C. Ophidiens
Les ophidœns se distinguent des autres rep^ tiles par la grande proportion des muscles du tronc : on en peut dire, avec raison, du moins pour la majeure partie de ces animaux , que c est peut-être chez eux que les tendons oOrln le plus grand développement, particulièrement en ce qui concerne leur longueur
ord^rV?^T-' des muscles de cet
ordre acte faite par M. Hubner(0, mais seu-
(0 De organis moloriis bo» canino). Berolnn, .8.5.
lement pour le hoa , après que Tyson (i) , et dernièrement aussi M. Home (2), eussent déjà fourni quelques matériaux.
Nous avons fait l'exposition que l'on va lire, surtout d'après le hoa et le python , mais en ayant toujours égard aux principaux autres genres.
1° En haut on voit se diriger, à côté des arcs et des épines des vertèbres, un muscl econsidérable, qui prend origine par une double rangée de languettes.
La rangée interne , plus forte , moins divisée , naît , par des fibres cbarnues , de la face latérale des apophyses épineuses : l'externe vient des apophyses iransverses , par des tendons étroits , la plupart longs en proportion.
Ces deux rangées de languettes se dirigent d'arrière en avant, la première de dedans et d'en haut, la seconde de dehors et d'en ba : selles se réunissent , par conséquent , en avant, sous des angles aigus.
11 se délache de la face externe de ce nuiscle des ventres triangulaires , allongés , dirigés en
(1) Vipera caudisona, etc. Pliilos. Iran s. , n» i44-
(2) Lêct. on comp. anatomy , I. London , 1814. On llic progressive motion.
d'anatomie comparée. i5j
avant et en haut , qui s'insèrent , par des tendons considérables, aux sommets des apophyses épineuses des vertèbres.
Chez le hoa et le python, tous les tendons qui viennent d'être mentionnés sont très-courts; ils sont plus longs chez Vamphishène , après lequel viennent, sous ce rapport, le scjicde et Vélaps; ils sont un peu plus longs encore chez le crotale. J'ai trouvé les plus longs dans les genres couleuvre , vipère , naja et trigonocéphale;\es plus antérieurs , qui s'attachent aux épines , ont même jusqu'à un septième de toute la longueur de l'animal.
Ce muscle est à la fois le muscle épineux et le semi -épineux (m. splnalis et semi-spinalis) des animaux supérieurs, chez lesquels les muscles épineux et semi-épineux sont étroitement confondus , et ne forment en effet qu'un seul muscle.
Le muscle d'un côté fléchit le rachis sur le côté duquel il se trouve ; lorsqu'ils agissent ensemble , ils le mettent en extension.
a'^ En avant, mais dans une étendue proportionnellement petite , qui forme à peu près le vingt-cinquième de tout le corps, ce muscle se divise en un ventre externe et un interne : celui-ci, plus mince et insensiblement apointi, s'étend jusqu'à la première vertèbre ; le second, plus épais , qui s'épanouit insensiblement un peu , va jusqu'à l'extrémité antérieure du ra-
'^58 TRAITK GÉNÉRAL
chis • il nait des vertèbres de la manière accoutumée , et s'insère tout à côté de la ligne médiane au bord postérieur de la face supérieure du crâne.
Ce ventre externe est sans contredit le deuxième extenseur de la tête ou le digastrique delà nuque^ et à la foisie complexus des animaux supérieurs , quoiqu'il ne soit nullement interrompu par des intersections aponévrotiques. En revanche, le muscle le plus supérieur, ou le trapèze^ manque encore tout-àfait.
II étend la téte.
3° On trouve immédiatement sous le muscle précédent, qu'il faut entièrement soulever, un muscle pareil , à peu près de la même force, qui peut à peine en être séparé j il est situé dans la gouttière qui sépare les apophyses transverses des épineuses; ses faisceaux se portent des premières aux secondes obliquement de bas en haut et d'avant en arrière. Ce muscle fléchit la colonne vertébrale de son côté \ si tous deux agissent à la fois , ils la mettent en extension.
Il correspond au muscle multifidus spinœ des animaux supérieurs.
4° Plus en avant il succède à ces muscles un autre semblable , plus épais , mais beaucoup plus court, qui naît du côté des épines des quatre premières vertèbres , s'élargit insensi-
d'anatomie comparée. 269
blement,ct s'insère à l'occipital, au-dessous du deuxième muscle : c'est le muscle grand droit postérieur de ta tête , qu'ii met en extension.
5» Sous les muscles précédens, il y a , entre les apophyses épineuses, des muscles courts et droits, les interépineux ^ qui tirent également le rachis de leur côté , et contribuent à l'étendre quand ils agissent des deux côtés.
6" En dehors et au-dessous du premier muscle vient un petit muscle , situé entre les apophyses transverses des vertèbres, qui fléchit le rachis de son côté : c'est le muscle intertransversaire.
70 Au-dessous et en dehors du premier existe un quatrième muscle, beaucoup plus fort. Il I prend naissance immédiatement au - dessous ides languettes tendineuses externes du pre- 1 mier muscle , aux apophyses transverses des ' vertèbres, par des faisceaux charnus, épais, diri- Igés d'avant en arrière et de dedans en dehors. 11 détache de sa face externe des faisceaux iplus faibles, afFeciant la même direction, qui, .après un court trajet, se convertissent en un ttendon mince, par lequel ils ne s'attachent pas ; à un os , mais à un muscle qui vient après , et qui, de sa face supérieure et interne, envoie à i leur rencontre des faisceaux semblables; ceuxci s'unissent avec les premiers ; de sorte que
26o TRAITÉ GÉNÉRAL
ces deux muscles pourraient être considérés , à plus juste titre, comme ne formant qu'un muscle. 11 part de la face supérieure et externe de ce muscle de courts faisceaux musculaires , dirigés en avant , qui s'attachent aux apophyses, épineuses des vertèbres, au moyen de tendons qui passent par-dessus le premier muscle, et qui, dans plusieurs genres, sont unis entre eux et forment une aponévrose.
En haut, où il est un peu renflé et charnu, il s'insère à l'occipital , immédiat,emenl à côté du second muscle,
8° Le muscle suivant, qui, comme la remarque vient d'eu être faite, n'est peut-être que le ventre externe du précédent , est formé d'un grand nombre de faisceaux très-longs, dirigés de haut en bas, de dehors en dedans et d'arrière en avant. Une partie de ces faisceaux s'unissent en dedans , de la manière qui vient d'être îudiquée, avec le muscle précédent , qui peut être considéré comme leur donnant naissance. Les autres faisceaux plus profonds, et afiectant la même direction, naissent, du moins chez le boa et le pj^thon, de la partie supérieure d'une des côtes postérieures, franchissent ensuite environ dix côtes , sans s'y attacher , et se fixent à peu près au milieu d'une des côtes antérieu res, qu'ils tirent en arrière.
A la queue , dans toute la longueur de la-
D^AÎIATOMIE COMPARÉE. 261
quelle s'étendent ce muscle et le muscle précédent , les faisceaux externes s'insèrent aux apophyses transverses des vertèbres.
Ces deux muscles représentent incontestablement le long extenseur du dos (ppisthotenar) ; l'interne représente à la fols, par son extrémité supérieure-, le splénius de la tête; l'externe le trachélo -mastoïdien. Ils offrent la couche musculaire la plus épaisse , et tirent les côtes et la tête en arrière et sur le côté.
Ces muscles sont très -considérables chez le hoa , mais tous leurs tendons sont courts; ils sont bien moins développés chez d'autres, surtout le crotale et particulièrement le naja., et leurs tendons , les intermédiaires aussi-bien que les externes du second muscle , sont trèslongs et grêles.
Dans les couleuvres du moins le c. pluthonius , les deux muscles sont séparés l'un de l'autre ; ils ne sont unis que par de forts fascicules à longs tendons, se rendant du premier au muscle interne , qui s'attache par des faisceaux ascendans aux apophyses transverses.
9° Immédiatement sous le muscle précédent est appliqué sur les côtes un autre muscle , beaucoup plus faible , d'une forme allongée et arrondie , dont les faisceaux supérieurs viennent des côtes antérieures; taudis qu'il s'alta-
263 TRAITÉ GilNÉRAL
che, par des faisceaux itifcrieurs, à des côtes postérieures , en sautant trois ou quatre côtes.
Il tire les côtes en avant.
Je n'ai pas réussi à voir distinctement ce muscle dans plusieurs genres , tels que le crotale, le naja, la couleui^re, du moins le c. plu* tho7iius , quoique les individus que j'ai disséqués fussent volumineux.
Il est possible par conséquent qu'il soit propre auK genres boa et python.
10° Plus haut, immédiatement après celui qui précède, on rencontre une série de muscles forts , mais courts , qui sont couverts par le septième muscle. Us ne se dirigent pas dans le sens longitudinal, comme ceux que nous avons considérés jusqu'ici j ils descendent presque verticalement, ou peu obliquement d'avant en arrière, et s'attachent à la côte qui vient après : ce sont par conséquent des élévateurs et des protracteurs de côtes.
Dans quelques genres, comme le boa, le pjthon et la couleuvre , ces muscles sont incomparablement plus gros et plus longs que dans d'autres , tels que le naja, le crotale et la vipère.
Chez les najas ils se prolongent extraordinairemcnt aux longues côtes antérieures, sans cependant augmenter d'épaisseur 5 ils s'insèrent très-près de l'extrémité antérieure de la
d'ANATOMIÈ COMPAÎIÉE. 2 63
côte ; ce qui, comme on le conçoit facilement, augmente beaucoup leur force.
1 1° Iramédiatenient au-dessous du septième muscle, les côtes par leur par tie supérieure donnent naissance à un muscle dont les faisceaux aboutissent , par leurs extrémités supérieures , aux faisceaux inférieurs de ce même septième muscle. Ce muscle affecte une direction entièrement opposée : il se porte de haut en bas et d'avant en arrière; ses faisceaux grêles et minces sont d'abord séparés , puis se réunissent après un court trajet , et constituent une aponévrose, étroitement attachée à la peau des parties latérales du corps; extérieurement celte aponévrose s'attache aux écailles abdominales ; en dedans et dans la profondeur, elle détache des faisceaux quis'inscrent aux extrémités inférieures des côtes . Ce muscle tire les côtes en avant, et favorise par conséquent la progression du corps.
Ce; muscle offre beaucoup de variétés relatives à son développement, quoiqu'il existe généralement, d'après mes recherches. C'est chez les amphisbènes que je l'ai trouvé le plus développé ; après ce genre viennent les erjx, les tjphlops^ les scjtales, les boas et les pythons. Dans les autres il diminue insensiblement , dans l'ordre suivant : 1° élaps , 2° trigonocéphale et vipère , 3° couleuvre , 4° naja et çrotale.
Il disparaît presque dans les deux derniers ,
a64 TRAITÉ GÉNÉRAL
comme je m'en suis convaincu par mes dissections faites tant sur des individus frais que sur des individus conserves dans l'alcool.
Chez les najas , les faisceaux supérieurs de ce muscle augmentent surtout de volume dans la région la plus antérieure du tronc, conformément au prolongement considérable des côtes ; ils se divisent à leur extrémité externe et libre en plusieurs languettes,
12° Immédiatement sous le muscle précédent on en remarque un autre , qui est formé de faisceaux semblables, mais plus allongés et moins obliquement dirigés ] ils se détachent du milieu environ de chaque côte et se fixent en arrière , et Beaucoup plus bas que le précédent, aux dixième et onzième côtes, qui viennent après celle d'où ils naissent. Ce muscle tire aussi les côtes en avant ; c'est leur long élévateur antérieur; il correspond peut-être aux muscles dentelés antérieurs des animaux pourvus de membres.
i3o Immédiatement au-dessous de lui est un autre muscle du même volume , et affectant la même direction, qui du commencement du sixième inférieur de la côte qui précède s'étend au sommet de la coté qui suit.
Chez le crotale^ ces muscles ne sont pas faciles à distinguer.
A la queue ils se réunissent et forment un fascia longitudinal , qui des apophyses trans-
d'anatomie comparée. 265
verses s'étend aux épines inférieures et à la face inférieure du corps des vertèbres, et qui fléchit la queue.
La détermination des trois derniers muscles décrits n'est pas facile à établir.
Le premier n'a pas été aperçu , à ce qu'il paraît, par M. Cuvier : il ne le décrit ni parmi les organes de l'appareil locomoteur, ni parmi ceux des appareils respiratoire et cutané. i
Hubner l'a décrit , mais sans le coQiparer à des muscles d'autres animaux.
Je crus d'abord qu'il correspondait aux muscles obliques externe et interne de l'abdomen, l'externe étant représenté par la couche supérieure et l'interne par la couche inférieure ; dans ce cas les serpens posséderaient déjà tous les cinq muscles principaux de l'abdomen. Cependant la disposition que j'ai rencontrée chez les sauriens , comme on verra plus loin , me force d'abandonner cette manière de voir : en effet, ces reptiles ont généralement un muscleanalogue, etenoutre les trois muscles latéra ux et le muscle droit de l'abdomen .
Je regarde par conséquent ce muscle comme lun muscle insolite , que je crois être un muscle peaucier ; mais il est extrêmement vraisemblable qu'il représente, par sa masse aussi-bien que par sa fonction, certains des muscles des membres. La fusion des deux moitiés latérales de ce muscle dans la ligne médiane, chez plu-
sieurs ophidiens , est intéressante à plusieurs égards , et en particulier parce que , chez les monstres privés des divisions extérieures des membres, les muscles de la portion existante se confondent entre eux d'une manière absolument analogue (i).
Cette manière de voir est d'autant plus plausible qu'elle rend possible la détermination des deux muscles suivans (12°, i3°), qu'il est plus exact de regarder comme constituant un muscle unique. .
Ceux-ci représentent , sans contredit , eu égard à leur trajet et leur fonction , le muscle oblique externe du ventre^ et le muscle supérieur, comme il a été dit, représente les muscles dentelés des animaux plus élevés.
D'après cela , l'oblique interne manquerait, il est vrai ; mais son absence est plutôt favorable que contraire à notre opinion, puisqu'il manque également aux batraciens et aux chéloniens.
La troisième couche ne se montre qu'à un degré d'organisation plus avancé, chez les sauriens.
M. Cuvier avance que les muscles de l'abdomen sont représentés par un muscle interne et transverse , qui s'étend des vertèbres aux
(i) Voy. un cas de ce genre dans F. Meckcl , Dcscrijit. tnonstroruin nonnuUorum. Lipsia;, 1826, p. 77.
d'anatomie comparék. 267
cotes, et que nous décrirons plus loin (1). M. Carus abonde dans le même sens , en disant qu'il existe, outre les muscles du dos, un muscle abdominal mince et plat , pourvu d'un leudon moyen (2). Les assertions de ces deux naturalistes n'infirment pas la détermination que : nous avons établie , par la raison que les des- I criplions qu'ils donnent des muscles, et surtout de ceux des reptiles, sont fort incomiplètes.
14° et i5o II existe en outre , entre toute la i hauteur de deux côtes, un muscle externe, qui ; affecte la direction du précédent, et un muscle i interne plus profond, dirigé en sens contraire : ( ce sont les muscles intercostaux, auxquels se j joignent :
160 D'autres muscles intercostaux externes fplus volumineux , qui naissent tout à côté de 1 l'extrémité supérieure des faisceaux du douizième muscle- ils sont beaucoup plus étroits (que les autres intercostaux, et sautent une (côle.
17° et 18° Il existe entre les extrémités inféirieures des cartilages costaux des muscles étroits cet dirigés en ligne droite , dont les plus pro- J fonds se trouvent chacun entre les sommets de
(0 Leçons, IV, p. 57 r.
(2) Zootomie, p. 5o6.
deux côtes , taudis que les plus superficiels sont situés entre les sommets de quatre côtes.
Ces muscles correspondent sans doute , par leur trajet et leur position, aux muscles droits de V abdomen d'autres animaux.
Les trois derniers muscles sont , chez les crotales et les najas , beaucoup plus faibles , moins séparés les uns des autres et des muscles intercostaux ordinaires, que chez d'autres reptiles , tels que les boas et le pjthon.
Il existe aussi plusieurs muscles à la face interne des côtes et à la face inférieure du rachis. Le développement considérable du premier de ces muscles constitue surtout le caractère principal de la disposition générale des muscles chez les ophidiens; disposition en rapport avec l'absence des membres, qui sont remplacés par les côtes.
19° Le plus superficiel de ces organes, qui forme le passage des muscles extérieurs aux autres internes, qui sont situés plus profondément , naît un peu au-dessus du milieu des côtes, et descend le long de leur moitié inférieure , mais ne s'étend pas tout-à-fait jusqu'à leur extrémité inférieure. Il n'est pas divisé eu
d'anatomie comparée. 269
j faisceaux distincts , et se compose de fortes fibres transversales qui s'insèrent à une aponévrose moyenne, forte et très-large, qui, sur [aligne médiane, s'unit plus ou moins intimement au onzième muscle par un tissu cellulaire court.
Au-delà de l'anus les fibres de ce muscle deviennent longitudinales ; elles s'épaississent même, et deviennent allongées et arrondies à leur partie antérieure; enfin il se termine , en s'apoin tissant, même encore dans le point correspondant à la moitié supérieure de l'anus , aux épines inférieures des vertèbres.
Cette partie musculaire fait à la fois les fonctions de fléchisseur de la queue et d'abaisseur de Vorifice du cloaque , qu'il ouvre.
Il est évident que ce muscle est le muscle transverse de V abdomen d'autres animaux.
20°, 21'' et 22" 11 y a en outre encore trois muscles communs à toutes les côtes.
Les deux premiers, qui sont les plus superficiels et les plus externes, ont la même direction; ils se portent obliquement de dedans en dehors, d'arrière en avant et de haut en bas, cl passent au-dessus de quatre ou cinq côtes.
Le plus interne naît du côté des corps des vertèbres, et s'insère à peu près au milieu de chaque côte.
Immédiatement au-devant de ce muscle on observe l'origine du suivant , qui se rend au sommet de la côte.
270 TRAlTii GÉXÉRAL
L'an el l'aLilre tirent les côtes en arrière «
Us correspondent certainement , par leur origine , leur insertion et leur fonction , au diaphragme , et à la fois au muscle long du cou d'autres animaux.
Les longues côtes antérieures des najas n'ont pas le deuxième muscle ; en revanche , les faisceaux du premier sont grossis , en rapport avec le volume considérable des côtes; mais, loin de s'insérer plus en dehors qu'aux autres côtes , ils se fixent plus en dedans , et montent par conséquent plus verticalement.
Le troisième muscle est un élévateur interne des côtes : il est court , épais et triangulaire , et naît du col de la côte qui précède immédiatement , pour s'attacher un peu plus en dehors à la côte suivante ; il est entièrement recouvert du deuxième muscle, et tire la côte en avant.
A la queue, ces muscles se transforment en une couche, qui se dirige le long de la face inférieure des apophyses iransverses et qui fléchit la queue.
25° Environ dans le trentième antérieur de la colonne vertébrale , ces muscles sont recouverts par un muscle plus fort, qui représente le muscle droit inférieur de la tête ou fléchisseur de la tête y il naît de la face inférieure des vertèbres les plus antérieures , et se porte , sous la forme d'un triangle Irès-allongé et for-
d'anatomie compar)^,e. 271
teraeni apoiiiii, d'arrière en avant, à la partie postérieure de la face inférieure du crâne ; il abaisse la tête avec force.
24° En avant il existe en dehors du dernier un autre muscle beaucoup plus petit , qui naît plus haut du corps des vertèbres les plus antérieures , et qui s'attache à la portion articulaire de l'occipital ; ce muscle est le Jléchis- . seur latéral ou le droit latéral de la tête,
Les différences de \ amphishhne , comparé : sous ce rapport aux autres ophidiens, sont tel- 1 les , que nous croyons devoir l'étudier à part.
Première différence. Les divers muscles , i surtout le premier, le second et le troisième , :sont développés , mais plus arrondis, et beau- I coup moins séparés les uns des autres que chez les autres ophidiens.
Deuxième différence. La neuvième paire de muscles me semble manquer.
Troisième diflérence. La dixième paire a un 'volume extraordinaire.
La onzième est bien plus forte encore : ses I faisceaux supérieurs et ses inférieurs ou inter- 1 ries, qui s'attachent à la côte, sont presque en- I lièrenieni séparés , de manière à former deux I muscles distincts.
La parlicularité la plus frappante esl ofleric parla huitième paire, ou le ventre externe de l'extenseur commun du dos : elle est non seulement beaucoup plus développée que de coutume , mais en outre, et ce qui est fort digne de remarque, elle ne s'attache pas , en avant, aux côtes , mais à la ligne latérale de la peau , où elle se perd dans une couche musculaire peaucière, formée de fibres longitudinales, qui occupe toute la surface du dos, et qui manque aux autres ophidiens.
Cette disposition est surtout intéressante en ce sens qu'il est extrêmement vraisemblable que c'est d'elle que dépend la faculté que possède l'animal de mouvoir tout son corps d'avant en arrière.
Elle n'existe pas même dans les genres voisins, tjphlops et scjtale : il est remarquable qu'après les amphisbènes on ne la rencontre que chez les érjac.
Passons maintenant à la conformation desorvets , qui forment encore davantage la transition aux sauriens, parmi lesquels ils sont rangés par plusieurs naturalistes avec plus de droit peut-être que parmi les ophidiens.
1» Les muscles latéraux sont ici, on peut
d\vNATOMIE COMPARl'cE. 27 3
dire tous , confondus , et forment une masse peu exlricable : la moitié supérieure de cette masse, qui en est la plus grande et de beaucoup la plus épaisse, est formée de fibres droites ; la moitié inférieure est composée de fibres obliquement dirigées de haut en bas , d'avant en arrière et de dedans en dehors.
2° Le muscle qui s'attache à la peau ( n" II ) est situé sur les limites de ces deux moitiés , et se dirige d'avant en arrière et de haut en bas ; il est assez fort, mais n'est formé que de cette couche supérieure et externe. La couche inférieure et interne , qui affecte une direction opposée , manque entièrement.
3° Les deux paires de muscles intercostaux i internes (i) , qui représentent le diaphragme , î sont confondus et n'en forment qu'un seul.
D. Sauriens, §. 78.
Les muscles du tronc et de la tête des sauif-îens se distinguent de ceux des ophidiens {principalement :
i** Par le développement plus faible des
(0 Voy. p. 269 , n" 20, 21.
miiscies t]o la région ihoraciquc et abdominale ;
2° Par un développement plus considérable et une variété plus grande des muscles de la région cervicale, comprenant surtout les muscles qui meuvent la tête , et de ceux dé la queue.
Ces deux conditions rapprochent les sautiens davantage des chéloniens ^ qui offrent le minimum de développement des muscles du milieii du tronc , comme les ophidiens en présentent le maximum.
Entre ces deux ordres se placent les batraciens et les sauriens : les premiers sont plus rapprochés des chéloniens , les seconds le sont davantage des ophidiens .
Mais parmi tous ces ordres , les muscles du cou de la tête les plus développés se rencontrent chez les chéloniens ^ et les plus forts muscles de la queue chez les sauriens.
La disposition des seps ressemble beaucoup à celle des orvets. Leurs muscles, surtout ceux du dos, sont fort épais. Le muscle pcauciera ses deux couches : l'externe est beaucoup plus forte , et forme une couche continue ; l'interne se compose de plusieurs faisceaux séparés. Touir
d'anatomié côMpakée.
la masse déborde les côtes en dedans , sans s'ii-^ nir à celle du côte opposé.
Lés musclés de la tête ne sont pas distincte-^ ment séparés les uns des autres et des muscles du dos; \q sterno -mastoïdien est cependant fort développé.
Les autres sauriens présentent surtout la disposition suivante, que je donne d'après la description du crocodile , parce que j'ai eu occasion dernièrement de disséquer deux individus de crocodilus lucius frais et assez grands, et que , du reste , les différences sont peu essentielles.
a. Muscles dcrsaux , ou muscles des vertèbres et de la tête.
• 1° On trouve, dans la gouttière formée par les arcs, les apophyses épineuses et transverses ' des vertèbres, un muscle, pas très-fort, qui se I continue en arrière, avec le muscle sus-cau- I dieu , dont il constitue en effet la partie an- I lérieure : c'est le long extenseur commun du i dos [opislhotenar) , et a la fois le muscle épi- I neuoc du dos.
11 naît par son bord interne, au moyen de
tendons courts , d'un certain nombre d'apophyses épineuses postérieures, et s'attache, par desemblables tendons, à des apophyses épineuses antérieures.
En dehors il s'insère, par des languettes ascendantes, en partie aux apophyses transverses des vertèbres , en partie aux cols des côtes : celte partie est le muscle long du dos et le sacro-lom ba ire .
Ges trois muscles ne peuvent être séparés que d'une manière artificielle. Leur partie externe représente peut-être même le muscle dentelé postérieur ascendant ou autrement dentelé inférieur {^serratus posterior inferior) des animaux plus élevés : car elle est, chez tous les sauriens , proportionnellement très-large et charnue.
Tous ces muscles sont , chez le crocodile , unis aux écailles de la peau d'une manière extrêmement intime , à tel point qu'ils ne peuvent être séparés sans lésion des muscles ou des écailles. Dans les autres genres j'ai trouvé ,que leur union avec la peau est infiniment plus lâche.
Le volume de ce muscle offre aussi des variétés : chez les crocodiles et les iguanes, il est beaucoup plus étroit et plus mince que dans la plupart des autres genres.
Je le trouve surtout très-développé chez le lacerta ocellata et le gecko.
Dans le ^?mg-o« il estlarge , mais pas très -épais. 2° A la parlie la plus élevée du ironc il se trouve un muscle abducteur du cou, le splénius du cou^ uni intimement avec l'extrémité supérieure et interne du muscle précédent : il nait à la fois des épines des deux vertèbres dorsales antérieures et de celles des dernières cervicales , et se rend aux apophyses transverses des vertèbres cervicales antérieures j il est situé immédiatement en dehors et sous le splénius de la tête, qui sera décrit plus loin.
30 En dehors du muscle précédent, et séparé de lui par le trachélo-mas toïdien , qui sera également décrit plus tard , existe un muscle'plus fort , qwi , des apophyses iransverses des deux ;Ou trois premières vertèbres dorsales , se porte à celles de toutes les vertèbres cervicales : c'est le muscle intertransversaire , qui fléchit le cou, et par suite la tête, de son côté. ; 4° En dehors .tie ce muscle on rencontre uri prolongement , qui est réellement la partie la plus antérieure de l'extenseur commun du dos': c'est un muscle volumineux et large, qui des trois premières côtes s'étend aux apophyses transverses des vertèbres cervicales, jusqu'à la seconde. On reconnaît en lui le mi/^c/e r/.îce/2dant de la jiuque. "i"";''î' ^iV-V/;-.;
5» 11 s'étend de la première côte thôracique aux apophyses transverses de toutes les vertèbres cervicales, la première exceptée, un autre
muscle , qui passe derrière le plexus nerveux brachial , et qui est uui étroitement au muscle long du cou, lequel est plus fort; il tire le cou sur le côté , et en même temps les côtes en Rivant : c'est un scalène.
Les petits muscles qui existent entre les vertèbres ne peuvent absolument pas être séparés de ceux qui vienneut d'être décrits.
Ji existe très^généralement chez les saurienSy à la face dorsale du thorax et du cou, un muscle mince, et ayant la forme d'un triangle allongé j ce muscle, le plus superficiel de ceux de cetle région, naît ordinairement des apophyses épineuses des premières vertèbres dorsales et de celles des vertèbre^' cervicales ; il s'insère à l'occipital, et en outre, endehors, à la face externe du scapulum. Ce muscle est \e trapèze, quçt nous ne décrirons pas en ce moment , en nous réservant de le faire avec les muscles des membres, antérieurs , auxquels il appartient plus particulièrement.
On rencoDlre au cou, sous ce dernier, de très forts muscles, qui sont ou des continuations de muscles du dos, ou des muscles propres. La plupart sont unis étroitement soit avec les muscles dorsaux , soii entre eux , et
d'anatomie comparée. 279
'vont du rachis à la lele; mais ils n'offrent pas ] partout les mêmes conditions.
10 On trouve constamment, tout à côté de i la ligne médiane , un muscle considérable et (droit, qui prend naissance' par des languettes «séparées aux épines des premières vertèbres * dorsales et à celles de la plupart des vertèbres ( cervicales., se porte en haut , oîi il se rétrécit I un peu , et se termine au bord postérieur de la iporlion squameuse de l'occipital; communéiment un tendon tr^^nsverse ou oblique inter- 1 rompt la continuité des fibres charnues vers >son extrémité supérieure.
11 étend la tête avec force.
La présence de l'intersection tjendineuse lui a à fait donner le nom d'extenseur digastriçue •ioii de muscle cervical digas trique.
: Cette intersection manque cependant chez lie gecko ^ et est très-faible chez le crocodile. (Chez les againes , au contraire , il y en a deux ( qui sont considérables, et qui se succèdent d'a- \vànt en arrière. , m i
2» Immédiatement en dehors du précédent, l( cette région présente un muscle de même forime, dirigé plus obliquement d'arrière en avant cet de dehans en dehors , couvert à sa partie i postérieure par le muscle cervical digastrique :
il s'étend des vertèbres cervicales postérieures ' à la portion mastoïdienne du temporal.
Ses fonctions sont de tourner la tête en dehors et en arrière.
11 correspond sans doute au muscle splénius de la tête et au compleocus des mammifères.
Peut-être n'est -il que le dernier? Dans ce cas lè splénius manquerait. Cette absence s'expliquerait facilement par le peu de développement des parties latérales de la tête. La position de ce muscle sous le digastrique ne serait pas contraire à l'opinion en vertu de laquelle il serait regardé comme le splénius seul j ou comme représentant le splénius conjointement avec le compleocus : en effet , cette disposition pourrait tenir uniquementan grand développe- ^ ment qu'aurait pris le digastrique dans le sens longitudinal.
11 me semble cependant plus exact de le prendre pour le compleocus, eu admettant que le splénius n'existe pas.
5° Sous ces muscles il y en a deux droits : le supérieur naît de l'épine de l'axis ; l'inférieur , qui est plus court , vient de celle de l'atlas; ils se fixent tous les deux à l'occipital.
Le premier est le grand droit postérieur, le second le petit droit postérieur, autrement Je grujid et le petit eoctenseur de la tête.
4° En dehors de l'avaut-dcrnier , le muscle que l'on observe est le trachélo-mastoidien , séparé du grand droit postérieur par le splé-
d'anatomie comparée. 281
iiiiis du cou: il est mince, et s'étend des apophyses transverses des vertèbres cervicales inférieures à la portion mastoïdienne du temporal, au moyen d'un long tendon ; il tire la tête en arrière et eu dehors.
1° La face antérieure du cou du crocodile est occupée par un fort muscle , allongé , qui , ayant pris naissance au côté antérieur du grand pectoral par une large aponévrose, et à l'extrémité antérieure du sternum par un tendon fort et court, se termine au sommet de l'apophyse Iransverse de la seconde vertèbre cervicale.
Il fléchit le cou en avant et de son côlé. L'analyse de ce muscle conduit, sans contredit, à le considérer comme ventre interne du sterno-mastoïdien des animaux supérieurs.
Il se présente un autre muscle volumineux , plus large , mais un peu plus court que le précédent, dont il est la continuation ; il s'étend du sommet de l'apophyse transverse de la seconde vertèbre cervicale à l'apophyse mastoïde; il constitue à la fois l'extrémité supérieure du sterno-mastoïdien et un muscle latéral de la tête. Son action est de tirer le cou de son côté.
Cette disposition , décrite d'après le croco^
dile^ me semble être en rapport avec le volume considérable de l'axis, cardans les cas ordinaires le muscle en question passe au-devant de cette vertèbre, et s'insère immédiatement au temporal.
Sa partie inférieure est , le plus souvent , aussi partagée en deux têtes : l'interne , plus longue , naît de la pièce antérieure du sternum j l'externe vient en partie du grand pectoral, en pariie de la moitié interne de la clavicule antérieure.
Chez quelques sauriens , par exemple le gecko, il constitue presque uniquement la partie interne du grand pectoral , partie qui s'est prolongée en haut en se rétrécissant; chez d'autres , par exemple le caméléon , il n'est pas en rapport avec le grand pectoral.
Dans le monitor , ce faisceau musculaire n'est que le ventre antérieur, le plus long, du muscle élévateur de l'épaule ou deltoïde , car on ne peut pas séparer ces deux muscles l'un de l'autre sans intéresser leurs fibres.
iChez les, lézards, il naît seulement de la branche transversale de la pièce supérieure du sternum ; sur le caméléon , son insertion est bornée à la clavicule.
Le cou et la tête sont fléchis en outre par le muscle long du cou et le droit antérieur de la tête.
2« Le muscle long du cou est large , épais ,
d'anatûmie comparée. *i83
el s'étend des premières vertèbres thoraciques à toutes les cervicales , la première exceptée.
3° Le droit antérieur de la tête se porte , <îes seconde, troisième et quatrième. vertèbres cervicales , à la face inférieure de l'occipital.
Les muscles de la queue 5otil surtout développés chez les sauriens , comme nous l'avons déjà dit plus haut (i).
On trouve, à.la moitié supérieure de la queue, au moins deux muscles juxtaposés : un externe et un interne , qui constituent réellement la partie postérieure du long extenseur du dos et de l'épineux ; partie qui l'emporte beaucoup sur le reste. .^'i i")
, 1° Le muscle sus-caudien interne^ qui est plus faible que l'externe, est situé à côte des épines supérieures; il naît ; 1° de ces épines et <3es apophyses articulaires antérieures par des faisceaux charnus, dirigés d'arrière en avant et <le dehors en dedans; 1° des sommets des épines par de longs tendons, qui vont dMvant erl arrière à la partie charnue du muscle.
Il s'attache par de semblables tendons à des épines postérieures.
i (i) Voy. p. 9.75 ft 274.
^84 TRAITÉ GÉNÉLIA-L
Les muscles des deux côtés étendent la queue ; quand un seul agit , il la fléchit de son côté.
2" Le muscle sus- caudien externe^ l'extréniiic postérieure du ventre externe de l'extenseur du dos, s'étend de la face supérieure du sacrum et de la face interne de l'os des îles à toute la face supérieure des apophyses Iransverses des vertèbres coccygiennes et aux apophyses articulaires antérieures.
il fléchit la queue encore plus sur le côté que le précédent.
Chez le crocodile^ ces deux muscles sont unis ensemble d'une manière extrêmement étroite ; on ne peut même les séparer qu'à l'aide du scalpel.
Dans d'autres, au contraire, surtout V iguane et Vagame^ ils sont bien mieux séparés. Dans ces genres , le muscle sus-caudien interne est de plus grossi par un muscle externe ; celui-ci naît des extrémités des sommets des apophyses transverses , passe par-dessus le muscle sus-caudien externe ordinaire, ctva en dedans au muscle sus-caudien interne, qui existe aussi chez le crocodile. Il en résulte quele muscle sus-caudien externe proprement dit devient ici sus-caudieu moyen , et qu'il est renfermé comme dans une gaine par les deux autres ventres.
Chez le crocodile^ l'extrémité postérieure du sus-caudien externe proprement dit ne peut
d'anatomie comparée. 285
être indiquée avec exactitude , parce que l'externe et l'interne se confondent surtout à leur partie postérieure. Dans les genres , au contraire, où il est plus distinct du muscle interne, il est beaucoup plus court : chez les iguanes ^ par exemple , il n'occupe qu'un sixième de toute la longueur de la queue.
La face inférieure de la queue présente éga lement deux muscles : un superficiel et un profond.
5° Le muscle sous-caudien superficiel ^ qui s'étend dans toute la longueur de la queue , prend naissance, en avant, par trois faisceaux.
L'interne de ces faisceaux entoure l'orifice du cloaque, comme sphincter; le moyen, qui est le plus large , s'attache à l'ischion , et se perddans un musclepeaucierlatéral,qui est appliqué à la surface extérieure des côtes abdominales , qui s'attache à la plupart des côtes postérieures, et qui se confond, en avant, avec le grand pectoral.
Le troisième faisceau, le moyen pour le volume , se détache de l'extrémité postérieure de l'iléon.
En haut, le muscle s'insère aux sommets des îipophyses transverses , en bas à ceux des épines inférieures.
4° Le muscle sous-caudien profond ^ beaucoup plus épais que le précédent, qui l'entoure en manière de fascia, a deux origines au moyen
de deux icndons entièrement sépan'S : l'o supérie|iremcnt, à la face postérieure du fémur par un tendon large et bien plus court ; 2» inférieurement, entre les deux condyles du même os par un tendon grêle et beaucoup plus long. Il s'attache à toute la face latérale des épines inférieures et de la membrane inter-épineuse , ainsi qu'à la face inférieure des racines des apophyses transverses.
Il est beaucoup plus épais, mais plus court que le précédent ; chez le crocodile il ne correspond qu'aux deux cinquièmes antérieurs de toute la longueur de la queue; chez Vagame à un quart , et chez V iguane pas même à un sixième.
Les muscles sous caudiens sont toujours bien séparés, même dans les genres où les deux suscaudiens sont en partie confondus , comme chez le crocodile.
Le sous-caudien profond fléchit la queue en bas et sur le côté ; il est en outre un fort fléchisseur et rétracteur de la cuisse ; il correspond au muscle pyramidal de la cuisse (sacrotrochantérien) de l'homme.
Les tendons d'insertion de tous ces muscles sont en général épais, peu longs et peu séparés de la chair musculaire ; dans les genres où la queue jouit de la faculté de s'enrouler, comme chez le caméléon , ils ont une longueur el une ténuité considérables.
D'ANA'I'OMIE COIVIPARÙE.
h. Muscles des côtes et du sternum.
Parmi les muscles des côtes et du sternum des sauriens , ceux qui correspondent a l'abdomen sont fort développés. Les plus simples et les plus faibles sont offerts par les caméléons.
On trouve chez ces animaux :
1° Un muscle long et large, mais très-mince, obliquement dirigé d'arrière en avant et de bas en haut , qui , de l'iléon et du pubis, s'étend à la plupart des côtes par de courtes languettes : il représente le muscle oblique externe de Vahdomen ; peut-être est-il aussi le muscle peaucier des ophidiens et d'autres sauriens.
2° Sous la partie postérieure de ce muscle on eu trouve un autre beaucoup plus petit, qui se rend aux côtes de derrière , en affectant une direction opposée; il se perd dans les muscles intercostaux internes.
5« Un petit muscle droit qui monte de Ja symphyse ischio-pubienne, qui s'élargit et s'amincit insensiblement, et qui vase perdredans les iniercoslaux externes.
Le scinque offre une disposition semblable ;
288 TRAITK GÉNÉRAL
seulement son muscle droit de l'abdomen m'a paru proportionnellement plus développé.
Ces muscles sont beaucoup plus composés dans les autres sauriens.
1° Le plus superficiel est un muscle qui naît de la plupart des dernières côtes supérieures ou thoraciques ; il descend obliquement d'avant en arrière, et s'attache au bord externe du muscle suivant.
2" Celui-ci vient surtout de l'ischion, monte directement d'arrière en avant, et passe sous le pubis j il s'élargit insensiblement, et se bifurque communément, pour s'insérer d'arrière en avant et de dehors en dedans aux côtes abdominales. Il se continue toujours en avant , sans interruption, avec le grand pectoral, avec lequel il ne fait qu'un chez \e gecko.
Le premier de ces deux muscles est sans contredit le muscle peaucier des ophidiens ; le second est le muscle droit à.e l'abdomen.
Le premier existe très-distinctement dans le crocodile , le lacerta ocellata , le caiotes et le gecko; je ne l'ai pas pu distinguer chez l'agame , V iguane y ni chez le caméléon : il semble par conséquent se confondre, dans quelques genres, avec le muscle oblique ascendant ou externe de l'abdomen.
Le muscle droit i^résentc , le plus souvent, des intersections aponévrotiques, par lesquelles
il est uni étroitement avec la peau. Elles sont surtout distinctes chez le gecko : il s'en trouve; sept , qui n'ont absolument rien de commun avec les côtes. Absentes chez le crocodile , elles y semblent être remplacées par les cartilages du sternum abdominal.
3° Sous les deux muscles précédens est situé tin large muscle, venant également du pubis et de l'ischion , qui monte obliquement d'arrière en avant et de dedans en dehors , et qui s'attache aussi par plusieurs languettes à la plupart des côtes postérieures : c'est le muscle oblique externe de l'abdomen.
4 ' 11 en succède à ce dernier un autre beaucoup plus petit , obliquement dirigé d'arrière en avant et de haut en bas , qui va aux cartilages des côtes postérieures , et qui est Vobliquc interne de F abdomen .
5° Sous ce dernier, le même espace, à peu près , est occupé par un muscle formé de fibres plus transversales : celui-ci est le muscle transverse de V abdomen.
6° Un sixième muscle , venant du pubis , formé de fibres longitudinales , s'applique de dehors en dedans et de bas eu haut sur le péritoine ; il représente sans doute le diaphragme.
Ce muscle ne m'a été offert avec certitude que par le crocodile : ]e gecko est le seul qui
2^0 TRAITli GjÉN^RAL
m'en ail présenté , en outre , une trace incertaine.
7° II existe sous la partie postérieure du muscle droit de l'abdomen , du moins chez les crocodiles , un muscle plus petit, également allongé, qui, de la lubérosilé ischiatique, s'étend au pubis , et rapproche ces deux os l'un de l'autre dans la direction d'avant en arrière : il y faut voir sans contredit un muscle pjrarnidal fort développé.
Dans les autres genres je ne l'ai pas trouvé , du moins d'une manière distincte et certaine.
8® On trouve, entre l'extrémité supérieure de l'iléon , les apophyses transverses des vertèbres lombaires et les dernières côtes , un muscle grêle et allongé , qui , chez la plupart des sauriens , tire le bassin en avant , d'après le type des chéloniens et des batraciens ; tandis que , chez d'autres , principalement le crocodile , il ne fait qu'entraîner les côtes en arrière : c'est le muscle carré des lombes.
Les muscles des côtes antérieures sont plus faibles et moins parfaits que ceux de Yabdomen.
Il n'y a également point à'éléi'ateurs des côtes proprement dits : ils sont représentés
d'anatomie comparée. 291
par la partie la plus interne des muscles intercostaux externes , partie qui est fort renflée.
Les intercostaux externes, aussi -bien que les internes , sont disposés selon la règle la plus générale.
Chez le dragon , les muscles intercostaux ne sont forts qu'entre les côtes antérieures , qui n'ont pas une longueur considérable.
Entre les côtes postérieures, qui sont plus longues , ils sont confondus tout-à-fait avec le ventre externe de l'extenseur commun du dos (sacro-lombaire) : il n'en existe, en cet endroit, qu'une couche qui recouvre les côtes d'en haut, et qui correspond tout au plus au premier huitième de leur longueur. Il résulte de celte absence des muscles intercostaux que les côtes ne sont unies dans presque toute Feur longueur que par de la peau et du tissu cellulaire.
La première des côtes servant au vol reçoit seule un muscle allongé et assez gros , qui lui vient des forts muscles intercostaux antérieurs ; ce muscle s'attache à toute la moitié interne de ladite côte ; il la tire fortement en avant, et par suite il entraine les autres côtes avec la membrane du vol.
Chez quelques uns, particulièrement le gecko et le dragon , il y a de forts muscles internes, analogues au diaphragme ; ils moutentdes corps des vertèbres aux côtes placées au-devant. Les
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autres sauriens en manquent, surtout le cmcodile.
Ils tirent les côtes en arrière.
Quelques uns , en outre , principalement le caméléon , ont des élévateurs des côtes internes très - distincts et considérables, qui, du corps des vertèbres , vont à la côte qui vient immédiatement après.