S44 TRAITÉ GÉNÉRAL
ce parallèle, parce que la diffcrence est plus consitlérable et qu'il n'est possible d'jimener ces deux formes Tune à l'autre, qu'après que louleh les autres rédiiclions ont été opérées.
On peut ramener ces deux conditions l'une à l'autre : i» en généi al^ i° en paiticulier ; sous le prtmier rapport , j ar la l aison que les formalions régulières et iriégulières s'o|;èienf d'apiès les mêmes lois géi.érales; sous le second, parce qu'un grand nomhi e, et, on peut le dire, la plupart des formations anomale^s con espondent exactement à des formations régulières.
A. Les considérations suivantes prouvent que les mômes lois s'app!iq!:ent aussi bien aux formations anomales qu'à ce les (jni sont régulières.
lo Les unes et les autres sont dépendantes d'un type déterminé.
JNous avons vu chaque animal offrir, outre ses carac ères propres, le caraclère de l'animalité en général ^ les mêmes circonstances déterminer constamment les mêmes formations , et le caractère de i'esj'.ècese conserver par reproduction.
Ces bornes, imposées à la variété , se retrouvent également dans les anomalies organiques. On ne connaît, pour citer des exemples, aucun
d'ana-Tomie comparée. 54^> cas où le poumon ait été formé dans la cavittî abdominale, où les yeux aient été placés sur les membres, etc. Les écarts que présente un organe,bors des limites normales, on't une dircclioa analogue, sont plus ou moins les mêmes, et semblent, par conséquent^ subir une loi commune. Lorsque, parexempie^ il existe une communication irrégulière entre les deux moitiés du cœur, l'ouverture qui établit la communication est située à un point invariable, c'esl-à-dire , immédiatement au-dessous de l'origine des ti oncs artériels. Les étranglemens de l'estomac surviennent ordinairement à la partie moyenne de ce viscère; les doigts surnuméraires se développent communément au bord cubital de la main et sont des pousses varïablement distinctes du petit doigt^ les rates accessoires , ont presqué toujours une forme arrondie, etc.
ao II résulte des rapports qui rattachent les déviations organiques à une sorte de règle la possibilité d'y déterminer, en tenant seulement compte des phénomènes visibles, certaines espèces, genres, ordres, classes, formés suivant la marche indiquée déjà ci-dessus ( page 4iB. "). Ces divisions manquent seulement du degré de fixité propres aux divisions établies entre les formations normales, mais, comme celles-ci, de nombreux points de contact les unissent entr'elles, et une foule de difformités servent de transitions entre les différentes classes.
n ]6 TRAITÉ GÉNÉRAL
Ct'S passQg! S s: nf, parlicullèrement opérés par les organismes fie confoi mation irrég ilière, dont l'anomalie consiste en une mcdirication di- ^ crs^sur un point du corps, auti'C sur une autre poriioïf déterminée, ici, excès, là, absence, elsou- \eijî n ê.ne (out-n-îa-f >is déviation de propriétés.
3. Coinme les conditions normales ^ les anormales affectent une sorte de préférence à se manifester simultanément aux points opposés du corps.
Li loi est exactement commune aux unes et aux autres.
La ressemblance la piui parfaite que Ton rencontre à l'état normal est celle que présentent les deux côtés. Il est également plus m-dinaire que des déviations oiganiques affectent l'orijane du même nom, sur les deux moitiés latérales, que de la voir se borner à une seule, ou se manifester à la fois aux faces antérieure et postérieure, ou supérieure et inférieure, ou dorsale et abdominale. Il résulte des nombreuses observations que j'ai faites à ce sujet, que la même sorte d'abnorinité, si on lait abstraction du degré auquel elle peut être };ortée et du système organi(}uc intéressé, se produit beaucoup jdus souvent aux deux bras, qu'elle ne se manifeste sur un seul ou (ju'elle ne se dévclop})e simullalîément à un membre supérieur et à un inf jricur.
Je me suis cocvaincu que celte loi était sur-
d'anatomie comparée. 547 tout applicable aux systèmes vasculaire et musculaire, (le toutes les régions du corps, mais particulièrement à ceux des membres. A la tète, les os à suture semblent confirmer encore ces observations. Mais les deux moitiés latérales ne sont, comme on sait, cjue Irès-ressemblantcs et non parfaitement identiques; il en est de même des déviations orgtiniqoes qui affectent simultanément les deux côtés, elles ne sont pas nécessairement égales^ soit qu'on en compare le degré, soit qu'on en détermine l'espèce, même dans les cas où elles sont parfaitement de même natari=!.
Lorsque^ parexeraple,rartèrebrachialese divise irrégulièrement des deux côtés, il n^y a que' quefois dans un membre qu'un petit vaisseau anomal qui revients'aboucherdans le Ironc oudans l'extrémité supérieure de l'artère de l'avant-bras ,• oci dans d'autres cas elle se bifurque d'un côté déjà dans Faisselle, tandis que sa division n^a lieiii, dans l'autre, qu'au milieu du bras. Outre ces différences , qui ne consistent que dans le degré,ily en a d'autres,entre les deux côtés qui intéressentles usages même de l'organe modifié ; d'un côlé, par excm* pie, c'est Xartère inter- osseuse, de l'autre, c'est Y AYlere cubitale ou radiale qui naît de la bifurcation trop élevée de la bracliiale (i).
(i) Voyez un cas très-remarquable de cette espèce dans mes Archives, Bd. 6, cah. 3.
5/|8 TRAITÉ GETii'.nM^
Sous le rapport du nombre et de l'usage des organes, des difFérenc»;s semblables à celles-ci, mais en partie plus remarquables encore, nous sont offertes par la formation de têtes surnuméraires aux muscles, disposition dont le muscle fléchisseur du radius (ùiceps brachial) nous fournit surtout de fréquens exemples.
Des analogies de conditions irréguliéres existent aussi, quoique plus rarement, entre des régions ou portions opposées du même corps, autres que les deux moitiés latérales.
De ce nombre sont les cas de difformités semblables affectant simultanément les membres supérieurs et inférieurs, les cas de fissure du rachis coexistant avec une division pareille de la face antérieure du corps.
4. Les anomalies des deux moitiés du corps conservent entre elles les mêmes différences ^quoi-* que peu considérables , qui distinguent à Pétât normal j ces deux moitiés d'ailleurs si ressem^ Mantes. Ainsi , par exemple , il est fort rare que l'artère vertébrale droite naisse immédiatement de la crosse de l'aorte; cette circonstance est fort commune pour la gauclie. Il arrive, au contraire, ])eu souvent c(ue l'artère carotide primitive gaucLic,se réunisse à l'artère sous-clavière de ce côté pour faire un tronc bracbiocéphaliqae, tandis qu'elle est souvent une branche du tronc innominé ordinaire.
Souvent une seconde artère thyroïdienne in-
d'asatomie cojrpARÉK. 549
férieiire est'à droite, une branche del'aorleoude l'artère carollde primilivc. Celle variété se présente rarement à gauche. Les artères spermatiques et rénales gauches me semblent plus susceptibles d'anomalies que les droites.
5. Une loi qui comprend aussi bien Yétat normal que les conditions d'irrégularité, consiste dans la coïncidence fréquente des déveioppcraens exagérés d'une partie, avec la dégradation d'une autre. Ainsi les monstres doubles présentent très-souvent un développement imparfait de l'encéphale, dia crâne, du tube digestif, du cœur et du système vasculaire en général. Lorsque les doigts et les orteils dépassent le nombre ordinaire, le cœur, le canal intestinal, les organes générateurs, le rachis, les parois abdominales^ sont fréquemment arrêtés à un degré inférieur de dévelappement.
6. Le phénomène opposé est la répétition des déviations de même nature dans plusieurs organes, qui correspond à leur développement insensible dans la série animale, et a l'accroissement simultané desperfeclionnemens progressifs qu'ils subissent. L'extrême fréquence de ces difformités est, sous ce rapport , fort remarquable.
7. Chaque organe est sujet à certaines dévia' lions p'ULÔt qiià d'autres , et H espèce d'altération qui affecte particulièrement une partie doit être ajoutée aux notions de la forme et de lacomposii tion normales pour la caractériser.
55o TRAITÉ GÉNÉRAL
Ainsi les reins ont une tendance parliculièi e à se confondre ensemble et à changer de posihon. Les vaisseaux qui s'y distribuent sont frequemnaent ramifiés plus près de leur point d'oiigine que de coutume. La rate est souvent partagée en un nombre de portions qui varie. A l'estomac, il se forme communément des étranglemens. Il n'est pas rare que Linteslin grêle produise un diverliculum. La matrice et le vagin sont disposés à se cloisonner sur la ligne médiane. Les anomalies les plus ordinaires que présente le cœur consistent dans une coaimuiiicalion irrégulière de ses deux moitiés latérales , surtout de Ses oreillettes. Des absences totales ou partielles sont les espèces d'rnomalies communes à l'encéphale et au cordon rachidien. Dans le système osseux, on remarque surtout aux os de la téte , une tendance à se diviser en plusieurs pièces; on en observe une pareille dans les muscles. C'est mênie à celle cause , et en ])artie à une augmentation dans la masse, qu'il faut attribuer le développement de plusieurs ventres dans les muscles et même la formation de plusieurs muscles particuliers.
8. Certains animaux sont plus spécialement disposés à des ahératioiis dorganisaUon déterminées. La réunion des deux mcmbns inférit"»s en un seul, qui c&t retourné, est presque particulière à l'homme. Chez les porcs et les
d'anatomie comparée. 55 I
brebis les deux yeux Gonfondus sur la ligne me'diaiie se vcm irqiient pUis ordinairement. La ([ueue des sauriens a* surtout une sorte de ten' dance à devenir bifurquée.
Les poules sont surtout sujettes à une formation imparfaite des os du crâne, avec ampliation de l'encéphale et déveioppemenfc plus considérable des plumes de la tête ( !es poules liuppe'es ).
9. Certaines parties offrent des déviations organiques beaucoup plus fréquentes et plus variées, pliéiiornène déjà mentionné et qui rentre dans Tordre de ceux, dont il est ici question. Cette disposition à certaines déviations est vraie aussi bien pour les systèmes particuliers que pour les autres parties et régions du ccrps.
10. JJ anomalie est souvent héréditaire comme la disposition régulière.
Cette proposition est particulièrement confirmée par les familles à doigts surnuméraires. Les deux conditions'se transmettent et se conservent suirant le même mode. Ainsi les enfans ressemblent tantôt au père , tantôt à la mère, et les anomalies sont tantôt apportées par des individus mâles, tantôt par des individus femelles, dans des familles où elles étaient étrangères jusqu'alors.
11. Une loi constante , déjà citée plus baut (page 4^2 ) est la fréquence plus grande des dilfonuités dans le sexe féminin que dans le sexe
55a TRAITlS GÉNÉIlAL
masculin. Celle loi sert à (lémontrer non-seulement que les déviations sont soumises dans leur mode de production à des règles de'terminées; mais elle prouve, en outre, Tharmonie qui existe entre les lois auxquelles sont assujetties les formations normales et les dispositions anormales, puisque les animaux inférieurs sont purement femelles. Les animaux inférieurs ofrrent,àla vérité, plus rarement des déviations que les animaux supérieurs; mais l'harmonie que nous Tenons de citer est fondée sur le fait que, d'une part, les diverses espèces des animaux inférieurs sont plus nombreuses. , et d'autre part qu'elles se ressemblent beaucoup moins que celles des animaux supérieurs.
B. On peut démontrer que certaines déviations organiques cor/espondeut à des phénomènes réguliei'S de la variété, par les faits suivans :
1** De la comparaison des déviations organiques et de la disposition régulière du même corps, il résulte immédialement cette première conséquence : a. elles sont souvent un développement ultériew des formations norjnalcs.
d'anatomie comparée. 553
Ainsi la moitié droite du système vasculaire, daiis l'homme à l'état normal, se distingue de la moitié gauche, parce que ses troncs px'incipaux restent plus lon£;-temps simples et sans se diviser. Chez l'homme et beaucoup d^animaux, ia carotide primitive droite et l'artère brachiale du même côté naissent de l'aorte par un tronc commun; les mêmes artères du côté gauche, naissent au contraire séparément. Cette différence est encore pins prononcée chez d'autres mammifères, où le tronc brachio-céphaliqaefouriiit aussi l'artère carotideprimitive gauche. La diversité que nous avons observée entre les anomalies que présentent les origines des vaisseaux des deux côtés est fondée évidemment sur la variété régulière; elle n'en est qu'une extension, puisqu'à droite , c'est toujours la propension à diminuer le nombre des ramitications qui se manifeste et que c'est la disposition contraire qui tend constamment à se produire à gauche. La même observation peut être répétée à l'extrémité inférieure du tronc, sur les artères iliaques p;imitives, dont la droite descend ordinairement un peu pins bas que la gauche , et que j'ai vu descendre quelquefois beaucoup plus bas que de coutume.
b. Les déviations organiques d'une partie du corps ne sont .souvent que La répétition de la conformation régulière d une autre . punie .
Cette observation s'apj)lique, aux fractions du
TRAITlî GjéwÉRAL
même système aussi bien qu'à diiTérens systèmes.
Dans le premier cas , des parties que leur [position oppose aiment en quelque sorte à s'imiter les unes les autres, imitations qui sont, par conséquent, des répétitions de régions. La troisième tête du muscle biceps du bras représente évidemment la courte téte ordinaire du muscle fléchisseur du péroné, autrement du biceps crural. Les petits muscles extenseurs surnuméraires, que l'on trouve quelquefois à i'avantbras et à la main, sont des imitations du court extenseur, que l'on trouve normalement aux orteils. On voit , quelquefois aussi, par réciprocité, un second extenseur au gros orteil, qui reproduit le petit extenseur du pouce. La division du nerf sciatique, qui quelquefois se remarque dans îe bassin^ est une ressemblance évidente de la division que yjrésentent constamment les nerfs des membres supérieurs et inférieurs.
Il se développe quelquefois à Tavant-bras un os analogue à la rotule. La scissure persistante des os du crâne, sur la ligne médiane, correspond à l'état imparfait d'occlusion de l'txlrémité inférieure du sacrum et à l'absence totale d'arc aux vertèbres coc( ygiennes. La non-reunion de la symphyse pubienne est l'anaioguo de l'intervalle qui sépare, à l'état régulier, les clavicules Tune de l'autre, et cette observation fournit
d'anaïomie comparée. 555 roccasion de remarquer que ciiez les oiseaux, où ies |)ièces slenialcs des deux côtés se réunissent dans la ligne médiane, pour lormer la fourchelle, réio)p:neraent des os pubiens est une disposition régulièi-e.
Les écarts d'organisation présentés par un système ou par un organe, reproduisent fréquemment la disposition qui existe normalement dans un autre système ou dans une partie différente. La division plus ou moins modifiée des artères des bras à la partie supérieure de ce membre est l'image de la condition régulière des veines et des nerfs de cette résjion. Le morcellement de la rate s'accomplit sans doute suivant un procédé analogue à la disposition lobée des reins.
2 . Ce qui est anomalie pour un animal peut être considéré comme la conformation régulière d'un entre. Il y a déjà longtenips que le savant Blunienbacb(i) a fixé, par une remarque ingénieuse, l'attention des observateurs sur cette aberration de la force formatrice.
(0 Ueber den Bildungstrieb , page io8. (Sur la force formatrice. )
Il en résulte que :
a. Certaines parties offrent une tendance plus grande à la variété anormale , sans doute , parce qu'a l'état régulier elles présentent dans la série animale, des diversités plus nombreuses que d autres.
Les membres antérieurs varient naturellement ])eaucoup plus que les postérieurs, chez lesdiffcrens animaux, non-seulement de classe à classe, mais même d'ordre à ordre, particulièrement parmi les mammifères, sous les rapports divers de volume , de forme et de composition. Cette loi est sans exception dans la série animale; aussi les appareils musculaire et vasculaire des membres antérieurs sont-ils beaucoup plus fréquemment le siég,e de déviations organiques.
Le système nerveux offre, à la vérité, des différences gra<Uielles multipliées; mais il est, à l'état régulier, très-distinctement modelé sur un type commun , dans ce qui est essentiel ; aussi voit-on que dans le même animal il est sujet à fort peu de modiOcations. Les anomalies sont, au contraire, très-nombreuses dans le système vascu,laire, dans les organes digestifs, générateurs et urinaires, qui offrent aussi les différences les plus variées dans la série animale.
b. La coïncidence exacte qui existe entre les déviations de structure dans un animal et la disposition régulière chez un autre, conduit à une analogie encorcplus remarquable. C'est ])rincipalenient
d'anâtoaiie comparée. 557 ce fait que Blumcnbach a fait ressortir, et il est à regretter qu'on n'ait pas encore essayé de faire un exposé historique de cette sorte de correspondance entre les formations normales et les formations anormales.
On peut démontrer ce rapport, d'une manière absolue et sans forcer les comparaisons, pour un nombre immense de déviations organiques.
Si des systèmes et des organes en particulier, on passe aux appareils, on peut établir les propositions suivantes :
oc. Dans V appareil cutané l'absence de poi!s, chez les animaux supérieurs, est une analogie avec les protczoés les plus inférieurs, avec la plupart (.les vers, des mollusques, des insectes et avec plusieurs poissons. Des pousses irrégulières depoilssont, au contraire, dans l'homme, une répétition de l'organisation des autres mammifères. .
Le développement de l'épiderrae en écailles, est une image de l'organisation de la plupart des poissons.
/3. Les déviations du système musculaire sont très-souvent analogues à la disposition normale du même système dans d'autres animaux. Ainsi, par exemple, un muscle alongé, apphquésur le grand pectoral, dans l'homme, rajjpelle le muscle droit de l'abdomen des autres mammifères, qui, dans la plupart d'entreux s'étend jusqu'à la première côte. Les muscles extenseurs surnuméraires, que l'on trouve quelquefois à la
main de l'homme, sont re'j^uliers chez les didelpbes et chez la plupart des reptiles.
Brugnone(i) a rendu évidente la similitude très-exacte que présentent certaines conformations insolites des muscles de l'homme , avec des dispositions régulières chez les autres animaux; guidé par ce modèle, j^ai démontré que la plupart desabnormilés irîiu&culaires de l'homme représentent des condiiions ordinaires chez les autres anipiaux(2).
7. Presquetouteslesexceptionsàlal^i générale de la conformation de V appareil de la circulation que l'on observe dans le coeur des animaux supérieurs correspondent à des formations normales d'animaux plus imparfaits. Le cœur à cavité unique, tel qu'il a été rencontré plusieurs fois, représente celui des insectes, des crustacés . etdesbrachiopodes.Unecenleoreilleltf etunseul ventricule se reti ouvent à l'état ordinaire de la plupart des mollusques et des poissons. Les batraciens ont deux oreillettes et un ventiicule. L'imperfection de la cloison inter-ventriculaire rappelle ce qui est la disposition régulière des reptiles supérieurs.
L'artère pulmonaire de tous les batraciens est une branche de l'aorte; les veines pulmonaires
(i) Observât, myolog. Mcni. de Turin , T. VTI- — (a) Manuel d'analomie , etc. , trad. par MM. Jourdan cl Brascliet, vol. a.
d'awatomie comparée. 559 sont ici conslammeut des branches des veines caves ; les poumons des serpens reçoivent, outre i'arlère pulmonaire proprement dite^ plusieurs branches qui naissent de 1 aorle descendante.
Deux aortes , dès l'origine, constituent une çlisposition de régularité^ chez les reptiles supérieurs. L'union de la carotide gauche avec l'artère sous-clavière du même côtéj pour former un tronc innominé, est conforme à l'organisation constante des oiseaux, La carotide gauche, même Tarière sous-clavière, confondue avec le tronc innominé, est particulière à la plupart des mammifères.
Dans beaucoup de ces derniers l'artère brachiale se divise déjà sur l'humérus à l'état régulier ; chez les chéloniens l'artère coeliaque et la mésentéiique supérieure naissent d'un tronc commun j les artères rénales des oiseaux et des poissons sont toujours au nombre de plusieurs de chaque côté. L'artère sous-clavière gauclie s'isolant de la droite est un état normal dans plusieurs mammifères et dans les oiseaux. Une disposition analogue se remarque constamment aux veines-caves inférieures des poissons et de plusieurs reptiles.
<r. Une longueur insolite du cordon rachidien, est une condition ordinaire de cet organe, dans la plupart des animaux placés au-dessous de l'homme. La petitesse de l'encéphale, la minceur de ses parois, le nombre et la profondeur
56o TRA.ITÉ GÉNÉRAL
des circonvolutions du cerveau et des lames du cervelet, l'absence de la corne postérieure des ventricules latéraux, des granulations calculeuses dans le conarium, chez l'homnie, sont des analogies d'autant plus remarquables, avec les animaux, qu'elles coïncident ordinairement, à une dégradation proportionnelle des facultés inlellectuelles. 11 n'est pas douteux qu'ime comparaison plus exacte de l'organisation des parties périphériques du système nerveux, chez les différens animaux, ferait découvrir un plus grand nombre de similitudes entre la structure régulière des uns et les conditions d'anomalie que présentent quelquefois les autres. L'absence du nerf olfactif , quand il manque chez l'homme, est analogue à la petitesse extrême du même nerf, chez les cétacés ; la division très-élevée du nerf scialique chez l'homme, est une irrégularité; elle est conforme à la généralité des cas dans les mammifères.
e. Les formations irréguliéres du système osseux , sont surtout fréquemment des répétitions d'organisations régulières.
Une espèce d'animal imite l'autre, tantôt par Taugmenlalion, tantôt parla diminution du nombre des vertèbres.
La fi;,sure ou la non-réunion des vertèbres est régulièi ecliez plusieurs poissons, principalement chez les pétroinyzons. La confusion ou la soudure des verlèbres, en général; e*t une analogie
d'ana-tomie comparée. 56 1
avec les tortues. Celte même disposition au cou rappelle l'organisation des célaoés.
Le développement d'un plus grand nombre de côtes , principalement de la racine antérieure de l'apophyse transverse d'une ou plusieurs vertèbres cervicales^ que l'on rencontre quelquefois dans les mammifères est, en général, une imitation soit de l'organisation de plusieurs animaux, soit de la plupart des sauriens, où la dernière disposition est surtout fort commune. Des côtes élargies ressemblent à celles des fourmiliers; confondues, soudées, elles sont pareilles à celles des tortues et des oiseaux.
L^ossifîcation des carlilascs costaux est réirulicre chez plusieurs mammifères, notamment chez les fourmiliers, et les cétacés; elle se représente aussi, chez les oiseaux, chez plusieurs reptiles , et entr'autres chez les sauriens et les cliéloniens. La largeur du sternum, chez Fhomme, est reproduite chez les cétacés, les oiseaux et plusieurs reptiles; l'absence de cet os rappelle Ja même condition normale qui nous est offerte par les reptiles inférieurs et beaucoup de poissons.
Parmi les os de ^e^e l'occipital est, dans ses anomalies, susceptible de représenter beaucoup de dispositions ordinaires aux autres animaux. Ainsi, chez Thommeetchez d'autres mammifères^ la partie supérieure de la portion occipitale proprement dite de cet os en est souvent ir; égulière- ^
r>6l TRA.1TÉ GÊNÉE ÀL
m en Iscparée ; organ isalion n oi male des rongeurs et de plusieurs repllles. Quelquefois même la partic inférieure est séparée de la supérieure et est partagée à son tour; on trouve cette multiplicité de pièces chez la yilupart des reptiles et dans les poissons. Le pariétal et \e cornnal sont, tantôt partagés régulièrenxent en deux moitiés, tantôt les deux moitiés normalement isolées l'une de l'autre sur la ligne médiane sont soudées ensemble, dispositions qui sont également des imitations de formes régulières. La même remarque peut être appliquée à la séparation du temporal en y)lu sieurs jiièces.
La division et la non-arliculation de plusieurs os de la face, sur la ligne médiane, surtout des os maxillaires supérieurs et des os palatins, et fiussi; mais plus rarement, des os de la pommette est anormale, chez les mammifères; elle est normale dans la plupart des autres vertébrés.
Les clavicules manquent quelquefois à l'homme; beaucoup de mammifères n'eu ont jamais ou n'en possèdent qu'un rudiment.
La non- réunion des os du pubis, irn'guUère chez les mammifères; est régidière chez les oiseaux et plusieurs reptiles, surtout les sauriens inférieurs et les ophidiens supérieurs.
Quelquelois il se manifeste au brasde l'homme un os analogue à la rotule. Gel os existe dans la règle chez plusieurs reptiles.
d'ajN^atomie comparée. 565 ^. Les organes digestifs, ainsi que tons îes appareils composés, ofFretit très - souvent dans leuis dévialioDS , des analogies cjui s'accordent avec ce que l'on rencontre ordinairement dans les animaux.
La fissure ou la division du palais est normale au-dessous des mammifères, chez les oiseaux, les ophidiens, les batraciens et les poissons. L'absence des dents est une condition régulière, chez les mammifères édentés proprement dits, chez les oiseaux^ les chéloniens et plusieurs poissons. L'étranglement de l'estomac est analogue à la conformation habituelle des rongeurs; l'absence du grand cul-de sac est régulière chez les mammifères carnivores, chez les oiseaux, les reptiles, les y)oissons. La brièveté irréguliére du canal intestinal, chez l'homme et les mammifères herbivores , est une analogie avec les carnassiers et avec presque tous les animaux situés au-dessous, des mammifères. Le cœcum et la valvule iléocœcale manquent aux plantigrades et aux cétacés. Le gros volume du foie et la petitesse de la rate sont une disposition régulière, chez les cétacés , les oiseaux , les reptiles et les poissons.
La disposition lobée du foie, insolite chex l'homme, est régulière dans beaucoup de mammifères, surtout chez les carnassiers, plusieurs reptiles, ainsi que chez la plupart des mollusques et plus encore chez les articulés supérieurs. La
t,G-\ ' TRAITÉ GiiNjÊRAL
vésicule hiliaire manque constamment à pl iisieurs mammifères, par exemple, aux soIipèJes, à beaucoup d'oiseaux et (le poissons. Les oiseaux, les reptiles etlesrpoissons ontde même toujours deux canaux cholédoques séparés. Les rates accessQires de l'homme sont normales chez les cétacés. Le nombre multiple des conduits pancréatiques, qui se rencontre rarement dans l'homme, est une disposition constante chez tous les autres mammifères, ch^z les oiseaux, les poissons et sans doute aussi les reptiles.
v^. Les organes respiratoires des animaux supérieurs, notamment des mammifères, représentent dans leurs anomalies les conditions que l'on retrouve à l'état normal dans les animaux inférieurs, surtout chez les reptiles et plusieurs invertébrés. L'ampleur des cellules pulmonaires est une de ces anomalies. On voit aussi des individus d'une espèce ressembler quelquefois à une autre par des caractères de configuration extérieure de cet organe qui lui sont hal3ituelleinent élrani^ers, et qui consistent dans l'augmentation ou la diminution du nombre des lobes pulmonaires. C'est ici qu'il faut rapporterencorelemodede .îivision delà trachée-artère, laquelle se partage ordinairement dans l'homme en deux bronches, et parfois fen trois, à la manière de celle des ruminans et des cétacés. La persistance anrmaie du ih} mus, chez l'homme et chez d'autres mam-
d'aNATOMIE COMPAÏIÉE. i65
mifères, est régulière chez plusieurs d'enlr'eux, et en particulier chez ceux dont la respiration est imparfaite et souvent interrompue , en outre chez les reptiles. La division de la glande thyroïde en deux lobes séparés est également légulière chez beaucoup de mammifères.
G. Les déviations de l'appareil luinaire de l'homme, qui ont leurs analogues dans l'organisation normale de certains animaux sont la disposition lobée, la forme alongée, l'union en .un seul, la position abaissée, le volume excessif des rems. La première est régulière chez les ])hoques, les cétacés, les oiseaux , la plupart des reptiles et poissons; la seconde chez les oiseaux et les poissons; la troisième chez ces derniers et les batraciens. La quatrième disposition est normale dans les classes inférieures aux mammifères ; Ja cinquième chez les cétacés, ainsi que très-généralement parmi les vertébrés inférieurs.
La vessie partagée eu deux moitiés latérales est une vessie normale des batraciens.
La division des uretères en plusieurs branches est , sans doute Kindice de la disposition qu'offrent, à leur origine^ ces canaux, chez les animaux inférieurs aux mammifères.
Le grand volume des capsules sus-rénales observé quelquefois chez Ubv inrae, est une analogie avec les singes et la plupart des rongeurs.
z. L'appareil générateur feinelle dans l'es-
566 TRAITÉ GÉNiRAL
-jièce humaine, prescrite surtout des analogies avec les autres animaux.
L'absence d'un ovaire, d'une trompe et une disposition analogue de l'utérus est conforme a ce qui existe communément chez les oiseaux et les mollusques; tous les divers degrés de division et de réparation de la matrice, du vagin, dn clitoris, sont, au contraire , des répi'litions exactes des diverses organisations régulières des mammifères, des reptiles et des poissons. L'alongement de l'utérus et la ténuité de sespi:rois est une analogie de singe.
A. La cavité qui renferme les testicules de tous les mammifères, excepté de l'homme, communique, dans l'état ordinaire, avec l'abdomen par un canal qui Tarie seulement dans son étroitesse ou sa largeur. Chez plusieurs mammifères^ chez !ous les oiseaux, reptiles, poissons et invertébrés, les testicules sont situés constamment et fort haut dans cette cavité.
Plusieurs animaux, par exemple, les mollusques gastéropodes n'ont qu'un testicule; d'autres tels que plusieurs es).èces d^annelides, ont, au contraire, plusieurs testicules; les vésicules séminales olFrenl les mêmes différences. Le pénis manque aux poissons, à la plupart des reptiles et oiseaux; lorsqu'il existe chez ces animaux , il s'y rencontre imj^ei foré et seulement sillonne' à sa face inférieure. Toutes ces conditions organiques se retrouvent plus ou moins fréquemment
d'ànatomie comparée. 567
flans l'iiomme, comme déviations de la règle. On vt)it également manquer souvent un testicule aux oiseaux. Chez ceux-ci, ainsi que chez plusieurs mammifères, surtout chez les ru~ minans, un des testicules est fréquemment aussi plus volumineux que l'autre.
jju. On a vu le cloaque^ où s'ouvrent, chez les reptiles, les oiseaux et plusieurs mammifères^ les appareil» urinaire, générateur et digestif, exister exceptionnellement dans l'homme et dans la plupart des mammifères.
■V. Parmi les organes des sens, la langue manque quelquefois j elle est également trés-rudimentaire, chez les poissons. La bifurcation de cet organe, à son extrémité antérieure, est une analogie avec le phoque.
L'absence, la petitesse et le développement imparfait de l'oreille externe, sont des causes de ressemblance entre les différentes classes et entre dilTérens ordres et espèces de la même classe. L'état incomplet de l'oreiile interne, l'absence de p'usieurs osselets de Vouie , la simplicité du labyrinthe, lorsqu'ils se rencontrent dans l'espèce humaine €t dans les mammifères, rapprochent ces êtres d'animaux d'autant plus inférieurs, que l'écart «le la règle est plus grand. Dans l'œil, la persistance de la membrane pupillaire peut être considérée comme une analogie d'insecte, et les diverses irrégularités présentées par la pupille, dans sa conformation, sont, avec une évi-