VI
lilH TRAITÉ GÉNÉRAL
Une clisposilion analogue est offerte par le dromadaire j seulement le muscle soléaire n'y est pas, comme clans le cheval^ renflé et charnu à sa partie supérieure ; mais il s'y présente absolument tendineux, quoiqu'il ait une épaisseur considérable. Il est charnu dans d'autres runimaiis , particulièrement chez les cerfs.
Chez \e cochon, je ne trouve que les jumeaux; ils s'insèrent isolément au calcanéum.
Le soléaire du daman est, au contraire, considérable ; il vient de la moitié supérieure du péroné.
Chez X ornithorhjnque , le jumeau interne seul prend son origine au fémur 5 l'externe la tire du péroné. Ils vont à la lubérosité ou grande apophyse du calcanéum. Le soléaire , au contraire , qui en est totalement séparé^ se termine à l'astragale.
Dans les édentés j le soléaire est un muscle large et plat, tout-à-fait distinct des jumeaux. Il vient du milieu du péroné chez les paresseux, de la moitié inférieure de cet os chez les fourmiliers. Son tendon se fixe^ en arrière de celui des jumeaux^ à la partie postérieure du calcanéum , tandis que celui de ces muscles s'attache à la face externe de l'os. Le jumeau externe de Vaï est , par exception , trois fois au moins plus£^rand que l'interne ; ils sont séparés jusqu'à leur insertion.
Le j umeau interne des JburmUiers est , comme
d'ajnatomie compahée. 4i9
de coutume, un peu plus grand que l'autre ; ils se réunissent avant de prendre leur insertion. Le triceps de la jambe est faible dans l'un et l'autre genre ; le soléaire est beaucoup plus développé que les gastrocnémiens, comme la remarque en a été faite.
Dans la marmote , parmi les rongeurs, le jumeau externe et le soléaire sont très petits. Le dernier vieot uniquement de la tête du péroné; il s'unit vers le milieu de la jambe au jumeau externe ; leur tendon ne reçoit que fort bas celui du jumeau interne. Les trois ventres du triceps de la jambe sont de même largement séparés dans le porc -épie et le castor.
Suivant M. Wiedemann (i), le jumeauinterue du castor serait par exception plus petit que l'externe. Mes recherches m'ont convaincu que celte assertion n'est nullement vraie. L'erreur provient de ce que l'auteur que nous citons a pris le plantaire grêle de cet animal pour une partie du jumeau externe.
Il le dislingue bien de celui-ci , en le qualifiant de tête moyenne ; mais il dit à tort qu'il s'insère à la tubérosité du calcanéum, puisqu'on voit distinctement son tendon se continuer avec le court fléchisseur des orteils. Cette tête moyenne, ou plantaire grêle , est assurément
(i) Archiv.Jiïr Zoologie, \S , i,p. 121.,
/|20 TRAITE GÉSÉUAL
bien plus grande que le jumeau interne ,ei même plus grande que les trois têtes du triceps de la jambe prises ensemble; mais le véritable jumeau externe est plus faible que l'interne. Le soléaire est, surtout dans le castor , très faible en luimême et relativement aux jumeaux.
Le soléaire manque au kangurou , parmi les marsupiaux.
Le jumeau eiterne de cet animal se termine par deux tendons , dont l'antérieur s'attache au tendon inférieur de l'extenseur de la jambe. Il résulte de ce rapport que, lorsque l'extenseur est en action, il tire à lui le triceps; disposition fort importante pour le saut. Le tendon postérieur vient du condjle externe du fémur. Considéré au reste d'une manière absolue, le muscle n'est pas fort. Les sarigues offrent une autre particularité; le jumeau externe yestentièrement séparé de l'interne; il naît, conjointement avec le plantaire grêle, non- seulement du fémur , mais encore de la léte du péroné. L'os sésamoïde, contenu dans son tendon supérieur, joue sur la téte du péroné. Comme cliez le kangurou , un petit tendon unit , en haut et en avant , ce muscle au tendon de l'extenseur de la jambe.
VdiVmiXes carnassiers, \e phoque a le jumeau interne inséré non-seulement au condjle interne du fémur , mais encore à l'exlrémilé supérieure de la face interne du tibia. Le sa-
d'anatomie comparée. 421
imire y manque toiit-à-fait. Il n'existe pas non plus dans Vhjène.
On le trouve, au contraire, chez V ours ^ le raton y le coati et la marte.
Il est n)£naie assez Yolumineux dans le coati et le raton.
Très petit dans la marte et Vours , le soléaire est entièrement isolé des jumeaux , et va , par le mo yen d'un tendon propre, de la tête du péroné à la tubérosité du calcanéum. La longue séparation de toutes les têtes du triceps de la jambe a lieu aussi dans le coati et le raton ; mais le soléaire y est plus grand, toute proportion gardée.
Chez le raton, le jumeau externe est entièment confondu avec le soléaire.
Le triceps de la jambe des chauve -souris est très faible; mais la tête inférieure y existe.
Dans les quadrumanes , le soléaire est proportionnellement plus grand que chez les carnassiers ; il s'unit aux gastrocnémiens sur un point plus élevé.
Chez les loris ^ il prend naissance à presque tout le péroné; dans Vatèle , il vient de sa moitié supérieure, et dans le magot, de la téte de cet os.
Chez les singes et Vhomme , les jumeaux prennent leur origine plus bas que chez la plupart des autres mammifères.
Dans plusieurs animaux, un des jumeaux ou
tous les deux, ont des os sésamoïdes, arrondis, contenusdans la partie anlérieurede leur tendon supérieur et immédiatement au-dessous de son origine.
Ces os sont rares chez Phomme; je ne les ai pas trouvés davantage dans le cochon et \esrwninans en général, ni dans les solipèdes, le phoque, V orniihorhjnque . Je lésai découverts, au contraire, dans l'un et l'autre tendon, parmi les quadrumanes , dansT^ièZe, le papion, Xesaï, le calUtriche , V ouistiti ordinaire , \q magot j le maMdrill Çsimia maimon L.) , le maimon (simianemestrina L y, le îuohgous ordinaire el le mongous à front blanc j ils existent aussi, parmi les carjiassiers , chez la marte, la loutre , la taupe ; parmi les rongeurs , dans la marmote , le porcépic, le lièvre j le cochon d'Inde , le hamster , la gerboise et V agouti. On les trouve seulement dans le tendon du jumeau externe, chez les loris j parmi les quadrumanes j dans les chauvesouris parmi les chéiroptères j dans les carnassiers, chez Vouj'S , le coati, le i^aton , le hérisson , le chat , le Ijnx , le chieîi y V hyène j parmi les marsupiaux , dans le kangurou et les sarigues; dans les rongeurs, chez V écureuil ^ le rat, le loirj Vhélaîujs ; parmi les édentés ( où cet os appartient cependant davantage au muscle poplité), dans Vaï e\. \e Journalier j parmi les j'uminans , chez le cerf j et enfin , parmi les pachydermes y dans le daman.
d'anatomie coMPAnÉE. 42^
A en juger même par Vhoi?ime, il y a aussi, sous^ ce rapport, des difTérences suivant les individus et les âges. ^
L'os sésamoïde des édentés m'a surtout paru volumineux , bien plus grand que celui des autres animaux.
5. Le ùbial ou jamhier postérieur prend naissance à la face postérieure du tibia et du péroné, entre le long fléchisseur commun desorteils et îe fléchisseur du gros orteil; il descend obliquement en dedans, con tourne la malléole interne, pour se porter en avant, au côté interne et à la face inférieure du tarse, où il s'insère à la plupart des os de la rangée antérieure.
Ce muscle manque dans les solipèdes , les ruminans , le cochon , le pécari , le daman , et, autant que j'ai pu voir^ aussi dans les chaiwesouris.
Dans les autres animaux , il est au contraire fort constant.
Son volume relatif varie. 11 est presque avorté è2Li\sV agouti , quoiqu'il y existe encore comme muscle propre , mais il y est si petit à la vérité qu'il est facile de le laisser inaperçu. Il naît par un ventre alongé, très faible, fort haut de la face interne du tibia, et s'insère , par un tendon mince et fort long, au haut de la face interne du tarse. 11 se comporte de la même manière dans le paca ; mais il y est un peu plus fort.
11 est un peu plus grand encore dans le
"TRAITÉ OÉnÉRAL
cahiai ; son maximum de développement se rencontre dans le capjbara ; mais partout il est tendineux dans une longue étendue.
Le tibial postérieur du castor est considérable, muni d'un long tendon et entièrement divisé en deux muscles, qui naissent immédiatement l'un au-dessus de l'autre, de la partie supérieure des régions interne et postérieure du tibia. Le muscle supérieur, qui est le plus grand, va en dedans et en arrière , au premier métalarsien, au mojen de l'os long et aplati, qui est silué en dedans et en bas du bord interne du métatarse , et qui est réellement l'os sésamoïde de èe muscle. Le muscle inférieur , plus petit, se rend au scaplioïde. M. Wiedeniann (i) a décrit ces muscles comme étant propres au castor ; cependant l'étude de ces organes et le silence de l'auteur sur le tibial postérieur prouvent l'exactitude de notre manière de voir.
Il est faible dans V ornitUorlijiique , Yaï , le fourmiller y \e porc-épic et les quadrumanes ; il esL plus fort dans la marmole , où il se divise déjà fort baut, en deux tendons, l'un pour le cunéiforme, l'autre pour le petit os scutiforme.
Médiocre dans les carnassiers en général, il se montre assez fort dans le phoque.
(i) Loc. ci t. ^ IV, I, p. ta5.
D^iKATOMIE COMPARÉE.
' Chez Vomitlwrhjnque, il contient^ à sa partie inférieure , un os sésamoïde développé , et il se prolonge jusqu'à la première phalange do, gros orteil.
h. Muscles des Orteils.
Les mammifères ont très généralement :
1» un long extenseur commun des orteils j 2» un court extenseur ; 3" un long extenseur propre du gj'os orteil.
Le long extenseur commun provient ^ soit de la tête supérieure du tibia, du ligament interosseux et du bord antérieur du péroné, soit à la fois aussi du condjle externe du fémur ; il ne va pas à tous les orteils, mais seulement aux externes; toutefois il les fournit tous, le premier excepté, et se prolonge jusqu'à la troisième phalange.
Le court extenseur commun ou pédleux nait ducalcanéum, se dirige plus en dedans que le précédent , et se rend à la plupart des, orteils internes.
Le long extenseur du gros orted vient de la région supérieure ou moyenne du péroné.
Ces trois muscles sont souvent confondus ensemble , particulièrement chez les animaux dont le pied est incomplet. Le court extenseur commun se partage très fréquemment en unç.
partie interne, plus petite, et une externe, plus grande; la première appartient communément au gros orteil.
En outre , il existe assez souvent plusieurs extenseurs propres^ destinés principalement aux orteils externes ; ils sont indiqués dans d'autres animaux et surtout chez l'homme, comme nous verrons plus loin^ par la partie inférieure du long extenseur des orteils, laquelle s'arrête communément en arrière au cinquième métatarsien et qui est appelé troisième péro^ nier.
Il résulte de mes recherches que le long extenseur commun des orteils naît , par le moyen d'un tendon mince, de la face antérieure du condyle externe du fémur, dans un grand nombre de genres. Il en est ainsi, dans les solipèdes ; les ruminans j "^^ivmi les édenlés y chez Vaï; dans plusieurs j'ongeurs , tels que les rats , le castor, le paca, ié porc -épie j la marmote et vraisemblablement dans la plupart des animaux de cet ordre ; parmi les carnassiers , dans les maries, du moins IdL marte commune {mustela martes), dans la loutre , le raton, Vours, le hérisson , Vhfène et le chien.
Son origine n'est au contraire fixée qu\î la jambe, dans Je cochon, le ^/rt/??r7«, peut-être dans tous les pachydermes j dans V ornithorh pique ; parmi les édentés, chez le fowiniUerGl le ialouj dans les marsupiaux . du moins les
d'ana-Tomie comparée. 427
kajigurous et les sarigues; parmi les carnassiers, chez le phoque, le coati; enfin dans les quadrumanes et Vhonime.
Chez les solipèdes , le tendon du muscle est deux fois plus long que son ventre charnu. Le tendon supérieur se continue à la face externe du ventre charnu et se partage, à la portion inférieure de la jambe , en une languette externe et en une interne. La dernière va en dedans, à la base de l'os du canon ; la seconde se rend au rudiment du troisième métatarsien.
Le tendon principal inférieur, qui est la continuation du ventre, se prolonge jusqu'à la troisième phalange des orteils.
Le court extenseur des orteils de ces animaux est très mince; il vient du calcanéum et se divise en un faisceau externe , se rendant à la partie supérieure de l'os du canon , et en un interne, plus long, qui s'insère au tendon du long extenseur, au-dessus du milieu de l'os métatarsien.
Dans les ruminans , le long extenseur compiun se partage^ un peu au-dessous de son origine, en deux ventres. L'antérieur, qui est le plus fort , se convertit , vers le milieu de la jambe , en un long tendon y qui règne le long de la face antérieure de l'os du canon , et se partage ^ à son extrémité , en deux languettes , dont une pour chaque orteil. \\ s'ajoute à ce
tendon, uji faisceau musculaire^ mince el aiongé , venant de l'extrémité supérieure du métatarsien et du calcanéum, qui se dirige à la face postérieure du tendon.
Ces parties musculaires sont, sans contredit, le long et le court extenseurs communs.
Arrivé au milieu de la jambe , le ventre postérieiir se divise en une tête antérieure^ plus petite, et en une postérieure, plus grande. L'antérieure, après un court trajet^ se continue en dedans avec un long tendon qui se rend à l'orteil interne. Cette portion antérieure est vraisemblablement le long extenseur du gros orteil.
La tète postérieure s'insère, en avant, à l'extrémité supérieure du métatarsien. M. Cuvier semble la considérer comme le tibial antérieur; il me parait cependant plus juste de la regarder comrae un péronier , ou comme une partie de l'extenseur commun , qui s'est arrêtée sur ce point, par suite de la longueur du pied; présomption que je fonde sur l'existence d'un vé-^ ritable tibial antérieur.
Dans le cochon , le long extenseur , après s'être détaché de la partie supérieure du tibia, au moyen d'un long et mince tendon, ne tarde pas à se séparer en un ventre externe et en un interne.
L'interne, qui est le plus grand , s'insère , par un tendon simple, à la partie postérieure
d'anatomie coMrAùÉE. 429
du métatarsien du premier orteil; le ventre externe se rend aux deuxième , troisième et quatrième orteils.
Il y a, en outre un autre petit muscle, long et alongé , qui vient du péroné; son tendon , qui a une longueur notable , perfore celui du premier ventre du muscle précédent et va à toutes les phalanges du premier orleil. Ce muscle représente probablement l'extenseur propre du gros orteil; mais comme il Se rend, à proprement parler, au deuxième orteil, il est plus exact de le comparer à l'extenseur de l'index. Il est à remarquer que l'on trouve quelquefois, même chez l'homme, un muscle considérable destiné au second orteil ; il est une répétition de l'extenseur de l'indicateur.
Le long extenseur commun du daman va à tous les trois orteils; le court ne se rend qu'aux deux orteils internes.
Dans Vornithorhynque, le long extenseur dit pouce est un muscle propre , qui tire son origine de la région supérieure du péroné. Le long extenseur commun est plus petit , prend naissance au-dessous de lui , et se rend aux quatre orteils externes , en se divisant eh un ventre interne qui se porte au deuxième orteil , et en un externe, destiné aux trois autres. Ati^^ dessous de lui se détache ùn muscle plus petit, qui se porte aux cinq orteils ; celui-ci est évidemment le muscle pédieiix ou court extèn-
43o TRAITÉ GÉNÉRAL
seur commun , qui remonte plus haut que de coutume ; car le pédieux n'est représenté par aucun autre muscle.
Le long extenseur commun du fourmilier n'offre rien de particulier: il va aux quatre orteils externes, tandis que le court extenseur, dont les ventres sont séparés dans une longue étendue , se rend aux quatre orteils internes. Un petit extenseur propre du cinquième orteil, le troisième péronier , naît du péroné, entre le long et le court extenseur commun, et se termine au quatrième tendon du long extenseur.
Chez Xaï, le long extenseur commun , chose digne de remarque, n'atteint pas les orteils^ comme cela s'observe dans plusieurs reptiles ^ il s'insère seulement au milieu du métatarsien moyen , par un tendon fort , mais simple.
Le pédieux, ou court extenseur, y est partagé en deux muscles , dont l'externe, qui est le plus long, est destiné aux deux orteils externes; le muscle interne, qui se divise à son tour en un tendon interne et un externe^ va à l'orteil interne.
Le long extenseur du pouce manque; mais il y a, en revanche, un troisième péronier, mince et très petit, qui tire son origine de la malléole externe, et qui s'insère, par deux tendons, au court extenseur externe des orteils.
d'anatomie comparée. 45 1
Dans le tatou, il y a un court extenseur propre , le troisième péronier , qui vient mérae du condyle externe du fémur.
Les extenseurs des orteils sont considérablement multipliés dans les rongeurs,
La /72r/;7?zote^ par exemple , offre les suivants :
1" Un long extenseur commun, formé d'une partie superficielle et d'une profonde. Celle-ci se divise après un court trajet, et s'attache à la région supérieure de la face dorsale du pied; elle Êxe en cet endroit la partie superficielle du muscle , qui fournit des tendons aux quatre orteils externes. Le tendon le plus externe se bifurque , et envoie un second tendon au quatrième orteil.
2° Un court extenseur des deux premiers orteils, qui vient de la partie supérieure du péroné. Le tendon de ce muscle se divise, à la face dorsale du pied, pour fournir aux deux orteils mentionnés; il s'attache au côté tibial du second orteil ;
3° Un extenseur propre du cinquième orteil, qui est mince, et provient du second cinquième du péroné;
4° Un semblable extenseur du quatrième orteil, naissant du même os, mais plus bas et plus en arrière;
5° Le court extenseur commun ordinaire, qui tire son origine du calcanéum et se fixe , par le moyen de trois tendons, au côté tibial du
second orteil ^ et au côté péronéal dés second et troisième orteils.
Il est vraisemblable que le troisième et le quatrième de ces muscles sont des parties du pédieux, qui sont situées plus haut que de coutume.
Le porc-épic présente la disposition ci-après :
1° Le long extenseur commun pourvoit de tendons les quatre orteils externes;
2° Le fléchisseur tibial antérieur est confondu avec le long exteoseur du pouce, et ne s'en sépare que fort bas à l'origine du tarse ;
3° Un muscle bien plus petit, venant du troisième quart du péroné, se rend au deuxième métatarsien et à la première phalange de l'orteil correspondant;
4° La partie supérieure du péroné donne naissance à un petit muscle qui va, en dehors, aux deux premières phalanges du cinquième orteil ;
5° La moitié inférieure de cet os produit un muscle semblable , destiné aux deux premières phalanges du quatrième orteil;
6» Le pédieux , qui est tout-^à-fait divisé en deux muscles , fournit seulenieht aux deuxième et troisième orteils; de sorte qu'une partie de ce muscle paraît également s'être portée plus il au t.
Oti (rouve dans le cas toi" :
là Le long extenseur commun qui, sur la
d'anatomib comparée. 45o
face dorsale du pied, s'unit par son tendon interne, à celui de l'extenseur du gros orieil.
3° L'extenseur du gros orteil , très petit ;
3o Un long extenseur du cinquième orteil^ naissant du condjle externe du fémur et du j)éroné, et s'attachant, par un faisceau externe, à la première phalange de l'orteil, et par un faisceau interne à la seconde;
4° Un petit extenseur du quatrième qui, se détachant de l'avant-dernier quart du péroné, se porte au côté externe de cet orieil, et est renforcé par le court péronier, à la face dorsale du pied ;
5o Un pédieux très mince qui , du calcanéum s'étend, en partie, au tendon du précédent, en partie aux tendons du long extenseur commun ; cette dernière portion est destinée aux deuxième et troisième orteils.
On trouve également un extenseur propre do gros orteil , tout-à-fait isolé, chez le hamster , V écureuil , V agouti , le cochon-d' Inde , le paca et Vhélamjs j il manque dans le lièvre.
L'existence de ce muscle , même dans les animaux qui n'ont que trois orteils , où il va au premier orieil , qui reçoit déjà le premier tendon de l'extenseur commun , me paraît fort curieuse; elle semble se rattacher au dévelop> pement plus parfait de la jambe , et surtout à la présence d'un péroné propre. Il en naît clans ces animaux toujours de la manière accontu- VI. 28
mée , au-dessous de l'extenseur commun; chez le lièvre, au contraire, le ventre destiné au premier orteil s'isole fort haut de la surface de l'extenseur commun.
Dans le kangurou, parmi les marsupiaux , le long et le court extenseur commun sont confondus; le court extenseur manque en majeure partie , on en totalité. ^
Le long extenseur^ qui naît du cinquième supérieur du péroné , se rend seulement aux troisième et quatrième orteils.
Il se divise en deux ventres , immédiatement après son origine.
Le ventre superficiel, qui est mince, va Jusqu'à la phalange unguéale du troisième orteil ; le ventre profond , bien plus fort , se divise , sur le métatarse, en trois faisceaux, dont deux se portent aux: deux premières phalanges du troisième orteil ; le troisième faisceau va à la phalangette du quatrième orteil.
Il se détache, en outre, de la partie supérieure et externe du tibia, un extenseur propre du gros orteil et du deuxième ; c'est un muscle très mince et entièrement séparé, qui se divise seulement à la base des deux premiers orteils.
Le long extenseur commun des sarigues ne présente rien de particulier ; il est seulement très faible.
Le troisième péronier tire son origine, comme
' d'anatomie comparée. 4^5
extenseur propre du cinquième orteil , du condyle externe du fémur et du péroné.
Le pédieuxest^ à l'instar de celui de Vornithorhynque, en partie éloigné de la face dorsale du pied et remonte plus haut; il naît, dans la profondeur^ entre et sous les muscles péroniers , de la face antérieure du péroné , et ne fournit qu'aux troisième , quatrième et cinquième orteils.
Le ventre , qui correspoad aux deux premiers orteils, est produit^ comme de coutume, par le calcanéum.
Le long extenseur du pouce est très considérable; son tendon passe à travers un fort ligament annulaire , disposition qui favorise beaucoup l'ab luction du gros orteil d'avec les autres.
Le long extense ur commun de Vhjène , parmi les carnassiers, se partage peu loin de son origine en deux ventres ; l'interne s'insère par deux tendons aux deux premiers orteils ; l'externe s'attache par trois tendons aux deuxième , troisième et quatrième orteils.
Le pédieux fournit seulement aux trois premiers.
Chez Vours , le long extenseur commun prend son insertion aux quatre orteils externes. Son tendon le plus citerne se bifurque ; la languette externe s'unit au deuxième et petit tendon d'un muscle qui vient de la partie in-^ férieure du péroné , et qui se rend lui-même
à la tubéroôité du cinquième métatarsien; le tendon qui résulte de leur réunion se fixe à la première phalange du cinquième orteil. La languette interne se termine à la seconde et à la troisième phalange.
Le gros orteil reçoit un extenseur propre , qui vient du tiers moyen du péroné.
Le pédieux se divise en trois muscles : lopour les deux premiers orteils ; 2° pour le troisième j 3° pour le quatrième orteil.
Chez le coati et le raton , le long extenseur commun fournit depuis le second jusqu'au cinquième orteil. Le dernier reçoit un muscle propre , venant de la partie supérieure du péroné. Le pédieux se partage en deux muscles ; Tun est destiné aux deux premiers orteils ; l'autre se rend aux troisième et quatrième.
\Jours, le raton et le coati possèdent également le long extenseur du pouce.
Le long extenseur commun du phoque est très développé ; son tendon se divise, sur le dos du pied, en quatre languettes. La plus interne d'entre elles se partage à son tour en deux autres plus petites, qui se portent aux deux premiers orteils. Le tendon propre aux deuxième et cinquième orteils se bifurque également.
Le pédieux y manque, au contraire, en majeure partie, surtout par sa portion externe; sa portion interne est destinée uniquement au gros
d'anatomie comparé i:. 4^7
orteil : le long extenseur commun y supplée par son grand développement.
On y rencontre en outre le troisième péronier; il est extenseur propre du cinquième orteil , et est séparé de l'extenseur commun , tandis qu'il est uni, par un fort prolongement, au long péronier. Ce muscle provient de la tète du péroné ; il se rend au milieu du cinquième métatarsien, et à la base de la première phalange de l'orteil correspondant.
Dan^ la marte , le pédieux est partagé en deux muscles ; un interne , plus petit , et un externe plus grand. L'interne va, conjointement avec le tendon du long extenseur du pouce et avec celui du long extenseur commun, aux deux premiers orteils ; rexterne se fixe, en dehors, aux deuxième^ troisième et, quatrième orteils.
Dans ce genre , le troisième péronier constitue aussi l'extenseur propre du cinquième orteil ; il prend naissance au milieu du péroné, passe, avec les deux autres péroniers ^ par la gouttière de la malléole externe et s'unit^ sur la face dorsale du pied , au quatrième tendon de l'extenseur commun.
Le pédieux manque dans la taupe.
Les deux extenseurs communs existent dans les chauve-souiis ; mais ils y sont faibles.
Dans les quadrumanes , les différents extenseurs sont divisés , ou leur nombre est aug-
menté par la formation de nouveaux muscles,
1. Le long extenseur commun se comporte en général comme à l'ordinaire ; il va aux quatre orteils externes.
2. Le court extenseur commun, ou pédieux, se rend aux quatre orteils internes.
Dans les loris et les atèles, il est très distinctement divisé en plusieurs muscles , notamment en trois qui sont, chez les loris :
{a) Un court extenseur propre du gros orteil, qui s'étend du calcanéum, par un long tendon, au gros orteil ;
(b) Immédiatement à côté de lui, on en trouve un autre pour le cinquième orteil ;
(c) Et un troisième qui , de la racine des troi • sième et quatrième métatarsiens, s'étend à la base des trois orteils du milieu.
Dans les makis proprement dits , le court extenseur commun, ainsi que le long, vont seulement aux quatre orteils externes.
Il y a, en outre, un petit muscle long, naissant fort haut du péroné , entre les muscles péroniers , auxquels il* est inférieur en volume j il s'attache , par un tendon qui est fendu dans une longue étendue, aux quatrième ci cinquième orteils.
Dans les atèles, on voit les particularités suivantes :
[a) L'extenseur propre du cinquième orteil vient du quatrième cinquième du péroné j
d'anatomir comparée. 439
{b) Le pédieux est partagé en deux : le muscle interne , plus mince , va au second orteil , et le muscle externe aux deuxième , troisième et quatrième. Le premier orteil ne reçoit par conséquent rien du pédieux ; en revanche , le deuxième orteil reçoit un muscle propre , qui correspond manifestement à l'extenseur de l'index.
Dans d'autres singes , par exemple le magot ^ le court extenseur commun est moins divisé , et fournit aux quatre orteils internes.
3. Il existe dans cet ordre , du moins chez les singes , un long extenseur propre du gros orteil, qui vient du tiers moyen du péroné.
4. Les singes ont également un long abducteur propre du gros orteil , qui naît de la partie supérieure du tibia et du péroné, et recouvre dans cette région le tibial antérieur et le long extenseur commun des orteils ; il s'insère, en avant et en dehors du jambier antérieur , au côté postérieur du premier os du métatarse.
Ces deux muscles semblent être confondus dans les loris. Ces animaux n'ont qu'un seul muscle qui s'étend de la moitié supérieure du tibia à tout le gros orteil.
Dans les makis proprement dits, ils sont distincts l'un de l'autre, comme chez les singes.
On ne trouve chez l'homme que le lo/ig et le court extenseur commun , ainsi que le long extenseur du gros orteil j mais le nombre de leurs
44<^ TRAITÉ GÉNÛnAI.
têtes, principalement du pédieux, est très souvent aug-menté. Ainsi Je deuxième orteil reçoit UD muscle propre, et l'on trouve, indépendamment de l'extenseur du gros orteil , un muscle plus ou moins complet, qui peut être considéré comme un indice du long abducteur.
Le long extenseur commun de Vhomme a très généralement un cinquième ventre, externe et inférieur , qui ne peut être séparé qu'artificiellement ; il s'étend du péroné à la partie postérieure du cinquième , quelquefois aussi du quatrième métatarsien ; il a reçu le nom de troisième péronier.
Ce muscle est incontestablement le même que celui que nous avons signalé comme un extenseur propre du cinquième , et parfois même du quatrième orteil, dans les singes , et plusieurs autres animaux, oùcemuscle estmieux séparé et se prolonge davantage en avant. En efFet, 1° ce faisceau envoie souvent, chez l'/iowwe, un petit tendon jusqu'aux phalanges du cinquième orteil (il ; 2° il manque dans les animaux qui ont le long extenseur propre du cinquième orteil.
lues mammifères ^osMent très généralement: 1» un long fléchisseur commun des orteils j
[ (0 Meckel's menscîiliche j4nat.,U,3Qi.
d'awatomie comparée. 44 1
2° un court fléchisseur commun j 3" un long fléchisseur propre du gros orteil.
Le long fléchisseur conunun correspond au fléchisseur profond ou perforant des doigts ; le court fléchisseur commun des orteils correspond au flécliisseur sublime ou perforé des doigts du membre antérieur ; en effet, le premier est perforant et le second est perforé. Le long fléchisseur commun naît , en haut , de la face postérieure du tibia, et s'insère à la phalangette des quatre orteils externes. Le court fléchisseur commun vient en général du calcanéum ; il s'attache à la phalangine des mêmes orteils. L'aponévrose plantaire du long fléchisseur donne naissance aux muscles lombricaux , destinés à la première phalange des quatre orteils externes ; disposition semblable à celle qui se voit au membre antérieur.
Le long fléchisseur propre du gros orteil prend son origine en arrière et en dehors , au péroné ; son tendon s'unit fort généralement , dans la plante du pied , à celui du long fléchisseur commun.
4. C'est ici le lieu de considérer le plantaire grêle y muscle qui se joint très généralement aux fléchisseurs des orteils. Après s'être détaché du côté postérieur du condjle externe du fémur, au-dessus du gastrocnémien externe , il se porte en dedans^ en arrière du tendon commun du triceps de la jambe. Son déve-
loppement est d'ordinaire eti rapport inverse de celui du muscle soléaire. Il est, par cette raison , eu général bien plus développé dans les mammijhres que dans Vhomme.
Chez les solipèdes , le plantaire grêle et le court fléchisseur com/Tzw/î sont confondus ; ou, si l'on veut, le dernier est avorté. Le court fléchisseur est mince et prend naissance entre les deux jumeaux , et un peu au-dessous d'eux, à la face postérieure du fémur, vers l'union de son tiers inférieur avec le moyen. Le tendon du muscle se dirige d^abord au-devant de celui du triceps de la jambe; arrivé au calcanéum , il se place derrière ce tendon , s'épanouit et s'insère à la grande apophyse de cet os; puis il se prolonge en avant, est perforé sous la première phalange et s'attache , par deux languettes , à la phalangine.
Le grand fléchisseur commun et le long fléchisseur propice du gros orteil sont également confondus dans cette famille.
La longue tête du premier provient du condyle interne du tibia; la courte té te est un simple tendon , fourni par le calcanéum ; le fléchisseur du pouce se détache , au-dessous du poplilé, de la face postérieure du tibia. Le tendon de la longue léte se réunit, un peu plus haut que celui qui représente la courte têlc, vers le milieu de l'os du canon , au ten-
d'anatomie comparée. lyljy
don du long fléchisseur du gros orteil. Ce lendon commun perfore le. muscle précédent et s'attache à la phalangette.
Les muscles loliibricaux et interosseux sont représentés par un fort tendon , venant di' bout supérieur de l'os du canon. Ce tendon. dont l'extrémité supérieure produit, en paille , la courte tête du fléchisseur superficiel . est appliqué immédiatement à la face po^sérieure de l'os du canon; il se divise inférieureraent en deux languettes latérales , dont chacune se subdivise en une bandelette supérieure ou antérieure, et en une inférieure ou postérieure. La bandelette inférieure contient un os sésamoïde ; elle se rend à Textrémité antérieure de la première phalange ; la bandelette supérieure se porte à la face dorsale du pied et s'insère au tendon de l'extenseur.
Ce tendon , par son élasticité , s'oppose à la trop forte extension de l'articulation du pied , et empêche par là sa luxation en avant.
Les ruminans offrent généralement une disposition semblable. Le tendon du plantaire grêle , muscle qui y est plus développé , s'élargit fortement en manière de rotule dans la région de la grande apophyse ou tubérosité du calcanéum ; il descend au-delà , sans se diviser^ jusqu'à l'extrémité inférieure du métatarse > où il se partage en deux languettes perforées, une pour cliaque orteil.
444 TRAITÉ QÉMÉRAL
En outre, la face postérieure de l'os du canon donne naissance à un tendon, qui se divise en deux languettes, dont chacune s'insère à une languette du tendon du plantaire grêle.
Ce tendon représente incontestablement le court fléchisseur commun j il s'ensuit que ce muscle est plus développé dans les runiinans que dans les solipèdes.
En revanche , on ne trouve à la jambe et au tarse des ruminans que la longue tête du grand fléchisseur commun et celle du fléchisseur du gros orteil. Leurs tendons se confondent au métatarse ; le tendon unique qui en résulte se divise , vers l'extrémité inférieure du métatarse , en deux faisceaux qui perforent le muscle précédent.
Le tendon , qui représente les muscles lombricaux et interosseux , se comporte comme dans les solipèdes, et comme au membre antérieur.
Si j'en crois mes notes la conformation serait moins parfaite dans le dromadaire , qui €St privé du plantaire grêle. En revanche, le <:ourt fléchisseur commun y est représenté par un tendon venant du calcanéum , qui est situé sous le tarse et le tendon du fléchisseur perforant, et qui s'insère, en bas, à la face interne de la partie antérieure du tarse et à la fois à la base de l'os du canon. En ce point, il se divise en deux faisceaux latéraux perfores.
d'aNA-TOMIIS COMPAIUÎE. 44^
qui se rendent à l'orleil comme de coutume.
En considération de la grande exception que constituerait cette disposition , je n'ose pas assurer positivement que le plantaire grêlemanque au dromadaire; je me crois d'autant moins fondé à établir cette proposition^ que j'ai procédé à ^investigation de ce muscle , à la veille d'un voyage^ dans un moment où j'étais surchargé d'affaires. Il est possible, par conséquent , que le plantaire grêle n'ait pas été séparé convenablement des deux jumeaux. Cependant comme mes notes me donnent l'indication exacte des autres muscles, je crois au moins devoir appeler l'attention des anatomistes sur cet objet.
Chez le pore , la tête du plantaire grêle est confondue avec le gastrocnémien interne, et se rend , avec lui , au calcanéum ; mais son long tendon se fixe en outre aux deuxième et troisième orteils , et est perforé par celui du fléchisseur profond.
On trouve, sous le plantaire grêle, trois muscles séparés , dont les tendons s'unissenE • tous entre eux à la plante du pied.
Le plus faible est en même temps le plus externe et le plus superficiel ; il vient de la tête du péroné, et son tendon s'unit, vers le bas de la jambe , à celui du troisième que nous allonsdécrire.
Le second, plus long , mais également super-
44^ TRAITÉ OÉNÉKAL
ficiel , naît de la même rég-ion du péroné et de la face postérieure du tibia. Son tendon s'unit aussi à celui du suivant, mais seulement dans la région du tarse.
Le troisième enfin prend son origine entre les deux précédents^ au côté postérieur du tibia ; il est le plus gros et se divise inférieurement en quatre tendons , dont les deux moyens qui sont plus grands, s'implantent aux deuxième et troisième orteils; les tendons latéraux , plus petits , vont aux autres orteils et perforent celui du muscle qui précède.
Il est évident que le dernier est fléchisseur commun j et que le premier correspond au fléchisseur propre du pouce. Le second doit être regardé très vraisemblablement comme le tibial antérieur, qui sans cela manquerait.
Chez le daman , le plantaire grêle , qui est volumineux , reçoit le petit fléchisseur commun , au côté postérieur et interne du tarse.
Le fléchisseur profond est manifestement double \ le muscle externe qui est trois fois plus épais que l'autre, et qui correspond au fléchisseur du gros orteil , tire son origine du péroné ; l'interne vient du tibia. Arrivés au tarse , leurs tendons se réunissent et constituent un lendon large , qui ne tarde pas à se diviser en trois autres destinés aux doigts ; les deux tendons externes appartiennent distinctement au muscle externe. 11 n'y a point de traces du troisième
d'aNATOMIS COMPAliÉE. /j/jj
muscle que nous avons vu dans le cochon , bien que le tibial postérieur manque aussi toutà-fait au daman.
\J ornitliorli jaque n'offre qu'un fort fléchisseur profond qui s'étend du péroné aux phalanges unguéales et auquel se joint, dans la face plantaire du pied , encore un petit faisceau. Le tendon inférieur produit deux muscles lombricaux alongés, qui se rendent à la première phalange des deuxième et troisième orteils. Deux muscles semblables , destinés aux troisième et quatrième orteils , soot fournis , non par ce tendon , mais par le bord externe du tarse.
Ces divers muscles sont complètement séparés les uns des autres dans les fourmiliers , parmi les édenlés.
Le plantaire grêle, qui est ici également plus fort que le court fléchisseur commun , se porte du bord externe du péroné au calcanéum.
Le long fléchisseur commun, le plus fort de tous les muscles de la jambe , s'étend du tibia et du péroné aux quatre orteils externes.
Le long fléchisseur.du pouce j qui est faible , se rend au premier cunéiforme, sans atteindre le gros orteil.
Le petit fléchisseur commun , qui est peu fort, se détacbe du calcanéum et s'implante aux quatre orteils internes , par des tendons qui ne sont pas perforés.
448 TKAITÉ GÉNÉRAL
Dans l'ai', au contraire , le plantaire grêle, qui est considérable , se confond avec le fléchisseur perforant.
Le long Jléchisseur commun , le plus fort muscle de cette région de Vaï , prend naissance par trois têtes. Deux de ces têtes qui sont courtes viennent des deux os de la jambe; la troisième tête, qui est plus longue, naît de la partie inférieure du fémur y en dehors et au-dessus de la longue tête du triceps de la jambe , qui est beaucoup plus petite qu'elle. Cette dernière correspond incontestablement au plantaire grêle ; sa majeure partie est en effet séparée du reste du muscle. Les trois têtes se confondent vers le milieu de la jambe , et les trois tendons du muscle entier , qui sont arrondis, très forts et disposés absolument comme ceux des fléchisseurs des doigts, s'implantent aux trois orteils, de la même manière qu'au membre antérieur. Le long fléchisseur du pouce n'existe pas.
Le court fléchisseur commun est, au contraire , un muscle propre, très fort et formé de trois ventres ; il vient du calcanéum et est situé plus superficiellement que le précédent ; ses trois tendons, qui sont courts, se confondent avec ceux du long fléchisseur commun , immédiatement au-delà du point où ils sortent des cbefs charnus du muscle; ils n'en sont pas perforés. Dans cette disposition , la seconde
D*ÀNATOMIE COMPARÉE. 449
phalange ne reçoit pas plus de fléchisseur propre que la première, parce que les muscles lombricaux n'existent pas. La troisième phalange seule est fléchie avec force. Cette conformalion est incontestablement en rapport avec la soudure des phalanges antérieures.
il nous semble plus exact, cependant, d'admellre que les edentés sont privés du petit fléchisseur commun , et que celui qui vient d'être décrit représente la courte tête <!u fléchisseur perforant ; par la raison <|ue les tendons du premier ne sont pas perforés, et que l'analogie avec le membre antérieur milite en faveur de celte admission.
On ne trouve non plus aucune trace de l'aponévrose plantaire. Il n'existe, de même , qu'un ligament annulaire, long et très fort, sur la première phalange.
Le plantaire grêle est encore confondu avec le fléchisseur superficiel dans les rongeurs ^ le kangurou et les carnassiers s le tendon élargi du muscle^ après s'être attaché au calcanéum, en arrière du tendon d'Achille , se porte à la plante du pied, et fournit les tendons perforés qui vont aux deuxièmes phalanges.
Le développement du court fléchisseur commun off're cependant plusieurs variétés.
Ainsi, dans la marmote , par exemple, on n'en trouve point de trace, et, en général, point de vestiges de fibres charnues. Le tendon VI. 29
45o TRAITÉ GÉNÉRAL
du plantaire grêle se partage, seulement à la plante du pied, en une couche superficielle, qui est l'aponévrose plantaire, et en une profonde, qui se divise et forme les tendons perforés.
Le kangurou, le lapin, le phoque n'ont également point de court fléchisseur commun , isolé.
Dans les kangurous, la disposilion de ces muscles ofFre plusieurs particularités. Le tendon de leur énorme plantaire grêle est plus large que le tendon d'Achille^ et s'implante, en arrière de lui, au calcanéum. Le court fléchisseur commun manque tout- à-fait ou n'est que la continuation de ce tendon. Ce tendon se divise, au talon, tout-à-fait en arrière, en un faisceau interne , plus grand , et en un externe , plus petit. L'interne est destiné au troisième orteil; il est perforé deux fois; une première insertion se fixe à la première phalange, une seconde s'attache, au-delà de sa seconde fenle , à la phalangette. Le faisceau externe s'implante à la phalangine du quatrième orteil.
Dans le porc-épic , on voit distinctement le court fléchisseur commun se détacher du calcanéum, et se joindre au tendon du plantaire grêle.
Le castor aussi a un fléchisseur superficiel isolé , qui vient du calcanéum ; mais il ne fournil des tendons qu'aux trois orteils du milieu.
d'aNATOMIE comparée. iiùl
îl y a, de même, des traces de ce muscle dans les chiens , les îijènes et les chats.
Ces Iraces sont imparfaites dans les chiens. Le tendon du plantaire grêle s'y divise, comme de coutume, pour les orteils; mais il se détache, en outre, du tendon du fléchisseur profond, deux faisceaux musculaires destinés aux deuxième et troisième tendons du plantaire grêle.
Une disposition semblable se rencontre dans Vhjène. Le tendon du pi an taire grêle se divise en quatre languettes, en regard du point de réunion du tendon du profond fléchisseur avec Celui du fléchisseur du pouce. 11 existe, à la face inférieure des troisième et quatrième languettes, une portion charnue qui vient du quatrième métatarsien, et qui représente sans doute le petit fléchisseur commun. Tous les tendons vont à la phalangine. Les trois externes sont fendus; le premier ne l'est pas, mais il offre une gouttière, qui loge le premier tendon du long fléchisseur commun. Ce tendon et le deuxième ligament vaginalfoiirnissent plusieurs fortes languettes tendineuses^ qui se perdent principalement dans le bourrelet graisseux , placé en avant de la plante. Les petits muscles lom])ricaux existent.
Le court fléchisseur commun du chalest bien plus développé. Le tendon du plantaire grêle ne se divise pas , mais il donne naissance^ dans
la plante du pied, au court fléchisseur commun, qui est un muscle propre et fort, fournissant des tendons à tous les quatre orteils.
Dans Vours et le raton, le tendon du plantaire grêle produit également , à son côté interne, un petit fléchisseur commun alongé, qui est destiné exclusivement aux deuxième et troisième orteils : le tendon du plantaire grêle se porte plus en avant, et se bifurque pour se porter aux quatrième et cinquième orteils , dont les tendons sont absolument indépendants du court fléchisseur.
Chez le coati, au contraire^ le plantaire grêle se continue bien , en passant par-dessus le calcanéum , avec l'aponévrose plantaire; niais il n'est nullement en rapport avec le court fléchisseur commun : celui-ci est un muscle propre, mince et fort alongé , qui s'étend du calcanéum à tous les orteils, le premier excepté.
Le court fléchisseur commun est également un muscle propre dans les sarigues. A l'instar du court extenseur des orteils , il est remonté de la plante du pied à la jambe ; mais il tire son origine seulement de la face inférieure du profond fléchisseur , qui est bien plus fort que lui, et du long fléchisseur du pouce. Il est partagé en deux faisceaux ; un externe^ venant du long fléchisseur commun, bien plus considérable que l'autre , est destiné aux trois orteils
d'awatomie comparée.
externes ; l'interne , beaucoup plus faible et plus court, s'étend clu tendon du long fléchisseur du pouce au second orteil ; tous sont perforés. Le tendon du faisceau interne donne naissance au muscle lombrical du deuxième orteil.
Le grand fléchisseur commun et le long fléchisseur du pouce ne se comportent pas de la même manière dans tous les animaux que nous venons de considérer.
Dans la marmote, ils forment un muscle unique qui vient du tibia et du péroné j son fort tendon ne se divise qu'à l'extrémité antérieure du métatarse ; il se porte aux cinq orteils. La courte tête existe.
Le lapin n'aurait pas le long fléchisseur du pouce, d'après M. Cuvier (i) ; cependant les deux muscles qui nous occupent j existent réellement ; mais ils sont très rapprochés l'un de l'autre , et leurs tendons se réunissent déjà au bas de la jambe.
Ils sont , au contraire^ séparés davantage dans le cochon-d'Inde , Vagouti et le paca.
Les deux muscles sont distincts dans le porc' épie j mais leurs tendons se confondent au tarse.
Ils sont entièrement soudés l'un à l'autre dans le kangurou. Le muscle unique qui en résulte, prend son origine au côté postérieur du quart
(1) Leçons f \, Zg5.
supérieur Jes os de la jambe ; son teiidou glisse derrière l'astragale et se divise en trois , un peu eu avant du milieu du métatarse. Le premier de ces tendons se bifurque à son tour à la base de la première phalange. Le deuxième seul est perforant. Tous parviennent à la phalange unguéale.
Le fléchisseur perforant commun et le fléchisseur du gros orteil sont également conlondus dans les genres hyène, chien et chat. Le flécliisseur du pouce est faible ; son tendon se Confond, au commencement du métatarse, avec le tendon du grand fléchisseur commun. Le tendon du dernier se bifurque dans VJijène j mais la réunion s'opère de nouveau déjà à la partie inférieure de la jambe. Ce tendon commun , avant de se diviser , envoie une languette considérable et qui s'épanouit dans le bourrelet graisseux postérieur.
Dans Voiirs, les deux muscles en question constituent aussi un muscle unique , formé de trois lêtes. La troisième tête correspond atf petit fléchisseur commun venant du calcanéum , qui se rend au tendon du fléchisseur du pouce, en passant sous le tendon du fléchisseur perforant, auquel il n'est uni que par du tissu cellulaire. Les deux autres lêtes ont à peu près le même volume.
Le coati, le bhircau , le raton Qi Va marte olFrent une disposition semblable.
d'anatomie comparée.
Plusieurs des animaux qui viennent d'être mentionnés sont privés des muscles lomhricauXy bien que leur fléchisseur profond soit parfaitement développé. Cette remarque s'applique surtout à Vaï, au phoque j et vraisemblablement aussi au kangurou. En effet , il n'y existe point d'autres muscles indépendamment de ceux qui ont été décrits.
Les lomhricaux existent , au contraire , dans la plupart des autres.
Chez Xours , le tendon commun des fléchis^ seurs donne naissance à cinq lorabricaux : deux d'entre eux sont destinés aux deux côtés du cinquième orteil ; les trois autres se rendent au côté tibial des deuxième , troisième et quatrième orteils.
Dans les chauve-souris ^ les deux fléchisseurs communs des orteils sont assez forts : le court ou superficiel fournit , à sa partie postérieure , une forte bandelette charnue^ alongée , qui va au long os surnuméraire qu'elle tire en dehors. Un autre muscle, plus fort, s'étend du bord péronéal du tarse au milieu du même os , et le tire en dehors et en bas. Par là , ces deux muscles tendent la partie inférieure de la menxbrane du vol.
Dans les quadrumanes^ le plantaire grêle se perd aussi dans l'aponévrose plantaire; mais ils ont toujours un court fléchisseur commun. En outre , le grand fléchisseur commun et le long
fléchisseur du pouce ne sont nullement dislincls du plantaire grêle.
Dans les lon's , le plantaire grêle naît, comme à l'ordinaire , du fémur, principalement de son condjie interne. Au milieu de la jambe , il s'y joint une courte tête , qui vient de la moitié supérieure de la face interne du tibia. Le tendon commun envoie d'abord un tendon pour le gros orteil.
La face plantaire du tendon commun donne naissance plus bas à un muscle mince , formé de quatre ventres, qui envoie les tendons perforés , très minces, aux autres orteils; c'est évidemment le court fléchisseur superficiel qui, dans ces animaux , ne vient pas non plus du calcanéum.
Le tendon, encore indivis vers la première phalange, se soude au tendon plus fort du fléchisseur profond.
Ce dernier muscle est plus mince ; il naît, en haut , de la moitié externe des deux os de la jambe, et fournit des tendons perforants à^ous les orteils.
Les deux tendons du gros orteil s'unissent entre eux; ils ne sont ni perforés, ni perforants.
Les muscles de cette région offrent encore, chez les loris, les particularités suivantes :
lo Un muscle mince s'étend du calcanéum à la phalangette des quatre orteils externes.
2" Les forts muscles lombricaux produite par
d'anatomie comparée. 437
le long fléchisseur commun , sont charnus dans toute l'étendue de la première phalange; ils sont réellement doubles; les postérieurs s'implantent à la phalange , les antérieurs à la phalangine. Il y a , de même , dfcs lombricaux externes et des internes.
Le pied de ces quadrumanes présente , par conséquent , les dispositions que nous avons déjà signalées à leur main , puisque le premier de ces muscles appartient aux lombricaux , le court fléchisseur commun existant sans cela.
Les makis proprement dits n'off'renl pas cette disposition à leur pied, pas plus qu'à leur main ; leur quatrième orteil seul m'a présenté un lombrical externe, un peu plus avancé et destiné à la première phalange.
J'ai vu manquer le plantaire grêle des deux côtés , dans Vatèle , parmi les singes ; j'y ai trouvé toutefois une aponévrose plantaire, faible. Mais comme je n'ai pu examiner qu'un seul individu de ce genre, je ne sais pas si la disposition que je signale est générale ou non ; car ce muscle manque quelquefois dans V homme , et existe d'ailleurs aussi généralement dans les singes.
Dans le magot , il va au calcanéum , mais non dans le papion.
Il y a, dans ces animaux, plusieurs autres diflierences.
Dans le magot et le papion , la partie du court fléchisseur commun, qui est destinée
au second orteil , vient de la grande apophyse du calcanéum ; dans le mandrill [simiamaimoji), cette partie se rend, d'aprèsM. Cuvier(i), au premier orteil; dans Vatèle , je l'ai vue aller aux deuxième, troisième et quatrième orteils.
Chez le magot j les tendons perforés des troisième , quatrième el cinquième orteils , viennent aussi de la région du talon ; mais ils naissent du tendon du long fléchisseur commun , avant que ce tendon s'unisse à celui du long fléchisseur du pouce. Des deux longs fléchisseurs, l'externe et le plus grand qui correspond au fléchisseur propre du g-ros orteil , s'étend du péroné aux quatre orteils externes ; mais avant de se diviser pour eux , il envoie un tendon au premier orteil.
L'interne, ou le grand fléchisseur commun , qui descend du tibia , envoie également un faisceau au tendon destiné au premier orteil , et un autre tendon plus grand, qui s'unit à celui du muscle précédent. Le papion offre la même disposition.
Vatèle a une conformation encore plus compliquée. "
Le muscle externe , venant du péroné , ou le fléchisseur propre du gros orteil , est plus fort que l'interne, qui provient du tibia, et que l'on considère comme le grand fléchisseur commun.
(i) Lcçon<! , I , SgG.
d'anatomie comparée. 4^9
Les lendons ont à peu près le même volume.
Le tendon du long fléchisseur du gros orteil se partage en deux faisceaux, dont l'un est interne et plus petit, l'autre étant externe et plus grand. Celui-ci est un faisceau composé , dont la partie interne provient du horâ interne du tendon du fléchisseur commun, et se rend au gros orteil, conjointement avec la première languette de ce tendon ; la partie externe du faisceau se joint à la courte tête , qui vient de la grande apophyse du calcanéum , et se porte, avec le tendon de cette tête , aux quatrième et cinquième orteils.
Le tendon du long fléchisseur commun fournit aux quatre premiers orteils. Celui du quatrième orteil est, dans toute sa longueur , entièrement séparé du tendon interne que la courte tête envoie au même orteil; mais ils sont perforants tous les deux.
Le tendon de la courte tête produit le muscle lomhrical du cinquième orteil ; ceux des quatrième , troisième et deuxième doivent leur origine au tendon commun dufléchisseurcommun.
Plus haut , on voit trois ventres musculaires ; le premier naît du tendon du fléchisseur du pouce, avant qu'il ne se divise; le deuxième et le troisième viennent du fléchisseur profond. Les deux premiers s'unissent entre eux. Le premier produit le tendon perforé du cinquième orteil. Tous réunis donnent naissance à deux tendons qui s'implantent à ceux des tendons du
46o TRAITÉ GÉNÉRAL
court fléchisseur perforé, qui sont destinés aux troisième cl quatrième orteils. Les fentes des tendons perforés sont fort larges.
Celte disposition si compliquée est calculée pour produire une flexion vigoureuse. Conformément à cela, le tendon des muscles lonibricaux prend son insertion fort en avant sur la première p'ialange.
Chez Vhornmef le plantaire grêle est tout-àfait séparé du fléchisseur ; il est très mince , muni d'un long tendon, et s'attache en bas il la face interne du calcanéum. A la plante du pied, le tendon du long fléchisseur du gros orteil , muscle qui est bien plus considérable que le grand fléchisseur commun, s'unit, par line forte languette propre, au tendon du deuxième orteil , provenant du long fléchisseur commun , qui reçoit une courte tête de la grande apophyse du calcanéum. Le muscle court fléchisseur commun vient seulement de la tubérosité du calcanéum , et pourvoit les quatre orteils externes , quelquefois seulement les trois du milieu.
Les orteils ont, comme les doigts: lo des muscles communs qui sont courts , ou des interosseiioc ; 2° des muscles propres à l'orteil le plus externe; et 5" des muscles pmpres à l'orteil
d'anatomïe comparée. 4^1
le plus interne ou premier orleil. Tous ces muscles s'étendent du larsé ét du métalarse aux phalang-es.
I. 11 a déjà été indiqué que ces muscles manquent dans les solipèdeSj ou sont remplacés, avec les lombricaùx , par un tendon commun (i).
Les interosseux existent, au contraire , dans le cochon, le daman, V ornithorhynque , les édentés , les rongeurs , les marsupiaux , les carnassiers , les quadrumanes et Y homme.
Dans Vornithorhjnque , ils se comportent absolument de la même manière que les interosseux de la main (2); à cela près qu'ils sOnt plus minces et plus grêles. En outre , les deux lombricaùx externes sont des muscles propres , qui vont du tarse aux quatrième et cinquième orteils.
l/aïa. des interosseux considérables^ tOut-àfaît confondus avec le court fléchisseur commun ; mais ils existent seulement à la face dorsale du pied.
Les interosseux des rongeurs , des carnassiers et des makis, au contraire, exercent principalement la fonction de fléchisseurs ^ aussi sontils situés tout-à-fait à la plante du pied.
A en croire M. Wiedemann (3), le cinquième
(i) Voyez pag. 443.
(^) Voyez pag, 346.
(3) Archiv Jûr Zoologie, etc., IV, i24'
orleil du castor n'aurait point d'inlerosseux ; je puis dire que ce muscle ne manque pas. Il reste facilement inaperçu , parce que les interosseux de ce rongeur sont très serrés les uns contre les autres. Suivant le même auteur, il n'y aurait que trois de ces muscles ; cependant il dit lui-même qu'ils se rendent^ chacun par deux extrémités, aux deux côtés des orteils.
Les interosseux du kangurou sont surtout entièrement transformés en fléchisseurs. Il se détache du ligament calcanéo-cuboïdien un fort tendon, qui se divise en trois languettes, auxquelles s'implantent autant de ventres charnus, qui s'insèrent à la première phalange des troisième et quatrième orteils. La plante du pied n'olFre absolument point d'autres muscles.
Dans Vatèle, parmi les singes , le premier interosseux a deux têtes ; la première tête ne vient pas du premier métatarsien, mais du deuxième ; celle-ci se joint immédiatement à la seconde tête.
Le premier interosseux du papion n'a qu'une tête, qui ne naît pas du deuxième métatarsien , mais uniquement du premier cunéiforme : le second inlerosseux , au contraire , s'étend du deuxième métatarsien au côté externe de la première phalange du second orteil.
2. Uoi'teille plus externe j lorsqu'il a atteint tout son développement , présente un abducteur un fléchisseur , dont le premier, beau-
d'anatomie compakke. 463
coup plus fort que le second , lire son origine du calcanéum et de la base du cinquième métatarsien ; le fléchisseur s'étend du cinquième os du mélalarse à la première phalange.
Ces muscles sont considérables dans V homme, les quadrumanes, les carnassiers y les sarigues, les rongeurs et X ornilhorlij'Tique .
La marmole a un deuxième petit abducteur.
Le fléchisseur, qui est superficiel et très petit dans le castor, présente une disposition particulière. On voit s'étendre du calcanéum à la seconde phalange de l'orteil en question un fort ligament, qui se bifurque en avant , tandis qu'il supporte, en arrière, le fléchisseur qui a la forme d'une bandelette musculaire mince. Ces parties tiennent lieu et place du quatrième ventre et du quatrième tendon du petit fléchisseur; mais elles ne sont pas perforées par le fléchisseur profond, atlenduque le ligament est interposé entre ce dernier muscle et l'os.
Dansl'ow/'^, l'abducteur du cinquième orteil est plus fort que celui du premier. Dans le coati, il est divisé en deux muscles tout-à-fait distincts , dont le postérieur s'étend do la tubérosité du calcanéum au cinquième métatarsien , l'antérieur allant de cet os à la première phalange de Torteil correspondant. Il existe , en outre, dans Voui^s et le coati, un adducteur jnince, mais très large , qui prend naissance au milieu de la première rangée des os carpiens.
J'ai VU, de plus, chez Vours brun ^ un muscle plus petit s'étendre de la tubérosité du calcanéum au tubercule du cinquième raélalarsien.
En général, dans l'un et l'autre genre les muscles du cinquième orteil sont plus grands que ceux du premier.
Un muscle semblable, qui est plus grand que le fléchisseur , se rencontre aussi dans les makis.
3 . Le gros orteil a un abducteur considérable , un fléchisseur Q\. un adducteur.
Ces muscles existent chez Vhomme, les singes, \es makis j ils sont surtout développés dans les animaux à bourse, et en partie aussi chez ceux des carnassiers et des rongeurs qui ont un gros orteil.
Dans les singes elles f?iakis, ils l'essemblent extrêmement à ceux de Vhomme. Il y a néanmoins quelques différences qui se rapportent, d'une manière curieuse , au développement plus parlait de leur pied, qui s'est translbrmé en main.
Uabducteur des quadrumanes est bien plus long, quoique plus faible; le fléchisseur est aussi plus mince, mais plus libre, du moins chez les makis.
L'adducteur est beaucoup plus grand ; il est plus profondément divisé en une téle postérieure, et en une antérieure ou transversale. La tête antérieure^ surtout, est proportionnel-
d'anatomie comparée. 46f>
lement beaucoup plus g rande que chez V homme , puisqu'elle est aussi volumineuse que la postérieure ; tandis que^ dans l'espèce humaine, elle offre à peine le quart de son volume.
De plus^ l'origine de tout le muscle, principalement de la téte antérieure, se fait beaucoup plus en dedans ; elle s'est tout entière portée au second métatarsien. Dans V homme, au contraire, les deux têtes et particulièrement l'antérieure, prennent leur origine, bien plus en dehors, jusque vers le bord péronéal. En outre, dans l'Aowme, l'adducteur s'insère seulement à la racine de la première phalange; dans les quadrumanes , il se fixe à toute la première, et même à la base de la seconde. Ce développement considérable de l'adducteur est extrêmement frappant , surtout dans les makis ; il correspond à l'étendue et à la liberté des mouvements de leur gros orteil.
Les singes présentent néanmoins quelques différences. Ainsi^ le papion , par exemple, ne possède pas le fléchisseur propre , qui est , au contraire^ très distinct dans le saï. Cliez le papion et le magot, l'adducteur n'est nullement divisé, et ressemble tout-à-Fait à l'opposant du pouce , dans la main de Vhomme. Dans le saï y les deux ventres de l'adducteur sont séparés l'un de l'autre de toute la longueur du premier métatarsien.
Dans Vatèle y la tête antérieure de l'adduc- VI. 3o
teur est beaucoup plus large que la postérieure ; elle prend son origine, par imitation du tjpe de l'homme , jusqu'au quatrième métatarsien.
Le fléchisseur et la longue tète de \ abducteur manquent dans les sarigues. U adducteur est médiocre^ et partagé en deux têtes, qui naissent très près l'une de l'autre , dans la moitié postérieure du métatarse , de la région du froisième métatarsien ; elles vont seulement à la base de la première phalange.
Dans Y ours , le coati et le raton, l'adducteur est pietit, le plus petit de tous ces muscles; il n'a pas le ventre antérieur ou transversal.
L'abducteur manque également, du moins au raton. ,
Lé premier orteil de la marmote et du castor n'a qu'un petit muscle interne et un externe., qui concordent parfaitement avec les interosseux; ils représentent l'abducteur et le fléchisseur. Il n'y a pas la moindre trace d'un adducteur.
APPENDICE