V. II
l64 TRA.ITÉ GÉNÉRAL
lion de dehors en dedans ; le plus souvent il n'y en a qu'une , qui , comme dans les lam-
dans beaucoup d'espèces , à la partie de l'hume'rus qui est au-dessus de la pectorale j il s'en arrête aussi une partie à la première côte, et de cette côte il en part quelquefois un lambeau qui va jusqu'à l'os mastoïdien , et que l'on pourrait comparer à un scalène. Sa portion inférieure s'attache à la partie infe'rieure de l'os humerai , et surtout à ses symphyses ; elle se continue par-dessous jusqu'au corps ou à la pièce impaire de l'os hyoïde : c'est cette prolongation qui occupe ce que l'on appelle l'isthme. Cette division du grand muscle enveloppe l'os à stylet de l'arrière de l'e'paule. Des lames apone'vrotiques divisent transversalement les muscles late'raux en autant de couches qu'il y a de vertèbres : ces lames aponc'vrotiques et les feuillets charnus qu'elles distinguent sont dispose's plus ou moins obliquement à l'e'pine, etgene'ralement courbe's de manière que leurs parties supe'rieure et infe'rieure se dirigent obliquement d'arrière en avant, la première en montant, la seconde en descendant, et que leur partie moyenne fait un angle ou un arc plus ou moins convexe, dont la convexité est dirigée en avant. Le muscle se divise ainsi , dans le sens de sa longueur , en trois bandes : la supérieure se sépare aisément de la moyenne j l'inférieure s'attache aux apophyses épineuses des vertèbres par des filets tendineux obliques en arrière , la supérieure par des tendons obliques, en avant. La partie superficielle de la bande envoie quelquefois dans les endroits oii il y a des nageoires dorsales , aux intcrépincnx de ces nageoires, surtout à ceux des aiguillons, des lanières également obliques et dirigées en avant. C'est cette bande qui paraît représenter Vépineux du dos.
d'anatomie comparée. i65
proies , s'étend directement d'avant en arrière.
La bande moyenne semble reproduire le long dorsal , et le muscle qui dans les quadrupèdes à queue a ëte' nomme' lombo-sous-caudien latéral. Supérieurement sa partie profonde donne des languettes obliques et dirigées en arrière aux côtés des apophyses épineuses des vertèbres; sur le reste de sa hauteur les fibres les plus profondes vont. d'un côté à l'autre, et les rapprochent comme feraient les intercostaux.
La troisième bande paraît répondre, sous la partie qui règne sous la queue , au lombo-sous-caudien inférieur des mammifères; mais, dans toute la partie où elle longe l'abdomen , elle fait fonction des muscles abdominaux , surtout dans les espèces où Tes côtes n'embrassent pas toute cette cavité. Son union avec la bande moyenne est beaucoup plus étroite que celle do la bande supérieure. Le long de chaque flanc, au milieu de la hauteur du poisson , et par conséquent sur la bande moyenne du muscle latéral, règne un sillon dans lequel est logé un vaisseau muqueux ; il répond aux extrémités des côtes accessoires, ne pénètre pas profondément, et il n'y a pas de solution de continuité, du moins dans la plupart des poissons comprimés.
Dans l'anguille , la principale solution de continuité est à l'endroit de ce sillon , et la bande supérieure a ses lames en forme de V, ouvertes en avant. Dans la truite, il y a trois solutions de continuité presque également prononcées, les deux ordinaires et une mitoyenne.
Dans lès poissons à corps déprimé , les bandes supérieure et inférieure sont horizontales, et parallèles l'une à l'autre; l'inférieure y prend plus sensiblement le rôle des muscles abdominaux, Les grands muscles latéraux se
La porlioli supérieure de la masse musculaire du troDC , qui correspond aux muscles dorsaux et sus-caudiens des vertébrés supérieurs , est située à côté de la moitié supérieure du rachis et des os porte-nageoires (i) : eUe naît de tous l-es os qu'elle recouvre, et s'insère , en s'apoinlissant insensiblement , en avant et en arrière. En avant , son insertion a lieu , dans une étendue plus ou moins longue , à la région postérieure et supérieure du crâne, ainsi qu'à la région supérieure deS: os de l'épaule ; en arrière , c'est d'en haut
terminent en arrière par une apone'vrose qui s'insère par des languettes tendineuses à la base des rayons de la caudale, qu'elle porte de côte'. Sur cette apone'vrose s'insèrent même quelques uns, des petits muscles propres de cette nageoire, et elle cache ses muscles profonds. Les Landes supe'rieure et inférieure s'insèrent plus particulièrement aux rayons extrêmes, et paraissent concourir à les e'carter des autres et à dilater la caudale.
[ Cuvier et Valenciennes, Histoire naturelle des pois-< sons, 1. 1, p. 594. ]
(1) Les os que M. lyicckel de'signc ici par le qom de p(j),rp!-fiogeoires sont. IcS; osselets iuterépineux de M. Cuvier, ou les épines accessoires de M. Meckel , qui existent dans quelques poissons , où ils servent de supp0|rt aux nageoires du dos cl de l'anus.
1,1 n'est pas inutile d'ajouter ici eu quoi diffèrent sur lo reste du squelette \çB déterminations de M. Meckel de
d'anatomie comparée. 167
et des parties latérales qu'elle se porte à la base de la moitié supérieure de la nageoire caudale. Chaque rayon en reçoit à sa base un tendon plus ou moins distinctement divisé.
Cette portion musculaire tire le corps de son côté , élève la tête et la nageoire caudale , qu'elle fléchit aussi de son côté par ses faisceaux inférieurs ; elle porte en même temps en arrière la nageoire thoracique.
La portion musculaire inférieure, qui représente les muscles sous-cervicaux superficrtcls , les muscles intercostaux, abdominaux et soiis-
celles admises par M. Cuvier, et publiées dans le j^remier volume de son Histoire des poissons. Voici ce qu'écrit, relativement aux os de la tête , notre grand naturaliste, dans une note de la page 3 1 2 du tome i de son ouvrage : « M. Meckel, dans la première partie du second volume de son Analomie comparée , a donne', p. 524 efc suiv. du texte (v. II, p. 455 et suiv. de la trad.), une description ge'ne'rale des os de la tête, avec des observations sur leurs variations dans quelques poissons. Ses déterminations s'e'loignent des miennes seulement en ce qu'il regarde ma grande aile comme le rocher, l'aile orbitaire comme la grande, et le sphe'noïde ante'rieur comme l'aile orbitaire j en ce qu'il fait de mon frontal ante'rieur une appartenance de l'ethmoïde, et qu'il rapporte le postérieur au temporal , et le pre'operculaire et le j'Jgal à l'os carré ou à la partie articulaire du temporal j enfin ce sont mes sous-orbitaires qui lui paraissent remplacer le jugal. »
l68 TRAITÉ GÉNÉRAL
caiidiens des vertébrés plus élevés , est située à côté de la raoltlé inférieure de la colonne vertébrale et des os porte-nageoires inférieurs ; en avant , lorsque ceux-ci existent , c'est-à-dire dans la grande généralité des cas , elle s'attache à la pièce inférieure ou claviculaire des nageoires thoraciques , tapisse aussi à l'extérieur la pièce pelvienne de la nageoire abdominale, et s'étend de la pièce claviculaire, ordinairement sans interruption aucune , à la pièce inférieure de l'os hyoïde, en arrière, à sa partie latérale ; en bas , elle se porte à la moitié inférieure des rayons de la nageoire caudale.
L'action de cette portion musculaire est analogue à celle de la portion supéfieure j seulement elle lire aussi la queue en arrière.
Voilà la disposition la plus simple que l'on rencontre surtout chez les poissons osseux.
Il existe eu outre , très - généralement , d'autres muscles propres et plus petits , qui appartiennent aux nageoires dorsale, anale et caudale (i).
(i) Dans l'intervalle des deux grands muscles latéraux, soit du côte du dos, soit le plus souvent aussi du côte' du ventre, régnent deux muscles grêles, qui d'ordinaire ne sont interrompus que par les nageoires dorsale et anale , aux bases infe'rieure et postérieure desquelles
d'anatomib comparée. 169
Une ou plusieurs paires de muscles considérables , se dirigeant dans le sens de la longueur, tout à côté de la ligne médiane , sont situées au-dessus des épines supérieures, entre la partie moyenne de la portion squameuse de l'occipital , la nageoire dorsale ou les nageoires dorsales , quand il y en a plusieurs , et la queue. La paire antérieure s'attache , par son extrémité postérieure , au premier os porte-nageoire ; la seconde , lorsqu'il y a deux nageoires , s'insère au dernier os de la première nageoire et au premier os de la seconde nageoire , etc. L'extrémité postérieure de la dernière paire s'attache à la pièce osseuse la plus supérieure de la dernière vertèbre caudale.
Ces muscles sont toujours séparés assez distinctement des muscles latéraux, qui sont beaucoup plus forts.
Des muscles entièrement semblables, situés à la face abdominale, s'étendent du milieu delà clavicule au milieu des os pelviens, de ceux-ci au premier os de la nageoire anale , et du dernier os de celle-ci à la pièce la plus inférieure de la vertèbre caudale.
ils s'insèrent; mais ils servent aussi à courber le tronc, soit vers le haut , soit vers le bas, lorsque la disposition des vertèbres rend ces raouvemens possibles.
Dans la perche, où les nageoires dorsales commencent des la nuque, il n'y a qu'une paire supérieure de ces mus-
Ces muscles, qui n'appartiennent jamais aux rayons des nageoires (i), mais aux pièces qui supportent celles-ci, servent à fixer les difl'érentes nageoires lorsqu'ils agissent enseutblc; ils les élèvent ou les abaissent, au coutraire, lorsqu'ils agissent isolément dans l'une ou l'autre direction (2).
Les rayons possèdent, en outre, des muscles propres qui les rapprochent ou les éloignent
clcs, et on ne la voit qu'entre la deuxième dorsale et la caudale; mais inférieurement il y en a deux paires, une qui va de la partie poste'rieure du bassin à l'anale et embrasse l'anus, l'autre qui s'e'tend de l'anale à la caudale, et correspond à la portion dorsale. Dans les poissons qui n'ont qu'une dorsale plus ou moins courte, comme dans
(1) Cuvier, Leçons , I, 19g.
(2) Les muscles des os qui soutiennent les nageoires dorsales sont: \° les muscles late'raux, dont une grande portion se fixe à ces osj 2», dans quelques espèces, un muscle qui, de la partie poste'rieure, infe'rieure et lale'rale du crâne, va à la partie supe'rieure et ante'rieure de l'os humerai , et qui couvre en partie la membrane qui sert de diaphragme entre la cavité' des branchies et celle du corps. Dans la perche , il ne s'e'tend que de l'arrière du mastoïdien au surscapulairc et au scapulaire. Le stylet coracoïdicn est enchâsse' dans le grand muscle latéral. Quelquefois il donne attache à une couche musculaire mince et oblique qui rccouviHî eu partie ce grand rnusclc.
d'ANATOMIE COJVÏPAIIÉE. I71
les uns des autres , el qui changent la position et la direction des nageoires.
Chacun des rayons des nageoires dorsales , lorsque celles-ci sont bien développées, possède trois muscles, comme cela se voit distinctement chez les poissons à nageoires élevées, par exemple les dorées et les coryphènes. Ces muscles sont disposés par paire , dont l'une les tire sur le côté, une seconde les porte
les cyprins, il y en a deux paires sur le dos j lorsqu'il y a deux dorsales e'carte'es l'une de l'autre , comme dans les truites, il y en a trois paires j mais si les dorsales, au nombre de deux ou de trois , se touchent et occupent une grande partie du dos, comme dans les gades , les muscles de ce côte' se re'duisentà peu de chose. Les mêmes variations ont lieu pour ceux du ventre.
Dans les poissons abdominaux, oiî les ventrales sont e'loigne'es des pectorales, il y en a trois paires bien marquées, l'une allant des oshume'raux au bassin, l'autre du bassin à l'anale , la troisième de l'anale à la caudale^ on les voit aussi très-bien dans la truite. Quelquefois, comme dans les cyprins, la première paire a des intersections tendineuses, et se rattache plus ou moins aux muscles late'raux.
Dans certaines espèces à corps de'primé , comme la baudroye, les muscles infe'rieurs ne se distinguent pas de la portion infe'rieure des muscles late'raux, qui elle-même prend tout-à-fait l'apparence des muscles abdominaux.
[ Ouv. cite', p. 595. ]
en avant, et une troisième les entraîne eu arrière.
Les abducteurs naissent , dans la plupart des cas , en haut , du tissu cellulaire tendineux qui recouvre les muscles dorsaux ; ils s'insèrent, en montant le plus souvent un peu obliquement d'avant en arrière , à la saillie latérale de la base des rayons des nageoires j ils les tirent , et avec eux toute la nageoire , non seulement de leur côté, mais, quand ils agissent ensemble , ils les maintiennent dans leur position verticale.
Les protracteurs naissent de la face antérieure des os porte-nageoires, en partie aussi en dedans des muscles précédens, et en bas de ceux qui précèdent immédiatement 5 ils s'insèrent un peu plus haut que les premiers , en bas , à la face antérieure du rayon , qui est supporté par l'os porte-nageoire, de la face antérieure duquel ils naissent.
Les rétracteurs naissent de toute la hauteur de la face postérieure des porte-nageoires , et s'insèrent , en face des muscles précédens , en bas à la face postérieure du rayon qui lui correspond.
En tirant les porte-nageoires en arrière, ils rapprochent les rayons les uns des autres, plissent ainsi la nageoire et l'abaissent.
Lorsque les rayons se continuent en avant
d'anatomif, comparée. 173
par-dessus la tête, comme chez les corjphènes et les pleuronectes ^ tous les muscles dénommés, ou plusieurs seulement, naissent en avant de la face supérieure du crâne. Chez les coryphènes, cela a lieu pour tous ces musclesj chez les pleuronectes ^ seulement pour les abducteurs : car , par suite de la disposition des porte - nageoires (1), les protracteurs et les rétracteurs naissent uniquement de ces derniers os.
Il n'est pas , au contraire , dans la règle qu'ils naissent des apophyses épineuses (2) : je n'ai jamais trouvé de muscles abaisseurs de la nageoire , courts et obliques , entre les rayons (3) , même lorsque ceux-ci étaient trèsgrands.
Les rayons de la nageoire anale ont des muscles semblables ; les abducteurs surtout s'accordent parfaitement avec ceux de la nageoire dorsale.
Les protracteurs, au contraire, naissent entièrement de la face postérieure du rayon qui précède immédiatement , et s'insèrent latéralement.
Les rétracteurs sont tout-à-fait transformés en abducteurs plus profonds , qui naissent ,
(1) Vol. II , p. 5io et 5ii.
(2) Cuvier, Leçons, I, 300.
(5) Ibid.
l74 TRAITÉ GÉNÉRAL
SOUS ceux plus superficiels , de la partie latérale (lu porte-uageoire au rayon duquel ils s'attachent.
11 n'en existe , en revanche , aucune trace entre les porte-nageoires.
Il résulte de cette modiCcation que la nageoire anale concourt surtout à la locomotion latérale du corps, tandis que la nageoire dorsale s'élève et s'abaisse avec plus de force, et se maintient dans une position verticale.
La nageoire caudale, outre les faisceaux précédemment mentionnés des muscles latéraux communs, a des muscles propres, plus petits ( i).
Les plus forts de ceux-ci sont recouverts , en majeure partie , par l'extrémité postérieure
(i) Les muscles propres de la nageoire caudale sont de trois sortes : les uns superficiels, les autres profonds, les troisièmes allant d'un rayon à l'autre.
Les superficiels adhèrent d'une part à l'aponeVrosc oui termine le grand muscle late'ral du corps, et par laquelle ce muscle s'insère à la caudale. Les petits muscles que porte cette apone'vrose s'e'cartent en e'ventail pour s'inse'rer obliquement à un nombre plus ou moins grand de rayons : ceux qui vont d'un rayon à l'autre sont place's entre leurs bases, et se portent plus en arrière que les pre'ce'dents. Les muscles profonds ne se de'couvrent qu'après que l'on a enlevé' le grand muscle latéral; ils adhèrent à la fin de l'ëpine, et surtout à la vertèbre comprime'e du triangle qui la termine et qui porte la nageoire caudale : l'un est supérieur, l'autre est inférieur.
Il y a quelquefois , notamment dans la perche , un troisième muscle qui naît du milieu de la hauteur de la
d'anatomie comparée, 175
tles muscles latéraux ; ils s'étendent des dernières vertèbres à la base des rayons de la nageoire.
Ils forment eux-mêmes deux couches.
La couche superficielle , qui est étendue eiï ligne assez droite d'avant en arrière, tire la nageoire sur le côté.
La couche plus profonde monte plus verticalement s s'attache également à la base des rayons , et tire la nageoire en bas.
La couche qui correspond à la dernière dans la moitié inférieure n'est pas recouverte par les abducteurs : elle est située au-dessous d'elle, plus vers la face abdominale j elle lire aussi la nageoire en bas.
Vertèbre, entre les deux pre'cédens, et qui va en montant à la partie supe'rieure de la nageoire.
Les muscles de la nageoire pectorale, dans le grand tionibre des espèces où les os du corps sont petits , s'insèrent seolenient aux rayons. Il y en a deux couches à chaque face , qui se terminent par autant de languettes tendineuses qu'il y a de rayons j la direction des deux couches de chaque face se croise un peu. La couche ante'rieure superficielle vient de l'os humerai et en descendant^ la couche externe vient de la face externe et du bord infe'rieur de l'os cubital, elle est ascendante. C'est l'inverse aux couches poste'rieures : la couche la plus Voisine des os y descend, l'autre y monte j le plus souvent il se de'tache de la couche poste'rieure profonde un lambeau qui, portant son tendon sur le bord supe'rieur, devient un releveur spe'cial de la nageoire. Ce sont les couches dont il a été d'abord question qui, agrandies par
TRAITJÊ GÉNÉRAL
Chaque rayon possède en outre , à son origine , une paire de petits muscles obliquement dirigés j qui de la base du rayon voisin se porte à sa partie postérieure. Les supérieurs sont dirigés obliquement d'avant en arrière et de bas en haut ; les inférieurs affectent une direction opposée. Tous rapprochent les rayons les uns des autres, et par conséquent plissent la nageoire.
Les poissons osseux présentent surtout les particularités suivantes :
D'après M. Cuvier (i), les poissons osseux
degrés dans les squales , deviennent enfin les énormes muscles des ailes de la raie , lesquels ferment la plus grande partie de la chair mangeable de ce poisson.
Les os du bassin sont mus en avant et en arrière par les muscles grêles infe'rieurs du tronc, dont les ante'rieurs viennent de l'extre'mite' infe'rieure des hume'rus, et s'insèrent à la face infe'rieure des os dont il est question , près leur bord interne, dont les poste'rieurs tiennent au bord poste'rieur des os du bassin , se rendent vers l'anus, qu'ils entourent, et se perdent sur les muscles lalc'raux ou s'attachent aux premiers intcrc'pineux de la nageoire anale ^ les antérieurs sont quelquefois subdivisés. Ces os du bassin sont mus l'un vers l'autre par des muscles transverses placés sous leur face inférieure, dont une partie est quelquefois croisée, mais qui n'existent pas
(i) Loc. cit., p. 66.
d'axatomie comparée. 177
ne posséderaient pas de muscles propres à la tête, comme la remarque en a été faite déjà. Cependant j'ai trouvé de ces muscles tant à la facç supérieure qu'à l'inférieure de la tête. ' Les supérieurs sont plus forts et plus nombreux; ils semblent exister lorsque la tête est bieïi développée : du moins je ne les ai trouvés distinclemeni que chez les poissons- à grosse tête, 'par exemple les lophîes, les corjphënes ^ les brama raji et les dorées.
Ils forment une couche profonde, entièreinènt recouverte de la portion supérieure des muscles latéraux communs , qui , bien plus courte et plus faible que ceux-ci , naît du côté des ai'cs et des épines supérieures de plusieurs
toujours : la perche, par exemple, et probablement les espèces 'où les os du bassin sont soude's. Ils sont au contraire fort deVeloppe's dans la baudroye , où ces os sont fort éloignés l'un de l'autre.
Les os du bassin reçoivent des grands muscles late'raux une languette qui les lire de côte'.
Les muscles des nageoires ventrales sont portés par les os du bassin , les abaisseurs à leur face infe'rieure, les rcleveurs à la supe'rienre. Deux coudlies à chaque face un peu croisc'ès Tune sur l'autre^, comme celles des pectorales, se divisent en autant de languettes qu'il y a de rayons, plus ou moins distinctes, selon que ces rayons sont plus ou moins e'carle's , et jouissent de mouvemens plus isole's. Ces muscles peuvent être comparés aux Courts fléchisseurs et aux courts extenseurs des doigts du lézard, surtout du crocodile.
( N. cl T. )
vertèbres antérieures , eL s'attache au crâne , au-dessus du trou occipital , en dedans et audessous des muscles latéraux.
Les dorées ont les plus faibles ; ceux du brama raji et des corjphènes sont beaucoup plus forts et plus longs, mais en même temps ils sont moins distinctement séparés des muscles latéraux que ceux des premiers , surtout en arrière.
J'ai trouvé le muscle inférieur propre de la tête seulement chez les murénophis ^ mais nullement chez les murènes , les gymnotes , les sphagebranches qui sont pourtant des genres voisins du premier. Ce muscle naît de la face inférieure des corps , des apophyses transverses et des épines inférieures des vertèbres antérieures ; il est d'une épaisseur et d'une longueur considérables , à tel point qu'il forme une partie notable de tout le corps. En avant, il se partage en deux têtes , dont l'externe s'attache plus en arrière et en dehors , l'interne un peu plus en avant et en dedans , à la face inférieure du crâne, au-devant du trou occipital. Le tendon de la première tête se confond avec celui d'un prolongement inférieur du muscle latéral, et cette partie tire en même temps la tête un peu sur le côté.
Les muscles des deux côtés sont très-disiinclenient séparés l'un de l'autre , sur la ligne médiane j mais, en arrière et en dehors, ils sont
d'anatomie compar/^e. 179
unis assez étroitement avec les muscles latéraux. Ils semblent représenter la masse musculaire qui se rend ordinairement aux membres, c'està-dire la partie antérieure des muscles abdominaux , ou du moins ils semblent s'être développés aux dépens de ces muscles.
Ce muscle existe , avec la même disposition du racliis et des membres , chez les serpens : il est par conséquent intéressant de trouver réunies dans ces deux classes d'animaux ces con-. ditions , et d'autres encore qui dépendent du squelette.
Les muscles des poissons dont la peau égale en dureté la consistance osseuse sont quelquefois plus incomplets ; ils ne le sont cependant pas toujours.
Ainsi , chez les coffres ( ostracions ) , les muscles dorsaux ne s'attachent pas aux vertèbres , mais seulement à la tête par leur extrémité antérieure , et à la queue par l'extrémité postérieure ; ils sont séparés de la colonne vertébrale par les abducteurs de la nageoire dorsale , qui sont très-forts. Entre eux et les muscles abdominaux il y a un intervalle considérable qui correspond au tiers moyen de
l8o TRAITÉ GÉNÉRAL
la hauteur du corps, et qui n'est rempli que par le péritoine.
Cette remarque a déjà été faite par M. Cuvier (i) , quoiqu'il décrive la disposition un peu autrement, et qu'il ait peut-être tort de représenter les muscles abdominaux et les muscles inférieurs de la queue comme des muscles insolites de la queue.I]snaissent,ilest vrai, comme le dit M. Cuvier, de la face interne du bouclier abdominal , c'est-à-dire de la peau ; mais ils proviennent en outre aussi du tiers inférieur de la paroi latérale du corps, et s'attachent en avant , soit à la partie inférieure de la pièce scapulaire inférieure, soit à l'os hyoïde latéral : ils se comportent par conséquent tout-à-fait comme les muscles ordinaires de l'abdomen et ceux inférieurs de la queue (2).
Chez les loricaria , les muscles de la queue sont très-forts ; ils s'attachent au rachis , et, en outre, aussi fortement à la peau. Les muscles abdominaux manquent, ou sont du moins très-minces ; les muscles dorsaux sont au contraire assez considérables.
Chez les syngnathes ^ les pegasus^Xe coLtus cataphrâctus ^ les muscles dorsaux et les abdominaux sont distincts ; les abdominaux sont
(1) Leçons, I, 197.
(2) Voy. plus haut, p. 167, i()8.
d'anatomie comparée. l&l
cependanl faibles dans les deux premiers genres , particulièrement dans le genre pegasus; chez le cottus ils sont aussi considérables que chez d'autres poissons.
Parmi les muscles communs, la partie antérieure de la portion inférieure, ou les muscles abdominaux du lophias piscatorius, offre une autre particularité digne de remarque , qui est en rapport soit aveclalargeurde ce poisson, soit avec l'étendue de sa région claviculaire. Cette partie musculaire forme une bande large et mince , qui se sépare, en arrière, des muscles inférieurs de la queue, tandis qu'en avant elle se partageen deux ventres principaux. Le ventre interne, qui estplus court, s'insère en dehors aubord postérieur de la pièce pelvienne , transverse et horizontale du membre postérieur, qu'il tire en arrière : il semble correspondre à une partie du muscle inférieur commun de la nageoire. Le ventre antérieur, beaucoup plus volumineux , se partage en quatre languettes , qui se succèdent de dehors en dedans, et qui s'attachent très -près les unes des autçes à toute la pièce claviculaire.
11 existe en outre, entre la région interne de la clavicule et la pièce pelvienne , trois mus-
iSa TRAITÉ GÉNÉRAL
des longitudinaux, propres, qui correspondent en partie au muscle précédent, en partie à la portion antérieure du muscle abdominal proprement dit.
Le plus superficiel , le plus externe et le plus considérable de ces muscles, se porte un peu obliquement de dedans en dehors et d'avant en arrière au point de jonction des pièces pelviennes antérieure et postérieure.
Le second , qui est le plus long , naît immédiatement au côté interne du précédent , et se rend, dans une direction opposée, au point de réunion des os pelviens des deux côtés.
Sous ces deux muscles , et un peu plus en dedans se dirigele troisième muscle, qui affecte la direction du premier, et gagne aussi le point de jonction des deux branches du bassin du même côté.
. La portion la plus antérieure du muscle inférieur commun est, de la même manière, tantôt tout-à-fait séparée du reste du muscle , tantôt divisée en deux muscles propres, dont l'interne , beaucoup plus petit , s'étend de l'extrcmilé interne de la clavicule à l'os hyoïde inférieur , qui est très-petit j tandis que l'externe , beaucoup plus grand, se détache plus eu dehors du môme os , et se dirige obliquement à l'extrémité interne de l'os hyoïde latéral.
La description ultérieure de ces muscles que nous ferons dans les classes plus élevées dé-
montrera que cette conformation des muscles (les poissons représente déjà très-complétement celle des animaux supérieurs.
Les muscles des nageoires offrent peu de différences autres que celles qui ont déjà été indiquées en général.
Les fléchisseurs latéraux ou abducteurs sont d'ordinaire distinctement séparés les uns des autres. Chez les murénophis ils constituent une couche large et indivise j ce qui est conforme à la longueur des nageoires dorsales et à leur position cachée sous la peau. Ils sont , au contraire , très-distinctement séparés les uns des autres dans la longue nageoire anale des gymnotes.
Chez les balistes , le premier rayon de la première nageoire dorsale n'a, de chaque côté, qu'un fort muscle protracleur , qui vient du crâne, et un très-petit rétracteur. Il n'existe, en outre, un protracleur et un rétracteur qu'au second rayon. Le dernier rayon n'a qu'un rétracteur , mais qui agit sur toute la nageoire. Les fléchisseurs latéraux manquent à tous indistinctement et absolument j ce qui augmente considérablement la solidité de cettQ: nageoire.
l84 TRA.ITÉ GÉNÉRAL
A la seconde nageoire, au contraire, les protracteurs et les rétracieurs sont transformés tout-à-fait en une couche plus profonde et plus forte de fléchisseurs latéraux; disposition qui est en effet déjà indiquée, sur le squeletle, parla soudure des os porte-nageoires entre eux et avec les épines supérieures des vertèbres.
La disposition des muscles du tronc et de la tête est si particulière chez le poisson-lune (tetrodon mola), qu'elle mérite d'être décrite à part.
On trouve dansla moitié antérieure du corps, à côté et au-dessus de la colonne vertébrale, la forte masse dorsale des muscles latéraux communs, qui naît de l'occiput et des vertèbres, et qui touche immédiatement à sa congénère du côté opposé , à cause de l'absence des apophyses épineuses. Elle est formée de fibres longitudinales, comme à l'ordinaire ; mais, par exception , elle ne contient pas de couches intermédiaires aponévrotiqucs. A quelque distance de l'extrémité antérieure de la nageoire dorsale, elle se divise en ventres ayant la forme de triangles allongés , qui se portent en haut. Il naît , en outre, de la moitié postérieure du rachis et des épines supérieures une masse musculaire , triangulaire, qui se continue sans interruption
d'anatomie comparée. i85
avec celle qui vient d'clre décrite : elle est entièrement formée de fibres verticales , et se divise aussi en ventres triangulaires allongés.
Tous ces ventres se continuent, à peu de distance au-dessous de la base de la nageoire dorsale , avec de forts tendons qui s'altaclient dans une petite étendue aux parties latérale et inférieure des rayons des nageoires, et les tirent avec force sur le côté. Les tendons des rayons antérieurs de la nageoire proviennent de la couche longitudinale , les autres de la couche verticale.
A la division musculaire inférieure la portion antérieure ou abdominale manque lout-àfait, autant que j'ai pu m'en convaincre par mes recherches : le péritoine succède par conséquent, dans cette région, immédiatement à la peau, qui est très-épaisse • la portion musculaire postérieure est au contraire très-forte et épaisse : elle n'est formée que de faisceaux longitudinaux qui, de la moitié postérieure du rachls et des épines inférieures, se rendent, de la même manière que les précédens, à la nageoire anale.
En arrière, les masses musculaires verticales, supérieure et inférieure , se disposent insensiblement aussi en faisceaux de forme triangulaire et allongée, mais plus courts et mieux séparés les uns des autres. Les faisceaux. supérieurs se dirigent obliquement de bas en haut et d'avant en arrière j les moyens sont droùts, et les
l86 TRAITÉ GÉNÉRAL
inférieurs se portent de haut en bas et d'avant en arrière: ils divergent, par conséquent. Chacun de ces faisceaux s'attache , par un fort tendon, à un rayon de la nageoire anale.
On voit que tous les muscles communément séparés sont confondus ensemble dans ce poisson ; que la portion postérieure des muscles latéraux a disparu ; qu'elle a été remplacée par les muscles fléchisseurs latéraux de la nageoire considérablement grossis , ou plutôt qu'ils ont pris la forme et la direction de ceux-ci. Les muscles de la nageoire anale, au contraire, sont vraisemblablement les muscles propres de cette nageoire , si l'on s'en rapporte à leur forme, leur position et leur origine.
La plaque céphalique des échénéides , dont le squelette a été décrit avec soin (i), est mise en mouvement par un appareil musculaire trèsfort et assez compliqué.
Les muscles les plus superficiels et les plus externes de cet appareil sont considérables et allongés ; les postérieurs naissent de la partie antérieure du rachis , les antérieurs de la large portion de la voûte crânienne : les premiers
(i) Vol. II , p. 521 et 522.
d'anatomie comparée. 187
se dirigent' horizontalement et directement d'arrière en avant ; tandis que les seconds se portent d'avant en arrière, et s'insèrent à la moitié externe et la pins considérable de la portion osseuse qui concourt à former la plaque céphalique, qu'ils aplatissent et allongent quand ils agissent simultanément.
En dedans de ces muscles, il y a bon nombre d'autres faisceaux, plus petits, qui sont formés , de chaque côté , d'une moitié externe et d'une interne : les moitiés externes naissent de la face du crâne , les internes de la strie tendineuse moyenne (i) j elles se dirigent en avant et en haut , s'unissent antérieurement et inférieurement sous un angle aigu, et s'insèrent ici, surtout aux pièces osseuses minces qui appartiennent aux plaques transversales principales.
Ces muscles internes sont les antagonistes des externes : ils tirent la plaque en bas et la rendent concave.
Lorsque les muscles externes se contractent en même temps, il se forme dans l'intérieur un espace vide , qui permet à Véchénéis de s'attacher par succion. Lorsqu'au contraire les muscles internes cessent d'agir, l'espace vide disparaît et l'animal se détache.
Il existe sous la plaque cartilagineuse externe
(0 Loc. cit., p. 522,
l88 TRAITÉ GÉNÉRAL
de faibles fibres circulaires qui appuient l'action de la couche interne en rapprochant par leur contraction le pourtour de la plaque.
Voilà l'exposé exact de cette disposition, que MM. Home et de Blainville, le premier surtout, ont plutôt indiqué que décrit : car M. Home dit seulement, d'une manière générale, que l'animal peut à volonté élever et abaisser les plaques , parce qu'il existe à cet effet des muscles sur le crâne (i) ; et M. de Blainville n'indique pas cette structure d'une manière tout-àfait exacte , du moins d'après ce que j'en sais par mes recherches (2).
(j. Plagiostomes.
La disposition des muscles du tronc et de la tête des plagiostomes ofiVe plusieurs particularités dignes de remarque.
Les muscles du dos et du ventre sont mieux séparés les uns des autres que chez les poissons
(1) Lectures on comparalivc anatomy, vol. III. — On the sceleton and progressive motion of animais, p. 196.
(2) Note sur la structure et l'analogue de la plaque dorso-céphaliquc des eclicne'is. Journ. de phj s. , 1822, t. XCV, p. i32.
d'anatomie comparée. 189
osseux en général ; cette séparation a lieu par une large bande tendineuse, qui naît des parlies latérales des vertèbres.
Ils se divisent aussi plus distinctement en un plus grand nombre de portions charnues séparées et juxtaposées que cela n'a lieu, du moins en général, chez les poissons osseux.
La disposition la plus simple est offerte par ]es squales.
On trouve chez eux, à la face supérieure, à côté de la colonne vertébrale, étendu depuis l'occipital jusqu'à l'extrémité de la queue , un muscle considérable qui s'amincit insensiblement beaucoup, et qui s'insère, en outre, par sa partie externe à la première pièce de l'épaule et à l'extrémité supérieure de la seconde pièce de cette région. Chez les raies, il passe sous la partie interne de l'épaule, mais il lui est uni à sa face inférieure. Chez les squales , au contraire, la moitié interne , la plus grande de l'épaule , est entièrement libre, ce qui tient à la petitesse et à la position à nu de cette division principale du membre.
Ce muscle naît , par toute sa face interne et inférieure, des vertèbres et des côtes 5 il s'attache, en arrière , à la face latérale des vertèbres caudales , par des tendons considérables , mais qui sont surtout longs et déliés chez les raies. C'est chez les torpilles qu'il est charnu dans la plus grande étendue , et qu'il offre les
igo TRAITÉ GÉNÉRAL
tendons les plus courts et les plus gros. Je n'ai jamais trouvé ces tendons perforés chez des animaux de cet ordre , comme le dit M. Cuvierj mais je les ai vus quelquefois très-intimement unis , ce qui a pu occasiouer l'erreur.
En dehors de ce muscle il y a un muscle superficiel et un profond qui se recouvrent.
Le muscle superficiel , plus mince , mais plus large , qui naît d'une expansion aponévrotique recouvrant le muscleprécédent, monte obliquement en haut et en dehors , et se bifurque supérieurement en deux lames : l'externe et supérieure de ces lames s'attache à l'extrémité inférieure de la moitié supérieure de la seconde pièce de l'épaule 5 l'interne et inférieure s'étend, comme muscle abdominal , qui offre ici plusieurs intersections aponévrotiques se succédant d'avant en arrière, sur toute la surface de l'abdomen, et s'iusère , postérieurement, au bassin , en avant, à la partie antérieure et inférieure de la seconde pièce de l'épaule, ou la pièce claviculaire.
Ces deux muscles représentent évidemment d'une manière très-distincle le rélracteur de l'omoplate ( le muscle large du dos ) et les muscles larges du ventre des animaux plus élevés ; mais ils ne sont pas encore unis , et le dernier n'est pas non plus partagé eu plusieurs couches.
Le deuxième muscle, ou le profond , dont le
d'anatomie comparée. 191
superficiel s'est , par conséquent, séparé comme line couche propre, prend son origine à la partie supérieure du second cartilage. Ce cartilage est la pièce inférieure de l'épaule; il s'y insère un peu plus bas que le précédent; il se dirige en dehors des côtes , qui de leur extrémité externe lui envoient des languettes; se porte, à côté du premier, en arrière, et s'unit à lui par des faisceaux charnus, dans la région pelvienne. Ce muscle reçoit aussi deux fortes languettes de l'extrémité postérieure du bassin , et se continue comme muscle sous - caudien , en recevant , dans toute son étendue , de nouveaux et courts faisceaux musculaires , jusqu'à l'extrémité postérieure de la queue , où il se termine comme le premier, sans présenter de tendons perforés , ni chez les raies , pour lesquelles M. Cuvier fait cette remarque (1) , ni chez les genres voisins , du moins autant que je puis croire d'après mes recherches.
Les musclesqui viennentd'être décrits offrent en outre , surtout chez les raies , des développemens qui sont dus soit à leur augmentation de volume, soit à leur division en un nombre plus considérable de couches superposées. Nous croyons devoir exposer ces développemens lorsque nous traiterons des muscles des membres.
(0 Leçons, I, 201 et 202.
Nous ne considérons ici que ceux qui sont en rapport avec les mouvemens de la tête.
Chez les raies et les torpilles , la conformation est plus compliquée dans la région antérieure que chez les squales , en ce qu'il se dé-j veloppe chez eux quelques muscles accessoires , qui se rendent à la tête.
Deux de ces muscles sont situés à la face supérieure du corps 5 le troisième est situé à l'inférieure.
Le premier des deux est une petite partie séparée du muscle dorsal commun , qui de la grande iame réfléchie de l'apophyse transverse des vertèbres cervicales antérieures se rend à l'occiput 5 il rappelle le muscle que nous avons décrit chez plusieurs poissons osseux.
Le second, qui est plus superficiel, est aussi, surtout chez les torpilles, la partie postérieure et externe de la portion antérieure du muscle supérieur commun du tronc; il naît de la pièce qui représente l'épaule, et se porte, par- dessus la cavité branchiale , par un tendon fort et long qui se dirige le long du crâne, jusqu'à l'extrémité antérieure du corps.
Dans les raies , chez lesquelles ce muscle est mieux séparé, mais beaucoup plus fiuble que chez les torpilles, le tendon , qui est délié, se bifurque, et se perd en avant dans la peau. Chez les torpilles , au contraire , ce tendon s'at-
d'axatomie comparée. 193
tache, en outre, aux pièces cartilagineuses externe et interne , par lesquelles la tôle se termine en avant (i).
Le muscle situé à la face inférieure est fort semblable à celui qui précède , seulement il est un peu plus fort, surtout chez les raies. Il naît du bord antérieur delà clavicule , conjointement avec l'abaisseur de la mandibule, dont il forme eu effet, chez les torpilles ^ le ventre externe et inférieur, qui ne se sépare que dans la région de la mandibule. Il est d'abord charnu en passant sous les branchies; puis il se porte, par un long tendon qui règne le long de la tête, jusqu'à l'extrémité antérieure du corps , où il se termine avec les mêmes modifications que le muscle supérieur.
C'est là, sans contredit, le muscle que décrit M. Cuvier , car je n'en ai jamais pu trouver un autre; mais jamais il ne vient, comme le dit M- Cuvier, des vertèbres antérieures. Il n'est pas non plus situé dans la cavité branchiale , et ne se plonge pas tout charnu'dans la base du museau. On peut rapporter les dernières données à la ténuité du tendon de ce muscle chez les raies ordinaires; quant aux deux premières, je ne sais quelle circonstance a pu y donner lieu.
Les diiférens genres se distinguent, en ou-
(1) Vol. 11, p. 449, 45oet45(j.
tre, par la forme extérieure et intérieure des muscles qui viennent d'être décrits.
Chez les squales , tous sont beaucoup plus allongés et arrondis 5 chez les raies , ils sont, au contraire , larges el plats.
Tous ces muscles ont, en outre, chez les squales, comme la remarque en a été faite pour le muscle abdominal , un grand nombre d'intersections aponévro tiques , Irans verses , irès-rapprochées , qui s'étendent aussi à travers la queue.
La disposition de ces intersections n'est pas partout la même. Chez les squales ^ elles sont situées à peu près à la même distance dans le muscle dorsal superficiel le plus interne. On eu compte une vingtaine environ dans chacun de ces muscles, entre la clavicule et le bassin.
Dans Vange , elles affectent une autre disposition; le muscle dorsal en offre environ quarante dans la même étendue ; le muscle abdominal n'eu a que quinze ou seize. Elles manquent tout-à-fait dans le muscle dorsal des torpilles et des raies.
Le muscle abdominal des torpilles en a sept ou huit fort espacés.
Chez les raies il existe à la place de ces intersections, seulement à la face inférieure, et surtout dans la moitié antérieure, une forte expansion aponévrolique.
- d'anatomie comparée.