‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 31 sur 52 · Forces · texte numérisé non relu

Forces

La force formatrice [nisus forniativus) est plus énergique dans la femme que dans l'homme. De là le déveicppt ment plus rapide de la première; la résistance plus grande qu'elle oppose aux maladies; la tendance de son organisme à l'embdupoinl , la faculté de conduire à un développement complet, ou du moins Ibrt avancé,

d'ana-tomje comparée. 33() un nouvel être, sans le concoms du mâle, cotiime on le rencontre dans beaucoup d'animaux; delà encore, la reproduction spontanée de certaines parties, telles que de la graisse, des os, des poils et des dents dans les organes générateurs femelles, surtout dans les ovaires j parties dont l'existence simultanée indique une tendance réelle à la formation d\m organisme nouveau et que l'on rencontre beaucoup plus fréquemment dans les femmes que dans les liotnracs.

Les forces musculaires sont , au contraire , beaucoup moindres dans la femme; c'est vraisemblablement dans cette inégalilé que réside, du nioins en partie, la différence sexuelle dont il ■vient d'être question.

La vie psycologique présente d'une manière générale les lésullals suivants : prédominance de l'esprit dans l'homme; prédominance du sentiment dans la femme.

Si on examine les conditions les plus générales sur lesquelles sont fondées les différences d'organisation distinctives des sexes, on est conduit aux propositions qui suivent.

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1° Tous les caraclèies difFérenciels ne sont pas éealement conslans; ainsi les plus gcnéranx sont ceux cjui sont inscrits dans les dispositions de la foi me totale , dans la nature du tissu , dans les degrés de consistanc elle volume, c^est-àdire, ceux qui, bien que répandus d\ine manière plus universelle dans tout l'organisme, rcssortent avec moins d'évidence. Les caractères fournis par la coloration viennent après. Les plus rares consistent dans l'existence, la disposition spéciale et principalement l'ampliation de quelques parties; conditions dévolues à un sexe et refusées à Tauti e.

a° Les mêmes différences sexuelles, surtout IfS plus tranchées, ne sont pas nqn plus également fréquentes dans toutes les classes, ordres et genres.

Remarquons ici, en général, lo que ces différences sexuelles se multiplient en raison de l'uniformité même qui règne dans la conformation des org:\nes les plus essentiels. Prenons-en pour preuve la classe des oi>eaux et celle des insectes ; nulles autres ne sont aussi fécondes en mouific.itions sexuelles de toutes espèces. Opposonsleur celle des reptiles; nous trouverons, au contraire, les similitudes les plus exactes entre les deux sexes. Observons, 20 que ces diversités de forme propres à démarquer les sexes se présentent le plus frcquemmenl, et se tranchent avec le plus de saillie dans les divisions de la série

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animale, où les genres et les espcceS' se distiiiguent moins par la conformation des parties essentielles que par des modifications de ])eii de valeur servant à fon Jer des caractères semblables. Les oiseaux et les insectes viennent encore à l'appui de celte assertion.

On voit, enontre^ les caractères de sexes se développer d'une manière remarquable, et comme par préférence, dans cet tains ordres d'animaux. Parmi les mammifci es, nous citerons les ruminans, les pachydermes et les solipèdes; j^armi les oiseaux , les gallii:acés et les palmipè- <lts, mais déjà à un degré bien moindre dans ces derniers; parmi les reptiles, les batraciens; et parmi les insectes ^ les papillons et les hyménoptères.

3o Un seul genre réunit ordinairement plusieurs différences sexuelles j le mâle des gallinacés se distingue à la fois par la coloration et le développement plus considérable de certaines parties cutanées, telles que crêle, plumes^ ergots. Les papillons, dont les sexes contrastent !e plus par les nuances les plus opposées, différent encore par le volume et par quelques condiLions profondes de l'organisation.

Les différences sont également plus variées dans les classes où un plus grand nombre d'espèces les présentent avec une énergie plus prononcée. Que l'on les recherche dans les mammifères; quelques ordres seulement de ces

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elits sont différenciés par des caractrres fiap» "pans; le trait dislinct'f né de la co oralion y manque entièrement. Il en est ainsi des poissons. Observons, au contraire, les ois( -ux et les insectes, ils présentent toutes les sortes de différences sexuelles.

4o Un caractère sexuel identique, lorsqu'il se présente, n^est pas toujours propre à indiquer le même sexe; observation qui s'ap|jlique aussi bien au développement de certains organes isolés qu'à celui de tout le corps. On peut cependant établir cette rè^le générale , que le développement plus considérable de certains organes et une coloration plus brillante sont les marques distinctives des mâles, lors que ces conditions ne sont pas en rapport immédiat avec la génération même.

Dons les trois classes supéi ieures le mâle est "généralement pUis gi and. Parmi les poissons et les invertébrés la femélle y)rédomine, au contraire, communément par le volume.

6° Les causes des différences sexuelles ne sont pas plus faciles à expliquer que celles de toute autre condition organique. On peut dire (.'une manière générale qu'elles coiisistcnt en un excès de la force formalrice.

Cet excès de force formatrice dépend incontoslablemenl de la part inég.ilc que prciui-nl à la prodaclioa d'un organisme nouveau les dcu\ sexes qui y concourent j part éwtîeminent

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plus considérable du côté de la femelle que de celle du mâle, cjui conserve au prolit de son existence individuelle tout l'excès de force qui lui reste en avantage. Cette considération est pleinement confirmée par les faits suivants : la menstruation disparut tout-à-coup d'elle-même chez une jeune personne; nulle maladie n'en fût la suite, mais il survint une barbe d'Iiomme parfaite (1)5 à l'époque où la tacullé de produire cesse, des oiseaux femelles prennent le plumage des mâles; les animaux du sexe féminin acquièrent , en général, à un âge avancé plus d'embonpoint que ceux du sexe opposé ; la castration détermine la prédominance graisseuse , un accroissement plus rapide et plus volumineux de tout le corps et de certaines parties du corps, par exemple, de la crête et de la barbe cbez le cbapon, et la persistance d'autres parties, par exemple , du bois chez les cerfs, des plumes chez les chapons. C'est pour cela qu'au développement supérieur de tout le corps et de certaines parties des mâles, parmi les mammifères, on voit se joindre, chez les oiseaux, un éclat plus vif des couleurs ; nouvel avanlagè qui dépend, sans doute, de ce que le mâle prend ici beaucoup moins de parla la reproduction que dans les mammifères.

(1) Fatilci'ier, Journ. de Méd. t. 69.

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S'il existe un rapport inverse du -volume de la tolalilé fin corps clans plusieurs cnislacés, arachnides et insectes; on peut explicjuer cette apparence contradictoire^ en remarquant que plus on descend dans la série des êtres, plus le sexe masculin tend à disparaître, au point que dans la plupart des mollusques, et dans les animaux qui leur sont inférieurs, la difTérence sexuelle s'c-iFace tout-à-fait j le sexe féminin subsiste seid.

Le principe que nous venons de poser, en général, est d'ailleurs confirmé encore dans les insectes et les arachnides; ainsi , les antennes, les palpes, et dans quelques espèces, les ailes mêmes des niàles sont plus perfectionnées, leurs couleurs sont plus vives, plus variées, plus riches qu'on ne le trouve dans les femelles.

6° C'est à la conservation de l'espèce que semhleut destinées ces différences, lorscju^elles existent. La plupart d'entr'elles remplissent, en effet, ce but, si ou excepte celles qui ne consistent qu'en un simple ornement. Mais même un ornement pur et simple pourrait servir à cet iisai^e, en excitant l'instinct de la femelle à la reproduction.

Les peifeclionnemens achevés des organes des sens et du mouvement que I on remarque dans plusieurs insectes ont aussi un rapport intime avec la conservation de l'espèce; ils aident a la nécessité où sont les mâles , ûioins nom-

brcux , de chercher les lemelles, qui ne viennent pasaii-devanl d'eux, soumises peut-être à celle loi générale, qui défend les avances au sexe féminin.

Les pouces gonflt's des grenouilles mâles, et les appendices permanens fixés aux membres postérieurs des chondroptérygiens du même sexe servent à^retenir les femelles; il est vraisemblable qu'ils ont encore un autre usage, celui de les exciter par une ii fluence dynamique à l'acte de la reproduction. Quant aux tarses plus accrus de quelques coléoptères; ils ne sont, sans doute, destinés qu'à fixer les femelles. On peut reconnaître le même but aux ergots des gallinacés mâles.

Les coiTjes des mammifères, les mandibules fort développées de plusieurs coléoptères conduisent incontestablement aux mêmes résultats. Ce sont, en outre, des armes destinées à combattre ou les ennemis étrangers ou les mâles de la même espèce, nouveau rapport, quoique pliis indirect, avec la fonction reproductrice.

On ne saurait, non plus, méconnaître une certaine relation entre ia disposition propre aux femelles et individus sans sexe de plusieurs hyménoptères et les intérêts de la génération. La confurniation de leurs pieds, en les destinant à être ouvrières, la présence d'un organe venimeux, qui leur fournit un moyen de protection, ia privalicn d'yeux listes et d'ailes,

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