DIFFÉRENCES DE CLASSES
Tout animal ou tout être organisé offre en soi des diversités susceptibles d'être déterminées. Cette vérité ressort de l'étude que nous venons de faire des parties simples ou collectives qui entrent dans sa composition. Du concours varié de ces diverses pièces résulte tout être organisé. Les combinaisons multipliées de nombre et de nature qu'elles forment constituent l'immense variété des organismes : ceux-ci à leur tour, placés par rapport au règne entier, dans la même dépendance de composition que le sont relativement à eux les appareils dont ils sont l'assemblage, peuvent être regardés comme les élémens immédiats delà nalureorganisée. Frappé des analogies étroites qui rapprochent certains êtres organisés les uns des autres, des différences im-
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mensesqni les éloignent d'autres êtres, unis eux* mêmes en Ir' eux parles liens d'une similitude évidente, l'esprit humain a tenté de réunir et de séparer ; ainsi ont été circonscrites dans le règne animal des collections variables en nombre et tracées des coupes placées à des distances qui les mesurent inégalement.
Quelques-unes de ces collections sont l'œuvre de la nature, d'autres sont, jusqu'à présent du moins, des abstractions de notre esprit; les premières sont les espèces et les variétés ou races ; les secondes sont les genres, les familles^ les ordres et les classes.
La ligne de démarcation qui sépare Vespèce et la variété est dilTicile à préciser. Par espèce on entend une collection d'êtres organisés qui se reproduisent par voie de descendance, avec tous leurs caractères essentiels. Les variétés sont des groupes subordonnés à l'espèce, et qui s'en distinguent, comme ils s'isolent les uns des autres, à l'aide de traits spéciau^s. également empreints dans les générations successives. L'origine en est généralement obscure et douteuse, et l'existence très-propre à rendre incertaine la détermination des groupes que l'on doit regarder comme designés par la nature elle-même, et de ceux qu'il ne faut considérer que comme le fruit d'une création intellectuelle. Qu'on adopte, il estvrai, comme possible la transmission héréditaire des altérations etdesdcgéncrations; on n'est
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plus fondé à refuser que toutes les collections grandes et petites d'organismes animés^ actuellement existants, ne soient des modifications nouvelles, survenues peut-être par une gradation insensible, d^ui seul et même type primitif; on est contraint d'abandoimer. comme purement imaginaire, cette division établie par Tesprit humain entre les assemblages natiuels et les réunions artificielles , avec d'autant plus de raison qu'il est souvent extrêmement difficile, dans l'application, de déterminer quelles collections sont des variétés, des espèces ou des genres.
Les genres , les plus inférieures des divisions artificielles, comprennent les espèces. Mais les espèces n'ont- cl les pas pu naître des genres dégénérés^ aussi bien que les variétés ont été produites elles-mêmes par l'altération des espèces; ou ce que l'on appelle variété n'est-il pas une collection d'êtres aussi parfaitement modelés sur un type originaire , que le sont les espèces sur la souche primitive dont on reconnaît qu'elles sont issues ?
Pour arrêter les idées , on a ajouté à la définition précédemment donnée de l'espèce, que les individus dont elle est la somme^ surtout à l'état de nature et libres de leur choix, forment entre eux des accouplemens féconds et utiles à sa conservation ; addition encore insuffisante sous plus d'un rapport : le chien et le loup^ le cheval et l'âne, groupes Irès-voisins, mais que l'on reg-arde
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comme des espèces fort bien circonscrites, n'engendrent-ils pas des descendans féconds? Aussi quelques naturalistes fort distingués n'ont-ils pas hésité à admettre que les différentes espèces du genre chien, chevalfClc.^'o.G sont quedes modifications accidentelles, quoique devenues héréditaires, d'une seule et même espèce. S'accoupler seulement entr'eux et non avec les individus d'un groupe même Irès-voisin, lorsqu'ils peuvent satisfaire à plein ^^ré l'instinct de leur amour, ne prouve pasquelesêlres quenous considérons comme les membres d'une même espèce primitive ne soient pas réellement sortis d'une souche qui leur soit commune avec ceux auxquels ils refusentde s'allier. Les différences survenues insensiblement dans l'organisation suffisent pour expliquer cet éloignement. Celte détermination est d'ailleurs d'une application très-bornée j vraiepourlesseuls animaux qui se reproduisent par copulation, elle cesse d'être possible dans les es|)cces où un seul individu accomplit l'acte reproducteur. Quedire de ceux qui naissent dans certaines circonstances favorables, par génération spontanée, privés de parens semblables et sans postérité nécessaire?
Nous terminons ici ce quenous voulions traiter de cet objet. Plus loin nous y serons ramenés en examinant les causes des variétés de la forme organique. Passons à l'indication abrégée des groupes principaux formés dans la série animale. Cette esquisse nous fera connaître comment les
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divers élémens organiqaes s'associent clans la formation des difFerens animaux, qui sont euxmêmes à leur tour les élémens concourant le plus immédiatement à la constitution de la division la plus élevée du règne organisé.
SilesdifFérences numériques qui sont de toutes l'es plus fécondes en caractères évidens et propres à grouper les corps organisés, marchaient de front avec les perfectionnemens proportionnels des divers instrumens de l'économie, si la série que forment réellement , des plus inférieurs aux plus élevés, ces êtres disposés suivant Tordre établi par la quantité de leurs parties distinctes, était simple, parfaitement graduée, il ne serait pas difficile d'.issigner le rang de chacun, ni de déterminer quels doivent être placés au même niveau, quels en avant, quels en arrière ; mais cet accord est loin d'être régulier. Ainsi, les insectes que le reste de leur organisation fixe assez haut, ont à peine des rudimens de système vasculaire que l'on voit parvenu à un degré de complication bien supérieur dans des animaux fort imparfaits d'ailleurs, tels que des vers et même des échinodermes. D'autre part, quelles collections doivent appartenir aux divisions supérieures ou aux classes? quelles seront considérées comme plus
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inférieures? JS'existe-t-il pas au-dessus de la division en classes une autre plus élevée et quel est le principe qui la domine?
Dès les siècles les plus reculés jusqu'à nos jours, les naturalistes se sont accordés à admettre , d'un consentement presque général, des divisions supérieures aux classes elles-mêmes. Divers principes les ont conduits dans l'établissement de ces deux espèces de grandes coupes. Mais quoique différents, s'ils sont bien choisis, ces principes amènent à des résultats assez semblables ; ce qui tient sinon à l'exactitude parfaite, ,au moins à la similitude fondamentale des rapports que présentent les développemens dilférens des propriétés et des élémens variés dont se composent les organismes.
Un principe unique d'organisation sert ordinairement de base aux divisions les plus générales.
Aristote, faisant déjà reposer ses observations sur le fluide nutritif général, partagea les animaux en deux grandes collections: l'une comprenait les animaux qui ont du sang , Taulre renfermait ceux qui en sont privés. Linnée, guidé par les mêmes vues, auxquelles il ajouta les considérations tirées de la disposition du système vasculaire, et particulièrement du cœur, fit trois sections. Dans la première; sont les animaux
d'anatomie comparée. oj à sang rouge et chaud; ilans la seconde, ceux à sang rouge et froid; dans la troisième, ceux à sang blanc et froid.
Un autre princijDe fut adopté par MM. Lamarck et Guvier : la présence ou l'absence d'un squelette. De là des animaux à vertèbres et sans vertèbres, les vertébrés et les invertébrés ( i ), divisions correspondantes à celles proposées par Aristote et Linnée; car dans les deux premières collections de Linnée sont renfermées les espèces désignées, sous le nom d'animaux sanguins, par Arislole, et de vertébrés, par M. Laraarck; dans la dernière, celles qui sont privées de sang et forment la deuxième coLipe du système d'Aristote, les invertébrés des deux naturalistes français.
Subordonnant à cette grande division générale une section intermédiaire ou supérieure aux classes, M. Larnarck réunit plus tard les métliodes d'Aristote et de Linnée (2).
Six degrés de perfectionnement qu'il établît dans l'organisation sur la présence et la disposition du système nerveux , sans omettre les conditions relatives aux autres clémens composés des systèmes et en déterminant avec
(r) Lamark , Système des animauas sans vertèbres. Paris, an VII.
Cuvier, Traité élément, d'hist. natttr. Paris, an VI. — Leçons d'anat. tomparée, 1800. — (a) Philosophé toolog. Paris, 1809, -vol. I. pag. «77.
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exactitude les limites propres à borner chaque coupe particulière, tels sont les caractères fondamentaux de celte distribution.
Après M. Lamarck, M.RLidolphi(i),faisantabstractiondetoutce quin'est pas système nerveux, sépara les animaux qui en sont dépourvus de ceux qui le possèdent^ et subdivisa les derniers en animaux à système nerveux simple , et à système nerveux double.
Le fluide nutritif, les systèmes osseux, nerveux et vasculaire , n'ont pas été les seuls composés organiques employés à édifier des classifications. M. Schweigger ( ft) a récemment fait choix de ^appareil respiratoire. Vers le même temps, le pi'ofesseur Oken empruntaitdes caractèresauxsystémes musculaire et cutané. Selon lui, les animaux sont charnus et non cîiarnus ; parmi les premiers, il en est qui ont le canal intestinal séparé de la peau : ce sont les animaux viscéraux ; les autres ont ce même canal intestinal confondu avec l'enveloppe extérieure : ce sont les animaux peauciers.
C'est cette classification queM.0ken(3)regarde
(i) Ueber eine neue Eintheilung der Tliiere ( Sur une nouvelle classification des animaux) ; in desseu Beitràgen zur Anthropologie u. allgemeinen Naturgeschichte. Berlin, i8ia (dans ses Mémoires pour servir à l'anthropol. et hist. natur. générale.). — (a) Kœnigsberger Archiv. fiir Naturwissenschaft. St. I. 1811. (Arch. de Kœnigsberg pour les sciences naturelles) et Haudb. der Naturgescb. der skeleltlosen ungegliederten Thiere, 1820 (Man. de l'hist. nat. des animaux sans squelette et inarticulés. ) — (3) Naturphilos. Vol. Ill , 181 1, pag. aa3.
d'anatomie comparée. 89 comme fondée sur l'ensemble de l'organisation ; idée difficile à admettre, quand on voit qu'elle ne repose que sur l'existence d'un, et toutauplus de deux systèmes.
Il était réservé à M. Cuvier de résoudre ce problème. Les quatre grands embranchemens qu'il a tracés dans sa dernière classification, ramènent les animaux à quatre plans difFérens.
Au premier, sont rangés les animaux vertébrés; au second^ les mollusques ; au troisième, les articulés; au quatrième, \qs zoophytes ou radiaires. Chacune de ces sections est subdivisée; ces subdivisions sont les classes (i).
Vers le même temps, M. de Biainville (2) divisait le règne animal en trois sous-règnes. Le premier comprend les arliomorphcSy c'est-à-dire, les animaux pairs ou symétriques ; ces êtres sont tous ceux que renferment les trois divisions admises dans la classification précédente ; il est partagé en deux types : dans l'im, sont rangés les ostéozoaires ^ qui correspondent aux vertébrés; - dans l'autre, les anostéozoaives ox 'mvevtéhvés\ ce dernier est formé de trois sous- types, les mollusques, les subarticulés et les articulés ou entomozo aires. Dans le second sous-règne sont groupés les actinomorphes ; dans le troisième,
(0 Règne animal , 1817, tom. I , pag. 57. — (a-^ Bullet. de la société philomat. , 18 iC.
les hétéromorphes ^ séparés ainsi des radiaires adoptés par M. Guvier.
De tous les principes de classification, celui qui admet pour base l'organisation entière est incontestabiement préférable à l'adoption d'un élément unique. En vain van!e-t-on la simplicité et la brièveté d'une telle méthode. Ceta\antage est loin d/en compenser l'inexactitude et l'insuffisance. Déjà, nous voyons Aristote considérer comme privés de sang des animaux qui sont réellement pourvus de ce licjuide, et chez quelques-uns même ce sang est rouge, quoique Linnéeles ait classés sur l'opinion du contraire. Les annelides sont un exemple de cette double erreur. Dans la division de M. Lamark les vertébrés et les invertébrés sont séparés par une définition peut-être trop absolue. On lui a objecté que le système nerveux du tronc, dans les insectes et les crustacés, est également protégé parunegoutlière formée aux dépens du test(i). Il est vrai que la force apparente de cette objection est détruite, si l'on observe que ce n'est |his de la présence ou de l'absence dun moytn de protection
(t) Rudolphi , 1. c. , pag. 89, loo.
d'anatomie comparée. Qr
pour les parties centrales du système nerveux, mais bien cîe l'absence ou de la présence à' un squelette ' osseux intérieur avec les différences de structure qui s'y rattachent^ dont il agit dans l'expression de ce caractère (i). On n'a pas fait arme d'un argument plus décisif en ajoutant : « La ressemblance de cette gouttière avec les vei-tèbres acquiert encore une nouvelle apparence de réalité, si l'on se rappelle que le squelette des cliéloniens présente les vertèbres et les côtes confondues ensemble» (2) j d'abord parceque la soudure n'est jamais parfaite, ce que prouve la macération j ensuite parce que, lefùt-elle, comme la vieillesse oudes effets morbides en fournissent l'exemple cbez ces êtresou dansd'autres ordres d'animaux,unmême mode de connexion ne suffit pas pour établir que deux parties sont analogues. La position du cordon médullaire, placé en général dans l'abdomen el particulièrement dans une go utière spéciale, est plutôt une preuve en faveur du parallélisme qui existe entre la face dorsale et iaface abdominale , et surtout entre le rachis et le sternum. La séparation des animaux en vertébrés et invertébrés reste donc inattaquable à ces raisonnemens. Elle ne sera pas, ou je me trompe fort, plus
(i) M. de Lamark, Philos, soot. , T. I, p, 48. — (3) Rudolphi, 1. c. , pag. 100.
ébranlée par les nouvelles idées qu'a émises M. Geoffroy St.-Hilaire (i).
Les anneaux dont se compose le corps desin^ sectes et des crustacés sont, suivant ce dernier anatomiste, des vertèbres \ leurs appendices, que l'on considère comme des pattes, sont des côtes.
Les preuves fournies à l'appui de ces opinions sont les suivantes :
La disposition de la plus inférieure des couches superposées qui constituent l'enveloppe extérieure du corps des crustacés, remarquable par sa densité, maillée d'un grand nombre d'orifices j
2° Les rapports qu'offrent avec les vertèbres les segmens divers du corps des insectes, comme elles, formés par quatre pièces qui marchent à la rencontre l'une de l'autre et qui s'articulent ensemble, en se réunissant avec plus ou moins de régularité sous la forme d'un anneau et distincts des véritables vertèbres uniquement parla grande distance qui sépare les unes des autres leurs pièces ; conformation d'où résulterait que les troncs vasculaires et les muscles, silués, dans les animaux supérieurs, à l'extérieur des vertèbres, sont ici contenus dans leur cavité qui, chez les premiers, ne renferme que la moelle ; .
L'identité des principes reconnus par l'a-
(i) Sur une colonne vertébrale et les côtes dans les insectes api ropsdcs, Annal, gin. déficiences physiq., avril 1820, pag. 96.
d'anatomie comparî^e. g3
nalyse chimique aux os des animaux supérieurs et à 1.1 prétendue peau des crustacés et des insectes, dont la chauXj cause de leur dureté et de leur solidité, forme la base fondamentale; la seule différence consistant dans les variations proportionnelles du phosphate, sel qui prédomine dans les premiers, et du carbonate, que l'on trouve en excès dans les seconds.
Ces preuves sont pour nous loin d'être décisives :
1° Nous ne trouvons aucune raison de regarder comme un os la lame ou la couche la plus inférieure de l'enveloppe des crustacés ; il nous semble plus naturel de n'y voir que le derme.
2*^ Il est inexact que les verlèbres se forment insensiblement de quatre pièces : il n^y a dans une vertèbre que trois pièces principales ; il s'en trouve un beaucoup j>ius grand nombre d'accessoires. Une semijiabie concordance ne prouverait, au reste, pas plus que la forme annulaire; car l'analogie établie par ces conditions, le cède de beaucoup aux différences qui résultent de l'élude des rapports que présentent les systèmes cutané et osseux avec les autres organes.
3o La composition chimique est également plus féconde en résultais contradictoires qu'en faits confirmalifs. Eile ne rend compte que de la durelé commune aux parties comparées.
D^^utres considérations militent d'ailleurs directement contre cette manière de voir :
Ainsi les écailles qui revêtent la plupart des poissons et les lames osseuses àonl est armée la peau des esturgeons en particulier, sont dans ces animaux, pourvusenoutred'unsqueletle,des parties dures extérieures que l'on peut à juste titre considérer comme les analogues des parties comparées par M. Geoffroy , dans les insectes et les crustacés, aux os des vertébrés. Cette analogie serait d'autant plus exacte qu'il y aurait ici même position et même rapport avec les muscles sousjacens.
Delà double existence^ dans les poissons que nous venons de citer,du squelette des vertébrés et de celui des insectes et des crustacés, on ne peut donc inférer que cette proposition: chez ces poissons la peau a pris la disposition d'uu squelette. Ce squelette , situé superficiellement peut être opposé comme extérieur, au squelette intérieur des animaux élevés; par sa. position, ses principes composans, souvent aussi par sa forme, il correspond, aux coquilles des mollusques ainsi qu'aux parties solides des échinodermes et des lithophytes.
L'estimable Scliweigger (i) , reconnaît aussi deux squelettes placés en situation inverse. Mais
(i) llandhuch dcr Naturgescli. der skelcttlosen Thierc. Leipzig, i8ao, pag. 193. (Manuel de l'histoire naturelle des animâux sans squelette. )
d'anatomie comparjée, qS je doute qu'on puisse adineUre,aveclui, une analogie bien démontrée entre le squelette des cliéloniensetletesides insectes etcrustacés.Lesystème osseux de ces premiers animaux, ne me paraît pas non plus un passage bien évident du squelette extérieur à l'intérieur. Les faits qu'il apporte à l'appui de cette opinion , sont ceux-ci : les muscles s'attachent également à la face interne du squelette des chéloniens^el du test des insectesj les membres dans l'un "A l'autre cas sortent de rinlérieur; le nombre des pièces solides est variable dans les deux classes; enfin la prépondérance de la dimension en largeur, et la disposition anguleuse des contours de ces mêmes pièces sont communes aux deux sortes de squelettes. Les objections s'elévenl en foule.
10 i.'altache des muscles n a pas lieu de la ma- - nière ici indiquée dans tout le corps des cbéloniens,nolommentpasau col.aux membres et à la queue; elle n'est en outre nullement particulière à ces animaux ; dans d'autres vertébrés , un grand nombre de muscles s'attachent en dedans à la face interne des côtes et du sternum, el si la position et l'insertion de quelques muscles dans leschéloniens ne sont pas les mêmes que dans les autres vertébrés, la raison évidente en est donnée parle développement et Textensitm des arcs vertébraux, des côtes et des pièces si ernales.
20 Le même fait explique encore naturellement pourquoi' les membres des clieioniens semblent
sortir de l'intérieur, quoique leur position relativement à la colonne racliidienne, soit la même que celle des autres vertébre's.
3° Le troisième trait de ressemblance allégué par Schweigger, semble également bien peu concluant^ car d'un côté le nombre des pièces composant le test des insectes est bien déterminé dans la même espèce, et de l'autre, le squelette des cliéloniens ofFi-e en partie la même fixité. Si Ton rencontre parfois, chezSlfës^une exception à cette règle , ce qui a lieu particulièrement vers l'extrémité de la portion abdominale du rachis, ces anomalies ne sont pas ici plus fréquentes que dans le squelette des autres vertébrés. Le nombre des pièces de la carapace qui recouvrent le squelette, sans correspondre à aucune des fractions de cet ensemble solide, est au contraire fort constant et ce sont provisoirement celles qui sont comparables au test des insectes.
4° Que prouve de plus la similitude de forme? L'ampliation des parties dont elle est la conséquence n'en change pas la naturej et cet excès de développement est borné d'ailleurs à certains os. Si vous joignez à cela la parfaite correspondance mentionnée entre les plaques de la carapace des cbéloniens et les pièces du test des insectes, que deviendra l'analogie en question?
Le développement démesuré des arcs vertébraux, des côtes, des pièces sternales, qui dépassent les muscles de manière à les recouvrir
d'anatomie compari!e. I 9-7 et à être placés immédiatement sous la peau, est loin (Je constituer des altérations assez profondes delà forme etdes changeniens assez complets de la position , pour établir la condition transitoire, conduisant au squelette extérieur. D'ailleurs quand, le sternum, les sommets des apophyses épineuses et les côtes conservent avec la peau, les premiers absolument , les dernières à-peuprès les mêmes rapports de contact, que dire de ces prétendues ressemblances si ce n'est qu'elles résultent de rapports accidentels et non d'une analogie fondamentale?
Ainsi ia division des animaux en vertébrés et en invertébrés semble devoir être maintenue, quelles qu'aient été les objections élevées cont^'e elle. Il est cependant des animaux, les céphalopodes, que l'on range communément parmi les invertébrés , qui sont doués d'un véritable squelette, lequel ne consiste pas seulement en un crâne, connu déjà depuis long -temps, mais en un racbis et des membres rudimentaires, j^arties qu'on y rencontre presque généralenienl (i\ Il faudrait donc leur assigner le dernier rang des vertébrés, si on n'aimait mieux -en former une troisième division principale , intermédiaire ^ car , outre ce squelette, plusieurs de ces êtres sont munis d'une
(i) F. Mceheî dans Fouquct, De organi respiratorll in animalium série CTolutione , Haiae 1816, pag. 39.