‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 3)Chapitre 47 sur 81 · I . Le plus fort des fléchisseurs occupe aussi · texte numérisé non relu

I . Le plus fort des fléchisseurs occupe aussi

A'-i TRAITÉ GÉNÉRAL

chez les oiseaux , toute la longueur de Thu-mérus.

Les données des auteurs sur l'orig-ine de ce muscle varient singulièrement. D'après Aldromndi(i), il naît de l'hum^érus par deux têtes , principalement de la grande et de la petite tubérosité ; suivant Stenson (2) , il viendrait seulement de la lubérosité interne : Viccj-d' Azyri^') lui donne deux origines , (4-) l'une prenant audessous de la tubérosité supérieure , l'autre produite par l'extrémité de la fourchette ; d'après M. Cuvier , une de ses têtes prendrait naissance au-dessous de la tubérosité inférieure, l'autre à l'omoplate ; à en croire M. ^Yiedemann (5) , une tête du muscle se détacherait de la tubérosité inférieure , l'autre de l'extrémité supérieure de la clavicule, c'est-à-dire de la coracoïdienne ; enfin M. Tiedemann (6) le fait naître, d'un côté, de la tubérosité interne de l'humérus, et, de l'autre, de l'extrémité supérieure de la claviculeet de celle delà fourchette. On voit que cette dernière opinion réunit toutes les autres.

La courte tête naît généralement, en effet, de (i) Ornithol. Franco/., p. 66.

(a) Desc. anat. aquilœ saxadlis. Extrait de TIi. Bar- Ihol.iu , Act. Hafn.j t. I, dans Vaientini Ainphithea^ trum zootorn., 1. 11, p. i3.

(3) OEuvres, t. Y, p. ikl-

{!\) Leçons t. I, p. 3i i .

(5) Archiv fùr Zoo/og/e. Bd. a , H. a. S. 88.

(6) Zoologie, Bd. 2. S. 3ii.

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la tubérosité interne de l'humérus ; la longue tête vient constamment du point qui a été indiqué d'abord exactement par Wiedemann . J'ai trouvé du moins cette disposition dans tous les oiseaux que j'ai eu occasion d'examiner.

L'erreur me semble avoir été occasionée par l'étroitesse du ligament qui, de l'extrémité supérieure de la clavicule coracoïdienne, se porte en arrière à la clavicule acromiale. Cependant ce ligament est : 1° toul-à-fait séparé de l'extrémité supérieure du tendon du fléchisseur; 2^ il est , le plus souvent, beaucoup plus étroit que lui. Ce fait est d'autant plus important qu'il l'ournit un argument de plus à l'opinion qui reconnaît, dans l'os nommé communément clavicule des oiseaux l'apophyse coracoïde des mammifères grossie et élevée au rang d'os propre (1).

Chez V autruche seule , tant celle à trois orteils, que celle à deux ^ les deux têtes viennent de la clavicule coracoïdienne.

Le muscle s'attache par son extrémité inférieure,d'aprèsAldrovandi, Vicq-d'Azjret M.Cuvier, à l'extrémité supérieure du cubitus suivant Stenson , MM. Wiedemann et Tiedemann , il se fixe en outre au radius. La dernière donnée est généralement exacte; car, d'après mes recherches , le tendon inférieur se bifurque dans •la grande majorité des oiseaux, en deux lan-

(i) Voyez vol. IV, p. 110, etc.

j^iielt<^ , qui s'insèrent à la même liauleur, l'une au cubitus et l'aulre au radius. Ces deux laugueltes ont à peu près le même volume dans la plupart des oiseaox.

Je trouve du moins cette disposition dans les oiseaux, grimpeurs , les gallinacés , les palmipèdes, les oiseaux de rivage et ceux de proie.

C'est dans Ye^oiseaux. de rivage, du moins la cigogne , V échasse , le héron j ]ai spatule et la bécasse, que les deux languettes séparées du muscle ofi'rentle plusde longueur; en effet, cette division porte non-seulement sur tout le tendon qui correspond au tiers inférieur du bras, mais, même sur l'extrémité inférieure du ventre charnu.

Dans la bécasse et Véchasse , tout le muscle est partagé en deux ventres, dont l'antérieur, qui naît de la partie externe du long^ tendon supérieur, s'attache au cubitus, tandis que Je postérieur se rend au radius.

Plusieurs palmipèdes, particulièrement le macareux, le cormoran^ Xeguillemol et le grèbe, ont les languettes les plu* courtes; quant à Voie., son tendon est bifurqué dans une grande étetidue.

Il résulte évidemment de celle disposition, que les deux os de l'avanl-bras sont mieux unis que de coutume en un seul os; ce qui est important à cause de la solidité nécessaire pour exécuter le vol. Ilesl.par conséquent, curieuxquecettedisposilion , d'ailleurs si générale dans celle classe,

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inaTique à V autruche , chez laquelle le muscle s'insère seulement au radius.

Ce muscle olFre, en outre, plusieurs autres différences fort clignes de remarque.

Il manque tout-à-fait au pingouin, comme je m'en suis assuré par l'examen attentif de plusieurs individus; il s'ensuit que l'avant-bras et la main de cet oiseau sont roides et ainsi transformés en aviron; aussi l'articulation du coude est-elle disposée de manière à ne permettre qu'une très légère flexion , opérée par le petit muscle qui sera décrit plus loin.

Après cela viennent plusieurs oiseaux voisins, principalement le guillemot et le macareux.

Il n'a qu'une tête dans l'un et l'autre de ces genres, et naît uniquement de la clavicule coracoïdienne, par un tendon long , aplati et étroit. Le ventre charnu en est Tort alongé, plat, extrêmement faible et recouvert parle tendon dans toute l'étendue de sa face antérieure.

Il est également long et étroit àdinsV autruche.

Chez le grèbe , il est un peu plus fort et formé de deux ventres. Le tendon interne s'insère à la tête commune.

Suiventles grallés^ qui ont le ventre du muscle un peu plus développé. Ils ont aussi le tendon interne , mais il y est plus court , et n'est pas en rapport de continuité avec le ventre charnu ; il s'attache à l'extrémité inférieure du lon^r tendon, qui provient de la clavicule caracoïdienne.

Dans les poules, le muscle est beaucoup plus fort, le venlre plus grand; le tendon interne s'attache en partie au tendon externe, en partie au ventre musculaire lui-même.

Les oiseaux de proie sont, de toute la classe , ceux qui ont ce muscle au plus haut degré de développement ; son tendon interne se continue avec nn faisceau charnu propre, qui est court.

2. Le deuxième fléchisseur , beaucoup plus petit, a la forme d'un carré lon^; il est en partie recouvert par le tendon inférieur du muscle précédent, et naît, un peu en dedans de lui, de l'extrémité inférieure de la face antérieure de l'humérus ; il se rend au commencement de la face de flexion du cubitus.

Ce muscle est plus constant que le long flécbisseur.

Il existe chez le pingouin , où il est même volumineux en proportion ; il s'étend de l'extrémité inférieure du bord antérieur de l'humérus, principalement au commencement du bord antérieur ou de flexion du radius, jusqu'à la tubérosité de cet os.

Il ofl'reici un indice du type ordinaire , puisqu'il envoie de sa face interne une lang-uclte longue et étroite, qui s'insère un peu plus en avant au bord antérieur du cubitus.

Dans V autruche , il est plus long que de coutume, et va de l'extrémité inférieure de l'hamérus seulement au cu])itus.

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H n'olFre pas d'autres variétés diyiies de remarque.

5. 4. La face interne de l'épitrochlée , ou l'extrémité inférieure de la face interne de l'humérus, donne naissance à deux muscles alongés , un peu éloignés l'un de l'autre , qui se portent obliquement en bas et en avant à la partie supérieure du radius.

L« supérieur, qui est, dans la plupart des cas, plus court et plus mince que l'autre, s'attache au bord antérieur du radius; l'inférieur s'insère immédiatement au-dessous de lui, à la face interne de cet os.

Par suite de la disposition de l'articulation huméro-cubitale , ces deux muscles agissent seulement comme fléchisseurs de l'avant- bras; mais ils correspondent aux pronateurs des animaux^ dont le radius se meut sur le cubitus; ils représentent les deux pronateurs des sauriens j mais ils sont plus développés qu'eux.

Ces deux muscles n'oiFrent pas les mêmes conditions dans tous les oiseaux.

Ils ont une épaisseur considérable dans les oiseaux de proie , les poules , Voie. Ils sont en général assez forts. Les plus faibles se rencontrent dans plusieurs palmipèdes , particulièrement le cormoran , le guillemot, le macareux et le grèbe.

Les plus courts s'observent dans les oiseaux de rivage, principalement dans ceux de grande

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taille , par exemple le héron et la cigogne , où ils ne descendent pas au-delà du quart supérieur de Tavant-bras. Malgré leur brièveté, ils ont une épaisseur assez marquée. Ils sont plus longs dans la bécasse et Yéchasse. Ces muscles me semblent être à leur maximum de longueur dans les gallinacés, les perroqiwLs , \espics et les oiseaux de proie.

Chez les oiseaux de proie diurnes, le supérieur est beaucoup plus court quel'autre, et s'attache au radius au-dessus du milieu de sa longueur. L'inférieur, qui est beaucoup plus long et plus épais , s'insère à la partie supérieure du radius , dans une étendue plus considérable queja moitié de ces os ; mais il ne s'étend pas jusqu au commencement de l'os.

Dans les oiseaux de proie nocturnes, àn moins le srand ducMs deux muscles sont courts; ils ne correspondent guère plus qu'au tiers supérieur de l'avant-bras; leur volume est a peu près le même Je les trouve absolument égaux dans les perroquets. Chez les g-^Z/mace., au contraire le supérieur est beaucoup plus long; 1 s'insère à presque tout le radius ; 1 inférieur s'attache seulement aux deuxième et trois,eu.e Larts de l'os. Chez les , le muscle supe- Teur est également plus long et plus épais. TeLlmipèdes offrent le même rapport que les ' j ..,v>//////72eç; leur muscle supérieur

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clans le cormoran que ces muscles m'ont offert le moins de dilFérence , parmi les oiseaux d'eau.

Ils ont à peu près la même longueur dans les é chassie rs y du moins chez la cigogne ei le héron.

Chez V autruche, il n'j a qu'un muscle au lien de deux ; dans X autruche tridactjle ce muscle est fixé à la région moyenne du radius ; chez V autruche didactjle , il s'attache aux deux tiers inférieurs de l'os. Il est assez fort et plat, et sa forme est celle d'un carré long.

Le pingouin ne m'offre pas la moindre trace àç ces muscles ; ce qui s'accorde fort bien avec l'absence totale du long fléchisseur.

5. Au-dessous du deuxième pronateur j on voit s'isoler également de l'épitrochlée un faisceau musculaire plus petit qui, se dirigeant immédiatement en dedans du court fléchisseur, s'insère plus bas et plus avant que lui à la- partie supérieure de la face interne dii cubitus j la contraction de ses fibres fléchit l'avant-bras et le lire en dedans.

11 est plus petit que les muscles précédents. Est-ce un muscle propre? Je ne lie pense pas; mais je suis porté à le prendre pour la partie interne du court fléchisseur, ou brachial interne, partie qui serait un peu descendue.

Il est vraisemblable que cet organe musculaire existe généralement dans les gallinacés , puisque je l'ai trouvé chez la poule , le co^ de

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