Batraciens anoures, oc. Etat parfait
Chez les batraciens anoures ^ les musclessupérieurs du tronc , ou les dorsaux , sont séparés des muscles inférieurs ou de ^abdomen beaucoup mieux que nous ne l'avons vu jusqu'ici : il nous devient , par conséquent, nécessaire de les étudier toujours isolément.
a. Muscles du dos.
Les muscles dorsaux son t très-si mpl es , et présentent, au volume près, qui est très-inférieur, une similitude très-grciude avec ceux des ba-
d'anatomie comparée. 521
traciens à queue; la seule diiïérence consiste dans leur largeur, qui est proportionnellement beaucoup plus considé raLle.
1° Il y a , de chaque côté de la colone vertébrale , un muscle large et plat , s'étendantdu bord supérieur de la face postérieure du crâne jusqu'au coccyx. Ce muscle recouvre la partie interne des apopliyses transverses. Il se rétrécit et s'amincit insensiblement d'avant en arrière j dans ce trajet son insertion a lieu aux arcs , aux épines , et principalement à la partie externe des apophyses transverses et au sacrum ; il s'attache en arrière à la partie latérale du coccyx. On ne saurait y méconnaître l'extenseur commun du rachis et de la tête.
Ce muscle ofFre quelques différences graduelles qui ne sont pas sans intérêt.
Chez le pipa , il est beaucoup plus large; mais postérieurement il est plus mince que chez les grenouilles et les crapauds.
Les premiers de ces animaux l'ont , de plus, d'une longueur beaucoup moindre que les derniers , chez lesquels il occupe au moins les deux tiers antérieurs du coccyx. Chez les pipas il se termine , en effet, au commencement de de ces os : c'est pourquoi on ne l'y rencontre pas aussi apointi que chez les grenouilles et les crapauds. Cette différence est digne de remarque; elle coïncide évidemmentavec la fusion du sacrum et du coccyx, qui a lieu chez le
pipa , el avec la séparation de ces deux os qui s'observe dans les autres genres (i).
Ce muscle présente , chez le pipa , beaucoup de lames aponévroliques , ayant la convexité tournée en arrière et la concavité en avant. Ces lames manquent , au contraire, aux grenouille sei aux crapauds; elles existent chez la rainette, mais en bien plus petit nombre.
2° Sous l'extrémité antérieure de ce muscle il y a un autre muscle carré, distinctement séparé de lui, petit, mais épais, qui, de l'apophyse trausverse de la première vertèbre , s'étend un peu obliquement de dehors en dedans et d'arrière en avant à la face postérieure du crâne : c'est Vextenseur propre et Vahducteur de la tête.
5° Aux muscles précédens s'ajoute constamment, dans la région de l'extrémité postérieure du corps, au moins encore un muscle considérable et allongé ; il correspond à la moitié inférieure des muscles de la queue; son attache le rend surtout l'analogue du muscle ilco-coccjgien des batraciens urodèles. 11 est toujours très-fort, allongé , et s'étend de l'extrémité aiilérieure de l'os des îles, do dehors en dedans et d'avant en arrière , à la face latérale d'une partie plus ou moins grande de la région postérieure du coccyx.
(i) Vol. II, p. 544.
d'AVATOMIK COMl'AHÛK. 3^3
C'csl daijs lo /jipa o(ÏW; (Je i>caucou[) le plus de voluriKt; il est plus lo/i^ cl en général plus fort (jiic Vaxtenseur commun de La LfiLc. cl (Lu raclas ; la raincUc le j)réserite au inliiirnutfi du développement. Le cm/><^«<:/ l'off re lin peu plusfjrand; il s'y insère seulement à la moitié postérieure du coccyx , moitié qui est la plus ijclite. Clie-A le pipa, il se fixe prcsqu'a tout cet os. Quand les muscles des deux côiés aj^issent ensemble, ils flécliissent évidemment cri has le coccyx et le racliis; quand un seul entre en action, il fléchit le coccyx latéralement; et lorsqu'ils af^issent ensemble , mais en sens in- verse, ils tirent l'os des Iles en arrière.
4« Un quatrième rnusclc de cette région , qui est plus petit et que l'on rencontre moins généralement, c'est \ii .sacra -coccj fric n ^ qui affecte la même direction, mais qui s'étend de l'apophyse transverse du sacrunj à la moitié antérieure de la face latérale du coccyx. Il est situé au-dessus du précédent, entre lui etl'ex- Irémité postérieure de Textenscur du rachis, par laqufdle est recouverte la partie interne de ce quatrième muscle, qui nous occupe. Il tire le coccyx e.n bas et de son côté. 11 n'existe que chezles cra^ttwd'i'et les grenouilles, manque entièrement au pipa; ce qui est , sans contredit, encore en rapport avec la fusion opérée entre le sacrum et le coccyx, et avec le développement considérable du troisième muscle. Ghex
les crapauds , il est également plus grand que chez les grenouilles et les rainettes.
5° 11 existe , dans les grenouilles , un muscle droit ou fléchisseur de la tête , propre , petit , qui , de la partie antérieure de l'atlas , se rend à la face inférieure du crâne , à côté du trou occipital. 11 manque au pipa.
b. Muscles de l'abdomen.
Les muscles abdominaux des genres rainette ^ grenouille , crapaud et pipa, offrent généralement la disposition suivante :
1» et 20. Il existe toujours, en arrière et sur le côté , deux nmscles plats considérables , mais peu épais, qui occupent presque toute la longueur de la cavité thoraco-abdominale , dont ils constituent les parois.
(a) Ces muscles naissent, le long du muscle long extenseur commun de la tele et du rachis, du sommet des apophyses transverses des vertèbres et de la face externe de l'os des îles ; {b) ils viennent, en outre, des apophyses épineuses par une large aponévrose qui recouvre les muscles dorsaux précités, soit d'une manière distincte , soit en s'unissant entre eux ; (c) en avant , à quelque dislance de la ligue moyenne, ils finissent en un tendon , qui s'unit à celui du
d'aNATOMIE comparée. 22'5
côté opposé, et qui s'attache, eu Las, à la symphyse du pubis.
De ces muscles, qui sont appliqués trcsétroitemeut l'un sur l'autre , celui qui est externe se compose de fibres obliquement dirigt'csde haut en bas , d'arrière en avant , et de dehors en dedans; Tinterne est formé de fibres qui montent obliquement de bas en haut , de dehors en dedans et d'arrière en avant.
Le premier est, par conséquent, le muscle oblique externe ou descendant de l'abdomen, le second est Voblique interne ou ascendant de l'abdomen : nous les avons déjà vus exister chez les batraciens à queue.
11 n'existe, au contraire, point de muscle transverse de l'abdomen.
3° Il y a , eu revanche , toujours un muscle interne, droit, allongé, s'élendaul, tout le long de la ligne moyenne , de la symphyse du pubis à la partie inférieure du sternum : c'est le muscle droit de l abdomen, qui est situé entre l'aponévrose a té ieure du muscle oblique externe et celle de l'oblique interne.
4° On trouve encore un autre muscle allongé, s'étendant de l'extrémité antérieure de l'os des îles à la face inférieure des vertèbres; il ferme la cavité thoraco-abdominale à ses côtés externe et postérieu : c'est le muscle carré des lombes ; il tire en avant l'os des îles et par là tout le membre postéiieur.
Ces muscles offrent plusieurs variétés.
î°et20. Les muscles obliques de l'abdomen ont une épaisseur extraordinaire chez les rainettes ; ils sont presque aussi forts chez les crapauds ^ plus faibles chez les grenouilles , et beaucoup plus faibles encore chez le pipa, où l'on peut à peine les séparer l'un de l'autre et du muscle grand pectoral. D'après les recherches de M. Mayer (i) , ils manqueraient même tout-à-fait chez le pipa : il n'eu fait aucune mention, parce qu'il a pris pour eux d'autres muscles qui , comme nous le verrons tout à l'heure , ont une tout autre détermination. Mais quand on anatomise cet animal avec attention, on trouve véritablement ces muscles, quoiqu'ils soient extrêmement minces. Je suis d'autant plus étonné que M. Mayer n'ait pas aperçu les véritables muscles obliques de l'abdomen , qu'il décrit la partie antérieure et inférieure de celui de ces muscles qui est externe. Il est vrai qu'il est situé à découvert : car cette partie est en effet le faisceau transversal qui , au bas de l'abdomen , recouvre les fibres ascendantes du grand pectoral. M. Mayer prend
(i) Bcilr. zu eincr anat. Monographie der Rana Pipa. N. a. phys. mcd. XI , p. 529.
d'anatomie comparéi^. 227
le grand pectoral pour le muscle oblique ex ^ terne de l'abdomen (i).
50 Le muscle droit de l'abdomen présente des difFérences encore plus considérables.
11 offre le plus de développement chez la rainette et la grenouille; il en a moins chez le crapaud, moins encore chez le pipa.
Dans \ix grenouille il est partagé en cinq portions par quatre intersections aponévrotiques; il est un peu moins divisé dans le crapaud.
Chez la rainette et le pipa ses libres ti'offrenl point d'intersections.
11 est toujours en rapport plus ou moins intime avec un muscle triangulaire qui est situé en dehors et encore plus au-dessous de lui; de sorte qu'il en naît en cet endroit, ou paraît en dépendre : ce muscle s'attache par son extrémité supérieure , qui est plus étroite que l'inférieure, fort haut à la crête antérieure de l'humérus.
Les avifeurs ne sont rien moins que d'accord sur la détermination de "ce muscle.
M, Cuvier semble l'avoir perdu de vue (2). M. Carus, au contraire, le regarde comme une partie du grand pectoral. M. Kuhl (3) est aussi
(2) Zootomie, pl. 12.
(5) Beitrœge , p. 122.
de celle opinion. M. Zenker (i) , au contraire, le considère comme un muscle propre , qu'il nomme hrachio-ahdominal ; M. Mayer enfin l'a décrit, chez le pipa , comme le muscle oblique externe de l' abdomen.
La dernière donnée est sans doute la plus inexacte de toutes : elle semble cire fondée seulement sur le volume de ce muscle et la direction de ses fibres chez le pipa.
Elle est entièrement réfutée :
1^ Par la présence du véritable muscle oblique externe de l'abdomen, qui, quoique faible, existe aussi chez le pipa ;
2° Par l'examen comparé de ce muscle.
C'est chez le pipa seul qu'il a pris ce grand développement ; il en résulte que l'erreur a été facile , si on n'a examiné que lui , si I'du n'a pas étudié en même temps les autres batraciens, dont la myologie élail du moins en partie connue, cl que l'on n'ait pas trouvé le véritable muscle descendant de l'abdomen. Chez tous les autres batraciens, le muscle en question n'est dislinctemeni qu'une partie externe du grand pectoral, ou bien il en naît, comme nous le verrons dans la description des muscles du membre antérieur.
Je ne peux pas non plus adopter sans res-
(i) Batrnchoniyol. Jcnm, i825, p. 5g.
d'ANATÛHIE comparée. 3 29
trlclion l'opinion de M. Zenker, cfui, contrairement à ses prédécesseurs, ne regarde pas ce muscle comme une partie du grand pectoral : il allègue contre cette manière de voir la circonstance que ce muscle ne naît pas du sternum , et qu'il ne s'unit sur aucun point avec le grand pectoral. Cependant il fait remarquer luimême, presque aussi tôt a près > qu'il provient souvent de l'appendice xiphoïde. On peut encore ajouter à celte observation : que souvent, et même ordinairement, chez les mammifères ^ sans en excepter l'Aomme, un faisceau du grand pectoral se rend aux muscles de l'abdomen • 2° que l'on voit souvent, même chez ces animaux, certaines parties du grand pectoral être séparées du tout^ 5° que, dans les batraciens ^ surtout le pipa , le crapaud et la rainette , il s'unit en efïetavec le reste du grand pectoral.
D'après ces motifs, je le regarde comme la partie inférieure du grand pectoral, partie qui est ici proportionnellement plus grande que de coutume.
Nous en exposerons les conditions générales et particulières lorsque nous ferons la description des muscles du membre antérieur.
M. Majer, (jui, comme il a été dit, a entièrement perdu de vue les véritables muscles obliques e.jcterne et interne de L' abdomen , décrit chez le pipa deux autres muscles , dont il nomme l'un muscle oblique interne, et l'autre
20 a TRAITÉ GÉNÉRAL
muscle postérieur de V abdomen : ils naissent tous deux du fémur, et s'attachent à l'œsophage 3 le premier s'insère en outre au larynx (i). D'après le même auteur , le muscle postérieur doit être rapporté peut-être au muscle transverse de l'abdomen ou au muscle carré des lombes des mammifères.
Ces muscles semblent appartenir en propre au pipa : il m'a du moins jusqu'ici été impossible de les déconvrir chez les rainettes , les grenouilles, et ecfiii chez les crapauds. Mais les considérations précédentes ne permettent pas d'j reconnaître les muscles obliques externe et interne de l'abdomen : il est vraisemblable qu'ils constituent le diaphragme. Oii ne voit en effet rien d'analogue chez les antres anima^ux. Je puis d'ailleurs étayer mon opinion sur leur insertion évidente à l'œsophage , qui , même chez les animaux supérieurs , perfore non -seulement le diaphragme, mais qui lui est uni quelquefois par des libres musculaires , comme on en volt un exemple dans Vours.
Une circonstance curieuse milite en faveur de celte manière de voir : les autres batraciens., sans diaphragme, ont les muscles de l'abdomen très -fortement développés ; ils le sont, au contraire , fort peu chez le pipa , qui est pourvu d'un diaphraguic.
d'ANATOMIE comparée. 201
4« Le muscle carré de? lombes est pins distinctement séparé des muscles du dos chez le pipa que chez les autres; il s'insère seulement aux corps des deux premières vertèbres.
g. Etat de larve.
Le système musculaire des lances des batraciens anoures est formé en partie d'après le type des poissons et celui des larves des batraciens uroclèles , en partie d'après le type des batraciens à queue parfaits.
La première disposition est représentée par des muscles très-forts , situés à là poitrine , à l'abdomen et à la queue, et qui forment la in.àjeure partie de toute la massai musculaire dé l'animal. Us constituent des faisceaux épais » longitudinaux , composés de fibres dirigées dans le môme sens , lâchement unies entre elles; ces faisceaux sont entrecoupés par une fouie d'interseciions apouévrotiques qui , à l'abdomen et à la moitié supérieure de la queue, se portent de haut en bas et- d'arrière en avant ; à la moitié inférieure de la queue la direction est de haut en bas et d'avant en arrière : il en résulte que ces dernières intersections: aponévroilques forment un angle obtus eu se réunissant aux supérieures dans la région du rachis.
252 TRAITÉ GÉVÉRAL
Les deux muscles obliques de l'abdomen sont au coElraire larges , minces , et pourvus d'aponévroses étendues en largeur.
Le muscle droit est également mince et large; il offre plusieurs intersections aponévrotiqucs.
B. Chélonien §. 67.
L'étude des chéloniens doit suivre celle des batraciens . Cette disposition des matières est fondée : 1° sur la ressemblance qu'ils offrent dans le squelette; 2° sur le passage que fait le pipa d'un ordre à l'autre (1).
La disposition du système musculaire des chéloniens offre beaucoup de traits propres, en harmonie avec les particularités de leur squelette ; mais je ne crois pas devoir leur attribuer, avec M. Wiedcmann (2), des muscles sans analogues , parce que ceux qu'ils ont peuvent être ramenés fort bien aux muscles d'autres animaux.
M. Carus (5) n'est pas plus exact quand il dit que les tendons se développent chez eux plus parfaitement que chez les animaux qui
(1) Vol. II , p. 590 et 591.
(2) Archiv. fiir Zool. , etc.; vol. III, cah, 2, p. 78. (5) Zooloraie , p. 507.
d'anatomie comparée. 253
leur sont inférieurs ; en effet, non seulement les ophidiens et les batraciens , mais même beaucoup de poissons ^ possèdent des tendons aussi distincts.
Les muscles du dos des cliéloniens sont, dans les régions thoracique et abdominale , encore plus imparfaits que dans les batraciens; et d'après M. Cuvier (i), que M, Carus (2) suit sans restriction, ils manqueraient entièrement dans ces derniers. Sans doute les vertèbres thoraciques et lombaires et les côtes , qui , comme on sait, sont soudées ensemble, ne sont mues par aucun muscle ; néanmoins il existe réellement dans toute cette région, chezles émjdes , comme Bojanus (5) l'a déjà indiqué pour Vemys orbiciilaris , un muscle allongé considérable , que j'ai trouvé chez cette espèce d'émjde aussi bien que chez Vemys serrata.
Ce muscle est situé à la face inférieure de la carapace, dans l'intervalle compris entre le corps, les apophyses épineuses et les apophyses transverses des vertèbres ; il s'attache, en avant, à l'arc de la dernière vertèbre cervicale.
Les tortues n'oifrent qu'un rudiment de ce muscle : il est court , plat et large, naît de la
(1) Leçons , 1 , 195.
(5) Anatome lestudinis europœœ, 1819, tab. 17, f. 67, 11" 59.
face inférieure de la lai ge épine de la première yeplèbre. thoraciquc , et passe par-dessus, son apophyse iraiisverse , en avant, pour s'aller fixera la dernière vertèbre cervicale.
Je n'en ai trouvé aucune trace dans les chêlonées.
il tire le cou eu arrière et en haut, et le met en extension.
ïl représente sans contredit le muscle épineux et le long extenseur du dos - mais Bojanus ne l'a comparé qu'à, ce dernier (i).
Les muscles du cou sont Lien plus parfaits. Les chéloniens font partie des animaux qui ontcette portion du système musculaire portée au plus haut degré de développement.
Les différens genres de cet ordre offrent à cet égard plusieurs variétés, qui sont en rapport direct avec le volume et la mobilité du cou , et avec la faculté de le fléchir, de l'étendre, de le faire rentrer sous la carapace et de l'en faire sortir.
a. Muscles dorsaux, ou muscles des vertèbres et de la tête.
lo Au côté dorsal on voit d'abord, tout à (0 L' c. , p. 72.
colé de la ligne médiane , un muscle allongé , étroit et fort long , le plus superficiel des muscle^ de cette partie; il s'étend de la face inférieure de la carapace, dans la région de la dernière Yertcbre verticale, à la face supérieure du crâne, oîi il s'insère, en s'épanouissanl un peu, à la face latérale de la portion squameuse de l'occipital.
Ce muscle met la tête en extension , la tire en arrière , et favorise par ce mouvement la flexion du cou en avant.
Chez les tortues et les émjdes il est beaucoup plus long et plus mince que chez les chélonêes, où il est plus court et plus épais; chez ces dernières 11 naît aussi beaucoup plus en avant : son insertion a lieu immédiatement en arrière du bord antérieur de la carapace ; chez les premières il s'insère aussi en arrière de ce bord, mais beaucoup plus loin.
2° Daîis les chélonées il y eu a , immédiatement à côté et en dehors de ce muscle, un autre qui est un peu plus long et plus large. Celui-ci naît un peu plus bas que le premier; son origine est également fixée à la face inférieure de la carapace; à peu de distancé en arrière de son bord antérieur; il s'insère , à côté et eii deliotsdu muscle précédent, à la partie supérieure et postérieure du temporal.
Il tire aussi la tête en arrière , mais en lui imprimant en même temps un mouvement de
rotation im peu oblique, qui tourne la face du côté du muscle qui agit.
Je n'en ai pas pu trouver de traces chez les énijdes et les tortues^ quoique j'y aie toujours vu très-dislinctement celui qui a éié décrit précédemment.
Le muscle dont il s'agit est le premier muscle de la tôle , suivant M. Cuvier (i) , qui semble cependant avoir fait toute sa description seulement d'après les chélonées,
M.Wiedemann (2) regarde le premier comme le muscle digastrique de la nuque , Bojanus (5) comme le splcnlus de la tête. On peut objecter, contre l'opinion de M. Wiedemann, la position superficielle de ce muscle, et contre la seconde , sa direction en droite ligne et son insertion. Ces réflexions conduisent à le considérer bien plutôt comme l'analogue du muscle trapèze des animaux supérieurs , qui serait fixé ici seulement à la tête.
Toutes les conditions présentées par le second muscle doivent au contraire y faire reconnaître le splénius , qui par conséquent n'existerait que chez les chélonées. Je crois du moins qu'il est plus exact de lui assigner cette détermination que de le prendre
(1) Leçons , 1 , 258.
d'anatomie comparée. 287
pour la partie externe du trapèze, parce qu'il est complètement isolé du premier muscle , et qu'il n'a absolument point de rapports avec les os de l'épaule.
5° Sons le premier muscle on trouve, entre les épines des vertèbres cervicales moyennes et la face postérieure des pièces supérieures de l'occipital, un muscle plus court, mais beaucoup plus épais, qui étend la tête directement en arrière. MM. Cuvier et Wiedemann le regardent comme le splénius ; mais il est dilllcile qu'il le soit : 1° parce que celui-ci existe: 2° que sa direction en droite ligne repousse cette idée.
Je crois qu'il est plus exact de le considérer, avec Bojanus (i), comme l'analogue du muscle digastrique cervical des animaux supérieurs , quoiqu'il n'ofire point d'intersection tendineuse, chose, d'ailleurs, peu importante.
Il est bien plus développé chez les émjdes et les tortues que chez les chélonées .
4° En arrière et dans la même direction, on rencontre ensuite un muscle comprimé latéralement, qu'un tendon de peu de longueur fixe à la carapace, immédiatement au-dessous du premier. 11 s'attache, par des tendons divisés , à la face dorsale des vertèbres cervi-
23S TllAITJÉ GÉNÉRAL
cales moyennes, qu'il tire en haut et en arrièi^e, c'est-à-dire dans l'extension.
11 représente, sans doute, les muscles intercpineux insolites ou longs , qui existent à la nuque de plusieurs animaux, môme chez l'homme. M. Cuvier l'a décrit sans lui donner de nom (i) ; iM.Wiedemann ne l'a pas aperçu ; Bojanus (2) l'a nommé, avec raison, spinalis cervicis.
Ce muscle est aussi hien plus faible chez les chélonées ; il s'y attache à un bien moindre nombre de vertèbres, €t prend son origine Jbien plus en avant que chez les tortues et les éjnjdes .
50 En dehors de ces muscles il existe une couche musculaire , qui s'étend de la sixième vertèbre cervicale jusqu'à la portion mastoïdienne du temporal, disposée de telle façon que les faisceaux inférieurs naissent des apophyses articulaires antérieures , que les trois faisceaux antérieurs prennent leur origine aux épines des trois premières vertèbres cervicales, et que les postérieurs s'insèrent aux apophyses articulaires inférieures des vertèbres cervicales placées en avant 5 le plus antérieur enfin s'attache à la portion mastoïdienne du temporal.
(1) Leçons, I, 195.
d'anatomie comparée. 209
Ces faisceaux représentent le muscle trachélo- mastoïdien , le muscle droit postérieur et \' oblique de la tête , ainsi que le muscle intertransversaire des animanx supérieurs; ils tireut le cou et la tête sur le côté et en arrière.
Ils se continuent, en bas ,avec des bandelettes droites , qui sont situées en dehors , sur le côté, feutre chaque couple de vertèbres, et qui représentent les muscles intertransversaires,
6° En dehors du muscle précédent s'offre un muscle étroit et allongé, qui monte d'arrière en avant.
Dans tous les genres , ce muscle s'attache par un court tendon , en avant et sur le côté , à la première vertèbre cervicale ; mais chez les chélonées , 11 est situé immédiatement au-dessous, en arrière; et un peu en dehors du second muscle , que je considère comme le splénius , vient des environs du bord latéral de la carapace , et monte au cou , en se dirigeant obliquement de dehors en dedans et d'arrière en avant. Chez les émydes et les tortues , au contraire, il nait des parties supérieure et latérale de la sixième et de la septième vertèbres cervicales , et se porte en haut en passant tout à côté du muscle précédent.
Dans tous ces animaux, il tire la tête en arrière et de son côté; chez les chélonées ^ où il est, en outre, beaucoup plus fort et mieux
séparé du muscle précédent, son mouvement dans la deruière direction est beaucoup plus libre. C'est sans contredit le scalène postérieur.
7° Les muscles intercostaux manquent toutà-fait comme muscles réels ; ils me semblent remplacés par une expansion aponévrotique , forte , surtout chez les chclonées ; cette expansion, indépendamment du périoste, tapisse toute la face interne de la carapace.
La face inférieure du tronc , principalement du cou , présente aussi plusieurs muscles, pour la plupart considérables , dont quelques-uns se séparent les uns des autres , dans les dilTérens genres , de la même manière que les muscles de la face supérieure.
1° Le plus superficiel de ces muscles est trèsmince , et s'étend, au-devant de la trachée-artère , le long du cou, d'arrière en avant à la tête.
11 s'attache constamment, chez ces animaux, à la portion mastoïdienne du temporal. Son autre attache, au contraire, varie: en effet, chez les émjdes cl les tortues y il naît tout à côté de la ligne médiane, de la face interne du sternum, à quelque distance de son bord antérieur; chez
u'ANATOWIE COMPARIÉE. 24 1
les chélonées , c'est au- contraire l'aponévrose brachiale qui lui donne origine.
Il est aussi chez les chélonées proportionnellement beaucoup plus fort cjue chez les autres ; il est au moindi'e développement chez les émjdes .
Ce muscle fléchit la tête et tourne la face de son côté : il est le fléchisseur superficiel de la tête, le s terno -mastoïdien.
2° A la partie la plus inférieure et la plus externe on observe un muscle de forme allongée , très-long , le muscle grand droit antérieur de la tête , le fléchisseur profond ou abaisseur de la tête.
Il se détache du corps de quelques vertèbres thoraciques, et s'insère, par un tendon long et grêle, en dehors, à la crête qui s'élève du grand enfoncement du corps du basilaire.
Ce muscle offre surtout des différences frappantes, qui correspondent à celles que présente l'extenseur du rachis.
Chez les chélonées il est beaucoup plus court et proportionnellement plus épais ; il naît seulement de la seconde et de la troisième vertèbres thoraciques.
Dans les émjdes et les tortues, au contraire, il est de beaucoup plus long et plus grêle ; il a presque la longueur de tout le corps, puisqu'il prend son origine aux deux dernières vertèbres th oraciques.
11 est eii elFet, chez les énijdes^ encore plus long que chez \es tortues ; disposition qui coirjcide à la forme plus allongée du corps de leurs vertèbres.
Il résulte nécessairement de cette conformation dans les émjdes et les tortues qu'il tire la tête, et par là fléchit le cou , en arrière et entre la carapace et le plastron, encore plus fortement que dans les chélonées .
Dans tous ces chéloniens , un seul des deux muscles entre-t-il en action , il tourne aussi la tête un peu en dehors.
3° En avant du précédent il y a un muscle plus court, mais plus large, qui, naissant également des corps de quelques vertèbres thoraciques , se porte aux côtés de la plupart des vertèbres cervicales, surtout des inférieures j il appuie l'action du muscle précédent en fléchissaxît, tirant en arrière et tournant de côté le cou.
C'est la totalité ou seulement la partie externe et inférieure du lon^ du cou; peut-être est-il l'analogue d'un des scolènes, qui a pris un autre point d'origine. La première manière de voir est sans doute la plus probable.
Chez les chélonées il est également beaucoup plus court et plus faible que chez les énijdes et les tortues ; il ?iaît , dans ces dernières , plus eu arrière que dans les précédentes.
4° Le scalcne , et surtout le scalène antè-
d'anatomie comparée. 245
rieur, est représenté certainement par un muscle large et court, ayant la forme d'un triangle allongé, qui, naissant en arrière, en haut et en dedans, de la tête de la première côte, passe tout à côté du rachis , pour se porter en avant et au côté du corps des deux dernières vertèbres cervicales.
Sa fonction se borne évidemment ici à tirer le cou sur le côté ; et , lorsqu'il agit avec son congénère, tous deux l'entraînent en arrière et en bas 5 il ne meut point les côtes , et même , dans les animaux dont les côtes sont mobiles , il agit moins sur elles que sur le cou : il ne mé-» rite par conséquent pas entièrement le nom de sustenteur des côtes [Rippenhalter) que l'on lui donne. Cette réflexion s'applique naturellement aussi à celui qui a été décrit plus haut (page 239, n° 6).
5" Sur le côté de tout le cou on voit régner des muscles inlertrans vers aires antérieurs, qui sont forts et allongés ; ils naissent de toute la tface latérale des • vertèbres cervicales , s'attacchent à l'extrémité postérieure de chacune des vveutèbres qui précèdent immédiatement, et^ti^ i rent le cou sur le côté. V '
6° Eu dedans de ces muscles tout le cou est oQCCupé, à partir de la première vertèbre thoracique,' par des faisceaux semblables, mais plus allongés , qui prennent origine en arrière de la face latérale du corps des vertèbres , et qui se V. 16.
portent en avant et en dehors , pour s'insérer , en avant, à l'exlrémité postérieure de la face iuférieuredu corps d'une vertèbre antérieure, en sautant un de ces os : ils fléchissent le cou, le tirent en. arrière , et le tournent un peu obliquement sur le côté.
Ils reproduisent la forme des muscles décrits sous le u° 3 , et forment par conséquent la partie supérieure et interne du muscle long du cou.
7° A l'extrémité antérieure du cou il existe , à partir de la troisième vertèbre , un muscle qui se porte en dehors à la portion mastoïdienne du temporal et à la portion articulaire de l'occipital : c'est une répétition des muscles intertransversaires. Il tire la tête sur le côté et un peu en bas : c'est le muscle droit latéral de la tête.
S*' A la partie la plus interne, la troisième vertèbre cervicale fournit également un muscle allongé, qui s'insère à la base de l'occipital^ immédiatement à côté de la ligne médiane, en dedans de celui qui a été exposé d'abord : c'est le petit droit antérieur de la tête ou le petit fléchisseur.
Les muscles de la queue ont été décrits par
u'aNATOMIE COMrARÉE.
M. Olivier , seulement cbez les chélonces ^ et non chez les tortues. M. Wiederaann les décrit d'une manière incomplète chez le testudo tahulata. Bojantis en a donné, comme de coutune, une bonne description chez \emjs europœa.
Ces muscles, qui sont fort développés, sont des extenseurs, des abducteurs et des fléchisseurs; ils sont taus triangulaires, ayant la base tournée en avant et en haut, et le somm.et en bas et en arrière.
Les extenseurs sont les plus faibles, les plus courts et les plus simples j ils sont situés naturellement à la face dorsale.
INous allons décrire les muscles de la queue principalement d'après les émjdes , parce que c'est dans celte famille de l'ordre des chélonées qu'ils se montrent le mieux séparés.
1° Immédiatement à côté de la ligne médiane il naît de la carapace , à quelque distance de son extrémité postérieure, un petit eoctctiseùr., qui s'attache aux apophyses épineuses des Vettèbres qui constituent le premier sixième de ïà queue.
2° Les abducteurs sont beaucoup plus com-. posés. - . ; ■ '
a. Tout à côté et en avdnt ae' I éxtèiiseur superficiel , on trouve un muscle petit , mais bien distinct, qui s'étend de là caropaé'e à base de l'arc des vertèbres supérieures; il offre
a46 TRAITÉ GÉNÉRAL
à peu près la moitié de la longueur de l'extenseur.
Après lui vient, en avant, l'abducteur le plus fort et le plus superficiel, qui naît, immédiatement au-devant du précédent, de la carapace et de l'extrémité supérieure de l'os des îles, et s'attache aux apophyses transverses de toutes les vertèbres coccygiennes, à l'exception de celles qui constituent le quart supérieur de la queue.
c. Au-devant de ce muscle il eu , existe un autre, semblable au premier, mais un peu plus long et plus profond , qui naît des apophyses transverses antérieures , et s'insère aux postérieures ; il correspond seulement au quart supérieur de la queue : il remplace ici par conséquent le muscle précédent.
Ce muscle et le deuxième sont les intertransversaires antérieur et postérieur.
d. A ces muscles il s'en ajoute, toujours en avant, un quatrième, plus superficiel, qui fait le passage des abducteurs aux fléchisseurs proprement dits. 11 est plus petit que le second, mais plus grand que les autres : il commence au bord supérieur de l'os des îles et des vertèbres coccygiennes les plus supérieures , et se termine aux racines des apophyses transverscs des vertèbres qui forment les trois quarts postérieurs de la queue; il les fléchit sur le côté et nu peu en
d'anatowe comparée. 247
50 II y a à la queue cinq JléchisseiLrs en avant.
a. A la partie la plus externe , et succédant au troisième abducteur, on remarque un muscle profond qui naît du sacrum et de la première vertèbre coccygienae, et qui s'unit en bas avec le quatrième abducteur.
h. Un autre muscle également profond , mais plus petit , lui succède en dedans ; il occupe le cinquième supérieur de la queue , et est situé à la face antérieure des vertèbres su périeures.
Les trois autres muscles sont superficiels.
c. Le plus externe et le plus long naît des deux vertèbres lombaires, et se réunit, à partir du commencement du second tiers de la queue, au muscle précédent et au quatrième abduc- : leur.
cl. Le second et moyen de ces muscles sui perficiels vient de l'intérieur du bassin , de la i branche horizontale du pubis ; il se porte en L arrière sous la paroi inférieure du bassin , et se t termine comme le précédent.
e. Le troisième, le plus court, et en généra! I le plus petit , naît, tout à côté de la symphyse 1 ischiaiique , de la branche postérieure de l'os 1 ischion • il descend un peu plus bas que ceux qui \ viennent d'étie cités, et se comporte ensuite c comme eux.
248 TR.UTJÉ GÉNÉRAL
Ces muscles exisleut également chez les tortues ^ mais avec quelques différeuces, assez dignes de remarque.
Leur second abducteur est plus large, mais plus court et plus mince -, il forme, de chaque côté , un large fascîa , qui s'attache , par nue aponévrose également large , à la moitié supérieure des vertèbres coccygiennes.Le^wa/r/ème abducteur Qsi aujsi fort étendu , niais pas autant. Parmi les fléchisseurs •çveimc.ï: et le troisième, surtout celui-ci, sont énormes; le second est , au contraire , un peu plus faible que chez les émjdes. Le troisième , plus distinct que chez les dernières, appartieutsc uleraent à la moitié supérieure de la queue; au contraire le second est confondu avec les fléchisseurs profonds de la queue, et uail par conséquent de la face antérieure des corps et des apophyses transverses ; son bord inférieur est pourvu d'une large aponévrose, et il s'étend jusqu'à l'extrémité de la queue.
L'extenseur est, à la vérité , plus faible que dans les émydes ; il est recouvert par le deuxième abducteur; mais , à la queue mcnie, il est beaucoup plus développé et règne dans toute sa longueur, formé de faisceaux, qui, des apophyses articulaires ijes vertèbres supérieures ,
d'aiVatomie comparée. 249
descendent aux apophyses épineuses des vertèbres inférieures.
Tout cela explique pourquoi les tortues portent ordinairement leur queue cachée, en bas et sur le côté, entre la carapace et le plastron.
C'est chez les chélonées que les mêmes muscles sont le plus incomplets , quoiqu'ils y existent distinclemenl, surtout les fléchisseurs ; cet état d'imperfection coïncide avec la brièveté et la petitesse de la queue de ces animaux.
Il résulte de toutes ces considérations que la queue des émjdes est susceptible d'exécuter les mouvemens les plus divers , celle des tortues les mouvemens les plus forts , et que celle des chélonées est réduite aux mouvemens les plus bornés.
h. Muscles abdominaux, ou muscles des côtes et du sternum.
Lesc/zeVo^z/e^^possèdent, de chaque côté, les muscles abdominaux suivans : {a) deux latéraux ou postérieurs, (b) un muscle antérieur, (c) un supérieures un inférieur.
Les deux latéraux correspondent à ceux qui ont déjà été décrits chez les batraciens.
1° h'externe de ces muscles latéraux est situé immédiatement sous la peau, et recouvre
25o TRAITÉ GÉn/:RAL
la partie inférieure du muscle latéral interne, qui est beaucoup plus long , mais beaucoup plus mince que lui; il s'attache, par une extrémité qui est unique, à la région postérieure de la carapace, le long de son bord extewie, jusqu'à son point de réunion avec le plastron; il se bifurque plus loin en deux languettes, dont la postérieure s'insère à la grande apophyse antérieure du pubis ; la languette antérieure, qui est plus grande , s'insère en arrière au bord externe du plastron.
2° Le muscle latéral interne , beaucoup plus grand que le précédent , est situé plus en avant et formé de fibres transversales; ilnaitparde courtes fibres tendineuses d'abord obliquement des vertèbres thoraclques inférieures, puis, de dedans en dehors et en avant, de la carapace, jusque vers le milieu de ce bouclier, et se porte jusqu'à sou bord externe. La face interne de ce muscle est attachée au péritoine; l'externe est unie, par du tissu cellulaire lâche, à la face interne de la carapace. Son bord externe se continue avec une aponévrose qui s'applique , en avant , sur le péritoine. En bas , il passe sous la vessie et les reins.
Ces deux muscles n'opèrent partout que le rétrécissement de la cavité tlioraco-abdominale , et servent par conséquent à l'expulsion dés matières contenues dans les viscères abdominaux et à celle de l'air des poumons : aussi
d'aNATOMIE COMPAllKE. 25 1
se conlractent-ils lors de l'expiralion , ei se dilateiil-iJs à l'inspiralioii.
Le premier lire en outre en arrière le bassin, qui est mobile.
Chez les chélonées il déplace aussi en bas et en arrière le plastron , qui jouit également d'une certaine mobilité.
Aucun genre des chéloniens ne m'a offert im troisième muscle latéral et postérieur de l'abdomen j je n'ai pas été p]u»s heureux , dans mes recherches , que MM. Cuvier , Wiedemann et Bojanus.
3*^ Mais déjà, dans le courant de l'été de i8i6, j'en ai trouvé un antérieur chez les chélonées.
Ce muscle abdominal antérieur est le diaphragme qui a aussi été représenté par Bojanus chez les émj-des, et que j'y ai trouvé également, ainsi que chez les tortues.
C'est un muscle mince et très-large, dont le bord postérieur est fixé à la colonne vertébrale et à la "carapace vers le commencement du second 1 cinquième de sa longueur; il s'applique sur la pa- I roi supérieure de la membrane pleuro-péritoinéalcj son bord interne aboutit au péricarde, ï sans atteindre soncongénère du côté opposé : de j sorte que le diaphragme est ici divisé en deux i moitiés latérales. En avant il se termine par une aponévrose, qui se perd dans la membrane exter- ! ne ou oponévroliquedu péritoine. Les fibres de
ce muscle se dirigent de la face dorsale ou sapérieureà la face abdominale; il rapproche ces deux faces dans leur région antérieure.
Il est digne de remarque qu'il existe un muscle semblable chez le pipa , qui a déjà tant d'autres points de ressemblance avec les chéloniens (i).
Les deux antres muscles ne sont entièrement ou presque entièrement que des moteurs du bassin, et, par cela même, des membres postérieurs; tandis que, chez d'autres animaux, où le bassin est articulé d'une manière immobile avec le racliis , ces muscles n'agissent que sur les côtes el le sternum , qui sont mobiles. Il en résulte que dans les chéloniens ^ chez lesquels ces parties osseuses sont tout-ù-fait ou presque tout-à-fait immobiles , l'action des muscles en question est absolument opposée à leur action ordinaire.
Ces deux muscles ont déjà été décrits et déterminés d'une manière exacte par M. Cu- "vier (2) ; tandis que Bojanus met en doute leur analogie avec ceux qui leur correspondent dans d'autres animaux (5), et que M. Wiedemann (4), n'ayant pas aperçu l'un de ces muscles, décrit
(1) Voy. p. 200.
(2) Leçons , 1 , 55o.
d'anatomie comparée. 353
l'autre comme coiistituaîit deux muscles distincts , et se contente de dire, relativement à l'analogie , que l'un d'eux remplace, à proprement parler , les muscles abdominaux des autres animaux.
C'est sans doute dire beaucoup trop, puisque ce§ deux muscles, que l'on doit considérer comme un muscle unique, ne représentent que le muscle droit de l' abdomen.
M. Carus est encore plus inexact quand il dit que, « suivant les recherches de M. Wledemann, il y a quatre muscles propres de chaque côté qui opèrent les rnouvemens en avant et en arrière du bassin (i) ».
4° Ce muscle, qui est bien plus fort , mais beaucoup moins étendu , nait , en avant du muscle externe de l'abdomen, de la tubérosité externe et de la face dorsale du pubis ; il est composé de deux ventres, un antérieur et un postérieur. L'antérieur, qui a la forme d'un éventail, envoie des fibres rayonnantes en dehors , en avant et en dedans; le ventre postérieur, qui est quadrilatère , se dirige en dedans et en arrière; et il converge vers celui du côté opposé.
Tous deux s'insèrent à la région postérieure du plastron, de manière que l'antérieur aboutit à l'extrémité postérieure du muscle pectoral, et
(i) Zootomie, p. 5o8.
354 TRAITÉ GÉNTÊRAL
que le postérieur s'ciend jusqu'à l'extrémité postérieure du plastron.
Le ventre antérieur lire le bassin en avant , le postérieur le tire en arrière : MM. Wiedemann et Bojanus donnent par conséquent au premier le nom de protracteur An bassin, et au second celui Aq, rétracteur. M. Wiedemann a tort , comme je l'ai déjà fait remarquer, de comparer seulement le ventre antérieur aux muscles de l'abdomen, et surtout avec tous, attendu que les autres existent, et que la forme du muscle en question s'explique par le prolongement du sternum.
Dans les émjdes et les tortues il est sans action sur le plastron ; chez les chélonées , au con4.raire , le ventre antérieur le tire un peu en arrière , et le postérieur le tire en avant.
De ces muscles, l'antérieur est toujours plus grand que le postérieur.
La ditférence est à son maximum chez les chélonées , à son moindre degré chez les tortues.
Chez les chélonées , les deux muscles sont, toute proportion gardée , à leur extrême petitesse, ils sont un peu plus grands chez les émjdes. Les plus grands existent chez les tortues ; c'est en outre dans ces dernières qu'ils oiïVent Icplus de largeur j Us chélonées ils sont fort allongés.
5° Le dernier muscle de cette région naît en face du précédent, en arrière de la face interne de la carapace : c'est un muscle large , mince de dehors en dedans -, il se porte en arrière et en dedans, et s'insère à la base de l'os des îles, qu'il tire en avant et en dehors, et par là tout le bassin , ainsi que tout le membre postérieur.
11 correspond évidemment au muscle carré des lombes des autres animaux.
C'est dans les chélonées qu'il est le plus volumineux ; il est un peu plus petit chez les émjdes , extrêmement peu développé chez les tor-
tues