Muscles du Pied
a. Muscles du Tarse et du Métatarse, §.218.
Les mouvements généraux du pied sont opérés par les muscles du tarse et du métatarse, que l'on peut diviser principalement en fléchisseurs et en extenseurs de cette partie.
1 . Le tihialon jambier antérieur existe fort généralement dans la classe des mammifères. C'est le plus interne et ordinairement l'un des muscles les plus considérables de la région antérieure de la jambe ; dans plusieurs genres, c'est même le muscle le plus développé de Cette région.
Il a le plus souvent deux faisceaux d'origine , entre lesquels passe l'exd^nseur commun des orteils , chez les animaux où il prend naissance au fémur. Le faisceau interne , plus fort, vient de l'extrémité supérieure de la face externe du tibia et de la partie supérieure du péroné ; son faisceau externe est plus petit et se détache de la petite tête du péroné. Le muscle se porte obliquement en dedans et en bas , s'insère au côté interne et inférieur de la basedu premier os du métatarse, souvent aussi à celle du premier sartien delà rangée antérieure.
Dans les solîpèdes , ce fort muscle se détache
4lO TRAITÉ GÉNÉRAL
en haut, du côté antérieur de l'os du canon, puis se porte en dedans et en avant. En bas, son tendon se divise en deux languettes , dont l'externe se fixe au milieu de la face antérieure de la base de l'os du canon ; l'interne prend son attache au rudiment de l'orteil interne et aux os tarsiens internes Outre qu'il fléchit le pied, il est peut-être à la fois extenseur du gros orteil.
Dans le dromadaire et les autres ruminans . il est plus faible ; son ventre musculaire est Irës court: son tendon est long*.
Le jambier antérieur est d'un volume médiocre dans les pachydermes.
Il a deux têtes dans Vornithorhjnque j l'interne et supérieure prend origine à la rotule , l'inférieure au tibia.
Le tibial antérieur de Vaï et du fourmilier didactyle est surtout fort développé ; il consiste en deux têtes, dont^a plus longue vient de la moitié supérieure de la face interne du tibia ; l'autre , qui est plus courte et plus épaisse, naît des deux tiers inférieurs du péroné. Ces deux têtes s'attachent, par un tendon commun^ au rudiment du pouce. La tête externe est peutêtre l'extenseur du gros orteil.
Parmi les rongeurs, le porc-épic n'a pas un tibial antérieur distinct de l'extenseur du premier orteil. Il en est , au contraire, lout-à-fait séparé dans la mannote , les cabiais , Vécureuil,
d'ainatomie comparée. 4ii
le hamster, VJiélamjs et le castor. Je l'ai trouvé très fort chez la marmote ; il y est , clans toute la moitié supérieure de la jambe , partagé en une téletibiale, bien plus grande, et en une tète péronéale , plus petite.
Dans les sarigues, il s'attache à la face supérieure du métatarsien du premier orteil et élève parla le pied^ comme l'extenseur radial élève la main. Dans ce mouvement d'élévation , le pied forme un angle droit avec la jambe.
11 est très grand dans le kangurou.
Il est surtout fortement développé dans le coati et le raton, parmi les carnassiers.
Il est aussi très considérable dans les chéiroptères.
Dans les quadrumanes et V homme , c'est un muscle assez notable. Il est surtout très fort dans les makis.
2 , 5. Il existe en général deux élévateurs ou fléchisseurs externes du pied; ce sont les muscles péroniers. Le supérieur ou long péronier prend son origine dans la région supérieure du péroné, ou à la face externe de l'os de la jambe ^ ou enfin au condjle externe du fémur. \J inférieur ou court péronier naît au-dessous de lui, du péroné. Ces deux muscles sont tendineux dans une longue étendue ; leurs tendons juxtaposés contournent la malléole externe, et se portent au bordpéronéal du pied. Le court péronier s'arrête sur ce point, en s'insé-
rant, en arrière et en dehors, au cinquième métatarsien le tendon du long péronier , au contraire , contourne le bord externe dy pied, pour aller s'attacher, à la partie interne de la plante du pied, à plusieurs métatarsiens , mais principalement à l'extrémité postérieure du deuxième.
Ces deux muscles ne se rencontrent pas dans tous les mammifères.
Dansles solipèdes, il n'j a qu'un péronier très mince, qui se détache, en dehors, du condjle externe du tibia , et dont le tendon , au niveau du milieu de l'os du canon ^ s'unit au tendon du long extenseur commun des orteils.
Chez les ruminans , il y en a deux qui viennent du tibia. Le long est plus faible et passe sous le tarse.
Le court péronier devient tendineux déjà au milieu de la jambe , descend le long du bord externe de l'os métatarsien , s'épanouit sur la première phalange des orteils et se confond avec le tendon externe de l'extenseur commun des orteils.
Les deux péroniers existent dans le coc/io/z; le long se détache, en haut^ exclusivement du tibia; le court vient , au contraire , du péroné , et se fixe ^ en dehors, à toutes les phalanges du troisième orteil, c'est-à-dire du quatrième des autres animaux.
Il remplit , par conséquent , dans ce pachjr-
d'anatomie comparée. 4i5
derme y. les fonctions d'extenseur des orteils.
Le daman possède aussi les deux péroniers. Le long y est très grand et fort ; le court est très petit , mais se rend à la première phalange du troisième orteil, dont il est, par conséquent, l'extenseur.
Les deux péroniers existent également dans Vornithorhjnque jtXsj tirent leur origine uniquement du péroné.
Ces deux muscles sont surtout fort développés chez le fourmilier. Us y naissent du péroné. Le long est beaucoup plus faible. Le court semble confondu avec le troisième péronier; en elFet, il se divise en deux têtes , dont l'une va au cinquième métatarsien , l'autre à la première phalange du cinquième orteil , tandis qu'il n'y a pas la moindre trace du troisième péronier à l'extenseur commun des orteils.
Chezl'fli, le long péronier a deux têtes ; la plus longue vient de la cuisse , l'autre du milieu du péroné. Ce muscle ne contourne pas le bord externe du pied pour aller àla plante; mais il se termine à la base du métatarsien externe.
Le court péronier y est double; l'inférieur, plus épais naît de la malléole externe ; le supérieur , plus grêle , se détache au-dessus de lui. Ils s'attachent tous les deux à la tubé- Tosité du métatarsien externe.
Les rongeurs ont les deux péroniers, qui tirent leur origine du péroné. Dans \eporc-épic y
le long va principalement au premier métatarsien; il se porte en outre aux deux suivants et aux os cunéiformes.
Le court naît des deuxième et troisième cinquièmes du péroné , et se fixe à la tubérosité du cinquième métatarsien.
Lesdeux péroniers existent égalementet doivent leur origine au péroné , dans la mamiole , le castor, les souris, \esrats, les câblais, \ehamstereX V écureuil. Même disposition dans le Itangurou. Tous les deux naissent fort haut du péroné. Arrivé au tarse, le court péronier se divise en deux tendons, dont l'un se rend au cuboïde. l'autre à la première phalange du quatrième orteil.
Dans les sarigues , au contraire , le long péronier qui est fort , a trois têtes ; deux viennent du péroné; l'externe, qui est la plus longue, descend du condjle externe du fémur. Le court péronier vient de la moitié supérieure du péroné.
Les deux péroniers existent égaleraient chez les carnassiers.
Dans quelques-uns, notamment dans les genres marte , hyène , ours et coati, le long péronier vient de la face externe du condjle externe du fémur, comme dans plusieurs des animaux mentionnés.
Chez d'autres , au contraire, tels que le raton, qui est voisin des précédents genres, et le phoque, il lire son origine du péroné.
Chez Vhjèneet l'ours , on trouve réunies les deux dispositions ; le muscle y vient , par un petit tendon , du tibia et du péroné.
Dans la loutre , il prend naissance au fémur et au péroné.
Cliez Vhjène , il s'attache seulement à la tubérosité du cinquième métatarsien.
Le court péroné de cet animal envoie un petit tendon à la première phalange du qu atrième orteil, et s'insère, par son tendon principal , enavantdulongpéronier, au cinquième métatarsien.
Chez Vours, il J a deux petits péroniers ^ dont Fun , principalement l'inférieur , correspond incontestablement au troisième péronier.
Le supérieur , qui représente le court péronier ordinaire , descend de la moitié supérieure du péroné, et gagne les deux premières phalanges du cinquième orteil ; il est par conséquent devenu extenseur propre de cet orteil. L'inférieur , après s'être détaché des deux tiers inférieurs de l'os^ va au cinquième métatarsien, et, par le moyen d'une languette tendineuse^ au tendon le plus externe du long extenseur des orteils.
Les chéiroptères ne me présentent qu'un seul péronier.
Dans les quadrumanes et V homme , il n'y a que les deux péroniers ordinaires , qui , placés l'un au-dessus de l'autre^ prennent naissance au péroné.
Chez Vhoîïune , le tendon du court péronier se divise communément en deux, dont l'un se fixe à la tubérosité du cinquième métatarsien , l'autre au bord externe du quatrième tendon du long extenseur des orteils , et au quatrième muscle interosseux supérieur.
4. U extenseur du pied, ou triceps de la Jambe, a fort généralement trois têtes , dont les deux supérieures, les muscles jumeaux ou gastrociiémiens , prennent habituellement naissance , en haut, au côté postérieur des deux condjles du fémur; la troisième et inférieure, qui constitue le muscle soléaire, vient principalement du péroné. Ces trois têtes ont un tendon commun très fort , le tendon d'Achille, qui s'attache à la partie postérieure du calcanéura.
Les deux têtes supérieures sont plus constantes et en général plus grandes que l'inférieure.
C'est du moins ce que l'on trouve chez le daman , parmi les pachydermes ; dans les ruminans, les solipèdes; parmi les wngeurs, chez le castor , la marmote , le hamster, Vhélamjs , les lièi^res , Vécureud; dans les animaux à bourse; parmi les carnassiers , chez le chien , le blaireau, le chat, Vours , le raton, le coati; enfin, dans les quadrumanes et V homme.
d'awatomie comparée. ^ 4j7
Dans les édentés , du moins \al et le fourmilier , et surtout chez le dernier , le soléaire est plus grand que les jumeaux.
On trouve même des dilFérences entre les deux jumeaux : l'interne est souvent plus dé- A'eloppé que l'externe , par exemple , dans le daman et le cochon , parmi les pachydermes ; dans les solipèdesj dans les niminansj chez les fowmiliers, parmi les édentés; dans Vornithorhjnque s et enfin parmi les rongeurs y chez le castor, \d.marmote, V agouti, le hamster, Vhélamjs , le lièvre e\Y écureuil. Les deux jumeaux ont à peu près le même volume, dans les marsupiaux, surtout les sarigues j parmi les carnassiers , chez le chien, la marte, la mangouste d'Egypte y le blaireau , le raton, Voursj enfin dans les quadrumanes e\.Vhomme; mais il faut dire que même dans ces animaux, principalement chez les carnassiers , le jumeau interne est ordinairement un peu plus grand que l'externe.
Les jumeaux des solipèdes sont minces ; ils naissent, par un large tendon, des angles externe et interne du lémur, un peu au-dessous de son milieu. Un peu plus bas et entre les jumeaux , on voit se détacher du même os une troisième tête qui s'unit au tendon commun vers le milieu de la jambe.
Je crois devoir considérer cette dernière tête comme le muscle soléaire y situé plus haut que de coutume.