Muscles des ailes
Lesmusclesdes ailes ctdc la premièrcportion principale des pieds sontsitués, chez les insectes parfaits à métamorphoses , dans l'intérieur du thorax , où ils constituent une masse d'autant plus considérable que les ailes ou les pieds sont plus développés. Les muscles des ailes sont
situés principalement dans le mésotliorax et le mclathorax, et ceux des hanches dans le prolhorax. Les premiers (1) l'emportent communé ment sur les seconds , si ce n'est chez les insectes foviisseurs , par exemple le taupe-grillon ,
(i) Le thorax étant conside'ré comme le point d'appui sur lequel s'insèrent les puissances musculaires , il en re'sulte qu'on ne lui reconnaît pas d'autre muscle que celui que M. Straus appelle le muscle expirateiir dans le métatliorax . Ge muscle est forme' par un plan trèsmince de fibres musculaires, qui naissent sous la crête supérieure du premier ischion , et se portent au-dessus en se portant dans une toile apone'vrotique , qui va se fixer au bord supe'rieur de l'aile du sternum supérieur. Tous les autres muscles qui se fixent au thorax sont nomme's d'après la fonction qu'ils exercent sur la partie qu'ils meuvent. On trouve sur ces agens de la locomotion les de'tails suivans dans l'ouvrage de M. Straus :
Deux ordres de muscles meuvent les ailes : les uns agissent directement , les autres d'une manière me'diate et à des degrés difFe'rens.
Ces muscles sont :
\° Le prétracteur de l'apophyse êpisternale postérieure , muscle conique , qui prend naissance sur le bord de l'apophyse e'pisternale moyenne et se porte en arrière et en dedans , pour se terminer en pointe à l'extre'mite' de la corne antérieure de l'apophyse e'pisternale postérieure. Quoique ce muscle soit placé entre deux jîarties fixes en apparence , il doit fléchir les deux articles du thorax l'un contre l'autre.
2» hcjléchisseur latéral de la même apophyse , également conique, naissant dans toutes les cavités du ga->
OÙ les muscles des hanches sont plus développés que ceux des ailes.
det de l'apophyse inférieure du tergum; il se porte de là en dedans et un peu en arrière , en s'insérant par son sommet sur l'extrémité de la corne late'rale de l'apo-^ physe e'pisternale poste'rieure.
5° Uabaisseur du tergum , muscle plat qui vient du milieu de la corne late'rale de l'apophyse e'pisternale postérieure, et se porte obliquement en haut et en dehors , pour s'attacher sur le bord libre du tergum , dans l'intervalle des deux grandes fosses.
Ces deux derniers muscles, en portant l'apophj-^se e'pisternale postérieure en dehors , paraissent produire un changement de direction dans le vol.
Les muscles qui agissent me'diatement sur les ailes sont :
1° Le rc tracteur de l'aile. C'est un muscle arrondi , qui prend naissance près du milieu de la face postérieure de l'écusson^ il se porte en arrière et se recourbe en dehors, pour se terminer en pointe à une petite apophyse du bord latéral du diaphragme ; il tire en àvant, et porte par là l'aile en arrière.
5° Uabaisseurdudiaphragme., qui part de l'extrémité de l'apophyse épisternale moyenne et se porte en avant et en dçssus , sur l'angle antéro-postérieur du diaphragme. Quand les deux muscles agissent ensemble, ils concourent, avec le suivant, à l'abaissement des ailes ; et lorsque l'un d'eux se contracte seul , il peut contribuer au changement de direction dans le vol.
6» Uabaisseur de Vaile , qui est chez tous les insectes ailés le muscle lepluspuissant du corps ; mais ses analogues n'ont pas la même fonction dans tous les ordres d'insectes : ils sont abaisscurs des ailes dans \es coléoptères, Us orthoptères, les hc'miptères.,el même les névroptères , chez lesquels
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La masse musculaire du mésulhorax et du métalhorax se dislingue des autres muscles
les ailes postérieures agissent principalement dans le vol; tandis que, dans les hyménoptères ^ les lépidoptères et les diptères, qui ont les ailes de la seconde paire plus petites que celles de la première, ce muscle agit moms essentiellement dans le vol , et se trouve principalement remplacé dans sa fonction par le rétracteur de Vécusson^ qui produit chez ces derniers insectes l'abaissement des ailes antérieures. Dans les coléoptères , et notamment dans le melolonlha , il est formé de fibres parallèles qui naissent dans toute l'étendue de la fosse moyenne du tergnm , et se portent horizontalement en avant sur la face postérieure du diaphragme , qu'elles couvrent en grande partie. Ce muscle courbe le clypeus en l'élevant dans le milieu, et produit par là l'abaissement des ailes.
7° Uélévateiir de Vaile. C'est un muscle très-puissant ; il est immédiatement en dehors du précédent et le croise à angle droit. Il est formé de deux chefs entièrement distincts : le premier ou l'antérieur, beaucoup plus fort que le second, naît sur la partie extérieure delà face latérale de l'apophyse épisternale postérieure; ses fibres se portent parallèlement en haut , en dehors et un peu en avant , sur la partie latérale ou postérieure du diaphragme , oià elles se fixent. Le second chef, placé en arrière du premier, s'étend du bord postérieur de la toile du clypeus , en dessous , en longeant le premier chef, et se fixe sur une cupule , dont le pédicule s'attache au bord postérieur du sternum du métathorax , près de la ligne médiane.
8» Le prélracteur de Vaile. 11 naît dans toute l'étendue de la face latérale du tergum , et ses fibres se -çortent parallèlement en haut et en avant sur la partie
par une couleur jaunâtre plus foncée, par de la mollesse , par la disposition en faisceaux
postérieure du clypeus. Ce muscle paraît agir principalement dans la direction oblique de bas en haut , que prend le corps dans le vol , en empêchant le clypeus de s'e'lever poste'rieurement , ou bien en l'abaissant plus fortement.
Les muscles qui meuvent directement les ailes sont :
9° U extenseur anlérieur de l'aile. C'est un gros muscle cyliudrique, qui naît sur le miheu de l'aile du sternum postérieur, et se porte, en haut, en dehors et un peu en avant, sur la grande cupule de l'aile, dont il remplit la cavité'. Ce muscle porte la pièce pre'axillaire en dedans , et achève par là l'extension de l'aile.
10° U ex tenseur propre de l'aile^ muscle également cylindrique , mais beaucoup plus faible que le préct^ dent, dont il suit positivement la direction. A son extrémité ante'rieure , il se fixe sur la moitié' ante'rieure de la cupule intérieure de la hanche de la troisième paire ; supe'rieurement il se fixe dans la petite cupule de l'aile. En prenant son point d'appui sur la hanche, ce musck; renverse la quatrième axillaire en dehors, et produit l'extension de l'aile ; et , prenant son point fixe sur l'aile, il devient un fléchisseur de la hanche.
1 1° Le relevenr de la grande cupule. Petit et plat, ii se rend , du milieu de l'apophyse ahfèrc , obHquement en dessous et en dedans, sur la convexité do la grande cupule de l'aile, à sa partie interne. Ce muscle semble servir à pousser la tige de la cupule en dehors, et avec elles les pièces préaxillaires , pour relâcher l'aile après son extension.
la" Le relaxateur de l'aile. C'est un muscle coui(pii.', qui naît sur la seconde clavicule et se dirige horizontalement eu arrière j il contourne en dedans les pièces
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parallèles , lâchement unis , par une épaisseur uniforme dans tout son trajet , et par l'absence
prcaxillaircs , sur lesquelles il appuie par un prolongement de la clavicule. Ce muscle, étant convexe en deliors, pousse par sa contraction la préaxillaire en dehors, et devient par là un antagoniste de l'extenseur antérieur (le l'aile.
iS" Le fléchisseur de l'aile. Il est compose' de trois cliefs : l'un se fixe sur la partie poste'rieure de la lame oblique du premier ischion, et se porte obliquement en haut et en avant vers le milieu de la troisième axillaire j le second chefnaît sur la partie ante'rieure de la lame oblique du premier ischion , et se porte en haut et en avant , pour s'unir au premier j enfin , le troisième dhef , l'ante'rieur, qui est très-petit, vient du milieu de l'apophyse de la face, et se dirige horizontalement en arrière, pour s'unir aux deux pre'ce'dens. Leur tendon commun est très-large, et va se fixer à l'angle de la troisième axillaire.
Il y a aux éljtres , comme aux ailes , des muscles moteurs directs et des muscles qui agissent rae'diatement. li'attache fixe des e'lytres a lieu au prothorax.
Les muscles qui meuvent les élytres indirectement sont :
1° Le ré trac leur de Vécusson, muscle plat, à fibres parallèles , qui s'attache d'une part au diaphragme , immédiatement au-devant de la toile , et de l'autre au bord poste'rieur du limbe de l'e'cusson. 11 est place' à côte' de son correspondant, et retire l'e'cusson et l'abaisse poste'rieurement , en le faisant tourner sur les clavicules anle'rieiires.
?.o \J abaisseur de Véciisson., qui s'attache d'une part a l'cxtrcmite' de l'apophyse transverse des pièces iliaques, et de l'autre à la partie late'rale du bord libre de l'écns-
des tendons. Elle est formée de plusieurs portions.
son , en arrière de l'e'lévateur du corselet : c'est un muscle cylindrique, qui se dirige presque verticalement de bas en haut ; il abaisse l'e'cusson , et produit par là l'élévation de l'e'lytre.
Les muscles propres de l'élytre sont :
0° \J extenseur de Vélj'tre. C'est un muscle fort allonge' et arrondi, qui naît sur l'extre'mite' ante'rieure de la lame en fer à cheval qui retient l'ouverture de la hanche moyenne j il se porte de bas en haut et un peu en avant, pour se terminer par un tendon à l'apophyse interne infe'rieure de la pièce pre'e'paulière , qu'il fait tourner en dedans , en l'abaissant en même temps j mouvement qui produit l'e'le'vation de l'e'lytre. Ce muscle est à la fois fle'chisseur de la hanche moyenne.
4° Uaddiicteur de l'éljtre. Il est forme' de deux petits chefs , dont l'un vient de la partie inférieure de la première pièce iliaque, et l'autre de l'apoplijse transverse de la même pièce. Les deux chefs se re'unissent bientôt , et se dirigent en haut et en dehors , pour se fixer par un tendon grêle à l'angle ante'ro-infe'ricur de la troisième e'paiilière, que ce muscle tord en avant et en dessous , et fait tourner par là l'e'lytre en dedans sur lui-même.
5° Le fléchisseur de l'élytre. Il naît sur la seconde pièce iliaque, en grande partie dans la poche qu'elle forme en arrière. De cette attache le muscle se porte de bas en haut , et réunit ses fibres sur une petite cupule ovalaire , de laquelle naît un sous-tendon , qui va s'insérer à l'angle intro-postéricur de la troisième c'paulière, qu'il tire en dessous et en arrière; il replie par là l'élytre.
[Sxnws, CUV. déjà cité, p. 162 — 165.]
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La première s'attache, en avant, à la plaque dorsale, et, quand il y en a une, à la lame antérieure recourbée, le prœdorsum ou cloison du cou (i) ; en arrière , elle s'insère à la lame qui descend du bord postérieur de la plaque dorsale , le postdorsum (2). Les deux moitiés latérales se touchent dans la ligne médiane ; elles raccourcissent le thorax , et , par conséquent le dilatent dans le sens de la largeur ; elles font voûter le dos , et en même temps abaissent les ailes. Ces muscles , par conséquent , jouent le rôle principal dans les mouvemens du vol. On peut leur donner le nom muscles longitudinaux du thorax^ ou celui d'abciLSseurs horizontaux des ailes ; dénomination qui , du moins , me parait plus convenable que celle de muscles dorsaux (3) , proposée par M, Chabrier. '
M. Cuvier ne semble pas avoir séparé d'une manière distincte ces muscles , puisqu'il parle
(1) Chabrier , sur le vol des insectes. Me'm. du mus. , VI, 4 '8- — Ce prœdorsum n'est autre chose que le prcesciitum de M. AuDoum. {N. d. T.)
(2) Ibid., p. 480. — Le posldorsum correspond au posisculellum de M. Audouin, dont nous avons fait connaître préce'demment le travail étendu et très-philosophique sur le squelette des insectes. Voy. p. 64 et suiv. du vol. II. {N. d. T.)
(5) Chabrier, sur le vol des insectes. Me'm. du mus. , VI , p. 442.
8o TRAITÉ GÉNÉKAL
seulement de muscles très-forts , dans l'intérieur de îa poiirine , qui approchent la parlie dorsale de la ventrale (i), et qui doivent affecter naturellement une direction droite opposée.
Il existe , à la vérité , très-généralement , des muscles dirigés en ligne droite , particulièrement aux ailes de devant; mais il est incontestable que M. Cuvier n'a pas distingué ceux-ci et leurs antagonistes d'avec les muscles précédens. Ces muscles droits montent verticalement de la plaque ventrale du thorax à des lamelles qui existent à la base des ailes , au moyen desquelles ils abaissent ces dernières. On peut les appeler muscles verticaux du thoraoc , ou , d'après leurs fonctions , abaisse urs verticaux des ailes.
Les antagonistes de ces muscles abaisseurs , les élévateurs des ailes , qui rétrécissent le thorax , et par là élèvent les ailes , sont situés sur les côtés du thorax , en dehors des premiers.
Ceux que l'on rencontre le plus généralement partent de la face inférieure du mésothorax et du métalhorax , principalement de Ventosternum (2) ; ils se portent un peu eu avant , encore plus en dehors , de manière à
(1) Leçons , 1 , 45o.
(2) Vol. Il , p. 78 et suiv.— L'cntoslernum correspond à l'cntothorax de M. Audouin. (iV. d. T.)
d'anatomie compau]1k. 8i
envelopper les muscles longitudinaux , et s'attachent en haut à la plaque dorsale. On peut les nommer muscles sterno-dorsauoc , ou. élévateurs antérieurs des ailes.
Les élévateurs postérieurs existent moins généralement: ils se dirigent à côté des muscles longitudinaux, de la plaque dorsale postérieure à la supérieure , comme les muscles précédeus , mais ils sont situés plus horizontalement et ne sont pas tournés eu dehors.