Muscles de l'avant-bras
Les mammifères possèdent très généralement les muscles de cette portion du membre et de celles qui suivent; il n'y a d'exception que pour les cétacés , du moins le dauphin ordinaire et le narwal, qui sont les seuls animaux de cet ordre, que j'aie eu occasion d'examiner. En effet, bien que ces cétacds possèdent tous les muscles du
d'anatomie comparIle. 285
bras^ ceux de l'avant-bras et de la main, ne sont représente's, chez eux, que par des aponévroses intimement unies auxos, et qui nesont réellement qu'un développement exubérant du périoste. Il j a communément pour l'avant-bras , deux fléchisseurs et un extenseur y qui viennent du scapulum et de l'humérus, et se fixent à la région supérieure des os de l'avant-bras j en outre , il j a un ou plusieurs pronateurs et sup ina leurs j qui s'étendent principalement de la région inférieure de l'humérus, moins généralement du cubitus, à la région inférieure de l'avant-bras, surtout au radius.
On compte deux fléchisseurs de l'avant-bras des mammifères : un long et un courL.
I . Le long fléchisseur M 2l de l'omoplate à l'extrémité supérieure de l'avant-bras; on lui donne le nom de fléchisseur radial de V avanthras y ou celui de fléchisseur biceps , ou biceps du brasj par la raison que, dans plusieurs. animaux , il s'attache au radius et naît par deux têtes. Il est cependant beaucoup d'animaux où il s'insère, en totalité ou en majeure partie, au cubitus, et, dans la plupart des cas, il n'a qu'une tête, la longue et externe^ qui prend son origine à l'omoplate.
La longue tête se détache , au mojen d^un long tendon, du milieu du pourtour supérieur
-■^4 TUAMÉ GÉNÉRAL
de la cavité articulaire du scapulum, et passe en avant, par-dessus la tête de l'humérus. La courte téte>, au contraire^ est d'abord unie au coraco-br^chial, et vient de l'apophyse coracoïde, ou de la région du scapulum, qui correspond à celle apophyse.
Il semblerait toutefois que le long fléchisseur de l'avaut-brasj lorsqu'il est simple , comme cela se voit dans beaucoup de mammifères, doive son existence à la fusion de la longue et de la courte tête; en effet, dans le chien et le coati y par exemple , il naît , par un tendon très large, distinctement de l'apophyse coracoïde , tout à côté du coraco-brachial, quoiqu'il passe ensuite au-devant de la tête articulaire de l'humérus. Du reste, ce muscle offre souvent des traces d'une division plus ou moins complète en deux ventres; les indices de cette séparation se rencontre)» t beaucoup plus fréquemment que ne le dit M. Cuvier, qui ne signale cette disposition , que chez VJioniine et les singes.
D^ns le chameau, le long fléchisseur prend naissance au point ordinaire du scapulum^ par un tendon très épais , qui se renfle en passant au-devant de la tête de l'Iiumérus, et qui contient un fibro-cartilage.
Au premier abord ^ on le croit parfaitement simple; mais on peut le diviser aisément, et sans intéresser de flbrcs , comme je m'en suis convaincu sur un.cha/neau à une hosse^clsuv un
d'anatoiviih: comparée. 285
à deux bosses y en une moitié externe et une interne, qui ne sont unies entre elles que par du tissu cellulaire. En bas seulement, les fibres tendineuses se rejoignent. Cette réunion n'empêche pas que le tendon ne se partage à son extrémité en deux courtes têtes: une externe, plus grande et une interne , plus petite, dont la première envoie un fort tendon à l'aponévrose anti-brachiale. Les autres ruminans ne m'ont offert aucune trace de cette division.
Chez le cheval , au contraire , il me semble exister nne trace de division, qui est peut-être encore plus distincte que dans les chameaux.
Le muscle prend son origine tout à côté du coraco-brachial, aux faces externe et antérieure de l'apophyse coracoïde, qui est petite. Le tendon du muscle, qui est très distinct et libre à sa face interne , reçoit, à l'externe, un faisceau musculaire , qui me paraît être un indice chi deuxième ventre. En effet , lorsqu'il est arrivé à l'extrémité supérieure de l'humérus, ce faisseau se porte en dehors et constitue un ventre externe très facile à séparer^ tandis que le tendon supérieur passe insensiblement dans le tendon inférieur. En Ijas, ils se réunissent de nouveau et forment un tendon commun, qui s'insère au radius. Il se détache de ce tendon commun^ après son origine , un autre tendon fort , qui est réellement la continuation du tendon supérieur ; il existe à tout le bord antérieur du
muscle et va se confondre avec le tendon de l'élévateur de la main.
Ce que nous avons avancé trouve confirmation dans l'existence , chez le cheval , d'une poulie particulière pour chaque ventre. Ces poulies, situées l'une à côté de l'autre, occupent le haut de l'humérus.
Le long- fléchisseur du porc et du daman ne consiste qu'en un ventre unique. Dans le cochon, le tendon du muscle se bifurque inférieurement, pour aller au radiuset au cubitus. Chez le daman, il ne se rend pas au radius, mais il se joint à u n faisceau du muscle peaucier, et s'insère conjointement avec lui au cubitus, immédiatemerjt audessus du court fléchisseur, dont il est Onlièrement séparé,
Ch.ezVormihorhj-nque,\e muscle es'ttout-à-fait double. Une des têtes naît de la clavicule coracoïdienne antérieure ^ l'autre vient de la postérieure ; elles se réunissent ensuite et s'attachent au milieu du radias; disposition très favorable à la natation.
Ce muscle off're plusieurs particularités parmi les édeniés; il y présente une grande tendance à se 'diviser en deux têtes.
Dans le tatou, la tête qui existe comniunéirjent est fort épaisse ; et il se détache, en outre, en haut du muscle coraco-brachial , une autre tête bien plus mince , qui s'unit à l'extrémité inférieure de la première*
d'anatomie comparée. 287
Chez les fourmiliers , la longue tête est d'abord simple, mais elle né tarde pas à se partager en deux muscles, dont l'antérieur s'insère à la tubérosité radiale ; le postérieur s'attache à l'olécrâne et s'unit au court fléchisseur ordinaire.
Uai offre une disposition semblable , mais plus compliquée.
Il a deux têtes entièrement distinctes , qui représentent le long fléchisseur. La plus superficielle et la plus grande naît fort hàut , de tout le deuxième quart de l'humérus, et s'insère, par un tendon court et fort , au radius.
C'est à cette tête que se joint le faisceau accessoire du deltoïde , dont il a été question cidessus (1).
La seconde tête , plus longue , qui est la tête ordinaire, prend naissance à l'omoplate, audessus de la cavité glénoïde , par un tendon très long, formant plus de la moitié de tout le muscle ; elle perfore ensuite, encore toute tendineuse, la tête précédente, et à peine devenue charnue ^ elle se divise dans presque toute sa longueur en deux chefs , et enfin s'attache entièrement au cubitus, en arrière du fléchisseur interne , qui est beaucoup plus grand qu'elle.
On voit que la tête , ordinairement simple , est divisée dans cet animal en deux parties y et même en trois, quoique pas tout-à-fait com-
(1) l^o^ez pag. 254;255.
plètes, dont l'une imite le court fléchisseur , mais ya au radius, ce qui est assez singulier , tandis que celle qui représente le long fléchisseur ordinaire se fixe au cubitus.
C'est sans doute à la longueur considérable de l'hu mérus de cet édenté , qu'il faut attribuer le prolongement d'une partie du long fléchisplus bas que de coutume.
Le muscle n'a qu'une tête parmi les rongeui^ suivants: le porc-épic , la marmote , le paca et le castor.
Chez la marmote , le tendon intérieur se rend seulement au radius ; chez le porc-épic , il s'unit , au contraire, à celui du court fléchisseur, et ne s'insère qu'au cubitus. Dans le castor, il va exclusivement au cubitus. Le petit tendon allant au radius , que M. Wiedemann fait naître du muscle qui nous occupe (i) , prônent du court fléchisseur.
D'autres rongeurs ofli-ent une deuxième téte, qui est plus ou moins parfaite.
Ainsi^ chez le rat , le muscle coraco-brachial détache un faisceau considérable, qui se rend à la longue téte ordinaire.
Le hamster possède une deuxième tête parfaitement séparée, quoique plus mince. Le muscle coraco - radial est en proportion , encore plus grand chez le rat-taupe du Cap, où il naît tout-à-
(i) Archiv Jïir Zoologie, Bd. IV, St. \ , S. ii3.
d'anatomtiî compauée. 289
Fait isolément de l'apophjse coracoïde, et ne s'unit à la tête externe que vers la partie inférieure du bras.
Les kangurous et les sarigues , parmi les mar~ supiauœ , offrent la même conformation .
Chezle Aangurou géant, le muscle naît sous la forme d'une longue tète, par un tendon simple ; mais celui-ci ne tarde pas à donner naissance à un ventre plus profond, qui chemine sous la longue téte dont il est séparé dans toute l'étendue du bras.
La téte superficielle s'attache au radius ; la profonde au cubitus.
Le court fléchisseur ordinaire^ tout-à-fait isolé, est situé derrière la tête profonde.
Dans les sarigues , les deux tètes naissent séparées l'une de l'autre ; mais elles ne tardent pasàse réunir en un ventre commun, très épais.
Parmi les cariiassiers , le long fléchisseur de l'avant-bras est ton l-à-fait simple dans V hyène ^ le chien, le chat, le coati, le blaireau, le raton, le phoque et la marie.
Chezroîi/',ç^au contraire, comme la remarque en a déjà été faite par]Vr.Cuvier(i), le muscle coraco-brachial envoie un faisceau à la têle ordinairement unique du biceps. Il est digne de remarque que ce soit précisémentce muscle qui, dans ce genre, offre une disposition très peu constante.
(1 ) Leçons, 1 , aiS.
290 TRAITÉ GÉWÉRÀ.L
Un ours bnm ma olFert une fois, à gauche, lalête simple comme à l'ordinaire, et dépourvue de ce faisceau accessoire; à droite, il y avait, au contraire un faisceau, tendineuxen haut,s'étendant de la partie supérieure du coraco- brachial au muscle principal. 0[\eï \xi\ ours blanc , le coraco-brachial gauche se bifurquait, au contraire, de la manière que nous avons fait connaître, et il y avait, à droite , outre la longue léte, qui était très forte , une courte léte propre. Celle-ci avait son origine à côté du coraco-brachial n'envoyait que vers le milieu du bras un faisceau à la longue tête, avec laquelle elle se confondait ensuite à l'extrémité inférieure du bras.
Le long fléchisseur de l'avant-bras du hérisson ne prend pas son attache au radius , mais au cubitus.
Chez le coati, il se rend au radius , mais il détache de sa pârtie inférieure un petit tendon , qui va au court fléchisseur.
Il e»t extraordinairement fort et large dans la taupe.
Dans les chauv e- souris ^ il a deux têtes ; l'une d'elles vient , fort haut, de l'humérus; l'autre doit son origine à l'apophyse coracoïde. Elles sont très épaisses, mais courtes, se confondent après un courttrajct^etseconverlissentàl'extrémité du premier tiers du bras, en un tendon très fort ellong, par lequel elles prennentleur inserlion tout-à-fail en haut , aux os de l'avanl-bras.
D ANAT0MI15 COMPAHEE. 201
Les loris , parmi les quadrumanes , n'ont que la longue tête , qui s'insère en entier au radius.
JI y a au contraire, dans les makis , les singes et V homme, deux têtes qui ont à peu près la même épaisseur , et qui sont ordinairement séparées dans une longue étendue.
Dans les singes^ elles semblent se réunir communément après un plus court trajet que chez V homme j du moins je les ai trouvées le plus souvent confondues dans tout leur tiers inlérieur , tandis que chez V homme , elles sont séparées jusqu'à leur quart et même leur cinquième inférieur.
2. Le court fléchisseur, que l'on peut appeler encore le fléchisseur cubital de l'avant-bras , parce qu'il s'attache très généralement au cubitus, prend naissance par des fibres charnues, aux côtés antérieur , interne et exlerne de l'humérus ; il n'offre de variétés que relativement à sa longueur.
Il est ordinairement plus long dans les animaux que chez l'homme ; il occupe, dans les premiers, presque toute la longueur de l'humérus ; chez l'homme, il se fixe seulement à la moitié inférieure de cet os. Le coaita ressemble , sous ce rapport , à l'espèce humaine. Chez le magot, il monte plus haut que dans l'homme; disposition que l'on remarque principalement à sa partie exlerne. Il en est de même , en outre ,
dans d'autres singes , et dans les deux genres de la famille des makis.
Ce muscle est situé ordinairement surtout vers le côté externe du bras ; le nom de brachial interne ne lui est , par conséquent, pas acquis à juste titre.
Il offre des variétés dans des genres qui sont du reste fort rapprochés.
Dans le mouton y par exemple, il naît des côtés externe et postérieur du col de l'humérus, se porte obliquement de sa face externe à sa face antérieure, dans une direction quicroise celle de l'os, et s'insère au radius, immédiatement en avant du long fléchisseur, dont il est entièrement séparé.
Chez le chameau y au contraire , l'origine de ce brachial est fixée au tiers moyen de l'humérus. H est beaucoup plus faible que le long fléchisseur.
Les chevaux le présentent, commençant aussi de fort haut, et s'attachant, en dedans , à la lace antérieure du radius, vers l'extrémité inférieure du premier tiers de l'os; disposition extrêmement favorable à la flexion de l'avantbras.
Chez le daman, la partie supérieure de l'humérus le fournit aussi; mais il s'en sépare déjà bien au-dessus de sa moitié inférieure, et va se fixer au radius.
Dans Vornithorhynque y il s'étend de la moitié
d'ànatomie compauék. 29.5
inférieure de l'Iiumérus, exclusivement à la face interne du radius, auquel il s'attache par un large tendon.
Le court fléchisseur de l'avant-bras des fourmiliers y parmi les édentés, a véritablement peu d'étendue, ets^unitàlatêtecubitaleduflécbisseur biceps; celte disposition a déjà été mentionnée.
Chez Vaïy il est entièrement séparé et constitue un muscle très large, qui va de la moitié inférieure de l'humérus au cubitus.
Dans les rongeurs ^ les marsupiaux et les carnassiers , le brachial , dont il s'agit, a une longueur considérable, et vient communément de fort haut.
Il est faible dans le phoque, tandis qu'il est très fort , «aussi long que l'humérus , dans la taupe y où il s'est tout-à-fait porté en dehors.
Dans les chauve -souris, il est très long, mince,, et distinct du long fléchisseur.
Dans les parmi les quadrumanes, ce
muscle naît de l'humérus, aussi haut que dans la plupart des autres animaux; son origine a lieu plus bas dans les singes , et «plus bas encore chez Vhomme.
3. lu' extenseur de l'avant-bras a trois têtes :. une antérieure ou scapulaire, plus longue^ qui se détache, en avant, du bord externe ou inférieur de l'omoplate^ et deux courtes, une • externe et une interne, qui naissent des côtés «externe et interne de l'humérus; l'extrémité
294 thaité géwékal
inférieure s'insère, par un lendon commun, à l'olécrâne. Un prolongement de ce muscle descend le long du côté interne de la partie supérieure du cubitus; on le désigne par le nom de muscle anconé, ou olécrânien.
On a vu (1) que, dans la plupart des mammifères, le grand dorsal envoie au lendon de l'extenseur du bras, un fascicule plus ou moins développé, qui en forme le quatrième ventre.
Les ruminaiis et les solipèdes ont surtout la tête scapulaire et l'externe très fortes el épaisses. Chez le cheval , la première prend naissance aux deux tiers antérieurs du scapulum ; chez le chameau y elle vient de tout le bord inférieur de cet os. La tête externe^ dans l'un et l'autre genre, se détache de presque tout le côté externe de l'humérus.
La tête interne est , au contraire , plus mince, et n'occupe que la moitié inférieure de l'os du bras.
Dans les niminans , la tète externe se partage supérieurement en deux chefs, dont le plus grand vier\t des côtés externe et antérieur de l'humérus, le petit se détachant du côlé postérieur.
Chez le daman y la tête interne a aussi une longueur considérable.
Dans V ornithorhjnque y l'extenseur de l'a-
(O fo/cz pa p. a6t>, etc.
d'anatomie compauée. 295
vant-bras est fort compliqué. Il y est formé Je cinq têtes, qui sont séparées dans toute leur longueur jusqu'à leur insertion ; trois d'entre elles naissent du bord inférieur du scapulum, les deux autres viennent de l'humérus.
he tatou elle fourmille /'y parmi lés édentés j ont ce muscle également fort développé.
Chez le fourmilier, il y a deux têtes scapulaires; une couche superficielle et large est fournie par la majeure partie de la portion externe de l'épine du scapulum, et par le milieu delà fosse sous-épineuse; l'autre couche provient en avant du col de l'omoplate. Latêtehumérale, au contraire , est simple et naît de tout le côté postérieur de l'humérus.
Dans Vaï j le muscle est également long et formé de plusieurs têtes; mais il est faible et mince. On doit le diviser en une tête superficielle et une profonde. La première a trois points d'origine : elle naît du col de l'omoplate; 2° elle vient, fort haut, par une très petite languette, de la face postérieure de l'humérus; 3° elle reçoit un fascicule plus fort, qui se détache un peu au-dessus du milieu de cet os. Ces différentes parties se réunissent déjà au-dessus du milieu de l'humérus et constituent un tendon qui, après un court trajet, se confond avec la tête profonde. Celle-ci paraît être formée de la longue tête interpe et de la
396 TIVAITÉ GfijXÊRAL
courte tête externe, qui s'unissent entre elles fort haut.
La marmote y parmi les rongeurs ^ m'a offert une disposition semblable à celle àn fourmilier ; l'extrémité postérieure de l'épine de l'omoplate donnait naissance à un ventre mince , tout-à-fait isolé, qui se rendait à l'olécrâne. La lête interne était aussi divisée en deux, à sa partie supérieure, parle nerf radiai. En général , tous les ventres du muscle s'insèrent isolément à l'olécrâne : le ventre interne au bord interne, et le ventre externe au bord externe. Le ventre scapulaire, ordinaire^ se fixe au sommet de l'olécrânej le ventre scapulaire extraordinaire s'attache, au contraire, aux côtés externe et postérieur de cet os.
Dans le kangwvu et le sarigue j la tête scapulaire est aiissi très large ; les portions humérales du muscle s'étendent jusqu'à la tète de l'os du bras.
La même description convient aux carnassiers. Le muscle dont nous traitons est surtout très compliqué chez les phoques. La tête scapulaire , qui est très grande , se partage en trois portions distinctes, dont l'origine occupe toute l'épine de l'omoplate. Les deux têtes humérales sont extraordinairement petites par elles-mêmes et relativement à la tête scapulaire, dont «lies sont presque enlièrement séparées. Il n'y
d'aNATOMIU COMPAllKE. 297
aurait, d'après M. Duvernoy (i), que deux têtes scapulaires , et en revanche quatre têtes humé raies.
Toutes les têtes de ce muscle sont aussi très larges et fortes dans la taupe.
Chez les chauve-souris y trois têtes , fortes et courtes, naissent à la même hauteur, du col de l'omoplale et des côtés externe et interne de l'humérus; après un court trajet, elles se continuent par un tendon long" et fort^ contre lequel s'applique une tête plus longue^ mais bien plus mince, qui vient de la moitié inférieure de la face postérieure de l'humérus, et qui s'insère^ avec les précédentes, à l'os de l'avant-bras.
Les loris j parmi les quadrumanes y ont la tête scapulaire disposée de la même manière que la rnarmole et le fourmilier. La tête humérale interne y est, en outre, entièrement séparée du reste du muscle.
Dans la plupart des singes y la tête scapulaire est très large , conformément au tjpe présenté par la plupart des animaux. Gela n'a pas lieu dans le coaïta y ni clans les makis ; elle j tire son origine, comme chez V homme y exclusivement du col deromoplate.
Outre la flexion et l'extension de l'avant- (1) Mein. du Muséum eCHisl. nat., VI, 63.
agS TRAITÉ GÉNIÏRAL
bras, la plupart des mammifères peuvent encore exécuter un autre mouvement, qui consiste à modifier la position relative du cubitus et du radius, par la pronation et la supination. Cette action est produite par plusieurs muscles, les pronateurs et les supinateurs.
Quelques ordres sont privés de cette faculté et des organes qui en sont le siège.
De ce nombre sont, outre les cétacés en général , les ruminans j les soUpedes et le cochon. Les deux supinateurs et le carré pronateur manquent au daman ; mais on y trouve le rond pronateur.
D'après M. Guvier (i), les chauve-souris n'auraient ni pronateurs, ni supinateurs; nous devons dire cependant qu'elles possèdent positivement le rond pronateur et le court supinateur.
Lorsque ces muscles existent, ils n'offrent pas partout le même nombre et la même perfection.
Quand ils sont à leur summum de développement, il y a deux supinateurs et deux pronateurs.
4, 5. Des deux pronateurs que nous avons déjà vus fort généralement dans la classe des reptiles et celle des oiseaux, le supérieur ou rond pronateur se rencontre plus fréquemment
(i) Leçons, I, 298.
d'anatomie cojwPARLi;. 299
queV inférieur, ou can-é pronateur ^ qui est plus petit que l'autre. Le premier naît de la partie inférieure de Tépitrochlée et s'insère au côté antérieur du radius; le ^ecoW s'étend du cubitus au radius.
4.. Le jvnd pronateur existe seul chez le daman y où il constitue un muscle long- et fort.
Chez le dromadaire et le chevreuil, j'ai trouvé, en dedans du long fléchisseur de l'avant-bras , un muscle petit et mince qui, après s'être détaché au-dessus de l'épitrochlée , se fixait à la partie supérieure du côté interne du radius. Ce muscle ne peut être considéré, sans doute, que comme un petit rudiment du rond pronateur qui, dans ces animaux, se borne à remplir les fonctions de fléchisseur. Il est vraisemblable que ce muscle est général dans l'ordre des ruminans.
Le carré pronateur manque dans le tatou, tandis que le rond pronateur j est, au contraire;, fort large et s'insère à toute la moitié inférieure du radius , en occupant de la sorte toute la longueur de l'avant-bras.
Dans la plupart des autres animaux , on rencontre les deux pronateurs , savoir : dans V homme f les singes j les makis y les carnassiers ^ dans les marsupiaux , du moins chez les kangu^ rous et les sarigues; dans les rongeurs; chez Vaï et le fourmilier parmi les édentés ; enfin dans Vornitliorhjnque.
5oO TRMTÉ GÉNÉRAL
Ces deux muscles se présentent à divers degrés de développement.
Chez V homme , le. rond pronateur n'occupe pas toul-à-fait la moitié supérieure de l'avanlbras ; dans les singes ^ il descend davantage ; il atteint le cinquième moyen du radius. Il est plus fort dans les makis proprement dits; plus faible et surtout plus court chez les loris , où il s'étend seulement jusqu'au commencement du quart supérieur du radius.
Très petit , mince et alongé dans les chauvesouris , il correspond environ au cinquième supérieur de l'avant-bras ; il tire l'os et par suite l'aile , surtout en dedans.
Le phoque j le coati , Y ours et le raton y parmi les carnassiers, l'ont très long, épais et large ; il y descend presque jusqu'à l'extrémité inférieure du radius.
Il est court et mince chez d'autres, particulièrement dans Vhjène.
Le rond pronateur des sarigues y parmi les animaux à bourse , est très fort et s'attache au cinquième moyen du radius.
Dans le porc-épic , la marmote et les rongeurs en général , il s'étend presque jusqu'à l'extrémité inférieure du radius.
Il est très grand dans les édentés , surtout chez le tatou ^ Vaïel le paresseux , où il occupe presque tout l'avant-bras.
Chez Vaï, il se partage fort haut , à peu de
d'a^atomie cûmparkr. 3ui
tlistance de son orig-ine^ qui est simple , en une courte tête et en une longue; la dernière s'insère très bas au radius.
Dans V ornithorhjnque , il est long- , mais mince, el se termine au milieu du radius.
Il est digne de remarque que. dans les animaux dont l'avant-bras se trouve constamment en pronation , comme cela a lieu chez la plupart des carnassiers , cette position soit favorisée , indépendamment de l'absence du long supinateur, par le développement très considérable et la direction fort oblique de l'aponévrose ( ligament rond ou chorda obliqua qui s'étend de Ja partie supérieure du radius au cubitus. Ainsi chez le renard, par exemple, j'ai trouvé ce ligament trois fois plus long que chez l'Aowwey il était, en outre, épais , et suivait tout-à-fait la direction du pronateur antérieur.
5. Le carré pronateur , dans les animaux où il existe , est ordinairement beaucoup plus long que chez V homme. Il ne constitue, en elFet, dans l'espèce humaine , qu'un muscle court, ayant la forme d'un carré presque parfait , et correspondant seulement au cinquième inférieur de l'avant-bras.
Il n'est pas plus développé dans le coaïta. Chez le magot et le saï, il occupe à peu près un quart de l'avant-bras. Dans les makis, il ressemble davantage ;i celui de l'homme ; il
3o2 TRAITÉ GÉNÉRAL
correspond seulement au cinquième de celle porlion du membre anlérieur.
Chez les loris y il est fort along-é, eX occupe le quart inférieur.
Il règne dans le dernier tiers de l'avanl-bras, chez le coati et Vours bi'unj dans le raton, parmi les carnassiers y il correspond à la moitié inférieure de cette portion du membre.
Chez Vow's blanc, je l'ai trouvé plus petit des deux côtés, guère plus grand que chez V homme; il n'avait à peu près que le quart de la longueur de l'avant-bras. Dans d'autres carnassiers^ par exemple, Vhjène, le cliien et le chat y il s'étend dans presque toule la longueur de l'avant-bras, et par son extrémité supérieure aboutit presque aux fléchisseurs de l'avanl-bras.
Chez le kangurou , il occupe la moitié inférieure de l'avanl-bras. Les sarigues offrent la même disposition que les carnassiers mentionnés d'abord. Parmi les rongeurs, il occupe presque toule la longueur de l'avant-bras, dans V agouti, la moitié inférieure , chez le pow-epiCy et le tiers inférieur dans la marmote.
Ce muscle est très petit dans Vaï, peut-être plus pelit que dans tout autre aniinal , puisqu'il a bien plus de largeur que de longueur; il cor- , respond tout au plus au huitième inférieur de l'avanl-bras.
Le phoque n'aurait pas de carré pronaleur , suivant M. Duvcrnoy. C'est une erreur; il
d'akaïomiiî comparée. ùoT)
y en a nn, quoique très faible el indiqué seu- Jement par quelques faisceaux , qui existent dans le tiers inférieur de l'avanl-bras.
6, y. Lorsque le membre antérieur est parfaitement développé , on y trouve un long et xm court supinateurs . Ils vont Tun et l'autre de l'épicondyle au radius. Le long supinateur, qui est beaucoup plus étendu que l'autre^ est le premier des muscles qui se détachent de l'épicondyle ; il s'insère à l'extrémité inférieure du radius. Le court supinateur naît au-dessous des autres muscles épicondjliens , qui le recouvrent; il contourne presque toute la périphérie de l'extrémité supérieure du radius , ordinairement du tiers supérieur de cet os. Il est plus constant que le long- supinateur.
On rencontre les deux supinateurs dans V homme , les singes , les makis j les loiis j parmi les carnassiers , chez le raton, ïoiirs , le coati, le blaireau , Vichneumon , la marte , le potto , la loutre et le chat; parmi les mursupiaux, dans le sarigue et le kangurouj i^?ivm\ les rongeurs, chez le hamster ai la uiarmote , dans laquelle le longnaît presque du milieu de l'humérus ; parmi les édentés , dans Vaï , le fourmilier ; et parmi Ic.^ moiiotrèmes y au moins chez Vornilhorhjnque.
Le long^ supinateur manque, au contraire, dans les c}iau<i>e-souris , àmxM V hyène , le chien e\ \h hérisson , parmi les carnassiers; dans le
TftAITÉ GÉNÉRAL
lièvre, le porc -ép ic agouti , lepaca, le castor, le rai et YhélamjSy parmi les rongeui^.
8. C'est clans l'^i que le long supinateur m'a paru être le plus développé. 11 y prend naissance aux trois quarts inférieurs de l'humérus, et s'insère à presque toute la moitié inférieure du radius.
Il peut être partagé, dans l'ai et le fourmilier, en deux moitiés fort distinctes. La supérieure, qui est beaucoup plus longue que l'autre, descend jusque vers le carpe ; une petite partie de celte moitié se fixe au radius , le reste se perd dans l'aponévrose palmaire. La moitié inférieure du muscle s'attacbe à l'avant-dernier quart du radius. Chacune de ces moitiés considérée à part est très considérable , très haute et très large; ce qui est vraisurlout pour l'inférieure.
Dans le tatou, les deux supiriateurs semblent confondus. L'humérus ne donne naissance à aucun muscle au-dessus de l'origine de l'extenseur radial de la main ; au-dessous de lui il y a , au contraire , un muscle très fort^ qui se rend à la moitié supérieure du bord antérieur du radius et qui n'est que fléchisseur. Il est possible cependant que ce soit le court supinateur, et que le lon^ y manque.
Le long supinateur de V ornithorhjnque s'élend jusqu'à la première rangée des os carpiens.
Il est petit , dans les sarigues, où son tendon au lieu d'aller au radius , s'insère au scaphoïde.
d'anatomie comparée. 3o5
Dans la loutre, il naît loin de l'extenseur radial de la main , presque de l'extrémité supérieure de l'humérus ; il en résulte que sou insertion devient bien plus avantageuse , pour ne pas gêner les mouvements vigoureux d'élévation qu'exécute la main dans la natation.
Il a la même origine chez les chats ; il y est long , mais très mince ; il a pu ainsi échapper facilement à M. Cuvier (i).
Je l'ai trouvé dans le chat saiwage aussi Lien que dans le domestique , et que dans la panthère.
Le long supinateur du phoque se divise en deux muscles. L'externe et superficiel , plus long et plus mince que l'autre , s^étend du commencement du tiersinférieur de l'humérus, à l'extrémité carpienne du radius. L'interne, plus profond et beaucoup plus fort , mais plus court , va de tout le tiers mojen de l'humérus au troisième quart du radius. Le dernier muscle est très fort.