‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 3)Chapitre 49 sur 81 · On doit considérer comme huitième fié · texte numérisé non relu

On doit considérer comme huitième fié

chisseur de l'avant-bra? un muscle qui s'élenJ de l'épicondjle à la face exierne et antérieure du radius , et qui représe-iite le court supinaieur. D'après M. Tiedemann, il exécute un léger mouvement de supination et en même temps un mouvement d'adduction. Le premier mouvement est à peine sensible ; le second n'existe pas, puisqu'il éloigne, au contraire, le radius du corps, et doit nécessairement produire cet effet. Il est , sous ce rapport, l'antagoniste du muscle précédent.

La longueur de ce muscle qui , d'après M. Tiedemann , occupe le tiers supérieur du radius, varie également. La donnée de M. Tiedemann est exacte pour le guillemot et les oiseaux de proie diurnes ; chez le macareux ^ au contraire , ce muscle en occupe seulement le quart supérieur, et, chez le grèbe , à peine le cinquième supérieur, tandis que, dans les poules et Vautruche , il se rend aux deux tiers supérieurs de l'os.

Dans les dernières et le faucon, il est aussi assez épais; dans le guillemot et le macareux il est, au contraire, très mince, et plus faible encore dans les grèbes.

Chez les manchots y '\\ est court, faible, à peine sensible, aplati; il naît par un long tendon, inférieur, delà rotule externe du coude (i) ; par

(i) P'oyez vol. III, pa{^. 141 et 142.

d'ajsatomie comparée. 5.^

un second tendon , de l'extrémilé inférieure du côté externe de rinimerus, et se rend au premier cinquième de la face externe du radius. Il remplitici seulement la fonction d'abducteur.

g. XJextenseur de V avant-bras a deux têtes séparées dans presque toute leur longueur : l'une d'elles, qui naît fort haut du col deTomoplate, est externe, plus longue et plus mince ; l'autre, qui est interne, beaucoup plus épaisse, mais plus courte , vient de la face interne et postérieure de l'humérus, de sa tubérosité interne.

Ces deux têtes s'unissent entre elles à la partie inférieure de l'humérus, le long duquel le muscle est tout charnu ; mais ordinairement il y a une nouvelle séparation au-delà. La téte externe s'insère alors par un tendon plus long , à l'extrémité supérieure de la face externe du cubitus; l'interne, après avoir reçu, en bas, un^; autre petite tête venant de l'humérus, s'attache à l'olécrâne.

Dans V autruche y le muscle n'a qu'un seul tendon , qui prend son attache au cubitus.

Chez le pingouin j je trouve ce muscle beaucoup plus composé que chez tout autre oiseau, sous le rapport du nombre de ses têtes, quoiqu'elles soient faibles , charnues seulement dans une petite étendue , et pourvues de très longs tendons.

La tête, qui ordinairement vient du scapulum, est renforcée par une autre tête triangu-

laire, beaucoup plus forte, qui naît, en haut, (le l'omoplate et de l'extrémité postérieure de la clavicule acromiale ; ces deux têtes, réunies, s'insèrent à un long- et fort tendon commun.

Vers le milieu de l'humérus, ce tendon s'unit dans une petite étendue , au tendon de la deuxième tète, qui naît, fort haut, d'un enfoncement creusé sur le bord postérieur de l'humérus.

Une troisième tête se détache des deux tiers iaférieurs du bord postérieur de l'os, et reste isolé jusqu'à son insertion.

La première tête s'attache, par son tendon, à la rotule cubitale externe (i), qui envoie un long ligament en arrière , à la face externe du cubitus ; la troisième tête s'insère au même os , immédiatement au-dessus et en avant de la première.

La seconde téte passe sous le tendon de la première ; elle se rend, en partie, à la rotule cubitale interne, en partie s'étend sous cet os et se termine par une masse fîbro-cartilagineuse , qui se fixe à l'extrémité inférieure de l'apophyse située au-dessous de Torigine du bord inférieur du cubitus. Il s'y attache, en outre, immédiatement au-dessus, un fort ligament fibreux, qut vient de l'extrémité antérieure de la rotule cubitale interne.

(i) ^q/ez vol. III, pag. i4i et

d'aWATOMIE COMPAniifl. 55-

Cette disposition musculaire explique la nature de ces os, qui sont de véritables rotules du coude , ou des os sésamoïdes j ils servent d'appui aux tendons du muscle extenseur, et en rendent l'insertion plus facile; ce qui coïncide, d'une manière extrêmement remarquable, avec l'absence du long' fléchisseur, etc. , et avec le peii de mo^ bilité de l'articulation huméro-cubitale.

Le gudlemot et le macareux olFrent une disposition analogue ; ils ont dans les deux tendons du muscle un fort fibro-cartilage, qui a la dureté de l'os , principalement dans le tendon interne Au macareux , et surtout à sa partie interne.

d. Muscles de la Main, a. Muscles du Carpe et du Métacarpe.

S- iSg.

1. Le long ou premier extenseur radial àe la main est, de tous les muscles venant de la face externe de l'humérus, celui qui se détache ordinairement le premier de l'extrémité supérieure de l'épieondjle, et qui forme le bord radial de la masse musculaire de l'avant- bras. C'est un muscle volumineux qui , vers l'extrémité inférieure de l'avant - bras , se continue en un large tendon ; ce tendon se rend, en glissant dans une coulisse du radius, à l'apophyse dite du pouce, qui se remarque à l'os métacar-

TRAETÉ GÉNÉRAL

jjien (i), et s'attache au Ijord radial de cet os.

Il élève la main , la lire en avant, vers le bord radial de l'avant-bras , et la ramène dans le même plan que celui-ci.

Dans V autruche didactjle, ce muscle est plus compliqué -, il y est très vraisemblablement confondu avec le long supinateur, qui, chez Y autruche tridactjle , est isolé (2).

En elFet , dans la première espèce , il se détache du commencement du sixième inférieur de la face externe de l'humérus, un muscle mince qui, vers le milieu de l'avant-bras, où il devient tendineux, s'unit avec un deuxième muscle , beaucoup plus grand, lequel "vient, tout-à-fait en bas, de l'épicondjle.

Le premier est incontestablement le long supinateur; le deuxième^ au contraire, est le premier radial externe.

Chez le pingouin j ce dernier muscle est très faible, son ventre est court; il vient seulement, en bas, du bord antérieur de l'humérus , et son tendon se confond immédiatement après son origine, avec celui du tenseur de la peau de l'aile.

2. En bas, lui succède le court ou deuxième extenseur radial de la main, communément bien plus faible, qui naît, sous le long supinateur, de la partie supérieure du côté cubital

(i) Voyez vol. lit , pag. 157.

(a) f^qyez plus haut, pag. 5i.

d'actatomie comparée. 67 du radius, et s'insère immédiatement au-dessous du premier radial , à la face externe de la même apophyse de l'os métacarpien.

Ce muscle présente quelques variétés assez digues de remarque.

Dans les oiseaux de proie, V outarde , V autruche et les perroquets, il constitue un muscle tout particulier, entièrement séparé du précédent, et s'insérant immédiatement au-dessous de lui, à l'aide d'un tendon mince et fort long.

Dans d'autres oiseaux, tels que les oies, les poules, les cigognes, son tendon, beaucoup pins court, s'unit déjà au bas de l'avant-bras , à celui du muscle précédent, de sorte qu'ils ne font qu'un dans une étendue assez notable, surtout chez les poules.

Dans le pingouin, le deuxième extenseur radial, dont la partie charnue est aussi beaucoup plus épaisse et plus longue que celle du premier , naît, par une téte très petite, du milieu du côté externe du radius, et par une autre tête, supérieure et bien plus longue, du bord antérieur du cubitus. Son tendon s'unit, vers la partie inférieure de l'avant-bras , dans une petite étendue, à celui du muscle précédent.

3. A l'extrémité inférieure de l'épicondyle, se àéid^chçiV extenseur cubital la main, ou le muscle cubital externe , qui descend à la main en suivant à peu près le milieu de la face externe de l'avant-bras. Son long tendon passe

par une coulisse à l'extrémité if)férieure du cubitus, et s'insère, en arrière, à la branche cubitale de l'os métacarpien.

II élève un peu la main, maisil la tire surtout vers le bord cubital de l'avant-bras, et la fléchit par conséquent dans ce sens.

M. Tiedemann (i) prend ce muscle pour le fléchisseur radial de la main; opinion contre laquelle militent, suivant moi, le trajet et l'action de ce muscle ; conditions par lesquelles il correspond distinctement à l'extenseur cubital.

Dans V autruche j ce muscle est confondu avec le court extenseur ou extenseur inférieur de l'avant-bras; il en résulte un muscle volumineux qui s'étend de l'épicondyle à tout le cubitus et à l'os cubito-carpien.

Il n'est que tendineux dans le pingouin.

4. Tout-à-fait en bas, on voit s'isoler de la face externe du cubitus, un muselé bien plus petit, qui se rend à l'extrémité postérieure de la branche cubitale de l'os métacarpien.

Ce muscle tire la main fortement vers le bord cubital ; il la met, par conséquent , dans l'abduction , et l'élève en même temps un peu.

Ou ce muscle est la partie inférieure du cubital externe , ou il correspond à V abducteur du petit doigt.

Dans V autruche, cet organe naît seulement de

(i) Loc. cit., p. 1 19.

d'anatomie comparée. 59

Fos cubilo carpien , et se rend à la moilié supérieure et postérieure de la branche cubitale du métacarpien. Chez \e pingouin , il est volumineux et se fixe presque à tout le bord postérieur de cette branche cubitale.

5. Indépendamment de ces extenseurs ordinaires, je trouve, chez V autruche didaclyle , un court extenseur -particulier, qui s'attache, sous le deuxième extenseur radial, lequel est distinct , aux deux tiers supérieurs de la face externe du radius; ce muscle propre se termine au bord antérieur de la branche radiale de l'os métacarpien, oii il s'insère immédiatement en avant du muscle précité.

Il lire la main en avant, et représente, sans contredit , l'abducteur et extenseur du pouce d'autres animaux, puisqu'il existe en sus de tous les autres muscles du carpe et du métacarpe.

Il est vraisemblable aussi que ce muscle est l'analogue du long extenseur du pouce , qui est plus développé chez les autres oiseaux , et qui , dans cette espèce d'autruche , ne descend pas aussi bas et ne naît pas aussi haut quedecoutume.

6» 7. Il y a deux fléchisseurs pour la main.

8. Le plus superficiel et le plus grand est le fléchisseur cubital , autrement muscle cuhitat interne ; il vient tout-à-fait en bas de la rotule interne du coude, se dirige tout charnu, le long du bord cubital de l'avant-bras àla main, prend son insertion d'abord à l'os cubito-carpien , qui

est en effet entièrement enlacé du tendon de ce muscle; puis il s'attache tout-à-fait en arrière, à la face de flexion de la branche cubitale de l'os métacarpien.

Il fléchit la main , et la tire à l'a fois vers le bord cubital de l'avant-bras.

Dans Vautruche , ce muscle va seulement à l'os cubito-carpien.

La même chose a lieu chez le pingouin , où le muscle ne constitue qu'un tendon long et plat, mais pas très large , qui se dirige le long du bord cubital de l'avant-bras.

9 , Le fléchisseur profond ou fléchisseur radial, ou enfin muscle radial interne, est un muscle plus faible et bien plus court, qui vient de la moitié inférieure du cubitus ; il descend le long du côté interne de cet os , contourne son extrémité inférieure et le bord radial du carpe , passe , sous le tendon des extenseurs radiaux, à la face d'extension de la main', et s'insère , en dehors des extenseurs radiaux , fort haut à la face dorsale de la branche radiale de l'os métacarpien.

C'est le fléchisseur interne de la main , et je crois devoir le regarder comme \e radial interne, et non, avec M.Tiedemann (i), comme le cubital externe, qui existe sans cela.

Dans Vautruche , ce muscle naît seulement du tiers inférieur du cubitus.

(il Loc rit., p. 3rf).

d'anatomie comparée. 6i Je ne le trouve pas du tout dans ie pingouin.

Nous devons faire mention ici du tenseur de la membrane antérieure du vol.

D'un côlé , ce muscle est très généralement uni d'une manière plus ou moins dislincle avec la partie supérieure et externe du grand pectoral j de l'autre, il semble être aussi la partie supérieure et la plus externe de ce muscle , partie qui se serait isolée et aurait formé un muscle propre , se détachant du grand pectoral en arrière, en dehors et en haut, ainsi que de l'extrémité postérieure de la fourchette j le tendon de cette portion ne larde pas à s'unir à celui de la première. Quelquefois, mais moins généralement, cemuscleconsisteen un faisceau qui provient de la région supérieure de la face antérieure du long fléchisseur de V avant-hras.

Ces différents ventres, qui naissent toujours fort haut dans la région de l'épaule et du bras , se dirigent de dedans en dehors, et se continuent à leur extrémité externe par des tendons minces et grêles , qui ont une longueur proportion nellemen l con sidérable .

Le plus gros et le plus long de ces tendons est situé dans le bord libre de la membrane antérieure du vol ; il est très mou dans la majeure partie de son étendue , formé de fibres

^3 TRAITÉ GÉNÉRA.L

lâchement unies entre elles ; aussi obéit-il très facilement aux divers degrés de tension que l'aile communique à la membrane du vol dans ses mouvements de flexion et d'extension. En effet, dans la flexion , il se plisse promptemenl et fortement sur lui-même, en se contractant en vertu de son élasticité; dans l'extension , il se déploie et s'étend très aisément.

Ce tendon se perd , par son extrémité antérieure, en partie dans la peau , en partie, il s'insère à l'extrémité inférieure du radius et l'os radio-carpien.

Il se détache en outre ^ soit de l'extrémité inférieure du ventre charnu , soit de la partie supérieure du tendon lui-même, des languettes tendineuses qui se rendent fort haut à l'avantbras , particulièrement au lo?ig extenseur radial et à la face d'extension de l'avant-bras.

Ce muscle soutient, par conséquent , avec force, les élévateurs ou fléchisseurs de l'aile. Il offre différents degrés de développement. Cette disposition musculaire est surtout parfaite dans les oiseaux de proie , et principalement les nocturnes.

Ainsi chez le grand duc, par exemple, il s'ajoute à l'extrémité externe du ventre charnu supérieur et propre, qui est alongc et qui naît delà fourchette, d'abord un tendon fortet large, venant du grand pectoral; puis un fort fascicule charnu se rend au long tendon, qui chemine dans

d'anatomie comparée. 63

le bord de la membrane du vol. Ce tendon s'attache, par son extrémité iniérieure, à l'os volumineux qui a été décrit (i) , et , par plusieurs languettes , au radius et à l'os radio-carpien.

Un deuxième tendon , plus court mais plus large, naît de l'extrémité externe du ventre charnu et delà première aponévrose du grand pectoral, qui se rend à ce ventre. Ce tendon descend le long du bras, au commencement de l'avant-bras , où il " se divise en plusieurs autres tendons , unis entre eux par des bandelettes intermédiaires plus petites ; ces petits tendons s'attachent, par une languette bien plus faible, au premier muscle radial externe mais principalement à un muscle propre , qui prend origine par un long tendon à l'humérus, audessus du premier extenseur radial , et qui s'insère, conjointement avec ce muscle, àl'apophjse dite du pouce , que l'on observe à l'os métacarpien. Cette attache se f ait par un long tendon uni, tout-à-fait en bas , à celui du muscle précité.

Il est extrêmement vraisemblable que ce muscle n'est autre chose que la tête du tenseur de là membrane antérieure du vol , qui vient quelquefois du long fléchisseur de l'avant-bras ; tête qui serait descendue davantage dans ces oiseaux, et se serait développée en un muscle propre. Il correspond à la tête supérieure du

(i ) Fqy. 111 , pag. i5i.

64 TRArrÉ GÉffFRAL

premier extenseur radial de V autniche{i) ; toutes les languettes , par conse'quent aussi celle qui vient du long fléchisseur, correspondent au long supinateur d'autres animaux; muscle que les oiseaux ofliriraient conséquemment aussi à divers degrés de développement.

La conformation des oiseaux de proie diurnes est fort semblable à cela ; seulement ils n'ont pas le premier et large tendon qui naît du grand pectoral; le ventre charnu qui vient de ce muscle est, au contraire, beaucoup plus fort, plus long et plus isolé , et l'extrémité inférieure du long tendon va en arrière à l'os métacarpien, et se continue plus loin avec l'aponévrose palmaire.

Le ventre charnu , qui vient du fléchisseur de l'avant-bras , manque ici également.

La disposition de la cigogne est semblable à tous égards; seulement elle n'a pas l'os sésamoïde inférieur.

La conformation des perroquets se rapproche beaucoup de celle des oiseaux de proie; mais elle s'en distingue en ce que, chez les premiers, la disposition de l'extrémité supérieure de cet appareil musculaire est plus composée, tandis qu'à l'extrémité inférieure elle est plus simple que chez les oiseaux, de proie.

En efiet, dans les perroquets, le ventre

(0 Voyez plus l)aiit , p. 56.

d'aNATOMIE COlVtPARÉE. 6S

charnu supérieur et isolé est partagé en deux chefs, dont l'un est superficiel, aiongé et plus long, l'autre étant plus prol'ond et plus court, mais plus large et plus épais. Le chef superficiel reçoit , à son extrémité externe, un petit tendon venantdu muscle grand pectoral , et se continue avec un long tendon libre qui , sans contenir d'os sésamoïde , s'insère à la saillie de l'os mélacar pien^ nommée apophyse du pouce.

Le ventre profond se continue en deux tendons qui s'insèrent au premier radial externe et à un rudiment du long supinaleur, rudiment qui s'unit après un court trajet avec le long extenseur radial.

La tête venant du fléchisseur de l'avant-bras manque aussi dans ces oiseaux.

Quelques oiseaux d'eau ^ particulièrement le cormoran, offrent une réunion de ces deux conformations , qui paraît être la disposition la plus compliquée.

Le muscle supérieur, entièrement isolé du grand pectoral, est divisé tout-à-fait en deux ventres alongés , qui sont séparés l'un de l'autre par le chef antérieur du deltoïde, et qui naissent, en arrière, de la fourchette.

Le ventre antérieur, bien plus petit et surtout plus étroit que l'autre , se continue avec le lorng tendon du bord de la membrane du vol ; ce tendon , dans lequel s'est développé, non un os, mais un fort fibro-cartilage ^ de forme alongée , VI. 6

66 TKAITÉ GEISÉU/VL

va s'insérer à Tapophjse du fîouce de l'os métacarpien.

Le ventre postérieur reçoit, à son extrémité externe, une languette tendiaeuse venantde l'extrémité inférieure de lacrête de l'humérus; il es continue alors par un tendon assez large qui , arrivé à la partie inférieure du bras , se parta<;e en deux languettes. La languette externe , plus large , s'épanouit à la partie supérieure de l'avant-bras , et forme l'aponévrose anli-brachiale externe ; la languette interne se rend au muscle propre, qui est assez fort, et dont le long tendon ne s'unit à celui du premier extenseur radial externe qu'à l'extrémité inférieure del'avant-bras.

Le guillemot et le macareux offrent une coiifermation tout analogue, à cela près que leur muscle supérieur n'est pas divisé , et que le long tendon est attaché par une forte expansion aponévrotique, dans la région du coude, à l'aponévrose externe de l'avant-bras, de sorte que la mobilité est de beaucoup dimitiuée.

Les gallinacés présentent une disposition moins compliquée.

On y rencontre : un seul muscle supérieur, simple et séparé, qui n'est pas très grand, mais long;

2° Un faisceau musculaire à peine séparé du grand pectoral, qui se continue immédiatement sous la forme d'un tendon ;

3° Un ventre charnu, qui se détache fort

u'aNA-TOMIE COMI'AKI^E. 67

haut de la lêle externe du fléchisseur de l'avanl-bras.

Les deux premiers s'unissent pour fornier le long tendon, et envoient, en outre, une aponévrose mince, mais large, à la moitié supérieure du premier extenseur radial de la lUd'in , et à la face externe de l'avant- bras.

Le second se continue avec un tendon long et mince, qui se perd , vers l'extrémité inférieure de l'avant-bras , dans le tendon du bord de la membrane du vol.

Il n'j a point de trace du muscle inférieur à l'avant-bras.

La conformation des manchots me paraît être la plus simple. Leur muscle supérieur est fort et formé de deux ventres, dont l'antérieur se sépare dilFicilemeut du grand pectoral. Il s'insère en dehors, par une partie de son tendon, au grand pectoral et à l'humérus. Le tendon, lui-même, se dirige le long du bord antérieur de l'humérus, auquel il adhère d'une manière très intime. Eu bas, il s'unit, en partie, à la tête du radial externe, en partie il s'épanouit en une large aponévrose , qui recouvre toute la face externe de l'avant-bras ; il est partout étroitement lié à la peau.

Nous ne considérons ici que le tenseur de la membrane antérieure du vol j celui de la postérieure nous paraît devoir être étudié avec les muscles peauciers, par la raison qu'il ne s'insère

68 TRAITÉ GKNÉRAt,

pas immédiatement aux os qu'il met en mouvement, quoiqu'il doive d'ailleurs son origine à des os.

b. Muscles des Doigts.

Les muscles des doigts sont, chez les oiseaux, plus divisés et mieux isolés que nous ne les avons vus jusqu'ici.

On peut les partager aussi en muscles longs , situés à l'avant-bras , et en muscles courts , qui se trouvent à la main.

a Muscles longs des Doigts.

1. Immédiatement au-dessous du premier radial externe , il se détache de l'épicondyle un muscle bien plus faible, pourvu d'un long tendon , qui se rend au premier et au deuxième doigt.

Arrivé au coçimencement du métacarpe, le tendon se divise en deux languettes : l'une ordinairement plus petite , constamment plus courte, pour le premier doigt , et l'autre tonjours plus longue et communément aussi plus large , qui se rend au deuxième doigt. Ces languettes s'insèrent à la face dorsale de l'extrémité supérieure de la première phalange ; la première un peu en dedans, la seconde un peu en dehors. Il s'ensuit que non-seulemenlle muscle

d'anatomie comparée. 69:

étend et élève les deux doigts, mais encore qu'il les rapproche aussi l'un de l'autre.

Ce muscle ne s'insère pas seulement au pouce, comme le préler d M. Tiedemann (1), mais en outre au deuxième doigt , par un tendon qui est même plus fort qu'au pouce ; il suffit, pour s'en convaincre , d'examiner la ;oom/<9. Voie, le grand duc y la cigogne, le hérwi , les pen^oquets , les plongeons, le guillemot , le macareux elle cormoran. On a d'autant plus lieu de s'étonner de celte assertion de M. Tiedemann, que M Cuvier(2) avait déjà indiqué-, d'après Yicq d'Azjr, la véritable disposition. Le muscle dont il vient à^è\.Tetrdi\\.êe?>\.Y extenseuràupouceeiàeV index.

Le tendon de l'index contient, en outre , dans sa moitié supérieure, chez le grand duc et les poules j un os alongé qui manque au tendon du pouce.

Il est communément plus large que le tendon du pouce, exceptélorsque ce doigt est plus développé, cas dans lequel il est plus étroit, comme par exemple, dans le macareux e\ le guillemol.

2. L'extenseur propre du deuxième doigt prend origine : 1° à. la face du radius tournée en arrière , dans la partie la plus considérable de la portion supérieure de cette face ; 2° à la région supérieure de la face antérieure du cubitus..

(l) LOC. cit., p. 321.

(a) Levons, l, 826.

70 TRAITÉ GÉKÉUAL

A la face dorsale tle la main , une lête plus petite et plus profonde , venant de l'extrémité inférieure du radius, envoie un tendon long et mince au tendon de l'extenseur propre du deuxième doig-t ; ce tendon s'insère au bord radial de la base des première et deuxième phalanges de ce doigt , qu'il étend et tire en même temps vers le premier doigt.

. Je n'ai jamais vu cette petite tète former un muscle propre , ayant son insertion à lui , bien que son tendon soit toujours séparé de celui de la grande tête , dans une étendue assez considérable.

Dans le cormoran , je l'ai vu se bifurquer et s'attacher, par un tendon plus délié, au milieu de la branche radiale de l'os métacarpien^ tandis que le tendon plus grand se perdait, comme de coutume, dans le tendon principal.

Chez le pingouin, les deux extenseurs sont représentés par deux tendons , dont le plus long naît , en bas , de la face externe de l'humérus , et s'attache à la base delà première phalange du premier doigt , qui est, à proprement parler , le deuxième des autres oiseaux ; le second tendon, qui vient du radius, se rend aux deux premières phalanges. Ils s'unissent tous deux au métacarpe par un tendon intermédiaire.

Vaulruche ne possède également qu'un long extenseur, qui correspond peut-être uniquement au deuxième, par hi raison qu'il se rend

d'awatomie comparé 15. 71

seulement à L'index , et qu'il existe , à l'avanthras , un muscle qui représente vraisemblablement le premier extenseur (1). Néanmoins la structure complexe de ce muscle pourrait aussi le faire prendre pour le représentant des deux extenseurs.

Il se détache , par une longue tête, de la moitié supérieure du bord postérieur du radius et du tiers mojen du bord antérieur du cubitus ; il provient, en outre, de toute la branche radiale de l'os métacarpien , et enfin de toute la branche cubitale du même os ; il se rend aux deuxième et troisième phalanges du deuxième doigt.

3'. 4« Les oiseaux possèdent deux longs Jléehisseurs.

Le long fléchisseur superficiel, plus faible, naît d'ordinaire principalement de la face interne d'une forte aponévrose , qui descend le long du cubitus au carpe et au métacarpe, et de t'épitrochlée, par l'intermédiaire de cette aponévrose. Après cela, il se rend par un long tendon, conslamment au bord radial de la racine de la deuxième phalange.

Je trouve ce muscle aussi simplement dis posé , très petit et mince, dans Voie y le cor- Tiioran , le macareux et le guillemot ; il est vraisemblable qu'il est tel en général chez les

(1) P'oytz plus haut, pag. Sg.

72 TRAITÉ GÉHÉRAL

palmipèdes , dont l'aponévrose anti-brachiale est très forte et s'insère en bas , par plusieurs prolongements^ à l'extrémité inférieure du radius , à l'os pisiforme et au bord cubital de la branche cubitale du métacaVpien. Cette aponévrose envoie également , chez ces oiseaux , une petite languette à la base de la première phalange du pouce , tandis que le fléchisseur superficiel se rend tout uniment au deuxième doigt.

Dans le pétrel, il me fut impossible de trouver une trace de ce muscle ; la forte aponévrose d.e l'avant-bras s'insère , en majeure partie , à l'os pisiforme, et envoie aussi une languette au deuxième doigt.

J'ai vu , au contraire , dans la poule , un court tendon, jîropre, naître du grand tendon de ce muscle, et se rendre au pouce.

Chez la poule , le muscle naît encore en entier de l'aponévrose, qui est chez elle fort mince.

^dimle grand duc, lemuscle est plus fort et entièrement séparé de l'aponévrose ^ mais il ne sç rend pas au pouce. Je trouve la même disposilion chez les pics et les perroquets.

La donnée de M. Tiedemann , admettant que ce muscle fournit toujours au pouce , est par conséquent trop générale , aussi-bien que celle qui établit qu'il vient de l'épicondjle (i). • 4. Le fléchisseur profond , qui est plus volu-

(1) Loc. cit. , pa^,e 3'23.

d'anàtomie comparée. yù-

niineux, naît de la partie moyenne <lu côté interne du cubitus , et s'insère , par son tendon long- et fort , immédiatement à côté du précédent dont le tendon passe sous le sien , à l'extrémité postérieure de la seconde phalange , et plus Yers son côté interne.

Dans le inacareux , le guillemot, le cormoran, le pétrel , Voie , la poule , les pics , les penx)qiiets y et vraisemblablement dans tous les oiseaux grimpeurs , ce tendon est simple et appartient seulement au deuxième doigt.

Chez le grand du eau contraire, il se bifurque précisément, comme le fait celui du fléchisseur superficiel chez la poule , savoir , pour le pouce et l'index ; de sorte qu'il y a ici antagonisme sous ce rapport. Les oiseaux de proie diurnes ne m'offrent pas ce tendon du pouce.

Dansl'o/e^ les autres palmipèdes et le grand ducj je vois le muscle venir uniquement du cubitus; chez IdLpoule, au con traire , il naît aussi, par une petite tête, de l'épitrochlée, à côté du fléchisseur superficiel.

Chez V autruche, il n'y a qu'un seul long fléchisseur , qui est commun aux deux premiers doigts; il s'attache à tout le cubitus, reste charnu dans une grande étendue, se partage déjà à l'avant-bras , en deux tendons, dont l'un se rend à la j,>remière phalange du pouce, l'autre à toutes les phalanges du deuxième doigt.

Chez les manchots . il n'v a même qu'un seul tendon à la place des deux muscles; il s'isole, par deux têtes , séparées dans une longue étendue, du radius et du cubitus, et s'insère à la seconde phalange du premier doigt , qui est le deuxième des autres oiseaux.

b. Muscles courts des Doigts..

a. Le pouce des oiseaux a, pour le moins quatre muscles courts, qui tous proviennent de la région postérieure du métacarpien. Ils n'ont pas le même développement dans toutes les espèces.

Les plus petits me sont offerts par les oiseaux grimpeurs, les gallinacés, les oiseaux d'eau et de ^iVâ!^<? y les plus grands se rencontrentchez Vautruche et \esoiseaux de proie diurnes j ceux des oiseaux de pj^oie nocturnes sont intermédiaires.

1. A la face dorsale , un extenseur, très fort, arrondi et alongé , s^étend de l'apophyse du pouce que présente le métacarpien , au bord radial des phalanges du pouce.

Dans plusieurs oiseaux^ particulièrement les oiseaux de proie, les palmipèdes et \e?< gallinacés , \\ ne s'étend pas au-delà de la base de la première phalange. Cliez d'autres, notamment Vautruche, son long tendon se continue jusqu'à la deuxième phalange.

d'akatomie comparée. 70

2. Il existe , dans Voie , un deuxième extenseur , qui naît en bas , plus loin vers le bord cubital de l'os, tout à côté du précédent, et qui s'insère, par un tendon mince et long-, à peu près au n)ilieu du bord cubital de la première pbalange.

Je ne trouve pas, au contraire, ce second extenseur chez le cjgne domestique , ni dans le canard musqué (anas moschata) ; je n'ai pas pu le découvrir davantage dans les autres ordres.

3. Illuisuccède versle bordradialetla paume de la main , un autre muscle qui , après s'être isolé , en partie de l'extrémité inférieure du tendon du premier radial, en partie de l'apophyse dite du pouce, va s'attacher , en dedans du muscle précédent, àla partie postérieure du bord radial du pouce et à l'extrémité supérieure de sa face palmaire ; il tire le pouce en avant, et un peu vers le deuxième doigt.

4. Plus loin, dans la paume de la main, on voit se détacher de la base de\'os métacarpien , à côté de celle de l'apophyse du pouce , un petit muscle qui s'insère en arrière , au côté interne de la base de la première phalange ; il fléchit le pouce et en opère l'adduction.

Ce muscle est très long chez V autruche. Dans le grand duc, il manque tout-à-fait , et

7^ TRAIli GÉHÉRAL

est remplacé évidemment par le tendon du longfléchisseur profond et commun (i).

Immédiatement en arrière de lui, il j a un muscle plus grand ^ qui provient, en avant, du bord radial de la branche radiale du métacarpien , et va au bord palmaire (de flexion) de la première phalange du pouce, qu'il tire fortement vers le métacarpe ; c'est le court adducteur du pouce.

Dans V autruche y ce muscle naît du second quart de la branche radiale , et se rend , toutà-fait en bas , à la face palmaire de la première phalange.

Dans le grand duc, il s'insère fort loin vers le sommet de la phalange du pouee.

Les deux derniers muscles se confondent souvent , notamment chez les oiseaux de proie et les gallinacés j mais, dans Vaut/'uche, ils sont largement séparés.

b. Le deuxième doigt reçoit trois muscles courts; deux sont des extenseurs , dont l'un est en même temps adducteur, et le second abducteur; le troisième est seulement abducteur.

(i) Fqyez plus haut , pag- 7a , 78 .

d'anatomie compauée. 77

Les deux premiers viennent d'une étendue plus ou moins grande de l'ouverture qui existe dans l'os métacarpien ; mais , dans tous les cas , ils naissent du bord postérieur de cette ouverture.

6. L'extenseur et abducteur interne est situé à la face dorsale , et se porte par-dessus la première phalange en dedans, où il s'attache au commencement du côté radial de la deuxième phalang'e.

7. L'extenseur et abducteur externe est situé à la face palmaire , et se rend , en face du précédent, au côté cubital de la même phalange.

Chez le pingouin , ces muscles sont faibles , mais charnus.

Quoique ces muscles se rendent à la seconde phalange, et qu'il existe en outre, pour le moins , encore un autre adducteur de la première phalange , je les considère néanmoins comme analogues aux muscles in ter-osseux.

8. L'adducteur du deuxième doigt s'étend du bord radial de la branche radiale du métacarpien à la base de la première phalange ; il tire le second doigt vers le premier.

Ce muscle manque aux pingouins.

c. 9. Le petit doigt reçoit un abducteur qui

yo TRAETÉ (JÉMÉP.AL

est mince et qui va du bord interne de la brandie cubitale du métacarpien à la base de la première phalange de ce doigt.

Dans les manchots, ce muscle est charnu et assez fort ; disposition qui s'accorde avec la présence du fort abducteur inférieur de la main , avec le développement de l'extenseur de l'avant-bras , et Fabsence de la plupart des fléchisseurs de celte portion du membre.

10. Chez le grand duc y il existe, sous le précédent muscle, un deuxième abducteur du troisième doigt, qui est beaucoup plus petit, et qui, du sommet de la branche cubitale, se rend à la base de la phalange.

Dans les gallinacés , lès palmipèdes ^ les autruches, les oiseaux de rivage et- les grimpeurs, les quatre muscles décrits en dernier lieu, sont, pour la plupart , charnus dans une grande étendue ; les deux premiers sont larges et plats, et naissent de tout le pourtour de l'ouverture de l'os métacarpien. Dans les oiseaux de proie nocturnes ^ ils sont , au contraire , courts , épais et tendineux dans une longue élendue ; l'origine des deux premiers est seulement fixée à l'extrémité postérieure de l'ouverture qui existe dans l'os métacarpien.

d'anatomih comparée.

B, Muscles des Membres postérieurs, a. Muscles de Ja Cuisse.

La cuisse des oiseaux est élevée par trois muscles.

1° Le pins supérieur et le plus superficiel de ces élévateurs vient du haut de Ja face externe de l'os iléon; c'est un fort muscle, ayant la forme d'un carré long-, qui descend en ligne assez directe et s'attache à la région postérieure du trochanter.

Son action est de tirer la cuisse principalement en avant et un peu en dehors.

L'origine de ce muscle et ses rapports avec les autres élévateurs et abducteurs , qui sont absolument les mêmes que dans les mamjnifères, m'engagent à le considérer comme l'analogue du Jessier mojen de ces animaux.

Le grand fessier existe aussi dans les oiseaux, et recouvre le moyen, mais il s'y insère au péroné, os qu'il atteint d'ailleurs également , dans les mammifères , par l'intermédiaire du fascia crural.

Je ne décrirai, à cause de ce rapport le muscle grand fessier qu'avec les muscles de la jambe.

Le moyen fessier est à son niaximum de dé-

8o TBÀITÈ GÉNÉRAL

veloppement dans les oiseaux palmipèdes , particulièrement chez le pingouin et les plongeons, dans les gallinacés et les oiseaux de proie; il est à son minimum dans l'autruche ^ où il se montre plus large que chez les autres, et formé de fibres transversales dans sa partie inférieure.

Il est un peu plus grand dans Voutarde et le héron.

2° Au-devant de ce muscle, on en voit un autre bien plus petit , s'étendre du bord anlérieur de l'os iléon au trochanter, où il s'attache en avant du précédent, qui le recouvre un peu et principalement en haut. 11 a la forme d'un carré long ; sa fonction est d'élever la cuisse et de lui imprimer un léger mouvement de rotation en dehors. Il est le petit fessier ou fessier antérieur mammifères.

Ce muscle manque à plusieurs palmipèdes , particulièrement aux manchots et Siux. grèbes , ou du moins il est difficile à séparer du muscle précédent. C'est dans les oiseaux de proie qu'il présente le plus grand développement.

3. Un troisième muscle bien plus petit et plus alongé, est situé sous le deuxième ; il natt un peu au-dessous du milieu du bord externe de l'iléon , et s'attache un peu plus en avant , à la face interne du fémur, sur un point qui correspond au petit trochanter. Le court extenseur de la jambe le sépare entièrement des deux premiers.

d'anatomie compakke. 8i

Ce muscle élève la cuisse et la tire un peu en (dedans. Eu égard à son trajet et à sa fonction, je le regarde comme le muscle iliaque.

Le muscle iliaque manquerait aux oiseaux , d'après M. Cuvier , et celui qui vient d'être décrit serait le petit fessier; mais cette opinion a contre elle : lo l'insertion de ce muscle, et 20 la présence d'un vérjfable petit fessier.

Quant au psoas,^\ manque réellement à cette classe d'animaux ; on ne peut donc pas considérer le muscle en question commele pectinéel le psoas réunis, conformément à l'opinion erronée de M. Tiedemann , qui les fait naître, à tort, de l'os du pubis.

Le muscle que nous venons de décrire existe chez \es gallinacés , V autruche ^ les oiseaux de proie diurnes, les grimpeurs, et parmi les palmipèdes j chez Voie y le guillemot et le macareux.

Il est surtout fort et plus développé que de coutume dans Vautruche.

Il est plus faible dans les grimpeurs.

C'est dans les oiseaux de proie qu'il m'a paru être le plus petit.

Malgré les recherches les plus minutieuses, je n'ai pas pu le découvrir dans les oiseaux de proie nocturnes, ni dans le manchot et le cormoran j mais il est possible que , dans les individus que j'ai disséqués , le muscle en question, qui est très petit, ait été, à cause de sa proximité des viscères abdominaux , décomposé par la putréfaction , vi. 6

bien que les autres muscles fussent en bon élat.

11 ny a pour la cuisse qu'un seul abdiicfru?vropre.

[\. Ce muscle naît, sous le mojen fessier, d'une crête qui est une conlinuation du bord postérieur dellléon, et qui^partage la face externe de cet os en une moitié supérieure et une antérieure. 11 est très petit , triangulaire OU' carré long , et se porte en ligne assez droite en dehors, à l'extrémité postérieure et à la face externe du trochanter.

Il tire la cuisse en dehors.

M. Tiedemann prend ce muscle pour le pyramidal de la cuisse; mais quoique la position, e trajet et l'origine de ce muscle militent pour cette opinion , elle à contre elle le défaijt d'insertion de ce muscle au sacrum ou aux vertèbres coccygiennes , taudis qu'il existe un autre organe musculaire qui offre ces conditions.

Je crois devoir le regarder comme le muscle jumeau supérieur , qui , sans cela^ manquer.ùt.

Ce muscle ne se rencontre pas dans tous les oiseaux ; les grèbes, par exempl*»^ en sont dépourvus.

Parlons maintenant des^Z'/'/mewr^ de la cuisse. 6. Le plus supeiUciel est un uiuscle long et

u'anatomie Compahre. 8.>

ibrt alongé, qui venanlorc!inaire:mentdes épines •antérieures des dernières vertèbres coccy i^'-ien nés, monte obliquement d'arrière en avant , au fémur et s'insère à la région postérieure et inférieure de cet os.

Quand ce muscle abaisse la cuisse, il tire aussi la queue en avant; ce qui s'explique facilement par la mobilité de cette partie.

Cette disposition est la plus simple; elle est offerte par les oiseaux de proie , les perroquets -, les pics, vraisemblablement par les grimpeurs , en général, et, parmi les palmipèdes, par les macareux. Les grèbes ont, au contraire, un muscle, très alongé et étroit, qui s'étend, do milieu environ de l'os iléon, fort baut au fémur.

Ijes gallinacés , \es autruches , et , parmi les palmipèdes , le manchot, le guillemot , Voie et le * canard, présentent les deux dispositions réunies. En effet, la moitié antérieure de la face externe de l'iléon donne naissance â un chef quadrilatère, plus court, mais plus large, qui ne s'unit au précédentmusclequ'an voisinagedu fémur , sur lequel il s'insère en arrière de lui.

Quelques oiseaux, par exemple le cormoran , forment le |3assage entre ces deux conformations.. Le ventre antérieur s'y rencontre, mais il consiste tout simplement en une forte expansion aponévrotique, étroitement unie au muscle sous-jacent , qui sera décrit plus loin.

Dans les gallinacés j le long ventre postérieue

84 TU a ITÉ GÉNÉRAL

est assez faible; il est beaucoup plus fort dans les oiseaux de proie , les perroquets , Vautrucf.cj il a surtout une longueur énorme chez le pingouin, dont la queue est très longue.

Dans Voutaj'de et le héron , il est fort court et naît de l'ischion.

OaezV autruche , le ventre antérieur est aloniré et proportionnellement petit. Le postérieur est très fort, peu long et interrompu à son milieu par un tendon.

Communément ce muscle s'insère assez haut au fémur; dans les manchots , il' va seulement à l'extrémité inférieure de cet os. Dans Voie et V autruche , il s'attache à son milieu .

Ce muscle me paraît être le pyramidal de la cuisse, et voici pourquoi : lo il naît de l'iléon et du coccyx ; 2° le muscle que M. Tiedemann qualifie de pyramidal me paraît devoir être regardé, avec plus de raison , comme muscle jumeau; 3° si ce n'était pas le pyramidal, ce serait un muscle tout particulier, et 4° enfin l'analogie avec les reptiles milite pour mon opinion.

6. Plus profondément est situé un muscle carré long ou triangulaire , plus gj^and et plus épais que le précédent, par lequel il est recouvert en tout ou en partie, en tout lorsque son chef quadrilatère existe. Ce muscle prend son ori'nne à la face externe de l'isciiion , se porte en haut au fémur et s'insère conslamnienl en

d'anatomie comparée. 85

arrière du dernier , à la face inférieure de cet os, qu'il tire avec force en bas et un peu en dehors.

Vicq d'Azyr et M. Cuvierle regardefit comme le muscle carré de la cuisse, et M. Tiedemann comme V obturateur externe. Il représente peutêtre ces deux muscles réunis, ou plutôt la première manière de voir est plus exacte , parce que le muscle concorde davantage , par son £)rigine avec le carré de la cuisse , et que le trou dit obturateur est extrêmement réduit dans les oiseaux.

Ce muscle est communément fort et large en proportion, quoiqu'il ait un peu plus de lonr gueur que de largeur.

Dans V autruche, il ne me paraît pas être isolé et se confondre avec le muscle obturateur interne.

7. \J autruche offre, en outre, au-devant du pyramidal de la cuisse, un petit muscle alongé qui s'étend, de la face postérieure du ligament ischio-iliaque , en arrière , à l'extrémité inférieure du fémur.

La cuisse des oiseaux a fort généralement ses trois adducteurs , dont les deux premiers ont à peu près un volume et une (orme semblables , et

sont appliqués si étroitement l'un surFautre, qu'il est facile de les prendre pour un milscle unique. Ces deux muscles sont triano-ulaires , le plus souvent plats et tort. larges.

8. L'abducteur inférieur, externe et postérieur, se dirige immédiatement au-devant du deuxième et profond abaisseur; né du milieu environ de la face externe et du bord antérieur de l'os ischio-pubien , il va s'insérera une partie considérable de la moitié inférieure" du fémur.

U est, en effet, plutôt abaisseur qu'abducteur.

g. Ert dedans de ce muscle et un peu plus haut que lui, est situé le second adducteur, plus étroit et plus long; il vient du bord antérieur du pubis , et s'^att^iche aussi à la partie inférieurre du fémnr , jusqu'à son extrémitî.

Il abaisse également cet os, mais il le tire plus en dedans que ne fa;it le précédent.

Dans les gallinacés et les oiseaux de proie y ces nfïuscles occupent tout le fémur, à l'exception dè son qtiart supérieur; ils descendent jusqu'à son condjle inlerjie.

Dans Vaiiiruche, ils sont très longs tous les deux, épais et plus arrondis; ils ne s'insèrent que bien bas au fémur, qu'ils tirent avec d'autant plus de force en l>as et ën dedans. • Cbez le jjiTigouin, ils sont forts et épais , mais ils ne vont qu'autiers inléricurdu fémur. Arrivé en cet éiulroit, l'adducteur externe s'attache,

d'anatomie comparée. 87

par son extrémité inférieure^ Tort haut à la longue léte de l'extenseur du pied , de la même manière que, dans d'autres oiseaux , le fléchisseur du tibia s'unit à ces muscles.

10. Un troisième adducteur-, considérable, prend naissance, en regard du muscle décrit sous le n^^ 6, à la face interne de l'os ischiopubien ; il se dirige d'arrière en avant , et envoie un tendon fort et alongé qui passe par la petite ouverture, quiest située en avant, entre le pubis, l'ischion et l'iléon. En cet endroit, un muscle venant de la face externe, s'unit en avant à son tendon et s'attache conjointement avec lui au commencement de la face postérieure du fémur.

Ce muscle est évidemment un adducteur; on pourrait le prebdre pour le pectine , en s'appujant de son insertion,, de son action et de son analogie avec le pectiné des reptiles , et principalement des sauriens.

M. Cuvier le regarde conmie V obturateur interne des mammijeres. Ce muscle concorde , il est vrai , beaucoup avec celui cpje nous venons de nommer, par son insertion et sa position dans le bassin, quoique son action et la direction de son tendon ne militent pas pour cetle opinion.

Il est peut-cire l'un et l'autre, et représente surtout la petite tète ou tête externe du muscle pectiné.

A coup sûr ce n'est pas V iliaque interne j comme le veut M. Tiedemann; en elFet, il n'a

absolument rien de commun avec ce muscle, qui dn reste existe; aussi n'est-il pas rotateur en dehors comme le prétend cet anatomiste..

Ge muscle est surtout extraordinairement long- et épais chez V autruche. Il j naît des faces interne et externe du pourtour du trou dit obturateur, qui est fort étendu dans cet oiseau, et se porte , à la face externe du bassin , jusqu'auprès de la symphyse du pubis, à l'endroit où cet os se recourbe en avant , en forme de bec.

Comme ce muscle naît ici* également de la face externe des os , je serais tenté de croire qu'il constitue à la fois l'obturateur externe et l'inlerne; ce qui viendrait à l'appui de l'opinion émise ci-dessus , que le deuxième abaisseur n'est pas Vobturateur externe , létiis bien le can^ de la cuisse.

,b. Muscles fie. la JamlDC.

Les muscles de la jambe sont moins nombreux dans les oiseaux que dans les reptiles , du moins les sauriens j la raison en est que plusieurs muscles qui sont séparés dans les reptiles, se trouvent réunis ensemble dans les oiseaux.

1 . Le rotateur en dehors et Jléchisseur externe, que nous avons signalé dans les reptiles, se trouve aussi chez les oiseaux j dans plusieurs familles , parliculièremenl les oiseaux de proie , les palmipèdes et les brévipennes , il naît , par

d'anatomie compaujéil. 8g

une aponévrose mince , large el assez longue, des épines du sacrum ; dans les gallinacés , au contraire , il vient seulement du hovà postérieur de l'iléon. Après un court trajet^ il s'unit àl'exlenseur profond de la jambe , et s'insère, un peu en dehors , fort haut au péroné.

Il est toujours triangulaire et apoinli du tronc vers la jambe ; alongé dans les échassiers , il est plus large dans les oiseaux de proie j et plus encore dans les gallinacés. Sa largeur est énorme, dans V autruche et les plongeons, puisqu'elle égale presque sa longueur. Chez les derniers et les ^«//m«ce.y , il peut être divisé en deux moitiés : l'une supérieure, petite , l'autre inférieure, beaucoup plus grande , et charnue dans une étendue plus considérable. Dans Vautniche j sa moitié externe se divise , un peu diflPéremment, en deux portions : une inférieure, superficielle et plus étroite , et une supérieure , profonde , beaucoup plus grande , qui est , en partie, recouverte par la précédente.

La partie antérieure de ce muscle représente, sans contredit, le tenseur de V aponévrose crurale ; sa partie postérieure constitue le grand fessier.

Il correspond à ceux des muscles des sauriens , qui ont été décrits sous les n° i et i 2 (1) , dont le premier est inconlestablement le ten-

(1) Fqytz vol. V. , pajj. 428 et 434.

9^ THAITÉ GÉNÉRAL

sew de l'aponévrose crurale , et le second le grand fess/er.

2. Sous le précédent , el en partie derrière lui, un muscle semblable se détache de la partie inférieure du bord postérieur de l'iléon ; il se dirige, derrière le fémur, à la région supérieure du péroné.

Le tendon au moyen duo]uel il s'attache au péroné, est consolidé par une forte anse tendineuse, qui vient du côté posténeur du condjle externe du féiîiur , et qui est confondue en bas avec la lon^tie lêle ou tête externe de l'extenseur du pied. C'est le vérilahle fléchisseur ejoterne de la jambe, ou Jléchisseur péwnéal.

Il est along-é dans les gallinacés el les oiseaux de pjx)ie j chez d'autres, particulièrement le pingouin et les autruches, il est fort haut : sa hauteur égale même sa longueur. L'anse tendineuse sous laquelle il passe est, chez les derniers, courte et large. On voit de plus, se détacher de l'extrémité antérieure du bord inférieur du muscle, du moins da.ns V autruche à ^eux doigts, un faisceau musculaire considérable, qui s'unit , en arrière, avec le tendon de l'extenseur du pied, de manière que le fléchisseur qui nous occupe tire en même temps le pied en arrière et en haut.

Le fléchisseur externe de la jambe s'insère, dan^s les échassiers et V autruche , au commencement du second dixième du péroné ; dans les oiseaux de proie , à peu près au commun-

d'^anatomie compakke. 91

eeni( Ml tlu second sixième ; dans les oiseaux ^/V^z^ en général, à l'origine du deuxième quart; dans le pingouin, à quekpe dislance au-dessus du milieu de l'os ; dans le guillemoL et lé macareux, au commencement du deuxième tiers ; enfin , chez les gallinacés et les grimpeurs , à celui du second cinquième.

Son tendon inférieur est sm^oul très long, larg'e et fort dans les oiseaux d'eau.

C'est aussidans ces oiseaux quel'anse fibreuse, qui relient le tendon , a le plus de longueur.

3. Un second fléchisseur , beaucoup plus long, qui correspond 3.\x fléchisseur tibial d'autres animaux, a souvent deux têtes. L'inférieure et postérieure, qui est bien plus longue et plus forte que l'autre , vient de l'extrémité postérieure de l'ischion et des apophyses Iransverses des vertèbres coccygiennes antérieures; elle se porte en avant et en haut. La tête antérieure, qui est quadrilatère^ beaucoup plus courte et plus mince , mais plus large , s'isole du côté postérieur de la partie ii»férieure du fémur. Ces deux têtes se réunisseiïE à peu de dislance du fénmr et dé l'os de la jambe ; il j a un tendon transversal à (eur point de jonction.

Ce muscle s'insère principalement, ou exclusivement à l'origine du tendon de l'extenseur du pied, avec lequel il se confond; lorsqu'il fléchit la jambe, il tire en mcnie temps le pied en arrière.

92 THAITÉ GÉNÉRAL

Je ne trouve pas ce muscle cliez les oiseuux de proie.

Ce muscle est , pour M. Tiedemann , le deuxième et le troisième fléchisseur de la jambe, muscles qu'il compare à la courte téte du biceps crural et au demi-membraneux de l'homme; il en décrit minutieusement les insertions au péroné et au tibia. J'avoue que, hormis quelques exceptions rares, je n'ai jamais trouvé d'autres dispositions que celles que je viens d'indiquer ; il me semble, par conséquent, que : i" la séparation de ces deux muscles l'un de l'autre , et 2° leur attache aux os de la jambe , sont des données inexactes pour la généralité des cas.

Si j'en crois mes recherches, ce n'est que dans des oiseaux d'eau , particulièrement dans le manchot, \e guillemot , \e macareux et Voie, ainsi que dans Vautruche , que la longue têtedu muscle qui nous occupe, s'attache sans s'unir à l'extenseur du pied, au tibia, à coté et en dehorsdu muscle suivant, auquel elle s'unit étroitement, même dans ces oiseaux. Du moins dans les oiseaux de rivage, les gallinacés , et les grimpeurs, elle se rend tout uniment à l'extenseur du pied.

Du reste , la courte tête manque aux oiseaux d'eau, conmie tout le muscle manque aux oiseaux rapaces. Il s'ensuit que, dans une série établie sur le développement progressif de ce

d'anatomiI': comparée c]5

muscle, les oiseaux de proie, qui en soil dépourvus, occuperaient la première place; viendraient ensuite les palmipèdes, puis les aulre's ordres. Je trouve, du moins, les deux têtes du muscle chez les échassiers, les gallinacés , V autruche , V outarde et les grimpeurs.

Il résulte de ce qui vient d'être exposé , que la longue tête est plus consante que la courte ; la première , en effet , existe quelquefois sans la seconde, tandis que celle-ci ne se trouve jamais sans la première.

4.. En dedans du précédent , on rencontre, dans plusieurs oiseaux , un muscle bien plus petit , plus mince et fort alongé , qui est situé derrière et sous l'adducteur de la cuisse ; il s'étend, de l'extrémité supérieure du pubis ou de l'ischion , à l'extrémité supérieure du tibia , au côté interne duquel il s'attache par un tendon court et large. Dans plusieurs oiseaux et surtout dans les gallinacés , ce muscle se continue aussi au moyen d'un tendon inférieur^ avec la tête tibiale de l'extenseur du pied. Il fléchit la jambe, mais en la tirant surtout en dedans.

Ce muscle est l'antagoniste du précédent, dont il se détache, en effet , insensiblement. Il offre plusieurs variétés dignes de remarque.

Dans les oiseaux de proie ^ qui n'ont pas le muscle précédent, il est très fort et vient de l'extrémité supérieure du pubis.

Dans V outarde y il est à son origine, entiè-

94 TU Ain; GlîNtRAL

renient confondu avec la loni^ne tête du dornier , ne s attache pas plus que lui à l'os d« La jambe , niais il s'insère en dedans de lui , au tendon de l'extenseur du pied. Il est, chez cet oiseau, appliqué si élroilenient dans toute sa longueur contre le muscle précédent , qu'il peut racilemerit rester inaperçu.

Dans les gallinacés j il naît séparément et fort loin du précédent ; mais tous deux sont unis néanmoins par une tête alongée qui se détache de la face interne du dernier. Il est ici égale ment très étroit et plus long-, mais non plus épais que la tête mentionnée , qui se joint à lui vers le commencenjenl de son tendon inférieur.

Ces muscles sont entièrement séparés, sans tête intermédiaire ^ à.d.ns \e héron , V autruche y le manchot , Voie et le perroquet. '

Chez V autj'uche,\es tendonsdes deux muscles s'unissent entre eux avant de s'insérer au tibia.

Il y a , en outre , des différences qui se rapportent au volume de ce muscle. Dans le héron , il est deux fois aussi fort que le précédent, et il s'insère au tibia, comme de coutume. Dans V autruche, il est un peu plus petit que son antagoniste: dans le manchot, et surtout dans Voie y ihest bien plus petit que lui. Chez'lc héron, V autruche, l'o/e et le perroquet, il prend naissance à l'ischion ; dans le maJichoL et les oiseaux de proie , il vient du pubis.

C'est au reste le muscle que M. Tiedemann

d'anatomie comparée. 96

ilécrit comme le quatrième fléchisseur de la jambe. ^

5. La partie supérieure du pubis donne naissance à un muscle grêle . qui descend le long" du côlé inlerne de Ja cuisse , et qui, vers l'extrémité inférieure de celle-ci, se continue avec un tendon long- et étroit; ce tendon passe audevant de la face antérieure de l'articulation du genou, et se porte, au-devant du tendon de l'extenseur de la jambe , à la région externe de cette portion du membre , d'où il se dirige en dedans, au-devant du tendon du fléchisseur péronéal, pour s'unir en haut et en avant, à la tête externe du fléchisseur perforé des orteils.

Ce muscle correspond évidemment, sous tous les rapports , à celui que nous avons décrit chez le crocodile, sous le no 8; il est extrêmement vraisemblable qu'ils représentent \emuscle droit de la cuisse des mammiières.

Uestà remarquer que l'extenseur de la jambe des batraciens se continue, au moyen d'une large aponévrose , par-dessus toute la lace antérieure de la jambe, jusqu'à la lace dorsale du pied.

Chez les autruches , il dilïere de la conformation qu'il présente dans les autres cfiseaux, par une épaisseur considérable^ par la forme cylindrique de son ventre qui est court en proportion , et par la brièveté frappante de son tendon. Mais ce qu'il y offre de re-

marquable surtout, c'est que son orig^iiie est bien plus élevée ; et cette insertion est si haute, qu'elle est presque au niveau de celle du couturier , puisqu'il se détache de l'iléon , immédiatement au-dessous et en dedans de ce muscle.

Le muscle qui nous occupe existe très g-énéralement dans la classe des oiseaux; cependant je ne l'ai pas trouvé dans le grèbe huppé ^ le guillemot, le macareux et le cormoran. Cette remarque est d'autant plus curieuse, que son action sur la flexion des orteils n'est pas nécessaire dans ces oiseaux.

Du reste , cette absence n'est pas particulière diUii palmipèdes , puisque le muscle existe chez d'autres , tels que le canard. Voie et le majichot, où il s'unit au fléchisseur des orteils de la manière accoutumée.

6. Un autre muscle , faiblé et mince , s'étend du bord interne du lëmur, à la partie interne du bord supérieur du tibia. Il tire la jambe en dedans, la met en extension, et me semble devoir être regardé comme le droit interne de la cuisse, ou grêle de la cuisse des mammifères, dont le point d'origine serait descendu plus bas. Cette manière de voir est surtout confirmée par la conformation de Vautruche : dans cet oiseau, il est très fortement développé^et l'on voit venir, en outre, fort haut du pubis, un ventre épais et arrondi, qui s'unit à lui, et qui s]in-

, D%ANAlOMie COMPARÉE. 97

sère, par un tendon commun, à la parlie la plus supérieure du côté interne du tibia.

On voit , par conséquent, réunies ici la conformation du mammilére et celle de l'oiseau.

Dans le grèbe et le plongeon , il se rend seulement à la base delà forte apophyse du tibia.

M. Tiedemann désigne ce muscle, par le nom ded/vit interne de la cuisse {i) , et le distingue du grêle de la cuisse (2) , qu'il décrit comme un muscle propre.

Cette distinction ne me semble pas heurejîse, puisqu'on se sert indifféremment de l'une et de l'autre appellation^ pour désigner un seul et même muscle chez les mammifères.

La meilleure détermination pour ce muscle est, sans contredit, celle de droit interne, ou grêle de la cuisse , et pour le muscle précédemment décrit (3 j , celle de droit antérieur de la cuisse.

7. On trouve ensuite, en dehors et en avant des derniers , un muscle bien plus fort , entièrement séparé du précédent , qui s'étend, des faces interne, antérieure et externe du fémur, à la rotule, puis se dirige en avant, sous la forme d'un tendon large et court, au milieu de la base du tibia. C'est V extenseur de la jambe, qui

(1) Loc. cit., p. 333.

(2) Loc. cit., p. 332.

(3) Page 95.

98 TUAITÉ GÉNÉRAL #

est fort surtout dsins V autiuche , où il est, en outre, divisé plus distinctement que dans la plupart des antres oiseaux, en une téte externe et une inlerne.

Dans le plongeon et le grèbe, l'extenseur de la jambe s'attache seulement à la face postérieure de la rotule qui y est fortement prolongée.

8. Il se détache^ fort haut, de l'extrémité antérieure de l'iléon , immédiatement au-dessus de celui que nous avons décrit d'abord, un muscle considérable , ayant la forme d'un triangle along-é ; ce muscle se dirige de bas en haut et de dehors en dedans ; il s'insère , conjointement avec l'extenseur de la jambe, en dedans , à l'extrémité supérieure du tibia , qu'il étend, et conséqueminentla jambe, qu'il tire aussi un peu en dedans. Il représente incontestablement l'e/emteur externe deis reptiles, et le couturier des mammifères.

Il est étroit dans les oiseaux de proie , plus large dans les gallinacés , plus large encore et fort haut chez le pingouin.

Chez V autruche , je le trouve fort épais , et proportionnellement peu élevé.

Dans le grèbe, il va seulement à la moitié supérieure de l'apophyse supérieure du tibia , sans atteindre la rotule.

Q. he muscle poplilé -p-draît exister généralenient dans les oiseaux j mais il n'y est pas aussi développé que dans les reptiles. Il y semble éga-

d'aNaTOMIU GOjVrPAUÉE.

Seniciit ne s'étendre que du péroné au tibia. Il *îsl toujours situé fort haut, et se dirige tout-àlait transversalement. Il est surtout petit dans ï'autrucJie , les gallinacés et le pingouin.

Dans la cigogne ^ j'ai trouvé deux poplités distincts ; ou du moins ce muscle était-il formé de dieux couches, dont la superficielle étnit oblique , et la profonde transversale.

Muscles di:

Les muscles du pied des oiseaux présentent , avec les mêmes parties des reptiles, des ressemblances essentielles. Ils se divisent aussi en musclesdu tarse , en muscles dumétatarse^ eten muscles des orteils; les derniers se subdivisent en iongs et courts. Les muscles du pied des oiseaux diffèrent principalement de ceux qui existent , dans la même région , chez les reptiles et les mammifères, en ce sens que leurs points d'origine et leurs ventres charnus ne se trouvent pas au pied même, mais plus haut, à la jambe et même à la cuisse. La longueur ordinairement très grande du tarse et du métatarse, fait aussi que les muscles courts sont^ en général , d'une longueur proportionnelle plus grande que dans la plupart des autres animaux.

Les muscles du tarse , du métatarse, et particulièrement les muscles longs des orteils, of-

100 TRAITÉ GÉHÉRAL

Trent des clifTérences générales, relatives au rapport de la partie charnue avec la partie tendineuse.

Dans les oiseaux de proie , les grimpeurs et les palmipèdes , la partie charnue est proporlionnellemenL beaucoup plus longue que l'autre; les gallinacés et les chanteurs tiennent le milieu à cet égard ; dans les échassiers et les hrévipennes , au contraire, les tendons sont relativement très longs, et la partie charnue est courte et épaisse.

Il n'y a pas d'autres différences générales , qui soient dignes de remarque.

a. Muscles du Tarse et du Métatarse.

1. Il existe constamment à la face antérieure de la jambe, un fort élévateur interne du pied, savoir : le tibial antérieur. Il naît toujours, au moins dans la région supérieure de la face antérieure du tibia, est situé le plus en dedans à la face interne et supérieure de la jambe ; au bas de cette partie , son tendon passe sous une anse tendineuse, étendue du "bord externe au bord interne du tibia, et s'attache au côté antérieur de l'os tarso-métatarsien. Indépendamment de cette grande tète superficielle , il y en a communément une autre, plus petite et plus profonde, qui prend naissance , par un tendon

d'aNATOMJIî GOMPAriKU. 101

g^réle , en avant , au condyle externe du fémur.

Ce muscle s'insère communément fort haut à l'os tarso-mélatarsien , le plus souvent à une distance éga\& des bords interne et externe de l'os. C'est du moins ce que j'ai trouvé dans les gallinacés , Y autrucke, les oiseaux de proie et les palmipèdes.

Dans les perroquets , il se porte, au contraire, fortement en dedans, et s'insère au commencement du tiers moyen du bord interne ; il résulte de cette insertion qu'il ne se borne pas à élever le pied directement , comme chez les autres oiseaux, mais qu'il le tourne aussi en dedans; disposition extrêmement favorable à l'action de grimper.

Da.m le j7ianchot^ le tendon principal s'attache à l'os métatarsien , immédiatement au-dessus de l'extrémité inférieure de sa partie moyenne ; il envoie ên dedans une petite lang-uette au tendon interne.

Ces deux têtes du muscle tibial antérieur existent dans les oiseaux de proie , les grimpeurs, les gralles et Y autruche.

Parmi les oiseaux d'eau , le grèbe a plus de deux têtes à ce muscle ; une troisième vient de la rotule. Cette dernière est la plus grande; celle qui vient du tiers supérieur du tibia est la plus petite.

Dans les genres autruche , cigogne ^ héron et g/èbe , le muscle tibial antérieur se fixe forl

Ï02 TliAITÉ GÉNÉRAL

Ijau^à l'os tarso-métalarsien ; chez les oUeaujc de proie, il se termine à peu près au milieu de cet os; dans les manchots , son attache a lieu plu» bas , comme nous l'avons déjà dit.

Communément le tendon inférieur se monti e simple ; dans Vautruche et la cigogne il est , au contraire , divisé inférieuremen.t en deux courtes, mais fortes languettes latérales, qui prennent leur attache l'une à côté de l'antre; l'interne se fixe un pen plus bas que l'externe.

Dans les grimpeurs y les plongeons et les oiseaux de proie nocturnes , le tendon inférieur est simple , et n'envoie pas de prolongement ; dans d'autres, au contraire, principalement les oiseaux de proie diurnes , du moins dans les aigles , il se détache du bord antérieur de ce tendon, peu au devant de son extrémité inférieure , une forte languette qui se convertit en une aponévrose, laquelle tapisse l'd^ tarso-n)élatarsien et les orteils , à leur face dorsale.

L'anse tendineuse sous laquelle passe le tendon de ce muscle , est en général très forte, jirincipalement dans Yaulruche j elle est faible , au contraire, chez les perrotfuets.

2. Un élévateur externe du pied , beaucoup plus petit , le muscle péronier , s'étend, de la région inférieure du péroné et de la partie externe delà face antérieure du tibia, à l'os tarso-mélatarsien ; il s'insère ordinairement, en dehors et en" nrrirbe, à la base de cet os.

d'anatomib comparée. io5

Il ne se borne pas à élever le pied, mais il en tourne aussi la face dorsale en dedans et la palmaire en dehors.

Ce muscle est extraordinairement faible chez le manchot j cependant c'est dans cet oiseau que le tendon du muscle est situé le plus en arrière, mais le pied peut néanmoins être tourné dans la direction indiquée.

Son volume est, au contraire, très considérable chez \e perroquet s son insertion a lieu toulà-fait en haut à une forte saillie , située à l'extrémité supérieure du bord externe de l'os ; il s'ensuit qu'il tourne fortement lepieden dehors,

Ce muscle manque absolument aux autruçhes y aux hérons, aux cigognes ^ à V outarde , et très vraisemblablement aussi au Jlamingo. La bifurcation du tendon du tibial antérieur, chez y autruche et la cigogne , est peut-être un indice de ce muscle.

J'ai trouvé le muscle qui vient d'être décrit, chez le guillemot j mais il y est très petit; il l'est un peu plus encore dans le macareux.

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