‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 10 sur 83 · Hamérns · texte numérisé non relu

Hamérns

L'humérus est, en général, beaucoup plus large dans sa partie supérieure que dans le reste de son étendue j cela provient de ce que les deux crêtes décrites déjà chez les reptiles , et surtout l'antérieure et supérieure, qui descend toujours plus bas que la postérieure , débordent beaucoup la circonférence de l'os. Au-dessous de la crête postérieure , il existe , en dehors , une large ouverture , qui sert d'entrée à la grande cavité aérienne de l'os. L'extrémité articulaire supérieure ne forme pas de tête saillante et arrondie > elle constitue une surface articulaire alongée, dont la longueur, qui est dans le sens antéro - postérieur , l'emporte de beaucoup sur la largeur; la partie moyenne de, cette surface est la plus élevée et la plus

d'anatomib comparée. iSg renflée j elle se continue de lous côtés., sans étranglement sensible, avec le corps de l'os.

Ladiapliyse ou le corps est, eu général, arrondie, modérément convexe en dehors à sa partie supérieure , en dedans à l'inférieure.

L'extrémité inférieure de l'humérus est plus étroite que la supérieure, mais elle est aplatie dans le même sens que celle-ci. La face articulaire en est plus composée que celle de l'extrémité supérieure; elle ofîre deux éminences , qui sont séparées l'une de l'autre par un enfoncement. L'éminence postérieure ^ qui correspond àla plus grande partie dé l'extrémité supérieure du cubitus, est plus. petite et arrondie ; l'antérieure, qiti correspoîid en arrière et en dehors au cubitus , en avant et en dedans au radius , est plus étroite , mais plus saillante et plus longue. En dedans de l'éminence articulaire interne , l'os est plus saillant qu'il ne l'est en dehors de l'éminence externe ; cette saillie consthuele condj-le interne. Celui-ci supporte chez quelques oiseaux , surtout chez plusieurs oiseaux de proie diurnes et nocturnes , un. os triangulaire , très-petit , qui confirme la reniarque faite par M. Rudolphi (i), que les petits os restent souvent inaperçus. Cet os, qui est uni à l'humérus par un ligament capsulaire , descend vers le cubitus , et empêche cet os de s'échap-

(i; Breyer,X>e rahdpîpd, p. 9,

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per eu dedans. Chez quelques-uos , surtout le martinet commun^ il existe un os semblable plus en arrière; mais il correspond aussi en cet endroit au cubitus, et rappelle la rotule du coude de plusieurs reptiles. Le condyle externe est plus petit.

L'humérus présente quelques variétés qui sont en rapport avec la faculté de voler. Cher les oiseaux voiliers , il est en général , et toute proportion gardée , d'autant plus court et plus fort, et ses apophyses sont d'autant plus développées , que ces oiseaux jouissent à un plus haut degré de la faculté de voler. Les martinets et les colibris se distinguent, à cet égard, d'une manière particulière : chez eux , il offre, proportionnellement au corps 5 une longueur qui égale à peine la moitié de sa longueur ordinaire; mais il est , en revanche , tant en général qu'en particulier, extrêmement large et épais dans sa partie supérieure, par suite du développement considérable de ses crêtes , qui son t con verlies en longs crochets. Cet os est plus long chez les hirondelles proprement dites ; il a des apophyses fortes , mais qui ne sont pas aussi développées.

Parmi les oiseaux qui ne volent pas, l'humérus est faible et court , surtout chez les casoars^T^Xns, long çXïezV autruche , à l'extrême de longueur chezle/2«/zifoa. Mais la disposilio^i la plus remarquable de l'humérus est celle qu'ofivenlles pingouins . Ctx. os, très-petit en propor-

d'anatomie comparée. 141 tîon avec le corps , est extraordinairementpkt de dehors en dedans ; il est, en revanche , trèslarge d'avant en arrière, et a, par couséquent, deux bords tranchans , im antérieur et un postérieur , et presque point d'apophyses, Inférieurement , il se termine par deux surfaces articulaires , dont l'antérieure, qui descend obliquement de haut en bas et d'avant en arrière , s'articule avec les os de l'avant-bras. Elle n'est pas située transversalement, comme chez les autres oiseaux, mais elle se dirige, conformément à l'aplatissement de tout l'os,' dans le sens de la longueur, d'avant en arrière j elle est presque entièrement plane , ou du moins ne consiste qu'en deux éminences arrondies, très •- légèrement convexes, séparées en dedans par un sillon, et dans toute leur largeur par un enfoncement médiocre ; elle se termine, en bas et en arrière, par deux prolongemens. Sur le côté et en avant, cette surface articulaire n'offre point de condyle, tandis qu'en arrière et en bas , elle est surmontée d'un condyle triangulaire , considérable. Celui-ci supporte deux enfoncemens articulaires,. en forme de poulie, qui se continuent insensiblement; l'un est supérieur et externe, et l'autre est inférieur et interne; le dernier est le plus petit. Avec chacun de ces en- ■ foncemens s'articule un os plat , ayant la forme d'un carré long, qui semble représenter l'olécrane divisé en deux, séparé du cubitus ,

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et converti en une rotule du coude ^ ce qui est d'autant plus probable que l'olécrane manque au cubitus.

On trouve un rapprochement de cette organisation chez les plongeons, et bien plus encore chez les guillemots, les pingouins ei les pétrels; cependant, chez ceux-ci, tout l'os est beaucoup plus long et plus étroit , si on en excepte l'extrémité supérieure , qui est fort élargie.

De tous les oiseaux, ce sont vraisemblablement les albatrosses qui ont l'humérus le plus long et le plus grêle ; il y est , en même temps , presque tout droit; chez les casoars, les pingouins , les martinets et les colibris , il est , toute proportion gardée , le plus court.

Chez les oiseaux de proie , surtout les diurnes les passereaux , les grimpeurs , les grallés , plusieurs oiseaux aquatiques , notam^ment les phaëtons ^ les goélands, les hirondelles de mer, le pélican ordinaire , l'humérus est plus petit que les os de l'avant-bras ; chez les gallinacés , les albatrosses , les Jlammants ^ les serpentarius , les canards ^ les cjgnes, il est à peu près aussi long que ces os. Il est, au contraire , plus grand que les os de l'avantbras , parmi les bréuipennes , surtout chez V autruche , un peu moins chez le nandou, moins encore chez les casoars , particulièrement chez celui de la Nouvelle-Hollande , chez les foulques , les plongeons , les guille-

d'anatomie comparée. 1^3 mots, les grèbes, les pétrels, les pingouins , les manchots, les fous de Bas s an el les cormorans.

L'humérus des hrévipennes est le plus faible, le plus grêle, et, en général, le plus imparfait j viennent ensuite les palmipèdes , surtout les alhatrosses. Il est plus gros chez les gallinacés , les oiseauac de proie et les corbeaucc; le plus gros chez les hirondelles , principalement chez les martinets et les colibris.

En général , l'humérus ne s'élargit pas considérablement, surtout en dehors, et la partie externe de sa périphérie se continue insensiblement et sans interruption avec le condyle externe. Chez beaucoup d'oiseaux , au contraire , il forme, en cet endroit, une saillie considérable , qui a souvent la forme de crochet, et dont la direction est ascendante. Cette disposition ne semble bornée ni à certains ordres , ni appartenir à tous les oiseaux du même ordre. Je la trouve, par exemple , très-prononcée parmi les échassiers , chez les bécasses {scolopax) , du moins la bécassine (jc. gallinago) ; elle n'existe pas , au contraire , chez les hérons, les cigognes et les grues , ni chez la buse, le hobereau , l'aigle rojal, le baïtasard, ni chez aucun oiseau de proie nocturne.

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Elle manque, en général, aux palmipèdes, tandis que chez plusieurs d'entre eux elle est précisément prononcée au plus haut degré. De ce nombre sont surtout les stercoraires , les goélands^ les macareux, les pingouins, les pétrels, et enfin aussi les guillemots , mais à un degré moindre.

De tous les oiseaux que je connaisse, c'est le puffinus articus qui présente cette organisation portée à son plus haut développement; non seulement l'apophyse est fort considérable , mais elle supporte en outre un petit os alongé, qui s'articule mobilement avec elle; cet os est long de quatre lignes , sur près d'une ligne de diamètre. L'apophyse est en outre très-considérable encore chez les corbeaujc, les hirondelles, les pics , les torcols , tandis qu'elle manque à des oiseaux qui se rapprochent des derniers , par exemple , aux perroquets , aux coucous et aux huppes.

Elle est sans doute un indice de développement considérable de la moitié inférieure du bord externe de l'humérus, qui se convertit en une crête chez les martinets et les colibris; car celle-ci se trouve à la même place, et se prolonge en haut, chez les oiseaux mentionnés, également en un fort crochet. Ce serait par conséquent ici que celte organisation serait le plus prononcée , sous le rapport de l'extension.

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