VARIÉTÉS LES UNES AUX AUTRES
§. ia4.
La généralité d'un même type d'organisation trouve de nouvelles bases dans la comparaison établie entre les différentes espèces de variétés; l'on peut, en effet, démontrer que : i ° les différentes espèces de la variété normale, peuvent être ïamenées les unes vers les autres ; a" que l'organisation anormale peut être ramenée à l'organisation régulière.
1 . Réduction des diverses espèces de variétés régulières les unes aux autres.
On fait rentrer les différentes espèces de la variété régulière les unes dans les autres, en démontrant :
lo Que le développement de l organismc individuel obéit aux mêmes lois que celui de toute
d'aNATOMIE COMPARl^E. 5l5
la SL'He animale, c'est-à-clire, que l'animal supérieur, dans son évolution insensible, parcourt essenliellementles degrés organiques permanens qui lui sont inférieurs; circonstance qui permet de ramener les unes aux autres, les différences qui existent entre les diverses phases de développement , et entre chacune des classes d'animaux.
•10 Que les ditt'érences sexuelles se rapprochetil, du moins, quant à leur mode d'origine, des différences amenées par les phases de la vie.
3° Que l'on peut aussi comparer aux différences de sexe, de phases et de classes, les différences qui existent entre les diverses parties composant le même organisme. '
1. Nous avons déjà fait remarquer plus haut (§. 81 et ioi.)querembryon des animaux supérieurs, avant d'atteindre sa perfection, parcourt plusieurs degrés d'organisation. Il s'agit de démontrer ici, que ces différens degrés correspondent à ceux que certains animaux ne dépassent jamais, pendant toute la durée de leur vie. Il est, en effet, positif que l'embryon d'animaux plus élevés, nous citerons spécialement celui de l'homme et des mammifères, présente une
5' 6 TJUITÉ GÉNÉRAL
analogie variable avec celui d'animaux plus inférieurs; analogie qui réside aussi bien dans les conditions de forme de certains organes, t|uc dans la conformation générale du corps, dans le nombre, la position^ le volume proportionnel des organes, le tissu, la composition et les propriétés ou forces.
Parmi les divers systèmes, la peau est à l'origine et pendant un temps considérable de la vie embryonique, molle, unie, sans poils, comme on la rencontre constamment, cbez les zoopbytes^ les méduses, dans beaucoup de vers, de mollusques, de poissons , et même cbez les reptiles inférieurs. A cette période en succède une autre, où le tissu cutané se revêt de poils nombreux , et se montre même cbez le fœtus de l'bomme , proportionnellement plus velu qu'il ne l'est par la suite, circonstance par laquelle l'embryon commence déjà à ressembler à des animaux plus éleve's, cbez lesquels ces parties épidei miquc s sont surtout fort développées. Un fait fort remarquable, sous ce rapport, c'est que les foetus des nègres sont plus velus que ceux des b!ancs(i).
(1) Blumenbiicli, clans p'oigt's Mogaiin, Bd. 4> S. fija.
d'anatomie comparée. Siy 2° Le système musculaire rcprésenle, poulies condilions de sa forme extérieure, cl parliculièrement par la division des muscles abdominaux le long de la ligne médiane antérieure, celui des mollusques acéphales testacés, dont le manteau est ouvert en cet endroit.
Par le défaut ou le développement imparfait des tendons, ce système est analogue aux mus des des animaux inférieurs, spécialement des vers, où ces tendons manquent absolument.
La mollesse, l'absence primitive de la disposition fibreuse, puis l'apparition de fibres grossières, la couleur pâle de ce tissu musculaire,, la petite proportion de fibrine qu'il contient, sont autant de rapports communs avec le système musculaire des animaux inférieurs.
3» C'est particulièrement par le système os— , seux que sont fournis de nombreux termes de ' comparaison entre les états successifs du développement parcourus par l'animal supérieur et les degrés divers d'organisation présentés par la série animale.
Les conditions sur lesquelles reposent ces considérations sont :
a. La forme dés os^ en général. Chez les animaux inférieurs, comme chez l'embryon des' animaux supérieurs, les os sont plus arrondis que dans les animaux plus élevés et qu'à l'élat adulte.
b. La disposition des os, en particulier. Dans
5l8 THAITÉ GÉNÉIIAL
les animaux inférieurs, surtout chez les poissons et les reptiles, en partie aussi chez les oiseaux , un os est partagé, pendant toute la durée de la vie, en plusieurs portions qui, chez les animaux supérieurs ne sont séparés qu'à l'état fœtal, niais qui ne tardent pas à se souder en un seul. Ainsi les différentes pièces dont Toccipilal, le temporal, le sphénoïde, même plusieurs os de la face sont composés dans l'embryon des animaux supérieurs, restent séparés à divers degrés, pendant toute la durée de la vie, chez les poissons et les reptiles. Chez les oiseaux également, les pièces inférieures du sphénoïde sont constamment isolées; leur clavicule postérieure est, de même, un point d'ossification plus développé du scapulum des mammifères. Quelques os propres de certains animaux vertébrés inférieurs, sont aussi, d^apiès le même principe, souvent des pièces grossies, isolées et non soudées, d'os analogues mais entiers, que l'on trouve chez les animaux supérieurs : c'est là l'origine, qu'il faut assigner, du moins en partie, à plusieurs côies de poissons, à leurs apophyses épineuses accessoires, au nombre des artic.es des membres (les nageoires) que l'on trouve augmenté suivant la direction longitudinale dans cette classe et dans les céfacés.
c. Le mode de développement des os, dans la série animale, comparé aux progrès suc-
d'anatomie comparée. 5j9
cessifs qu'il fait dans l'embryon des animaux supérieurs.
On voit d'abord se manifester dans l'embryon la portion dorsale ou Tare des vertèbres. Examinez les céphalojjodcs , vous ne trouverez qu'une trace de racliis^ qui correspond seulement à l'arc des vertèbres des animaux supérieurs (i).
On a objecté à celte opinion, que j'ai émise dans mes cours : i» l'absence de la moëlle-épinière; 20 la position de ce prétendu rudiment de racliis sur les muscles peauciers, dont quelquesuns s'attachent même à sa face inférieure ; 3° l'absence de cette partie, chez i'oclopode, qui est pourtant au même degré de développement que les autres (i). On sent d'abord combien est déplacée ou du moins, inutile la réfutation publique d'une opinion qui n'a pas encore été imprimée. Mais pour ne pas laisser sans réponse ces objections, nous dirons que la premièi^ n'est nullement fondée, car il se trouve, sous le cartilage dont il est ici question, deux forts cordons nerveux, d'où sortent en rayonnant, les nerfs locomoteurs principaux, par l'intermédiaire de deux ganglions latéraux, qu'il est facile de con-
(i) Voyez page igS. — (a) Schullze, iiber die ersten Spuren des Knochensystems, etc. in Meckel's Archiv. Bd. 4, S. 336. (Sur les premières traces du système osseu,K, )
5aO TRAITÉ GKXÉRAL
cevoir réunis dans la li;,'ne médiane, do manière à constituer un cordon racliidien. La seconde objection est réfutée par ce fait, que chez le calmar, ce même cartilage est presqu'enlièremenl entouré et couvert des muscles peauciers. Le troisième argument est peu concluant par luimême; car le défaut de ce rudiment vertébral dans l'octopode ne prouve qu'une chose, c'est qu'il existe des différences graduelles même entre des animaux fort voisins. L'octopode manque également des cartilages latéraux qui existent manifestement chez la seiche et le calmar, et qui, dans ces derniers , correspondent à un cartilage , aidant à supporter les membres des poissons cartilagineux (page igS). Enfin, notre opinion a pour elle, outre le rapport de celte partie avec les cordons nerveux qu'elle recouvre et l'analogie qu'elle offre avec le développement du rachis de l'embi-yon des animaux supérieurs : lo la nature cartilagineuse de la pièce dont il s'agit ; a© son état de perfectionnem.ent plus considérable chez les cyclosloraes, où l'arc vertébral, prenant une disposition articulée dans le sens de la longueur, reçoit de plus un corps non divisé.
Le stei'num et les cartilages costaux manquent dans la plupart des poissons et des reptiles inférieurs ; ce n'est également que plus tard que l'on voit dans l'embryon des animaux supérieurs ?ipj)araîtrc ces parties. L'os des îles est le
«'aNATOÎIHE COMPARÉE. 5ll
premier qui s'ossifie, parmi ceux qui composent le bassin de ces embrjons; c'est l'unique pièce pelvienne qui existe dans l'orvet. La clavicuîcy chez les animaux supérieurs, est énorme à l'état embryonique, comme on la renconti e pendant toule la durée de la vie, dans les poissons. L'état primitivement cartilagineux des os est évidemment uneanalogieavec celui qu'on rencontre dans les animaux inférieurs , parmi lesquels nous nommerons plusieurs poissons et les céphalopodes.
4. Les modifications subies par le système nerveux font passer l'embryon par plusieurs degrés inférieurs d'organisation. Chez presque tous les animaux placés au-dessous de l'homme, laraoëlle-épiniére occupe, pendant la vie entière, toute la longueur de la colonne vertébrale; dans le premier, au-delà du quatrième mois, cette disposition a cessé. Les deux moitiés latérales du cordon rachidien sont d'abord beaucoup plus séparés que par la suite ; ce cas est constant ch ez les animaux articulés dans toute la longueur du cordon, et chez les oiseaux dans la région lombaire seulement. De même que , dans la série animale , l'encéphale s'élève pro£;ressivement audessus de tout le système nerveux, le cerveau au-dessus du cervelet, les hémisphères au-dessus des tubercules quadrijumeaux, de même dans l'embryon des animaux les plus élevés, l'encéphale a un volume fort petit , comparativement
5a2 TJlAITli GÉNÉRAL
au cordon rachidien et au reste cl a système nerveux, le cerveau est peu considérable en com- })araison de la moëlle-alongée et les tubercules quadrijumeaux sont énormes en projrortion de toutes les autres parties de l'encéphale.
Au commencement, toutes les parties de l'encéphale sont , dans l'embrjon des animaux supérieurs, unies et lisses; peu à peu elles se plissent à leur face externe, dans le même ordre que celui observé dans la série animale; à l'état embryonique deThomme, par exemple, comme à la condition permanente des poissons^ c'est d'abord le cervelet, ensuite le cerveau proprement dit qui acquièrent des inégalités. Il en est ainsi parmi les mammifères , le cervelet seul est quelquefois plissé sans que le cerveau le soit , et ce sont précisément les animaux ayant les tubercules quadrijumeaux les plus volumineux, et les hémisphères les plus petits, qui offrent cette disposition. Dans l'euibryon des mammifères et durant tout le temps de l'existence de tous les autres animaux, le cordon rachidien renferme une cavité, les ventricules du cerveau sont proportionnellement plus amples, parce que les parois en sonl ]j1us minces qu'à l'état parfait. Plusieurs nerfs, le nerf olfactif entre autres, parcourent aussi des degrés d'organisation inférieurs.
La mollesse, la couleur grise, l'absence de différence entre plusieurs substances , rendent
d'anatomie comparée. SiS le système nerveux des animaux les pins élevés , à l'élat embryoniqiie , parfaitement semblable à ce qu'il est dans les animaux intérieurs.
Sous le rapport de la manifestation des facultés intellectuelles, le système nerveux s'élève aussi progressivement en j>assant, d'une manière remarquable, par tous les degrés.
5. Le système vasculaire n'est pas le moins fécond en nuances successives. Le cœur forme d'abord, cbez l'embryon des animaux supérieurs, un renflement simple, alongé, peu sensible; ensuite il se manifeste plusieurs renflemensde la même sorte qui se succèdent suivant la direction de la longueur; enfin on voit sedévelopper dans le sens transversal plusieurs divisions juxtaposées qui se communiquent d'abord entr'elles par des ouvertures, et se séparent ensuite par le dévelop- ])ement d'une cloison parfaite.
L'arlère pulmonaire ne forme d'abord pas de tronc propre, mais elle naît de la partie inférieure de l'aorte tboracbique. Chez les oiseaux l'arlère pulmonaire persistante elle-même, communique avec l'aorte par deux brandies, chez jes mammifères par une seule voie fœtale , le canal artériel.
La veine-porte et le tronc inférieur des veines dn corps ( la veine-cave inférieure) communiquent dans le foetus des mammifères au moyen du canal veineux.
Comme les embryons des animaux élevés, les
•iit
5 2/1 TnA.lTJi GÉNÉR AL
■vers n'ont p.is de cœur propt-e j les arachnides et les crustacés branchiopodes en ont un aloiigé. La cavité en est unique dans ces divers animaux et dans tous les crustacés; les mollusques acéphales et gastéropodes, les poissons et les batraciens sont pourvus d'un cœur composé seulement de deux divisions disposées successivement; l'une est une oreillette, qui est la première, l'autre un ventricule. Chez les reptiles supérieurs le ventricule est partagé imparfaitement en une cavité aortique et en une cavité pulmonaire.
L'aorte et l'artère pulmonaire de ces mêmes animaux forment , d'une manière qui n'est pas également complète chez tous, un vaisseau unique^ et les voies fœtales persistent chez eux, durant toute la vie, ou la disposition qu'ils présentent est fort analogue à cette particularité.
6. Dans le système digestif de l'embrjon des mammifères, les cavités buccale et nasale sont d'abord réunies, comme on le voit dans les oiseaux , et la plupart des reptiles; dans les poissons, la voûte palatine n'est qu'imparfaitement développée. Le canal intestinal de l'embr^'on de tous les animaux est, aux premieis temps,, fort court , il conserve cette brièveté dans les animaux les plus inférieurs. Il n'offre alors point de renflement stomacal distinct, point de cœcum, en général nulle distinction de l'intestin en grand et en petit, conditions qui exis lent également pendant toute la durée de la
d'anatomie compariSe. 5a5 vie, non-seulerf^t chez les animaux les plus intérieurs, mais dans la plupart des poissons euxmêmes.
Dans quelques animaux , l'une ou plusieurs des conditions que nous venons d'énoncer sont quelquefois imparfaitement remplies. L'organisation du tube digestif s'arrête par anomalie, dans quelques individus , à un degré qui était antérieurement un état normal pour toute la classe.
Le foie, primitivement composé de petits coecum ou de petits canaux en doigts de gant, représente l'état d'organisation du foie des crustacés.
Plus tard , la division de cet organe en lobules unis lâchement entr'eux permet de le comparer au foie des mollusques.
Par l'absence de la vésicule biliaire, cet organe ressemble au foie des invertébrés et des céphalopodes ; son volume , considérable dans les premiers temps, représente la condition correspondante qu'offrent les animaux sans vertèbres, et en général tous les êtres placés au-dessous des mammifères.
La rate manque d'abord chez l'embryon des mammifères, comme on la voit constamment absente dans tous les invertébrés et dans les céphalopodes. Jusqu'à la naissance, le volume en est, comparativement à la taille du corps et au développement du foie, beaucoup moins considérable que postérieuremenl|,.f?hez tous les animaux
5a6 TRAITÉ GÉNÉRAL
inférieurs aux mammifères, 'M y a peu d'excep* lions à cette règle.
Le pancréas semble d'abord s'insérer couslamment dans le duodénum par deux conduits, disposition normale très- universelle dans tous les animaux situés au-dessous de l'homme.
7. Les termes à l'aide desquels Y appareil respiratoire peut être comparé dans la série auirnale et dans les progrès successifs de la vie des animaux supérieurs sont multipliés par la circonstance que di\ers orianes se chargent, l'un après l'autre, de la fonction respiratoire, et que plusieurs, employés d'abord à cette fonction, disparaissent par la suite.
Les vaisseaux ombilicaux et leurs ramifications, la membrane du chorion et le placenta correspondent aux développemens de la peau extérieure, au moyen desquels une foule d'animaux et précisément d'animaux inférieurs respirent. Ces développemens sont les branchies. On voit également le système cutané être d'autant plus respiratoire que l'animal est plus inférieur.
Plusieurs animaux, surtout des poissons et des batraciens inférieurs, pourvus de branchies et de poumons, à l'état parfait, respirent particulièrement ou même uniquement par les premières; de même, chez l'embryon des mammifères, des poissons et des reptiles, on voit les branchies servir seules d'oi gaucs respiratoires. Des reptiles un peu«f)lus élevés, les batraciens
©'anatomié comparée. supérieurs, ont de même , passagèrement, des branchies et des poumons, et les larves des batraciens sans queue, respirent, au commencement, par des branchies extérieures , ensuite par des intérieures, qui disparaissent à i'époque où la respiration par les poumons s'établit. Ces animaux parcourent, par conséquent, d'abord l'organisation de plusieurs vers, ensuite celle des poissons, pour s'élever en dernier lieu à celle des reptiles. On voit l'embryon des squales et des raies offrir aussi, comme les vers, des branchies extérieures.
Les perfectionnemens et les accroissemens des poumons ne s'effectuent dans la série animale que par degrés insensibles. La même gradation s'observe dans les phénomènes que subit cet organe chez les mammifères les plus élevés ; à l'origine, il est d'une petitesse relativement fort considérable et imparfait; les cellules en sont grossières , et il n'offre pas encore la moindre trace de cartilage dans sa substance. - ^
L'embryon des animaux supérieurs dépourvu, à l'origine, d'organe respiratoire ou passager ou persistant, est en cela comparable à ce que l'on rencontre dans une foule d'animaux des dernières classes, privés à jamais d'organe respiratoire distinct de la peau et du canal intestinal.;.. rr: . :
Le thymius, auquel il faut, par l'ânt de raisons, attribuer une part importante dans l'acte de la
j espiralion, manque d'abord dansTembryon des animaux supérieurs, comme il manque dans la série animale jusqu'aux reptiles, où il est persistant^ tandis qu'il n'est que passager, chez les oiseaux et les mammifères.
Celte organisation passagère chez la plupart des mammifères se manifeste même d'une manière permanente dans d'autres animaux de la mêmeclasse. Ainsi lethymus existe pendant toute la vie, chez plusieurs rongeurs, carnassiers et ce'tacés.
8. Dans l'appareil urinaireXe vohime d'abord énorme des reins est une analogie surtout avec les poissons ; leur structure lobée est l'organisation constante des animaux de cette classe, de plusieurs reptiles , des oiseaux et de beaucoup de mammifères inférieurs.
Le volume primitivement considérable des capsules sus-rénales^ dans l'homme, rappelle le développement remarquable et persistant de ces organes, cbez les singes et plusieurs rongeurs, chez lesquels, avant d'avoir atteint ces dira<^nsions exagérées, on les trouve, au conti-aiie, proportionnellement petites, comme elles î^ont régulièrement dans les oiseaux et les reptiles. Vallantoïcle me semble correspondre à la vessie des reptiles; elle est, en effet, le réservoir de l'urine^ mais elle ne la reçoit pas immédiàte^raent des uretères qui s'y insèrent; la minceur des parois est un autre point de ressemblance.
d'anatomte comparée. 5 29
9. On trouve d'aborfl Kapi^ureiL générateur dépourvu d'organes excitaLetii>, dans l'eiiibryo-i) des animaux les plus élevés comme chez les individus parfaits des classes les plus inférieures et même chez beaucoup d'animaux supérieurs encore. A leur premièie apparition ces organes d'exc-tationsont fort développés. liS présentt'nt les mêmes conditions proportionnelles dans beaucoup de modusq les, dans plusieurs chéloniens, spécialement d.ns les tortues, dans quelques oiseaux et chez beaucoup de singes.
Les organes les plus essentiels , les ovaires et les testicules sont aussi, dans le commencement, en pro[)orlion, beaucoup plus volumineux qu'à l'état adulte. Dans les animaux inférieurs une même prédominance de volume se manifeste d'une manière persistante.
Le canal du pénis des mammifères ne parvient pas, aux premiers temps , à i'exlrémilé antérieure de cet organe, mais il n'existe qu'un sillon, comme le présentent plusieurs reptiles et mollusques, pendant toute leur vie.
Les testicules sont située dans la cavité abdominale du fœtus des animaux les plus élevés; quelques mammifères et tous les éir s qui leur sont inférieins sont dans la même condition La matrice, dans resj;èc:e huma ne, olFre successi- ■vement plusieurs degrés que l'on rencontre en observant l'utérus, dans la série animale ; tel est
53o TRAITÉ GÉNÉRAL
son état bicorne et sa non-distincLion des trompes. ,
U absence delà différence sexuelle qui a lieu pi'imitivement chez loiis les animaux supérieurs, représente aussi le défaut de distinction semblable que l'on rencontre à toute époque, chez quelques poissons, chez beaucoup de mollusques, et dans la plupart des animaux inférieurs à ceux-ci, à l'exception des insectes, des arachnides et des crustacés.
10. Parmi les organes des sens ^ la langue est d'abord fort pelitej elle diminue aussi de volume en descendant l'échelle des êtres , à partir des mammifères. Le nez externe est, à l'origine, sans saillie dans l'embryon de l'homm'^, et la formation de l'organe olfactif est d'abord moins composée à l'intérieur -, ce qui rentre dans ce qu'on observe dans la série animale, où ce rapport est insensiblement moins développé.
L'état à nu de l'œil, chez l'embryon, rappelle déjà la position découverte que cet organe affecte cliez plusieurs mammifères , pendant le sommeil, mais surtout le manque de paupières, chez les poissons, plus encore chez les mollusques, les insectes et les classes voisines. La membrane pupillaire, dans l'embryon des mammifères, me paraît aussi présenter une analogie avec l'oeil des insectes où l'expansion nerveuse est séparée de la lumière par des enveloppes.
L'oreille externe ne se trouve d'abord dans
d' AN ATOMIE COMPARÉE. 53 1
aucun embryon ; elle disparaît également chez plusieurs mammifères, particulièrement chez les cétacés ; plus bas dans l'échelle elle n'existe plus. L'oreille interne , par le volume d'abord considérable et la position à nu du labyrinthe membraneux, représente surtout fort distinctement ce que l'on rencontre dans les invertébrés les plus inférieurs.
II. La forme extérieure de tout le corps ^ chez l'embryon et l'animal imparfait, offre, en général, des degrés de formation inférieurs. La tête est, en effet , primitivement fort petite en proportion du tronc j elle est même à peine indiquée, comme chez les invertébrés. Les membres manquent d'abord, apparaissent ensuite sous forme de moignons , qui grossissent peu à peu, s'articulent, se divisent dans les sens de la longueur et de la largeur; l'extrémité postérieure du tronc se termine, dans toute la série, par une queue diversement distincte j qui disparaît plus tard. ,
On a élevé diverses objections contre le parallèle établi entre les accroissemens successifs de Tembryon et les états différens de développement qui forment les degrés de la série ani.nale^
532 TilAITÉ GÉNliRAL
parallèle indiqué déjà par Aristote (i), beaucoup plus lard par Harvey (2) , et dont toute l'exacliluile a été appréciée de nos jours par plusieurs physiologistes, au nombre desquels je citerai Kielmeyer (3) , Aulenrieth (4), Carlisle(5), Oken (6) Waitlier (7), Blumcnbacli (8), si jeune encore dans la vieillesse j Tiedemann (9), Caru-(io), de Blainville (11) etmoi-méme(i2). C'est
(i) De générât, animal. 1. 3, c. 9. — (a) Dégénérât, exercit. 18. — -De motu cordis tract. 70 72. — (3) Ueber die Verhaeltiiisse der or;i,anisclien Kiserte untereinauder, der Peil;e der ver'-chiedenen Orj^anisationen, die Gesetze u . Folgeu dieser Verhaeltnisse , 1793. page 38. (Sur les rapports des forces organiques eutr'elles et de la série des organisations différentes, sur les lois et suites de ces rappoits. ) — (4) Snpplem. ad hist. embryon. Tub. 1797, pag. ao. (5) The Croonian lecture ou muscular motion , Phil. trans. iSo5 , page 5. — Zeugung(de la génération), i8o5. — (7) Physiol. T. II. — (8) De anomalis et vitiosis quibnsdam nisûs fonnativi aberrationibus commentatio. Gott. i8i3 , p. 6. — (9) Zoologie, Bd. I. — Meckel's Archiv. Bd. 5, S. i34. — (10) Versuch einer Darstellun^ der Auat. u . Phy sio'.og. des Nervensystems. Leipzig, l8i4' (Essai d'exposition de l'anatomie et de la pbysiol. du système nerveux). — Ejnsd. Zoolomie, i8t8, S. 667. — (11) Sur la dégradation du ca ur et des gros vaisseaux , chez les ostéozoaires; Bullet. de la Soc. Philom. 1819. — (la) Abhandlungen aus der menschlicheu u . vergleiclienden Analomie. Halle, 1806, S. a88. ( Mémoires d'anatomie humaine et comparée. ) — Beitr. zur vcrgl. Anat. Bd. I. (Mémoire pour servir à l'anatomie comparée.) — Entwurf einer Darstellnng der zwisclien dem Embryozustandc der hôiiern Thiere und dem permanenteu der niedern Statt fiudeudea Parallèle. ( Projet d'exposition de l'analogie qui existe
d'anatomie coMPARiîii:. 533 ici le Heu d'examiner les divers argumens dont on a fait usage, car les preuves qui démontreraient l'inexactitude de celte comparaison seraient autant de coups portés à la validité de la loi qui ramène toute l'organisation à un type commun.
On a attaqué cette loi de deux manières ; ou l'on a nié Texactitude des vues sur lesquelles elle repose , ou Ton a cru devoir renfermer en des limites plus étroites Tanalogie qui l'établit , tout en l'admettant. Le premier mode d'argumentation, a été récemment mis eri usage, mais il fau le dire, avec plus de viole nce que de succès (i).
Voici ce que l'on oj pose :
lo Le premier germe de chaque organisme, contient dèi le princij C, les linéamens de cet organisme à l'état pai fui ; il a donc en lui la disposition future de toutes les parties qui le doivent composer '(i),
ao 11 est difficile de démontrer avec exacti» tude et avec des preuves irrécusabl' s, à quelle espèce oiganisée commence le règne animal ; et (l'indiquer les ciassis et les f<enres que parcourt le germe de l'embryon humain dans
entre l'état embryoniqne des animaux supérieurs et l'état permanent des animaux inférieurs )Voj.'Ôe\trœi^ ziir vergl. Anat. Bd. 2, p. 1-60.
(i) Feiler, Ueber angehoiiie iVIisiiildungen. I^ao» pag. 17-ai 9 37-44. V Sur les difrormités congcuiales ).
(a) Feitir, 1. c, p. 1 7.
534 TRAITE Gl^N^RAL
son développement, s'il les parcourt tous ou seulement quelques-uns , s'il en omet certains , et pourquoi ? enfin quand il se trouve aux difFérens degrés d'organisation ? (i)
3» Il est arbitraire d'envisager les animaux soit comme parfaits , soit comme imparfaits , chacun d'eux étant également parfait dans son espèce (2).
4° Quelques autorités, particulièrement celles d'Aristote et d'Harvey , sont citées inexactement (3).
. 1°. Il est facile d'apprécier le peu de force de semblables objections. Qu'établit en effet le premier principe posé? rien autre chose que, pour qu'un germe puisse former urv organisme déterminé , il faut qu'il ait en lui les dispositions nécessaires ; mais il ne prouve nullement que pour atteindre réellement le degré de F organisme parfait auquel il doit son origine , il ne soit pas obligé de parcourir certains degrés d'organisation inférieurs. Il est évident que ces deux propositions ne sont en aucun point contradictoires ; la question se borne donc à savoir si et comment l'expérience démontre que ces degrés d'organisation inférieurs, mais passagers, que M. Feiler(4) ne refuse pas d'admettre, coïncident avec des de-
(i) Fcilcr, 1. c. page S;. — (a) pages 38 et Sg. — (3) page 40. — (4) pagei 18 et 19.
d'aNAT03I1E COMPAREE. 535
grcs correspoïKlans , reproduits d'une manière ])ermaneiile par les animaux situés au-dessous de l'organisme dont il s'agit.
ao La difliculté alléguée en secondlieu, que l'on rencontre à classer les animaux de manière à satisfaire parfaitement à toutes les exigeances et à établir un parallèle exact, l'impossibilité qui existe surtout de donner les raisons de tous les phénomènes de la nature n'ont rien de contraire à l'opinion que nous avons émise.
Il est également indifférent pour cette même opinion que l'embryon humain parcourre tous les degrés organiques ou seulement queiquesims d'entr'eux, s'il résulte de faits certains qu il en parcourt plusieurs, qu'il les parcourt toujoursy et que par conséquent les analogies en question ne sont pas accidentelles, JN'est-il pas évident, en effet , que l'embryon d'un animal pours'u de membres, tant qu'il en est privé, est analogue, sous le rapport de celle partie de la structurC; aux animaux auxquels ils sont coîHstamment refusés? que l'embryon d'un animal à sang chaud, tant qu'il existe une communication entre les deux ventricules du coeur, ressemble par celte particularité» à un animal à sang froid?
Il est certain que lanf i^u'-ua organe déterminé présente chez l'embryoïn (i'un animal supérieur une forme donîiée , identique à celle que l'on rencontre pendant toute la vie d'un animal appartenant à une classe inférieure, cet
embryon , sons le rap])ort de celte fraction de son économie, appartient à cette même classe.
Ce n'est que par des recherches ulte'rieures que l'on pourra résoudre la question de savoir à quelle époque l'embryon se trouve à un degré déterminé d'organisation.
3° Le troisième argument est , s'il est possible, moins probant encore que les autres. Gomment en efFetj à moins d'êire entièrement étranger à l'anatomie comparée, pouvoir nier le perfectionnement insensib e de l'organisation animale? Nul doute que chaque animal , lorsqu'il atteint le point <ie développement que ne dépasse pas son eSjjèce, ne soil pa//ait quâm à cet étal d'accroissement lui-même; mais une espèce est plus imparfaite qu'une autre.
4*^ Il est inutile de dire que le dernier argument est ab^oliimeni siins fond; il résulte toute fois de la confi oniation des passages cités que les ass' riions sur lesquelles on l'a fondé sont inexS^j^-s.
r^'y a-i-il donc pns eu beaucoup de légèreté à lancer si prématurément raiialhême contre une opinion qui a besoin peul-eire de tr.iits moins faciles a émousser pour épr^^uver quelque atteinte, et »* s>s^on pas trop bàié quand on a dit que l*s «rg'm.ens dont vows venons d'apprécier la ff.rce afluienl faire rentrer dans » son néant primitif l êve du prétendu pa- >i i»alleie établi entre Ir développement de l'eui-
b'anatômie comparée. 537 )i bryon des animaux supérieurs et la série ani-
» inale (i)- » '
D autres auteurs, qui ne rejettent pas entièrement celle manière de voir, croient cependant devoir assig- 1er à son application des bornes plus rapprochées, en faisant observerque dans les premiers vestigjs déterminés de l'organisation , il se prononce une tendance continuelle à atteindre le type propre (2), et que l'on a poussé trop loin le parallèle établi entre l'embryon et la série animale, en perdant de vue le caractère de l'espèce humaine, qui est toujours prédominant (3) On a été plus loin, on a même déclaré que l'analogie entre le développement de l'embryon et les degrés d'organisation qui forment la série animale était très-imparfaite (4).
L'inexactitude prétendue de certaines comparaisons a été alléguée pour ôter quelque force à la justesse de ces parallèles. C'est ici qu'il faut ranger la remarque faite par Osiander (5 ) : « que w le placenta, considéré comme organe respiraj» toire, ressemble au poumon proprement dit, au-
(i) Feiler, 1. c. S. 3y. — (2) Carus, Nervensystem , S. 262. — (3) Koreff, iiber die Erscheinungeii des Lebens , etc. Berlin, i8ao, S. 18. ( Sur les phénomènes de la vie.) — (4 Bartel's Lelire Ton der menschliclitn Lebeustliaetigkeit. Frejberg , 1809. ( Doctrine de l'activité >itale de l'homme. ) — (5) Haïulhnch der Eutbindungslunst. Bd. I , a, S. 69g, Tubing. 1819. ( Manuel d'obstétrique.)
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» tant qu'une houppe à poudrer ressemble à un w soufflet. » Ce contraste de forme extérieure n'est cependant pas tellement contraire aux usages assignés au placenta, que cet organe et les branchies n'aient réellement beaucoup de ressemblance avec le premier des instrumens cités pour faire sortir une opposition. Les autres faits rapportés par OsiandercommeobjectionSjtelles que l'homogénéité de couleur du sang de la veine ombilicale et de Tarière du même nom, la nature presque gélatineuse de la fibrine contenue dans le sang du fœtus, la formation de l'embryon avant la manifestation du sang ne prouvent rien contre l'exactitude de la comparaison établie entre le placenta et le poumon; car il existe sous ce rapport une différence dans l'embrj^on des o/>eazi x, on n'en rencontre, au contraire, aucune entre le sang artériel et le sang veineux des poissons; du reste la fibrine du sang n'est dans aucune dépendance de l'action respiratoire, et avant la formation des branchies les fonctions qu'elles sont appelées à remplir peuvent être exercées par d'autres organes.
Quelles qu'aient été Jes objections élevées conirc le parallèle, qui fait 1 objet de celle discus-
d'aNATOMIE COMPARIÎE. 'j'^C)
sion, il ne m'en semble pas moins aussi exactement établi qu'il est possible d'en rencontrer entre deux objets non identiques.
N'oublions jamais que le caractère propre à Tespèce se développe de bonne beare, mais admettons que les premiers rudimens des espèces les
plus différentes sont essentiellement les mêmes. L'œil le plus exercé distinguerait difficilement les uns des autres les embryons naissans d'animaux fort différensj ce n'est qu'après cette première période, révolue plus rapidement cbez les uns, plus lentement cbez d'autres, qu'apparaît le caractère de Tespèce. Mais lors même , que ce caractère s'est développé depuis long-temps dans la forme extérieure du corps et des organes eu particulier, on ne peut méconnaître encore l'analogie qui existe entre l'embryon et les degrés d'organisation inférieurs permanens. On reconnaît déjà depuis longtemps l'embryon humain à des signes certains; et pourtant le cordon rachidien occupe encore toute la longueur de la colonne vertébrale, le cerveau manque de circonvolutions, les parois en sont encore fort minces, les tubercules quadrijumeaux ont un volume énorme, les nerfs olfactifs sont très-volumineux et creux, la fente palatine estbéante,rarlère pulmonaire et l'aorte confondues en un tronc unique; étals de formation dont les derniers ^ ainsi qu'un grand nombre de ceux déjà rapportés , laissent non- seulement des traces après la naissance.
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mais même au-delà^ comme divers degrés embryoniques du système osseux, dont les analogies se reproduisent dans le squelette des animaux inférieurs.
Rien n\st plus favorable à Texactitude du parallèle que nous avons déjà appuyé de tant de preuves, que la conformité qui règne entre les diveloppemens successifs par lesquels passe l'embryon des animaux supérieurs, et IVrdre dans lequel se manifestent, en remontant les échelons de la série animale, les degrés d'organisation qu'elle présenté; conformité telle que les premières formes qu'il affecte correspondent aux êtres inférieurs, les dernières, aux êtres pins parfaits des classes placées au-dessous de lui. Ainsi, par exemple, le cordon rachidien est d'autant plus volumineux, la cavité en est d'autant plus ample que l'embiyon est plus jeune, et ces deux conditions s'effacent, en suivant le même progrès, dans la série animale jusqu'à l'homme.
On voit également dans la série animale, le cervelet offi ir d'abord une surface unie. Des sillons en pénètrent ensuite la s:iperficic, avant que ce phénomène ait été produit sur le cei veau ; et niêmt- après rjue des sillons ont entamé le tissu du dernier de ces organes, la substance grise y e.st encore plus abondante qu'on ne la rcncoMtieàl'aal parfait. Cette loi est applicable sans exceptions à tous les organes; elle prouve qu'on ne doit pas se borner à parier de degrés
d'atvatomie comparée. 5^1 (le développemcDi , de modilicalions de forme, en général ( i) •■> mais que c esL du développement des oi-^a ni Mlles, en particulier, marchant de Front avec les développemens observés dans la série anima e, qu'il faut traiter, pour embrasser convenablement la question.
On peut aussi ramener les différences sexuelles d'une manière qui n'est pas également distincte , à des différences d'âge. Le sexe masculin est, par exemple, à un degré de développement plus élevé que ne l'est le sexe féminin.
Tous les embryons des animaux les plus supérieurs sont, en effet formés d'abord d après ua même type, qui est le type des femelles. Même lorsque la différence sexuelle s'est déjà développée, les fœtus mâk'S offreht encore une analogie avec les femelles. Elle consiste dans la position des te-,ticules qui n'ont pas qiîitté i'abdomen et dans celle de l'orifice uréthrai, situé encore à la face inférieure du pénis.
L'absence de barbe et la petitesse du larynx, chez les jeunes garçons, est eucore une preuve
(i) FfiUr, S. ip.
b'\2, ' TRAITÉ GEKÉRAL
(le cette ressemblance. Les petits des oiseaux porlent un premier plumage, qui est celui de la femelle, et entrent en mue à la même époque que les animaux de ce sexe. A l'état de larve, nulle distinction ne pe^rmet de reconnaître le sexe mâle dans les insectes. Parmi les animaux supérieurs, comme les ruminans ornés de ramures, comme les oiseaux à ergots, où le mâle acquiert des caractères sexuels propres , ces signes dislinctifs manquent à la naissance j ce n'est qu'iiYsensiblement que le caractère spécial du mâle j l'ergot dans le coq, le bois chez les cerfs , parvient à sa perfection. Ajoutons que les oiseaux femelles acquièrent souvent, en vieillissant , le plumace et la voix des mâles.
Les divers systèmes du même organisme offrent aussi une dilTérence analogue à celle des sexes. C'est particulièrement d'une opposition faite sous ce rapport entre l'appareil vasculaire et lesysième nerveux^ que ressort cette condihon de variété j en comparant le premier de ces systèmes au sexe féminin et le second à l'état (le masculinité. Les vaisseaux apparaissent, en effet , avant les nerfs dans la série animale, et parla part que la disposition vasculaire prend à
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racte formateur^ présentent quelques rapports avec le rôle que joue la femelle dans la procréation des étresj le système nerveux se rapproche, au contraire, par une sorte d'analogie, du maie. Un degré d'organisation de plus dislingue seul le sexe masculin du sexe féminin. Répugnerait-il donc à la raison d'admettre, en faisant abstraction de l'époque de formation, qu'il existe, entre les parties qui se montrent des copies imparfaites de parties plus parfaites du même organisme et ces dernières, le même rapport que nous voyons exister entre les deux sexes , qui ne diffèrent eux-mêmes que par des états divers de perfectionnement ?
Les différences de bâtardise et de race, ainsi que beaucoup d'autres diversités individuelles, peuvent aussi être ramenées les unes aux autres, paice qu'elles se forment d'après des lois qui sont fort analogues, et qu'il est assez fréquent que des différences de races se montrent comme des différences individuelles.