À extenseur du pied, on gastrocnémien , a trois têtes
■ Les deux têtes superficielles, qui sont les plus longues, dont l'une externe et l'autre interne, naissent des deux condjles du fémur; U courte lête prend naissance plus bas , à la face interne du tibia et de la rotule. Leurs loncfs lendons s'unissent entre eux, le plus souvent
ICwi TRAITÉ GÉNÉRAL
dans la région inférieure de la jambe , quelqoefois seulement à l'extrémilé supérieure de l'os larso -métatarsien ; ils constituent une aponévrose mince et large qui, après s'être unie étroitement en arrière à un fibro-eartilage, situé en cet endroit et appartenant au fléchisseur des orteils , va s'insérer aux bords externe et interne de l'os tarso-mélatarsien.
Dans les oiseaux de pj'oie , les gallinacés et les échassiers , la courte lêle vient seulement , fort haut, du côté interne du tibia; dans les grimpeurs , au contraire , et principalement chez les perroquets, elle naît de presque toute la longueur de cet os.
Dans la plupart des palmipèdes, elle prend naissance ég-alement dans une orande étendue de cet os.
Chez les oiseaux de proie diurnes , les tendons restent séparés bien plus long-temps que clieï les nocturnes.
La tête tibiale est communément la plus forte , principalement dans les plongeons et les échassiers; X^têtejémorale , ou inlerneest la plus faible.
Chez V autruche , les têtes qui viennent du tibia et du condyle interne du fémur, sont confondues et forment une tête très forte; la dernière prend origine très haut. La tête tibiale ne naît , au contraire, que d'une petite étendue de cet os. En outre , la tête qui provient du condvle externe du fémur, se divise en deux
d'anatomie comparée. io5
autres, dont l'une est externe, superficie] le et plus longue, et l'autre interne^ plus profonde et plus courte. L'externe se détaclie du côté externe du condyle ; l'interne de la partie inféîieure de la face postérieure du fémur. Elles sont séparées l'une de l'autre par l'insertion de l'abducteur de la cuisse, mais elles se réunissent à peu de distance de leur origine. La léte externe principale, qui résulte de leur réunion, se confond avec la tête interne, déjà au bas du premier tiers de la jambe.
Le tendon commun , très large et très fort, qui en résulte , s'épanouit dans la région calcanéenne et devient fibro-cartilagîneux ; il s'insère aussi aux bords interne et postérieur de l'os tarso-métatarsien , et forme , conjointetnent avec lui , la coulisse dans laquelle glissent les tendons des fléchisseurs des orteils.
Dans les échassiers , les têtes s'unissent également fort liant, et leurs tendons sont en proportion très longs.
C'est dans Vautruche et les échassiers que r<!'xlenseur du pied se montre au maximum de développement. Après eux viennent les, gallinacés , les palmipède.^ et les grimpeurs.
Les palmipèdes offrent cependant plusieurs différences; ainsi, ce muscle est très fort dans les grèbes, et faible dans les manchots. Le plus laible se rencontre dans les oiseauœ de proie , particulièrement les nocturnes.
Dans Vautruche , les échassiers ei les palmipè-
lo6 ' TftAITJ^ GÉ»ÉBà.L
des en générid, il est plus fort que leS fléchisseurs tles orleils ; chez les gallinacés et les grimpeurs, il a environ le même volume qu'eux ; dans les oiseaux de proie, il leur est Je beaucoup intérieur. Tout cela est naturellement en rapport avec le mode de locomotion et le genre de vie de ces diverses familles.
'..4. Il existe, en outre, très ordinairement, un petit muscle qui généralement s'isole Tort haut du côté interne du tibia ; il s'insère par un tendon long et étroit, en arrière à la saillie interne de la hase de l'os tarso-mélatarsien j en dedans du précédent , qu'il appuie dans son action.
Je l'ai trouvé constamment dans les gallinacés j chez les pics , parmi les grimpeurs; chez les corneilles , parmi les passereaux; enfin dans les palmipèdes , les échassiers et V autruche a deux doigts. Il est surtout petit et mince dans la dernière , et s'j distingue de celui des autres oiseaux, en ce qu'il naît par un long tendon, fort haut, de la face interne du fémur.
Je ne. l'ai pas trouvé dans les oiseaux de proie , tant diurnes que nocturnes , ni dans les perroquets , parmi les grimpeurs ; cette absence est d'autant plus surprenante, qu'il existe chez les pics , et qu'il y est même fort développé en proportion.
Dans ï autruche , il se dirige de dedans en <!ehors , entre les fléchisseurs des orteils et l'extenseur du pied , cheniine le long du côté
aiiLcricur de celle parlie du menibro, auprès de sou bord irilerne, jusqu'à l'articulaliori libiolarsienne, où il se porie, en dedans et en arrière, au ligament capsulaire seidenrient.
Il paraît ic i représ^inler très distinclement le fAanlaire f^rdle de l'homme, auquel il ressemble, surtout dans Vaulmcfui. Il ne s'unit pas au gas- IrocwéDiien , et sa fonction se réduit à tirer en arrière la capsule articulaire , lors de l'extension du pied, afin d'éviter qu'elle nesoit comprimée.
Il est vraisemblable qu'il existe aussi chez Vaulruche Iridacljle j mais je ne me rappelle pas l'y avoir vu.
Dans les autres oiseaux , il concorde davanta^ç, et on peut dire tout-à-fait , par son origine et son attache , avec le muscle lihial postérieur, M. Cuvier refuse entièrement ce muscle aux oiseaux (i), et pourtant il ne l'a décrit sous aucun autre nom. Le muscle que M. Tiederiiann (2) qualifie de tibial postérieur, est plutôt le long pjénmier supérieur, qui est ici uni au muscle lombrical.
\>. 5Tuicles flet Orteih,
I . Le long extenseur commun des orteiL naît^ en haut, du côté antérieur du tibia, aii-des-
(1) Leçons, I, p. 384-
(2) Loc. cit., p. 337.
lo8 TRAITÉ GÉNÉRAL
SOUS du tihial antérieur, traverse, derrière lui , le fort ligament précité , passe plus bas sous un pont osseux f i) , et enfin à travers un fort li^Siment^ situé à l'extrémité inférieure de l'os tarso- métatarsien , immédiatement en arrière de l'attache du tihial antérieur. Plus bas , sur l'os tarso-métatarsien . son tendon se divise en trois languettes, quis'insèrent aux phalangettes des trois orteils externes.
La languette moyenne se partage quelquefois , par exemple dans V outarde et le pingouin, en deux moitiés latérales, qui restent séparées jusqu'à l'orteil.
Il est rare que le tendon , avant de se diviser, envoie un prolongement au premier orteil ; cette disposition existé dans les perroquets.
Chez V autruche, le tendon ne passe passons un pont osseux au bas du tibia ; il passe simplement sous un ligament particulier, très fort, qui est situé plus bas que celui qui lui est commun avec le tendon du tibial antérieur. Il est semi-lunaire, et beaucoup plus fort que celui-ci ; il occupe la place du pont osseux, qu'il représente incontestablement. Le tendon se divise au bas du métatarse en trois languettes, chez Vauf ruche tridactjle, et seulement en deux chez l'espèce à deux orteils. Dans l'une et l'autre espèce, il s'y joint , vers le milieu du métatarse , un faisceau musculaire étroit et alongé , qui vient
(i) Vol. m , i.a(r. 191.
d'awatomie comparée. log
du bord externe de l'os. Autant que j'ai pu voir, ce faisceau se termine au tendon dans V autruche didactjle j àoxxs V autruche tridactjle, au contraire , où il ne vient pas immédiatement de l'os, mais où il naît, par un tendon long et très grêle, du milieu du pourtour antérieur de la capsule articulaire , il détache , après un court trajet, un tendon plus long, qui descend le long du bord externe du tendon de l'extenseur commun des orteils, et qui se termine , en dehors, à la base de la phalangine du premier orteil.
L'extension des orteils est opérée, en outre, par des muscles courts et séparés pour la plupart.
2. L'orteil interne ou postérieur reçoit un extenseur propre \ ce muscle naît de la partie supérieure de l'os larso -métatarsien , se dirige en dedans et en arrière , et s'attache à toutes les phalanges de cet orteil.
Il le lire fortement en arrière, en l'éloignant des autres orteils. Il vient le plus souvent du côté interne de l'os , et présente plusieurs ventres j dans les gallinacés , où il est long, mais faible, il en a deux , un supérieur et un inférieur.
Chez les oiseaux de proie diurnes , son origine est très élevée, et a lieu non- seulement au côté interne, mais aussi au côté antérieur de l'os; il y est formé de trois ventres très forts, qui sont juxtà-posés.
ÎÏO TRAITÉ GÉWÉUAL
Quoique , dans le genre manchot , l'extenseur commun des orieils n'envoie pas de prolongement an petit rudiment du pouce ^ comme cela a lieu dans les autres genres , cet orteil du manchot a néanmoins son court extenseur propre , qui naît , en partie , en haut de l'os larsien , en partie, de la première phalange de Torteil. et qui s'insère à la seconde phalange.
3, 4> ^- Chacun des orteils de devant reçoit, outre, un petit muscle propre, alongé, qui s'étend de la face antérieure de l'os tarso-métaîarsien à la première phalange de l'orteii respectif.
Celui du milieu est lè plus constant; il est simplement extenseur, puisqu'élantdans la plupart des cas bien plus court que les autres , il s'insère seulement à la face dorsale de la phalange.
Les deux autres muscles naissent , le plus souvent, fort haut de l'os tarso-métatarsien , et s'insèrent latéralement à leur orteil. Le muscle ^externe, qui appartient au quatrième orteil, se t-end ordinairement à la partie externe de la première phalange de son orteil ; le muscle •ioterne , destiné au second orteil , va au contraire communément au coté interne de la même phalange.
Il s'ensuit que le dernier est surtout adducteur de son orteil, tandis que le second est abducteur du sien ; il est vraisemblable qu'ils représentent les muscles interosseux.
d'akatomie COMPAKÉE. 1 1 1
Il j a des différences , sous le rapport de ces muscles ; dans le pingouin , l'externe , par exemple, va au côté interne de la phalange.
On trouve , dans les oiseaux de proie , un muscle surnuméraire pour le second orteil. Le muscle ordinaire, ou interne, vient fort haut de la face postérieure de l'os tarso-mélatarsien ; il s'insère au côté interne de l'orteil. Le muscle insolite naît de la partie supérieure et interne de la face antérieure du même os; son long- tendon descend le long du bord interne ; arrivé à l'extrémité inférieure de l'os, il passe par un long canal osseux, et s'insère ensuite en regard du précédent, au côté externe de la base de la première phalange.
Uoutarde a un muscle tout-à-fait semblable, niais plus court.
Le petit extenseur de l'orteil du milieu prend naissance , dans les perroquets ^ à plus de la moitié externe de l'os métatarsien , et s'attache seulement à la première phalange du troisième orteil.
Chez l'autruche tridactjle j le petit extenseur de l'orteil médian ne va également qu'à l'orteil du milieu. Son orteil interne possède urï court adducteur et son orteil externe un court abducteur; ils vont de la partie inférieure de l'os métatarsien à la première phalange.
Chez V autruche didactyle , un très petit extenseur des orteils^ qui correspond à Celui du
112 TIIAITÉ GENERAL
milieu , s'étend du bas de l'os métatarsien à l'orteil interne, et un adducteur, plus petit encore , va au côté interne de l'orteil externe.
Le long abducteur du premier orteil , qui est pourvu d'un long tendon , a été indiqué lors de la description de l'extenseur commun (i).
Les fléchisseurs des orteils des oiseaux sont de deux sortes, les longs et les courts j les premiers offrent^ toute proportion gardée, un développement fort considérable. Il y a toujours trois longs fléchisseurs, qui prennent naissance surtout à l'extrémité inférieure du fémur, et en partie aussi aux os de la jambe. Parvenus à la jambe, leurs faisceaux charnus se convertissent en tendons qui sont logés, pour la plupart , dans des canaux étroits et qui passent à travers un fibro-cartilage alongé et considérable. A l'articulation du pied , ce fîbro-cartilage s'unit aux os qui constituent cette articulation, par un ligament capsulaire, dont il forme en elFet la paroi postérieure ; plus loin il s'attache à l'os tarso7mélatarsien , par un ligament fibreux.
Ce fibro-cartilage est en général très fort; cependant, chez Xauti^uche, je le trouve bien
(1) ^oyet pag. 108.
d'anatomie comparée. j i3
plus faible que dans d'autres oiseaux. Il est extrêmement vraisemblable qu'il représente Vastragale , tandis que le fibro-cartilag-e , plus fort, situé en arrière de lui dans le tendon du muscle gastrocnémien , est le représentant du calcanéum.
1. Le plus superficiel et le plu§ externe de ces fléchisseurs naît du bas de la face externe du fémur,, immédiatement en avant de la , tête externe du gastrocnémien ; peu après son origine, ce muscle se partage en deux chefs : un postérieur et un antérieur , dont chacun se termine par un tendon ; ces tendons appartiennent aux deuxième et troisième orteils. Le tendon du chef postérieur se poiHe en dedans , passe par un canal dans le fibro-cartilage calcanéen, traverse, à l'extrémité inférieure de l'os tarso-métatarsien, le tendon du fléchisseur perforé, tendon appartenant au deuxième orteil, puis se bifurque sur la première phalange, pour laisser passer le tendon du fléchisseur perforant; enfin il s'attache, ainsi bifurqué, à la base de la phalaugine du second orteil , où il est lui-même traversé par les deux autres nmscles fléchisseurs.
Le tendon du chef antérieur ne passe pas par le fibro-cartilage mentionné; mais il s'unit dans la région calcanéenne , d'une manière
l l4 TRAITÉ GÉNÉKAL
assez in lime au tendon du fléchisseur perforant, 'qui s'insère à la première phalang-e j arrivé sur la première phalange du troisième orteil j il traverse le tendon du fléchisseur perforé appartenant à cet orteil; au niveau de la seconde phalange, il est bifurqué, par le tendon du fléchisseur perforant , et là s'insère , en partie à l'extrémité antérieure de la phalangine , en partie à l'extrémité postérieure de la phalangette, où il donne passage aux tendons des deux autres fléchisseurs.
Les tendons de ce muscle sont, par conséquent, peifoî'és et perforants à la fois.
C'est pour cela qu'il est désigné sous le nom de fléchisseur perforé et perforant j mais cette dénomination ne doit pas indiquer son analogie avec lès muscles d'autres animaux. Sa position , son trajet et son rapport avec les tendons des autres fléchisseurs, rendent extrêmement vraisemblable, qu'il est le fléchisseur perforé d'autres animaux.
Chez y autruche tridactjle , ce muscle ne va également qu'aux deux premiers orteils : nous n'avons pas besoin de rappeler que le premier orteil de cette autruche est le second des autres oiseaux , et que le second en est le troisième^ Le premier tendon s'insère, comme de coutume, à la phalangine ; le second tendon s'attache aussi seulement à cette phalange.
Dans V autruche didactjle , les muscles des
d'aNATOMIE comparée. 11,5
deux orteils sont en général bien mieux séparés que dans les autres ordres de sa classe.
Le fléchisseur perforé et perforant du premier orteil , qui correspond au troisième orteil des autres oiseaux, naît, par sa tête antérieurej tout-à-fait en haut du côté antérieur du tibia, et , par sa tête postérieure, du condjie externe du lémur ; arrivé dans la région calcanéenne , il va , en arrière , au tendon du fléchisseur suivant , auquel il est uni par un ligament capsulaire , long et mince. En bas, au métatarse , il perfore ce tendon ; à la phalange , il est perforé lui-même par le fléchisseur perlorant, et s'attache à cette phalange.
Il n'y a point de muscle analogue pour l'orteil externe ; ce qui n'est nullement surprenant , puisque , même dans les autres oiseaux, ce muscle n'appartient qu'aux deuxième et troisième orteils. '
2. A ce muscle en succède un autre bien plus considérable, qui est formé de deux masses principales : une externe et une interne.
La masse externe , communément plus faiblé que l'autre j est située sous le muscle précé^ dent , qui la recouvre supérieurement ; elle sé divise à son tour en deux têtes.
La tête antérieure naît, par un long tendon^ qui vient en avant du condyle externe du fémur ; uu prolongement grêle de ce tendon passé au-devant de l'articulation du genou , en ar^a
Il6 TttAITÉ GÉNÉUlL
rière du tendon de l'extenseur de la jambe , et se continue, en haut , avec le muscle droit de la cuisse.
La tête postérieure, plus forte, vient, par des fibres charnues , de la partie inférieure et externe de la face postérieure du fémur.
Les deux lêles se réunissent au-dessus du milieu de la jambe et ne consliluent qu'un ventre qui tiétache trois tendons; ceux-ci, vont au moins à la première phalange des trois orteils externes , en se bifurquant pour donner passage au fléchisseur déjà décrit et à celui qui va suivre. Tous ces tendons, surtout celui de l'orteil le plus externe ^ ont, dans la région de l'articulation métatarso-phalangienne , un fort fibro - cartilage , creusé supérieurement par une gouttière longittadinale^ qui est destinée à loger les tendons du fléchisseur perforant.
Le tendon de l'orteil le plus externe a une disposition plus complexe que les deux autres; il remplace évidemment le tendon que le précédent muscle n'envoie pas à cet orteil. 11 se divise , en effet , en plusieurs paires de languettes, qui s'insèrent aux première, deuxième et troisième phalanges, et qui donnent passage au tendon du fléchisseur perforant.
Le tendon de l'orteil médian est le plus fort ; il est également perforé et s'insère à la pre- ^mière phalange^ puis à la base de la seconde.
d'awatomib comparée. 117
Ces deux tendons sont situés à découvert ; celui du second orteil, qui est le plus petit, traverse au contraire le fibro-cartilag-e calcanéen ; il est perforé et s'attache à la première phalange de son orteil.
La masse interne, qui est plus forte que Texterne, et que nous n'avonspasencore décrite, s'unit par un long tendon au deuxième tendon , ou tendon de l'orteil médian ; l'union a lieu sur un point, qui varie, à la partie interne et postérieure du tarse. Cette niasse occupe la majeure partie supérieure de la jambe ; elle naît, en avant, de l'extrémité supérieure du tibia, et descend au-devant du tibial antérieur, avec lequel elle se confond jusqu'à la tête superficielle et interne du gastrocnémien , à laquelle elle s'unit égalemenl. Arrivé vers l'extrémité inférieure de la jambe , son tendon se porte en dehors, longe l'articulation du pied et va en arrière, comme il a été indiqué , au deuxième tendon du fléchisseur perforé. Il envoie de plus, en arrière et eu avant , au-dessus de l'articulation du pied , un prolongement fort et large , par lequel ce muscle s'insère à l'extrémité postérieure du tarse, et devient ainsi extenseur de cette fraction du membre.
J'ai déjà fait remarquer que je considère cette lête comme le péronier supérieur (1).
(i) V oyez ci-dessas , pag. 107.
Il8 TRAITÉ GÉNÉRAL
Tout ce muscle me paraît constituer , non le fléchisseur perforé ordinaire^ mais les muscles lomhricaux , dont le point d'orig-ine est plus haut que de coutume, à cause du grand prolongement et du rétrécissement extraordinaire du pied. C'est ce que me semblent du moins indiquer l'insertion de ce muscle à la première phalange, et sa perl'oration par les tendons des deux autres fléchisseurs.
Dans M autruche tridactjle , le tendon du premier orteil ne va également qu'à la base de la première phalange; celui du second s'insère seulement au sommet de la seconde phalange, etceluidu troisième s'attache à toute lalongueur de la seconde.
Chez V autruche didactjle, ce musle appartient exclusivement au premier orteil , qui correspond au troisième des autres oiseaux.
- Des deux languettes de la tête externe, qui est la plus faible du muscle, l'antérieure naît fort haut du péroné ; la postérieure , qui est beaucoup plus petite^ vient , en arrière et en bas, de l'os de la cuisse. Le tendon de la première languette reçoit fort haut le tendon de l'extenseur de la jambe. Les deux languettes se réunissent au commencement du tiers moyeu du tibia ; elles sont charnues jusqu'à l'extrémité de la jambe.
La tête interne est énormément développée; elle naît du tibia et, en outre, du. fémur. Au
d'anatomie compauée. 119
bas du tibia, son tendon se partage en deux languettes^ dont la plus courte , qui est aussi la plus large , ne se rend pas au fibro -cartilage , mais à la paroi postérieure de la capsule de l'articulation du pied; la languette, plus longue, accompagne le tendon du ventre externe. Le tendon commun se divise de nouveau à la première phalange, et va seulement à la phalàno"ine. On voit , d'après cela , que le muscle et
son tendon correspondent aux parties musculaires qui, dans les 3iUtFes oiseaux, sont destinées aux deux premiers orteils ; en effet , il correspond aux parties du premier orteil, puisqu'il s'insère à la première phalange de ce premier orteil, et à celles du second, à cause delà connexion de son tendon avec la lête externe. La première phalange du premier orteil ne reçoit ni fléchisseur propre , ni tendon provenant du muscle qui vient d'être décrit.
Le deuxième orteil de V autruche didactjle a un muscle propre, entièrement séparé de celui du premier orteil, dont il a été fait mention. Ce muscle naît, en avant, du condjle externe du fémur; en arrière, il vient, par une lête plus petite, de la partie inférieure du côté postérieur du fémur. Ces deux têtes se réunissent au niveau du premier quart de la jambe. Leur tendon passe d'abord par celui du muscle précédent, un peu au-dessus du talon. Il reparaît au commencement du deuxième quart du tarse et du
métatarse réunis, passe sous une plaque fibrocartilagineuse, triangulaire, placée entre l'extrémité inférieure du métatarse et la première phalange ; il se renfle en cet endroit, devient même cartilagineux^ et envoie un tendon, en dedans, â la première phalange ; puis il se bifurque et se fixe à la phalangine. Ce muscle est sans contredit une partie détachée de celui que nous venons de décrire.
3. \-iQ troisième long Jléchisseur es\. perforant/ étant de tous le plus profond , il est appliqué à la face postérieure des os de la jambe ^ et prend naissance par deux têtes qui restent long-temps séparées ; il s'attache à tous les orteils.
La tête externe, qui est superficielle, plus longue et plus mince que l'autre, naîl en général, au-dessous et au-devant de la partie postérieure de la tête externe du fléchisseur perforé-, de la face postérieure du condjle externe du fémur. La tête interne, qui est aussi plus antérieure et plus profonde, prend origine à toute la face postérieure du péroné, et presque à toute la même face du tibia.
Le tendon du premier ventre traverse le fibrocartilage calcanéen, au-devant de ceux qui ont été décrits jusqu'ici; le tendon du second ventre, après avoir également traversé le fibro-carti-. lat;e, passe par un canal de peu de longueur, qui est creusé dans la partie supérieure du côté postérieur de l'os du tarse, versson bord interne»
d'aNATOMIIÎ COMPARÉt:. 12 1
Ces deux tendons se réunissent, par de faibles fibres tendineuses , seulement dans la région inférieure ou moyenne du tarse. Au-delà, ils se confondent tout -à -fait et constituent un tendon large, qui, arrivé à l'extrémité inférieure de cette région , se divise en trois forts tendons, destinés aux trois orteils externes; le tendon de l'orteil le plus externe perfore le tendon du second fléchisseur; les tendons de l'orteil médian et du deuxième orteil perforent d'abord ce même tendon , ensuite celui du premier fléchisseur , comme cela a été indiqué, et enfin ils s'insèrent, par des languettes qui se détachent successivement;, à la phalangette et à la phal angine de leur orteil respectif.
Avant la réunion complète des deux tendons primitifs, celui du ventre superficiel envoie un tendon en général beaucoup plus petit à la phalange unguéale du gros orteil, qui ne reçoit d'ailleurs rien des fléchisseurs communs. Lorsque ce petit tendon n'est pas fourni par le ventre superficiel , il vient du tendon principal qui résulte de la réunion des deux primitifs.
Ce petit tendon est tellement constant chez les oiseaux à quatre orteils, qu'il existe quoique exlraordinairement petit, jusqu'à la phalange unguéale du pouce des pùigouins, où ce doigt est pourlant si peu développé , tandis que le court fléchisseur et le petit extenseur du pouce , ainsi que le tendon que cet orteil reçoit communément de l'extenseur commun, y manquent ab-
122 TRAITÉ Gj'iMÉRAL
solument; cette disposition est une nouvelle preuve à l'appui de la prépondérance naturelle des muscles fléchisseurs sur les extenseurs.
Du reste, ce muscle correspond d^w fléchisseur perforant Q\x profond ordinaire.
Sa tête supérieure est divisée en deux parties dans l'aulruclie tridactjle.
Dans l'autruche didactjle , le muscle destiné à l'orteil interne, naît, par sa tête antérieure qui estplus épaisse et plus courte que l'autre, de la moitié supérieure de la face externe du péroné et du tibia ; sa tête interne, qui est plus longue et plus mince , vient du côté postérieur du fémur. Les ventres et les tendons sont entièrement séparés; les tendons traversent la paroi antérieure de la capsule du pied , contenus dans des coulisses particulières. Celui du second, ventre reparaît bientôt et est situé librement dans la gaîne commune du muscle gastrocnépiien ; relui du premier ventre est logé, jusque vers le milieu du métatarse, dans un canal propre, qui existe au côté interne de la crête postérieure du métatarse, et qui est formé par la partie la plus interne du tendon du gastrocnéïnien. Ces deux tendons ne s'unissent ensemble qu'au tiers inférieur.
Le tendon du fléchissèur profond détache , en dedans et en bas, un petit muscle perforant, destiné au second orteil ; après cela seulement^ il perfore le tendon du deuxième fléchisseur,
d'anatomie comparée. 12,5
puiscelui du premier, et s'insère enfin à la phalang-e iinfruéale.
Le petit fléchisseur perforant du second orteil dont il vient d'être fait mention , traverse d'abord la courte languette qui est destinée à la première phalange , et passe ensuite par la fente du fléchisseur perforé du second orteil; il s'insère d'abord au fibro-cartilage du deuxième orteil et à une capsule qui l'unit à l'articulation du pied, puis à une poulie fîbro-cartilagineuse , située au même endroit, entre le premier orteil et le métatarse ; il se termine enfin à la phalange unguéale du second orteil.
La majeure partie de ce muscle appartient à cette poulie et à sa capsule, qu'il tire en arrière, et protège ainsi contre les contusions, lorsque l'animal se livre à la course.
Ce muscle est évidemment une partie du fléchisseur perforant, partie qui est descendue davantage.
Dans le Jlammgo , le fléchisseur profond ne vient pas du fémur; mais il naît fort haut du côté postérieur du tibia et du péroné ; ce qui coïncide incontestablement avec la longueur considérable de la jambe et de la partie tarso-s métatarsienne de cet oiseau.
Ce muscle offi-e , en outre , plusieurs variétés assez dignes de remarque.
D'après M. Tiedemann (1), chacun des deux
(i) Loc. cit., pag. 343.
124 TRAITÉ GÉITÉUAL
tendons du fléchisseur perforant ou profond, passe généralement par un canal creusé sur l'os tarso-mélatarsien. Celte donnée est doublement inexacte i car i° dans le manchot, le macareux, V autruche et les oiseaux de proie , tant diurnes que nocturnes f aucun des tendons ne chemine dans un semblable canal osseux; et 2° dans les gallinacés ^ dans plusieurs palmipèdes ^ tels que l'eider (anas mollissima) et le canard musqué j ainsi que dans le guillemot, il n'j a que le tendon de la courte tête qui passe par un canal osseux.
Dans les oiseaux de rivage, du moins le liéron, le tendon de la courte téte traverse également un canal osseux, tandis que celui de la longue tète passe par une gouttière , qui est convertie eu canal, par un cartilaofe qui s'y applique en arrière.
Dans les grimpeurs , les deux tetidons passent par un canal osseux ; mais celui-ci est unique , et leur est, par conséquent, commun.
Le fou de Bassan {sula alla ) seul m'a offert deux canaux entièrement osseux , un pour chaque tendon.
Il me semble , d'après cela^ qu'en cette occasion encore, l'exception a été donnée comme étant la règle générale; il est rare eu effet, que chaque tendon ait son canal osseux complet, et même dans ce cas, la disposition n'est pas tout-à-fait telle qu'elle a été présentée.
Une autre donnée également beaucoup trop générale^ est celle de la présence d'un os sésamoïdedans le tendon commun , au-dessous de
d'aNatomie COMPARÉB. 125
la réunion des tendons primitifs ; celle assertion ne cadre nullement avec le résultat de mes recherches.
Du moins, \es gallinacés, \es oiseaux de proie ) les échassiers, le canai'd musqué j le manchot , le fou de Bassan , les peri'oquels et les autruches ^ ne m'ont présenté aucun os sésamoïde.
Je l'ai trouvé dansl'eider ( anas mollissima) , le guillemot et le macareux.
11 s'ensuit de là que le nombre des oiseaux , où cet os manque , l'emporte sur le nombre de ceux où il existe.
Il semble être plus fréquent parmi les oiseaux d'eau que parmi les autres, quoiqu'il n'y soit également pas général.
Dans la plupart des oiseaux, le tendon du fléchisseur perforant qui va au premier orteil, est le plus petit de tous ; ce qui est en rapport avec le peu de développement de cet orteil.
Il est, au contraire, le plus fort, et est fourni par presque toute la tète interne du muscle , dans les oiseaux de proie diurnes y et particulièrement dans le falco albicilla et le falce buleo', or, comme les tendons des têtes externe et interne sont ici séparés dans presque toute leur longueur, il s'ensuit que ces oiseaux ont réellement un long fléchisseur propre du pouce.
Les deux tendons se réunissent très généralement au tarse , comme il a été dit dans la description.
Il n'y a, autant que je sache , que les échas-^ siers, àu moins les hérons , qui fassent exception à cette règle ; chez eux le tendon du pouce , venant du long ventre , chemine tout-à-fait isolé.
Dans plusieurs oiseaux , surtout les oiseaux de proie , le tendon du muscle contient de forts fibro-carliiages dans la région de l'articulation du pied.
[\. Il n'y a qu'un seul court fléchisseur ^ il va au gros orteil.
Ce muscle naît toujours , en haut, de la face interne et en dedans de la face postérieure de l'os tarso-métatarsien ; puis il se porte en arrière , au côté postérieur de cet os , en passant entre le ventre du fléchisseur perforant et un ligament fort et long, qui descend *de l'extrémité supérieure de sa face postérieure ; il se convertit ensuite en un tendon qui, au niveau de l'articulation du pied , se bifurque dans une étendue plus ou moins considérable, pour laisser passer les tendons du fléchisseur perforant, qui se rendent au pouce, et enfin, il s'insère par ses deux languettes en arrière , à la première phalange de cet orteil.
Ce petit fléchisseur du gros orteil manque au pingouin , quoique le pouce y existe et qu'il reçoive un tendon du fléchisseur perforant comtnun ; le pouce off're , par conséquent , dans ce genre , une opposition entre les muscles longs fléchisseurs et les extenseurs. En effet, d'un
d'anatomie comparée. 127
côté , il reçoit un tendon du fléchisseur commun et n'a pas de court fléchisseur ; et de l'autre côté , il possède un court extenseur et ne reçoit rien de l'extenseur commun.
Dans les oiseaux de proie , ce muscle se divise inférieuremenl en deuxlongs tendons, dont l'un est situé plus en devant , c'est-à-dire , vers la face d'extension , et passe par une g"oultière propre, creusée dans l'os métatarsien accessoire; de sorte qu'il change un peu la direction de l'orteil. L'autre tendon est â découvert. Ils se réunissent entre eux à leur point d'insertion.
Cette disposition semble être exclusive à ces oiseaux et se rapporter à l'action de saisir et de retenir la proie. Du moins, je ne la trouve pas dans les autres , pas même dans les grimpeurs.
Les autruches , au contraire , quoique ce genre soit privé du gros orteil, ont pourtant un muscle ou un tendon qui correspond vraisemblablement au muscle qui nous occupe.
Il est plus développé dans V autruche tridactjle , que dans l'espèce à deux doigts. Il y naît, en bas, du tendon du gaslrocnémien , ou du tendon du soléaire, et va à toute la première phalange du deuxième orteil, en formant une gouttière destinée à loger tous les tendons fléchisseurs de cet orteil.
Dans \ autruche didactjle , il est remplacé' par un long tendon qui se rend au côté inlermf des seconde et troisième phalanges.
tRAlTÉ GÉNÉRAL