A^^ TRA[TÉ GÉNÉRAL
comme le diodon, portent une grande quai/tltc d'aiguillons effilés.
b. La dimension longitadinale prédomine également dans les parties individuelles du corps.
Le tronc, à quelques exceptions près, aussi la téte, tle même les membres, et leurs difte-. entes fractions unies entr'elles d'une manière qui permet une mobilité à degrés variables, sont beaucoup plus alongées que larges et épais. Dans la tête même de l'homme, plus arrondie à cause do développement très-considérable de l'encé- })hale , la dimension de longueur l'emporte de beaucoup sur les antres.
c. Les différens systèmes sont formés d'après le même type.
Les vaisseaux et les nerfs sont très-alonjjés dans leurs ramifications les plus fines. Dans le système osseux, le nombre des os longs l'emporte très-considérablement sur celui des autres os; les os même qui, pour obéir à des destinations particulières, sont très-larges dans les animaux supérieurs, la ])!upartdes os du crâne, par exemple, se prolongent, en s'étrécissant, dans les animaux inférieurs. On voit également la dimension de longueur se manifester dans les os courts et épais,})ar le dévelo})pcment variable d'apophyses qui affectent des directions diverses. Les vertèbrrs sont un exemple évident de cette particularité; surtout si l'on se rappelle que les côtes ncsonl que
d\nato3tje compatii5e. 4^1
(le grandes apophyses vertébrales. Le nombre des muscles alongés l'emporte aussi sur celui de ces organes où les autres dimensions sont ou égales ou prédominantes. Même remarque à faire sur le système fibreux. Le système cutané, puisqu'il sertd'enreloppe à l'extérieur comme à l'intérieur du corpSj est éf,'alement très-prolongé et qaelquesunsdeses développemens particuliers, comme les cheveux, les poils, les ])1 urnes et les dents offrent, sous ce rapport, les proportions les plus exagérées. Ces remarquessontégalementvraies pour les instrumens de fonctions plus composées; ainsi le canal intestinal présente ordinairement un lube très-alongé. Les appareils de la génération , de la sécrétion urinaire et delà respiration offrent un même excès de la dimension en longueur, soit dans leur totalité, soit dans leurs parties isolées.
Si cértains organes, par exemple, l'œil, quelques glandes, comme les glandes salivaires , le foie, semblent faire exception à cette règle, on peut observer qu'une sorte de compensation est établie, par la disposition alongée des canaux excréteurs, ce qui est vrai pour les glandes particulièrement^ 20 par la circonstance qu'ils ne sont que des parties d'un appareil trèsconsidérable, dans lequel prédomine véritablement la dimension de longueur.
d. La texture de la plupart des parties offre les mêmes conditions dans la prédominance
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très-générale de la disposition fibreuse, si distincte dans le:î systèmes nerveux, musculaii-e^ osseux, dans les organes fibreux proprement dits et les vaisseaux, même dans les portions de ces systèmes où la longueur ne prédomine pas, ou ne prédomine que faiblement dans les formes du tout, ou bien dans les parties dont lesfibvesne se dirigent pas suivant le sens longitudinal. Nous Toyons un exemple de la première disposition dans les membranes fibreuses; de la seconde dans les fibres musculaires des artères, du canal intestinal, delà matrice. La fibrine du sang ellemême j lorsqu'elle se coagule , offre une teni'.htice à présenter des formes alongées.
§. ii3.
1. Une seconde condition très- générale , qu'offrent les corps des animaux, est la structure rayonnée, qui se prononce également dans la forme de tout le corps et dans celle des systèmes particuliers qui entrent dans sa compo* sition.
a. Le corps présente une division principale, située sur sa ligne moyenne^ de laquelle parlent toutes les autres divisions subordonnées. Ainsi, d'une extrémité du corps des hydres et genres voisins, des actinies elles-mêmes rayoïment des
D'aNATOMIE COMPAREE. 4^3
tentacules, qui delaciient souvent plusieurs petites branches accessoires, c'esl-à-dire qui se rami^ fient. Le corps de plusieurs méduses présente sur difterens points des appendices rayonnes. Un grand nombre de moilusques et de poissons offrent la mèaie structure, et les membres des insectes et des animaux qui les ayoïsinent, ceux même des vertèbres, sont des irradiations du tronc subdivisées elles-mêmes, à leur extré-^ mité libre, en plusieurs rayons ordinairement moins développés, comme le prouve déjà, à l'extérieur, la formation des tioigis et des or^ teils. Les plumes et les bois affectent. une disposition semblable.
b. Parmi les différens systèmes del'éconoraiej le nerveux et le vasculaire, celui de la respiration cbez les insectes , fournissent surtout des preuves convaincantes du même fait. Tous partent de parties centrales plus volumineuses; le premier, de l'encéphale, de la moëlle-épîhière et des ganglions; le second, du cœur, des ganglions lymphatiques; le troisième, des stigmates et des troncs aériens plus considérables j tous, à partir de leur foyer, se ramifient un grand nombre de fois.
Les organes glandulaires o{îren\.Tp\\x^ ou moins la même disposition. Les glandes même qui présentent une superficie lisse et uniforme j offrent, comme les autres, une structure rayonnée intérieure, qu'il n'est pas difficile de dé-
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couvrir, puisqu'elles sont formées de la réunion de lobes divers subdivisés en lobules provenant eux - mêmes de l'assemblage des dernières ramifications des vaisseaux et des canaux excréteurs.
Les glandes salivaires et les vaisseaux biliaires des insectes^ le J'oie des crustacés, le pancréas des poissons, fournissent surtout d'excellentes preuves en faveur de la structure rayonnée des glandes, puisqu'à Texlérieur même ces organes se disposent ordinairement, chez ces animaux , sous la forme d^irradiations plus ou moins complexes du tube digestif. Les cœcum de ce canal, les villosités de sa membrane inleriie, les mamelons qui les représentent sont formés de la même manière.
§. ii4-
3. Les rayons qui sont le résultat de la disposition ramifiée, s'écartent, il est vrai, eii divergeant, mais se portent en même temps les uns vers les autres, et s'abouchent en s'anastomosant.
Cette disposition est moins évidente dans la forme extérieure du corps entier que dans les parlies qui le comj)Osent, tant sous le rappoit de leur configuration que sous celui de leur texture.
d'aNATOMIE COMPABÉE.lf /[t^S
a. Peut- être la disposition que nous venons d'indiquer, comme élant reproduite par les conditions de foime extérieure du corps, se présente-l-elle dans la réunion des rayons dés nageoires chez les poissons et dans celle des orteils de plusieurs reptiles, oiseaux et mammifères, que des membranes natalo'res unissent, ce qui rend ces animaux palmipèdes.
b. Quant aux preuves fournies par les systèmes particuliers , relativement à cette tendance qu'ofFrent les rayons à' la convergence ; elles se rencontient dans les plexus, les anastomoses, les anses des divers cordons nerveux, dans les communications vasculaires, dans les tendons intermédiaires qui unissent entr'eux les tendons principaux de certains rausv^^ks divisés ; par exemple, ceux des muscles extenseurs des doigts et des orteils. Les ovaires des scorpions sont conformes à ce type général; ils sont constitués par des tubes latéraux qu'unissent plusieurs branches tranversales (i).
c. C'est aussi à ce modèle de texture qu'il faut rapporter l'enlacement des filets particuliers, qui, situés les uns à côté des autres, forment les
(r) Meckel's Fragmente aus der Anatomie des Scorpions. Beitr. zur vergl. Anat. B. i. H. a. ( Fragmeus pour servir h l'Anatcmie des Scorpions ; dans ses Mémoires d' Anatomie comparée. ).
466 * TRAITJi GÉNÉRAL *
cylindres nerveux, et la disposition des faisceaux de plusieurs muscles , surtout des muscles creux, des organes fibreux et principalement des membranes.
Ce ne sont pas seulement les rayons d'un seul et même système qui forment enlr^eux ces enlacemens divers; tout Torganisme présente un arrangement semblable de toutes les parties qui entrent dans sa composition.
Les organes particuliers, appartenant aux différens appareils, sont essentiellement constitués, dans les animaux supérieurs, par du tissu cellulaire, par une substance propre qui y est contenue et par des vaisseaux charriant des li(juides ou de Tair, Ces vaisseaux se ramifient en formant des anastomoses variées dans le tissu animal. Ce lacis est encore plus compliqué dans les glandes. Il en est ainsi des fibres des systèmes musculaire, fibreux et osseux, qui s'entrecroisent et se coupent à angles divers dans les orcanes locomoteurs.
§. ii5.
4 L^^nalyse de la composilion la plus intime des solides, nous fournil, aussi bien que celle des fluides un quatri' me terme de comparaison ; les uns et les auLrc6 sont constitués par deux subsLan-
WArfATOMIE COMPARÉE. 4^7
ces ;run e d'el I es a ton j o urs une forin e flétermin ée, cest^ut les «lobules; ia seconde, qui sert de lien à la premièie, est souvent fluide, mais susceptible de solidification. Nous avons déjà indiqué celte particidarité ( T^cy^ez page 53).
Il rc'snlte de la gcnéralilé de ces conditions que le corps entif r, ses diverses porlions, et les difFérens svstèraes dont il est composé, s'accor* dent enti'eux sous le rapport de la forme extérieure el de i'ini-érieure.
On rencontre, en outre, des analoi^irs plus spéciales, tant entre le corps entier et les organes particuliers, qu'tnlre des organes difFérens, des régions et des portions di\ erses du corps.