S TRAITÉ GÉNÉRAL
coquille d'un développement variable, et représentent un mélange singulier de l'organisation des poissons^ et de celle des mollusques.
Fondée sur un autre principe, la division de M. Lamark (i) offre néanmoins un accord remarquable avec celle d'Arislote.
Il n'en est pas ainsi de celle proposée par M. Rudolphi. Les animaux sans système nerveux de cet auteur , ne comprennent qu'une petite portion des animaux sans sang d'Aristote ; le reste est placé parmi les animaux à système nerveux simple j et les animaux à système nerveux double correspondent aux animaux saU" guins. Basée sur un système qui semble jouer dans l'économie animale un rôle plus important, cette classifîcatien paraît au premier coup-d'œil d'un grand avantage sur les autres. Cependant elle est moins naturelle et cette conséquence ressort
(i) M. Lamark , dans son JniroducUon à l'histoire naturelle dcslanimaux sans vertèbres, i*"" volume , i8i5, établit trois divisions primaires : la première comprend les animaux apathiques , la deuxième les animaux sensibles, la troisième les animaua: intelUgens. « Les animaux apathiques ne «entent point et ne se meuvent que parleur irritabilité excitée. Les animaux sensibles sentent, mais n'obtiennent de leurs sensations que des perceptions des objets, espèces d'idées simples qu'ils ne peuvent combiner ensemble pour en obtenir des complexes. Les animaux irilelUgens sentent , acquièrent des idées conservables ; exécutent des opérations entre ces idées, qui leur en fournissent d'autres ; sont intelligens dans difTc rens degrés ». Des dispositions matérielles et parfaitement établies par Tanatoraie correspondent à ces diversités de fonctions. ( I^^otc des iraductsurs. )
d'awatomie Comparjée. gg
surtout de la composition des divisions et des sons-divisions opposées les unes aux autres, par M. le professeur Rudolphi. La considération d'un seul système oblige de séparer des animaux qui ont enlr'eux beaucoup plus de ressemblance que ceux avec lesquels on les unit; observation particulièrement vraie dans les animaux à système nerveux simple.
La méthode récemment adoptée par M. Cuvier est exempte de cet inconvénient. Elle ne forme pas de subdivisions avec les mollusques et les articulés j elle comprend en outre, parmi les radiairesf- un grand nombre d'animaux que la présence des nerfs fait placer par M. Rudolphi dans la première division principale. A ces modifications près, les deux méthodes s'accordent parfaitement.
La classification de M. Oken est vicieuse et arbitraire. Il suffit d'en considérer le principe pour sentir, comme Fa démontré évidemment Rudolphi (i) combien elle pèche dans son application. Au reste les animaux charnus d'Oken sont les vertébrés ses animaux peauciers sont les mollusques et les articulés j ses Q.ii\mdixxyi viscéraux sont les zoophytes. Que l'on divise la seconde et la troisième classe, on sera conduit à un résultat commun à plusieurs autres méthodes.
(I) L. c, pag. 84.
lOO
Si des principes qui ont conduit dans la détermination des divisions principales, nous passons à ceux qui ont servi à tracer les coupes secondaires, ou les classes, nous voyons qu'on y a tenu plus de compte de l'organisation générale ; que le nombre des classes, l«ur subordination relative, dépendent en partie des connaissances acquises en anatomie, en partie de la valeur attachée à certains caractères.
Très-long-temps l'ignorance où l'on était de la structure des animaux inférieurs et notamment des animaux à sang blanc, de ceux privés de sang ou des invertébrés, n'a pas permis de les séparer en un assez grand nombre de classes. Déjà Aristote en avait établi quatre sous le nom d'insectes, de testacés, de crustacés et de mollusques; mais il avait réuni, dans cette méthode, des animaux qui doivent être séparés^ et séparé ceux que leurs caractères mieux déterminés rapprochent; enfin ce nombre ne suffisait pas à la variété des organisations présentée par la nature.
En réduisant ces divisions à deux classes, Linnée n'a pas fait avancer la science.
C'est surtout aux naluraUsles français mo-
d'anatomie comparék. ioidernes, c'est parliculièremenl à JNJM. Lanîaik(i') et Cuviei- que celle portion si riche du règne anima' a dû (i'élre j)artagée en groupes mieux déterniinés. Les vers de Linnée ont été séparés insensiblement en céphalopodes, ptéropodes, gasléropodes, acéphales, brachiopodes, cirripèdes ou cirrhopodes, anneh'des, enlozoés, échinodermes, acaléphes, polypes et infusoires; et ses insectes en crustacés, arachnides, et insectes proprement dits. «
L'ancienne division n'en demeura pas moins conservée par quelques autres naturalistes , et suitOLil })ar les Allemands, quoiqu'ils assignassent aux animaux, du moins à quelques-uns, des places plus précises. Blumenbach (u), par exemple, est resté fidèle à toute la classification de Linnée ; et Oken 1^3) n'établit ici que quatre classes corres-, pondant en quelque sorte à celles admises par Ârislole, Ses animaux sans organes intérieurs, {Klure} forment la première, c'est-à dire la plus
(î) Ce naturaliste partage les trois divisions primaires citées dans, la note de la page 98, en quatorze classes; les animaux apathiques sont formés de quatre de ces classes ; 1° infusoires ; 2° polypes; 3° radiaires ; f\ vers épizoaires. Les animaux sensibles comprennent : 5° lef insectes ; 6° les arachnides ; 7° les crustacés ; 8" les annclides ; 9° le» «irripèdes ; 10° les moHusques. Les animaux intclligens sont composés des quatre classes de vei tébrés. ( Note des traducteurs.)
(î) Handb. der Naturgeschichto ( Manuel d'hist. naturelle).
(3) Lchrbuch der Naturgesch. Th. 3, r8i5. (Traité d'histoir* naturelle). p
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inférieure, et comprennent les infusoires et les pol^ypes; ses animaux sexués [Qualleji) correspondent aux acalèphes et échinodermes ; ses animaux intestinaux (Zec/ze)sont les mollusques deM. Cuvier; enfin ses animaux pulmonaires {Kerfen) renferment les annelides, les crustacés, les arachnides et les insectes.
La première division d'Aristote est partagée en quatre classes principales : poissons, reptiles, oiseaux et mammifères . \\ y faut peut-être intercaler' une nouvelle classe qui en portera le nombre à cinq, classe intermédiaire aux oiseaux et aux animaux à mamelles , formée des monotrêmes (i). Celte queslion ne peut toutefois être résolue que par une étude approfondie de la structure de ces êtres et même de ceux que leur or^janisation en rapproche (2).
(i) Laraark, Pli'itos. zool. Paris, 1809. T. I. , pag. i45.
(a) De nouvelles recherches faites par M. Meckel , l'ont conduit à abandonner ce doute ; il a trouvé dans les flancs de l'ornithorynque des organes qu'il considère comme analogues aux mamelles de toute la classe des mammifères. Voici les expressions propres extraites de son ouvrage sur l'anatomie de l'ornithorynque : « Omnino igitur eliminanda est monotrematum classis Lamarkio - GeofTroyana. Hune ordinèm monotrematum, sequentcm edentala statuendum esse judico. » Cette conclusion a cté combattue par M. Geoffroy St-Hilaire, qui considère les organes appelés par M. Meckel mamelles, comme les analogues des gland&s que portent les salamandres dans leurs flancs, ou les musaraignes vers les cAtés de leur abdomen, et que M. Geoffroy St-Hilaire a précédemment décrites , a* CoUeêt,
d'aNATOMIE COMPARIÎE. Io3
Les infusoires, les polypes, les acalèphes, les vers intestinaux et les échinodermes constituent \es radiaires (\e M. Guvier. Les annelides, les insectes, les arachnides elles crustacés forment la coupe des articulés ; les cirripèdes, les brachiopodes, les acéphales, les gastéropodes, les pléropodeSj les céphalopodes forment les mollusques ; enfin, les oiseaux, les reptiles, les poissons, les monolrêmes et les mammifères, sont les classes établies dans les vertébrés.
Goldfuss réduit ce nombre considérable de classes à onze (i). 11 appelle protozoaires les animaux qu'il comprend dans la première,- ce sont les infusoires, les polypes et les acalèphes; la seconde, ou les entebninthes, contient les vers intestinaux ou entozoés^ la troisième est celle des anneliJes; la quatrième, celle des radiaire^, renferme les échinodermes j la cinquième, ou les poljmériés^ est formée des crustacés et des arachnides; dans la sixième, celle des insectes, sont rangés les insectes suivant le sens assigné à cette expression par M. Guvier j la classe des mollusques, qui est la septième, correspond aux animaux de même nom, tels que les a déterminés
des Mémoires du Muséum d'Histoire naturelle, i" vol. -^Voyezln réponse à ces objections dans la lettre de M. le professeur Meckel , qu« nous avons insérée à la téte de cet ouvrage. (Note des traducteurs.'^ W Handbuch der Zoologie. Niirnberg, i8ao.