pesantes, comme la chaux, forment la masse la plus considérable du corps; cette circonstance n'est pas même générale parmi ces êtres, et l'on voit des espèces très- voisin es être entièrement privées de ces parties ou lés posséder.

La composition est très-variable. Non seulement il s'opère par l'acte même de la vie, une décomposition et une recomposition continuelles, suivies nécessairement de l'expulsion non interrompue des substances impropres et de l'inlrovluclion toujours active de matières nouvelles destinées à s'assimiler à l'organisation j

d'anatomie comparée. /[S mais, après la mort, les élëmens qui selaicnt réunis par la force de composition organique, en principes médiats et immédiats, se dissocient par la putréfaction et entrent dans des combinaisons beaucoup moins complexes.

Les différences qui résultent d'une composisition diverse sont sans doute fort remarquables ; maiselles ne sont pas, comme Tont prétendu Bichat (i), Wenzel (a),, Tréviranus (3)^ etc , d'une imp ortance supérieur^ à celles que manifestent les formes et la disposition mécanique. On trouve, il est vrai, très-généralement répandus dans l'économie animale , des globules, des fibres et des canaux flexueux constituant des vaisseaux fort déliés. Mais les proj^ortions de Tolume et les variétés dans le mode de disposition établissent entre ces difFérenscomposans organiques, des lignes de démarcation plus ou moins tranchées. Les éléiuens médiats de la forme se composent également des mêmes principes immédiats de la composition, mais combinés diversement et peut-être modifiés encore d'une autre manière , de telle sorte que les com-

(i) Anat. gén. 1801 , T. I , p. 4. — (3) ProJromiis emes Werks iàher das Gehirn des Menschen u. der Thiere ( Prodrôtne d'un ouvrage sur Tencéphale de l'Iiomme et des animaux ). 1806, S. 4. — (3) Ueber die organischen Elemente der Koerper ; in dessen vermischten Schriften. 181G, Bd. i, S. 142. ( Sur les élémens organiqnes des corps. )

46 TRAITÉ GKKÉRAL

posés qui en résultent lendenl à passer les uns dans les autres, aussi bien à l'élat normal qu'à l'élat d'anomalie.

Vie.

Ainsi formés et composés^ les organismes animaux présentent encore d'autres phénomènes dont Tenseinble a reçu le nom de vie. On les divise en deux grandes classes : phénomènes matériels et immatériels. De là deux vies , une vie spirituelle y une vie corporelle, nécessairement liées l'une à l'autre, du moins d'après ce c|ue nous apprend l'observation.

Le caraclère fondamental qui distingue la vie spirituelle est la conscience de ^o/. Celui qui est propre à la vie corporelle est la formation. Leur but commun est la conservation de \in~ dividu et de ï espèce. Pour atteindre ce but par l'action de ces deux vies, l'organisme a reçu la propriété d'être affecté par des impressions extérieures et la faculté de réagir contre ces impressions ; le mouvement est vraisemblablement le moyen général de cette réaction. Ce phénomène semble donc l'état par lequel la vie spirituelle aussi bien que Jçl vie corporelletendent à se conserver.

Lorsque les impressions reçues par une partie bornent leur efiet à celle ])arlie , on ne donne à

d'anatomie comparée. 47 celte propriété de l'être que lenomd'impressionnabililé, ou, suivant quelques physiologistes^ celui de sensibilité organique.

Lorsque inaction a été communiquée plus loin, au point d'affecter la conscience, on la nomme sensibilité en général ou sensibilité animale^ par opposition av,ec la sensibilité organique ou la faculté passive de recevoir les impressions.

On oppose la motilité ou la contractilité animale, qui est en rapport ai^ec la conscience y à la motilité purement organique , nommée autrement contractilité organique ; contraC' tilitéf parce que le mouvement dont elle est la cause, se manifeste le plus souvent parla contraction; et organique, parce ([ue le mouvement qu'elle détermine n'est pas en rapport avec le mo2 intérieur, et ne peut, par conséquent, pas être influencé par la volonté.

TRA.ITÉ GENÉRAt

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