PRÉFACE DE L AUTEUR
Ce fut en i8o5, dans les Archives de physiologie de mon immortel maître Reil, que j'osai soumetlre mon premier travail au jugement du public. J'ai, depuis, employé tous mes efforts pour coopérer aux progrès de la science , soit en publiant des mémoires d'anatomie et de physiologie , soit en continuant le journal que je viens de citer, soit enlin en composant des ouvrages spéciaux sur l'anatoraie de l'homme, à l'état physiologique et à l'état pathologique ; j'offre aujourd'hui , avec ce volume, le commencement d'un ouvrage plus étendu sur l'anatomiq comparée. Je ne connais que trop les difticultés d'un semblable sujet, aussi ne trouvé-je d'autre excuse à ma témérité que la conscience de n'avoir néghgéj pendant une longuesuite d'années, aucun moyen qui fût à ma portée pour donnera cet ouvrage toute la perfection dont j'étais capa^
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bic. Je puis dire que pendant les années i8o4, i8o5et 1806, quoique je n'eusse alors d'autre but que celui de mon instruction propre . j'ai étudié avec la plus grande assiduité dans la belle collection de Paris, fondée par Euffon et Daubenton, et portée presqu'àla dernière perfection par M. Cuvier. Je dois les facilités que j'ai trouvées à cette étude à l'extrême bienveillance de ce prince de la zoologie en général et de l'anatomie comparée en particulier. Depuis mon retour à Halle je n'ai cessé de faire de ces sciences l'objet de mes recherches, tant dans le reste de l'Allemagne qu'en Italie, en Hollande, en Angleterre et de nouveau en France, soit en étudiant des objets recueillis par moi-même, soit en mettant à profit les meilleures collections. Ce n'est pas à moi à décider si je n'ai pas été trop confiant en mes forces , et si les charmes de mon sujet ne m'ont pas fait illusion sur la difficulté de le traiter convenablement. Les encouragemens de plusieurs savans, à qui j'avais fait pavt de mon projet, me serviront d'excuse , si j'ai osé entreprendre cet ouvrage, après ceux que possède déjà la science; d'ailleurs je pourrais dire que depuis l'impérissable ouvrage de M. Cuvier, il n'en a pas paru d'autre où l'on ait
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beaucoup ajouté à ce qu'on savait déjà , et où les matériaux existans avant ce savant, ceux qui lui s.ont dus et ceux que l'on a accumulés depuis, aient été présentés autrement que d'une manière très-abrégée. J'ai dû par conséquent être au moins rassuré sur la crainte que mon travail ne fut inutile ou superflu.
Conformément à la méthode adoptée aujourd'hui, et qui sans doute continuera d'être suivie à l'avenir, parce qu'elle est exacte, j'ai divisé tout mon ouvrage en une partie générale, et en une partie spéciale. La première, qui fait l'objet de ce volume ^ comprend les conditions les plus générales de la forme animale, et les lois de formation. Après avoir cherché précédemment à développer ces lois et ces conditions dans des mémoires particuliers, et dans mon Manuel d'anatomie de l homme, j'ai cru devoir ramener toutes les circonstances subordonnées (îue présente le règne animal, envisagé en général, à deux points principaux, savoir : la variété et Yunité ou Vanalogie.
C'est en effet sous ces deuxpointsde vue qu'il faut considérer toujours la forme animale, si on veut que l'exposition de cette forme ne consiste pas simplement à faire l'énuméralion de
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différences et d'individualités, ou à poursuivre des ressemblances spécienses, qui trop souvent n'existent que dans l'esprit de celui qui les cherche.
J'ai fait précéder rétiicîe de la loi d'unité par celle des différens phénomènes de la variété , qui sont en effet ceux qui s'offrent les premiers à l'observateur. J'ai cru devoir considérer nonseulement les conditions de la règle, mais encore les anomalies, parce que ce n'est qu'en procédant de la sorte que l'on peut arriver à des lois générales applicables à la forme animale. Ce sont, Cil effet, presqu'uniquemenl les déviations organiques qui mettent sur la voie de certaines de ces lois, ou du moins qui servent aies confirmer; et si Ton se persuade de jour en jour davantage que l'étude de l'étal sain et celle de l'état morbide sont inséparables, en ce sens qu'elles s'aident et s'éclairent mutuellement; on appliquera nécessairement cette assertion à l'étude de la forme animale, à celle de ses conditions générales, surtout aux causes qui produisent la variété , et aux circonstances qui permettent de ramener les uns aux autres les phénomènes de cette dernière. Il n'y a que l'ignorance et la mauvaise volonté qui puissent blàmei-
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railleur ou le professeur qui réunit l'élude de l'étal sain à celle de l'état morbide.
II est dans la Rature des choses que , pendant long-temps, les phénomènes individuels aient seuls occupé l'attention. Celte première période del'anatomie comparée se caractérise parconséquent par ses productions propres; ce sont des descriptions et des représentations figurées d'animaux, soit disséminées dans des journaux, soit recueil ies par des compilateurs et réunies par eux aux résultats de leurs propres recherches , dans des ouvrages spéciaux, pubhés depuis la fin du dix-septième siècle. Il n'est pas besoin de faire remarquer que des publications de ce genre qui se continuent, forment les bases les plus sûres d'ouvrantes plus généraux.
Après qu'on eût ainsi ^ pendant quelque temps, accumulé matériaux sur matériaux, il survint une seconde période pour la science ; période qui s'est principalement manifestée de nos jours où l'esprit des observateurs ne se contentant plus de la descripiion des formes particulières, essaya, avec des succès variés, d'embrasser la forme animale en totalité. La considération des conditions générales des dif- '