ÉTAT RÉGULIER
Variété de composition des organismes considérés individuellement.
§. iG.
' La première différence par laquelle se manifeste la loi de variélé dans l'organisation animale, est, comme nous L'avons indiqué, celle qui résulte de la nature diverse et des formes variées, proj3res aux parties qui concourent à la constituer. ,
Les propriétés de ces élémens organiques, leur structure et leurs fonctions, les parties plus élémentaires qui les forment ou leur degré de complication sont les rapports nombreux sous lesquels diflerent entr'elles les diverses fractions d'un être organisé.
d'anatomie comparée.
Système cellulaire.
Le plus répandu de tous les systèmes, est le tissu cellulaire ou muqueux. Il est la base de toute réconomie animale. A l'origine de l'être organisé il le forme seul; plus lard , tous les organes en sont non-seulement enveloppés, mais sont même en grande partie fondamentalement constitués par ce tissu, qui les pénètre, unit entr'eux leurs élémens isolés, avec une étroitesse susceptible de bien des degrés, et édi6e ainsi de toutes ces pièces séparées un seul et même organe. Répandu dans tout le corps, ce tissu représente une masse continue, homogène, molle, tenace, demi-transparente, grisâtre, consistant en gélatine, dans laquelle on n'aperçoit pas (constamment du moins ni essentiellement), de structure lamineuse, fibreuse, et circonscrivant par conséquent des aréoles ou cellules.
Je ne pense pas que les cylindres flexueux^ isolés (i) ou unis aux globules qui se voient à leur surface extérieure, entrent essentiellement dans la composition du tissu muqueux (2)j car ce tissu existe sans ces cylin-
(i)Fontana, «ur le venin de la vipèr«, Florence, 1781. (a) Treviranus, 1. c. Bd. i, S. laS.
5o TR/ilTt GÉNÉRAL
dres(r)j et de plus, les c ylindres et les globules ne sont que contenus dans la substancehomogéne et tenace qui en est la base. Il est très-vraisemblable que ces cylindres sont les dernières radicules du système vasculaire, chargées de recevoir les globules formés dans le tissu muqueux.
Quoique moyen matériel d'union entre les divers organes eux-mêmes et entre les différentes fractions dont ils sont la somme, le tissu muqueux en sépare les phénomènes vitaux. Les couches plus ou moins distinctes dont il les circonscrit , sont un grand obstacle opposé à la propagation d'une maladie entre deux pièces organiques appliquées l'une à l'autre , comme les tuniques intestinales, vésicales, etc.
L'isolement dont il est le moyen entre les parties, n'est nulle part aussi manifeste, que lorsque devant servir d'enveloppe à plusieurs organes importans et nécessaires à la vie, il se constitue en ce qu'on appelle des n^embranes séreuses, c'est-à-dire, des sacs d'une texture solide et sans ouverture qui, adhérents à leur surface, les limitent de toutes parts.
Il est composé de deux substances dans la plupart des animaux, et surtout dans les plus parfaits d'entr'eux. L'une de ces deux substances
(i) Fontana , 1. c.
d'aNATOMIE COiArPARéE. 5i
îjeaucoiip plus généralement répandue que l'autre, et existant universellement^ est aqueuse, ténue, transluci le, et a reçu le nom de sérum. La seconde, la graisse^ est moins fluide, plus opaque, blanche ou jaune; elle divise, en s'y développant, le tissu muqueux en une quantité considérable de petites poches arrondie s, d'une capacité variable et sans communication entre elles.
La graisse n'est pas, comme on l'a dit, une substance organique simple ; mais elle est formée de plusieurs corps distincts que l'on peut facilement isoler, et qui consistent surtout en stéarine, élaïne et divers acides.
Ces rapports avec la forme et la vie de l'orga^nisme, ne sont pas les seuls qui caractérisent le tissu muqueux. La mollesse et l'extensibilité qui lui sont propres, les fluides dont il est imbibé le vendent très-important aux tondions locomotives; aussi le trouve-t-on accumulé en. grande quantité dai(s l'épaisseur ou autour des organes qui , comr.îe les muscles, exécutent des mouvemens et changent souvent de forme et de volume. Il est dans un rapport plus intime encore avec la conservation de l'être par le fluide aqueux qu'il sécrète intérieurement ; fluide qu ^ mêlé par une voie diversement compliquée^ soit immédiatement, soit au moyen des vaisseaux, avec ie fluide nutritif général, forme luimême des dilferens alimeus introduits dans Fe'^-
52 trXité général
coiiomie ])ar plusieurs routes, s'assimile à la substance de l'organisation et contribue à la constitution de ranimai.
L'existence de la graisse dans ce tissu est ellemême une circonstance liée, quoique d'une façon plus éloignée, avec la nutrition. 11 y a celle différence entre les deux fluides que contient le tissu rnuqueux, quel'actiondu premier est continuelle; que le second , formé par un surcroît de la nutrition, est déposé comme provision pour être plus tard utilisé.
C'est pour cette raison que la graisse manque dans les prenjiers temps de la formation des organismes, ainsi que dans les organes passagers, qui ne sont en action qu'avant le commencement de la vie pleinement indépendante ; je veux parler des membranes de l'oeuf. Accumulée en masse abondante, avanl Tengourdissement auquel sont sujettes plusieurs espèces, ])ar exemple, dans la plupart des insectes où ce pbénomènenese ])roduit qu'une fois, et dans les animaux hybernans où cette circonstance se renouvelle, la graisse, durant celte espèce de sommeil, pendant lequel l'organisme ne reçoit aucune nourriture extérieure, diminue considérablement, transformée ^n organes nouveaux ou employée au dévelop- .pemcnl d'organes déjà exislans, que leurs fonctions ap[)ellent à sécréter des quantités nolables de fluide.
Il est digne de rcmar.pic que cet excédanl de
D*ANATOMIE COMPARÉE. 5 î
la matière nutritive, tenu en réserve parle travail de formation, ne contient pas d'azote,
Un second système, presque aussi généralement répandu que le système muqueux lui-mê^ me, consiste en ces globules ou petits points arrondis que nous avons déjà cités, et qui sont plongés dans la masse molle et ténue du premier, qui leur sert de lien. Chez les animaux inférieurs, par exemple, chez les hydres (i), tout le corps n'est formé que de cette combinaisou de ces, deux systèmes, La surface intérieure ixe se distingue de Ja superficie que par une moindre quantité de globules, ce qui lui donne une teinte plus foncée (2).
Cette disposition est commune , <;lan.> les premiers temps, àl'embryon des animauxsupérieurs. Swammerdara (3) a trouvé., chez les têtards des grenouilles, toutes les parties, le canal .intestinal, la peau, les appendices branchiaux , etc., primitivement composées de globules. J'ai fait la même observation sur tous les jeunes embryons <[ue j'ai eu l'occasion de disséquer.
(i) Trembley, Mém. pour servir à l'hlst. d'un genre de polypes . Leyde , p. 54 et 55. — (2) L. c. , p. Sj. — (3) Blblia naturae, p. 817.
Les globules peuvent être à des degrés difFérens le siège de la coloration de l'animal ; la substance qui les unit est seule incolore; séparés de cette substance, ils représentent la cotdeur de l'animal et même avec une intensité qui croît avec leur concentration. Il en résulte qu'en nourrissant un polype de substances diversement colorées, on peut, à volonté, modifier les teintes des globules et partant celles que réfléchit l'animal lui-même (i). La couleur du sang est également due à ces corpuscules que ce fluide contient en grande quantité. La coloration n'est cependant pas une condition essentielle de la nature des globules, car on les voit perdre leur couleur avec la privation des alimens , dans les mêmes espèces où l'on les rencontre colorés à l'état normal (2) ; car la matière colorante disparaît rapidement^ la forme du globule elle-même persistant (3) ; car enfin on trouve dans beaucoup de parties des globules incolores. Cette condition est donc variable dans les divers animaux et dans les parties du même animal. Leur structure, leur forme, leur volume , présentent d'égales dissemblances; aiilsi , la structure est plus compliquée dans les uns que dans les autres.
(i) Tremhley, I. c. , p. 126. — (a) Tremhicy, 1. c. — (3) Home , sur les cbaiigemens du sang lors de sa coagulation. J'hil. iransacr. ,
hiK'C, il Hiui I'm voiMîr, fort /i toM., ;j Vm-Xurn (U-. la
I>îi (ormo /l't'st p.'iMnoiriH v.'jn.'jlilc : I;j plupart ruî HOiil. r'%ri( l,<;rrH;r»t ronds > rn/iin iU pi'(;b<'nl,(;nl HivMHfît» mcfHurrs (V:t\>\:d\miwtiui.(r}). l!« ru» HOfil pan non f)lut» p.'irtout circulaire». Ce ri'e«t «pic <jfUJH hîsanf^ du (jius f^nirid riornhrcdcs rnam- /fiiCcrc» ctdc plusieurs p<>ihsous rpj'ihsont limilé» par iiri cercle exact: ils «ont elliptiques dans le* oiseauK et dans lu;aur;oup de repliles Ils o(l'rtfnt inêmed<îs variations de lormr; périodique»; on U',H voit arnjfjflis dans Ichcrnhryr^nsde vipères et de j)OuleH, ef, «dlifjf iquc» dans les individus adullJis (T)).
Ia'. vrjlinne varie <;onf,idéraf>lement dans quel- (pjes <;irconstaT;ce<i. Deux sortes de gifdxiles, chacune d'un volume difCcrent, existent dans le sang des tritons; esl-i) donc surprenant de reneontrerdc.s j^iohulesinéj^r'denrjcnl volumineux dans l(;s diverses pai lies du même animal ? Kst-il extr/ioi-dinai» e de le» trf)uver plus gros dans la I at(; rjuc dans les reins (6), dans ceux-ci plus con-
(l) IIkwmjh , Deicr. of iltc rf.d pariich:} of tlie blood. London, 1777, page rfj, — (7) L, c- , p. f ia. — (3) }{ew»on, li c. — (/,) — (5) pl. I, fig. 3,4,0, 7. ■ (r,)Weozd,
Prodromni , etc. Tiibirigrn , i8</j, page 4-
sidérables que dans le foie, et dans le lait moindres que dans le sang (i) ; quoiqu'on voie d'autres globules, ceux, par exemple, qui composent la substance encéphalique et le pus, se mesurer sur les mêmes diamètres que ceux du sang dépouillés de leur matière colorante (2} ?
Leurs inégalités absolues ou relatives de volume permettraient même de faire dans le ré^ne animal des coupes à des distances variq^bles ; ainsi les dernières classes des vertébrés, savoir: les reptiles et les poissons , présentent un sang rempli de globules dont le volume absolu, à plus forte raison le relatif, est beaucoup ]>lus considérable que chez les animaux plus élevés dans l'échelle (3).
Dans les animaux d'une même classe il est aussi des modifications remarquables, qui ne sont pas toujours en raison de la taille de l'animal. A la vérité les globules de l'encéphale, chez les ]ictits mammifères et les oiseaux, sont plus petits que ceux du même organe dans l'homme (4) mais on voit, en revanche, les globules du sanj:: du bœuf, du chat, de Tane , de la souris^ delà chauve-souris , égaux entr'cux et moindres que ceux de l'espèce humaine , placée elle-même sons
(i) Hc-\vson , 1. c. , Cap. I, pl. i , fig. 2, i3. — (2) B.iuer dans Home, 1. c. , p. — (3) Hewson , 1. c. — (4) Wenzel ,
d'anatomie comparée. 57 ce rapport, dans la même condition que le lapin, le chien et le dauphin (1).
Le volume des globules est subordonné aux diverses phases de l'existence. Aux premières époques il est relativement supérieur à ce qu'il se montre dans les dernières (2). Le jeune animal, d'une espèce supérieure , correspond même sous ce point de vue à l'indjvidu adulte d'une espèce plus imparfaite (3).
(i) Hewson , I. c. — (2) Hewson, fig. 3,4- — (3) Les recherches microscopiques ont conduit récemment à des résultats nouveaux et confirmé des résultats déjà obtenus. MM. Prévost et Dumas ont soumis à ce mode d'investigation, les globules du sang de l'homme, d'un certain nombre d'autres mammifères et d'animaux appartenant aux autres classes de vertébrés. Ils en ont détermmc les diamètres, qu'ils ont évalué dans l'homme, par exemple , à -ff^ de millimètre, résultat différent à des degiés divers de ceux obtenus par Jurine, Bauer, Young, WoUaston, Kater. Ils ont reconnu dans le centre des globules du sang des mammifères , chez lesquels ces corpuscules sont circulaires , un noyau incolore de j J-j de millimètre, qui se retrouve également constituer la partie centrale des globules sanguins des autres classes, oiseaux, reptiles et poissons, oîi ils lont elliptiques ; noyau qui , d'après les recherches des mêmes auteurs et celles de MM. Dutrochet et Milne Edwards, semble être la forme primitive de toute matière organique, susceptible d'offrir une autre composition chimique, mais constant dans ses dimensions, d'où il résulterait que le mode divers d'agrégation qu'affecteraient ces globules du diamètre de yl „ de millimètre , déterminerait seul les formes secondaires des substances ou tissus animés, dans toute l'échelle, ^oyez Milne Edwards, Annales des sciences naturelles , t. 9. Dutrochet, Recherches anatomique s et physiologiques sur la structure intime des animaux et des végétaux, et sur leur mOtiUtc^ in-8., Paris» 1824, pag. 201 ; et Prévost et Dumas, Examen du sang et de son action dnns let divers phénomènes de la vie; ■ — Bibliothèque universelle des sciences et des arts de Genève, T. XVII ; Journal de physiologie, T. III. [Note des traducteurs. )
TRAJTE GÉNÉRAL
Les portions muqueuse et globulaire du système cellulaire peuvent être appelées les élémens primitifs de la forme du corps des animaux.
De leur re'union résulte des fibres et des lames que nous pouvons considérer comme les élémens médiats.
Les fibres sont des corps solides très-alongés, juxtaposés et unis par du tissu muqueux, ([ui, assemblés en plus grand nombre, forment des cordons et des faisceaux , et se dirigent avec une précision variable suivant la longueur de la partie qui résulte de leur réunion.
J'appelle lames des corps minces et larges qui s'étendent uniformément ou se ramifient suivant des contours variés. La première forme propre aux lames est celle des membranes ; la seconde re])résenie des tubes et des vaisseaux.
Aucune de ces combinaisons, que nous venons de nommer élémens médiats de la forme, n'est constituée exclusivement par un seul des deux élémens que nous avons disling'ués par le mot de primitifs.
Les libres du système nerveux, par exemple, sont le résultat de l'assemblage des globules rangés en lignes ; mais ces globules sont unis p3r un Iluide amoipbe. Les libres des muscles,
d'ana-tomie comparée. celles des os surtout, ne renferment pas de globules, mais seulement une substance homogène. La M!ii|)art des lames sont dans le même cas. Les inerrb anes muqueuses font exception et offrent des g obules distincts.
Il a'existe pas de rapport déterminé entre la nature des élémens primitifs et les formes offertes par les combinaisons qui en proviennent. Les membranes fibreuses et tous les organes de même texture, où prédomine la dimension de largeur, en sont la preuve. Ce fait confirme que toute substance organique prend les formes les plus différentes pour parvenir à des buts divers j nouvelle application de la loi de tendance finale que nous voyons incessamment se reproduire.
§. ao.
Des élémens de forme primitifs et médiats se composent les élémens immédiats de la forme propre au corps animal.
En se bornant à fétude des orgnnismes supérieurs formés de tous les élémens médiate et immédials , on commet généralement encore de grandes mé[)rises sur la nature et le degré de Cûm|josilion de cvselérçens de forme immédiats, en \ts croyant presque tous composés de plusieurs autie.-.. L'anatomie comparée a fait découvrir les vices et les défectuosités de cette opinion,
(3o TRAITÉ GÉNÉRAL
en déterminant les conditions essentielles de chaque composant de l'organisation , et en rejetant tout ce qui ne lui est qu^accidenlel. Plus facile à suivre dans les classes inférieures et dans les premiers rudimens de tout être organisé en général, et de chaque partie individuelle, cette analyse n'est pas par cela même uniquement applicable à ces seules conditions de l'animalité. En effet, la pensée peut non-seulement dépouiller chacun des systèmes de toutes les circonstances qui ne lui sont pas essentielles, mais la nature prend elle-même le soin de ne nous présenter d'abord que leurs caractères fondamentaux, et ne surajoute que plus tard ce qui leur est purement accessoire. Toute recherche soutenue jusqu'aux détails conduit en dernier résultat à l'existence de ces éléraens médiats et immédiats qui, diversement modi fiés sous lerap- ])ort de la forme et de la composition, constituent les seules conditions essentielles de tout système organique.
Il est vrai que les derniers animaux , tels que les hydres , se montrent uniquement formés de globules et d'un fluide amorphe dans lequel ils plongent; mais celle substance, qui est la même dans tout le corps de l'animal , présente tous les phénomènes qui caractérisent fanimalilé. Elle persiste dans sa forme, dans sa composition et dans ses phénotnènes vitaux; elle exécute des mouvemens; elle offre des actes de sensibilité^
d'aNA-TOMIE COMPA.RÉE. 6l
c'est-à-dire, des phénomènes analogues à ceux que nous avons nommés corporels et spirituels ou matériels et immatériels.
La cons(n'vation de l'animal est opérée : i» par l'introduction de matières étrangères à Torganisme et prises à l'extérieur, matières que l'on peut nommer moyens de nutrition ou alimens ; 2o par la transformation de ces matières en la substance de l'animal , acte qui a reçu le nom d'assimilation ; 3» par l'expulsion de principes primitivement impropres ou devenus impropres; opération qui nécessite réellement un mouvement pour s'exécuter, mais qui n'en suppose pas de visible de la part des instrumens divers de l'organisme.
Les parties en rapport avec les opérations qui tendent à la composition, se peuvent désigner sous le nom générique de système ou appareil formatif (i).
Les animaux les plus simples ne présentent qu'une surface extérieure, privée d'ouverture visible, envelopjjant la substance de Tanimal , 'Sans s'en distinguer par sa structure; c'est le
(i) Les AUemauds se servent du mot reproduction comme synonyme d'assimilation ; mais l'usage ayant rendu cette expression , en français , synonyme de génération, nous n'avons pu faire usage ici du mot reproductif. ( Noie des traducteurs. }
premier iuclice du système cutané; à travers cette enveloppe passent pour être introduites les matières alibiles qui l'approchent au coritact; ' pour expulser celles que l'organisme rejette. C'est donc le système que Ton peut considérer comme formé, ou du moins comme indiqué le premier. Chargée d'une part plus active à l'acte ■vital, dans les classes inférieures de l'échelle que dans celles qui occupent le premier rang, l'enveloppe cutanée développe^ dans quelques parties de ces derniers êtres, une sphère d'action exceptionnelle. Ainsi on voit ses fonctions , bornées dans les derniers animaux à l'intromission et à l'expulsion des matières étrangères, actés dont elle est le seul ou le principal agent, s'élever jusqu'aux actions locomotives dans plusieurs zoophytes, dans les vers, les mollusques, les insectes et les oiseaux; elle est aussi primitivement l'unique organe de la sensibilité , puisque c'est dans son tissu que se développent les premiers germes de chacun des sens.
Le corps de l'animal se présente ensuite parcouru dans une étendue plus ou moins considéi^able par une cavité qui en traverse la masse. Delà deux surfaces, l'une extérieure, l'autre intérieure, opposées l'une à l'autre. Delà une sorte d'antagonisme entre la peau et le canal alimentaire; de là enfin d es restrictions considérables
d'anatomie comparée. 63 de ractivilé et de l'inflLience des fonctions ciilanées, suppléées par les usages de la surface intéiieure qui introduit et expulse les matières les plus grossières. D'abord simple, cette cavité fait de l'animal une poche unique, si elle ne s'ouvre que par un orifice ; elle ressemble davantage à un lube s'il y a une ouverture à chaque extrémité; bientôt on la voit se ramifier à des profondeurs variables dans l'épaisseur de la substance de l'animal. La nourriture nouvellement introduite, et qui vient d'être préparée, est alors charriée par dès voies spécialement et constamment réservées à cet usage , et qui se distinguent plus ou moins de la masse qui enveloppe le corps. Ces voies de circulation forment les premiers rudimens du système vasculaire^ et un lien commun entre le canal intestinal et la peau. La peau, le canal intestinal, et les vaisseaux réunis à la substance qui leur est interposée , constituent alors tout le corps de l'animal j disposition qu'on retrouve dans les méduses.
Ces parties sont homogènes : substance enveloppante, substance enveloppée, tout présente des caractères communs. La peau et le canal intestinal manifestent davantage Taspect de surfaces; les vaisseaux qui se séparent déjà d'une façon plus tranchée constituent des routes particulières.
Les seuls caractères distinctifs qui les difFéren-' cient sont une disjiosition lisse et une texlure
<J4 TllAlïE GÉNÉRAL
})lus serrée; on ne rencontre alors aucunes U accs de fibres ou de couches superposées.
Un degré de composition plus élevé consiste d'une part dans l'isolement plus complet d'organes déjà existans, mais dont la nature et la position se tranchent davantage; d'autre ])art , dans la présence d'organes nouveaux qui ajoutent et au nombre et à la composition de ceux qui concourent à la formation de l'organisme.
Les instrumens de l'organisation existans se séparent et se différencient de la manière suivante :
Le système vasculaire s'isole du canal in testinal, soit en se plaçant sur ce dernier, comme on l'observe dans les insectes , où il a la forme d'un tuyau fermé de toutes parts, soit en cessant d'être, comme dans les annelides et tous les animaux qui viennent après, une ramification immédiate de ce canal, de la surface duquel il naît , par une multitude de radicules qui se réunissent d'abord en troncs, et se subdivisent de nouveau en une infinité de branches et de rameaux.
Les organes nouveaux sont , ou des modifications et des rejetons d'organes existans, ou des formations propres. Les premiers j)roviennent du canal intestinal et de la peau, ou de tous deux à la fois; ainsi le tube digestif donne naissance aux glandes, le tégument cutané au système respiratoii e.
liCS friandes sont des organes creux à une seule
d'ana-tomik comparée. 65 ouverture, d'une complicaiioa très- variée j leur orifice en établit la ci ntinuilé avec Jes surfaces cutanée ou iriteslinale; elles sonlmême pkuôtdes piolongemeus de ces deux systèmes, et spécialeinenldLîleur membrane primitive et essentielle, qu'elles ne forment d s systèmes propres. Ces pLches sont unies entr'eiles à l'extérieur par un tissu rauqueiix, plus ou moins solide. Préparer un fluide difLrent de leur substance et du fluide nutritif généra!, utile, comme ce dernier, à la conservation de l'individu ou de Tespèce , ou destiné à être rejeté à cause des propriétés nuisibles qu'il lui communiquerait, telle est la fonction des glandes.
Les premières s'ouvrent dans la partie supérieure du canaldigestif ; les secondes constituent les oiganesde la f^énération qui, formés dès-lors du système cutané extérieur et intérieur, s'ouvrent, soit dans la partie postérieure du canal intestinal , soit à la surface externe du corps. Les troisièmes glandes ont leurs orifices ouverts sur les deux surfaces.
Le système respiratoire consiste essentiellement en cavités et en saillies formées aux dépens des enveloppes extérieures ou intérieures. Les cavités sont les poumons , les saillies forment les branchies.
Les systèmes qui se manifestent ensuite , avec des caraclères propres, sont les systèmes muscu' laire et nerveux : telle est la simultanéité de
6S TRAITÉ CÉIMIÎRAL
l'apparition (Je ces deux systèmes^ (ja'ils semblenl déterminer réciproc[uement leur existence respective.
Le système nerveux est formé de globales et d'un fluide amorplio intermédiaire à ceux-ci; pne enveloppe commune, mince et uniforme, leur sert de lien. Il existe entre les portions divei'ses de ce système uneopposilion complète de disposition; les portions centrales, ou ganglions , sont renflées et arrondies; les parties qui servent à unir ceux- ci ^ntr'eux , ou à établir leurs rap ports avec les di/lerens organes, les nerfs proprement dits, ont la forme de fiiamens alongés. Partout où il existe, ce système se montre comme Tagcnt médiateur de l'activité spirituelle de l'être et le lien d'une connexion plus intime entre les différentes régions du corps, même entre celles qui sont les plus éloignées les unes des autres.
Le système musculaire , considéré comme système propre , est formé de fibres jaunâtres que réunit les unes aux autres le tissu muqueux. Il est incertain s'il entre des globules dans leur constitution; ce qui les distingue surtout, c'est la faculté, qu'elles possèdent au plus baut degré, de clianger alternativement de forme, soit qu'elles se raccourcissent^ pbénomène qui s'accompagne de Taugincntation de leur densité et de leur volume transversal, soit qu'elles s'alongent eu se relàcbaiu , modification coïncidant cou-
D ANAÏOMIE COdMPAREE. Gj
slamment avec leur amincissement et leur mollesse. Siisceplible par l'efFet de celte faculté de réagir, en les déplaçant, sur les substances contenues dans le corps et d'opérer des modifications de rapport entre les parties de l'animal ellesmêmes, le système musculaire devient i'aiient actif des mouvemens déterminés , des changemens de forme^ de position et de lieu qu'éprouve l'être animé.
Dans un état de complication plus perfeclionnée,à ces organes musculaires s'ajoutent d'autres systèmes remarquables surtout par la dureté et la solidité. Déjà nous avons indiqué la peau comme susceptible d'acquérir ces propriétés dans certaines circonstances. Les acquisitions nouvelles que font les instrumens de la locomotion sont ' les tissus fibreux^ carlilagineux et osstux. Ces tissus sont réservés à deux usages : le premier consiste à former des enveloppes de protection pour des organesimportansà la vie, soit presque seuls, comme pour les parti es centrales du système nerveux qu'ils suffisent à abriter efficacement j soit réunis aux muscles, comme pour les systèmes vasculaire et respiratoire déjà moins complètement défendus, enlin pour les pièces principales des organes digestifs et générateurs qui sont de tous les plus exposés. Lour second usage est la locomotion, aux phénomènes partiels de laquelle chacun de ces tissus contribue d'une manière diverse. Les os et les cartilages repré-
traité général seiUenl des leviers; les muscles sont les puissances moti'ices. Les organes fibreux sont auxiliaires des uns et des autres; sous la forme de pélichondre, de périoste et de tendons, ceux-ci . attachent les muscles aux cartilages et aux os; sous celle d'apoaévroses , de fascias, de gaines , ils servent à les contenir, soit isolés, soit réunis en masses ; enfin sous la Forme de ligamens ils unissent entr'eux les os et les cartilages.
Les caractères princip>aux du tissu fibreux sont une disposition fibrilaire disLincle , un éclat argentin , une re'sistance considéi able.
Les cartilages sont plus durs, plus élastiques, la plupart homogènes, ayant la couleur gris de perle.
Les os sont de tous les organes les plus solides; ils sont composés d'un tissu aréolaire distinct.
La substance animale décomposée ainsi d'une manière insensible et graduelle du zoopliyle aux animaux les plus élevés, nous olfre les systèmes qui viennent d'être exposés. Si ces descriptions générales que nous avons données difrèi eut considérablement de celles qu'on en a faites communément, c'est que nous ne noussom-
d'aNATOMJE COMI'VRÉE. 69
mes altachës qu'aux caraclères essentiels. Nous avons omis de parler des nerfs et des vaisseaux qui se rendent dans un organe donné, parce ■que ces parties , lorsqu'elles existent , sont parfaitement étrangères à sa substance, et n'ont avec lui d'autre rapport que celui de lui amener les principes nécessaires à sa conservation et à sa nutrition.
Distincts delà substance de l'organe^ ils se ramifient seulement à la surface ou dans les interstices qui en séparent les diverses portions.Sui" vez les rameaux nerveux et vasculaires, vous verrez que , situés entre les faisceaux des fibres musculaires, ils ne sont pas continus au lissu luimême. L'absence de nerfs chez certains animaux inférieurs , pourvus d'ailleurs de vaisseaux ; Fexistence de tous les systèmes ci-dessvis mcntiçnnés, à l'exception des os, des cartilages et des tissus fibreux, dans toute la classe des insectes qui manquent du système vasculaire sa^ig iin, viennent ajouter de nouvelles preuves à rirdépendance et l'isolement des systèmes vosculaire et nerveux. .
Ni les vaisseaux, ni les nerfs qui les accompagnent, ne font partie essentielle d'une glande. On peut la définir : une poche, à une seule ouverture, propre à sécréter un fluide particulier. H est indifférent que les matériaux de cette sécrétion soienlapportés par des vaisseaux sanguins aux parois de la poche ou que, sous forme
"O TRAITli GÉNIiRAL
liquide, ils baignent immédialement la surface de la glande qui y plonge, comme on le voit dans les insectes. 11 en est ainsi pour les os; êlre entourés de périoste et servir de parois à une substance médullaire, n'est pas non plus inhérent à leur nature; témoin les os aérifères dos oiseaux, qui sont sans moelle, et les os accidentels, souvent privés d'enveloppe fibreuse.
L'addition de parties nouvelles complique la structure des organes existans.
La peau de surface extérieure , simple et unie, devient un organe composé de plusieurs couches distinctes superposées. Les proportions diffirenles de développement qu'affectent relativement les unes aux autres, les pièces variées de l'enveloppe cutanée dans les régions diverses, sont la cause de toutes ces modifications désignées sous les noms de tests, soies. ^ cheveux^ poils, ongles et plumes, etc. Le système m^iscuiaire est luimême^ dans un grand nombre d'espèces inférieures , une déj)endance de la peau , aux parties endurcies de laquelle il s'attache et qu'il meut comme des leviers.
Le canal intestinal et le système vasciilaire se com])osent do même insensiblement de plusieurs lames qui se recouvrent.
d'anatdmie cojrPAnKi:. yr La formation du sjstème musculaire esl la principale cause (le celle complication aiigmenlée. Toute la substance molle qui constitue le corps des animaux inférieurs et que la répartition générale et éj^ale de la myotilité fait, avec raison ^ considérer comme analogue au tissu musculaire, se divise en deux couches : l'une, qui est extérieure, appartient au tégument extérieur et aux instrumens de la locomotion j l'autre j intérieure, est destinée à l'enveloppe interne et au système vasculaire. Avec les perfectionnemens de l'organisation et l'existence distincte d'un squelette ^ le tissu musculaire, qui doublait intérieurement ia peau, s'insère aux os, qui succèdent à l'enveloppe superficielle dans ses fonctions de locomotion j et il se forme pour la peau une troisième couche contractile parfaitement indépendante, qui ne se meut que relativement aux parties qui lui sont sousjacentes. Peut-être serait-il plus exact de dire qu'entre les muscles supérieurs et profonds, il se place un système moyen destiné à imprimer des mouvemens aux pièces osseuses. Le tissu musculaire s'isole de la couche primitive et essentielle; il se laisse même séparer, en général, de toutes les parties avec lesquelles il est en rapport, et cependant la formation de ce système rend plus compliquée l'organisation de certains organes déjà existants, auxquels il est uni d'une
7^ TRAITÉ GÉNJÉRA.L
manière plus intime et dont il influence les fonctions.
Il en est de même des nerfs et des vaisseaux; on les peut considérer comme parties ink'grantcs des organes à la vie desquels ils concoui enL d'une manière très-imméiliate. Ces organes se manifestent, il est vrai, dans la série animale, bien avant qu^on aperçoive les nerfs et les vaisseaux dont ils sont par conséquent fort indé|jentlans; mais telle est l'intimité de la combinaison de ces deux systèmes avec l'élément essentiel et fondamental des parties auxquelles ils se distribuent, que la pensée seule peut concevoir qu'il n'y ait pas une fusion parfaite; Ojjinion que les sens ne sauraient démentir.
Les organes fibreux , les cartilages et les os deviennent, de la même manière que le tissu musculaire,des pièces constitutives de plusieurs composés organiqres; citons en première ligne le système respiratoire, divers orç,anes des sens, ceux de la vue, de l'ouïe, de l'od.)rat, etc. Liés ])lus étroitement à ces instrumens des fonctions qn'à ceux qui les nvoisinent, ressorts plus spéciaux de leur action générale, à laquelle i!s prennent une part proportionnelle, moyen de protection non moins efficace; ils leur appartiennent plus intégralement.
C'est de la complication des systèmes d- ji existons, auxquels s'ajoutent dos pièces nouvelle-
DANATGMIE COMPARÉE. 7.)
ment formées, cest des systèmes diversement complexes individualisés en quelques points de leur étendue, comme les surfaces cutanées, qui se transforment en difFérens organes des sens ou de séci étions , que résultent les élémens immédials de la forme générale de l'organisme. Faute (\\}n meilleur mot nous les désignerons^ comme Bicliat, sous le nom d'appareils.
Formes déportions de tous les systèmes déjà exislans, les appareils se caractérisent parmi les autres parties de l'organisme i** [)ar un plus haut degré de ccmj)Osili; n ; 2" par une structure et des fonctions particulières.
Ces degrés difFérens de composition sont réels dans la nalure; on nesaurait tirer aucune induction sérieuse contre cette proposition par la remarque, vraie en elle-même, que de tous les appareils, le plus compliqué , dans les animaux supérieurs, celui de la digestion, est reprts nté dans les animaux les moins complexes par le système le plus simple.
Nous avons indiqué précédemment les différences qui dépendent surtout des conditions les plus essentielles et les plus intimes, inhérentes aux parties composant l'org^inisme; c'est-à-dire celles qui résultent des modifications qu'éprou-
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vent dans les diverses régions la nature et les propriétés de la substance qui le forme. Les contours dessinés par les conditions extérieures de l'étendue, établissent encore des moyens de distinction que l'on peut nommer différences de coTifi guration.
A la composition la plus bomogène correspond dans les animaux la forme la moins complexe.
De toutes les formes, celle qui se rapproche davantage de la disposition arrondie ou sphérique, c'est-à-dire, qui reproduit avec le moins d'altération le type des globules primitifs, peut être considérée comme la plus simple et comme la plus inhérente à l'organisation la moins élevée. Les monades, les volvoces (r ), les acéphalocystes en sont des exemples.
Parmi les productions accidentelles ellesmêmes, soit qu'elles affectent la disposition de kystes remplis de fluides, soit qu'elles constituent des cot ps soHdes, celles que terminent des surfaces courbes semblent être le premier essai d'une organisation indépendante; car ce sont des produits du fluide nutritif général, et non des transformations de la substance de Torgane au voisinage duquel on les trouve.
Si cette disposition globuleuse de la forme animale se prolonge en cylindre, représentant plus ou moins les dimensions tyjnques de la
fr) Millier, Animalciil. infusor. , tab. I , III.
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fibre, avec uniiormile de volume ou seulement amincissement aux extrémités, on a les conditions propres aux vibrions (i), aux filaires, aux gordiens, à quelques vers intestinaux et à plusieurs vers à sang rouge.
La forme lamineuse qui se rencontre dans l'analyse individuelle des organismes trouve son analogie parmi ceux des animaux, chez lesquels les dimensions du cylindre se déployenl en largeur. De ce nombre sont les cyclides , les paramèces, les gonies , les colpodes (2).
Le y)rotée présente l'exemple remarquable d'un animal qui peut prendre allernativemeftt toutes ces formes , et même simultanément plusieurs d'entr'elles dans différentes régions de son corps (3).
En s^éloignant de l'uniformité des contours spliériques, le corps animal a éprouvé des modifications insensibles de sa simplicité de confia guralion ; ces modifications ont eu lieu suivant plusieurs directions différentes : dans les animaux cylindriques, il s'est manifesté prédominance de la dimension longitudinale; existence tTextrémité antérieure et postérieure; distinction, mais moins nécessaire et moins rigoureuse d'une face dorsale et abdominale; enfin parallélisme de deux faces latérales.
(i) Muller, Anlmalcul. infusor. , tab. VI— X. — (a) Ibid. tab. XI — XVI. — (3) Muller, 1. c. — Rœscl, Insectenbelustigungen, Th. 3, pl. loi. ( Récréations inscctologiques. )
TRAITÉ GÉNÉRA-L
Dans les animaux aplatis, où les faces dorsale et abdominale ne difFerent pas par des caraclèrcs pins esseiiliels , les diamètres de la longueur ^ de la largeur et de Vépaissear sont tous distincts.
A ce degré de développement, il règne encore une grande uniformité dans la conformation du corps animal. Ses différences dans les dimensions n'ont pas entraîné la manifestation à l'extérieur de divisions clairement limitées. C'est d'une manière graduelle, et suivant des procédés divers, qu'on voit ces divisions se prononcer. Dans les polypes, l'extrémité antérieure se renfle dans des mesures variables ; la postérieure se pi olonge comme une queue ; il pousse aussi de leur extrémité antérieure, autour de l'ouverture buccale une couronne qui n'est pas également composée pour tous, d'organes de tact et de préhension : premier indice delà démarcation de la téte et du tronc. Le corps se divise ensuite d'avant en arrière en un nombre variable d'anneaux; ils sont la première trace de la disposition articulée (ju'on observe, suivant le sens de la longueur, dans les animaux des classes élevées De degré en degré, on voit le premier anneau prendre une forme particulière, acquérir un^ volume plus considérable, et cela dans des proportions diverses; chacune de ces différences graduellement acquises ajoute aux caractères qui pcrmellcr!t(!edistinij;uerune lêle; elle-même, susceptible d'être partagée dans le sens de sa lonr
d'anatomif. coMPARÉit. ■yy gueur, présenleinsensiblemei t une portion antérieure et une portion poslérieuie, c'est-à-dire, une l'ace et un crâne.
C'est ainsi, et toujours en observant dans le sens de sa longueur, (jue l'on voit les divisions du tronc, cul, poitrine, abilomen et queue, se trancher davantage.
Celte dimension longitudinale est à beaucoup près, la première qui manifeste les traces de séj)aralion et de diversité. Dans tous les vers, lé corps est partagé en anneaux exactement limités; cl les faces dorsale et abdominale, les latérales mêmes, sont encore confondues à l'extérieur.
Viennent ensuite les traits distinctifs à Faide desquels on reconnaît les faces doisale et abdominale. La convexité à des degrés variables sert à caractériser la première; l'aplatissement ou la disposition concave signale la seconde. On trouve des exemples de ce mode de configuration dans l'embryon de presque tous les animaux, lorsque la période pendant laquelle il se développe en ligne droite est achevée.
La présence d'organes particuliers, par exemple, de ceux qui accomplissentl'acte respiratoire porté par plusieurs vers et mollusques à la face dorsale, les nai;eoires du dos qui garnissent la ligne médiane supérieure, dans beaucoup de poissons, sont des moyens encore plus efficaces d'établir des différencies. Enfin, dans un grand
nombre de classes animales , telles que les vers, les insectes, les arachnides, les crustacés, les membres appartenant exclusivemeiit à la face abdominale, mode de rapport analogue à celui qu'ils présentent dans les animaux supérieurs , quoiqu'ils semblent ici naître de la colonne vertébrale, ne laissent plus prise à la confusion. Ces distinctions sont particulièrement démontrées par l'étude du corps, du squelette, et des organeslocomoteurs des poissons, surtoutdesserpens, erifîn par la direction des membres de tous les animaux pourvus d'appendice^.
C'est par ces modifications différentielles que ces parties acquièrent des développemens et des perfectionnemens successifs. Le mode suivant lequel ces phénomènes ont lieu, sera exposé en détail au sujet des organes locomoleurs.
Enfin, de toutes les régions, ce sont les faces latérales qui présentent la différence l.t moins trancliéCi
Dans la plupart des animaux, les deux côtés offrent à l'extérieur une identité presque parfaite. Un petit nombre fait seul exception à celte règle. Ce sont quelques entomoslracés, mollusques gastéropodes, poissons, notamment les pleuronectes et les achircs. L'ouverture sexuelle et anale, et en partie Torifice respiratoire, placés sur un seul côté de l'animal, et particulièrement sur le côté droit, dans les mollusques j les deux yeux semblablemeut disposés dans les enlomostracés ot les pois-
d'anatomij!: comparée. . 79 sons , telle est la nature de ce défaut de. syméu ie exlérieure auquel correspond une disposition inléiieure qui lui est analogue. Les animaux supérieurs, etsurtoutlesqaatre premières classes, offrent des exemples de défaut de sjmétrie intérieure qui s'accroît même avec la perfection de l'animal. Dans les animaux inférieurs, lu symétrie superficielle et profonde des parties latérales, n'est ordinairement altérée par aucune irrégularité appréciable.
Prise dans les plus grands écarts auxquels elle puisse atteindre dans la configuration des ori^anes ou du corps animal tout entier, celte dissemblance latérale obéit à un principe Cjui n'est pas partout le même. Intérieure comme dans les animaux élevés, extérieure et intérieure à la fois dans les molluscpies , cette absence de symétrie consiste en général dans la prédominance d'un côlé sur l'aulre, du droit qui l'empurle ordinairement sur le gaucbe j prédominance qui déteimirre en pailie un excès de force vers le côté qu'elle favorise. Mais ces faits sont d'ailleurs fort loin de fournir une explication delà cause à laquelle on peut rapporter^ le défaut de parité dans la forme, surtorrt quand on remarque que le corps d'une foule d'animaux est symétriquement disposé. On ne saurait au reste s'en étonner; la plupart des animaux présentant ainsi dans toutes les directions des déviations de la régularité symé-
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trique; une moitié du corps parvenant, le plus souveiiL à un volume que n'égale jamais l'autre.
L'absence de symétrie latérale dans les pleuronectes et les acliires, est d'une nature toute autre ; elle consiste dans une rotation imparfaite de la tête autour de son axe. Nous en exposerons les causes dans l'anatomie spéciale.
d'awatomie comparée. 8i VARIÉTÉS DU RÈGNE ANIMAL.