G8 TRAITÉ GÉNÉRAL
dence plus ou moins saillante, le pendant des diverses formations régulières de la série animale.
0. 11 est des anomalies de disposition intéressant la forme extérieure de tout le corps ou de igrandes divisions du corps, qui sont analogues aux caractères constans de certains animaux inférieurs.
Si l'on étudie ces sortes d'irrégularités au tronc; tantôt c'est la présence d'une queue, tantôt c'est la non-réunion d'une moitié du corps, surtout de Tantérieure, condition si générale chez les mollusques acéphales.
Si l'on porte son attention sur les abnormiîés de la tête; on voit celles qui consistent en un dé- •veloppement plus ou moins incomplet, offrir des rapports si frappans avec là conformation régulière de cette partie, chez certains animaux inférieurs, que l'on a depuis long-temps désigné les monstres humains privés de la partie supérieure du crâne^ sous le nom de têtes de crapauds^ têtes de chats , etc.
La petitesse proportionnelle du crâne, comparée à la face, rappelle fréquemment des conditions d'organisation inférieure. Les différentes déviations de forme qne subissent quelquefois les membres ne sont pas moins fécondes en comparaisons semblables.
L'absence complète d'un membre ou de tous les membres, représente l'état constant
d'/vtîatomie comparée. 56g érigé en loi, que l'oo rencontre dans les animaux invertébrés, dans beaucoup de poissons, de reptiles et les cétacés.
L'absence ou la pelitesse du bras, del'avantbras, ou de tous deisx sont habituelles dans les poissons; un os en moins , à l^avaat-bras ou à la jambe, représente l'organisation de beaucoup de mammifères. Les nageoires des poissons, les pieds de plusieurs reptile-, oiseaux et mammilères,sont soudés ensemble , comme on le voit accidentellement reproduit par l'union extraordinaire des doi"ts et des orteils dans l'homme. L'absence d'une ou de plusieurs de ces parties est également répétée normalemeut par l'organisation de beaucoup de mammifères, d'oiseaux et de reptiles. L'augmenlalion numérique des doigts et des orteils rappelle les nombreux rayons des nageoires, que l'en trouve chez les poissons.
Tout l'ensemble de l'organisme répété, d'où résultent les différens degrés de monstres doubles, me semble, mais d'une manière bien imparfaite, indiquer les animaux composés. Il ne faut cependant pas omettre, en laveur de cette opinion ^ un rapport remarquable qui existe entre les monstres doubles et les zoophytes, et qui consiste en ce qu'outre la peau, les appareils unis entr'enx dans ces deux conditions organiques sont ceiixde lacirculalion et delà <ligestion.
La transposition latérale de tous les organes iaon symétriques, et la direction à gauche des
5^0 TRAITK GÉNÉUAL
»f)ircs des coquilles habituellement contourne'es à di'oite ont leurs analogues dans l'organisaliou normale des planorbes.
Il existe un rapport remarquable entre l'ordre qu'affectent, en s'associait, plusieurs déviations dans le même organisme et celui auquel est assujettie la composition re'gulière des organes dans la série animale, rapport tel, que souvent les parties que l'on Aoit diminuer d'une manière égale, en descendant l'échelle, se présentent simultanément mal conformées ; taudis que les organes qu'une sorte d'antagonisme oppose, à Tétat normal conservent^ dans les conditions contraires, un même rapport contradictoire. Il en résulte que tout l'organisme devient réelle- M^ient plus ou moins semblable à un autre anin al ; il est à ])eine besoin de faire remarquer qu'il n'y a en cela qu'une ressemblance et non line identité.
Rappelons, à ce sujet, la diminution ou la disparition simultanée du cerveau et des capsules sus rénales, qui se présente dans les foetus humains monstrueux, et dans la série animale; coin ci.lence que l'on peut dire constante. De ce .v;cnr«
d'anatomie comparée. 571 es* encore la réunion fréquente d'un état imparfait des appareils intérieurs, avec l'augmentation numérique des doigls et des orteils ; vices de conformation qui rapprochent les êtres qui les présentent, des reptiles et des poissons. Ce que je dis ici est particulièrement fondé sur l'observation de plusieurs monstres que j'ai entre les mains, où l'on voit des doigts et orteils surnuméraires en même temps qu'une non-réunioa des os palatins, une perforation de la cloison inter-ventriculaire du cœur, et un état bifide de l'utérus et du vagin. La petitesse du poumon, compensée par un développement plus considérable du foie nous fournit un exemple analogue.
3. Lesabnormilés de la différence sexuelle que l'on peut désigner sous le nom générique de formations hermaphrodites , peuvent être ramenées au type normal et trouvent dans ce rapprochement une explication facile.
Le principe de cette réduction est fondé sur la communauté d'un type fondamental entre les parties génitales des deux sexes , c'est-à-dire sur l'absence et le défaut de diflérence primitive j d'où résulte que les dispositions anomales dan»
les animaux supérieurs^ sont régulières dans les organismes plus imparfaits.
Les insectes surtout, nous nommerons l'ordre des hyménoptères , et parmi ceux-ci la famiile des porte-aiguillons (aculeata) fournissent des exemples de cette disposition à Tétat régulier ; dans beaucoup d'espèces il y a, outre les mâles et les femelles^ un grand nombre d'individus qui sont privés de sexe.
La condition la plus générale» qu'ils présen- 4ent est une similitude variable avec le sexe féminin.
Les abeilles neutres ressemblent aux abeilles femelles, par le nombre des articulations de leurs antennes , par des yeux plus petits, par un développement plus considérable des mandibules , par la forme des deux paires de pieds antérieurs, par la présence de l'aiguillon ; elles s'en distinguent par un volume moins considérable, par la conformation de leurs pieds de derrière et par une trompe un peu plus longue.
Ontrouvecetteanalogie moins étonnante quand on se rappelle les expériences à l'aide desquelles on prouve que lesabeillesneutres nesont que des femellesimparfaiteraenl développées ouavorlées, (fui se transforment en véi ilabb^sfemelles, douées à des degrés divers de la facullé d'être fécondées, lorsqu'elles sont placées dans des conditions de nourriture et d'habitat on semblables à celles où se trouvent les femelles; transformation que l'on
d'anatomte comparée. 57 3
peut prodiiirenon-seulement en réalisant ces con'dilions pour les larves, mais même encore pendant les premiers jours de leur état d'insecte parfair. Chez les bourdons, le véritable sexe des mulets est encore moins douteux, déjà même à l'état parfait de nature; ils ont, en effet, une copulation féconde, quoique les produits n'en soient que des indiviaus mâles j de même les ouvrières, parmi les abeilles, lorsqu'elles n'ont eu que la nourriture et non riiabitation de la reine, ne produisent non plus que des maies.
Les fourmis neutres sont aussi beaucoup plus petites que les femelles; leur bouclier tborachique est plus étroit ; elles se distinguent de cellesci par la couleur; mais elles leur ressemblent par la forme de la tête et des mandibules, par le nombre des articulations antennaires , par la présence de l'organe venimeux ; les mêmes conditions les différencient des mâles.
Le développement imparfait de ces individus, seconde condition générale par laquelle ces êtres se distinguent, se prononce^ outre la petitesse déjà mentionnée, surtout cbez les fourmis, par quelques autres caractères , au nombre desquels il faut citer, en particulier, le volume de la tête, le manque d'yeux simples, l'absence ou la petitesse des ailes ~ disposition normale, chez les femelles de quelques lépidoptères et orthoptères (Voyez page 3o6.
La considération que les animaux privés nor-
malemenl de la distinction sexuelle ne sont que des femelles imparfaites acquiert plus d'inlérêt tncore si on se rappelle que la forme femcl'e est en eile-mênae plus inférieure et précède le développement de la forme maie; d'où découle cette conséquence c'est que le troisième état ou {'état neutre qui est plus insolite, est le résultat d'une formation arrêtée à un degré inférieur encore au sexe féminin.
Beaucoup d'abnorraités dans la formation du caractère sexuel sont également dues , ce qui n'est pas moins digne d'être remarqué , à ce que le développement n'a pas atteint le degré régulier propre à l'organisation de la femelle. L'absence partielle ou totale et la composition incomplète des organes de la -génération , doivent surtout être attribuées à cette cause.
Bien que la plupart des signes extérieurs présentés parles hyménoptères neutres en fassent des femelles, et que ces insectes soient en effet des femelles ini]>arraites , puisqu'on peut, à volonté, les transformer en femelles véritables; ils olTrent cependant aussi que'ques indices du sexe masculin. Au nombre de ces derniers caractères est surtout la petitesse du volume; les mâles sont à l'état régulier moins gros que les femelles. Chez les fourmis il existe un fait non moins curieux ; les mâles s'y partagent en deux classes : les uns sont plus grands, les autres plus petits que les
d'ana-tomie comparée.
millets (1). On retrouve celte même inégalité de Jéveioppement parmi les ouvrières des boarddns (2).
Ce qui donne de l'intérêt à ces observations c'est qu'elles indiquent une réunion des caractères des deux sexes chez un même animal; réunion qui constitue l'essence de {'hennaphro" disme. De ce que le caractère femelle l'emporte de beaucoup sur le mâle et que ces êtres sont évidemment des femelles imparfaites, on pourrait conclure que l'hermaphrodisme nornml confirme l'opinion admise par un grand nombre de physiologisles, que tous les hermaphrodites par anomalie ne sont que des individus femelles monstrueux. On ne saurait cependant se dissimuler qu'il s'élève une foule de faits contre cetie croyance j il n'est, par exemple, pas rare de voir des individus mâles manifester un hermaphrodisme qui consiste en ce que la conformation de leurs organes générateurs et celle de tout le corps reproduit plus ou moins exactement les condi-
(i) Iluber, Mém. sur les fourmis, page 12. — (a) Le même auteur dans les Transactions of Linnean Society, vol. 6.
TRAIÏlS GÉNÉRAL
lions de la femelle, d'aiiires fois, mais plus rarement on voit les singularités de l'orgawisalion générale aussi bien que de la disposition spéciale de ces parties être telles qu'un jugement décisif sur le sexe de Tindividu qui les pt-rte devient tout-à-fnit impossible ; eiSn le cas le plus rare est constitué par l'existence de parties génitales surnuméraires conformées suivant un type sexuel opposé au type des autres parties dont le nombre est complet.
Un examen plus attentif de l'hermaphrodisme anormal conduit, après les résultats généraux qui viennent d'être indiqués, aux conséqnences suivantes :
La première c'est que les conditions dans lesquelles se manifeste riiermaphrodisme varient sous plus d'un rapport.
a. Sous le rapport de l'époque d'apparition.
Il est le plus fréquemment congénial, comme toutes i.es déviations de forme qui sont spontanées ; mais il se développe quelquefois aubsi dans le cours de la vie. C'est ici qu'il faut rapporter le cas où des femelles d'oiseaux^lorsqu'eiles perdent leur faculté reproductive par suite de vieillesse, acquièrent un plumage plus ou moins semblable
b'aNATÔMIE COMPAR:éE. 5^7
à celui du mal s'arment d'ergots, se décorent de crêtes et même prennent, en partie, les instincts du mâle. (Voyez page 337). Celte coïncidence entre l'imperfection de la fonction génératrice et les modifications de forme que je viens de citer est d'autant plus importante à noter qu'ellese rencontre, très-fréquemmentdu moins, dans des hermaphrodites congéniaux.
b. Sous le rapport de l'espèce de déviation organique qu'il constitue. Celle-ci peut varier à son tour, sons le rapport de la somme d'ortijanismeinléressée et sous celui de la nature des pai^tiesdévié es (différences quantitatives et qualitatives ).
Les difierences que présente l'étal d'hermaphrodisme, quant à la quantité, sont considérables et peuvent être rangées en deux grandes classes comprenant, i» l'hermaphrodisme sans multiplication des parties, lorsque Fabnormité se prononce seulement par la réunion des caractères sexuels dans un organisme simple, c^esXYhennaphrodisme simple; 2° l'hermaphrodisme avec multifdicalion , consistant en une augmentation du nombre normal des parties génitales, les parties surnuméraires étant formées d'après un type opposé à celui des autres organes du corps, c^est V hermaphrodisme composé ou double.
Ce second hermaphrodisme est beaucoup plus rare que le premier.
Ces deux sortes d'hermaphrodisme offrent
TRAITI^ GÉnMrA.L
chacun en particulier difféiens degre's rie composition; ainsi tantôt un ou plusieurs organes sont formés d'après un type opposé, tantôt il se trouve en même temps des organes surnuméraires.
Une différence de nature [différence qualitaftVe) importante de l'hermaphrodisme se rapporte aux parires où il se manifeste.
Ces parties sont les organes générateurs , ou avec plus ou moins d'évidence, les autres parties qui déterminent la forme totale du corps. Il est très-rare que l'hermaphrodisme consiste en une opposition entre les conditions de cette forme générale et l'état des parties génitales , sans que celles-ci n'en offrent quelques traces , soit par la position , le volume ou la structure ; le contraire arrive quelquefois. La forme et le volume des organes générateurs présentent dans quelques cas une disposition hermaphrodite, sans que la forme totale du corps, rapportée au même type soit irrégidière, et sans que la fonction éprouve d'autre empêchement qu\in obstacle mécanique.
Chez les insectes, l'hermaphrodisme s'exprime dans la forme totale du corps , surtout par les ailes et les antennes; d'un côté elles sont formées et colorées d'après le lype mâle ; de l'autre, elles le sont d'après le type femelle.
Chez les oiseaux, ce sont la coloration et la forme des plumes, la disposition d'autres partie»
d'anatoaiie comparée. 579 delà peaUj par exemple, de la créle^ de la barbe, des ergots et la voix, qui clétermineut CCS différences. La femelle imiie surtout le mâie, soit par un Vice de conformation primitif, soit par une transformation subséquente. De ce nombre sont, outre les exemples cites plus haut, les poules à ergots (jui chantent comme des coqs. 11 arrive quelquefois , d'un autre côié que les ergots ou la Cl été des gallinacés mâles, ne se dév eloppent qu'impartaitemejil ; iiiip'nleclion accompagni e d'un mutisîne plus ou moins complet. Le défaut de propension à couver est vraisemblablement le premier indice de cette sorte d'iiermaphro iisine chez les poules.
Dans la forme totale des mamn^iiferes l'hermaphrodisme se manifeste d'une manière tout à- fait analogue. Dans l'homme, [>ar exemple, itsfonnes s'arrondissent, les hanches se développent en largeur, la poitrine s'étreclt, les mains et le's pieds s'effilent, ia barbe avorte, la voix est fine et douce j dans les femmes, les formes anguleuses, l'etroitesse des hanches, la largeur plus grande de la poitrine, le grand développement des membres, l'existence d'une barbe, une voix plus ample, caractérisent cet échange de sexe.
Malheureusement nous manquons d'observations exactes à ce sujet, sur les autres mammifères.
Dans l'appareil de la génération, les organes d'excitation et de copulation sont principale-
58o TRAITÉ GÉNÉRAL
ment sujels à rijeimaphrodisme; fait d'autant plus remarquable qu'il se rallache à la loi gé ne'rale, que les déviations organiques portent plus souvent sur des parties peu importantes que sur des parties d'une existence plus nécessaire^ et sont sourent sans influence sur les fonctions.
Le péiiis, le scrotum, le clitoris, les lèvres de la vulve, le vagin^ présentent fréquemment desdisposilions hermaphrodiles;laglandeproslale et les vésicules séminales , les testicules et leurs canaux excréteurs, l'utérus et les ovaires avec les trompes, présentent très-rarement des dispositions hermaphrodites.
Le sens suivant lequel s'établit l'hermaphrodisme détermine une autre différence de nature ( différence qualitative') également fort importante,
Les portions de Tappareil générateur ou du corps , opposées les unes aux autres, soit de haut en has^ soit d'un côté à l'autre, sont susceptibles de prendre un caractère sexuel différent. C'est plus fréquemment dans la direction verticale que l'on remarque cette anomalie; sans doute parce qu'à l'éiat normal, les deux côtés de la ligne du milieu se ressemblent beaucoup plus Tune à l'autre que les moitiés supérieure el inférieure. La même raison , indépendamment du voisinage et de la connexion immédiate, fait ([Mêles déviations organiques cl les
d'anatomie comparée. 58 1
maladies accpisessoul beaucoup plus fréqueiiles sur ies deux moitiés latérales du corps à la fois^ que sur celles qui sont dans la direction de haut en bas.
L'antagonisme sexuel anomal, soit quil se remarque entre des parties opposées verticalement ou dans le seus latéral , se manifeste aussi bien par des modifications de la forme totale du corps, que par des altérations dans la conformation des parties génitales.
D'un côté à l'autre, il arrive fréquemment qu'une moitié ou certaines portions de cette moitié sont formées d'après le type sexuel opposé.
On connaît des exemples, de cette organisation dans les classes des insectes, des crustacés et des mammifères.
, Les insectes présentent ce qu^il y a de plus frappant, sous ce rapport, les papillons en particulier, dont les maies sont ici souvent tout autrement colorés que les femelles.
Dans ['hermaphrodisme latéral, on voit, lorsqu'il est porté au plus haut degré, l'anlenne, l'aile supérieure et inférieure, d'un côté, colorées et disposées conformément au type mâle ; de l'autre elles le sont d'après le lype fi^nelie, et ces parties offrent souventaussi des différences de volume. On en trouve des exemples dans les espèces argynnispaphiajjcœnaalexis , salurnia pjrijsaturma carpini , endromis versicohr^hav-
pria vinula, leparis dispar, gastropacha quercûs i). ,
Lorsque rhermaphrodisme latéral est impar- 'fait, imemoilié l'emporte sur l'autre ; les (îeiix antennes et le corps sont alors formés suivant les conditions typi([nes des aiies d'un côlé, les deux autres ailes seules sont formées d'après le type opposé (2).
Dans l'hermaphrodisme qui s'exprime par un antagonisme sexuel entre la moitié antérieure et ]a moitié postérieure du cor|)S,les antennes et les ailes antérieures se rapportent, avec une conformité variable, à un type donné , le corps et les aiies postérieures à l'autre type (3).
Quelquefois la forme des ailes antérieures est modelée sur le type propre à un sexe, tandis que la couleur qui les revêt est celle de l'autre sexe (4). L'on voit encore la moitié antérieure des ailes de devant reproduire le caracière sexuel des antennes et l^autre moitié être formée d'après celui des ailes postérieures et de l'abdomen (5). Dans quelques individus on a rencontré l'hermaphrodisme latéral et l'hermaphro-
(i) Oc/isc/iAcoiicr's Sclimetterlinge Ton Europa. Bd. 4- Berlin, «816,8. 1 83. (Papillons d'Europe. ) — (a) Ibid. pag. 190. — (3) Un cas de saturnin carpini dans Ochsenlieimer S. 188. — (4, Dans le même cas qui yient d'élre cité. — (,5) Dans un cas d'Espcr.
d'aNA-TOMIE COMPAIIÉI-. 583
(iîsme longitudinal plus ou moins confondus ensemble.
Trois exemples de cette nature sont fournis par le leparis dispar; dans le premier, les antennes sont colorées comme chez les mâles, l'abdomen est femelle , Taile antérieure du côté droit et l'aile postérieure du côté gauche sont mâles, tandis que l'aile antérieure gauche^ et l'aile postérieure droite sont femelles ( i). Dans le second cas, l'antenne gauche, les deux ailes du même côté , l'aile antérieure droite et l'abdomen sont femelles, l'antenne droite etl'aile postérieure droite sont mâles (2). Dans le troisième, le corps et les ailes droites sont femelles ; les antennes et les ailes gauches sont mâles.
Chez les coléoptères, cette variété anomale peut moins se manifester dans les ailes, qui sont d'une même couleur dans les deux sexes , que dans les antennes. On la trouve quelquefois fort distinctement prononcée dans les pieds. Je ne connais toutefois d'exemple de la première disposition que dans le hanneton solsticial (melolontha solstitialis) y qui m'a été communiqué par mon excellent collègue M. Germar.
Parmi les crustacés, le homard a fourni à Ni-
(i) Ochienheimer, 1. c. Bd. 4. S. 189. — (2) Ocksenlieimer, 1, c. S. 190»
cholls (i) riieimaphrodisme latéral, très-prononcé dans riiabitude générale.
Chez les mammifères on voit quelquefois, mais plus rarement , le caractère d'un sexe prédominer d'un côté et celui du sexe difïérent imprimer son cachet sur l'autre. Ainsi un individu de l'espèce des daims, plus femelle que mâle, n avait que la corne gauche (2). Un individu que l'on considérait comme une femme, n'avait de barbe que sur le côté droit (3).
La moitié supérieure du corps est, plus souvent que l'inférieure^ formée d'après un autre type sexuel (4).
Dans le premier des cas cités au bas de la page, la moitié supérieure du corps était formée d'après le type femelle, l'inférieure d'après le type mâle; dans le second eus le contraire eut lieu j dans celui-là il n'y avait, en effet, pas de barbe, mais un Lirynx femelle, des mamelles femelles, des avant -bras ronds et fins.
(i) Account of the hermaphrodite Lobster. P/iiV. Trans. lyZo, pag. 290. — (2) Bomare, Journ. de phys. T. VI, p. Soi. — IVildungen T.isclienhuch f. Forst . u . Jagdfreuudc ( Vade-Mecura des amateurs de chasse, etc. , 1800, p. 14 et ao. ). — (3) Girald, Topog. IIil)eruiaB, ia, Carmdeni Anglicis, etc., etc. Francof. , i6o3. fol. part. 3 , p. 724. — (4) Lfi cas rapporté par Maret , Mémoires de Dijon, T. II, p. i5j. — Schneider, description d'inihypospadias tr^-sreniarquahle dans Kopp's Jahrb., der Staatsarzneik. Bd. 10. S. i34. ( Annales de Médecine légale.) — J'ai vu moi-niônie, il n'y a pas long-temps, un semblable cas.
d'aNATOMIE COMPARiÉE. 585
.m bassin élroit et des cuisses carrées ; dans celui-ci , il y avait un thorax large , une barbe forte et un bassin enlièrement femelle.
On voit ici aussi, quelquefois , l'iiermaphrodisme latéral compliqué de l'hermaphrodisme longitudinal (i).
L'hermaphrodisme déterminé par la disposition des parties génitales se développe de haut en bas; il consiste le plus communément, comme cela a déjà été dit sous un autre rapport , en une conformation des parties génitales externes suivant un lype sexuel différent de celui empreint dans tout le reste de l'économie.
L'hermaphrodisme partiel établi entreles deux moitiés que sépare la hgne médiane, est plus rare que celui qui se prononce dans la forme totale. On ignore malheureusement si, dans les cas cités d'antagonisme sexuel latéral, manifesté par la coloration des ailes des insectes, les parties génitales dévient habituellement de la même manière.
Cette coïncidence est cependant vraiscmblabie; elle existait dans un exemple consigné par Scopoli , où un phalœna pini , mâle d'un côté, femelle de l'autre, s'accoupla avec lui-même en
(i) Par exemple, chez la fameuse Drouard , d'après quelques données; Foyez MeckeL, sur l'hermaphrodisme, dans iîeti'a Archiv. Bd. II. S. 299.
58G TIIA1T13 GÉNÉRAL
avançant le pénis, et pondit des œufs femelles fe'conds (i).
L'examen d'un hermaphrodite de la classe des crustacéSjSi voisine de celle des insectes, con6rme encore celle opinion préconçue.
Dans le cas d'hermaphrodisme latéral, chez le homard décrit par NichoUs, on trouva, suivant les règles de la conformation générale des parties exlérieures l'ouverture sexuelle femelle, au côté droit, à la racine du troisième pied , et à gauche, à la racine du cinquième pied, l'ouverture sexuelle mâle ; là on voyait un oviductus parfait , ici un testicule et un cordon spermatique également complets.
Chez les poissons , il n'est pas rare de rencontrer un testicule d'un côté et un ovaire de l'autre. Marchant (2) signala cette sorte d'anomalie, chez le merlan {gadus mej'langus) Moreau(3)^ chez les carpes {cjpriims carpio) , RéauTnur(4) etStarke(5), chez un hrochet {esox lucius).
Je ne connais nul exemple de cette disposition parmi les reptiles.
Parmi les oiseaux, on a vu une poule offrir ex-
(i) Scopoli, introduct. ad hist. natural. etc. Pragae, 1777, p. 4i6. — (1) Mém. del'Acacl. des Sciences de Paris, 1737, page 73. — (3) Ibid. — (4) Ibid. — (5) Epb. nat. cur. Dec. III. a. 7 et 8 , obs. 109.
d'ana-TOMie comparée. 587 lérieurement le mélange des deux caractères sexuels, tel qu'un tesficuîe à droite^ et à gauche une nnoilié d'ovaire rénTorme (i).
Parmi es mammifères, la petitesse de l'un des testicules, surtout chez les ruminans, ou le séjour de Tune de cesg'andes dans l'abdomen est un léger indice de l'hermaphrodisme latéral , principalement quand le pénis est en même temps . clitoriforme, comme je l'ai observé plusieurs fois.
On voit, au contraire, quelquefois chez la femelle, un ovaire plus volumineux que l'autre, disposition qui rentre surtout dans celle qui nous occupe, lorsqu'en même temps il ne se trouve qu'un bois d'un seul côte' (2).
Les cas observés chez l'homme ont été plus remarquables encore. On a trouvé un testicule, d'un côté , avec son canal excréteur; de l'antre, un ovaire avec la trompe, et au milieu la matrice (3).
Ou voit encore un indice de cette disposition dans le développement quelquefois tout-à-fait fe-
(i) B«cAsfet»i, Naturg. der Vœgel , Bd. 2, s. laig. (Hist. nat, des oiseaux.). — (2) Observé chez un daim, fernelle par tout le reste, par Valmont de Bomare. Journ. de phys. T. VI, p. 5oi. — (3) Morand, Ae hermaphroditis. Paris, 1749- — Gautier, Observ. sur l'hist, natur. Paris , lySa. T. I , p. 72. — Un autre cas a été observé par VarçU. Mém. de la Soc. Méd. T. IV , pag. 342.
melle, d'une mamelle, chez un sujet parfailement mâle par tout le reste de son organisation (i).
Déjà nous avons remarqué la rareté, en général, plus grande de l'hermaphrodisme latéral , comparé à celui qui se manifeste dans le sens vertical ; il paraît cependant qu'il est, chez les insectes^ pour le moins aussi fréquent que le dernier.
Dans cet hermaphrodisme , un des sexes seraitil peut-être a/Feclé de préférence à l'un des deux côtés du corps ?
J'ai rassemblé vingt-six observations propres à résoudre celte question; treize sont tirées des insectes, une des crustacés , deux des poissons , une des oiseaux, huit des mammifères.
Sur ce nombre il y a quatre cas où le côté n'est pas indiqué, savoir : chez le papillon de Scopoli ; dans les faits tirés des deux poissons; et dans celui fourni par un rat (2).
Dans huit cas, le côté droit fut femelle, le gauche mâle. Quatre de ces cas ont été rencontrés parmi les papillons, les autres cbez le homard , décrit par Nicho'.ls, clïez la daine de Bomare et chez les individus de l'espèce humaine, décrits par Sue el Maret.
(i) Ansiaiix dans CorvtWt , Journ. de Mcd. T. XIV, page afîa. — (a) Faber dans Ilcrnanddt , Nov. plant, auini. etc. , Mex. hist. Rom.T, i()5i, page 547.
d'anatomie comparée. 589
Dans quatorze autres faits,le côlé droit fntmâle et le gauche femelle, savoir : dans huit papillons, chez la poule dont parle Bcchstein , dans la chèvre hermaphrodite que j'ai décrite (i) et chez les individus qui sont le sujet des observations de Varole et de Lecat. Aces exemples, il faut sans doute ajouter les cas d'individus humains dont j'ai déjà fait mention plus haut , dont Tun avait le côté droit du visage mâle et le gauche femelle ; dans le second, la mamelle gauche seulement appartenait à ce dernier sexe.
Il résulterait de tout cela que le sexe masculin paraît être dévolu principalement au côlé droit, le féminin au côté gauche, disposition qui existerait surtout chez les papillons.
L'hermaphrodisme n'est pas également fréquent , ni complet dans tous les animaux.
D'après les observations existantes il serait le plus fréquent chez les poissons, et le plus rare dans les oiseaux et les insectes. Les mammifères paraissent tenir le milieu sous ces rapports.
La rareté de l'hermaphrodisme, chez les oi-
(r) ReW s Archiy. Bd. 11.
TRAIT]é GJÉNÉRAL
seanx et les insectes, résulte du nombre extrêiheinenl petit de cas que l'on en connaisse, maigre ïes travaux e'tendus qui rnt été fails sur ces animaux , et la f^rande différence qu'offrent , si souvent la coloration, le volume, et en partie aussi la foi me dans !• s deux sexes.
C'est aussi chez les poissons que l'hermaphrodisme se montre le plus parfait; puisque dans les cas connus, les deux moitiés latérales entières étaient modelées sur un type opposé, avec ou sans duplicité.
Sous le rapport de cette dernière condition les insectes et les crustacés, si l'on conclut d'après le petit nombre d'exemples connus , marchent presque de front avec les poissons; l'hermaphrodisme latéral, observé chez ces êtres présentait, en effet, tout le corps , ainsi que les parties génitales, partagés en deux moitiés latérales revêtues chacune des caractères sexuels ( pposés. La balance n'est cependant pas égale. Les poissons ont offei t des exemples de midtiplicité dans les parties génitales que l'on n'a pas rencontrés encore chez Icb insectes et les crustacés.
Les oiseaux et les mammifères n'ont que des hemaaphrodites fort imparfails. Je ne connais pas, dans la classe des preniit rs, un senl exemple d'organes génilaux multiplies; chez Icî» mammifères, cette condition eslbeaucouj) plus rare que chez es poissons; et est toujours plus 011 moins incomplète.
D'ATfATOMIE COMPAREE. 59 1
Parmi les mammifères, l'homme^ quoique offrant assez souvent des cas d'hermaphrodisme, paraît être le moins sujet aux degrés élevés de cette anomalie, qui se rencontrent surtout dans les solipèdes et les ruminans, et le plus souvent peut - être parmi les rongeurs ( voyez page 588. ).
Il résulte de ces rewiarques, que certains ordres, même des genres et des espèces déterminés de la même classe , semblent être plus encHns que d'autres à rhermaphrodisme; supposition que confirme Tobservation qué cette déviation est surtout fréquente parmi les insectes et surtout chez les papillons ; que même, il est dans ces derniers, des genres et des espèces plus disposés que d'autres à les présenter, tels sont le papilio atalantà , le saturnia carpini, et surtout le liparis dispar. Schrank(i) a décrit un cas présenté par le papilio atalanta. Il en existe un autre dans la belle collection de M. Germar. Outre les cas de saturnia carpini , cités par Ochsenlicimer , le sujet d'une observation tout-à-fait semblable m'a été communiqué par M. Germar.
Il en existe encore un autre parfaitement analogue, décrit et figuré par Capieux (2).
(i) Faunaboica. Bd. a. part. i. page 19a. — (2) Mém. pour servir àl'hist. nat. des insectes dan» le Natuj-forscher. St. la. S. 7a, Taf. H. Fig. 6.
Il resuite des observations qui précédent que la fréquence et le de^ré de perfeclion de riiermaphrodisme sont les effets de plusieurs causes.
Plaçons en première ligne la disposition des organes propres de la génération, dont l'étude conduit à établir :
1°' Que l'hermaphrodisme est d'autant plus fréquent et plus complet que les organes générateurs des deux sexes se ressemblent davantage à l'état normal; la preuve la plus concluante en est fournie par l'étude des poissons. C'est sans doute aussi à cette uniformité plus grande qu'il faut attribuer la propension à ces sortes d'anomalies^ qui est plus marquée chez les mammifères, que chpz les oiseaux.
20 Que le degré d'organisation où se trouve l'animal, n'est pas d'une moindre influence. Ainsi les vertébrés les plus inférieurs, offrent l'hermaphrodisme le plus parfait et le plus habituel; mais sa rareté, plus grande chez les oiseaux que chez les mammifères , prouve que la généralité de celte loi est restreinte par l'action de la loi j)récédcmment énoncée.
3" Que la disposition des parties génitales,
DANATOMIE COMPAREE. 5g3
abstraction faite de la similitude, paraît aussi fort importante à cet égard. Dans des circonstances égales d'ailleurs, la formation de l'hermaphrodisme en général, et de ses états les plus complets en particulier est vraisemb'ablemcnt favorisée par la simplicité des parties génitales. Un degré de probabilité est ajouté à cette opinion par l'étude des phénomènes que présentent à cet égard les poissons. Mais indépendamment de cela la séparation des organes générateurs en une moitié droite et en une gauche semble favoriser, au moins, l'hermaphrodisme latéral 5 ainsi, chez ces animaux, les deux moitiés de ces organes sont isolées Vnne de l'autre dans presque toute leur longueur. L'hermaphrodisme si complet que Nicholls rapporte du homard , pourrait être fort bien fondé sur la séparation totale des or canes reproducteurs des crustacés. La rareté de l'hermaphrodisme, chez les oiseaux, où toutes les parties sont uniques chez les femelles, confirme cette conjecture.
Peut-être ce partage des organes générateurs en deux portions latérales est- il aussi une prédisposition à l'hermaphrodisme multiple, soit qu'il favorise l'hermaphrodisme en général, soit que la division, à l'état régulier, indique en quelque sorte déjà la multiplicité ii régulière.
Je foude cette présomption lo sur l'existence précisément multiple de l'hermaphrodisme dans les poissons ; 2° sur l'absence de ce vice d e con-
TRAITIÎ Gt^ÉRAh
formation chez les oiseaux ; 3° sur sa fréquence plus habituelle chez les mammifères qui ont la ^ matrice profondément bifide. Le cas le plus parfait d'hermaphrodisme multiple fut observe' chez un individu de l'ordre des rongeurs, qui ont i'u- Icrus lout-à-fait bifide.
Il serait intéressant , à cet égard, de faire le plus de reclierèhes possibles sur des rongeurs , et surtout sur des animaux didelphes, qui ont, en outre, le vagin bifide, afin de constater jusqu'à quel point ce soupçon est exact.
Les hermaphrodisraes peuvent donc se réduire à l'absence primitive d'une difîérence sexuelle, et à l'analogie qui existç entre les or£*anes mâles et les organes femelles; enfin ils peuvent consister en une réunion des caractères de l'un et de l'autre sexe dans le raénie individu.
Telle est l'opinion que je pr< fesse (i), et qui est aussi celle d'un nombre considérable de savans , je nommerai Ac kennanfi, Burdach. Sleglehner^ Seiler fi) ; elle est rejetlée par d'autres,
(i) Voyez mon Mémoire sur les Lertnnpbroditos, dan» Reil's Archiv. B, ii. et mon Pailiol. Anat. Bil. a. — ^a) Aclermann, infant, androg. hi.stoi ia , i8o5, — Burdach, die Métamorphose der Gesclileciiler in dessea anal. Unteisucli. ibi4- v La métamorpiliost des sexes dans SOS recheichcs analomiqnos.) ^^/rg/c/mer, de hermaplirod. nat. 1817. — 5«7É^**'de testic. desceusu. , etç»' 1817.
D'ANATOMIE COMPAn^E. ÔQJ
siirlout par Parsons (i) , Hill , Portai (2)^ Voiglel (3) , Osiander (4), et Feiler (5).
Eu perdant entièremenlde vue l'oscillation entre l'organisaiion mâle et l'organisation femelle; en ne considérant que des circonstances saillantes et d'une seule espèce, soit isolément, soit collectivement; l'on admet que tous les prétendus hermaphrodites sont exclusivement des individus femelles (6) ou des individus mâles (7), dont les parties génitales sont difformes, ou que la première condition se rencontre dans quelques cas, la seconde dans d'autre s(8).
On se fonde :
1° Sur la possibilité de reconnaître chaque fois, un caractère sexuel tlélerminé aussi bien dans l'habitude générale que dans l'appareil reproducteur, sous le double rapport de la forme et de la fonciion [g).
20 Sur les différentes espèces d'abnormités des
(1) Inquîry into the nature of hermnplirodites. London 1741. — (2) Anat. méd. V, p. 474- — 0) Handb. der patho'. Auat. ( Manuel J'anatomie pathologique. ) Bd. 3. S; 66. — (4j Neue Denkwiirdigk . fiir Geburtslaiiife. Bd. i.n. 8. (Nouv. mém, obstétriques.) — (5) XJeber angeb. menschl. Misbild. iin Allgemeiuen u . Hermapliroditen in's besondere. Landsliut, 1820. (Sur les raonstruosités,
humaines en général et les hermaphrodites en particulier. )
(6) Parson» et IllU. — (7) Osiander et Feiler. — (8) Portai et Voigiel. — (9) Haller, coram. soc. Gotting. vol. I. Au dentuihermaphroditi.
5q6 TRAITl^ GÉNÉRAL
organes générateurs des deux sexes, qui donnent lieu à l'admission d-e l'hermaphrodisme (i). r
3o Sur l'impossibiliré qu'un bassin unique contienne à la fois les parties génitales mâles et femelles (2).
4o Sur des expériences propres ou sur celles faites par d'autres, dont se servent re.=peclivement, toutes les fois qu'elles se rapportent à leur manière de voir, les partisans des deux opinions opposées, soit qu'ils soutiennent que les ])rétendus hermaphrodites sont tous des femmes, ou qu'ils croient que ce sont des hommes dittbrmes.
5 Sur la fausse interprétation donnée aux faits allégués ci-dessus , pour appujernotre idée non seulement imaginaire mais refondue, comme on nous en accuse, dans les fabriques a mots du mysticisme et parée de quelques ornemens nou~ veaux (3).
Toute cette argumentation est cependant bien facile à réfuter , car si dans beaucoup de cas il existe un caractère sexuel déterminé, il manque dans beaucoup d'autres; voilà pour la prei-nière objection. Les faits allégués en faveur de la seconde sont exacts, mais ne prouvent rien. Ces
(i) Voigiel, loo, cit. Bd. 3. S. 366. — (2) Hal(cr,\. c, — (3) Feiler, 1. c. p. 73.
d'anatomie comparée. 597 déviations de parties génitales sont précisément de nature à ofFrir un rapprochement entre les caractères sexuels opposés , surtout lorsqu'elles intéressent plusieurs parties, comme cela arrive fort souvent.
Le fait allégué en troisième lieu , fut-il parfaitement exact , ne prouve pas davantage; la condition dont on nie la possibilité n'est nullement nécessaire pour qu'il y ait hermaphrodisme. Cet état ne suppose pasindispensablement augmentation d'organes, mais seulement anomalie des organes ordinaires. Plusieurs exemples^ pris dans l'espèce humaine et dans les autres animaux, prouvent en outre, la multiplicité des parties dans un bassin unique ; et il est évident qu'un hermaphrodisme complet n'exigerait que €|uelques additions à la capacité du bassin, en observant surtout que plusieurs parties trouveraient au besoin place dans la cavité abdominale, si susceptible d'extension.
Une foule d'observations authentiques de parties génitales multiples, contenues dans un bassin unique et normal, l'augmentation du nombre ordinaire des organes individuels en général, la nature même du vice de conformation
(i) Foyet les observations de Hanter, Scarpa, Mascagni , daiw mon Mémoire sur les hermaphrodites, 1. c.
SqS traité général
déiTiontrent sufTisamment combien manque de fondement l'assertion qu'une seniblable réunion d'organes g<^nérateurs mâles et femeîles ne peut être que la conséquence d'un entregrefFement de plusieurs germes et qu'elle doit, par conséquent, toujours se compliquer d'une difformité des autres parties dans le bassin, du bassin luimême ainsi que des membres inférieurs (i).
Quant à la quatrième ob'jection elle est réfutée par les contradictions des adversaires de cbacune des deux propositions opposées qu' 'elle renferme et par les faits sur lesquels repose notre opinion propre.
La cinquièaie objection renferme des assertions ncn-démontrées, appuyées sur des vues incomplètes el exclusives ; elle porte tout au plus contre l'usage abusif des principes exacts, non contre ces mêmes principes j enfin elle est une réponse' qui ne va pas à la question.
Existe-t-il quelques causes plus immédiates de la formation de Thermaphroilisme?
La solution de celte question ne présente pas
(i) Feiler, p. 79, 80.
d'anatomif. comparée. 099
moins de difficultés que toutes celles qu^il serait possible d'élever sur l'origine des déviations organiques en général. Un fait de cette nature, digne de remarque, est celui que rapportent Hunier et Scarpa. Ils ont observé que , chez des veaux jumeaux de différent sexe, l'individu femelle offre communément des traces plus ou moins distinctes d'hermaplirodisnae, phénomène moins saillant, dans le cas où il est la conséquence d'un' développement arrêté des parties génitales, et surtout de celles du sexe féminin , mais qui revêt un caractère plus important lors qu^il consiste en l'addition de parties surnuméraires. Peut-on admettre ici que la tendance à imiter les organes mâles de l'un des jumeaux, produit, clans ce cas, des parties mâles à côté des femelles, et qu^une souffrance de l'un et de Vautre appareil sexuel en est le résultat ?
Si l'on croyait à l'influence de l'imagination, dans son sens le plus étendu j sur le produit de la conception, on pourrait y trouver encore une explication de ce phénomène.
4. Un très-grand nombre, la plupart même des déviations organiques peuvent être ramenées aux différences de développement et expliquées par elles, du moins , quant aux circon > stances de leur forme.
6oO TRAITÉ GÉNÉRAL
Que l'une des causes, quelles qu'elles soient, que nous avons indiquées, comme déterminant les conditions de la variété, arrête, avant son développement parfait, un organe à un des degrés nombreux d'organisation qu'il doit parcourir, ce degré, jusqu'alors condition normale devient anomalie. Tout système et tout appareil offre plus ou moins de formations arrêtées ; les principales sont les suivantes :
a. Au sy-.lème tégumentaire extérieur Vahsence de poils, à Tintérieur le manque de dents , constituent un développement arrêté.
b. IjQ sjstème7nusculairemiinc\\iQ quelquefois dans la totalité des membres, et est remplacé par une masse adipeuse et gélatiniforme. Certains . muscles ou ventres de muscles, sont plussujels à manquer que d'autres^ une partie des muscles abdominaux en particulier.
c. Les suspensions d'accroissement, qn e l'on rencontre dans [e système vascuîaire, consistent dans la persistance du trou de Botal, du canal artériel, la présence d'une ouverture dans la cloison interventriculaire, le défaut de cloison, la diminution du nombre des cavités du cœur, la largeur de cet organe, et la bifurcation de sa pointe, le manque d'artères et de Tcines pulmonaires propres, l'existence d'une artère pulmonaire aecessoire, naissant de la partie inférieure de l'aorte ihorachique.
d'aNATOMIE COMPAIl]ÈE. 6oi
d. L absence de la totalité ou d'une des parties du système nerveux y la longueur, la largeur et la scissure du cordon rachidien,la minceur des parois du cerveau, le défaut de circanvolutions, la petitesse proportionnellement trop considérable du cervelet j le nombre moindre de ses lames, la mo'lesse de fenccphale, l'absence des concrétions calculeuses que renferme ordinairement le conarium, sont autant de vestiges irréguliers des degrés d'organisation antérieurs de ces organes.
e. Les arrêts de développement qu'offre le système osseux, sous les rappoits de la composition et de la texture , consistent dans la mollesse et la quantité proportionnellement peu considéi^able des sels terreui.; sous le rapport de la forme extérieure, c'est une foule dedéviations organiques, soit par défaut, soit par non-réunion des noyaux osseux ou points d'ossification, généralement séparés à Tétat normal. Cette dernière déviation est susceptible d'offrir plusieurs degrés. Dans les plus légers, les points d'ossification se touchent, mais ne se confondent pas comme cela a lieu normalement pour les os qui s'articulent par suture ; on eu a un exemple dans la persistance de la suture frontale. Au plus haut degré, comme dans la fissure ou diaslase des vertèbres et des os du crâne, ainsi que dans la fissure du palais, les os ne s'alleignenl pas.
602 TRAlTi GÉNÉRAL
f. Ises obstacles apportés aux actes de la force formatrice^ dans ^appareil digestif produisent : i" la fente du palais; 2" l'absence de dents, toutes deux déjà indiquées; 3» le manque d'une portion variablement considérable du tube digestif, de l'œsopbage , de l'eslomac , de l'intestin grêle, du colou j de l'appendice cœcal ; 4° une oblitération sur un point quelconque; 5o l'existence d'un diverticulum à l'intestin iléon; 6° le volume considérable du foie j 7° le défaut ou la petitesse de la rate.
g. Dans Y appareil de la respiration , le défaut et la petitesse du poumon, la persistance du tbjmus, au-delà de Tépoqueoù cet organe disparaît ordinairement, sont également une pause de l'action formatrice sur un éclielon antérieur d'organisation.
h. L'absence d'un rein, la différence de volume entre ces deux organes, leur enfoncement dans le bassin, leur réunion en un seul, leur structure lobée , leur forme alongée, leur Tolumc considérable, ainsi que celui des capsules susrénales, l'alongemcnt exagéré de la vessie, constituent les écarts organiques, de ce genre, que l'on observe dans Yapparcil urinaire.
i. Les vices de conformation des organes générateurs femelles qui se rangent ici , sont une absence totale ou un manque partiel; on voit l'ovaire ne pas présenter les vésicules de Graaf, l'utérus et le VJgia être bilides, et la vulve S€
d'anatomie comparée. 6o3
montrer oblitérée, seule ou conjointement avec le canal du vagin.
k. Ler org^-'nes générateurs mâles "penYent aussi manquer en totalité ou dans quelques-unes de leurs parties; les teslicuîes se présentent incomplets, ils sont petits, élevés au-dessus du scrotum j le canal inguinal laisse encore communiquer, dans l'homme, ia tunique vaginale avec la cavité péritonéaie ; le pénis est fendu à sa face inférieure, le gland, privé de prépuce, est dénudé. Le défout des parties externes de la génération esirégalement un état d'organisation régulier dans le principe.
1. Les deux appareils dont il vient d'être question , réunis à celui de la digestion, offrent par la formation du cloaque, une déviation qui est vraisemblablement un état normal dans la vie embryonique.
m. Les organes des sens manquent, soit entièrement, soit en partie, par suite d'un défaut de développement. La langue, les yeux et l'organe auditif, sont, à la fin de la première période, beaucoup plus développés, en proportion, qu'à l'état parfait; ces conditions, reproduites à l'état adulte, y sont le résultat d'une continuation d'accroissement anormal, d'après le type du fœtus. La petitesse du nez, Tabsencedessinus, l'existence de la membrane pupillaire, l'imperfection des spires du bmaçon sont des développeniens arrêtés du nez, des yeux et de l'oreille j *
6o4 TRAITÉ GÉNÉRAL
de même, l'occlusion des narines, des paupières et du conduit andilif, sont des élats réguliers à une certaine époque.
n. Celle suspension du développement se prononce dans la forme extérieure de tout le corps, par un défaut incomplet de la moitié supérieure du corps, par l'état de fissure de la face postérieure ou antérieure du troi.c, dont la conséquence est î'apparition à nu deTencéphale, du cordon ra<^lii ]ien , des \iscèx'es lliorachiques et abdominaux, et par les degrés d'iBaperfecliori les plus variés dans l'accroissement des membres.
L'idée qu'un grand nombre de déviations organiques, et surtout les plus fréquentes consistent en uij étatstationnaire du développement fixé à un degré de formation antérieurement no;rraal, idée d'où résulte, non-seulement une diminution de l'intervalle immense qui sépare lesformalions anormales des normales, mais encore Tcxplication de la fréquence et de la disposition des premières, fut soupçonnée déjà par Harvej(i), indiquée ensuite par G. F. Wolff (a),
(i) De gcncratione. Amstel. 1662 , page aSg. — (a) De orta
d'ANA.TOMIE COMPAR]éE. 6o5
un peu plus développée par Autenvielh (i), démontrée d'abord par mes propres recherches, quant au système vasculaire(2j, puis pour beaucoup d'organes (^3), ensuite pour tous (4), et adoptée par plusieurs savans, tsîs que Reil(5), Tiedemann((i), Chaussier (7), Otto (8), Béclard (9), Blunienbach(io), de Biainyille (i i), Heusinger (la), Leuckardt (i3).
Plusieurs personnes se sont d'abord élevées, mais d'ane manière peu publique, contre celle pensée; maintenant elles paraissent avoir changé d'avis. Ce n'est que récemment qu'un adversaire ardent a cherché à faire le procès au mot aussi bien qu'à la chose. Ses efforts me semblent encore cette fois-ci , plus violens qu'heureux.
monstrorum ; in Novis Comm. Petropol. T. XVII, page 56o. —
(i) Additamenta ad hist. emhryonis. Tub. 1797, page 38, — (2) Reil' s Archiy. Bd. 6, i8o5. — (3) Mes Abliandlungen , etc. Halle, 1806. S. 286. 3oi. — C4) Ilandbucli der pathologischen Anatomie Bd. i. iSia. ( Manuel d'anatomie pathologique.) — •
(5) Dans ses Archives de physiologie , toI. 9, pages 63 et 64.
(6) Anatomie der kopflosen Misgebnrten. Narnberg , i8i3. ( Anatomie des monstres acéphales. ) — Meckel's Archiv. iid. 4. .
(7) Dans Béclard Mémoire sur les acéphales. — Leroux , Jour, da méd. i8i5-i8i6. — (8) Haiidbuch der pathol. Anat. i8i3. S. Sgo. ( Man. d'anatomie pathologique.) — (9) Méra. sur les acéphales, — (10) De anom. et vitiosis quibusdam nisûs formativi aberrationibus. i8i3, pag. 6. — (11) Bulletin de la Soc. philomatique , 181 9, pag. 14. — (12) MeckeL's Archiv. Band. 6, S. ao. —
(i3) Ibid. Bd. 6. S. 164.
6o6 TRAITÉ GÉNÉRAL
Le mot de formations arrêtées ( Hsmmungsbildimiy){i)y ne doit pas signifier ( est-il besoin de donner une semblable explication ! ) un acte de formation opéré j ar un éiat de station (a), mais bien une déviation de la règle résultant d'une pause survenue dans l'action formai rice (3).
L'auteur, pour attaquer le fond de notre pensée commence par en altérer le sens, puis il combat une partie de nos argumens et nous oppose des argumens contraires.
I. Il altère notre opinion quand il prétend que nous expliquons « toutes les difformités consistant » en un défaut, par un repos du fœtus, lout-à-coup » arrêté à un degré inférieur d'organisation » (4); tandis que nous avons expressémen! fait deux sections dansla classe des difformités ],ar défaut, l'une d'elles comprend les formations arrêtées, et l'autre les formations qui ne peuvent pas être ramenées à l'organisation normale, et qui constituent un groupe particulier (5).
(i) J. F. Meckel's Handb. der patliolof}^ Anat. Halle, i8ia. toI. I. page 48. — (a) Feiler, 1. c. page 45. — (3) Ceîte m-'prise de M. Feiler pourrait provenir de l'usage abusif du mot formation ( Bildung ) dont les Al»emands se servent , aussi bien que les Français , tantôt dans le sens de l'action qui forme , tantôt dans celui do produit forme. 11 en est ainsi du mot irritation. ( des iraduc
<g„,.j. ) (4) l'cUer, p. 56. — (5) Handb, dcr palli. Anat. vol. I ^ png. 46-48.
d'a.NATOMîE COMFARIÎE. 607
a. Un autre moyen à l'aide duquel on a essayé d'ôter à notre assertion son véritable sens, a consisté dans la réfutation d'argumens qui n'avaient pas été allégués, et dont il n'est n ul besoin de faire usage en sa faveur ; ainsi s'évertuer à démontrer qu'une pression quelconque (i), que les effels de l'imagination (2) ne sauraient déterminer la suspension d'un développement; c'est insinuer que l'explication des phénomènes de formations arrêtées est principalement fondée sur l'influence nécessaire d'une cause mécanique ou morale. On trouvera ce mode d'argumentation d'autant plus singulier que je me suis moi-même déclaré positivement et d'une manière peut-être trop générale, contre l'origine mécanique des difformités, et contre la possibilité de rimilalion d'un objet extérieur par suite d'une vive impression morale éprouvée par la mère (3), et même à tel point que^ sans renoncer à l'opinion que f ai antérieurement énoncée, j'ai cru devoir accorder, dans cet ouvrage (4), à la croyance contraire , plus de vraisemblance que je ne l'avais fait d'abord.
Entonner l'hymne de victoire , après avoir réfuté des argumens imaginés par soi-même ,
(i) Feiler, 1. c. page 46- — (a) lijid. page ar. — (3j Pathol, Anat. Bd. i. pages 35, 41- (4) Voyez plus haut pag. 4i5, 439'
6oB TRAITÉ GÉNÉRAL
et dont personne n'a songé à s'e'tayer j croire la théorie des formations arrêtées entièrement renversée, parce qu'on affirme qu'il ne reste plus à l'appui de celte doctrine que le recours à la puissance magique d'une baguette enchantée (i) , ne semble- t-il pas quelque peu hasardé à ceux qui connaissent les véritables preuves sur lesquelles notre opinion repose ?
Des raisons de celte force, présentées clans cette forme, engageront-elles à chercher la cause première de toutes les déviations organiques, dans une disposition primitive irrégulière du germe primordial (a), appuyées même qu'elles sont de l'emboîtement d'un corps dans un autre ( la pénétration des grrmes.j observé quelquefois (3) , ainsi que de l'hérédité -des difformités (4).
Sans doute une partie de ces fait'?, auxquels on peut avec raison en ajouter plusieurs autres, tels quelapluplart des cas de multiplicité, des exemples de positions anormales, surtout la transposition latérale des viscères, militent en faveur de l'opinion que beaucoup de difformités dépendent % d'uneabnormité primitive des germes(5j. Mais en
(i) Fciler, page 53. — (a) Jbid. pape 5y. — (3) Ibid. 1. c. pnge 6G. — (4) Ibid. page 69. — (5) Meckd's Haudb. der pathol. Anat. T. I, page a 5.
d'a-Natomie comparée. 609
réslilte-t-il qu'un corps originairenient régulier tie puisse plus tard être modifié en général^ et particulièremenl arrêté dans son développement» sous l'influence de causes accidentelles agissant sur l'acte vital ?
La justesse de celte proposition générale est prouvée par les maladies et par chacune des nombreuses transformations qui peuvent arriver et arrivent réellement pendant le cours de la vie extra-utérine à des organes actuellement existans (i). Les différences ijue présente l'embrjon, dans ses diverses époques d'accroissement , con'tiennent déjà la preuve qu'il peut s'arrêter à divers degrés inférieurs d'organisation, lorsque la cause perturbatrice vient le surprendre à une époque où un organe donné se trouve encore loin de son état de perfectionnement (2).
Un phénomène qui vient encore à l'appui, est l'influence qu'exerce la transformation morbide d'un organe, dans un être existant déjà depuis long-temps, sur la forme de tout le corps et de certaines parties et même sur la production d'organes extraordinaires.
Ainsi, une biche portait un bois du côté où l'ovaire était ma'ade (3). Des poules, dont les
(i) Voyez plus haut ^age 444-— (2) Me<sktl'$ Haadb. dcr pathol. Anat, Bd. i. S. 34. — (3; Voyèi plus haut S.-^3.
6lO TRAITÉ GÉNÉRAL
ovaires sont squirrheux , chantent quelquefois comme lescoqs, acquièrent à la queue des plumes analogues à celles des mâles et s'arment de larges ergots aux pieds (i). Chez une canne précédemment saine, la voix devint tout-à-coup mâle; on lui trouva un ovaire dur, cartilagineux^ en partie ossifié (2). Des cerfs ^ coupés à l'époque du chan" gement des bois, ne reprennent plus cet ornement; quand on les châtre au contraire pendant qu'il existe encore, il ne tombe plus (3).
La castration, chez le cheval, empêche le développement en largeur du col, delà nuque et de l'occiput; parsuitede cette opération, les crochets poussent plus tard et restent plus petits. Tout le corps du cheval hongre est plus allongé, les parties génitales se garnissent de poils yilus longs ,• elles deviennent plus volumineuses, plus grasses, plus molles; les poils de toute la peau sont, en général, plus développés; les marrons ou verrues cornées, situés sur les membres , grossissent considérablement, et la glande prostate ainsi que les vésicules séminales augmentent d'un tiers de leur volume(4). La téte du bœuf est longue, faible,
(i) Grevt Bruchstiicke zur vergl. Anat. u . Physiologie. Oldmburg, i8i8. S. 45. (Fragmens pour servir à l'anatomie et à la physiologie comparées. ) — (a) Ibid. page? 45 et 46. — (3) Bujfon, li\iX. nnt. T. VI, pages 8oet8i. — (4) GrK$ c. pag. 39.41
d'anatomie compar^;e. 6ii
semblable à celle de la vache ; les cornes sont fort prolongées et plus grêles que celles du taureau (i). Chez le bouc coupé, les cornes prennent de l'accroissement en longueur et perdent leur épaisseur ; la barbe et la crinière disparaissent en partie , et les cavités inguinales s'efïlîcent presqu'entièrement (a). Les défenses du sanglier coupé restent petites , et le remplacement des dents semble s'arrêter tout-àcoup (3). On voit en même temps la quantité et la nature des sécrétions odorantes liées par quelques rapports avec les fonctions sexuelles, s'atténuer généralement. Les animaux femelles, châtrés, acquièrent de leur côté des caractères de masculinité.
Si donc la modification subie par un organe unique, est suivie de cliangemens si notables dans la totalité d'une économie toute formée , il est naturel de concevoir que différentes causes peuvent influer avec beaucoup plus d'énergie encore sur l'organisme soumis actuellement au travail de formation, et en arrêter le développement à un degré d'organisation jusqu'alors régulier.
(i) Grtvci page 41. — (a) Jbid. page 43, — (3) J6/rf.,' page 44.
tkknÛ GÉNÉRAL
JEn faisant ressortir l'uniformité de type qui existe, sous plusieurs rapports, entre différentes parties du même organisme; en démontrant que des formes variées se répètent de plus d'une manière dans Ja série animale, qu'un organe donné a partout le même caractère essentiel; en ramenant surtout la variété anormale à la diversité normale, les différences de développement du rnême organisme à celles de la série dés êtres animés : on est conduit à ne plus voir qu\m tj'pe organique général , dont les raodificalions constituent les différences qui existent dans le règne animal. La vérité de cette proposition trouvera de nouvelles preuve; dans les volumes qui vont suivre, où l'organisation sera considérée en particulier, quoique l'objet principal de ces études soit plus spécialement d'exposer les différences de F organisation.
Mais autant est évidente celle unilê dun tjpc organique, autant le myslèrc répandu sur la cause profonde, qui rend possible de ramener ieadtf- ^férentes formes à ce type, est difdcile à dissiper. Celle cause réside inconleslablcment dans \ identité de la/orce, i]\n fait sortir du ncarl et anime toutes les formations animales. Les produits de
d'aNATOMIE COMPARkK. 6i3
celle Force penvenldonc bien éprouver des mo- (iificalions considérables par suite d'une foule de circonstances, mais jamais à un point tel qu'il soit impossible d'y reconnaître le type organique général. Aussi n'est-il pas nécessaire d'admcilre, pour expliquer l'existence de ce type, que tous les organismes soient des transformations insensibles d'un organisme primitivement unique, quoique la possibilité de tout rapporter à un seul type dépende, sans doute aussi, en partie du moins , d'une métamorphose semblable.
La mulliplicalion des formes à l'infini est d'ailleurs empêchée par Vhérêdhé des organisalions y quelles qu'en soient les causes productrices; autre circonstance qui nous aide, dans le même rapport, à ramener les formes actuellement existantes les unes vers les autres.