‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 3 sur 83 · I . Colonne vertébrale · texte numérisé non relu

I . Colonne vertébrale

La colo^ine vertébrale l'emporte constamment en longueur sur les deux autres séries des os du tronc ; il n'est pas aussi constant qu'elle leur soit supérieure par la masse. Le sternum surtout a toujours plus de largeur que le rachis. Les caractères principaux de la colonne vertébrale sont les suivants : i» elle est d'une longueur considérable 5 2° conformément à cette disposition , elle est composée d'un nombre considérable de vertèbres non unies entre elles, et offre de la mobilité, à partir surtout de sa partie antérieure, qui est la région cervicale j 5° la partie postérieure en est courte

d'anatomie COMPAHÉK. 5 et SolUe; 4° la moitié antérieure de celte partie postérieure, qui est la plus grande, est formée de vertèbres dont la plupart. sont intimement soudées entre elles.

Les différentes divisions principales de la colonne vertébrale, désignées sous les noms de régions cervicale, dorsale, lombaire et coccygienne, peuvent aussi être établies dans celte classe j et comme, dans la progression bipède des oiseaux, la partie postérieure et inférieure de cette colonne sert d'appui à la partie antérieure et supérieure , je crois devoir commencer par la première.

A. Portion postérieure delà colonne vertébrale.

On rencontre ici d'abord la difficulté de distinguer d'une manière exacte les unes des autres les portions ihoracique , lombaire et sacrée. On reconnaît, il est vrai , les vertèbres thoraciques à deux caractères: il s'y attache des côtes ; 2° elles sont séparées les unes des autres ; cette séparation existe du moins pour la plupart des antérieures. Ce dernier signe sert aussi à distinguer les vertèbres coccygiennes de toutes les autres j mais les dernières vertèbres dorsales, les vertèbres lombaires et sacrées, sont tellement confondues en une masse unique, que plusieurs anatomisies, par exera-

4 TRAlTt: GÉNÉRAL

pie Merrem (i), MM. Blumenbach (2) ei Cuvier(3), refusent aux oiseaux des vertèbres lombaires proprement dites,

Merrem et M, Cuvier fondent leur opinion sur ce que toutes les vertèbres situées entre le thorax et le coccyx sont , ainsi que l'os coxal , confondues en une seule pièce. Ce fait ne me semble cependant rien moins que concluant, puisque, comme M. Cuvier le remarque luimême (4), la même observation s'applique à la dernière vertèbre tboracique, que cet état de fur sion dépend d'ailleurs du développement considérable de l'os coxal en haut et en avant, et qu'en général le mode de connexion n'est nullement un caractère essentiel, quand il s'agit de déterminer un os. Quant à la raison alléguée par Merrem , c'est-à-dire la présence d'une côte au commencement de celte région , elle milite évidejument contre sa manière de voir , puisqu'elle indique que la partie la plus élevée est nne vertèbre thoracique ; du reste, il est indifférent , pour la détermination des vertèbres , qu'elles soient couvertes par l'os coxal et sou-

(1) Vermischte Abhandiangen ans der Thiergescbichtej Gœttingen, 1781 , p. 126 {Mélanges sur l'histoire des animaux).

(2) Handbuch der vergl. Anatomie {Manuel d'anatomie comparée ) , p. 87.

(5) Anatomie comparée, t. 1 , p. 170.

(4) Ibid.yp. 172-

dées avec lui , et qu'étant confondues avec lui , elles concourent à remplir la même fonction que cet os.

M. Carus semble même admettre une absence totale des vertèbres lombaires , car, dans la description qu'il donne du squelette des oiseaux, il parle seulement des autres portionsdu rachis , et considère comme sacrum ce qui est compris entre les colonnes ihoracique et coccjgienne (ï). Je pense au contraire que , ne serait-ce que par analogie, il convient , dans le cas où l'on admet quelques coupes , de démontrer , autant que possible, sur un seul et .même os , les différentes régions qui , chez d'autres animaux , sont naturellement isolées.

Ainsi donc, quoique les portions lombaire et sacrée de la colonne vertébrale se confondent de bonne heure chez les oiseaux , il est difficile de considérer tout cet os comme correspondant uniquement au sacrum des autres animaux. Cette opinion me paraît avoir en sa faveur , outre l'analogie en général et les faits qui viennent d'être cités :

1° Le grand volume de l'os en question;

2° Le nombre considérable des vertèbres dont il se forme primitivement ;

50 La disposition de la portion du cordon

(i) Lehrbuch der Zootomie (Traité de zootomic), S. j37.

6 TR.UTÉ GÉNÉRAL

rachidieii contenue dans la partie^- antérieure de cet os ; cordon rachidien qui , à l'état normal , est , dans cette région et seulement dans cette région, toujours fendu en long; ce qui rappelle irès-dlstlnctement Vhjdrorachis le spina hifida, affection qui se montre, chez les mammifères , de préférence- aux vertèbres lombaires et presque jamais au sacrum^;

40 La sortie des nerfs lombaires par les ouvertures de la pièce antérieure;

50 La forme de cet os : le sacrum est, on peut dire toujours , rétréci d'avant en arrière , ou du moins il offre nne largeur égale ; 1 os des oiseaux , au contraire , que les auteurs prennent en général pour le sacrum seulement, est beaucoup plus étroit dans sa partie antérieure que vers son extrémité postérieure , ou il s'élargit considérablement , pour s etrecir de nouveau à sa terminaison : celte partie postérieure est toujours plus petite que l'anteneure ; ce qui iusllfie encore mon opinion , puisque, chez la plupart des animaux , la portion lombaire est bien plus longue que la portion sacrée ;

60 Le mode d'ossification semble aussi militer pour cette opinion , puisque , d'après mes recherches, les vertèbres de la moitié ant rieure , qui est la plus grande , se soudent en- L elles beaucoup plus tôt qu'avec le sacrum , ou plus tôt que les vertèbres sacrées ne se confondent pour former une pièce unique.

u'anatomie comparée. 7

-j» Enlin la soudure, entièrement analogue , d'autres vertèbres, par exemple, du plus grand nombre des vertèbres thoraciques dans la même classe , des vertèbres cervicales chez plusieurs mammifères, soudure qui ne change rien à la nature de ces vertèbres.

Coiler (i), Vicq-d'Azyr (2) et M. Tiedemann (3) ont donc eu raison de diviser celte partie de la colonne vertébrale en portion lombaire et en portion sacrée. Merrem cite Coiter , comme autorité , à l'appui de son opinion , mais c'est par une méprise qu'il a faite en lisant trop légèrement le commencement du chapitre lo''.

Coiter dit, en effet;, en cet endroit : « Lumbi i< ai'ium vertebris Garent » ; mais non-seulement il continue, « siquidem conJlantiLr ex « unico osse , etc. » , mais il divise aussi cet os en une pièce lombaire et une sacrée.

Vicq-d'Azyr me paraît être moins exact en accordant trop pe,a de volume à la pièce lombaire, et bornant trop le nombre de ses vertèbres , enfin en niant entièrement qu'elle existe dans les perroquets.

Toutes ces considérations me paraissent suffi) De avium sceleiis , caT^. 10.

{.^) Mém. surl'anat. des oiseaux. Mém. de VAcad. Paris ^ de 1774. — OEuvres , t. 5, p. 270. (3) Zoologie, vol. 2, p. 208.

lisantes pour désigaer l'os situé eiitre les deux os coxaux sous le nom de sacro-lomhaire , quoiqu'il fût peut-être plus exact de lui donner celui de sacro-dorso-lomhaire , à cause de la soudure des dernières vertèbres dorsales , qui a lieu presque constamment.

11 convient cependant , à quelques portions de la colonne rachidienne que l'on rapporte les régions de cet os , de le considérer en entier, parce qu'il forme toujours une seule pièce à l'état adulte.

a. Os sacro-lombaire.

L'os sacro-lombaire est alongé, légèrement convexe en arrière et en haut, concave en avant et en bas. C'est en général la partie la plus large de la colonne vertébrale, dont il forme à peu près le quart ou le cinquième.

On peut le diviser toujours en une portion supérieure et antérieure, plus grande et plus étroite, et une portion inférieure et postérieure, pliis petite, mais plus large.

La première se compose généralement: i'»des deux dernières vertèbres dorsales , i° des vertèbres lombaires. La seconde est formée des vertèbres sacrées.

La portion supérieure et antérieure est, en

d'anatomie comparée. gf avant et en bas, plus étroite qu'au milieu, surtout dans ses troisième et quatrième cinquièmes. Laportion inférieure, qui est très large à son origine , diminue insensiblement de largeur de haut en bas.

Dans la portion lombaire, on voit en général prédominer le corps ; dans la portion sacrée , ce sont , au contraire , les parties latérales qui prédominent. Dans la moitié postérieure de la première, les apophyses transverses ont presque entièrement disparu; elles se dirigent à peu près verticalement de la face abdominale vers la face dorsale, et sont appliquées immédiatement au corps , tandis que celui -ci se renfle considérablement vers les parties latérales. De ■plus, le canal racbidien s'élargit considérablement en cet endroit , sans que la vertèbre s'amplifie extérieurement dans le même rapport; l'ampliatioude cette cavité s'opère uniquement ^ux dépens de la substance osseuse. La face abdominale du corps des vertèbres est plus ou. moins saillante, longltudinalement et dans la moi lié supérieure de la pprtionlombaire; dans la moitié inférieure , elle est , au contraire , en général plus plate ou concave, et offre un sillon au milieu. Ce sillon manque tout-à-fait sur la portion sacrée.

La partie qui correspond aux arcs , dans la moitié supérieure de la portion lombaire , est considérable, et forme communément une

forle crêle; elle est très- déprimée clans 1.1 moitié inférieure de cette portion. Dans la portion sacrée, elle est aussi sans crête, quoique plus développée en général,

A la partie qui correspond aux corps des vertèbres , les parois transversales , indices que l'os sacro-lombaire est composé de plusieurs vertèbres, disparaissent déjà de bonne heure; à la partie qui correspond aux arcs , elles sont , au contraire , très-distinctes , pendant toute la durée de la vie. Ces parois transversales , toujours minces, sont les apophyses épineuses qui s'étendent vers les côtés, en avant et en bas , formant ainsi un toit non interrompu, par lequel la face supérieure de l'os sacrolombaire s'applique , dans toute sa longueur et en haut , contre le bord latéral et la face interne de l'os coxal. En bas, la connexion s'opère par les extrémités externes des apophyses transverses, qui, dans la moitié inférieure de la portion lombaire et dans la portion sacrée, se soudent par leurs extrémités externes avec- les apophyses épineuses qui se réfléchissent en dehors , tandis que , dans la moitié antérieure de la portion lombaire , elles sont séparées de ces apophyses. Les apophyses transverses sont simples dans la moitié postérieure de la portion lombaire et dans la portion sacrée; elles sont , au contraire , doubles dans la moitié antérieure de la région corres-

d' AN ATOMIE .COMPARÉE. 11

poudauie à la colonne lombaire. Il en existe une rangée ai:térieure et une postérieure, qui se portent en dehors l'une vers l'autre. 11 résulte de cette disposition qu'il existe à peine un canal unique , dirigé de haut en bas , dans les deux premières régions indiquées , tandis que, dans la dernière, on en rencontre au contraire deux. L'antérieur se trouve entre les deux racines des apophyses transverses ; le postérieur chemine entre leurs racines postérieures, les apophyses épineuses et la partie interne de l'os coxal.

Sur les côtés du canal rachldien , on trouve , en haut, les trous intervertébraux; ils ne se divisent pas , sont assez petits, et donnent passage aux nerfs lombaires et sacres. 11 ne faut pas confondre avec ces trous d'i^utres ouvertures, beaucoup plus grandes, situées sur les côtés de la partie qui correspond aux arcs, et qui sont des intervalles provenant seulement de la soudure imparfaite des différentes vertèbres de celte région. :

L'os sacro-lombaire se forme toujours d'un nombre considérable de vertèbres ; la moindre quantité paraît être de huit à neuf, la plus forte de vingt à vingt-quatre. La première disposition existe chez les oiseaux chanteurs , la seconde chez les hrévipennes ou oiseaux coureurs Çstruthiones).

12 TRAITÉ QÉNÉRAL

Voici les principales difiTéreuces que cei ôs préseiue dans les divers ordres :.

Chez les oiseaucc de proie, il est assez alongé et étroit ; le renflement jdu corps est considérable, légèrement concave. 11 existe en avant et en bas, mais non au milieu, en regard du renflement, deux rangées d'apophyses transverses , l'une supérieure et l'autre inférieure ; disposition conforme au type des vertèbres cervicales et des côtes. Ces rangées d'apophyses se confondent en dehors. Dans la moitié postérieure, il n'y a point de crête épineuse^ il y a même à sa place une concavité longitudinale. Les apophyses transverses supérieures sont confondues ; les dernières seules font exception dans les oiseaux de proie nocturnes : il en résulte que cet os est parfaitement plein en haut. La région sacrée est à la région lombaire à peu près dans le rapport de un à quatre.

La conformation de cet os est semblable chez les oiseaux chanteurs; cependant il y est plus court et plus large. Les apophyses supérieures sont fréquemment séparées en haut , de sorte que le sacrum est complètement percé à jour de dehors en dedans. Chez quelques-uns, par exemplele rossignol, la face inférieure de la portion lombaire ne présente pas un sillon simple , mais on y voit une crête transversale , moyenne , et , à côté de celle-ci , quatre à cinq

d'a^atomie comparée. i5 petites fosses. La pièce sacrée est, en partie, la plus étroilcj elle est à la pièce lombaire dans le rapport de un à trois.

Les oiseaux grimpeurs offrent souvent , en arrière, une crête plate; l'enfoncement de la portion lombaire est peu prononcé, et san's division ; les apophyses transverses paraissent simples; les postérieures sont^pour la plupart, entièrement soudées. L'os sacro-lombaire est large et court ; le rapport de sa partie postérieure à l'antérieure est d'un à trois.

L'os sacro-lombaire des gallinacés est court et pas très-larg-e ; le corps en est étroit en avant, légèrement concave; l'enfoncement de la région lombaire est long, large et profond. La crête épineuse est très-forte en avant. En arrière , il existe à sa place , chez plusieurs de de ces oiseaux, par exemple chez le paon, un enfoncement considérable , qui résulte de la convexité très-marquée des parties latérales. Les apophyses trans verses, supérieures, se soudent, dans l'âge avancé, de dehors en dedans. Cette union commence à peu près vers le milieu de leur longueur, de sorte qu'il y a alors quatre rangées d'ouvertures , situées les unes à côté des autres : les ouvertures de la rangée externe se ferment les premières; après elles, disparaissent celles de la rangée interne. Les antérieures et les postérieures sont les dernières à s'oblitérer. Chez plusieurs de ces oiseaux, par exem-

l/^ TRAITÉ GÉ1VÉR\L

pie la dinde , le hocco , le coq y la pièce Sacrée est presque aussi grande que la portion lombaire.

Cet os est extrêmement étroit , long et haut, chez les brévipennes. Cela a lieu surtout dans la partie postérieure du bassin, chez le nandou, où les vertèbres sont, à ce qu'il parait, écartées les unes des autres par les os ischions, qui sont soudés entre eux. Le rapport de la pièce sacrée à la lombaire est également fort consi-

il est court chez les échassiers ; la partie moyenne du corps en est très-large , et légèrement concave. La crête dorsale n'existe qu'en avant. La-plupart des apophyses transverses, supérieures, sont confondues en haut. Le sacrum ■ forme le tiers de la totalité de l'os.

Chez les bécasses {scolopaoc) et espèces voisines , il est très-large et bien plus long que chez les hérons {ardea). 11 se trouve quelquefois en arrière même une petite crête épineuse.

Cette crête épineuse est très générale parmi les palmipèdes; elle est surtout tres^forte chez les pingouins («M , les manchots («/.fe/zodrtes)M. pélicans M^\or^^^ons{coljmbics)

ef les grèbes {podiceps); e\\. est surtout fort développée chez les derniers , ce développement est même tel qu'elle s'étend dans toute a longueur de l'os. L'os en question, et tout le bassin, est, dans ces derniers genres, sur-

d'anatomie comparée. i5 loiit chez les plongeons {coljmbas) et les grèbes [podiceps) , très-long et étroit , conditions qiiiles distinguent, au plus haut degré, chez ces oiseaux et les ^>reV^/?e7^/^e^. Les apophyses transverses , supérieures , ne se soudent, à ce qu'il paraît , jamais ou que très-tard , dans la partie poslérleure du bassin; le bassin est par conséquent toujours percé à jour dans cette région. La face inférieure du corps de la moitié antérieure de la portion lombaire forme une crête plus ou moins tranchante chez plusieurs oiseaux , surtout les péticans , les manchots {aptenodj-tes), les guillemots {uria) , principalement chez les leucopsis et les troiles , les grèbes , les plongeons , les pingouins. L'enfoncement qui suit après est considérable. La portion sacrée ne fait toujours qu'un tiers du tout.

i. Vertèbres coccygiennes.

Les vertèbres du coccyx, qui n'a jamais une longueur très-considérable , sont toujours séparées les unes des autres , et unies mobilement entre elles; et la proposition de M. Blumenbach (i), qu'aucun oiseau n'a l'os coccyx prolongé en une véritable queue, doit être restreinte , en ce sens que la queue osseuse

0; Vergleichende Anatomie , p. 87;

ig TRAITÉ GÉNÉRAL

n'est jamais aussi longue que pourraient le faire présumer les plumes de cette région. Cependant leur conformation ofîre peu de différences essentielles, si on la compare à celle des autres vertébrés; chez beaucoup de mammifères , le prolongement coccygien est d'ailleurs très-petit par rapport à la queue.

Le nombre des vertèbres coccygiennes offre en général peu de différences. C'est chez les gallinacés qu'on en rencontre le moins ; il n'en existe que cinq. Cette remarque ne s'applique cependant, d'après mes recherches, qu'au yp«072 , à la dinde, et 2.\x faisan doré. M. Tiedemann accorde, à la vérité, huit vertèbres coccygiennes au paon , et seulement cinq au dinde, au coq et faisan commun , tandis qu'il ne fait pas mention du faisan doré, qui n'a en effet que cinq vertèbres dans les deux sexes ; il semble avoir trouvé ce petit nombre encore chez d'autres biseaux. Cependant , sur quatre squelettes de paons, àonl deux mâles et deux femelles , qui m'appartiennent, je trouve cinq vertèbres chez trois, et six chez un jeune mâle: et cette différence, qui ne tient pas même au sexe , résulte de ce que les deux dernières vertèbres coccygiennes ne se sont pas soudées. Les deux squelettes de paons qui se trouvent au cabinet d'anatomie comparée de Paris n'ont également que cinq vertèbres. Quant au coq domestique et au faisan corn-

d'anatomie comparée. 17 inun, je trouve, en effet, six vertèbres sur trois scjuelettes de coqs adultes et sur autant de faisans également parvenus à tout leur développement.

Les vertèbres coccygiennes sont toujours , à l'exception delà dernière, très-courtes, et ordinairement tout à la fois larges, proportionnellement à leur longueur. Elles sont creuses pour loger le cordon rachidien j la dernière seule ne l'est pas , cependant elle présente aussi une concavité à sa partie antérieure. Elles ont trèsgénéralement , les dernières exceptées, des apophyses transverses et des apophyses épineuses supérieures et inférieures. Les apophyses transverses sont assez considérables, aplaties de haut en bas, et terminées par une pointe mousse; les plus longues sont communément Celles des vertèbres coccygiennes moyennes. Les épines supérieures de la plupart de ces vertèbres sont simples, aiguës , minces ; aux vertèbres antérieures , elles sont renflées à leur extrémité libre , ou bifurquées en deux branches latérales. Elles sont ordinairement plus développées que les inférieures , qui manquent souvent aux vertèbres antérieures, et sont, pour la plupart , bifurquées plus profondément que les supérieures. Ces vertèbres ne sont unies, en général, que parleurs corps, au moyen de surfaces articulaires, non divisées, dont la postérieure est légèrement convexe , l'antérieure III. 2

l8 TRAITÉ GÉNÉRAL

légèremenL concave. Les vertèbres moyennes sont communément les plus larges.

De toutes les vertèbres coccygiennes , et on peut dire de toutes les vertèbres en général, la dernière du coccyx se distingue d'une manière tellement frappante qu'on peut à peine la considérer comme une vertèbre.

Elle est non-seulement sans cavité , mais elledevient immédiatement beaucou p plus grêle que les autres , quoique l'avant-dernlère fasse plus ou moins le passage vers elle; elle est aplatie d'un côté à l'autre , toujours terminée en haut , souvent même en bas , par un bord tranchant; elle se rétrécit en arrière et se change en une pointe mousse et ne présente point ou presque point de traces d'apophyses; en un mol, elle ne consiituequ'un disque cunéiforme, étroit et alongé. Elle estanssi, presque toujours, d'une longueur plus considérable que les autres vertèbres coccyglennes , même que les autres vertèbres en général , de sorte qu'elle forme chez plusieurs oiseaux, surtout parmi les oiseaux de proie, plus que la moitié postérieure du coccyx.

Le coccyx offre encore d'autres différences intéressantes sous quelques rapports.

Chez les oiseaux brévipennes (struthiones), les échassiers et plusieurs oiseaux d'eau , par exemple les grèbes , le coccyx est à l'état le plus imparfait, sous le rapport de son volume et du

d'anatomie comparée.

développement des vertèbres qui le composent; il est, au contraire , au maximum de développement chez les oiseauoc de proie diurnes ^ chez beaucoup ^oiseauoc aquatiques , surtout les plongeons (^coljmbus) ^ les paille-en-queue {phaetoii)^ les pélicans y les fous de bas s an , les cormorans {carho) , les pingouins {cdca) ^ surtout chez les manchots (aptenodjtes) ; ensuite chez quelquesg-a////2<7cej-, principalement les pigeons; en outre chez les hirondelles, les engoulevens [caprimulgus) , les oiseaux grimpeurs; il est moins développé chez la plupart des autres gallinacés et chez les oiseaux de proie nocturnes.

La conformation du coccyx n'est pas partout la même. Il est surtout long chez les manchots {aptenodjtes)\ ce qui dépend principalement de la longueur considérable de la dernière vertèbre , qui est soudée avec Pavant-dernière. En revanche, il est étroit, parce que les apophyses transverses n'en sont que faiblement développées. Les apophyses épi neuses supérieures sont longues , à l'exception des trois dernières, qui sont bifùrquées. De la troisième à la septième vertèbre , il y a aussi des épines inférieures , bifùrquées , qui augmentent de volume d'avant en arrière. La dernière vertèbre coccygienne est fort allongée, peu élevée et mince ; la face. inférieure en est plane; en avant seulement elle est légèrement

concave. La conformation est analogue chez les plongeons (coljmbiis) , mais la dernière vertèbre est un peu plus courte et plus haute , et encore plus étroite à sa face inférieure , qui n'est nullement concave , et presque aussi tranchante que la face supérieure. Chez les pingouins (alca) , les apophyses trausverses sont plus longues. Elles sont encore plus larges chez les pélicans , surtout les fous de bassan (hassanus) , et les cormorans (carbo), principalement aux vertèbres moyennes. La dernière vertèbre coccygienne est alongée , plus épaisse supérieurement que chez les manchots {aptenodjtes). Les apophyses épineuses, supérieures et inférieures, sont considérables, et sans bifurcation. Le genre canard est fort rapproché de ce mode de disposition ; quelquefois , par exemple chez le siffleur {anas penelope) , les apophyses trans verses de quelques --unes des dernières vertèbres , la pénultième exceptée , se rencontrent par leurs sommets.

Chez Voie commune , ces apophyses sont plus petites que chez la plupart des ca-

nards. . i i

Chez les pétrels (procellaria), la dernière vertèbre coccygienne est considérable , surtout haute, et rendue distincte de celle de laplupart des autres oiseaux , par une ou plusieurs ouvertures, qui existent dans sa partie antérieure vers le bord inférieur 5 ces ouvertures se rencontrent

d'anatomie comparée. 21quelquefois du moins chez le pétrel gris-blanc (^procellaria glacialis) chez le damier {p. capensis).

Chez les autres oiseaux qui ont les vertèbres, coccygienues très-développées, elles le sont surtout dans le sens de la largeur, à cause delà grandeur considérable dès apophyses transverses.

Cela a lieu surtout chez les paille-en-queue (phaeton), plusieurs pigeons y le coq de bruyère ,V outarde ^ où l'apôphyse transverse de la seconde vertèbre coccygienne a un pouce de long, et encore plus chez l'engoulevent d'Europe {caprimulgus euwpœus) ^ chez lequel la longueur de cette partie est de quatre lignes ensuite chez les perroquets (psittacus) , les toucans {rhampkastos) , les pics; les hirondelles , les martinets {cjpselus) , et en général chez les passereaux.

La dernière vertèbre, coccygienne de ces oiseaux est, en outre, pkis ou moins large dans sa partie inférieure. Cette disposition est marquée au minimum chez les perroquets [psittacus) ; elle est au maximum chez les pics. La dernière vertèbre coccygienne de ces derniers, s'élargit dans la moitié antérieure de sa face inférieure , et se transforme en une plaque ronde, très -considérable et fort concave. Elle supporte des apophyses transverses très-fortes , situées plus haut et séparées de cette plaque par une échancrure ; enfin ,

•2-2 TRAIÏJÊ GÉNÉRAL

celles de ravanl-dernière vertèbre coccygienne ne se raccourcissent pas. Une conformation semblable se présente dans les torcols {yunoc) , les couroiicous (^trogon), elles toucans {rhamphastos) 5 mais le disque est loin d'être aussi considérable. ,

Quelquefois, même lorsque la queue n'est pas fort développée , l'une des vertèbres , surtout la dernière , est très forte et présente une forme particulière. Le paon , en particulier , offre un exemple de cette disposition. M. Cuvier qualifie celte vertèbre de lame (i) ovalaire et horizontale; mais la conformation en est réellement plus compliquée. Premièrement, elle se soude avec l'avant-dernière vertèbre , devient par là plus grande, et reçoit , à son extrémité antérieure , une paire d'apophyses iransverses qui sontici insolites. Elle est, en outre, considérableraentplus élevée que l'on nela rencontre en général , et donne naissance, par son bord inférieur, à une lame transversale, souvent large de six lignes, qui représente l'apophyse transverse. Une seconde lame, de même largeur, et qui est également tout-à-fait particulière ici, sort des deux côtés du bord supérieur. Celte disposition offre , chez différens individus , des différences assez notables, qui se rapportent, peut-être en pajrlie , au sexe. Parmi deux sque-

(0 Loc. cil. , p. 1 72.

d'AxNATOmie comparée. 2' leltes de mâles et deux de femelles que je pos sède, elle est, chez un mâle d'un âge avancé , beaucoup plus prononcée que chez les autres ; les deux lames transversales, surtout, sontbeaucoup plus larges. Chez les femelles, elles sont plu&petitesquechezce mâle 5 cependant , le sècond mâle, les présente évidernmentplus faiblëS que ne les offrent les deux femelles. J'ai trouvé la différence sexuelle beaucoup plus frappante sur deux squelettes que l'on voit au cabinet de Paris; la vertèbre coccygienne en question n'est renflée d'une manière sensible qu'à la partie antérieure de son bord supérieur et à la postérieure de son bord inférieur , de sorte qu'ici la lame verticale n'est que peu débordée sur les côtés.

Les apophyses transverses dès autres vertèbres coccygiennes des paons sont très-fortes , épaisses, et offrent un renflement arrondi à leur extrémité libre , de sorte qu'elles s'atteignent presque d'avant en arrière.

Chez d'autres oiseaux à queue longue , par exemple les oiseaux de proie diurnes , les faisans dorés , la dernière vertèbre coccygienne est seulement très-longue et forte.

Lorsque le développement du coccyx est trèsimparfait, il est ou très-court, comme chez les cchassiers, ou surtout fort aplati latéralement, comme chez les grèbes [podiceps); de sorte que les apophyses transverses manquent enliè-

. 24 TRAITK GÉNÉRAL

remciit, ou presque enllèrement , et qL4e les apophyses épineuses supérieures existent seules, sous la forme de pointes faibles. Dans ce cas , toutes les vertèbres coccygiennes sont formées sur le type de la dernière , qui participe aussi, mais pas autant que les autres, au peu de développement général du coccyx.

Les vertèbres coccygiennes offrent encore d'autres différences outre celles qui viennent d'être relatées.

Ainsi , par exemple , cliez les oiseaux de proie , chez les grimpeurs , chez plusieurs oiseaux aquatiques , tels que les pétrels {procellaria) , les pingouins [alca] , les pélicans, les paille-en-queue (phaeto/i), les plus antérieures des apophyses épineuses supérieures supportent, vers leurs racines , des. apophyses antérieures, minces , obliquement dirigées de ■ bas en haut et en avant, qui sont, sans doute , des rudiméns d'apophyses articulaires , et qui s'appliquent de dehors en dedans , par-dessus les racines de l'arc des vertèbres antérieures.

Les hrévipennes et les gallinacés manquent tout-à-fait ou presque lout-à-fait d'apophyses épineuses inférieures, aux vertèbres coccygiennes j les plus parfaites se trouvent chez les hoccos (crax) et les colombes. Elles sont , au contraire , au plus haut degré de développement et bifurquées , pour la plupart, chez quelques oiseaux aquatiques , par exemple chez le fou

d'an.vtomie comparée. 25 de bassan {pel. bassaniis), et le cormoran {caiy bo), chez les perroquets {psitlacus),\es marlincis\cjpselus), les pics , les engoulevens (caprimulgus) , les oiseaua: de proie; chez les oies , elles ne sont ordinairement pas bifurquées. Il me semble que chez quelques oiseaux aquatiques, elles ne se soudent jamais, ou que fort tard , avec le corps de l'os.

Les autruches et les casoars offrent des déviations, plus ou moins grandes, du type général, suivant lequel est conformé le coccyx des oiseaux. Chez Vautruche , la dernière vertèbre coccygienne est, à la vérité, plate et plus grande que les autres , mais elle est pourtant proportionnellement très petite ; elle est encore plus petite chez le casoar , surtout celui de la Nouvelle -Hollande, quoique toujours plus grande que celles qui la précèdent. Chez le nandou {struthio rhea) , c'est la vertèbre la plus petite 5 chez lui, les vertèbres coccygiennés diminuent insensiblement de volume d'avant en arrière. Chez Vautruche , le casoar commun et celui de la Nouvelle -Hollande , toutes les vertèbres coccygiennes ont des apophyses épineuses, distinctes, larges transversalement et bifurquées dans la môme direction j cela n'a pas lieu chez le nandou , dont le coccyx ressemble à celui des mammifères. Chez lui , il n'y a pas non plus les apophyses transverses, qui se trouvent chez les autres, et qui sont

surtout fort considérables , chez VaiUruche , à l'exception des deux dernières vertèbres coccjgiennes.

Du reste , cette famille ne diffère pas des autres oiseaux sous le rapport à\xnombre des vertèbres coccjgiennes.

La dernière vertèbre coccjgienne est aussi très petite chez Voutarde, qui est un oiseau voisin du groupe précédent : elle est de toutes les vertèbres la plus petite, à l'exception de l'avantdernière vertèbre coccjgienne et de la première cervicale; tandis que cet oiseau se distingue précisément par le développement considérable des autres vertèbres coccygiennes dans le sens de la largeur.

On voit d'après cela, comme il a été dit cidessus , qu'il j a plusieurs exceptions à la règle qui établit que la dernière vertèbre coccygienne est la plus grande (i) et même la plus forte (2). Ces exceptions seront sans doute encore multipliées j je trouve ainsi , par exemple, chez les foulques {fulica) et les râles (raZliis),\?i dernière vertèbre coccygienne tellement petite , qu'elle n'est pas plus grande que les autres , et qu'elle est évidemment plus petite que les plus antérieures.

(1) Cuvier, loc. cit., p. 172.

(2) Tiedemaiiu , loc. cit., p. ato.

d'an'ATOMie comparée.

B. Portion mojeime de la colonne vertébrale. . §• 7-

Les vertèbres tlioraciques ou dorsales sont , également ici , celles qui sont en rapport avec des côtes , et rien n'autorise à admettre , avec Merrem (i), moins de vertèbres dorsales que de côtes.

La portion moyenne ou thoracique de la coiouue vertébrale est, en général , beaucoup plus courte que les deux autres portions ; elle est même ordinairement plus courte que l'os sacro-lombaire, d'auiant plus, surtout, que les deux dernières vertèbres ihoraciques sont communément soudées à cet os , comme il a déjà été dit. Elle forme d'ordinaire tout au plus le quart de toute la colonne vertébrale ; chez les oiseaux, à cou très long, la cigogne, par exemple , cette portion n'en est que le huitième.

Conformément à cela , le nombre des vertèbres qui la constituent est peu considérable. On peut établir comme règle générale que ce nombre est constamment moindre que celui des vertèbres cervicales.

Comme il y a quelquefois trois de ces vertèbres, au lieu de deitx seulement, qui se soudent avec l'os sacro-lombaire , que deux

(l) Loc. cit. , p. 125.

paires de côtes s'atiachent souvent à une même vertèbre , et qu'il peut y avoir d'autres difFérences individuelles , il n'est pas toujours facile de déterminer le nombre des vertèlares thoraciques ; je crois cependant qu'il n'y en a jamais au-delà de onze, ni au-dessous de sept. La première disposition n'est offerte , d'après mes recherches , que par le casoar commun , et les cjgnes ^ tant par le cjgne à bec noir (c. canorits) que par le cygne à bec rouge (c. olor). Du moins, en examinant cinq squelettes de cygnes, dont deux du cygne à bec noir {cjgnus canorus) , et les trois autres du cygne à bec rouge (c. olor) , je trouve dix vertèbres dorsales avec vingt quatre cervicales, seulement chez un mâle de l'espèce à bec noir (cano rus); tandis que chez deux de l'espèce à bec rouge (olor) , il y a onze vertèbres dorsales avec vingtquatre cervicales , et chez le troisième , onze dorsales avec vingt-trois cervicales. M. Cuvier donne aussi onze vertèbres cervicales pour les cygnes , sans cependant déterminer l'espèce.

Le tadorne commun {anas tadorna) en aurait également onze, suivant luij mais l'individu de ma collection ne m'en offre que neuf. J'ai vu le même nombre chez l'exemplaire du cabinet de Paris. Le plus grand nombre d'oi-. seaux n'en possèdent que sept à huit.

Les vertèbres thoraciques sont communément larges , mais coiu'tes , de manière qu'elles

d'anatotiie comparée. 29 sont, pour la plupart, plus courtes que les verlèbres cervicales. Les autruches el les casoars font exception à celte règle, en ce qu'un grand nombre de leurs vertèbres cervicales , supérieures, ont moins de hauteur que les vertèbres dorsales. La différence n'est pas grande non plus chez les manchots {aptenodjtes) et les pingouins («/ca ). Leur volume diminue insensiblement des postérieures aux antérieures.

Voici les autres caractères de la forme de ces vertèbres.

Il se détache du corps de chaque vertèbre dorsale, immédiatement au-dessous de son extrémité antérieure ou céphalique , une petite apophyse latérale, terminée par une facette articulaire plate, contre laquelle s'applique la

tête de la côte.

Les corps se terminent , en avant et en arrière, par des surfaces articulaires transversales , dont l'antérieure est plus large d'un côté à l'autre, et plus étroite que la postérieure dans le sens de la face dorsale à la face thoracique. En outre , la surface articulaire antérieure est concave d'un côté à l'autre, la postérieure est convexe. Celle-ci est reçue dans la surface articulaire antérieure de la vertèbre qui vient immédiatemet en arrière ; elle en embrasse le corps , à son extrémité antérieure , par deux apophyses qui la terminent , l'une en haut , l'autre en bas.

Les apophyses des vertèbres dorsales sont trèsdéveloppées. Il y a constamment , de chaque côté , deux courtes apophyses articulaires , une antérieure, et une postérieure j la première est située beaucoup plus en dehors , sa facette articulaire est plane et dirigée en dedans , tandis que celle de la seconde est dirigée en dehors.

11 existe, en outre, des apophyses transverses considérables , plates , plus larges que longues, qui se détachent de l'extrémité antérieure de la vertèbre , dont elles ont approchant la moitié de la longueur et souvent davantage.

Ces apophyses sont pourvues , .7 la face abdominale de leur extrémité libre, d'une facette articulaireplane,pour recevoirla tête des côtes; €n outre, elles deviennent ici plus larges, et produisent, en avant et en arrière, des prolongemens dont l'étendue varie et par lesquels les vertèbres thoraciques sont souvent soudées entre elles. La plupart des apophyses transverses postérieures ont leur plus grande longueur de dehors en dedans, les antérieures d'avant en arrière.

Les apophyses épineuses supérieures existent aussi constamment; elles ne sont pas trèshautes, mais elles sont fort longues d'avant en arrière; elles occupent presque toute l'étendue delà vertèbre, et comme leur longueur reste, en

d'anatomie comparée. 3i majeure partie, la mêmedanstouteleur hauteur, elles ont une forme carrée , sont presque toujours sur le point de s'atteindre , s'atteignent quelquefois réellement, et constituent une crête non interrompue. Lorsque cette union n'a pas lieu dans toute leur hauteur, elle existe du moins communément à leur bord dorsal , opérée par le moyen de prolongemens semblables à ceux des apophyses transverses; prolongemens dont les antérieurs sont simples, les postérieurs se bifurquant d'ordinaire en deux branches latérales , qui embrassent les antérieurs.

Les apophyses épineuses supérieures sont ordinairement plus petites aux vertèbres antérieures qu'aux postérieures.

En regard des apophyses épineuses supérieures, on trouve très-généralement des épines inférieures, dont M. Cuvier ne failpas mention, «quoiqu'il indique celles des vertèbres cervicales (i);ce qui est assez singulier, puisqu'elles sont beaucoup plus fortes aux vertèbres dorsales. MM. Tiedemann (2) et Carus(3), qui en donnent des détails exacts , le premier surtout , n'en indiquent pourtant pas les conditions les plus générales.

Elles sont communément plus longues ,

(0, Anatomie comparée, t. i . p. 171 ,

(2) Loc. cit., p. 20g.

(3) Ibid. , p. 159.-

maïs plus étroites que les apophyses épineuses supérieures, et par conséquent ne se touchent ordinairement pas. C'est aux vertèbres ihoraciques moyennes et antérieures qu'elles sont le plus longues et le plus développées ; le plus souvent elles sont, sur quelques unes des vertèbres antérieures, renflées à leur extrémité libre, et se terminent par une face plate; souvent elles n'existent que sur la moitié antérieure des vertèbres thoraciques.

Quant à leur connexion , les vertèbres dorsales se rapprochent très-généralement de la disposition des portions lombaire et sacrée. Leurs apophyses articulaires ne se soudent, comme je crois , que rarement; les apophyses épineuses supérieures , au contraire, et même les apophyses trausverses , dans une étendue plus ou moins grande, se soudent et forment très-communément une crête peu interrompue. Cela s'applique surtout à la plupart des vertèbres thoraciques postérieures. Il a déjà été dit que les deux dernières , et même les trois dernières , chez les cygnes , ont le corps même confondu avec l'os sacro-lombaire (i).

Les vertèbres thoraciques offrent, sous le rapport du volume, de la forme et de la connexion , les différences suivantes :

I . Volume. Chez les échassiers , ces ver- Ci) Voyez page 27.

d'anatomie comparée. 53 lèbres , ainsi que toute la région tlioracique , sont en général les plus petites; elles sont, au contraire , les plus grandes chez les palmipèdes ^ surtout les pingouins {alca), les manchots (aptenodjtes) , etc.

2. Forme. C'est surtout par le développement des apophyses transverses que se distinguent plusieurs palmipèdes , tels que les gxhhes(podiceps), les cygnes et les gallinacés^ chez lesquels elles sont fort larges d'avant en arrière.

Les apophyses épineuses supérieures sont surtout très développées chez les oiseaux de proie , principalement les diurnes , chez quelques palmipèdes, te'ls que les grèbes (podiceps), les plongeons {colymbus) , les cormorans (carZ>o) , beaucoup de gallinacés, par exemple , les paons, le coq domestique, les dindes , les hoccos {craœ) , les faisans. Elles sont , au contraire, petites chez les échassiers. 11 y a une exception pour le héron commun {ardea cinerea) , chez lequel le tissu osseux de ces apophyses estlâchejilen résulte qu'elles sont beaucoup plus considérables d'un côté à l'autre que chez les autres oiseaux de ce genre , où elles sontfort comprimées dans cette direction.

Ce sont sanoinles apophyses épineuses inférieures qui offrent des différences frappantes.

D'après M. Tiedemann (i) , elles manquent

(l'i Loc. cit, p. 2o8.

aux échassiers , du môins au héron et au biitor^ raais il en a remarqué un pelit rudiment chez le vanneau.

Je ne les trouve pas non plus chez le butor d'Europe Çardea stellaris) ; et seulement deux individus du héron commun ( ardea cinerea), m'en offrent une trace, à peine sensible, à la première vertèbre. Chez la cigogne noire (cicoîiia Jiigra) , le rudiment que l'on rencontre à la première vertèbre est un peu plus fort 5 chez la cigogne blanche (ciconia alha)^ il l'est encore davantage à la première, et un peu moins à la seconde. Chez la g^me , il y a aussi , aux trois premières vertèbres thoraclques, des épines moyennes , qui sont faibles et accompagnées , aux deux premières de ces vertèbres, de petites épines latérales.

Je ne les trouve pas non plus , ou j'en rencontre tout au plus de faibles traces, chez quelques oiseaux aquatiques , que le pélican ordinaire {pelecanus onocrotalus) , le sula alba, l'albatros le plus comuiun {dioniedea exsùlans),\es goélands (/am^),les stercoraires (les tris).

Outre les échassiers, les brachypteres (struthiones) présentent encore des apophyses épineuses inférieures très-petites j le casoar les offre, sans doute, à l'état le plus imparfait.

Viennent ensuite les perroquets, ou elles sont minces , peu élevées , et n'existent qu'aux

d'a-vatomie comparjée. 35 quatre ou cinq vertèbres les plus antérieures. Elles se comportent de la même manière che^ les foulques (Julicà) et les bécasses {scolopax).

Elles ne sont pas beaucoup plus fortes ni plus nombreuses chez les oiseaux râpaces ; mais les antérieures sont larges et épaisses à leur extrémité inférieure.

Elles sont beaucoup plus, parfaites chez les gallinacés. Elles s'étendent ici sur presque toutes les vertèbres thoraciques non soudées , et sont en même temps fort longues , surtout la troisième et la quatrième , et réunies en une crête plus ou moins complète. Chez les faisans et les dindes , elles sont très minces j chez le paon, au contraire, la troisième est considérablement élargie ; chez les dindes , la quatrième l'est encore plus. Chez la perdrix, la troisième a pris uri développement plus considérable encore dans cette direction- elle se termine par deux ailes horizontales , séparées par un enfoncement longitudinal.

Le tnitou-poranga {crax alector) esi cè\\x\ des gallinacés qui a les apophyses épineuses inférieures les plus imparfaites.

Le plus haut degré de développement de ces apophyses est offert, sans doute , par plusieurs oiseaux nageurs. Chez quelques-uns , par exemple les cjgnes , le cravant {anas bernicla) , elles sont courtes , principalement chez les premiers , mais existent sur presque

toutes les vertèbres dorsales. Chez le tadorne commun(anas tadornà) ,VeideT (anas spectahilis , ou le jeune mâle à l'âge de trois ans) (i), Vanas mollissima (ou l'adulte des deux sexes) (2), le canard musqué {a. moschata), elles sont, au contraire, non seulement très-nombreuses et plus ou moins étendues sur toutes les vertèbres thoraciques , mais , en outre , une ou plusieurs des antérieures sont distendues en largeur, d'après le type rencontré chez la perdrix.

La conformation. est ici encore plus compliquée , en ce sens qu'il y a communément , dans la fosse moyenne, une crête longitudinale qui fait saillie.

Elles sont au maximum de développement chez plusieurs espèces de plongeons {coljmbus) , de grèbes {podiceps ) , de manchots (aptenodjles) , de pingouins {alca) , de guillemots (iiria) , où elles sont non seulement très-longues, mais encore partagées inférieurement en deux branches sur plusieurs vertèbres , et dans quelques espèces même sur toutes : tel est le petit plongeon {coljînhus stellatus). Ces branches sont surtout fort longues aux vertèbres antérieures. Le plus haut degré de cette conformation semble être celui offert par le grand plongeon {coljmhus glacialis).

(i) Suivant M. Cuvicr.

(a) Suivant le môme auteur.

Chez le cormoran {carbo), elles sont sitaples, mais longues, et existent sur toutes les vertèbre?.

De tous les oiseaux , ce sont vraisemblablement les martinets {cypselus) , du moins le. martinet noir {cypselus apus), qui présentent, les plus longues et , en outre, les plus parfaites de ces apophyses. Celles des vertèbres antérieures se comportent comme chez les plongeons-, etc.; elles existent aussi sur toutes les vertèbres thoraciques.

Le volume relatif des apophyses épineuses inférieures , comparées aux supérieures , est tel , que , quoiqu'elles soient à la vérité communément plus étroites , elles sont souvent non seulement plus longues , mais en outre généralement plus volumineuses et beaucoup plus compliquées que les supérieures. Cette remarque s'applique surtout, d'une manière frappante, à beaucoup d'oiseaux aquaiiques , tels, que les plongeons {colymhus)^ les grèbes (/?o-. dicepi), les guillemots (wr/a), les pingouins (alca) , les macareux (rriormon) , les cormorans (carbo-), les pufSns (pit^nus) , et plusieurs espèces de canards.

Chez les gallinacés et les oiseaupc rapaces , plus encore chez les oiseaux de rivage , on rencontre très généralement le rapport contraire. Chez plusieurs oiseaux d'eau , et je citerai en particulier les cygnes , les harles {mer-

3o THAIÏÉ GÉNÉRAL

gus) , elles offrent à peu près le même volume.

3. Connexion. Très-généralement les vertèbres thoraciques sont, non seulement unies entre elles d'une manière peu mobile, mais elles sont de plus , surtout la plupart des postérieures, entièrement soudées , au moins par leurs apophyses épineuses et par leurs apophyses transverses. Les g-a//mace^ offrent cette disposition portée à son plus haut degré de développement j toutes ces apophyses, mais surtout les épineuses supérieures, forment , chez ces oiseaux , une crête non interrompue.

Cette connexion est beaucoup moins solide chez les grallés, encore bien moins chez les brévipennes {struthiones ) et les manchots {aptenodjtes) , chez lesquels les vertèbres thoraciques sont entièrement mobiles. Chez les derniers, les apophyses épineuses supérieures sont très-larges , carrées j elles envoient aussi un petit prolongement en avant et en arrière , mais ne se touchent aucunement.

Chez les brévipennes (struthiones) , elles son t , à cause de l'étroitesse considérable des épines , encore beaucoup plus séparées j parmi ces oiseaux, il n'y a que V autruche commune qui présente, aux épines supérieures, les apophyses antérieures et postérieures mentionnées ci-dessus.

d'anatomie comparée. 09 §. 8.

A. Portion antérieure ou cervicale de la colonne vertébrale-

La portion cervicale est, de toiiies les poilions de la colonne vertébrale , la plus consi ■ dérable ; souvent elle est même beaucoup plus longue que les autres réunies. Elle est la plus longue chez les oiseaux de rimge à longues jambes et plusieurs oiseaux cV eau , plus courte chez les oiseaux de proie ; elle renferme le plus grand nombre de vertèbres , qui sont aussi celles qui jouissent de la plus grande mobilité.

Le nombre des vertèbres qui entrent dans la composition de la colonne cervicale varie de neuf à vingt -quatre. On nomme ordinairement le cj^ne , sans désigner l'espèce , comme ayant le plus grand nombre de ces vertèbres , savoir, vingt-trois (i). Je n'en trouve, il est vrai , que vingt-trois sur un individu d^ l'espèce du cygne à bec rouge (c. o/or) , mais deux autres squelettes de la même espèce (c. o/or) ,

(1) Blamenbach , loc. cit., p. 87. — Cuvier, loc. cit., p. 169. — Tiedemann a aussi en vue lecygue, quandil dit {loc. cit. , p. 200) cjae le nombre des vertèbres cervicales varie , chez les palmipèdes , entre 12 et 25. Wiedeinann attribde aussi expressément au cygne domestique , qoî a 10 vertèbres dorsales , seulement 25 cervicales. ( Arch. fur Zoologie , Bd. 2 , S. 11 5 )

40 TRAITÉ GjÊiVÉRAL

ayant chacun onze vertèbres dorsales , et un autre squelette de cygne à bec noir (c. canorus), à dix vertèbres dorsales, me présentent, au contraire, vingt-quatre vertèbres cervicales , nombre qui me paraît , quant à présent, être le plus ordinaire chez ces oiseaux. D'un autre côté , plusieurs oiseaux qui sont le plus rapprochés des cygnes, sous le rapport du nombre des vertèbres cervicales , m'en ont offert moins qu'on ne dit, quoique je les aie comptées avec la plus grande attention. M. Cuvier, par exemple , attribue à la cigogne et la grue dixneuf vertèbres cervicales j mais je n'en trouve que seize sur deux squelettes de cigogne blanche et sur un squelette de cigogne noire; parmi trois squelettes de^mej, à ncufcôtes, je compte dix-neuf de ces vertèbres sur un, et dix-huit seulement sur les deux autres. Du reste , il me paraît vraisemblable qu'il n'est pas rare que le nombre des vertèbres cervicales varie chez les oiseaux. Outre les exemples cités, je trouve, parmi deux squelettes complets de grèbes huppés (^podiceps cristatus) , qui ont tous deux dix côtes , dans l'un dix-neuf et dans l'autre seulement dix-huit vertèbres cervicales. M. Cuvier indique dix vertèbres thoraciques et seulement quatorze cervicales pour le genre plongeon (coljmbus) , sans en désigner l'espèce j il avait , à coup sûr , une autre espèce sous ses yeu5î, peut-être le petit plongeon (co-

d'anatomie comparée. 41 Ijmbiis stellatus), chez lequel je ne trouve cependart que treize verlèbres cervicales.

Je ne peux pas déterminer jusqu'à présent , avec certitude , les variations du nombre des verlèbres cervicales , surtout chez les oiseaux qui ont le cou long et composé de beaucoup de verlèbres j je ferai remarquer seulement que je n'ai pas trouvé jusqu'ici de variations chez les oiseaux dont les vertèbres cervicales sont en petit nombre. Sans doute le nombre, déjà régulièrement considérable, de ces vertèbres semble favoriser une augmentation ultérieure des parties, à peu près comme on voit les rayons à^s astéries se bifurquer, en général, avec une sorte de prédilection , surtout chez les espèces qui ont , à l'état normal , plus de cinq rayons, et comme chez l'homme on voit, surtout au côté gauche , le nombre des arlères augmenter par la division.

Les vertèbres cervicales , à l'exception de la première et de la dernière qui ressemblent à une vertèbre dorsale , ont ordinairement la forme d'un carré alongé. Cette disposition se prononce d'autant plus qu'on les examine plus près du milieu de la colonne cervicale. Il est rare qu'elles soient plus larges ou aussi larges que longues; cependant cela a lieu chez les manchots [aptenodjtes)^ les pingouins (cilcci), les macareux (mormon)^ les guillemots (uria). Elles sont , au contraire , surtout alongées chez

4» TRAITJÎ: GÉNÉRAL

plusieurs échassiers ^ entre autres chez les hérons (ardea) , surtout le héron commun (ardea cinereà) , taudis qu'elles sont courtes chez la cigogue à sac {a. algald). Après échassiers viennent les brévipennes (^struthiones) et les palmipèdes .

Quand elles ont une longueur considérable , elles sont aussi très -généralement éj:roites et comprimées d'un côté à l'autre. Celles des hérons se distinguent surtout par cette disposition.

Elles diminuent , en général , plus ou moins de volume, dans la direction de bas en haut.

Le corps en est ordinairement la partie la plus étroite. Il est comprimé latéralement. Il ressemble , par la disposition de ses surfaces articulaires antérieure et postérieure , au corps des veçtèbres dorsales.

La partie antérieure de ce corps se renfle latéralement dans toute sa hauteur , de manière à former une apophyse trausverseà deux racines.

La racine inférieure , que l'on peut considérer comme un rudiment de côte , tant à cause de sa forme et de sa position , que parce qu'elle se développe d'une pièce osseuse entièrement séparée des autres os , se prolonge plus ou moins en une apophyse styloide droite , qui se dirige en arrière , à quelque distance du bord latéral de la face inférieure du corps, el

d'anatomib comparée. 43 occupe, dansia plupart des cas, environ la moitié de la longueur de la vertèbre.

C'est chez les échassiers et quelques yy«//72£- ;7èJe>y,. et particulièrement chez le grèbe huppé {jjodiceps cristatiis) ^ que ces apophyses sont , en général, les plus petites^ chez les gallinacés et plusieurs autres palmipèdes , comme les cj-gnes, les plongeons, du moins le petit plongeon ,\e harle vulgairle (mergus merganser) , elles sont, au contraire, les plus grandes.

Elles s'étendent souvent , chez ces derniers , jusqu'à l'extrémité postérieure de la vertèbre,. et touchent à la vertèbre qui suit! Chez les cjgnes et les harles , toute ^l'apophyse trans verse est, en autre , très-longue d'avant en arrière, en-deçà du point où le prolongement styloïde s'en détache.

Ce dernier est eu général simple.' .

Entre les deux racines de l'apophyse transverse, il se trouve une ouverture destinée à recevoir les vaisseaux vertébraux et le nerf ganglionnaire, ouverture qui correspond à la lacune située entre la vertèbre thoracique et le col delà côte. Elle est ordinairement courte 5 chez les palmipèdes mentionnes en dernier heu, elle se prolonge, au contraire , et forme un conduit considérable.

^-clLc ouverture vasculo-nerveuse. est communément petite, alongée, un peu obliquement dirjgée de ba* en haut et d'avant en arrière.

Chez les pingouins (ùlca) et les manchots (aptenotjdes) , elle est , au contraire, énorme, courte et droite.

Outre cette ouverture , il existe , chez plusieurs oiseaux , vraisemblablement chez la plupart d'entre eux , une seconde ouverture beaucoup plus petite sur quelques-unes des vertèbres cervicales supérieures. Elle est située, relativement à la première dont ilaété question, plus profondément et plus en arrière , au côté de la vertèbre, oîi la face latérale de celle-ci se réfléchit pour former la face postérieure ; elle est dirigée d'avant en arrière. Eu dehors, elle est limitée par un pont osseux , étroit , qui descend de l'apophyse articulaire supérieure à l'inférieure, et se soude en avant , surtout chez les canards, plus ou moins immédiatement avec la partie inférieure du conduit vasculaire.

Cette ouverture manque chez M autruche commune^ les outardes , les pingouins , les hérons (ou du. moins elle n'est pas constante chez ceux-ci), les perroquets, les albatros {diomedea), les hirondelles , les oiseaux de proie , les cjgnes , les pélicans; elle existe , au contraire , chez le nandou {struthio rkea) , les casoars, les œdicnèmes (œdicnenius) , les bécasses (scolopax) , les gallinacés , les pics , les toucans {ramphastos) \ les corneilles et la plur part des canards.

Celte ouverture n'existe le plus souvent qu'à

d'anatomie comparée. 45 compter de la troisième jusqu'à la quatrième ou cinquième vertèbre cervicale; chezla plupart des canards, elle existe sur presque toutes. Les casoars la présentent également sur la quatrième, et à compter de la huitième jusqu'à la seizième vertèbre cervicale.

Chez le nandou, on ne la rencoiitre qu'à la troisième et à la quatrième ; au côté droit , elle est manifeste aux deux dernières vertèbres cervicales , et est indiquée sur toutes les autres , la cinquième exceptée , par un prolongement qui descend de l'apopbyse articulaire supérieure j entre ce prolongement et le corps de la vertèbre, il n'y a qu'une petite lacune ouverte inférieurement.

Chez le casoar de la Nouvelle-Hollande, on la voit sur la seconde et la troisième , et à partir de la cinquième jusqu'à la douzième vertèbre cervicale ; il est possible par conséquent que son absence chez le nandou soit purement accidentelle. • .

Les arcs des vertèbres cervicales , surtout lorsque celles-ci ont peu de hauteur , sont , au milieu de la colonne , bien plus courts que les corps , parce que leurs bords antérieur et postérieur, le dernier surtout, offrent une échancrure considérable , qui donne lieu , entre chaque couple de vertèbres, à l'existence d'un interstice , propre à favoriser beaucoup les mouvements du col en arrière.

Cellé forme appartient généralement surtout aux vertèbres inférieures et moyennes , tandis que les arcs des vertèbres supérieures se terminent par des bords droits, et sonlpartout à peu près aussi longs que les corps. C'est chez plusieurs oiseaux échassiers et palmipèdes qn'élle est le moins prononcée j chez d'autres palmipèdes, au contraire, elle se rencontre particulièrement au minimum de développement, par exemple , dans les genres guillemot, pingouin et macareux.

Toutes les vertèbres cervicales, la première exceptée , ont deux apophyses obliques antérieures, et deux postérieures. Les apophyses postérieures de la vertèbre qui précède recouvrent, en arrière, les apophyses antérieures delà vertèbre qui suit , et sont en général plus développées que ces mêmes parties. Toutes se portent assez directement d'avant eii arrière. Communément les apophyses articulaires ne font que peu ou point de saillie en dehors , au-delà de la surface articulair'^. Les pingouins et les manchots , surtout les derniers , font exception à cette règle. Sur toutes leurs vertèbres cervicales, l'atlas et L'axis exceptés , il y a , en avant , sur l'apophyse oblique antérieure , une tubérosité transversale très-forte , dirigée en dehors, qui augmente considérablement de volume, des vertèbres antérieures aux postérieures.

Ces oiseaux ont., en outne , une autre tubé-

d'anatomie comparée. 4'/ losltc plus grande, qui se détache de la partie supérieure et postérieure de l'apophyse articulaire inférieure, et qui se porte en arrière. Cette tubérosité existe à compter delapremière j usqu'à la neuvième vertèbre , après laquelle elle disparaît insensiblement. Elle est forte à la première vertèbre, mais beaucoup plus à la seconde; elle diminue peu à peu de volume à partir de celleci. Ces apophyses transversales, supérieures et antérieures, sont ici cause de la grande largeur de la colonne cervicale.

Outre les apophyses qui viennent d'être passées en revue , il existe encore très généralement des apophyses épineuses supérieures et inférieures.

Les supérieures sont généralement plus petites que les inférieures , et ne se trouvent que sur un petit nombre de vertèbres. Elles manquent ordinairement, et sans doute toujours, à l'atlas et aux vertèbres cervicales moyennes; elles rie se trouvent qu'aux deux, trois ou quatre, vertèbres inférieures et supérieures, la première exceptée. Celles du devant sont, pour la; plupart, plus longues ^ plus grêlés et plus poin-' tues à leur sommet, dressées oti inclinées ; les postérieures sont moins élevées , plus làrges et un peu dirigées en avant. Ce sont presque' toLijours des pointes ou crêtes étroites et simples , fortement comprimées d'un côté à l'autre. Il n'y a que les dernières vertèbres cervicales de

quelques échassiers , peut-être de tous, et, par exemple , des grues , des cigognes , des hérons^ qui fassent exception, sous ce rapport. Les apophyses en question sont, chez ces oiseaux, fort larges , tellement qu'elles occupent toute la largeur de l'arc. Elles sont considérablement creusées en bas , dans presque toute leur longueur , de sorte qu'elles naissent ici par deux racines, une droite et une gauche. Elles sont rétrécies en avant, et leur bord supérieur se prolonge ici en une apophyse plus longue ou plus courte. Cette disposition diminue d'arrière en avant , et disparaît déjà à la cinquième vertèbre cervicale, quand on compte d'arrière en avant. Les apophyses épineuses supérieures ne se bifurquent que de la manière mentionnée 3 disposition qui , comme M. Tiedemann (i) en a déjà fait la remarque , est indiquée quelquefois même par les rudimens de ces apophyses , qui existent aux vertèbres cervicales moyennes, surtout chezles ec«jj'feri",attendu que leurs racines postérieures ne s'atteignent quelquefois pas sur lalignemédiane. Mais jamais cette bifurcation n'est aussi frappante aux vertèbres moyennes qu'aux vertèbres postérieures des échassiers. La disposition qui vient d'être décrite est évidemment en rapport avec la longueurdes membres postérieurs et du col. Ce der-

(1) Loc. cit. , p. 20/,.

d'anatomie comparée. 4p nier rapport ne suffit toutefois pas , puisqu'il n'existe pas cliez le cygne, dout le cou est pourtant fort long.

Ces apophyses sont les plus nombreuses , les plus arrondies , les plus 'longues et les plus épaisses , chez les oiseaux de proie , plusieurs palmipèdes , surtout les pingouins {alca)\ les manchots { aptenodjtes ), les plongeons ( co- Ijmbus) , les guillemots ^ les Tnacareitac\ les piiffins , en outre chez plusieurs oiseaux grimpeurs^ surtout les perroquets . Les oiseaux rapaces elles grimpeurs en ont, à la fois, aux vertèbres cervicaiesantérieures etaux postérieures; les palmipèdes n'en ont généralement qu'aux de rnieres. Chez les plongeons , du moins le co- Ijmbus rufogularis et le petit plongeon , elles meserablenl le plus développées; ellesj existent sur toutes les vertèbres cervicales , et occupent sur la plupart d'entre elles toute la longueur de l'arc.

Elles sont aussi très-longues et nombreuses chez les manchots .

Les autres oiseaux offrent peu de différences. La seule remarque à faire, c'est qu'elles sont petites , surtout celles du haut, chez la plupart des palmipèdes et des échassiers ; et il est digne d'attention, sous ce point de vue, c^weles grèbes, surtout ]e grèbe huppé et le podiceps auritus, sont, presquede tous les oiseaux, ceux où on les

rencontre au plus haut degré de petitesse.

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