SEPTIEME SECTION
MUSCLES DES MOLLUSQUES (l).
^ Parmi les iiiollusques acéphales , le système musculaire de ceux qui sont nus est beaucoup plus simple que chez ceux qui sont munis de
que M. DE Blainville a faite de l'appareil locomoteur des mollusques ace'phales (ac<^^/2rt/o/Y5 de cet
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coquilles ; et sous ce rapport encore les salpes sont inférieures aux ascidies.
auteur)le conduit à quelques conside'rations intéressantes : elles reposent spécialement sur le rapport des muscles à la coquille , sur la disposition du pied, sur les tendons. Outre que toutes les parties de leur enveloppe , brachiale* ou non, sont re'tractiles, il existe des fibrcs.musculaires plus ou moins distinctes, qui, des bords plus ou moins épaissis du manteau, se portent à la coquille à des distances variables de sa circonférence ; ils ont pour fonction de rentrer ces bords. On trouve plus rarement des fibtes grêles J qui des muscles adducteurs se fixent aux lobes du manteau. Lorsque le manteau n'a que ces derniers muscles , point d'empreinte submarginale à la coquille j le manr^ teau est très-re'tractile : dans la circonstance contraire, la coquille porte une empreinte, en forme de lanière, qui en suit plus ou moins re'gulièrement le bord j elle descend du muscle ante'rieur , et forme souvent en arrière une grande flexuosite' rentre'e en dedans. On peut en induire facilement la grandeur des prolongemens poste'rieurs et des tubercules du manteau. Dans cette dernière disposition, le manleati n'a de contractile que la portion située entre celte insertion et son bord.
Dans un grand nombre de mollusques, le milieu de l'abdomen est occupe' par une masse musculaire polymorphe plus ou moins e'paisse, qui, en outre des muscles intrinsèques , a encore des muscles extrinsèques. Certains mollusques n'en présentent aucune trace , les hinlres par exemple. Elle s'attaichc plus ou moins en avant} elle est de grandeur et de forme très-variables ; ellq est quelquefois divisée en plusieurs chpfs qui aboutissent à plusieurs points de la coquille , mais particulièrement en ayant et en arrière, comme dans les tnoules , les anodontes, etc. Ce pied ressemble à nue
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11 est composé, chez les mollusques acéphales nus , de bandelettes circulaires irès-min-
ventouse clans les nucules à une langue dans les moules , et est canicule' en arrière^ à une hache dans les VÉNUS, à une sorte de humain dans les cames, à une espèce àe fouet dans les i,oripèdes , etc. D'autres muscles se portent transversalement d'un côte' à l'autre de l'animal ; chacune de leurs exlre'mite's s'attache à l'une de valves, qu'ils tendent à rapprocher. Ces muscles sont les adducteurs ^ qui adhèrent d'une manière très-variaLle à la coquille, comme on peut le voir en conside'rant unemacire et une çjlhérce ;ih se pre'sentent 1° tantôt sous la forme d'une seule masse rapproche'e dans le milieu des valves j 2° tantôt prête à se subdiviser en deux ou trois portions j 5° tantôt, enfin, gn deux faisceaux bien distincts, l'un'ante'rieur et l'autre postérieur, fort variables sous le rapport de la proportion et de la ^ forme. Les insertions de ces muscles donnent lieu aux empreintes musculaires, comme celle des bords du man- ^teauàla ligne qui parcourt les bords poste'raeur et inférieur ,Je la coquille. Lea ligamens sonte'viderament desubstance e'pidernioïquc : ils sont compose's de fibres transversales qui passent d'une vulve à l'autre j ils ont beaucoup de ressemblance avec les byssus ve'ritables et avec le pied tendineux de V arche de Noé et peut-être du tridacne. Il y en a de trois sortes : l'un e'pidermique , le second externe , l'autre interne. L'epidermique est forme' par l'e'piderrae même des valves, qui se continue en passant de l'une à l'autre : exemple , les solens et les jambonneaux, et peut-être le ligament des arches et genres voisins, celui qui est en avant des sommets chez les telline s ^ les don ace s ^ les amphidesmes , etc. Le ligament externe est toujours plus épais, plus bombé, plus élastique 3 il occupe conslaiTiment le dos de la coquille , en
ces et dtroiles, situées au côté interne de la peau, à de grandes distances les unes des autres , qui entourent tout le corps de l'animal , de 5on extrémité antérieure à la postérieure, qui se réunissent , en partie , entre elles , sur la ligne médiane des parois dorsales, et qui, par leur action, peuvent contracter et allonger le corps.
arrière des sommets; enfin , le ligament interne est celui qui est plus en dedans que la ligne d'articulation. Ses fibres sont ordinairement courtes et droites : tel esl-il en effet dans les mac/re^ , les crassaielles ^ les peignt:s ^ les pernes , etc.
4f tJn plus ou moins grand nombre des fibres des muscles adducteurs peuvent, dans plusieurs espèces, être • attache'es et s'agglutiner par leur extre'mile' e'iargie aux corps e'trangers, pour servir d'appui à l'animal. C'est ce qui constitue les bj'-ssiis des moules 'el les pieds tendir neux des tridacnes et de certaines espèces à'arches^ etc.
Le manteau est fort mince dans les balanes^ et ne présente de muscle qu'à son extrémité postérieure des ouvertures pour les mouvemeiis de l'opercule.
Dans \es ajialifes , le manteau a son extrémité' cépbalique ou inférieure; il se prolonge en un tube fibro-contractile, llcxible, qui attache l'animal d'une manière fixe aux corps sous-marins : il y a de plus un muscle adducteur entre les deux principales valves.
[Manuel de malocologie , par INI. Ducrotny de Blainvillc; Paris, 1826 ; p. 1 15.]
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Le système musculaire est beaucoup plus distiucL et plus prononcé chez les ascidies, qui l'ont aussi immédiatement sous-jaceut à à. là peau. Il consiste en un sac sans ouverture , qui n'est uni qu'à la peau , à Li bouche et à l'aH'ùs, et qui enveloppe les viscères; il est distinctement musculeux dans sa partie antérieure, qui est lapins grande , et membraneux dans ia postérieure. On y dislingue toujours une couche de fibres longitudinales , qui est externe, et une couche de fibres transverses, qui est interne. Chez quelques-unes , par exemple Vascidia intestinalis , la couche externe est baucoup plus épaisse et ise compose d'environ douze faisceaux, distinctement séparés , dont les fibres s'écartent les uns des autres , en haut et en bas, et finissent par disparaître insensiblement. Chez d'autres, par exemple Vascidia niicrocosmus , celle couche est très-faible et formée de fibres tout-à«fait isolées, très-distantes ; les fibres internes sont plus fortes, transversales , obliques , s'entrecroisent et s'entrelacent de mille manières.
Les mollusques accphaîes à coquilles ont
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une strncture beaucoup plus composée. Et d'abord ils ont toujours une partie analogue au sac musculaire des ascidies , le manteau ^ qui est situé immédiatement sous la coquille. Ce manteau est membraneux , très-mince et sans fibres musculaires, dans ses parties externe, supérieure et moyenne ; les fibres musculaires régnent, au contraire, dans tout son pourtour et présentent une bandelette ordinairement considérable et large. Cette bandelette est, le plus souvent, formée de fibres transverses, dont les moyennes sont verticales , les antérieures et postérieures étant horizontales; elle présente à son bord externe et libre des fibres longitudinales, qui forment communément un cercle. 11 y a aussi chez quelques-uns, par exemple chez les peignes (pecien), les spondyles , et particulièrement chez les plumes de mer (^pinna), des bandes tendineuses , très-fortes , qui s'étendent de la base du manteau à sa circonférence, et se ramassent un grand nombre de fois au voisinage de son bord terminal.
Les deux moitiés latérales du manteau sont toujours unies supérieurement j en avant et en bas, elles sont, au contraire, ouvertes dans une étendue plus grande ou plus petite.
Dans certains genres , par exemple les peignes et les spondj les , celle fente règne dans toute la circonférence du manteau. Ordinai-
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rement elles se soudent en arrière , dans une élenduo plus ou moins considérable.
II résulte de cette disposition soit deux ouvertures juxtaposées, séparées par une courte cloison, et donnant passage à l'eau et auxexcrémens, comme cela se voit, par exemple, dans le qenre cardiiim ; soit un tube d'une longueur variable , la trachée.
Chez quelques-uns , particulièrement les solen^ la trachée est simple dans la majeure partie de sa longueur; à son extrémité seulemeut elle est divisée, par une courte paroi transversale , en un conduit supérieur et en un inférieur ; chez d'autres elle se partage , dans toute sa longueur , en deux canaux , qui ou sont unis entre eux extérieurement , comme chez les Vénus ou s'écartent l'un de l'autre, à partir de leur racine , comme , par exemple , chez les telUnes.
Cette partie, qui est plus charnue que le manteau, est toujours formée d'une couche de fibres circulaires, qui est externe et beaucoup plus faible, et d'une couche de fibres longitudinales , qui est interne et très-forte. Les fibres longitudinales naissent, de chaque côté , d'un muscle considérable , en forme de disque obloiig, qui occupe presque toute la moitié du manteau , et qui manque dans les espèces où les deux lames latérales de celui-ci ne sont pas unies postérieurement, ou se joignent seule-
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ment dans une petite étendue , pour constituer des ouvertures.
Ce muscle envoie très-vraisemblablement au manteau des muscles iransverscs cousidérables , formés d'épais trousseaux de fibres • ces muscles s'étendent d'une coquille à l'autre et les rapprochent avec force.
II n'y en a qu'un , ou bien il y en a deux. Dans le premier cas , ce muscle , qui dans la plupart de ces espèces est arrondi , occupe à peu près le milieu de la coquille ; dans le second cas, un des muscles, qui sont ordinairement plus allongés, est situé à l'extrémité antérieure , l'autre à la postérieure, près du bord supérieur de la coquille. Ces deux muscles ont, le plus souvent, à peu près le même volume ; mais chez les solen , et principalement le soIeii siliqua , l'antérieur est fort allongé et beaucoup plus volumineux que le postérieur.
Chez les peignes et les spondjîes^ le muscle rond paraît au premier coup-d'œil tout-à-fait simple ; mais il est , en effet , formé de deux moitiés distinctement séparées : l'antérieure est plus arrondie; la postérieure, semi-lunaire, a son bord concave tourné en avant , et reçoit la partie postérieure de la circonférence de la moitié antérieure. Chez les peignes , la moitié postérieure forme à peine un cinquième de l'antérieure. Chez les spoTidjles ^ leur volume est à peu près le même. Elles se
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distinguent aussi par la couleur : car , chez les peignes, la moitié postérieure est beaucoup plus foncée que l'antérieure j l'inverse a lieu chez les spondjles.
Cette disposition est peut-être un indice du partage du muscle simple en deux muscles tout- à-fait distincts dans certaines espèces; séparation qui a lieu plus souvent qu'on ne le peut présumer d'après les descriptions ordinaires, qui n'en font aucune mention.
11 est possible cependant que cette disposition n'ait pas la signification que nous venons de lui prêter , puisque, chez les plumes de mer, le muscle postérieur est divisé et offre les deux moitiés qui viennent d'être décrites, tandis que ces animaux ont, en outre, le muscle antérieur, qui est situé tout-à-fait à l'extrémité antérieure de leur corps, et qui est parfaitement séparé du muscle postérieur. 11 est allongé et beaucoup plus petit que le muscle postérieur. Celui-ci se divise, par opposition avec la disposition ci-dessus, en une moitié postérieure , ronde, et une antérieure, semi -lunaire, dont la première est presque trois fois plus grande que la seconde.
Un troisième organe musculeux, souvent trèsfort , est le pied des acéphales à test. C'est une partie plus ou moins allongée , contenant les organes digestifs et générateurs, qui s'étendaut, en général , de la partie supérieure et moyenne V. 10.
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du corps de l'animal, se porte en avant et en bas, et se termine en s'apointissant. 11 est aussi un prolongement du manteau, delà région moyenne et supérieure duquel il se détache très-distinctement , surtout dans quelques genres , par exemple les solen. Le manteau présente sur la ligne médiane du dos , en avant du milieu de la longueur de l'animal , une bandelette tendineuse qui est considérable 3 sur les deux côtés de celle-ci il y en a deux autres plus fortes, qui s'unissent d'abord à la première par un faisceau transversal assez prononcé , puis se séparent plus loin de la première et l'une de l'autre en se portant en arrière à la racine du pied.
Le pied est formé partout principalement de fibres longitudinales et transverses , auxquelles viennent se joindre , surtout vers son sommet, des fibres verticales , dirigées de haut en bas. Les fibres longitudinales sont situées particulièremeut vers la surface de l'organe et l'emportent considérablement sur les autres. Quelques-unes pénètrent aussi en dedans et en avant, et s'enlacent un grand nombre de fois avec les autres. Les fibres longitudinales externes sont charnues ; les internes et les fibres transverses sont tendineuses , de sorte qu'elles semblent destinées surtout à déterminer la forme des viscères et à leur présenter un appui solide et sûr. La composition des pieds fort longs et épais est
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surtout compliquée chez les solen , pariiculicrcmenl le solen strigil. Dans ce genre, le pied, qui est très-long et fort, sert à s'enfoncer dans le sable. D'autres, par exemple les cardiiim , se servent de leur pied , qui est long mais plus étroit, pour sauter. Dans beaucoup d'espèces , le pied contient une glande destinée à filer.
Chez les mollusques céphalés , tout le corps de l'animal est entouré d'une couche musculaire, située immédiatement sous la peau. Cette couche présente , en général , sa plus grande épaisseur et consistance à la face inférieure du corps , où elle porte le nom de pied , qui est composé ordinairement de fibres externes, longitudinales , et d'internes, transverses et obliques, qui s'entrecroisent diversement et qui ont souvent un aspect tendineux. L'épaisseur , la consistance et la disposition de ces libres musculaires offrent plusieurs difîérences.
Dans les genres qui viennent immédiatement après les acéphales ^ par exemple les patelles , les haljotides ^ la subst^jnce du pied est très-dure et consiste en cercles allongés, concentriques , qui sont formés alternativement d'une substance brunâtre et d'une substance blan-, che , ayant l'éclat de l'argent , et parlant ten-v
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dîneuse. Les dlirérenlcs couches en sont unies entre elles d'une manière intime. Le tout ressemble beaucoup à du fibro-carillage. Chaz les patelles , ce pied est plat; chez les halyotides , il s'en élève , à peu près vers son milieu, une pointe mousse , autour de laquelle s'applique la masse des visccres.
Dans le genre ^fom, la substance du corps de l'animal est également très-consistante et dure , mais la texture en est fort indéterminée. On trouve , au pied , des fibres longitudinales, externes, tendineuses , et des fibres internes , transverses, qui s'étendent aussi par-dessus le dos. Il se détache , en outre, de chaque côté du pied, deux trousseaux de fibres longitudinales, un antérieur et un postérieur : le premier se rend à la masse buccale , le second aux branchies.
Chez les pteurophjllidia , le pied est composé , en majeure partie , de fortes fibres longitudinales , peu distinctement séparées , sur lesquelles s'appliquent en dedans des fibres tendineuses , transverses , plus minces , qui , passant, sur les côtés, par-dessus le foie, se divisent en une côuche interne et une externe , et se terminent au dos, où elles sont recouvertes, en dehors , de fibres longitudinales, dont la plupart sont tendineuses.
La substance musculate est plus distincte chez les aplysics. On voil se diriger dans le pied , à peu de distance les uns des autres ,
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plus (ie vingt faisceaux longitudinaux plais ; à côté et en dedans de ceux-ci il y en a quelques autres trausverses, qui sont minces : ils se perdent les uns et les autres, sur les côtés, dans les ailes.
Les faisceaux sont encore bien mieux séparés chez les pleurobranches . On y trouve le plus généralement deux couches obliques et nne transverse, qui s'entrecroisent et enveloppent tout le corps. En dedans de ces couches , on remarque , à la base de la paroi latérale , une couche longitudinale , plus forte , qui oc-, cupe les trois quarts antérieurs j elle s'élargit d'arrière en avant , et se divise de chaque côté en environ dix faisceaux , lesquels s'insèrent au ^ pourtour de l'ouverture buccale. Une couche longitudinale semblable , beaucoup plus faible, est située à la face inférieure, et une autre à la face supérieure : elles sont placées, la première en dehors , la seconde en dedans de celles qui ont été mentionnées.
La structure des tèthys est analogue , mais plus compliquée encore. On y retrouve les mêmes couches. Celle qui se dirige sur les côtes est, conformément au grand développement des ailes , plus large , formée d'un nombre plus considérable de cordons séparés ; elle s'étend jusqu'à l'extrémité postérieure du corps. A la base de la voile, les cordons se rapprochent, s'entrecroisent en partie , et surtout les
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inlernes , avec ceux du côlé opposé ; ils s'écartent de nouveau les uns des autres, pour, après s'être ramifiés et enlacés un grand nombre de fois , se répandre , sous forme de demi-cercles concentriques, dans lOLite l'étendue delà voile.
. Dans la substance molle , plus lâche , qui se trouve principalement dans la voile et les ailes, il existe une multitude de fdamens, plus délicats , se portant verticalement d'une face à l'autre , qui , par leur contraction , resserrent ces parties , dont elles rapprochent les deux faces.
Chez les gastéropodes à coquille , on voit se détacher du bord tlroit et tranchant du manteau une bandelette musculaire étroite , plus longue ou plus courte, qui s'insère à la columelle de la coquille , et favorise par sa contraction la rentrée de l'animal dans sa demeure tcstacée.