TRA.ITÉ GENERAL
qui altaclie les fourmis en parliculier à la couve'e qui leur est confiée, tendent cvidemnient au mémo but.
Les considérations précédentes emlîrassent la généralitédesdiflerences qui distinguentles sexes. Elles s'appliquent plus ou moins directemeut à toutes. Mais il nous reste encore quelques propositions à établir, qui sont plus spécialement relatives à la conformation ou à l'accroissement proportionnel plus considérable de certaines parties et à la coloration, savoir:
1° 11 est rare qu'il se développe des parties nouvelles par l'existence desquelles le mâle se distinguerait de la femelle, sous les rapports divers de nombre, île volume et de formation des organes. Une exception à cette loi est fournie par plusieurs ruminans, chez lesquels il n'y a que les mâles qui portent des cornes.
11 résulte de cette observation que les différences sexuelles déterminées par cette circonstance se réduisent extrêmement.
u° Une circonstance constituant la distinction sexuelle pour quelques genres et espèces, cesse de Tétre pour d'autres, et se représente comme atîribut commun aux deux sexes. Ou voit ainsi
d'aNATOMIE COMPARléE. 347
la crinière^ caractère spécial du lion, du plioque maie, orner également le cou de l'étalon et celui de la jument, le bois qui ne surmonte que la tête des mâles, parmi les cerfs, armer nonseulement la tête des rennes des deux sexes, mais s'élever du front des giralTes mâles et femelles (i), du taureau et de la vache, etc., et Ton voit d'autre part, ce caractère ordinaire au mâle manquer aux deux sexes dans des espèces voisines, telles que les bœufs, les moutons, etc., sans cornes.
3^ Les mâles et es femelles sont quelquefois privés de leur caratiere sexuel rcs|)ectif ; dans d'autres cas, et comme par oppos tion, le trait disiinctif des mâles se montre dans la femelle, soit à partir l'époque de la naissance, soit dans le courant de ia vie.
4° On voit, conformément au même principe, se manifester, d'une manière régulière, des diffé-
(i) M. Edouard Riippcl , qui parcourt en ce moment le nord de l'Afiique, a dernièrement envoyé au Muséum d'histoire naturelle de Francfort, sa ville natale, entr'autres objets curieux les têtes de deux giraffes mâles et celle d'un individu femelle. Les mâles ont trois cornes , dont deux occupent la suture coronalc. La troisième, plus petite, étant placée an-dessus des os propres du nez au commencement de la suture frontale. Le crâne de la femelle n'a que deux cornes, celles situées sur la suture coronale; il présente un os wormien à la place de la troisième corne. Voyez Atlas zu der Reise im nœrdlichen Afrika von Eduard Riippel , II Heft. p. 26, planches 8* et 9*. Franltfurt am Main , 1826. {Note des traducteurs.)
34S TRAITIÎ CKNLUAL
renccs sexuelles antres que la disposition pai ifculière des organes ^générateurs et la forme générale du corps, différences qui ne durent que momentanément, soit qu'elles ne sedéveloppent^ comme cela a lieu quelquefois, qu'à une époque donnée de la vie, soit qu'elles disparaissent périodiquement après l'accomplissement de l'acte générateur.
Sous le premier rapport, les larves de certains coléoptères, par exemple, des cerfs-volanset des nasicornes mâles et femelles ont une ressemblance parfaite. On voit également des papillons, différenciés par les dispositions sexuelles les plus opposées, naître de chenilles qui offrent absrdument les mêmes accidens de coloration: remarque aussi bien applicable aux différences sexuelles des oiseaux. Tous les jeunes de cette classe ont le plumage semblable, à des degrés différens, à celui des femelles; les caractères du sexe mâle leur manquent tout-à-fait, ou ne prennent origine que de formations persistantes, yjeridaot toute la vie, chez les femelles.
Ainsi, par exemple, les coqs sont dans leur jeune âge, piivés de la queue élégante qui les distingue plus tard. Ce n'est qu'au troisième mois que leurs plumes caudales se recourbent j le bouquet de crins du dindon, naît d'un mammelon bien charnu, qui reste à !a femelle pendant toute sa vie. Ce n'est qu'à la troisième année que les plumes tectrices de la queue s'a-
d'aï». MOMIE COMPARÉE. o/jQ
Idi'Sf^-nt et so coloreut chez le paon mâle. Les macreuses noires mâles {anas nigra) n ovil pas, tlaus leur jcimesse , de reriflemenL charnu à la base du bec supérieur, partie dont les femellLS ne présentent nulle trace pendant toute leur Tie , et qui caraclérise le mâle adulte. Chez le grèbe happé (^podiceps cristatus), les petits d{.' l'un et de l'autre sexe portent une collerelle fort courte et une huppe très-peu prolongée ; aussi la femelle les conserve-t-elle toujours dans ces conditions.
L'aigrette qui surmonte la tête des jeunes hérons mâles est également arrêtée à des dimenbions fort restreintes, elle n\xiste même nullement au premier âge et quelquefois on ne la rencontre pas dans les femelles ou s'y montre très- courte.
Les deux sexes n'ont aussi , dans le principe, qu'une voix commune. C'est surtout la voix féminine.
Chez les mammifères , les différences sexuelles ne se manifestent non plus que lentement et par degrés. Ainsi les dents incisives de lait sont ti èspetites d'abord, chez les cléphans des deux sexes. Il en est de même, dans le cerf mâle j des tubercules du coronal qui servent de support au bois; ce n'est qu'au bout de six mois après la naissance qu'ils se manifestent; le premier bois n'apparaît même qu'à la fin de la première année. Comme l'accroissement du bois n'a lieu que tous
les ans et qu'il ne pousse chaqae année qu'un andouiller, on peut dire que la différence entre le cerf et la bic!)e n'augmente que d'une manière insensible et est exprimée par le même rapport.
Les exem])les de disparition périodique des caraclèi es servant à particulariser les sexes, et de la ressemblance qui en résulte entr'eux, se rencontrent surtout parmi les vertébrés. Chez ^es animaux sans verlèbres, dans les iusectes spécialement, les phases de la vie auxquelles surviennent c^s trails dislinc tifs des sexes sont beaucoup trop courtes pour qu'il s'y opère d'autres changeraens.
C'est à ces sortes de modifications qu'il faut l'apporter toutes les proJuclions p.uticulières à une péi iode variable de l'année, par exemple, les crêtes dorsales et les lobes cutanés aux orteils des tritons, le gonflement des pouces, chez plusieurs batraciens, les caroncules et les plumes nuptiales au cou et à la léte des combatlans {tringa pugfiax), les bois des cerfs. Pendant la luue, les canards malcs îif! sauraient, pour la plupart , être distingués des leraelles.
5o Les différences sexuelles ne se prononcent pas avec une égale fréquencesiir toutes ies})arlies.
Celles qui résident dans la forme totale du corps offrent toutes, plus ou moins, Tcmpreinle du type sexuel général; mais les distinctions saillantes sont bornées k un nombre j)roportion-
u'awa.tomie comparée. 3Si nellement peu considérable de fraclionsde l'organisme.
Parmi les organes intérieurs, c'est sur Tinstrumenide la voix qu'elles portent particulièrement leur influence; ces parties sont, presque sans exception, plus dévelo])pées chez les mâles que chez les femelles et même hors de proportion avec le volume du corps. On voit, sous ce rapport^ les contrastes les plus remarquables dans plusieurs oiseaux et surtout de l'ordre des palmipèdes et des gallinacés. L'exposé de ces différences ne peut trouver place que lorsque nous traiterons de l'organe de la voix. Quant à toutes les autres parties intérieures, si on excepte les organes générateurs, les deux sexes sont exactement conformés d'après un type commun.
C'est des modifications de la forme extérieure que les sexes empruntent les diiférences les plus prononcées; le volume de la totalité du corps et le développement de certaines parties situées superficiellement^ sont les conditions qui fournissent les principales d'enlr'eiles. On est conduit à celte conséquence en suivant , dans les différentes classes d'animaux, l'indication pure et simple des caractères sexuels les plus évidens.
Un rapport réel existe donc entre ceux de ces caractères qui sont profonds et ceux qui sont superficiels, c'est l'influence que les uns et les autres exercenf, pendant la vie, sur les sens d'au-
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très animaux; raj port qui rappelle la dépendance qui les rattache à la fonction reproductive et à la conservation de l'espèce.
6» Quant à la position de préférence affectée par les traits dislinclifs des sexes, c'est surtout aux extrémités du ccips qu'on les observe. Les extiémités céphalique et coccvgienne en sont les sièges les plus ordinaires; ces caractères se manifestent plus rircment aux parties latérales; en les rencontre alors communément au bout des membres, et spécialement des postérieurs.
Dans le pi emier cas, ils si nt, sans exception, à la face supérieure ou dorsale de la tête et du tronc , disposés sur la ligne médiane et rangés symétriquement sur les deux côtés; on ne trouve, à la face abdominale , nulle autre production ou coloration qui leur corresponde.