‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 28 sur 52 · Coloration · texte numérisé non relu

Coloration

La diversité des couleurs fournit dans beaucoup d'animaux des caractères qui n'ont pas tous line égale valeur pour différencier les sexes.

Parmi les in vertébrés, ce sont surtout les insectes à l'état parfait, dont les sexes empruntent des différences à la coloration. Les teintes de l'individu mâle sont très-généralement plus éclal anles, plus vives, plus variées et plus belles que celles de la femelle; c'est particulièrement à un grand

(i) Natimam Naturgesch. der Laiid-uud Wasservogel Dciilschlands etc. Kœnigsberg , 1797, vol. I , page 3i. — (a) Icblhyol. de Nice, page a ai.

d'ana-tomie comparée. 335 noipbre de lépidoptères que s'applique cette observalion.

Les sexes des poissons se distinguent, dans des groupes épars çà et là dans la série, par des nuances variées. Pre nos pour ex emple le labre vert (labrus viridis) ; d'après Risso (i), le mâle de cette espèce est d'un vert brillant, les parties latérales en sont marquées de deux rangées longitudinales de points bleuxj le brun-vert, piqueté très- finement , est la couleur de la femelle.

La femelle du /a^m^ înixtus , est également revêtue de nuances obscures et salesfa\Le mâle du lutjanus melops est rouge , la femelle (3) est brunâtre et porte des bandes bleuâtres. La femelle du lutjanus cornuhmus a la peau plus pâle que le mâle (4)^ cbez le lutjanus massa elle est plus obscure (5) : d'un reflet plus sale dans le lutjanus chlorosochrus (6).

Des recherches ultérieures sont nécessaires pour décider s'il est exact, comme l'assure Risso, que la femelle du syngnathus ophidia se distingue du mâle par une condition inverse, c'est-à-dire, par des couleurs fort brillantes (7); la femelle du syngnathus papacinus , étant, au contraire, colo-

i) Ichthyol. de Nice, page aai. — (2) Ihld. page aaS. — (3) pag. a66. — (4) pag. a68. — (5) pag. 374. — (6) pag. ajS. — (7) pag- 69-

rée avec moins d'éclat et de -vivacité (i) que le mâle.

Les oiseaux sont peut-être , après les insectes, les animaux dont les sexes se distinguent le plus par les couleurs.

Dans cette classe, les oiseaux de proie exceptés, la coloration des mâles est, en général, plus éclatante et plus variée que celle des femelles.

Plusieurs gallinacés fournissent des exemples frappansde cette particularité et surtout le paon domestique [j)avo cristatus)^ le double-ergot {jmvo bicalcaratus , s. polypiectron chinguis de Temminck), les faisans, et principalement le^/i^zi'wwMS tricolni\ le phasianus njcihemeruSy le lophophorus refulgeris àeTemuùnck, ï argus giganteus , du même auteur, sont très-remarquables sous ce rapport. On voit les mâles de ces espèces, parés d'un plumage embelli des couleurs les plus variées , et les plus diverses entre les espèces différentes; les teintes des femelles, rapprochées au contraire par un ton uniforme, se ressemblent même dans des individus qui appartiennent à des groupes différens.

Parmi les oiseaux grimpeurs, ce sont surtout les pics qui se distinguent le plus par ces contrastes de coloration.

(i) Pag. 70.

d'anatomie comparée. 'IJ7 On doit remarquer que les femelles de plusieurs oiseaux, par exemple des canards (i), des paons, des faisans, et surtout celles daphasianus tricolor et du njcthemeriis{^) , lorsqu'elles cessent d'être fécondes, prennent quelquefois un plumage présentant des degrés dlfférens d'analogie avec celui des mâles; comme si alors I;i force de formation , ayant cessé d'être employée au pi ofît de l'espèce , était plus particulièrement reportée sur les développemens de l'individu. Il ne serait pas inutile de savoir si,^ dans tons ces cas, la coloration de la femelle ne revient pas plus tard.

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