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HUITIÈME SECTION

MUSCLES DES CEPHALOPODES.

Le corps des céphalopodes est formé , en majeure partie, de substance musculaire.

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Je prends pour type de cette description Voctopode, à cause de la simplicité plus grande de sa structure , et de la facilité avec laquelle on le trouve sur les côtes.

La partie qui est la supérieure dans la position ordiuaire du corps, et qui contient les viscères , est entourée d'un sac musculaire épais , formé irès-dlstiuctement de fibres longitudinales , surtout à. sa surface externe.

Je n'y ai pas vu distinctement les fibres internes , transversales et autres , allant d'une face à l'autre (i).

Son bord inférieur, libre, est formé , au contraire , dans sa moitié antérieure , par un large anneau musculaire , qui descend et se porte de la partie latérale à la base d'un prolongement musculaire, V infundihiilum , qui est situé à la base du crâne.

Plus superficiellement, on voit partir de la partie antérieure et la plus grande du bord inférieur de ce sac musculaire des fibres minces qui se jettent sur le commencement des pieds : là une partie d'entre elles prennent une direction transversale, pour entourer ces organes, et se terminent, en s'amincissant insensiblement, dans la membrane qui les sépare.

Au muscle mentionné en premier lieu , qui se rend à Vinfundibulum , en succède , en ar-

(i) Ciivier, Céphalopodes. Système musculaire.

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ricre, un second qui se détache aussi de la face iulerne du sac musculaire, et qui se porte en bas, où il se termine, soit en se confondant avec l'enveloppe musculaire immédiate des viscères, soit en s'attachant d'abord à la partie postérieure du cartilage crânien , soit en s'insérant de son côté à la base commune des pieds , qu'il tire de son côté et en avant. 11 naît en outre, à peu près du milieu de la face antérieure du sac musculaire, un muscle long et mince, qui se porte au milieu de la surface externe de l'infundibulum , qu'il dilate , en le tirant en dehors et en avant.

Plus en arrière encore, et plus près delà ligne médiane de la face dorsale ou antérieure, s'insère un troisième muscle , provenant surtout de la bandelette latérale cornée , qui descend aussi , en convergeant, vers celui du côté opposé, mais qui s'attache, plus haut que le premier, à la base de l'infundibulum , qu'il lire en haut.

Tout à côté de la ligue moyenne de la face postérieure ou abdominale , on trouve un long muscle, de forme triangulaire, qui se confond, en avant, avec les trois muscles qui viennent d'être décrits, et qui s'insère, en dedans du second muscle , à la base d'une paire de pieds , qu'il est chargé de mouvoir. Ces quatre muscles détachent du point de leur réunion une forte couche musculaire qui enveloppe toute la périphérie de la masse viscérale.

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Les pieds naissent de la partie inférieure du cartilage crânien, par une base commune, courte et ronde, qui entoure la masse buccale. Ils contiennent dans leur intérieur nne cavité qui reçoit les vaisseaux et les nerfs , et qui est large proportionnellement à eux. Leurs parois ont une épaisseur considérable , et sont formées d'une couche de fibres longitudinales qui est externe , et d'une couche de fibres iransverses qui est interne, sur lesquelles se jettent les fibres précédemment décrites, qui pénètrent aussi entre les pieds.

Les pieds offrent à leur face interne les ventouses , cupules charnues , à parois épaisses , fort concaves à leur centre, et dont l'orifice est entouré d'un disque mince , fortement plissé.

La partie interne, qui est la plus épaisse de ces suçoirs, se compose de ûhres longitudinales, rayonnantes, étendues de la base à l'orifice. On y trouve un anneau formé de fibres circulaires; et d'autres fibres circulaires plus faibles constituent le disque qui est disposé autour de l'orifice des cupules. Il est facile de voir que le premier ordre de fibres sert à aplatir les ventouses , tandis que les deux autres ordres les fixent aux corps étrangers. La ventouse entière est mue par environ douze faisceaux longitudinaux , forts, qui s'étendent de la face interne du pied à l'orifice du suçoir.

La disposition des seiches et des calmars

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diffère de celle que l'on vient de lire : cela tient particulièrement à leur forme extérieure, qui n'est pas la même que celle de Voctopode.

Le sac musculaire est plus allongé et plus plat, parliculicrement chez le calmar; il ne se compose pas de fibres longitudinales , mais de fibres transversales, qui sont surtout distinctes à la surface extérieure. La séparation des fibres est beaucoup moins marquée chez la seiche que chez le calmar.

Ce sac est, dans le calmar comme chez l'oc- ?Oyyo<ie, partout également musculaire et épais. Chez la seiche ^ au contraire, il est purement membraneux à la face dorsale, dans l'étendue qui correspond à la coquille, et la substance musculaire commence, des deux côtés de cette lacune, par un bord légèrement concave. Cela tient sans doute au développement considérable de la coquille. Mais, en revanche, on voit s'ajouter , dans ce genre, aux fibres du sac musculaire celles des ailes latérales ou des nageoires, représentant vraisemblablement la substance musculaire, qui manque sur le dos. Ces nageoires sont aussi formées de fibres transversales , même beaucoup mieux séparées qu'au sac , mais très-rapprochées les unes des autres : elles sontséparées entièrement du sac musculaire chez lesseiches; chez les calmars elles y sont au contraire unies, à leurextrémilésupérieure, par uu faisceau longitudinal considérable, qui se dé-

tache à peu près du commencement du tiers moyen de la face dorsale, à côté de la ligne médiane, et par un autre faisceau plus faible, mais plus long , également formé de fibres longitudinales, qui correspond presque à toute la longueur de la nageoire, et qui de la face inférieure s'étend au cartilage latéral (i).

Par suite de cette disposition, le calmar tient évidemment le milieu entre la seiche et Voctopode.

Au reste, les fibres naissent de la face dorsale du cartilage latéral , autrement le cartilage des membres, et s'étendent dans toute la largeur des ailes.

La partie antérieure du bord céphalique ou inférieur du sac musculaire ne fournit point de fibres longitudinales qui se rendent immédiatementà la base des pieds : ceux-ci les reçoiivent de la face inférieure des cartilages verté- Ibraux (2). C'est à ces derniers organes que s'inisère aussi la bandelette la plus antérieure : elle : se porte à la base de l'infundibulum , et offre sa ]plus grande largeur à sa partie postérieure.

La seconde et la troisième bandelettes sont 1 réunies dans presque toute la moitié inférieure I de leur longueur : chez le calmar \\ n'y a que

(1) Voy. vol. I, p. ig4 et igS, et vol. II, p. 192.

(2) Voy. vol. I, p. 194 et 196 , et vol. II, p. 184, etc.

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la seconde , chez la seiche seulement la troisième, qui se rende au crâne.

Au point de jonction de ces trois muscles se trouvent les cartilages cupuliformes qui y sont plongés profondément (i).

Les muscles de l'infundibulum qui naissent à la face abdominale manquent chez la seiche et le calmar^ autant que j'ai pu m'en assurer par les recherches les plus exactes , sans qu'ils soient remplacés par d'autres muscles.

Les différences que présentent les pieds des céphalopodes, sous le rapport du nombre, de la forme , du volume et de la position des suçoirs , sont du ressort de la zoologie. La structure de ces ventouses est essentiellement la même partout : la seule différence qu'elles offrent , c'est qu'elles sonttantôtdisposées plus librement et tantôt plus composées ; elles sont supportées par un pédicule musculeux , conique, grcie, et d'une longueur proportionnellement considérable , qui s'attache au milieu de la base de la cupule. Les fibres circulaires antérieures de celleci sont plus distinctes dans la seiche et le calmarque qXxqzV octopode : elle ne s'épanouitpas en forme de coupe, puisqu'elle est renforcée à la face interne de son orifice, qui est un peu contracté, par un anneau fort , comme corné; cet

(i) Vol. II , p. 191 cl 194.

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mneau s'enfonce dans les fibres circuialres qui l'entourent par une saillie considérable qui règne à tout son pourtour extérieur.

Les suçoirs situés au bord inférieur de la face interne des deux grands bras ont surtout des pédicules musculaires longs ; ces suçoirs sont, en outre, retenus ensemble , à peu de distance de leur extrémité libre, par une forte bande musculaire longitudinale, commune, qui existe aussi aux suçoirs du bord supérieur, dont les pédicules musculaires sont cependant plus courts .

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