‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 3)Chapitre 30 sur 81 · Muscles de l'cpaule · texte numérisé non relu

Muscles de l'cpaule

a. Batraciens.

Les batraciens possèdent au moins un protracleur et un rétracteur du scapulum , qui augmentent insensiblement en nombre , dans les difFérens genres des batraciens à queue et sans queue, soit suivant la même direction , soit dans d'autres directions, tellement qu'il s'y iijoute môme des élévateurs et des abaisseurs du même scapulum.

La disposition la plus simple est offerte par le proiée i chez lui, les deux muscles principaux ont la;Çorme d'un triangle allongé.

1° Le protracteur naît sur la ligne médiane de l'extenseur commun du dos , dans la région de l'axis ; il descend un peu obliquement d'avant en arrière, et s'attache à l'extrémité inférieure du bord antérieur de l'os supérieur de l'épaule.

Ce muscle ne se borne pas à tirer le scapulum en avant, il l'élève en même temps.

' 2" Le rétracteiii\ un peu plus volumineux , se détache de l'extenseur du dos latéralement, et non de la ligne médiane j il suit une direc-

tion plus longitudinale, ei s'attache au scapulum , en regard du protracleur ; il atteiui en outre l'extrémité supérieure de l'humérus, qu'il tire par conséquent aussi eu arrière.

Ilya encore, outre ces muscles , dans la moitié inférieure de la région de l'épaule du protée i trois autres de ces organes qui s'attachent à la seconde fraction des os de l'épaule , fraction qui est cartilagineuse et plus grande que l'autre.

50 Assez loin du preiiiier et de la ligne moyenne, il se détache de la partie externe de la portion inlerieure de l'extenseur commun du dos , un muscle allongé, très-mince, qui, dirigé pn p,eu en Las et en arrière , sé rend au sommet de l'apopliyselougitudinale antérieure (i) , élève attire en avant les os de l'épaule.

4° Il Ini eu succède un autre bien plus grand, également allongé, qui se dirige d'avant en arrière, et qui est situé entre le sommet de la :même apophyse et l'extrémité antérieure £t inférieure de l'os hyoïde.

Ge muscle correspond à un très-petit muscle des animaux supérieurs, Yonio-hj oïdien ^ qui n'est même, chez ces aiiimaux, qu'un rétracteur de l'os kjoïde , à cause de la petitesse et de la mobilité de cet os , ainsi que du grand volume du membre antérieur. Chez le protée ^

(1) Vol. II, p. 6i5.

d'anatomie comparée. 297

au contraire , qui offre des rapports opposés entre le membre antérieur et l'os hyoïde , ce muscle est moins un rétracteur de l'hyoïde qu'il n'est un protracteur de l'épaule et du membre antérieur.

5° A quelque distance de ce dernier , sur la ligne médiane, la partie inférieure de l'extenseur commun du dos produit un muscle semblable , mais beaucoup plus petil , qui se rend à la racine de la même apophyse et au commencement du bord antérieur de la moitié inférieure du scapulum , qu'il tire également en avant et un peu en dedans.

Je regarde ce muscle comme l'analogue du muscle soLLs-cla^^ler des hauts vertébrés.

Ces muscles sont déjà plus composés chez les autres batraciens urodèles.

Au lieu d'un seul protracteur et éléi^ateur^ il y a plusieurs de ces muscles qui semblent résulter de la division du muscle unique,

1° Celui qui lui ressemble le plus par sa forme et son origine , mais qui est beaucoup plus petit que lui, est situé le plus en arrière,- il constitue une bandelette étroite , ayant la forme d'un triangle allongé , qui , de la ligne médiane de la région postérieure du cou,

398 ÏRAITJÉ GjfcNjiRAL

descend à rextrémlté inférieure de la face externe delapicce supérieure du scapulum.

Il tire l'omoplate en haut.

2° La partie antérieure du protracteur du protée paraît être représentée par un muscle , ayant la forme d'un carré fort allongé, qui naît, en dehors, du bord postérieur du crâne, se dirige en bas et en avant, et s'insère en avant à i'extrémlié inférieure de la première pièce de l'épaule.

11 est prolractcur et en outre élévateur, mais seulement à un très-faible degré.

5° Entre ces deux muscles sont situés , de haut en bas, deux autres muscles, ayant la forme de triangles fort allongés, qui, appliqués immédiatement l'un sur l'autre , et ne représentant presque qu'un seul organe, naissent de l'occiput, et s'attachent au bord antérieur de la pièce supérieure de l'épaule. Ils ne sont que pro tracteurs.

4° Le ré tracteur est plus grand; il se détache , par plusieurs languettes , de trois côtes , et recouvre touie la face interne du scapulum.

Cette disposition est surtout celle du triton.

Chez les salamandres , ces muscles, et particulièrement le rétracteur , sont beaucoup plus faibles : le premier et le second sont moins distincts l'un de l'autre ; le troisième se partage également eu deux vcutres superposés.

d'anatomie comparée. 299

Le muscle omo-hjoïdien est , dans l'un et l'autre genres , considérablement plus épais que chez le protée; mais ces animaux sont dépourvus du petit muscle postérieur que nous avons décrit chez le protée , sous le n" 5.

Chez les batraciens anoures^ le nombre des muscles de l'épaule augmente encore un peu , en général • leur forme n'est pas non plus exactement la même que chez les batraciens à queue. 11 y a , sous l'un et sous l'autre rapports , quelques différences , que nous devons signaler.

1 o Le protracteur supérieur a la forme d'un carré long; il est plat, et se dirige horizontalement, dans la plupart des cas, assez directement, du bord postérieur de la face supérieure du crâne , distant quelque peu de la ligne médiane , à l'angle supérieur et antérieur et à l'extrémité supérieure du bord antérieur de la première pièce du scapulum.

Dans le pipa et le crapaud, il est beaucoup plus volumineux que chez la grenouille j chez la rainette'û tient le milieu. Dans le pipa et le crapaud, il se dirige de dehors en dedans et d'avant en arrière ; chez la grenouille, il affecte

une direction opposée ; dans la rainette il se porte en ligne droite.

Enfin, chez la grenouille ^ il s'attache bien bas à la face interne de l'omoplate j ches les autres il s'insère au bord de l'os; chez le pipa , son point d'attache a lieu également au bord , et en outre un peu à la face externe.

2° Sous ce muscle , et un peu en dehors de lui, on en rencontre un autre semblable, qui, de la paroi postérieure du crâne , s'étend à la partie supérieure de la face inférieure de la pièce scapulaire supérieure. Obliquement dirigé de dehors en dedans et d'avant en arrière , il tire par conséquent le scapulum un peu en avant et en dehors.

5° Tout à côté de lui et sous lui se dirige un muscle de même forme , et le plus souvent apointi en avant ; il naît du bord inférieur de la face postérieure du crâne et des vertèbres les plus antérieures , et , daus une direction opposée , descend plus bas , pour s'attacher à la face interne de la pièce scapulaire supérieure , qu'il lire en avant , en dedans et en haut.

4" Plus bas et plus avant, la partie antérieure de la seconde pièce scapulaire donne origine à un muscle qui monte obliquement d'arrière en avant et de dehors en dedans , à la portion mastoïdienne du temporal : ce muscle

d'aNA-TOMIE COMPAllKJÎ. 5oi

surpasse eu volume les précédens , et tire l'épaule en avant et la tcte en arrière. >

5° Le muscle omo-hjoïdien existe , mais il est , toute proportion gardée , beaucoup plus petit que chez les batraciens urodeles : c'est pourquoi on peut dire qu'il est ici absolument sans action sur le membre antérieur.

6° 11 existe constamment un ré tracteur fort, plat et carré , qui est dans celte famille bien plus considérable que dans les batraciens à queue.

Il se détache toujours des apophyses transverses de plusieurs côtes postérieures, vers leur extrémité externe, passe sous l'omoplate, et se porte de dehors en dedans , d'arrière en avant et de bas en haut , pour s'attacher à la partie supérieure de la face inférieure du scapulum supérieur, ainsi qu'à son bord interne et supérieur.

Chez le pipa, il ofîre la disposition qui vient d'être décrite. Chez la grenouille et la rainette, au contraire , il s'épanouit davantage en dedans , et est en même temps plus grand : il naît ici en partie de l'exteqseur commun du dos , qui lui estsous-jacent , en partie des apophyses épineuses de la moitié moyenne du rachis, en y comprenant le coccyx.

Cette conformation est un indice de celle que présente le crapaud , du moins le bufo agua. Celui-ci , au lieu d'un muscle , en pos-

3 02 TRAITÉ GÉ.VliRAL

sèdc trois. Le plus volumineux , qui est externe et inférieur, se comporte comme chez le pipa ; il vient de la quatrième vertèbre. Le second , moyen ^ qui a la forme d'un triangle allongé, a son point d'attache au sommet de l'apophyse transverse de la même vertèbre , et se porte obliquement , d'arrière en avant et de dehors en dedans, à la région supérieure du muscle scapulaire interne , où il s'insère immédiatement en arrière du muscle suivant.

Le troisième muscle , qui est antérieur, interne et supérieur, est beaucoup plus petit et fort allongé; il s'étend de l'apophyse épineuse de la troisième vertèbre obliquement, de dedans en dehors et d'arrière en avant , à l'angle supérieur et antérieur de l'omoplate , oii il louche à l'extrémité postérieure du muscle protracteur.

11 est évident que le petit muscle antérieur est la partie interne de tout le muscle chez la grenouille , partie qui , comme la moyenne , s'est détachée du reste, chez le pipa, et forme un muscle propre.

rj° En dehors du muscle qui vient d'être décrit il s'en trouve généralement un autre , allongé , beaucoup plus petit, qui, partant du sommet de la dernière apophyse transverse, laquelle est d'une longueur considérable , se porte d'arrière en avant et de dedans en dehors au bord postérieur et à la face inférieur

d'anatomie comparée . 3o5

de la seconde pièce scapiilaire , qui est antérieure j il lire l'épaule eu arrière et en dedans.

Ce muscle est à son maximum de développement chez le pipa et le crapaud; dans la iriinette il est bien plus petit et surtout plus court; le plus faible est offert par la grenouille. On voit , d'après cela , qu'il j a une opposition entre ce muscle et le précédent, et une concordance entre lui et la grandeur des apophyses trans verses.

On lui observe chez le pipa et la rainette deux portions distinces : la postérieure et la plus volumineuse naît de la dernière apophyse transverse ; l'antérieure , beaucoup plus petite, vient de l'avant-dernière de ces apophyses.

8° Il existe à la face interne du scapulum , entre la grande pièce supérieure et la petite pièce inférieure , un muscle transverse qui ne recouvre que la partie externe de la première pièce , tandis qu'il recouvre presqu'en entier la seconde ; il rapproche ces pièces avec force l'une de l'autre.

Les muscles qui viennent d'être décrits ne sont pas déterminés de la môme manière par tous les auteurs.

3o4 TRAITÉ GÉNÉRAL

Le premier , qai est le simple prolracteur chez le protée , me semble correspondre à la partie antérieure et interne du trapèze.

Je regarde le second protracteur comme le muscle rhomboïde.

Le troisième doit être considéré sans doute comme \' élévateur de l'omoplate.

Le quatrième, s'il n'est la partie externe du trapèze, correspond au s terno -mastoïdien. La première analogie a pour elle l'origine de ce muscle, qui naît du scapulum ; la seconde peut s'appuyer de la direction du muscle et de son attache supérieure.

Le rétracteur interne est très-vraisemblablement , chez le protée , à la fois grand dentelé antérieur et muscle large du dos, qui s'insère en avant aussi à l'humérus. Chez le pipa, il est seulement grand dentelé; dans la grenouille, le crapaud et la raZ/ze^^t?, il constitue en outre la partie inférieure du trapèze ou du rhomboïde. La dernière manière de voir me semble la plus exacte : elle a pour elle la direction de ces muscles.

Le rétracteur inférieur du scapulum est sans doute le petit pectoral : son attache , son trajet et sa fonction l'indiquent.

Le muscle décrit le dernier (8°) pourrait être considéré , de prime abord , avec beaucoup de vraisemblance, comme un rudiment du muscle sous-scapulaire , d'autant plus qu'il n'existe

d'anatomie comparée. 3o5

point, d'nprès M. Ciivier (j), d'autre sollsst;apiilaire propre; mais ce muscle existe réellement, et est isolé , comme on le verra , du coraco-hrachial. Il faut donc que celte partie soit, ou un muçcle propre, ou un analogue du sous-cîa^ier^ ou tout au plus une partie du sous-scapulaire^ qui se serait séparée du reste de ce muscle par suite du développement considérable du scapulum.

M. Cuvier (2) a donné, ce me semble, sans besoin , une trop grande extension au muscle grand dentelé : il le divise en plusieurs ventres, perdant ainsi de vue l'analogie que présentent ces ventres avec d'autres muscles. Ce n'est pas moins à tort qu'il nie la présence du trapèze , qui existe réellement , d'après l'explication donnée ci-dessus. Suivant lui , le petit pectoral manquerait aussi; mais il existe incontestablement; il est môme possible que M. Cuvier l'ait pris pour une partie du muscle grand dentelé. 11 attribue le rhomboïde aux grenouilles proprement dites : cette opinion est inexacte , d'après mes recherches.

Les auteurs qui ont écrit postérieurement à M. Cuvier, notamment MM. Carus , Kuhl et Zenker, ont complété en partie la description de M. Cuvier; mais ils n'ont donné aucune

(1) Leçons, 1 , 279.

(2) Ibid. , I , p. 265.

3o6 TRAITÉ GÉNÉRAL

dcterminaiion de ces muscles, ou ils n'ont rapporte que quelques- lUJS d'entre eux à ceux d'autres vertébrés , en leur imposant les noms tirés de leur fonction. Ils se sont éiialement bornés , à l'exception de M. Zenker , aux batraciens supérieurs , sans tenir compte des difîérences qu'offrent les muscles dans les divers autres genres.

Il résulte de ce qui précède : i^que les muscles de l'épaule sont beaucoup plus parfaits et plus variés chez les batraciens anoures que chez les batraciens à queue ; 2» que ces muscles sont à leur maximum de développement dans les crapauds , et 3° à leur minimum chez le pipa.

b. Chéloniens.

Les chéloniens n'oiU qu'un petit nombre de muscles de l'épaule , qui sont situés à la face interne des côtes, et présentent les modifications ordinaires. Ils n'ofiVent pas beaucoup de différences dans les diverses familles de cet ordre ; cependant ils sont plus forts chez les émjdes et les tortues que chez les chélonées.

1» Un protractcur supérieur, qui est court et qui a la forme d'un triangle allongé , vient

d'anatomie coiïïparée. , 3o7

des parties latérales des vertèbres, qui coiislitiient la moitié inférieure du cou; il s'insère , en arrière*, au sommet du scapulum , à l'endroit où cet os s'articule avec la carapace.

Ce muscle est vraisemblablement le rhomboïde ^ ou la partie antérieure du trapèze.

2° Un protracteur inférieur , beaucoup plus long , s'étend des apophyses transverses des vertèbres cervicales à l'endroit oii l'omoplate se recourbe en avant et en dedans.

C'est sans doute Véléi^ateur de l' omoplate .

Il existe chez les chélonées ; mais je ne l'ai pu trouver chez les tortues ni chez les émjdes : aussi ni M. Wiedemann ni Bojanus ne le décrivent dans ces deux familles , quoique M. Cuvier l'ait indiqué exactement chez les chélonées.

3° Uomo-hjoïdien existe dans toutes ces familles : il est fort et long, mais il meut plus la tête et l'os hyoïde que le membre antérieur.

4*» Un quatrième muscle, mince et plat, mais beaucoup plus grand, s'isole du bord de la carapace, immédiatement sous le péritoine , affecte une direction assez transversale de dehors en dedans et de bas en haut, et s'insère au bord externe de la clavicule coracoïdienne , qu'il tire en dehors et un peu en avant.

Ce muscle , à en juger par son origine et sa fonction, parait être le grand dentelé anté-^

So8 TRAITÉ GÉNÉRAL

rieur: celte remarque est contraire à la détcriniuatioii de M. Cuvier (i), qui le compare au trapèze .

Déjà M. Wiederaaun (2) et Bojanus (5) l'ont assimilé au grand dentelé antérieur.

Quand on a égard à l'os qu'il meut, l'opinion de M. Cuvier semble plus exacte,

5° Immédiatement eu avant du bord antérieur du muscle précédent il en naît un autre près du bord externe de la carapace ; il est trèslong, mince, et se dirige, entre la masse musculaire des os de l'épaule et l'humérus d'un côté, et la carapace de l'autre côté, en se portant en avant et en dedans , pour s'insérer de dehors et d'en bas , en regard du premier , à l'extrémité supérieure du scapulum, qu'il tire en arrière et en dehors.

A en juger par ses points d'attache et par son rapport avec le muscle précédent, c'est une partie de celui-ci qui se serait isolée.

MM. Cuvier, Wiedemanu et Bojanus, le regardent comme le muscle sous-clavier ^ manière de voir contre laquelle militent l'origine elles points d'insertion de ce muscle.

(1) Leçons, I, 265.

(2) Archiv fur Zootomic und Zoologie, vol. III, cah. 2 , p. 85.

(5) Teslud. curop. , lab. i5, 16, p. Sy.

c. Sauriens.

Le muscle le plus superficiel, situé à lû nuque et à la partie antérieure du dos, est, dans la plupart des espèces de cet ordre , commun à la tête et au membre antérieur, quoiqu'il appartienne davantage au dernier. Il naît des apophyses épineuses des vertèbres de celte région , et s'attache , en dehors et en bas , à peu près dans le milieu de sa longueur, à la partie antérieure*- et inférieure de la face externe du scapulum, ou au bord supérieur de cet os. Par son extrémité supérieure il s'insère, le plus souvent, au bord postérieur de la portion squameuse du temporal. Sa moitié inférieure , formée d'abord de fibres ascendantes, puis de fibres transverses, est plus forte et plus charnue que la moitié supérieure , qui, après un court trajet , se convertit en une aponévrose mince. Son bord supérieur et antérieur se continue avec un muscle large et mince, formé de fibres transversales et difficiles à séparer, qui se confond avec son congénère du côté opposé, et qui s'attache, par son bord externe, à la mâchoire inférieure j sur le même point, sa face inférieure est également unie d'une manière très-intime avec le muscle

sierijo-mastoïdien : en sorte que ces trois muscles ne font ici presque qu'un seul.

Ce muscle est communément l'extenseur le plus superficiel de la tête , et en même temps adducteur et élévateur du scapulum , os qu'il tire toujours vers le rachis. Sa forme lui a fait donner généralement, et avec raison, le nom de triangulaire ou trapèze. Les deux muscles , considérés ensemble, ont aussi reçu le nom de cucullaris , parce que leur forme imite grossièrement celle d'un capuchon.

Comme cç muscle appartient principalement au membre antérieur, j'ai cru devoir le décrire ici , bien qu'il meuve également la tète.

Dano les c^eVo/îfewj' , une partie seulement de ce muscle appartient à la tête (i) j chez les batraciens ^ au contraire, il appartient uniquement à l'épaule (2).

Son volume offre plusieurs différences , qui sont en rapport avec le développement du membre antérieur.

Ce muscle est surtout d'tine petitesse extraordinaire chez le caméléon. Dans cette espèce il n'appartient pas même à là tête ; il est trèsétroit et allongé , et se porte obliquement de haut en bas , des épines de deux vertèbres thoraciques antérieures, au bord supérieur et très-

(1) Voy. p. 3o4.

(?) Voy. p. 256.

d'anatomie comparée. 3ii

étroit de l'omoplate supérieure , qu'il lire en haut et en arrière.

II est également petit chez le crocodile, mais beaucoup plus considérable que chez le caméléon y il y a la forme qui a été indiquée en général.

11 est au contraire très-volumineux dans le gecko , le marbré , le calotes , le lézard , Viguaiie, le monitor el le dragon.

2° On trouve sous ce muscle, chez le crocodile , un autre faisceau musculaire beaucoup plus petit , qui naît , par deux languettes , des apophyses épineuses des deux premières vertèbres tlîoraciques , et descend assez directement, seulement un peu de dedans en dehors et d'avant en arrière, à l'angle supérieur et antérieur de l'omoplate supérieure , qu'il tire en avant.

Ce muscle ne peut être que le rhomboïde : aussi sa forme coïncide-t-elle avec ce nom.

Il faut vraisemblablement aussi donner ce nom à un petit muscle allongé , chez le caméléon, qui se détache , par deux faisceaux distincts, en haut, de la première et de la seconde vei tèbres , et qui se porte obliquement en arrière et en bas au bord supérieur du scapulum. L'origine de ce muscle ne milite pas directement contre cette manière de voir , car on pourrait expliquer cette difierence par la hauteur et l'étroitessc du corps de l'aDimal.

3l2 TRAITÉ GÉNÉRAL

Il a la même disposilion chez V iguane ; seulement il est plus peiit.

Ce muscle n'existe pas généralement : ainsi il manque, par exemple, au marbré.

Dans les cas où il ne naît pas des apophyses épineuses, on pourrait le considérer, peut-être avec plus de droit, comme la partie antérieure du grand dentelé antérieur, d'autant plus que ce musclé vient aussi , chez les mammifères en général, des apophyses transverses de plusieurs vertèbres cervicales postérieures, et que, chez V iguane et le caméléon , il s'unit étroitement avec le muscle grand dentelé.

3° Le muscle le plus fort de l'épaule est Un protracleur, qui existe généralement,re7eF<2^ewr de l'omoplate. Il est très-épais, triangulaire, ayant son sommet dirigé eu avant et la base en arrière 5 il se détache des parties latérales des deux premières vertèbres cervicales, et descend à tout le bord antérieur du scapulum supérieur, quelquefois aussi à la partie supérieure et antérieure de cet os , comme chez le caméléon. Il est ordinairement très-facile de le diviser eu'un ventre supérieur et un inférieur • cela n'a pas Heu chez V iguane.

HJélévateur de V omoplate est très-haut et étroit chez le caméléon, en rapport [avec la hauteur et l'élroitesse du scapulum : il s'y divise surtout aisément en une moitié supérieure et une inférieure.

d'anatomie comparée, 3i3

/jO On trouve deux rétracteurs qui s'accordent avec ceux des batraciens ^ savoir : le rétracteur interne ^ qui est le plus grand, ou, en d'autres termes, le graîid dentelé antérieur; et le rétracteur externe et inférieur y beaucoup plus petit et plus allongé , qui est le petit dentelé ou le petit pectoral.

Le premier de ces muscles est communément partagé en deux autres, qui sont plus ou moins distincts : le postérieur àe. ceux-ci, ordinairement plus grand que l'antérieur, se dirige de haut en bas et d'avant en arrière au bord postérieur de l'omoplate j Vantérieur, qui est recouvert du scapulum supérieur, naît des côtes situées sous le scapulum , et monte au bord supérieur de cet os.

Cette division est surtout distincte chez le gecko, et plus encore dans le cajnéléon.

Le petit pectoral manc^ue au gecko.

Page 1