‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 28 sur 83 · Lacrymal · texte numérisé non relu

Lacrymal

Le lacrymal est un os propordounellement considérable, ayant la forme d'un triangle alongé , se rétrécissant de haut en bas , et présentant le plus souvent un bord antérieur convexe, et un bord postérieur concave. Il est situé au-devant del'orbile, dont il forme le bord antérieur , soit en totalité , soit en majeure partie ; il constitue, en outre, une petite portion postérieure de la paroi latérale de la cavité nasale. Il touche ordinairement , par son bord supérieur , qui est droit, à la partie antérieure du bord sus-orbitaire du coronal et à la paroi la térale de l'os nasal , mais jamais , à ce que je sache , à l'os sus-maxillaire (i) ; inférieurement, au contraire, il se termine librement, ou s'applique contre la partie antérieure de l'os zygomatique, ou contre l'apophyse zygomatique du sphénoïde.

Cet os est, d'après mes recherches, au minimum de développement chez les gallinacés chez plusieurs o/j-ermcc tï^wa^i^we^, particulièrement les goélands, les harles, les grèbes, les guillemots , les pingouins , les macareux, et chez les oiseaux de chant en général ; il est

(i) Tiedemaim , loc. cit., p. i86.

d'anatomib comparjée. 296 beaucoup plus considérable chez une partie des oiseaua: d'eau et de rivage; les cjgnes , les canards, les oies, les puffins , les plo7igeons et les cormorans en sont des exemples. C'est cliez les oiseaux de proie , le héron commun et les perroquets qu'il est le plus volumineux. Les perroquets , munis de cercles oculaires parfaits, ont, sans contredit, l'os unguis le plus long de tous les oiseaux ; il se montre, en effet, fort concave à sa face supérieure , convexe à l'inférieure, passe sous l'œil eu se recourbant, et en s'apointissant insensiblement, et forme , presque à lui seul , le segment inférieur de leur cercle. Cela est du moins très-distinct dans les perruches ordinaires [psittacus Alexandri ).

On pourrait dire que cet os est , toute, proportion gardée, le plus volumineux de ceux de la tête des oiseaux j en effet , lorsqu'il est bien développé , il occupe presque toute la hauteur du crâne j et chez plusieurs oiseaux de grande taille, par exemple les cjgnes et même les aigles , il a de trois à quatre fois plus de masse que chez l'homme.

Il est de règle générale qu'il touche supérieurement au coron al ; les hibous sont les seuls oiseaux , autant que je sache , qui fassent exception à cette règle : chez eux , il est plus porté en avant et est fixé seulement à l'os nasal.

11 est très-généralementséparé du nasal, bien que tous les os et pièces, osseuses, commune-

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ment unis , se soient déjà soudés ; chez les perroquets^ au contraire, il se #oude à cet os de très-bonne heure.

Chez les gallinacés , les chanteurs et les palmipèdes, chez lesquels il est petit , cet os est loin d'atteindre le jugal ou zygomalique j il y touche , au contraire , chez plusieurs des autres oiseaux , par exemple chez Voutarde , les oiseaux de proie , les perroquets , le héron commun , mais non chez les cjgnes , les canards , les oies , les cigognes et les grues.

Nous avons déjà exposé plus haut (i) les variétés que présente la connexion de cet os avec la lame latérale de l'ethmoïde , avec le sphénoïde et le temporal. De là vient l'erreur qui le fait regarder comme très-long chez les corbeaux (2),

Parmi les oiseaux qui l'ont très-petit , les gallinacés ont cet os privé , soit de la totalité, soit de la majeure partie de la portion inférieure, qui est étroite et en forme de crochet. La portion supérieure , qui a la forme d'une lame mince , mais large , est située à la partie antérieure du bord sus-orbitaire ; aussi la paroi sus-orbitaire est-elle ici beaucoup plus large qu'ailleurs. Chez les autres oiseaux, qui ont l'os lacrymal plus petit , cette portion supérieure

(1) Voyez p. 25 1 , 26G , 280.

(a) Tiedemaiiu , loc. cit., p. i86.

d'akatomie comparjêje. 297 est, au contraire, beaucoup moins développée, tandis que l'inférieure est plus grande. La môme chose a lieu chez la plupart des oiseaux qui ont l'unguis très-considérable , puisque la portion supérieure li'est du moins pas saillante , et que tout l'os est dans une situation directe de haut eu bas. Ces deux formes sont réunies chez les o/seaux de proie diurnes; chez eux, la portion supérieure est, comme dans la première forme, une lame large, horizontale, dirigée en dehors et en arrière, tandis que l'inférieure, plus étroite, descend jusqu'à l'os jugal.

On trouve chez les grues, les cigognes , les piiffins, les oies , les cygnes et les canards, un rapprochement vers cette conformation j la région postérieure de la portion supérieure se recourbe en dehors et en haut ; il en résulte une apophyse , tantôt aplatie , tantôt plus arrondie. Cette apophyse est au maximum d'accroissement chez quelques canards , particulièrement les eiders; elle y a deux ou trois lignes de long, est épaisse et se termine par une pointe mousse, qui lui donne un aspect presque semblable à une corne.

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