‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 37 sur 83 · I. Portion postérieure de la colonne vertébrale · texte numérisé non relu

I. Portion postérieure de la colonne vertébrale

La portion postérieure du rachis se partage très généralement en vertèbres lombaires , sacrées et coccygiennes ; les cétacés font exception à cette règle.

Comme les vertèbres lombaires, sacrées et coccygiennes de ces animaux ne soutpas exac-

d'aNATOMIK COMPARICE. 547

tement séparées, à cause de l'absence d'une connexion solide des os coxaux avec la colonne vertébrale, il convient d'étudier à la fois, chez ces animaux, l'ensemble des vertèbres , qui viennent après les vertèbres dorsales.

Cet ensemble de. vertèbres est toujours très considérable,- ainsi, chez le dugong {halicore^ m.) et le lamantin (nianatus)\ il comprend la moitié, et, chez les cétacés proprement dits , à peu près les trois quarts de toute la colonne vertébrale.

Le nombre des vertèbres qui composent cette partie est toujours considérable. Les dauphins en offrent la quantité la plus grande. J'en ai compté constamment soixante et quelques. Il j en a moins chez le dauphin du Gange ^ environ trentéj mais elles sont plus longues. Les baleines n'en semblent posséder que trente et quelques : les faux cétacés , comme le lamantin et le dugong, paraissent en avoir encore moins. Elles ne sont pas longues , mais hautes. Chez les dauphins ét les baleines , du moins d'après tout ce que j'en ai vu, on trouve toujours le disque du corps des vertèbres séparé de la pièce moyenne de ce corps. On distingue à ces vertèbres, du moins dans les cinq sixièmes antérieurs de cette portion , des apophyses épineuses supérieures , plus ou moins prononcées , comprimées latéralement j des apophyses transverses , qui sont

TRAIT^i GÉNÉR.IL

aplaties de haut en bas. On y rencontre, en outre , des traces d'apophyses articulaires aulérieuires , sous la forme de pointes, dirigées en avant et en haut, et situées à la base des épines supérieures, qui, dans la première moitié de cette portion , atteignent la vertèbre immédiatement antérieure. Ce contact a lieu chez les baleines, mais non chez les dauphins, le lamantin et le dugong. Chez les deux derniers , presque tontes ces vertèbres , à l'exception des premières et des dernières , sont armées d'épines inférieures, creuses; chez les baleines et les dauphins, ces épines n'existent qu'aux vertèbres de la moitié postérieure de celte portion, les dernières exceptées. Elles sont, chez les dauphins , Y)\ns petites; chez les autres, plus grandes que les épines supérieures; elles ne sont pas soudées au reste de la vertèbre, sont situées entre chaque couple de vertèbres, et augmentent généralement de volume, d'avant et d'arrière , vers la partie moyenne. Chez le delphinus griseus, la première de ces épines est formée de deux moitiés, qui ne s'atteignent pas. Chez le lamantin, au contraire, les deux premières sont unies ensemble , au moyen d'une apophyse horizontale , qui est étendue de l'extrémité inférieure de la première à- la seconde. Il paraît que cette disposition , qui semble ne pas exister chez les autres animaux de cet ordre, est constante; non seulement M.

d'anatomie comparée. 349 Cuvîer l'a figurée (i), mais je l'ai trouvée aussi sur deux squelettes du cabinet de Munich.

Albers (2) a représenté , chez la baleine à bec [balœna wstrata)^ au-devant des premières épines inférieures , un os alongé , pourvu de deux apophyses latérales moyennes. Peut-être cet os résulte-t-il de la soudure des épines inférieures d'un certain nombre de vertèbres? Cette conjecture a contre elle une circonstance remarquable : M. Rudolphi (3) , qui serait tenté de prendre ces pièces pour l'os hyoïde mal représenté, semble n'avoir rien trouvé de semblable chez la baleine qu'il a examinée j cependant la forme de ces pièces ressemble assez à celle des deux premières épines inférieures du lamantin.

C'est chez les dauphins que les épines supérieures ont le plus de hauteur et d etroitesse ; elles sont moins hautes , mais plus larges chez le dauphin du Gange ; les moins élevées se rencontrent chez les fauoc cétacés , particulièrement le lamantin; chez presque tous ces animaux , en en exceptant peut-être le dugong ^ elles augmentent un peu de volume aux pre-

(1) Annales du Muséum , t. XII, pl. ig, fig, ire,

(2) Icônes ad Anat. compar. Fasc. i , tab. i .

(5) Abh. derBerliner Acad. 1820 — 21 , p. 54. ( Mémoires de l'Académie de Berlin.)

35o TRAITÉ GÉNÉRAI.

mières vertèbres, pour diminuer ensuite trèsinsensiblement.

Lacépède (i) a décrit, chez le dauphin , des épines supérieures accessoires, ayant la forme de petits os alongés , apointis de haut en bas , situés à la base de la nageoire dorsale , qui correspondent aux vertèbres sous-jacenles, sans cependant leur être unies. Je n'en ai trouvé aucune trace, du moins chez le marsouin comlium {^deîphinus phocœna).

Les apophyses transverses les plus longues et les plus étroites se rencontrent chez les dauphins: elles sont longues, même chez le dauphin du Gange ; mais beaucoup plus larges. Les plus larges se trouvent chez le lamantin , et les plus petites chez les haleines. A VeiLception des plus antérieures , elles diminuent aussi de volume , et disparaissent même insensiblement d'avant en arrière. La plupart de celles des dauphins sont dirigées en avant; chez les autres , elles sont plus droites ou dirigées en arrière.

Les vertèbres postérieures sont toujours trèspetites etdiminuentrapidementdevolum^ dans toutes les directions. Chez les dauphins , elles sont surtout courtes, peu élevées et larges; chez le lamantin^ elles sont, au contraire, alongées. On trouve sur plusieurs vertèbres coccygiennes

(i) Histoire naturelle des cétacés j i"édit. ,p. 195.

D\'iNATOMIE COMPARÉÉ. 35 1

postérieures des dauphins , de chaque côté et au milieu du corps , vers la périphérie, un large canal , descendant de haut en bas , qui n'est pas en rapport avec le canal rachidien j on le reucontte même dans le cas où celui-ci n'existe pas ; il rappelle évidemment les vertèbres coc- -cygiennes, percées à jour , qui existent dans plusieurs poissons. M. Rudolphi (j) parle I d'ouvertures semblables, situées à la racine des ; apophyses transverses de plusieurs vertèbres . coccygiennes postérieures de la haleine à bec.

a. Sacrum.

Le sacrum est presque toujours composé de [plusieurs vertèbres^ il est convexe à sa face dorisale, concave à sa face abdominale, irrégulièreiment quadrilatère , et présente son plus grand ( développeraentà sa partie antérieure dans toutes lies directions; il s'unit, en général, d'une 1 manière mobile, avec la dernière vertèbre lom- Ibaire et la première coccjgienne.

Ses parties latérales se renflent en dehors, jse confondent et forment une face latérale < commune , qui diminue de largeur de haut en ibas. On distingue à sa face dorsale des traces «d'apophyses épineuses et articulaires plus ou moins évidentes. Comme cet os se compose de plusieurs vertèbres, il se développe de beaucoup

Ci) Abh. der Berlin. Acad. 1820—21 , p. 33.

de pièces osseuses dont le nombre est , en outre, augmenté par le grand volume de plusieurs de ses vertèbres : tel est l'homme, par exemple, clfez lequel il s'ajoute encore, de chaque côlé, aux pièces ordinaires des trois premières vertèbres du sacrum , deux pièces extraordinaires ,qui correspondent aux côtes , et qui se confondent avecles arcs de ces vertèbres.

§. ii8.

Le sacrum offre , sous tous ces rapports, les différences suivantes.

Sa forme varie considérablement, surtout en ce qui regarde le rapport de sa longueur à sa largeur. 11 est très-large chez Vhomme et les singes , surtout chez ceux à courte queue , et chez les paresseux. C'est le gibbon , parmi les quadrumanes^ qui a le sacrum le plus large; chez le pongo , il est déjà plus alongé , quoique sa forme générale ait la plus grande ressemblance avec celle de l'homme. Chez les makis , il est plus alongé que chez les singes, chez lesquels il est large , surtout à sa partie postérieure. Plusieurs rongeurs , par exemple les porcs - épies, les castors , les édentés et les échidnés ont un sacrum un peu plus étroit; viennent ensuite les ours et les animaux voisins, les marsupiaux, parmi lesquels les phascolomes ont surtout un sacrum très-large et

d'avàtomie comparée. 555 quadrilatère. 11 est plus étroit chez les carnas-^ sîers , très-étroit chez les ruminans , les soli- ^ pèdes, les pachydermes et plusieurs rongeurs ^ sa plus grande étroitesse, et par conséquent son plus grand étal d'allongement , se rencontre chez les chéiroptères , en outre , chez la taupe, le chrjsochlore (chrjsochloris ) et la musaraigne (sorecc ).

Ceci a-iieu pour le sacrum considéré en général , aussi bien que lorsqu'on le compare avec !le reste de la colonne vertébrale.

Chez plusieurs mammifères , par exemple WhommeelVornithorhjnque , il présente , soit dans sa totalité , soit dans sa partie antérieure, (qui en est la , plus grande , plus de largeur et (de développement que les autres vertèbres.

Chez la plupart des autres mammifères, il test, au contraire, plus étroit que l'atlas , et {particulièrement que les vertèbres lombaires. (Ce rapport est frappant , surtout chez les soliipèdes et les ruminans , chez lesquels le sacrum eest extrêmement étroit, et les vertèbres lomliiaires extraordinairement larges ; largeur qui idépend de la longueur de leurs apophyses ttransverses.

Le sacrum devient , en général , plus étroit idfavant en arrière. Sa partie postérieure, qui en «st communément la plus grande , est aussi beaucoup plus étroite que la première vertèbre. -Cette disposition existe chez Vhomme , les

354 THAITé GÉNÉRAL

carnassiers y les ruminans , les solipèdes, et les édentés.

Chez plusieurs mammifères , il présente la même largeur dans touie son étendue , par exemple chez les porcs-épics ( hjstrioc ) et les phas colom.es .

Dans quelques cas il se resserre à sa partie moyenne , mais il s'élargit de nouveau dans la majeure partie postérieure de sa longueur. Chez le castor , par exemple , il est , à sa partie postérieure, aussi large, même plus large qu'à l'antérieure , après avoir offert un léger étranglement ; chez la plupart des singes à queue longue, il est même, à sa partie postérieure, souvent plus large qu'à la moyenne, et presque aussi large qu'à l'antérieure. Si on compte avec le sacrum toutes les vertèbres soudées, sa partie postérieure est , chez les tatous , consi* dérablement plus large que l'antérieure.

Il est fort arqué chez \ homme , après lequel vient le pongo. Chez le gibbon , il est tout droit d'avant en arrière , seulement un peu concave d'un côté à l'autre j chez les autres animaux il est tout-à-fait ou presque tout-à-f fait- droit.

Au lieu que les vertèbres sacrées se soudent communément entre elles, elles restenttoujours parfaitement séparées les unes des autres chez \.Qrnithorhjnq ue.

lia forme du sacrum ofTre , en outre, des dif-

d'anatomie comparée, 355

férences qui se rapportent particulièrement aux épines.

Si ]'on considère, avec raison , les vertèbres situées ad voisinage des os coxaux comme étant le sacrum , on peut dire que les épines des vertèbres sacrées sonf considérables chez plusieurs animaux , particulièrement le gibbon , les galèopitkeques , les chauve-souris , les taupes, le blaireau , les hérissons, les ^ iv erres , les marsupiaux , les kangurous , les castors, les lapins, \<às sauriens Minas ara igne du Cap, les porcs-épics, le phalagin, les fourmiUers\ les mono trèmes , Us solipèdes ; ^i^vmx les ruminans , chez la girafe , les bœufs , les cerfs, les antilopes , les chèvres , chez les rhinocéros et les cétacés. C'est chez ces derniers que les épines sont les plus longues.

Elles ont, au contraire , une longueur médiocre , mais beaucoup de largeur chez la plupart des singes , surtout chez ceux à queue longue , les chats et V hippopotame; elles sont à peine sensibles chez V homme , les paresseux, les kangurous et les ours; elles sont peu prononcées chez la plupart des singes à queue courte, \es makis, les phascolomes^lles tatous; parmi les ruminans , chez les chameaux, chez éléphant; enfin chez les phoques elles morses

nlles manquent tout-à-fait chez les porcs. 11 n'existe qu'unepetiie tubérosité, à leur place, aux vertèbres les plus postérieures.

Celles des vertèbres antérieures sont communément les plus longues ; mais chez les écureuils ^ la première est beaucoup pljis courte que les autres. La même chose a lieu chez la gerboise [dipus)^ et l'oryctérope du Cap ( orjcteropus capensis ).

La formède ces épines varie également. Elles prennent d'un côté à l'autre, et dans la plupart des cas,uneétroitesseqnin'estnùllement amenée par des degrés transitoires, et qui est plus grande que celle des vertèbres lombaires ; elles présentent en outre une largeur égale d'avant eu arrière. Cette forme existe surtout chez le ca^tor^ le porc-épic et les fourmiliers.

Chez les autres animaux elles sont plus ou moins arrondies et apointies.

Ces épines se présentent à deux états différents; elles sont ou séparées , ou réunies dans une étendue plus ou moins considérable, et constituent une crête. On trouve , sous ce rapport, des différences même chez des animaux trèsvoisins les uns des autres. Ainsi les longues épines du gibbon se sont réunies en une crête mince ; chez le pongo , où elles ne sont pas aussi longues , elles sont séparées les unes des autres. Parmi les chéiroptères, les chauve^ ^ouris ont une crête ; les galéopithèques n'en ont pas.

Chez les ours , la première de ces épmes est séparée; les autres sont réunies et forment

d'anatomie comparée, 55^

une crête peu élevée. Les musaraignes , les taupes et les chrysochlores ont une crête longue et très-haute. Elle est également considérable chez les fourmiliers. ïl en est ainsi chez la plupart des ruminans , mais non chez les chameauoc et les solipèdes. Il existe sans doute, à cet égard, beaucoup de différences suivant les âges et les individus : ainsi , sur qna tre squelettes de castor que j'ai devant moi , il y en a trois dont les épines sacrées sont toutes : séparées, à l'exception de leurs pointes; chez i le quatrième squelette , les deux épines du miilieu sont soudées ensemble dans toute leur I hauteur.

La direction du sacrum varie également. lElle ne diffère en général que peu ou point de la direction du reste de la colonne vertébrale.

Chez Vhomme , au contraire , sa direction dévie de celle du rachis , à tel point qu'il se porte de haut en bas , et s'incline fortement d'avant en arrière.

Son volume^ surtout sa longueur, offre beaucoup de différences. Si on y comprend toutes les vertèbres soudées , on peut dire que c'est chez le tatou qu'il a le plus grand volume.

i 11 est en général considérable chez les édentés,

i oii il a aussibeaucoup delargeur et de longueur.

• Ue ca^^or et le campagnol àpleds.palmés(o«Ja.

•ira ) se rapprochent le plus de ces animaux.

353 TRAITli GÉ>nÊRAT.

Il est seulement très-lojig chez la plupart des rongeurs.

M est très-petit , c'est-à-dire étroit et court, chez les galéopithcques ; il est pins long chez les chaude- souris , quoiqu'il y soit aussi trèsétroit j chez les ours, et les animaux voisins, il est plus large et plus court j il est très-court et large chez les tardigrades , les marsupiaux et les kangurous .

Le nombre des vertèbres sacrées n'est pas dar vanlage le même partout ; il est de une à sept.

Le nombre le plus ordinaire est celui de trois à quatre ; on le trouve chez la plupart des quadrumanes , des carnassiers , àes rongeurs, des édentés, des pachydermes et des ruminans.

Il n'j a que deux vertèbres sacrées chez les monotrèmes , chez quelques édentés , notamment le pangolin , et chez la plupart des mar-r supiauoc.

Les ^Aof/we-y n'en auraient que deux, d'après M. Cuvier (i); je crois cependant pouvoir admettre, d'après ce que je vois sur mes squelettes de phoque commun {phocavitulina)ei deph.

hispida, que plusieurs de leurs vertèbressacrées se confondent. M. Lobstein attribue également trois à quatre vertèbres sacrées au phoque à ventre blanc (2). Le sacrum ne consiste qu'en une

(1) Leçons (Tanalomie comparée, t. i , p. i55.

(2) Leroux, Journal de médecine. Bulletin de la sa- »iété d'émulation , Hiai i B 1 7, p. 20.

vertèbre, d'après M. Cwvier (i) , chez pUisievrs quadrumanes , particulièrement le /or// chez plusieurs singes; parmi les chéiroptères ^ chez le vampyre et les galéopithèques ; parmi les carnassiers , chez le coati; parmi les mar^supiauoc ; chez les phaîangers [phalangista)^ la marmose (^didelphjs rnurina). Cependant il est composé de deux vertèbres , du moins chez le lori, comme Fischer (2) déjà eu avait fait la remarque ; parmi les singes que cite M. Cuvier, il se compose de trois , au moins , chez \cs macaques ^ àe deux chez les didelphes 'l et de quatre chez les galéopithèques ; j'en trouve également trois, au lieu de deux, chez le coaïta.

Il 7 en a cinq chez V homme , chez plusieurs singes et ruminans. M. Cuvier en donne six au gibbon et à la marmotte; cependant je u'en trouve que quatre sur le squelette de mr/rmo^^e que je possède, quoiqu'il n'ait que vingt-deux vertèbres coccjgienues , comme l'indique M. Cuvier. Il en est de même chez tous les solipèdes; je n'en trouve pas sept , mais seulement cinq. M. Cuvier n'en accorde que cinq à Vours hrun^ je lui en trouve six, etc.

Le sacrum s'unit solidement et presque constamment, par sa partie antérieure, surtout

(i) ILoc. cit.

(2" Anatomie der Makis , S. 120.

56o TRAITÉ GKNKRAL

par deux ou Irois vertèbres , avec l:x portion aulérieurc de l'os coxal. Les makis sont peutêtre une exception à cette règle; j'ai du moins trouvé dernièrement sur un sqneletre de mongous presque tout frais, mais intact du reste, que cette connexion était lout-à-fait mobile des deux côtés.

Chez quelques animaux , principalement la plupart des édentés , le sacrum touche à l'ischion par son extrémité postérieure , soit seul,, soit conjointement avec la première vertèbre coccygienne ; il en résulte que l'échancrure ischiadique est convertie en un trou.

b. Vertèbres coccjgiennes.

Les vertèbres coccygiennes sont sujettes , sous tous les rapports, au plus grand nombre de variations; ce sont elles qui se distinguent le plus entre elles et d'avec les autres vertèbres, de sorte qu'une des vertèbres coccygiennes postérieures peut être comparée à tout autre os aussi bien qu'à une vertèbre, surtout avec des phalanges et des pièces sternales.

Ce sont, dans la plupart des animaux, les plus allongées des vertèbres. On peut dire la même chose de leur corps, ïors même que leurs apophyses iransverses sont irès-fortemeiit développées, comme chez le castor et le pangolin.

d'anatomik comparée. 56 1

Les corps de ces vencbres sont principalement allongés et étroits, à cause de la petitesse ou de l'absence des apophyses trausverses , chez les hangurous , les singes , les carnassiers à longue queue, chez les rongeurs, les fourmiliers, et ensuite chez les mammijeres à courte queue. Les vertèbres coccygiennes postérieures sont presque toujours beaucoup plus allongées que les antérieures , soit parce que les apophyses transverses eu disparaissent, soit parce que leur corps est également fort allongé.

Cependant Véchidné et Vornithorhynque ont toutes les vertèbres coccygiennes d'une largeur considérable.

Les cétacés font exception à la règle d'après laquelle les postérieures de ces vertèbres sont plus allongées que les antérieures : chez eux, les dix à douze dernières vertèbres, dont plusieurs ont déjà perdu les apophyses transverses et épineuses supérieures , prennent subitement une forme déprimée d'avant en arrière et de haut en bas, et s'élargissent , au contraire , considérablement d'un côté à l'autre 3 la largeur absolue des plus antérieures de ces dernières vertèbres va même jusqu'à dépasser celle de plusieurs des vertèbres qui sont situées au-devant d'elles. Cet élar^ifissement a particulièrement Heu chez les dauphins; il est en rapport avec la largeur et la position transversale de leur nageoire anale. Les baleines ont aussi les der-

nicres vertèbres coccygiennes très-courtes, mais moins larges et plus élevées que les dauphins; ce qui donne à ces os une forme arrondie.

Le nombre des vertèbres coccygiennes varie de quatre à cinq ^ chez Vhomme et quelques ^mg-ej-, c'est-à-dire chez un très-petit nombre d'animaux; chez les autres, il varie de 25, 26, 27, 28 , 5o, 40 à 45- Les fourmiliers et les pangolins en ont le plus grand nombre; on en trouve vingt et quelques chez plusieurs gue-^ nons et rongeurs.

Les différences principales que présentent les vertèbres coccygiennes, sous le rapport de la. forme, viennent d'être indiquées. On peut y joindre les remarques suivantes, Les antérieures ont pour la plupart un canal pour la moelle épinière, lespostérieuresensontprivées.' Le nombre des dernières l'emporte, en générai, considérablementsur cellesquisont percées d'un canal. Les premières sont toujours mu-' nies d'apophyses transverses plus ou moins prononcées , qui sont quelquefois même trèsdéveloppées , par exemple chez les mammifères à longue queue ^ et parmi ceux-ci, surtout chez le castor, plus encore chez le pangolin à longue queue et le tatou; il y faut ajouter en-' core Vorjctérope , ïomitlwrhynque , Véchidné, le fourmilier à quatre doigts et celui à deux doigts.

Ces' apophyses transverses sont dirigées, dans

d'axatohik comparée. 365 plusieurs ordres, par exemple les rongeurs , le pins souvent en travers ou d'arrière en avant; chez d'autres, au contraire, principalement les carnassiers et les quadrumanes , elles le sont d'avant en arrière. C'est surtout à la partie antérieure et la plus grande de la moitié postérieure de la queue, chez le castor, que ces apophyses sont divisées chacune en deux apophyses , dont l'une est antérieure , plus grande , et dont l'autre est postérieure et plus petite. Chez ce même castor, mais plus encore chez le pangolin à longue queue, Véchidné, les paresseux et Vornithorhjnque, les apophyses trausverses existent même aux vertèbres coccygiennes postérieures , et sont assez développées.

Chez d'autres mammifères à longue queue, par exemple les kangurous et les gerboises , ces apophyses sont partout courtes , et forment , à l'exception des premières vertèbres coccygiennes, de petites tubérosités latérales, antérieures et postérieures , séparées les unes des autres par uu intervalle concave.

Chez les tatous , toutes les vertèbres qui s'unissent à l'os ischion se soudent entre elles et avec celles qui s'attachent à l'os coxal ; il laudrait par conséquent les comprendre toutes dans le sacrum, qui , dans ce cas , serait beaucoup plus large en bas qu'en haut.

Les apophyses iransverses des vertèbres coccygieuncs antérieures, les deux ou trois prc-

luières exceptées , sont presque sowàéas avec la branche descendante de l'ischion chez quelques animaux, tels que les fourmiliers et les pangolins ; chez d'autres, par exemple les tatous, cette soudure a réellement lieu. Cepeiîdant celles qui leur succèdent immédiatement sont encore plus larges. Chez quelques rongeurs même, tels que les rats et Vécureuil, les apojjhyses transverses des vertèbres coccygiennes antérieures sont développées à un tel point, qu'elles se rapprochent de l'ischion, et que quelques unes, surtout chez les rats , se soudent entre elles, sans cependant s'unir à cet os. .

Les vertèbres coccjgiennes de Vhomme , des singes à courte queue , du pongo surtout , de la taupe, du cochon dinde, du rhinocéros, du porc, des ruminans et des soliphdes, en générai de tous les mammifères à courte queue, sont habituellement très-peu développées, et toutes, ou à peu près toutes, ont entièrement ou presque entièrement la forme des vertèbres coccygiennes des autres animaux , dont la queue est plus longue et contient, dans sa partie antérieure, des vertèbres parfaites.

Il y a cependant quelques animaux à courte queue, par exemple Vaï, le porç-épic , \hippopotame eX. V éléphant , qui possèdent, dans une étendue considérable de la queue , des vertèbres très-bien développées, sous le rap-

d'aîvatomie comparék. 565 porl de la présence de la cavité et des apophyses.

Le nombre des vertèbres parfaites est , proporiionnellement , d'autant plus petit que la queue estplus courte etlenorabre des vertèbres qui la compo^tint moins considérable; mais il faut dire que, même sous cette condition, une ouplusieurs des vertèbres antérieures ont un canal plus ou moins parfaitement fermé , des apophyses épineuses , des apophyses transverses et des apophyses articulaires, surtout des antérieures.

Le coccyx le plus imparfait , après celui de Vkomme et de quelques singes voisins , est peut-être celui des phoques : chez ceux-ci, il n'y a ordinairement que la première vertèbre qui offre des traces d'apophyses épineuses et transverses : les autres ne représentent que des moignons courts , épais, sans étranglement à leur partie moyenne.

Chez les mammifères dont la queue est' faible'et courte,' le développement des vertèbres coccyglennes diminue, très généralement, sans interruption, d'avant en arrière. Cette disposition se rencontre chez Vhomme , les singes , les ours , V hippopotame , le rhinocéros , Véléphant, les ruminans , les porcs , les solipedes et les phoques.

Parmi ceux dont la queue est plus longue, les chats , les chiens , les écureuils et les ger-

hoùes^ ofiVcut la môme disposition ; chez les cétacés même, les vertèbres coccjgiennes se montrent de moins en moins développées d'avant en arrière, quoique cette dégradation s'o> père d'une manière très-insensible.

Chez d'autres, au contraire , par exemple les didelphes, les /tangurous , le castor, l'orjctérope et Véchidiié, mais surtout chez l'ornithorhjnque , une ou plusieurs des vertèbres coccjgiennes antérieures sont plus faibles que celles qui les suivent, particulièrement sous le rapport des apophyses transverses et des apophyses épineuses inférieures,

Les vertèbres coccjgiennes moyennes , quoique très-imparfaites, ont égalemeutplus Ramasse que les antérieures chez les singes à aueue longue, les makis, les carnassiers à longue (jueue et les rongeurs.

Chez presque tous les mammifères dont la queue est longue, le castorel le pangolin à longue queue étant peut-être seuls exceptés, la plupart des vertèbres coccygiennes moyennes ont nGnseulemenluueformeplusaiongée,maisaussi beaucoup plus de longueur que les antérieures.

Cela a lieu surtout chez \e,s singes à longue queue, les makis , les coatis , les didelphes , les écureuils et les gerboises ; elles y sont trois ou quatre fois plus longues que les vertèbres antérieures du coccyx.

d'anatomie comparée. 567 C'est chez les singes el les jjtakis que cette dlsposiiion est le plus prononcée.

La plupart des vertèbres coccygiennes antérieures dos mammifères sont munies à'apophfses épineuses supérieures et inférieures; mais les supérieures existent le plus fréquemment.

Chez l'homme, il n'y a que la première vertèbre du coccyx qui présente un léger rudi ment d'arc; souvent cette faible trace même n'existe pas, et la vertèbre est lout-à-fait plate et simple. Chez les aïs, plusieurs des vertèbres coccveienues antérieures ont un arc complet, mais elles sont privées absolument d'epines.

Chez le fourmilier ci quatre doigts , le tatou, les kangurous , les phascolomes , les didelphes, les loutres, en général chez plusieurs carnassiers à longue queue, chez les rhinocéros , les éléphans , les ruminans , les porcs et les solipédes , les deux vertèbres coccygiennes antérieures ont des "épines très courtes à leur partie postérieure; les autres n'en ont aucune trace.

Chez plusieurs carnassiers à queue longue , plusieurs rongeurs , et principalement la plupart de ceux a qujeue courte; en outre, chez les écureuils, la plupart des e<ie/zZe^ , particulièrement le tamanoir, le pangolin, Vêchidné et Vornithorhjnquc, un plus ou moins grand noui-

bre des vcnèbres coccygienues antérieures ont des épines assez développées.

Elles sont un peu plus grandes chez le castor, et ont une largeurconsidérable d'avant en arrière.

Elles sont également considérables , mais étroites, chez les singes à longue queue. Chez \ hippopotame , elles sont proportionnellement longues et d'une largeur considérable d'avant en arrière , de sorte qu'elles occupent presque toute la longueur des vertèbres.

Chez le porc-épic , la gerboise du Cap et les cétacés , elles sont très-longues; elles existent chez le porc-épic et les cétacés , sur la plupart des vertèbres, et ne diminuent que très-insensiblement, jusqu'à ce que les dernières vertèbres n'ofifrent plus que le corps. Elles sont , chezces derniers animaux, droites et fort aplaties d'un côté à l'autre.

Il est digne de remarque que le porc-épic, qui a une queue si courte , possède presque" les épines les plus longues, et sur le plus grand nombre des vertèbres. En général , le coccyx de ces aniiu^aux se distingue par le développement de ses apophyses épineuses supérieures et inférieures et de ses apophyses trausverses , qui est extraordinaire , quand on le compare au peu de longueur de cette partie de la colonne vertébrales.^'''**

d'anatomie coaiPARitE. oGg

La plupart des mammifères à Jon^iie queue ont , sur un plus ou moins grand nombre de leurs vertèbres coccygiennes , suivant que le développement du coccyx est plus ou moins considérable, de iortes apophyses épineuses inférieures , qui sont situées entre chaque couple de corps vertébraux. Elles l'emportent souvent en longueur sur les supérieures ; cet excès de longueur est parfois considérable , particulièrement dans les genres castor, écureuil (sciurus ) , porc-épic ( hjstrix ) , fourmilier , pangolin {manis). Elles existent quelquefois sur des v^ertèbres privées des supérieures ; cette disposition se voit principalement chez les tatous elles kangurous; on la rencontre aux vertèbres postérieures des cétacés.

Ces apophyses épineuses inférieures se distinguent , en général , des supérieures parce qu elles ne se soudent pas avec les vertèbres entre lesquelles elles sont situées. 11 y a cependant une exception à cette règle , qui est présentée par Vornithorhjm/ue. Les fourmiliers surtout en possèdent de très développées ; chez ces animaux , on les trouve sur les vingt-huit à trentre premières vertèbres du coccyx. Les antérieures sont les plus longues et les plus fortes , à l'exception des deux premières • elles diminuent insensiblement de volume d'avant en arrière.

Chez le fourmilier à deux doigts , les deux

570 TRA.ITÉ GÉVÉKAL

premières ne sont pas unies sur la ligne mé- (liane; loules les autres le sont. La plupart d'entre elles ont , de chaque côté, une apophyse pointue, droite et dirigée en arrièio, et, sur le milieu , une autre apophyse dirigée en avant vers la première et qui est plus forte. On peut les comparer très-bien à des côtes qui, faute de sternum , se seraient soudées ensemble , conme le sont les côtes de plusieurs reptiles.

Les deux moitiés de la première apophyse inférieure ne sont pas réunies non plus chez plusieurs dauphins.

L'extrémité inférieure de ces apophyses est, dans la plupart des animaux , simple et plus ou moins pointue. Cette conformation existe même dans le cas où elles sont fort développées, comme chez les fourmiliers , \ es pangolins , les castors et les kangurous. Chez les tatous ,au contraire , les plus antérieures de ces apopliyses , au moins, sont , à leur extrémité inférieure^ considérablement élargies sur les côtés , ou bien elles présentent une base concave. Chez les kangurous , elles se développent aussi , en travers , à leur partie inférieure,' et se terminent par une pointe antérieure etdeux pointes latérales.

Elles sont ordinairement ouvertes à leur partie- supérieure , de sorte que leur forme peut être comparée, à juste titre, à celle d'un V.

d'anatomib comparée. 37!

Elles ont cette conformation chez le lamanoir (77^7-^/7^ecOyt)/^^^g•a juhata), les pangolins et le castor; chez le tatou éi le porc-épic , au contraire, les deux jambes du V sont , à leur partie supérieure, unies le plus communément par un pont osseux ; elles ont par conséquent la forme d'un triangle ou d'un étrier.

Nous avons établi que ces apoplijses ne se rencontrent que chez les animaux à longue queue. H y a une exception à cette règle ; en effet , l'A/ j-Zr/o: europœa el \hjstrioc javana ont la moitié antérieure des vertèbres de la queue pourvue d'épines inférieures en forme d'étrier, et très-longues, qui l'emportent sur les épines supérieures; il y en a même de petites dans la moitié postérieure, presque jusv qu'à son extrémité.

Uéchidné et Vornithorhynque ont aussi de semblables épines inférieures , qui sont petites.

Toutes les vertèbres coccygiennes s'unissent fentres elles parleurs corps ; les antérieures sont^ en outre, jointes au sacrum; et un plus ou ,moins grand nombre d'entre elles sont articulées très-généralement ensemble, au moyen d'apophyses articulaires , dont les antérieures ^ont contiguës , inférieurement et en dehors , aux apophyses articulaires postérieures de la vertèbre qui précède immédiatement. Ces apophyses articulaires antérieures ont, chez plusieurs mammifères , des prolongemens plus

572 TRAITÉ GÉNÉUAL

OU moins forts , qui se portent en liaut et en dehors.

Ces apopliyses articulaires antérieures sont surtout très- développées chez les singes à queue longue , les carnassiers , les marsupiaux^ les kangurous^ le castor, les écureuils, les gerboises ( dipus ) , et les lièvres sauteurs {helamys) , k?, fourmiliers , les pangolins, les échidnés , \ ornitliorhjnque , les pares- .seuac , et le tatou.

Les prolongemens en sont très-considérables chez la gerboise , et plus encore chez le tatou; ils débordent de beaucoup la surface articulaire.

Sur la plupart même des vertèbres coccjgiennes postérieures , dont la connexion n'est plus opérée par les apophyses articulaires , mais par le corps seulement , on trouve encore les apophyses articulaires antérieures , mais on n'y voit pas les postérieures ; elles ont la forme de deux fortes tubérosités latérales , situées à la partie antérieure du corps de la vertèbre , non unies entre elles. Il ne faut pas les considérer comme des traces du trou vertébral ,puis7 qu'on trouve celui-ci sur un plus ou moins grand nombre de vertèbres , en arrière de ces tubérosités , 011 il est surmonté d'une petite épine.

Ces apophyses existent même chez les mammifères à courte queue, comme le démontre l'exemple de Vaï, Elles sont aussi très-fortes chezV hippopotame, quoiqu'elles ne prennent,

d'anatomie comparée.

chez lui, aivcune part à l'arliculalion des vertè- |)res. Aux vertobres postérieures , elles se confondent des deux côtés , et n'en forment qu'une, située dans la ligne médiane.

On les rencontre chez les cétacés. , sous la forme de petites, pointes , à l'extrémité inférieure du Lord antérieur des épines; mais elles ne contribuent que peu ou point à l'articulation. Les postérieures sont aussi indiquées chez eux , mais à un état plus rudijnentaire que chez l'hippopotame.

C'est chez les cétacés , les èléphans , les i^hi^ nocéros , les rumina ns , les solipèdes et les porcs , -que ces apophyses sont le moins prononcées.

c. Vertèbres lombaires.

Les vertèbres lombaires, très généralement les plus volumineuses dii rachis., sont munies d'épinçs supérieures considérables, dirigées d'avant en arrière , et d'apophyses transverses longues et larges , la plupart tournées d'arrière en avant. I^e volume de ces vertèbres ainsi que celui de leurs apophyses diminue d'avant en arrière. Elles ont souvent aussi, pour servir à l'insertion des muscles qui se dirigent d'arrière en avant, des apophyses accessoires , d'un volume variable; celles-ci naissent audessus des apophyses trans verses, entre les apo-

ph/ses articulaires 3 tantôt elles sont rapprochées des antérieures , tantôt des postérieures j ces apophyses accessoires sont, en général' tournées en arrière. Dans ce cas , les apophyses articulaires antérieures, lorsqu'elles sont fort développées, débordent de la quantité la plus notable la vertèbre qui suit immédiatement , et augmentent ainsi la solidité de la colonne ver-, tébrale. 11 est beaucoup plus rare de trouvera ces vertèbres des épines inférieures. Quand elles existent , ces dernières naissent de la partie antérieure de la face inférieure du corps; elles sont dirigées en avant, et ne semblent appartenir qu'aux premières vertèbres.

La longueur de la colonne lombaire est, ainsi que le nombre des vertèbres qui la composent, sujette à be.\ucoup de variétés. Cette région a le plus de longueur chez les animaux qui sautent avec force, principalement chez plusieurs rongeurs, carnassiers et quadrumanes ; elle est aussi fort considérable chez les chéiroptères. Elle est la plus courte chez plusieurs pachydermes, particulièrement \' hippopotame , le rhinocéros, Y éléphant, chez plusçieurs èdentés , surlox\l]es fourmiliers et Ip'^ tatous.

En général , le nombre des vertèbres lombaires est en rapport avec la longueur decçtte ré-

d'anatomie comparée. 075

i>ioii. Ainsi les monotrèmes , le fourmilier à deux doigts et Vaï, en ont denxj plusieurs singes , les éléphans, les rhinocéros f^en oui trois; le daman, la plupart des rongeurs , les c«rnassiers et des quadrumanes , en possèdent sept, huit , neuif. U homme tient à peu près le milieu entre ces deux extrêmes ; il a , en général, cinq vertèbres lombaires.

Les différences de forme coïncident aussi avec celles qui viennent d'être relatées.

Les vertèbres lombaires des cétacés ont déjà été prises en considération précédemment.

Parmi les pachydermes , elles sont faibles , courtes et peu larges, chez les rhinocéros^ plus encore chiBz les éléphans ; elles y ont des apo- ])hyses transverses étroites, et des épines supérieures hautes. Chez d'autres , tels que Xhip-popotanie, les porcs , ainsi que chez les solipèdes et les ruminans , elles sont , au contraire , très-fortes et très-larges , à caase de leurs longues apophyses transverses 3 c'est chez le bœuf qu'elles ont le plus de largeur. Parmi tous ces ordres, c'est la girafe qui a les vertèbres lombaires les plus faibles. Les apophyses accessoires leur manaueut.

Chez les monotrèmes et les édentés , la plu part des corps de ces vertèbres sont larges , peu élevés, et pourvus d'épines assez fortes. Les apophyses transverses manquent toutrà-fait chez les monolrèmes ; elles sont peu fortes

^7^ TIlAlTi; GÉNÉRAL

même chez les autres , à l'exception des pangolins, du tatou et de Vorjctérope. tatou surtout a des apophyses articulaires antérieures très-fories, proloujréesen hautetenavant. Elles sont rncme considérablement plus grandes que les épines , qui sont pourtant fort volumineuses. On voit un rapprochement vers cette conformalion chez Vorjctérope, ainsi que chez le tamanoir ( mjrmecophaga juhata) , mais à un degré moindre.

Chez Voryctérope du Cap il j a , depuis la seconde jusqu'à la sixième vertèbre, à ia face inférieure de chaque corps, de petites crêtes longitudinales : ce sont des indices d'épines inférieures.

Parmi les rongeurs , les vertèbres lombaires des Lièvres, des écureuils, des câblais , des porcs-épics , des tatous , sont surtout très-développées , à cause de la hauteur de leur corps, et du volume considérable de toutes les apophyses, qui sont généralement dirigées en avant. Parmi ces derniers animaux, la gerboise se distingue , soit eu général , soit en particulier, par le grand développement des apophyses accessoires , qui s'y divisent même en antérieures et en postérieures. Ces apophyses accessoires sont, en général, faibles cûez les rat^ , plus fof tes chez le castor.

Chez quelques uns, les vertèbres lombaires antérieures sont munies d'épines inférieures..

d'anatomie comparée. 3'7 7

Elles sont assez longues chez les lièvres > beaucoup plus longues que les supérieures , et existent sur les trois vertèbres les plus antérieures. Celle de la vertèbre moyenne est la plus longue, l'antérieure est la plus petite dans une grande proportion, Coiter ( i ) déjà les a observées chez ces animaux , tandis qu'aucun des anatomistes qui lui ont succédé ne semble y avoir eu égard. Je ne les ai trouvées chez aucun autre rongeur, pas même chez la gerboise; elles u existent pas davantage chez le kangurou. Ces apophyses sont évidemment en rapport avec le développement considérable des vertèbres lombaires antérieures; leur présence coïncide couséquemment avec la faculté du saut et I la rapidité de la course. Chez les gerboises et les kanguroiLS ,\q\\t absence est compensée , I : sans doute , par le grand volume des membres et de la queue.

Chez les didelphes , les carnassiers et les y quadrumanes , les vertèbres lombaires sont un peu moins développées que chez les ron- . geurs , cités en premier lieu, mais les apophyses en sont assez volumineuses. Les vertèbres lombaires des phascolomes ont des ' corps larges et peu élevés , des apophyses épi- I neuses dirigées en arrière, des apophyses trans- ' Terses plus longues que celles des autres animaux dont il vient d'être fait ujention j celle (r; De quadrupcdum sceletis, eap. !II.

disposition augmente considérablement la largeur des verièbres lombaires , surtout des postérieures.

Chez les hangar oiis , les corps de ces vertè^ bres sont , au contraire, très-hauts et étroits; chez lekangurou rat {kanguroo rattus), et chez le kangurou élégant ( k. elegans ) , les apophyses épineuses sont très-longues, les apophyses iransverses et les accesoires forment des poin^ tes longitudinales très-grandes. Les didelphes, proprement dits , se distinguent surtout par la largeur des épines et des apophyses articulaires; cette largeur est telle qu'elles constituent des crêtes non interrompues. Les vertèbres lombaires sont un peu moins fortes chez les carnassiers , plus encore chez les quadrumanes 0.1 V homme ; chez'le dernier, les corps en sont plus courts , mais plus larges que chez les animaux qui viennent d'être considérés.

On voit très-généralement, chez les quadrumanes, l'apophyse accessoire s'étendre de lapophyse articulaire postérieure à la racine de ' l'apophyse transverse la plus voisine; elle se présente sous la forme d'une forte pointe » qui augmente beaucoup la solidité de cette région. Cette disposition est en rapport direct avec le développement de la queue ; elle n'existe pas chez le pongo , le chimpansé et \e gibbon. Les loris se distinguent des autres quadruma^ nés par la faiblesse des vertèbres lombaires.

d'anatomie .compaîu)!-:. 379

On trouve assez souvent, chez Vhomrne, ù la partie inférieure et postérieure des apophyses . articulaires antérieures, de légères traces d'aj pophyses accessoires.'

Parmi les chéiroptères , les galéopithèques ■ I ont les veitèbres lombaires très-volumineuses t dans toutes les directions; les apophyses épi- I neuses en sont surtout très-larges. Ces vertè- Jbaes sont, au contraire, allongées chez les i chauve- souris ^ les apophyses en étant courtes <et les corps comprimés latéralement, de mamière à constituer presque une crête.

Plusieurs animaux, surtout des solipèdes , idesruminans et àéspachjdermes , offrent une (disposition particulière , sous le rapport de l'artticulation des vertèbres lombaires ; elles s'iiinissent entre elles par les surfaces ordinaires, tel, en outre, encore par les apophyses trans- 1 verses.

Parmi les solipèdes , j'ai trouvé chez le cheivcd, Vdne, le quagga et le zèbre y à la racine ide l'apophyse transverse de la dernière v.erlètbre lombaire, une facette cartilagineuse, à la- ■ quelle eu correspond une autre du sacrum et ' de i'avant-dernière vertèbre lombaire. Chez le i cheval , la même disposition avait également I lieu entre les quatrième et cinquième vertèbres lombaires.

Les apophyses transverses se soudent quel- • fois tout-a-fait sur ces points.

58o TRAITÉ GÉNÉRAL

Parmi les ruminans , il n'y a que les bœufs, les cerfs , quelques antilopes , par exemple h: gnou, qui présentent une disposition un peu analogue; on volt, chez eux, de fortes pointes longitudinales se détacher à une petite distance au-devant de rextrémitc des apophyse;.-, îransverses.

Chez l'hippopotame , la dernière et l'avantdernière vertèbres lombaires, ainsi que les vertèbres sacrées, la première vertèbre lombaire et la dernière côte, sont pareillement articulées ensemble par des apophyses Iransverses.

Celte articulation est surtout distincte entre la dernière vertèbre lombaire et le sacrum-; elle y est opérée au moyen d'une apophyse transverse, éteudue en largeur et longueur ,^ pourvue d'une grande surface articulaire , et qui s'élève postérieurement de la vertèbre.

Les trois dernières vertèbres lombaires da rhiTiocéros d'Afrique à deux cornes ^ et seulementles deux dernières de celui d' Asie à une corne, s'unissent aussi entre elles et avec le; sacrum, par des surfaces articulaires qui existent à leur base. Chezle tapir d Asie , jetrou--. vai deux de ces surfaces articulaires à la dernière et à l'avant-dernière vertèbres ; je n'en ai rencontré qu'une à la troisième de ces vertèbres. Chez le tapir d' Amérique , des surfaces articulaires postérieures n'existent que sur la, dernière vertèbre lombaire et aii sacrum.

d'aNATOMIE COMPAIliÎE. 58 1

On rencontre accidentellement aussi la ïnênie organisation chez d'autres animaux : ainsi , par exemple , chez Vorjctérope je ne trouvai celte arlicnlaliou qu'au côté droit, entre les sixième et septième vertèbres lombaires. J'ai vu cela plusieurs fois chez Vhomme, surtout entre la dernière vertèbre lombaire et le sacrum , mais seulement d'un côté.

Cette conformation est très-digne de remarque , soit par elle-même , parce qu'elle augmente la solidité de la région lombaire , soit ctomme une analogie entre la région lombaire et la région sacrée ., soit enfin par sa ressemblance avec ce qui existe chez la plupart des oiseaux.

Quelquefois l'ouverture destinée au passage des nerfs n'existe pas entre deux vertèbres, mais seulement sur une vertèbre. J'ai remar- ■qué cette disposition sur toutes les vertèbres lombaires, chez les monotrèmes el les makis; chez le hujfie et le zéhu elle n'existe qu'aux trois premières vertèbres lombaires. Je l'ai observée -du moins quelquefois aux deux premières vertèbres chez V auerochs et le taureau; chez le porc et le tapir d'Asie à la première vertèbre lombaire.

2 Portion antc'rieure de la colonne verlél)ralc. a. Vertèbres thoraciques.

Les vertèbres'lboraciqucs sont, en grméral, allongées , plus éiroites et plus petites que les lombaires y et. souvent aussi que les cervicales. Leurs apophyses épiijeuses, surtout les plus antérieures, sont couimunément les plus longues, mais elles ne sont pas les plus épaisses j elles ont, le plus souvent, plus de longueur que celles des vertèbres cervicales. Elles sont très-fortes chez les mammifères à cou lons:^ mais aussi chez les cétacés. La plupart des apophyses épineuses antérieures sont ordinairement dirigées en arrière; les postérieures se portent, au contraire, brusquement en avant, et forment, de la sorte, le passage à celles des vertèbres lombaires.

Les apophyses transverses de ces vertèbres ne sont communément pas aussi fortes que celles des vertèbres cervicales et lombaires ; leur extrémité libre est concave à sa face antérieure, pour recevoir la tubérosilé delà cote.

11 en est de même de leurs corps ; ils se dis^ linguent ,1e plus souvent , par la présence d'une' facette articulaire antérieure et d'une posté-^ rieure , destinées à recevoir la tête de la côte. Ces facettes s'unissent à celles des vertèbres

d'anatomie comparée. 583

voisines pour consiiliier une surface articulaire complète. Aux vertèbres postérieures, ces faceltes soiil ordinairement uniques, et situées plus au milieu du corps.

Chez les monotrèmes, les édenlés ,\k plupart des pachjdermes , et les solipedes , la portion thoracique de la colonne vertébrale a le plus de longueur 3 elle est, en général , composée du plus grand nombre de vertèbres. Chez les chéiroptères , au contraire, cette portion est à son état de brièveté le plus prononcé ; elle est composée du moindre nombre de vertèbres.

Elle est formée communément de douze ou treize vertèbres. Plusieurs chéiroptères n'en ont que onze, les solipèdes en ont dix-huit. Parmi les pachjdermes, le rhinocéros d'Asie à une corne eu a dix , celui ^Afrique à deux cornes en a vingt ; les tapirs et les éléphans en ont également vingt; le daman eu possède vingt-deux ( i ), et, parmi les paresseux, Vu-

(0 M. Cuvier n'accorde, il est vrai , que 21 vertèbres dorsales au daman {Annal, du mus. Il/, 174 ), mais je : trouve 22 côtes de chaque côte, sur le squelette bien preiparé que je possède. Cette différence ne dépend pas de la diminution du nombre des vertèbres lombaires , puisqu'il y a 9 vertèbres lombaires et i5 vertèbres sacrées et coccygiennes. M. Cuvier donne le même nombre pour les dernières, mais seulement6 pour les lombaires, ce qui est sans doute une faute typographique, puisque le même nombre n'est pas sur le tableau.

" I.c daman du Cap et celui de Sjrie diffèrent en ce

nau en a même vingt-trois , ce qui est le nombre le plus considérable.

Les vertèbres dorsales des cétacés ont une largeur considérable , mais peu de hauteur d'avant en arrière. Leur largeur dépend de l'aplatissement que présentent , dans le sens vertical , leurs apophyses transverses, qui sont longues et volumineuses, et dont la longueur augmente tellement d'avant eu arrière, que la dernière, qui est, avec la première coccygienne, la plus longue de tout le rachis, est trois fois plus lon£;ue que la première dorsale. Toutes les vertèbres dorsales sont pourvues d'apophyses articulaires antérieures ; mais il n'y a quecelles de la moitié antérieure de la colonne dorsaJe qui aient aussi des apophyses articulaires postérieures. Aux vertèbres dorsales de devant, les apophyses articulaires antérieures sont situées à la racine des apophyses iransverses; aux postérieures, elles se portent insensiblement à la racine des apophyses épineuses.

Lés corps des vertèbres dorsales n'ont pas , comme à l'ordinaire, deux facettes articulaires pour la tête des côtes, une en avant et l'autre en arrière; elles n'en ont au contraire qu'une,

point. C'est sans cloute sur un squelette de la seconde espèce que M. Meckel a fait son observation , tandis que M. CuviER c'tudiait un squelette de daman du Cap ^ qui existe en effet au cabinet de Paris , et qui n'a que vingt et une vertèbres dorsales. {N. d. T.)

d'anatomie comparée. 5g5

siluce vers l'extrémité postérieure du corps , qui est le plus souvent placée plus haut que de coutume. Une autre exception plus grande à ja conformation ordinaire est présentée par les vertèbres dorsales postérieures des cétacés; ordinairement le plus grand nombre de ces vertèbres n'a pas de facettes articulaires au corps, parce que les apophyses transverses seules s'articulent avec les côtes. Ainsi chez le delphinus griseiis et le dauphin à tête ronde (d. globiceps), lies six dernières vertèbres dorsales ne suppor- I tant les côtes que par les apophyses iransverscs ; «chez le dauphin nesarnak (d. tursio) ce sont les Ihuit dernières de ces vertèbres 5 chez le dauiphin ordinaire {d. delpfiis), on rencontre celte (disposition sur dix d'entre elles. Or, le daiiiphin à tête ronde n'a que onze côtes , le dauiphin gris en a douze , le dauphin nesarnak eet le dauphin ordinaire en ont treize. Lesapo- [physes transverses deviennent subitement plus llongues d'avant en arrière, surtout à compter idela septième; cet accroissement eu longueur eest tel, que la douzième est aussi longue que la ssepiième , et trois fois plus longue que la pre- Hnière. Chez le d. griseus on voit très-distincte. Bnaent le passage de la disposition , suivant laî^uelle la côte s'articule simultanément avec le ccorps et avec l'apophyse tranverse , à la dispo- 'Sinon qui présente celte même côte unie seulennent à l'apophyse,

38G TR.VITÉ GKNÉRAL

L'apophyse iransverse de la septième verièbrc dorsale prend subitement une épaisseur qui contraste beaucoup avec celle de la sixième j elle i est surmontée à son extrémité interne par une :( apophyse pointue , qui se dirige en avant vers n le corps de la sixième vertèbre , de sorte que l'on voit ici distinctement que le col de la côte i est soudé avec l'apophyse iransyerse. Chez \êi dauphin ordinaire , l'apophyse transverse de la J quatrième vertèbre offre seulement une épais- 1 seur beaucoup plus grande; chez d'autres , pan exemple le dauphin nesarnak , la premièrèi des côtes qui s'articulent uniquement aveci l'apophyse transverse sert de base à une apophyse plus longue ou plus courte, qui se; porte en bas ou en avant.

Toutes les vertèbres dorsales ont des apo^ physes épineuses comprimées latéralement , et dirigées un peu en arrière; celles de ces apophyses qui appartiennent aux vertèbres anté-j rieures sont très peu élevées; la plupart d'en-; tre elles sont très-longues; on peut dire qu'après celles des premières vertèbres coccygiennes , elles font partie des apophyses épineuses les plus hautes du squelette. Elles sont à peu près aussi longues que les apophyses trans-i verses ; les plus longues se rencontrent chez le dauphin ordinaire , les plus courtes chez le dauphin à tête ronde.

Chez les haleines, toutes les apophyses sont

D'AiSTATOMIE COMI'AAÉK. 58/

: beaucoup plus petites que chez les dauphins.

Sous ce rapport , le dauphin du Gange se |i distiugue des autres d'une manière frappante, i Les vertèbres dorsales de cet animal sont plus 1 hautes et moins larges. Cette diminution en lllargeur est telle , que les antérieures sont |i même plus étroites que les vertèbres cervicales j postérieures. Les apophyses épineuses des der- ! nières vertèbres dorsales sont moins élevées , imais beaucoup plus larges que chez les autres \i dauphins ; celles des antérieures sont, auconitraire, beaucoup plus hautes j elles ont, à l'ex- ( ception de la première , la même hauteurqu'aux îautres vertèbres de la colonne. Les apophy- <ses articulaires de toutes les vertèbres dorsales 5Sont situées beaucoup plus haut que de coutumej (Celles des vertèbres antérieuriss se prolongent (et forment des pointes très-considérables, diirigées eu haut et en avant, qui embrassent de (dehors en dedans les apophyses articulaires }postérieures des vertèbres précédentes, et qui lies dépassent dans une proportion très-grande. ILes apophyses irans verses des neuf premières 1 vertèbres dorsales sont très-courtes • les deux (dernières prennent brusquement une longueur l beaucoup plus grande, mais elles n égalent ; pas la longueur de celles des autres vertèbres. " Les vertèbres ihoraciques des solipèdes, des ruminans et des pachydermes ont des corps courts et étroits • elles ont èrl ciulre, surtout

chez le rhinocéros , des apophyses épineuses , hautes et dressées, qui, à l'exception de la première, diminuent de volume d'avant en arrière. Une disposition digne de remarque est surtout offerte par les chameaux : les apophyses épineuses y sont renflées latéralement à leur extrémité supérieure. Cette particularité se rattache à la présence de la bosse que supportent ces animaux. On remarque surtout un développement considérable de ce renflement aux trois dernières apophyses épineuses ^ qui sont les moins élevées et à celle de la première vertèbre lombaire; ces apophyses sont ea outre concaves à leur centre. Chez \e,zébuy cette disposition existe sur la plupart des vertèbres thoraciques antérieures.

hes monotrèmes elles édentés ont des vertèbres thoraciques assez larges et des apophyses épineuses d'une hauteur modérée. L'apophyse articulaire est le- plus souvent, mais surtout chez les tatous, distendue , et forme une forte protubérance , qui est ordinairement aussi longue que les apophyses épineuses. Les monotrèmes n'ont pas d'apophyses transverses; ils ont, en revanche, antérieurement , quatre ou cinq apophyses épineuses inférieures, donj la première est même très-large et trideutée.

Les apophyses épineuses sont longues, étroites , pointues , entièrement ou presque entièrement droites chez les rongeurs , hs Tiiarsu-piaux , les carnassiers , les quadrumanes ,-d

d'anatomie comparée. 589

rexccpliou des genres hérisson , taupe ^ miosaniigne et phoque , surtout du phoque corn r/uin , et du mitre; cette exception ne s'applique pas autant à l'ours marin {ph. ursijià) èt au morse (trichechus). Les didelphes ont, à leurs vertèbres postérieures, des apophyses épineuses peu hautes , larges et très-épaisses à leur bord libre. Les plus postérieures sont communément munies d'apophyses accessoires , comme les vertèbres lombaires. Chez les chauve-souris et les taupes ^ les apophyses épineuses manquent, on peut dire, lout-à-fait; elles ne sont pas très-hautes chez \qs galêopithèques ^ mais elles y sont tellement larges qu'elles sont presque comiguës. Les corps sont ici, surtout chez les premières , trèsrfortement comprimés , de ma- ^ ni ère à former une crête.

Le pongo , le gibbon , le chimpansê , se distinguent des autres quadrumanes par la direction des apophyses épineuses, qui sont louri>€es fort obliquement en arrière, disposition qui les rapproche de l'espèce humaine. Chez les autres, elles sont plus longues que celles des vertèbres cervicales, excepté chez le pongo, qui les a considérablement plus courtes que celles-ci.

Chez plusieurs mammifères, les solipèdes particulièrement; parmi les ruminans , chez le bœuf, Vauerochs, le buffle, chez le tapin^Asic et ôi' Amérique , le porc , Véchidné , Vornithorhjnque et le makivolant, l'ouverture destinée

SgO TRAITli GÉNÉRAL

au passage des ner(s spiii£\ux se divise , dans ie plus grand iioi:nbre des vertèbres dorsales , surtout dans les plus postérieures, en deux, dont l'une est antérieure, et l'autre postérieure. La première de ces ouvertures n'çst pas formée par deux vertèbres , mais par une seule , dans laquelle elle ^st placée fort en ar rière, et où elle est limitéepar unecrôte oiseuse. Chez le bœuf, le bison , le zébu , Vauerochs , le buffle, le porc, Véchidné çxVornithorhjnque cette ouverture existe à toutes les vertèbres dorsales; çUez le tapir, on la trouve aussi sur toutes , la première et, la dernière exceptées ; chez les soUpçdes , on ne la rencontre que sur le plus grand nombre de ces vertèbres , mais ellç manque aussi à la dernière et quelquefois à l'avant dernière.

Parmi les autres animaux, il n'y a que les cerfs chameaux et le gnou, qui offrent un rapprochement vers çet.te çon^formation ; chez eux, l'ouverture est creusée presque entièrement dans la vertèbre antérieure , mais elle n'est pas fermée en arrière par une crête. Chez Yauerochs,\Q zébu et le bison, le trou est même partagé en deux moitiés , dont l'une supérieur^ et l'autre inférieure ; ce partage est opéré par ua pont osseux , qui descend de haut en bas et d'a- Vant en arrière. Cette disposition a lieu , chez les deux premiers , à compter de la sixième jusqu'à la onzième vertèbre; dans le dernier, seulement à compter de la sixième jusqu'à la neuvième.-

D'aNATOMIE COAirARÉE. 1

b. Vertèbres cervicales.

Les vertèbres cervicales sont généralement, aïusi que les dernières coccygiennes, les pluà courtes et les plus petites des vertèbres 3 elles ont, en revanche, le plus souvent, une largeur considérable. Cela tient surtout augrand développement de leurs apophyses transverses , qui contiennent, sinon sur toutes les vertèbres, du moins sur le plus grand nombre, l'ouverture destinée au passage des vaisseaux , et dont la plupart sont bifurquées à leur extrémité externe. Les apophyses épineuses , à l'exception delà seconde, souvent aussi de la septième, sont presque toujours très-petites et manquent quelquefois même toul-à-fait. L'apophyse épineuse de l'axis est non-seulement très haute , mais aussi aplatie d'un côté à Tautre. 11 est rare qu'il y ait des apophyses épineuses inférieures. La première etlasecondevertèbres cervicales se distinguent , en général , des autres vertèbres de celte région , de la manière qui a déjà été indiquée pour les reptiles et les oiseaux ; à cela près que la première présente deux facettes articulaires, antérieures, d'ordinaire entièrement séparées , et est , par suite de cette disposition, communément la plus large , et très-souvent U

^9^ ■ ; TRAITÉ GJ^NÉRAL

plus grande , ce qui la fait différer d'une manière frappante de l'atlas des autres vertébrés. L'axis des mammifères est anssi une vertèbre très-volumineuse, en comparaison de ce qu'elle est chez les oiseaux. L'apophyse odontoïde est ordinairement plus grande que chez les oiseaux, et offre le plus souvent une forme convexe dans toute sa périphérie.

Sous le rapport de la longueur, la colonne cervicale est, conjointement avec la queue, la région du rachis qui présente le plus de différences. Le cou le plus court se rencontre chez les cétacés, où il forme à peine la quarantième partie de tout le rachis; il est enfin très-court chez Vélépkant et Vhornme. 11 offre , sans dou-^ te , le plus de longueur chez Vornithocéphale , puis chez les ruminans , principalement chez la girafe, et après elle chez les chameaux.

La forme et le volume des vertèbres cervicales marchent de front avec ces grandes différences ; de sorte que , chez les animaux à cou court, les vertèbres cervicales sont très courtes et larges , tandis que chez ceux à cou .alongé, elles sont fort longues et étroites, par exception à la règle ci-dessus.

En revanche , il est très-digne de remarque que le nombre de ces vertèbres est très-généralement le même et que les différences relatives à cette condition sont très- rares , peu considérables, et ne sont pas nécessairement eu rapport

d'anatomie comparée. 093

direct avec la longueur du cou. En eÛet, on ne rcucouire le plus communément que sept vertèbres cervicales , dont la dernière , que l'on nomme aussi la proémineute , se montre comme une formation intermédiaire aux autres vertèbres cervicales et aux dorsales : car elle est plus volumineuse que les autres vertèbres du cou , offre une apophyse épineuse plus longue , une apophyse iransverse plus courte , et une ouverture vasculaire plus étroite , qui manque même quelquefois.

Une exception à cette loi n'est peut-être offerte que par quelques cétacés , qui ont moins de vertèbres cervicales qu,e de coutume, et par les aïs , qui en ont plus. Mais chez les premiers, elles ne descendent pas au-dessous du nombre de six , et chez les derniers , elles ne dépassent pas celui de neuf.

D'après les données des auteurs, les cétacés possèdent le nombre ordinaire de vertèbres cervicales, nonobstant la petitesse et la soudure de toutes ou de la plupart d'entre elles (i). J'ai trouvé cela, en effet, positivement chez tous les dauphins que j'ai eu occasion d'examiner , particulièrement chez le marsouin commun, le dauphin ordinaire , le dauphin à tête ronde , le dauphin gris , le dauphin

(i)Cuvier, Anat. comp. ^ t. i , p. i54. — Camper, Cétacés , p. 137.

^,94 TUAÎTÉ GÉNÉRAL

nesarnak, le dauphin du Gange, aiusi que sur les squelettes des haleines qui se trouvent au cabinet de Paris 3 je trouve la même chose sur trois squelettes de marsouin commun et sur nn de nar-wal que j'ai sous les yeux. Hunter aussi attribue sept vertèbres cervicales à la jubarte des Basques ( balœna boops ) (i).

Mais le même Hunter compte seulement cinq cervicales au dauphin ordinaire et à la baleine à bec; Rudolphi (2) n'en accorde non plus que cinq à cette dernière.

Je ne parle pas d'auteurs plus anciens , tels que Major (3) et Tyson (4). Le premier n'admet point de vertèbres cervicales , ou tout au plus unç ; le second n'en signale que trois : l'at-. las et deux autres.

Je dois faire remarquer par avance que, dans tous les cas, c'est par erreur que i'ou n'admet que cinq vertèbres cervicales , puisque les observateurs indiquent eux-ijiêmes une ver-r tèbre de plus. Eu efifet , Hunter compte une vertèbre commune au cou et au thorax , et Rudolphi dit que la première côte se partage, comme cela a lieu chez d'autres cétacés , en

(i) Phil. trans., vol. 77 , p. 585.

(^) Berline r^bhandl.^ 1820-21 , p. 52. - (Mém. de i 'Acad. de Berlin. )

(5) Eph. nat. cur. dec. La. 5 , p. 55,

(4) Phocœna , p. 45.

d'anatomik comparée. S95 a^ux blanches , l'une pour la première vertè- ■ J)re dorsale , l'autre pour la seconde. Mais la ! vertèbre commune de Hunter et la première , dorsale de Rudolphi sont évidemment la seule , ^t même chose , la dernière cervicale , contre 1 laquelle s'applique la tête de la première côte , , conformément au type des cétacés , dont nous ; avons déjà fail mention plus haut, en parlant . des vertèbres dorsales. Je ne puis dire si, dans, les cas dont il est ici question, il en existe cinq . pu six autres au-devant delà dernière vertèbre cervicale: car j'en ai trouve positivement six, outre la dernière , non-seulement dans les squelettes du dauphin vulgaire, mais même dans les squelettes ci-dessus cités du cabinet de Pans, Cependant je ne prétends pas que celte diminution du nombre ne puisse avoir lieu quel quefois.

Sans parler de l'autorité de Hunier et de M. Rudolphi , cela est vraisemblable, à cause de l'analogie avec le /a wcm , qui n'offre que six vertèbres cervicales. Sleller (i) et Daubeuion (2) indiquent déjà cette particularité relativement au lamantin du nord, etM. Cuvier(3) pour celui du midi. J'ai également vu cette

{\) De besiiis marinis in N. comment. Peli-op. , t. a , p. 519.

(2) BuJJfbn, hist. nat. , t. i5 , p. 4^0. 0) Annales du Muséum, t. i3 , p. 291.

^^9^ TRAITÉ GiInÉRAL

remarque confirmée sur trois squelettes de lamantin qui se trouvent au cabinet de Munich. On ne sait comment le dugong se comporte à cet égard (i). Suivant Raffles et Home (2) il en aurait sept; cependant la figure qu'ils en donnent ne semble en indiquer que six (5), et Home en attribue également sept(4)au lamantin du sud , tandis que la figure n'en présente que six (5), qui est aussi son nombre normal.

Wiedemann(6) est le premier qui ait observé, d'une manière précise , que le nombre normal des vertèbres cervicales est surpassé chez Vaï, quoique cela eut déjà été figuré très-distincte ment par Piso(7). Cette disposition fut confirmée plus tard par MM. Rousseau et Cuvier (8), Hermaun (g) et Baer(io)3 moi-même je l'ai trouvée sur dix sujets de Vaï ordinaire , de

(1) Le squelette de cet animal déposé au cabinet de Paris eu a sept. L'apophyse transverse de la dernière présente une petite surface de frottement, par laquelle cette vertèbre louche à l'extrémité postérieure de la pre-: miére côte. {N. d. T.)

(2) Phil. t?-ans. , )820, p. 179.

(5) Ibid. , 1821 , p. 20.

(4) Ibid., 1821 , p. 591-

(5) Pl. 27.

(6) Archiv fur Zoologie. Bd i , H. i , p. i54, 1800.

(7) De Indice utriusque re nalurali, etc. , p. 522.

(8) Annales du Muséum , t. 5, p. 201 , 1804.

(9) Ibid.

(10) Meckel's Archiv. Bd 8 , S. 57 i .

d'anatomie comparée. 397

sorte que la constance n'en peut plus cire révoquée en doute.

Il est digne de remarque , du moins à en juger d'après un squelette du cabinei de Paris , d'un côté , qu'il n'y ait que huit vertèbres cervicales chez un hradjpus torquatus , et que de l'autre il ne s'en trouve que sept chez Vunau.

On rencontre , par conséquent , chez les divers mammifères, tous les nombres compris entre six et neuf, et le plus petit de ces nombres est loin d'être doublé. Peut-être même la vertèbre cervicale la plus inférieure de \aï est elle plutôt la première dorsale : dans ce cas, la différence en plus ou en moins du nombre ordinaire ne serait que l'unité.

La conneocinîi des vertèbres cervicales offre quelques variétés, dont quelques-unes sont considérables. Cette connexion est très-généralement mobile ; elles se meuvent avec la plus grande liberté entre elles et sur la tête. Les cétacés font, pour la plupart , exception à cette règle , à cause de la soudure de leurs vertèbres cervicales. Cette disposition se rencontre, mais à un moindre degré, chez le tatou , et du moins aussi quelquefois chez la gerboise du Cap {dipus cafer). Elle tient, chez les cétacés^ certainement à la brièveté du cou et à la compression du crâne , d'avant en arrière , mais elle peut être considérée aussi comme un in-

098 tRATTK GÉNÉRAL

dice de la conformaiion du crâne , semblable à plusieurs des dispositions que nous avons observées chez les poissons et les reptiles (i).

Les vertèbres cervicales ofîrent , eu outre , surtout les différences suivantes :

Chez les cétacés , l'atlas est constamment la plus grande des vertèbres cervicales ; cet os offre , réuni à l'axis , au moins dix à douze fois le volume de toutes les autres. 11 est surtout au moins quatre fois plus large qu'elles. Sou corps est très-élevé de haut en bas et pourvu d'une légèrô concavité, de chaque côté, pour recevoir la surface articulaire de l'occipital. Il présente, dans plusieurs espèces, une apophyse épineuse distincte , fortement dirigée en arrière ; les autres épines sont très-déprimées, minces et étroites. Les apophyses transverses de l'atlas sont considérables , simples , et se terminent par uiie pointe mousse. Ses parties supérieure et inférieure sont, en proportion, surtout très-longues ; cet excès de lonjïueur est tel ) qti'il se recourbe par-dessus presque toutes les autres vertèbres cervicales jusqu'à la première dorsale.

Cette vertèbre offre, même à sa face inférieure, et postérieurement , une petite apophyse épineuse inférieure , qui fait saillie.

L'axis a des apophyses transverses distinctes.

(1) Voyez vol. 2 , p. 275, 528, 544-

TRAITli GÉMÉRAI. SgcJ

elles se soudent à celles de l'atlas, qui sont plus longues ; les autres vertèbres cervicales manquent de ces apophyses. Comme l'axis n'est pas surmonté d'une apophyse odontoïde emhoitée dans l'atlas , la cavité spinale de cette vertèbre ne l'emporte pas aussi démesurément que dans les autres animaux sur celle des autres vertèbres j le canal des dernières cervicales offre cependant déjà une capacité très-inférieure.

La plus petite des vertèbres cervicales est communément la quatrième ou la cinquième ; la plus grande après la première est la seconde, puis la septième. La sixième présente à la face inférieure du corps , du moins chez le dauphin nesarnak ou grand dauphin , une apophyse dirigée en avant.

Chez les dauphins , il n'y a que l'atlas qui » présente une ouverture pour le passage des vaisseaux; mais celte ouverture n'existe pas chez tous les dauphins : ainsi elle manque au dauphin ordinaire ; je ne l'ai pas pu trouver non plus chez les haleines.

D'après plusieurs anatomistes , les haleines se distingueraient des dauphins et des cachalots par l'isolement de la première vertèbre (i) , et même de toutes (2). J'ai observé ,

(1) Camper , Cétacés ^ p. yS.

(2J Ibid. p. 17-75 — Rudolphi , loc. cit. , p. 32.

en effet , celte disposition sur deux jeunes baleines du Muséum de Paris , mais non chez les autres, quoique, dans l'une de ces dernières, les quatrième , cinquième , sixième et septième vertèbres , fussent tout-à-fait séparées. Chez un fétus presque h. terme , toutes les vertèbres étaient plongées dans une masse de cartilage commune , tellement qu'on ne pouvait rien déterminer. Chez une autre baleine^ je trouvai l'atlas et Taxis soudés par leurs arcs ; les autres vertèbres étaient entièrement séparées.

Lacépède (i) représente les six vertèbres cervicales, les plus postérieures du rorqual ^ comme étant soudées. Hunter dit seulement que quatre vertèbres cervicales sont soudées chez ie dauphin ordinaire. Il existe , sans doute , à cet égard , des différences d'espèce à espèce , ou d'âge à âge , ou même d'individu à individu.

Les vertèbres cervicales des cétacés sont , du reste, soudées entre elles par les corps et la partie supérieure des arcsj mais il existe communément, entre ces points de soudure, un intervalle d'une étendue variable, étroit, mais haut. Lorsque cet intervalle manque , il est , au moins , indiqué par un enfoncement , et constamment il existe , pour le moins , une petite ouverture, qui donne passage aux nerfs cervicaux.

Chez le dauphin, du Gange ^ les vertèbres

(i) Hist. des cétacés, p. 8.

d'anatomie comparée. 4^1

cervicales se distinguent, d'une manière ircsfrappante , de celles des autres cétacés vrais. Elles sont : i° beaucoup plus grandes^, de telle façon que le col de ces animaux est d'une longueur qui dépasse plus de quatre fois celle de la même région chez les autres j 2° leur conformaliou est bien plus complète, en ce qu'elles supportent toutes de très-fortes apophyses iransverses supérieures , et que les quatrième , cinquième et sixième de ces vertèbres en ont même d'inférieures; o** enfin, elles sont tout à-fait séparées les unes des autres. La seconde et la septième sont pourvues , en outre , d'une apophyse épineuse supérieure, qui est très -prononcée, surtout à la dernière. Les apopyhses transverses d'en bas sont peut-être des indices d'épines inférieures.

Dans les genres stellère ( rjtina ), lamantin et dugong , les vertèbres cervicales sont également beaucoup plus grandes 3 elles se distinguent surtout parla séparation des apophyses épineuses, et ne semblent pas soudées entre elles; il n'en est, en effet, aucune question dans les descriptions , d'ailleurs exactes, que nous ont données de ces animaux Steller., Daubenton, MM. Cuvier et Home. Il semblerait cependant , d'après la planche donnée par M. Cuvier, que les cinq vertèbres cervicales les plus postérieures du /awû/z^m sontsôudées ensemble (i).

(i) Cette planche a sans doute été faite sur le squelette m. 26

Les difîérciices qui distinguent la première et la seconde d'avec les autres ont été indiquées ci-dessus. L'axis paraît être dépourvu du caractère propre que cet os offre chez la plupart des vertébrés; ou n'y rencontre pas l'apophyse odontoïde , mais on en trouve toujours , si je ne me trompe, quelque trace. Chez mie Jeune baleine, dont l'axis était séparé de l'atlas dans toute son étendue, excepté à la partie su[)érieure de l'arc, je vis au milieu de la face antérieure du corps de cette vertèbre , vers le haut, une éminence pentagonale, large , peu élevée, mais distincte. On trouve également des traces de cette éminence , chez les dauphins , à la partie postérieure du corps de l'atlas. C'est chez le dauphin du Gange qu'elle est la plus distincte; ce qui est conforme au développement parfait des vertèbres cervicales de cette espèce : en effet , quoique cette apophyse odontoïde y soil courte, par rapport à la longueur de l'auimal , elle est pourtant épaisse et large relativement atj. volume du corps de la vertèbre.

Les vertèbres cervicales des ruminans et des solipèdes offrent tout à coup l'opposition la plus directe avec celles des cétacés ; elles sont les plus longues , les plus étroites , et à la foi^ les plus mobiles de tous les mammifères,

du cabinet de Paris , dont les cartilages sont conservés j mais ce qai est indistinct sur le dessin l'est moins sur la pièce. Il est possible d'y constater l'isolement des vertèbres. {N. cL T.)

d'anatomie comparée. 4o3

Elles sont aussi, chez les mêmes animaux , les plus longues, les plus mobiles, et, du moins sous le rapport du corps , les plus volumineuses de toutes les vertèbres.

Chez le chameau et Iql girajfe , elles sont , sans comparaison , les plus grosses et les plus longues ; les bœufs ont les plus courtes.

La sixième et plus encore la septième offrent , principalement chez les chameaux , une brièveté et une petitesse, qui contrastent d'une mauière tranchée avec la longueur et le volume des autres.

Les faces antérieures de leurs corps sont convexes ; les postérieures en sont concaves ou planes, comme chez les chameaux. Les apophyses épineuses supérieures spnt toujours très-petites ; elles manquent, on peut dire , tout-à-fait aux solipèdes et aux chameaux , et ne constituent, chez ces derniers particulièrement, que des crêtes longitudinales presque insensibles; les deux dernières font seules exception. C'est dans le genre bœuf que ces apophyses offrent le plus de longueur. Les corps sont comprimés à leur face inférieure , surtout en arrière , de manière à former une crête médiane que l'on peut considérer comme une apophyse épineuse inférieure. Les apophyses articulaires sont coLirtes , mais longues, le plus souvent divisées en deux branches, dont l'une est supérieure , et l'autre inférieure; de ces bran-

4o4 TRAITÉ GÉNÉRAL

elles la seconde est surtout fortement tournée en bas , en sorte qu'elles forment une gouttière profonde. Les plus courtes de ces apophyses sont celles de la septième vertèbre ; les plus considérables sont celles delà sixième. La septième vertèbre n'a pas l'ouverture vasculaire qui existe généralement sur les autres, mais qui manque chez les chameaux elles girafes ^ à toutes ces vertèbres indistinctement , et sans laisser de traces 3 ce qui coïncide avec la forme alongée de ces animaux. Il existe , à la vérité, en avant , entre l'extrémité antérieure du corps et l'apophyse articulaire antérieure , une ouverture masquée par ces parties , qui conduit à un canal ayant à peu près un pouce de profondeur; mais ce canal se termine dans la cavité vertébrale. Ce trajet semble indiquer qu'il loge une partie des nerfs cervicaux.

Les vertèbres cervicales des pachydermes sont beaucoup plus courtes et plus larges ; les plus longues sont celles des porcs ; les plus courtes celles des éléphans. La plupart des apopbyses épineuses sont peu élevées, étroites et pointues ; elles s'alongent considérablement à compter de la première jusqu'à la dernière, de sorte que la septième est ordinairement fort longue. Cette remarque s'applique particulièrement à V hippopotame , et plus encore aux rhinocéros , qui ont, en général, les épines cervicales les plus longues. Les apophyses transverses

d'anatomie comparée. 4o5

sont petites, principalement chez les éléphans; c'est chez le rhinocéros et V hippopotame qu!elles se dirigent le plus directement en bas. Chez ce dernier, elles se terminent en arrière par une apophyse , et même par deux éminences qui recouvrent, en partie, l'apophyse qui précède , et gênent, par conséquent , beaucoup les mouvemens du cou. On peut dire qu'elles manquent lout-à-fait aux éléphans. Les apophyses articulaires sont hautes. Chez Véléphant , les fai ces antérieure et postérieure du corps sont planes.

Les vertèbres cervicales des monotrèmes sont volumineuses , surtout larges ; leur large-ur di-

! minue d'avant en arrière. Les épines supérieures sont minces, grêles , dirigées en arrière j elles deviennent aussi plus petites de la première à la dernière. Les apophyses transverses sont longues , hautes , et ont la même direction, de sorte qu'elles s'ii;iibriquent d'avant en arrière. Leurs racines supérieure et inférieuresont séparées l'une de l'autre par un intervalle vasculaire immense, qui égale en étendue la moitié de leur largeur. Elles supportent , à la face inférieure du corps , des épines considérables , dirigées en arrière , qui s'avancent un peu sur le corps de la vertèbre qui suit immédiatement; ce qui naturellement rend très-difficile la flexion du cou.

Parmi les édentés , les vertèbres cervicales ,

I qui sont courtes , ont une largeur considérable

4o6 TRAITÉ GÉNÉRAL

Q\i(iz \e Jhurmilier à deux orteils; ce qui dépend de la largeur des corps de ces vertèbres. Les apophyses transverscs, au contraire, sont faibles. 11 en existe d'inférieures , petites , verticales , qui da^ment à la face inférieure de la vertèbre la forme d'une gouttière. Les trois épines supérieures , les plus postérieures , sont grandes , droites , et diminuent de largeur d'avant en arrière. Les antérieures deviennent considérablement plus petites. Les épines inférieures manquent absolument. Les vertèbres sont plus alongées chez les autres fourmiliers.

Les vertèbres cervicales , les postérieures surtout, sont encore plus larges chez les pangolins et les tatous. Leurs apophyses transverses sont simples ; chez les tatous , elles sont hori-* zontales^ chez les;7«Az^o//72j-, elles sontfortement tournées en bas. Les apophyses transverses, les corps et les arcs des vertèbres cervicales des tatous , sont soudés , à compter de la seconde j usqu'à la sixième, quelquefois même jusqu'à la septième vertèbre , comme je puis en faire la remarque sur plusieurs individus présens sous mes yeux. L'atlas reste , au contraire , toujours séparé. Les apophyses épineuses sont faibles.

Les vertèbres cervicales des paresseux et des orjctéropes sont plus alongées. Chez les premiers, les épines, qui sont assez considérables, offrent à peu près la même hauteur et la même largeur; les apophyses iransverses , tournées en bas, sont assez larges. Celle de la huitième,

d'anatomik comparée. 407

et plus encore de la neuvième, est plus longue, plus étroite que les autres 5 la dernière est arrondie, recourbée, et ressemble à une côte. Cliex le bradjpus torquatus , qui n'a que huit vertèbres cervicales , l'apophyse transverse de la huitième est plus courte et plus droite. Les corps des vertèbres ont des épines inférieures , dirigées en arrière , qui s'avancent un peu sur la vertèbre qui suit immédiatement.

Parmi les rongeurs ^ les corps des vertèbres cervicales sont larges, mais peu élevés chez les castors. Les épines sont faibles et courtes; celles de la troisième et de la quatrième ont une tendance à se souder.

Chez la plupart des rats , ces vertèbres sont courtes, fort larges, surtout à cause dti développement considérable des apophyses transverses, qui sont simples. Les apophyseg épineuses sont peu hautes.

Elles sont, chez ces animaux , les plus larges de toutes les vertèbres. C'est surtout chez les gerboises qu'elles sont larges et courtes.

Dans les genres lièvre , écureuil , cahiai^ porc-épic , elles sont beaucoup plus longues et plus étroites ; les apophyses transverses sont bifarquées de haut en btis; très-larges en avant, chez les lièvres , elles sont terminées par une longue pointe. Les épines sont peu élevées , à l'exception de la seconde.

Chez les kangurous , les vertèbres cervicàes sont étroites et hautes; les apophyses trans-

TRAITÉ GÉNJ^RAL

verses sont courtes, pointues, non bifurquées et tournées en arrière ; les épines sont longues, mais déprimées, un peu dirigées eu avant.

Chez \qs pftascolomes , qW^s sont courtes, larges , non à cause du développement considérable des apophyses transverses , mais à cause de l'ampleur des anneaux. Les apophyses épineuses sont déprimées ; celle de la seconde vertèbre est large , déborde la troisième vertèbre^ et atteint l'épine de la quatrième.'

Les didelphes proprement dits , particulièrement la sarigue à oreilles bicolores {d. virginiana)y et le crabier ( d. marsupialis ) , se distinguent parle développement considérable des épines, surtout de celles qui arment les seconde , troisième, quatrième et cinquième vertèbres. Toutes sont très-hautes et larges , quoique plus longues ; elles sont , en outre, arrondies, et se réunissent étroitement entre elles de manière à former une crête. La seconde est la plus large , la troisième la plus élevée , la cinquième est la moins haute. La sixième et la septième sont beaucoup plus déprimées , séparées et pointues.

Chez les carnassiers , les vertèbres cervicales offrent des dispositions fort variées. Chez les mammifères amphibies, elles sont courtes , peu élevées , presque tout-à-fait sans épines et sont pourvues de deux ordres d'apophyses transverses, savc ' ^'^T^éneures, qui sont horizontales et trc ' d'inférieures,

d'anatomie comparée. 409

qui sout verticales et beaucoup plus grandes.

Le plus souvent, au contraire, elles sont alongées et étroites , principalement chez les ours , les coatis , les blaireaux et les chiens ; les épines , surtout celles des dernières vertèbres, sont plus longues, dirigées en avant, étroites et apointies. Il y a, chez les chiens, de petites épines inférieures , qui font saillie à la partie postérieure delà face inférieure ducorps.

Chez les taupes et les musaraignes^ les vertèbres cervicales forment de larges anneaux ; elles n'ont pas de fortes apophyses iransverses ; et sont sans épines , à l'exception de la seconde. Les arcs sont étroits d'avant en arrière : c'est pourquoi il existe de larges intervalles entre eux.

La conformation est la même chez les hérissons , mais les anneaux sont plus petits • les apophyses, au contraire, sont plus volumineuses , surtout chez le tanrec.

La plupart des chéiroptères ont des vertèbres cervicales très-peu élevées , mais tellement larges qu'elles forment la partie la plus large de la colonne vertébrale , qui se rétrécit fortement et sans interruption de haut en bas. Les apophyses transverses sont dirigées en bas , et constituent une gouttière large et profonde. Les apophyses épineuses manquent , à compter de la deuxième jusqu'à la sixième vertèbre. Ces vertèbres sont plus élevées et plus étroites chez les galéopithèques ^ mais elles n'ont pas

4io trait/: général

deforlcs apophyses épineuses. Elles ofFrenl.à leur face inférieure, une crêle qui se bifurque posiérieurcmem en deux branches, lesquelles s'avancent un peu sur la vertèbre qui vient immédiatement après.

Chez les quadrumanes , les vertèbres cervicales ont beaucoup de ressemblance avec celles de la plupart des carnassiers. Elles diffèrent de celles de Y homme, surtout en ce qu'elles sont plus hautes , moins larges, et qu'elles ont des épines plus longues.

Chez le chimpansé , elles ressemblent beaucoup à celles de V homme; mais leurs apophyses épineuses sont bifurquées , et les transverses un peu plus larges.

Dans les autres singes , elles sont plus hautes , et ont- des apophyses épineuses plus longues i surtout chez le porigo, qui fait partie des animaux dont les apophyses épineuses sont le plus développées et chez lesquels elles augmerttent un peu de longueur et d'épaisseur à compter de la seconde jusqu'à la septième, de sorte que la sixième etla septième vertèbres sont, de toutes les vertèbres celles dont les épines soût les plus longues. C'est d'ailleurs chez ces animaux que les apophyses épineuses des vertèbres sont, en général, à leur maximum de développement. Leur longueur est de près de deux pouces chez un animal haut de quatre pieds.

Communément elles ne sont pas bifurquées, pas même chez le gibbon ceïidrc [sîmia leucis-

d'anatomie comparke. 4h

CHS ). Ce u'est que chez la guenon callilriclie ( s. sahœc ) que la large épine de l'axis offre quelquefois une bifurcation dans sa partie postérieure.

Cette épine est la plus élevée , la plus large et la plus épaisse; le plus souvent elle est dirigée en arrière. Les autres sont apointies et aug^ mentent de longueur , à compter de la troisième jusqu'à la septième; elles sont droites ou s'inclinent un peu en avant.

Les apophyses transverses sont considérablement plus longues d'un côté à l'autre que chez Vhomme. Il résulte de cette largeur plus considérable que les vertèbres cervicales inférieures ne sont pas, comme chez ce dernier , plus étroites que la première , ou du moins qu'elles ne le sont pas dans un rapport aussi démesuré. Cela s'applique même au chimpa?isé. Ces apophyses son t, en même temps , dirigées plus en arrière, particulièrement chez \e,s babouin s, et les plus postérieures, à l'exception de la septième, se bifurquent en deux lames , une supérieure , arrondie, et une inférieure, large , qui est dirigée d'avant en arrière. La sixième est la plus forte et la plus large ; sn lame inférieure est la plus grande ; elle déborde considérablement les autres en bas.

L'apophyse transverse de la septième vertèbre est la plus longue , rriais elle est tout-à-feit privée de la lame inférieure. Elle est, par coH"

4l2 TRAITÉ g/sNÉRAL

séquenl, le plus souvent sans ouverture, ou n'en a qu'une petite.

Les vertèbres cervicales des makis ressemblent aux précédentes; mais elles sont plus élevées et plus étroites d'avant en arrière. Les apophyses transverses sont plus larges d'avant en arrière , et non de dedans en dehors ; elles sont , à leur partie postérieure , divisées en une branche antérieure et une postérieure. Ce n'est qu'à la septième de ces apophyses que la bifurcation en une racine supérieure et une inférieure est distincte.

Chez Vhomme, les corps des vertèbres cervicales sont déprimés , mais plus larges ; les apophyses transverses sont considérables d'un côté à l'autre ; les apophyses épineuses peu élevées , larges et bifurquées.

11 y a des variétés, parmi les mammifères, sous le rapport du trou vasculaire des vertèbres cervicales.

Chez plusieurs d'entre eux, il manque à toutes ces vertèbres, comme nous l'avons déjà dit pour les chameaux et la giraffe, parmi les ruminans .

Il existe, au contraire, dans toutes les vertèbres cervicales, chez d'autres , par exemple V homme , les kangurous , les phascolomes , plusieurs pachydermes ^ par exemple Vhippo-

d'anatomie comparée. 4^3

potame, chez -^Xnsiexxvs rongeurs ^ comme le porc-épic; Vaïoïïve ce trou même dans la neuvième vertèbre. D'autres n'en ont pas à la septième vertèbre, par exemple les éléphans , les tapirs , les rhinocéros ^ les porcs , les solipedes, \esruniinans , les monotrêmes , la plupart des carnassiers et des quadrumanes. Chez le fourmilier tamanoir, ce trou manque aux seconde, troisième , quatrième et septième vertèbres , tandis qu'il est distinct dans les autres (i). Chez le pongo , il manque aux deux dernières vertèbres.

c. Atlas et axis.

Les particularités que présentent la première et la seconde vertèbres cervicales des cétacés ont été exposées plus haut. Les autres mammifères se distinguent également de Vhomme par un volume beaucoup plus considérable de l'atlas, et surtout par le grand développement de l'apophyse odontoïde. Cette apophyse est aplatie de haut en bas cliez rAomme,etd'un côté à l'autre chez les animaux dont il est ici question ; elle est simple chez le premier, commu-

(i) Le sqnelette de cet animal < déposé a»», cabinet de Paris , le présente distinctement aux six premières vertèbres cervicales. {N. d. T.)

4 14 TllAITK Gij;iSn£llA.L

nément bifurquée en deux branches latérales chez les seconds.

Il existe très-généralement, au milieu de la face inférieure du corps de l'atlas , une saillie qui est ordinairement plus développée chez les animaux que chez l'homme , et qui se dirige un peu en arrière , de manière à recouvrir d'en bas une partie deTaxis, sur lequel il existe aussi souventune semblable saillie. La moitié inférieure de l'atlas , ou le corps , es't en général beaucoup plus étroite, chez les animaux, que la moitié supérieure, ou l'arc. L'épine supérieure, au contraire, est toujours très petite ou manque entièrement. La face postérieure du corps est encroûtée de cartilage , pour recevoir l'apophyse odontoïde de l'axis; cet encroûtement est plus ou moins étendu ; il se borne à la partie inférieure , lorsque la vertèbre est élevée.

Chez les ruminans et les soliphdes , la seconde vertèbre est la plus alongée, le plus souvent aussi la plus longue ; elle n'a des apophyses iransverses que postérieurement, qui sont en outre très-courtes et en général petites. Les apophyses articulaires antérieures se confondent lout- à-fait au milieu, de manière à constituer un demi-cercle ; en haut , elles se joignent à la face articulaire antérieure de l'apophyse odontoïde , qui est très-large et peu élevée. L'épine est longue et assez haute.

L'atlas est beaucoup plus large , ses apophy—

d'anatohîe comparée. 4i5

ses transverses sont plus longues que le corps; elles le débordent considérablement en arrière. Ij'épine supérieure manque , on peut dire , toutà-fait; l'inférieure est un peu plus forte.

Parmi les pachydermes ^ ce sont surtout les porcs qui olirent une conformaiion analogue à la précédente; seulement, chez eux, l'axis est beaucoup plus court , l'atlas bien plus large.

La disposition de l'atlas et de l'axis e&t surtout digne de remarque chez Vornithorhy nque . La première est la plus volumineuse de toutes les vertèbres , si on en excepte la sgcondc ; elle est très-large, pourvue à sa partie antérieure et supérieure de deux apophyses articulaires fort concaves de haut en bas, et d'apophyses transverses supérieures, courtes , mais larges.

Le corps , qui est élargi d'avant en arrière , supporte , à l'extrémité de son bordpostérieur, deux apophyses considérables , dirigées en dehors , qui sont évidemment les racines inférieures des apophyses trans verses. La face supérieure du corps est entièrement encroûtée de cartilage et se continue des deux côtés, sans interruption , avec les surfaces articulaires postérieures, qui sont verticales , peu concaves et dirigées en dedans, et qui ne forment, par conséquent, qu'une seule cavité articulaire, conjointement avec la surface articulaire moyenne , oii est reçue l'apophyse odontoïde.

4l6 TRAITÉ GÉNÉRAL

La seconde verlèbre cervicale est plus volumineuse encore. La face autérieure de son corps, ainsi que l'inférieure de l'apophyse odontoïde, qui est considérable, forment une surface continue , encroûtée de cartilage , dont la partie inférieure , appartenant au corps et aux apophyses obliques, se dirige en avant, est verticale et convexe , tandis, que la supérieure , formée par l'apophyse odontoïde , est concave et dirigée en bas. La première partie seule correspond à l'atlas; l'apophyse odontoïde , au contraire , déborde cette vertèbre.

Les apophyses transverses sont courtes , dirigées en arrière , et formées d'une branche supérieure et d'une inférieure qui sont superposées. Ces branches supportent une grande pièce osseuse carrée , qui leur est unie par du cartilage, et qui convertit en un trou l'intervalle qui les sépare. On voit ici distinctement .la conformation de Vatlas', puisque ces apophyses transverses ressemblent aussi à des côtes, comme celles de la première vertèbre. Toutes les pièces deTatlas sont soudées. L'axis se compose , au contraire , de quatre pièces j la face antérieure elle-même , qui supporte à elle seule la surface articulaire, et l'apophyse odontoïde, qui sont complètement réunies , sont séparées du reste de l'os.

Toutes ces dispositions sont évidemment fort analogues à l'organisation des reptiles.

d'anatomie comparée. 4ij7 Une disposition semblable existe chez les échidnês; cependant la première vertèbre cer^ vicale est dépourvue d'apophyses transverses I inférieures- le corps estun anneau e'troit et simple ; les pièces de la seconde vertèbre sont soudées entre elles.

A rarc5upérieurdé l'atlas, on remarque chéz I ^'ornithorhynqiieetVéchîdné.ms^issnnoxnchez le dernier, une petite apophjse , située -au bord antérieur, laquelle correspond à unproj longement semblable , particulier, qui se déta- . chede la partie supérieure du trou occipital.

Chez les paresseiLoc , l'apophyse odontoïde .delà seconde vertèbre cervicale est longue- M chez les autres édentés est , au contraire' i( courte. '

Parmi ces animaux, le fourmilier à deux (doigts {mjrmecophaga didactjla) est pourvu icd'une première vertèbre dont la largeur est reillaiivementtrès-considérable; cette vertèbre est aavec la sepiième,la pluslarge des cervicale-^ sans rqa'elle ait cependant des apophyses transver- ^ses fort développées. Son arc est deux fois plus nlong que le corps , qui est très-étroit. La se :conde vertèbre est la plus étroite et porte une epine, peu élevée, tournée en avant L'apo pbyse odontoïde est très-petite et plate Chez' '\e tamanoir, la vertèbre atlas est également ■tre,s-haute et étroite. Chez les tatous, cette i^^eriebre est la plus large et la plus longue

4l8 TRAITÉ GÉNÉRA-L

Chez les aïs , elle est beaucoup plus large que les autres.

Dans l'orilre des rongeurs , l'atlas l'emporte assez considérablemenl en largeur et en lon- ^nenrsurles autres vertèbres cervicales. L'apopliysc odonloïde prend immédiatement une hauteur et une longueur beaucoup plus prononcées que les autres vertèbres; elle esi plus ou moins dirigée en arrière , desorte qu'elle recouvre l'épine de la troisième vertèbre; elle est, en outre , convexe en avant , plane ou concave en arrière. L'épine inférieure est le plus souvent assez développée, principalement à l'atlas.

La première vertèbre cervicale de la plupart des marsupiaux se distingue en ce que les deux moitiés du corps sont constamment séparées l'une de l'autre à leur partie inférieure. Je trouve cette disposition chez les phascolomes , le kangurou géant ( kangurus maximus), le phaLanger, mais non chez les sarigues {didelphjs ) , le kangurou-rat et le kangurou élégant. Les deux moitiés du corps ne sont unies que par une substance cartilagineuse intermédiaire, qui est étroite chez les kangurous , très-large chez les phascolomes , puisque , dans une vertèbre large de deux pouces , la lacune est remplie par un cartilage qui est long d'un demi -pouce , et haut de deux lignes. Le phalanger renard {phalartgista vulpina) ressemble, sous ce rapport, au kangurou; le

d'anatomie oosiparéé. 4.1g

pkolajîger de Cook , le phal. maculata el le phaL rufa , au conlraire , ressemblent aux phascolomes. Un rapprochement vers cette conformation est ofFcrt , chez le cajopollin , par l'ossification et la soudure du corps avec l'arc , quia lien plus lard. Chez ceux-là même de ces animaux chez lesquels les deux inoiiiéslalérales sont presque en contact, elles sont long-temps très-distantes l'une de l'autre. Je trouve ainsi, chez un kangurou d'environ deux pieds de longueur , que l'intervalle en question occupe presque tout le tiers moyen de la largeur de l'atlas. Comme j'ai observé cette disposition remarquable sur tous les squelettes que j'ai examinés , c'est-à-dire sur au moins douze squelettes de kangurous , sans aucune exception, on peut la considérer comme constante. Les autres vertèbres n'offrent rien de semblable: il est , par conséquent , digne de remarque qu'elle porte précisément sur l'atlas , dont le point d'ossification du corps est partout le dernier à paraître, tandis que , chez ces animaux, qui présentent le plus haut degré de déviation de la règle , il semble ne se former jamais.

Les deux premières vertèbres cervicales des carnassiers sont, en général , fort considérables ■ la première esi large ; la seconde longue, et pourvue d'une forte épine , qui se recourbe plus ou moins en avant et en arrière, de manière à s'avancer sur la première et la troisième

vertèbres cervicales. Chez les phoques, plus encore chez les morses , cette apophyse est proportionnellement très -petite j chez les derniers , elle est large et très -épaisse dans toute la longueur de son bord supérieur. La seconde vertèbre est toujours un peu plus étroite que les autres ; chez les morses, cette étroitesse est très-considérable. La première, au contraire, offre subitement une largeur beaucoup plus marquée que les autres.

Parmi les chéiroptères , les chauve-souris ont siirtout un atlas large ; la seconde vertèbre est petite, et supporte une apophyse épineuse peu développée. Chez les galéopithèques , les deux premières vertèbres ont à peu près le même volume j elles sont longues. L'atlas olFre au milieu de sa face inférieure une saillie arrondie, considérable, qui , sur l'axis aussi bien qu'aux autres vertèbres , est moins prononcée, et qui est divisée postérieurement, au milieu, en deux branches latérales.

Chez les quadrumanes , mais plus encore chez r/i077?77ze, les deux premières vertèbres sont, en général, proportiopnellement beaucoup plus petites que chez les 'autres animaux j la première surtout est plus étroite ; son arc a le même volume que son corps, ou est plus étroit. L'épine de l'axis est beaucoup moins haute et plus courte. Les makis , par la conformation de leur axis , se rapprochent des carnassiers.

d'anatomie comparée. 421

Lapremière vertèbre cervicale de V homme se distingue de celle de presque tous les animaux , dont il faut excepter quelques singes , entre autres, le chimpansé , par sa petitesse proportionnelle ; 2° par l'existence d'une échancrure située en arrière des apophyses articulaires supérieures , et destinée au passage du premier nerf cervical , échancrure qui , chez les animaux, est un trou. Il existe, en outre, chez quelques singes , par exemple le saïmiri {simia sciiirea), le sajou {s. apella) , le maure [s. maura), lemagabej sans co\UeT(s.ful/ginosa), le cooita (i-. ateles), chez les jua/ds, les stenops et le tamanoir^ une seconde ouverture pour la partie supérieure de l'artère vertébrale ; cette ouverture manque à l'homme et aux autres mammifères. L'épine de l'axis est, chez tous les animaux , la plus haute de la colonne cervicai e.

^'apophjseodontoïde de l'axis est courte chez les kangurous, les ruminans , et la plupart des pachydermes: chez les premiers, elle est étroite; chez les autres, elle est large. Elle est étroite et d'unelongueur moyenne dans les mo~ notremes, les tatous ,\^^ pangolins, les fourmiliers , les porcs -épies et les ùastors. . Elleestlarge, mais peu élevée, chez \esphas-

. eoLomes, et elle se termine supérieurement par

' deux branches latérales.

Elleestplus volumineuse chez les ;;areji>ewa:, tes éléphans, plusieurs rongeurs , paresemple

le rat-iuupe des dunes (^mus maritimus) et les castors , dans les carnassiers^ les chauve-souris , les makis, et les singes proprement dits.

C'est chez Vhomme qu'elle me paraît être le plus longue en proporliori. Elle est, dans la plupartdes animaux , arrondie, allongée et convexe de tous les côtés j chez les ruminans , où elle a beaucoup de largeur, elle est convexe seulement en avant, et concave en arrière.

Le mode de développement des vertèbres présente peut-être quelques diiTérences , qui se rapportent surtout à l'époque où les pièces osseuses, isolées primitivement , se soudent entre elles. Ainsi , chez les cétacés , j'ai toujours trouvé le corps des vertèbres absolument sépa-: ré des pièces principales: il semblerait, par conséquent, qu'ils se soudent, au moins, plus tard que chez, les autres animaux. Ces pièces paraissent d'ailleurs exister généralement : car je les ai trouvées constamment chez Vhomme singes ,\qs carnassiers , les rongeurs, les pachydermes , les ruminans , par exemple la girafe , les chameaux^ les cerfs , les moutons , les bœufs , enfin chez les solipèdes et les céta-, ces. Elles sont , en général, beaucoup plus fortes chez les animaux que chez l'homme. Elles existent aussi très-généralement sur toutes les

d'àNATOMIK COMP.UiÉE. 4.a5

vertèbres , à tel point que je les ai très-bien distinguées, par exemple chez V éléphant, même sur les vertèbres les plus petites du coccyx.

Lfes vertèbres cervicales ressemblent, en général, par leur mode de développement, aux autres vertèbres; mais çlles offrent néanmoins quelques différences , qui méritent plus ou moins d'être signalées. Ces différences sontoffertes surtout parles deux premières et la dernière. La dernière et la seconde se distinguent le plus ordinairement par le nombre plus considérable de pièces osseuses dout elles se forment insensiblement ; la première se caractérise, au contraire, par la lenteur avec laquelle s'opère son développement détinitif (i).

(i) L'atlas chez {'homme ne présente, d'après les recherches de M. Serres , son corps ossifié totalement qu'à la troisième année : jusque alors les noyaux osseux, dont la soudure en une seule pièce constitue le coi'ps après l'âge indiqué, sont séparés par une membrane, puis par un cartilage intermédiaire | ce n'est que du cinquième au septième mois après la naissance, et jamais avant, quechajqne noyau osseux se manifeste. Dans l'ohe, \ti cheval, le i-eau , etc. , cette ossification s'opère plus promptement. L'atlas montre plus tard que les autres vertèUes le développement binaire que M. Serres considère comme constant pour tout le rachis, et dont il a exprimé !a régularité sous le nom de loi de symétrie. Cet aiiatoraiste

An point d'ossificuiion ordinaire du corps de la seconde vertèbre cervicale, il se joint très-i généralement un point d'ossification propre, supérieur, qui forme l'apophyse odontoïde. Cette apophyse se forme, chez l'homme, de deux pièces latérales , juxtaposées, qui se confondent déjà avant la naissance , de manière à ne constituer qu'une pièce. On trouve aussi irès-souvent chez l'homme, entre ces deux noyaux osseux et la racine antérieure de Tapo-, physe transverse, de chaque côté, un point d'ossification propre, dont je n'ai pas rencontré de traces chez les autres mammifères. Je ne sais pas non plus , faute d'occasion de faire des recherches sur des sujets assez jeunes, si l'apophyse odontoïde des autres mammifères se forme de deux pièces osseuses ou d'une seule y jusqu'ici je n'en ai trouvé qu'une(i).ll est possible que cette disposition ait lieu toujours , et

s'appuie, pour la démonstration de celte loi, sur des recherches directes faites sur divers animaux , et spe'cialement sur les fétus d'homme etde lapin. Ces recherches lui ontpermis de reconnaître constamment, à certaines époques de la vie embrionnaire, deux noyaux distincts dans chaque corps de vertèbres, ayant chacun leur ouverture artérielle propre. Il se fonde, en outre , sur les exemples de monstres dans lesquels la colonne était bifide en avant. Lisez Lois Siur Vostéogénie , -par M. Serres. {N.d.T.)

(i) M. Serres cite cette disposition comme une règle générale. {N.d.T,)

D'ANATOMIE COMPAlliE. ^25

qu'elle dépende de l'étroitesse de cet os chez la plupart des mammifères.

Le nombre des points d'ossification de la dernière vertèbre est augmenté d'une autre manière, mais m'oins généralement. On en trouve sur les côtés un quatrième et un cinquième, comme autant de rudimens de côtes. Chez Vkomme, ce nojau osseux est allongé et forme la racine antérieure de l'apophyse transverse j il s'étend du corps de la vertèbre à la racine postérieure de l'apophyse transverse. Chez Vaï, il y a un noyau osseux fort considérable , qui est appliqué, au moyen d'un large cartilage, sur le sommet de l'apophyse transverse de la neuvième vertèbre cervicale, sans être uni au corps. C'est par la présence de cette pièce os- , seuse que cette vertèbre cervicale devient subitement bien plus large que les autres. Ce noyau osseux manque aux autres mammifères que j'ai examinés.

11 est digne de remarque qu'il existe chez Vaï, à la même place, sur la huitième vertèbre, un noyau osseux semblable, mais beaucoup plus petit; disposition qui fait ressembler ces deux vertèbres à des vertèbres ihoraciques , et qui diminue, par conséquent, l'exception présentée par l'izi relativement aux autres mammifères, sous le rapport du nombre des vertèbres cervicales. La circonstance que ces pièces osseuses appartiennent seulement à la partie.

postérieure des apophyses iransverses rappelle, en outre, très-vivement, la disposition des cétacés et de la plupart des reptiles ^ chez lesquels toutes, ou presque toutes les côtes, ne sont également en rapport qu'avec la partie qui représente l'arc des vertèbres.

La première vertèbre cervicale se distingue des autres surtout parce que son corps est le dernier à apparaître et à se souder avec les moitiés de l'arc; cette particularité a même été cause que de bons analomistes ont admis que l'atlas de l'homme se forme , par exception, seulement de deux moitiés latérales. Mais dans le fait, le corps de l'atlas existe chez tous les mammifères que j'ai eu occasion d'examiner , quelques marsupiaujc exceptés; il n'y a de différence que sous le rapport de son apparition, pans la plupart des mammifères, particulièrement les chiens , les chats , les raminans , les soliphdes , les porcs , les lapins , les rats, les cahiais et les tatous , le corps de l'atlas existe déjà plus ou moins long-temps avant la naissance ; tandis que chez V homme, \aï , le hérisson et le castor, il n'y en a pas encore de trace , même chez le fétus à terme.

Quelquefois le mode d'ossification de l'atlas se distingue aussi de celui des autres vertèbres par un nombre plus considérable de points d'ossification. Dans ce cas , au lieu d'un point d'ossification unique et impair, il y eu a deux.

d'AMATOMIE COMPARliE. l\1'J

Toutes les fois que j'ai trouvé cette disposition chez ry^077J7Ke , un de ces points fut couslamlu eut beaucoup plus grand que l'autre; chez deux tatoii^, au contraire, qui étalent parvenus à terme, les deux points d'ossification avaient un volume considérable et égal , et étaient tout-àfait symétriques. J'ai signalé quatre fois la même disposition chez de jeunes hérissons. Cette différence dépend, sans doute, de la largeur plus considérable de la première vertèbre.

ludépendamment des particularités que présente la colonne vertébrale dans les différens ordres des mammifères, et qui viennent d'être passées en revue dans les paragraphes précédens , on peut faire remarquer que le nombre des vertèbres, en général, varie considérablement dans les divers groupes qui consti-^ ' tuent cette classe. Les vertèbres les plus nombreuses , soixante - dix environ , se rencontrent dans les cétacés et plusieurs édentes ^ et en particulier chez les fourmiliers et les ttzokis à longue queue , chez lesquels il y- en a plus de soixante; après ces animaux viennent ceux des carnassiers des rongeurs et des quadrU^ mânes , qui ont de longues queues , chez lesquels on en compte à peu près cinquante. Les solipedes en ont un peu moins , et les rumi-

nans encore moins ; quelques uns en ont trente • l'homme et les chaîne- souris sont les animaux 011 il en existe le moins ; par exemple , le vampire {'vespertilio vampirus ) en a aux environs de vingt. On voit, d'après cela, que le nombre des vertèbres varie du simple au triple, et que le nombre le plus fréquent est celui qui est intermédiaire à ces deux extrêmes. Comme le nombre des vertèbres cervicales est presque toujours le même , que parmi les autres les coccygiennes varient le plus, et que , lorsque les vertèbres thoraciques et lombaires sont plus nombreuses , comme chez Vunau et le daman, le nombre des coccygiennes est moindre, il s'ensuit que c'est surtout la longueur de la queue et le nombre des vertèbres dont elle est composée qui sont cause de ces différences.

Les principales différences de forme que présentent les vertèbres ont déjà été signalées lors delà description particulière qui en a été * faite. D'après ce- qui a été ditci-dessus (i), il est extrêmement vraisemblable que les cétacés font une exception remarquable à la loi d'après laquelle les différentes pièces dont se forment les vertèbres se confondent insensiblement en une seule. La remarque faite par M. Treviranus junior, qu'un phoque long de

(i) Voyez p, 582.

d'anatomie comparer. 429

trente-deux pouces , c'est-à-dire encore jeune, oll'rait encore des traces de séparation du corps d'avec l'arc (i) , a été mal entendue par M. Lobstein (2) , qui a compris que l'auteur précité a voulu dire que ces parties ne se soudent jamais entre elles. Je trouve également les mêmes traces de séparation chez de jeunes phoques , mais je ne les rencontre plus chez des phoques plus avancés en âge , ni chez des morses adultes.

Toutefois il me semble , d'après mes recherches, que les disques des vertèbres [se soudent, chez tous les mammifères , plus lentement que chez Vhomme; ce qui coïncide d'unemanière curieuse avec leur volume plus considérable chez les premiers.

- B. Côtes.

Les côtes des mammifères offrent plusieurs particularités par lesquelles ces animaux se ' distinguent , d'une part , les uns des autres , et , • d'autre part , des animaux qui leur sont in- : férié urs.

Le caractère distinctif de ces os consiste 1 moins dans leur forme que dans leur mode de «connexion , qui est de deux sortes , savoir :

1° Leur tête ne s'articule, le plus souvent, pas

(1) Albers Beitrœge, etc. , p. 24.

(2) Bullet. de la Soc. méd. d'émul. 1817 , p. 20.

avec une seule vertèbre dorsale , mais, chaque fois , avec deux de ces vertèbres, qui concourent à former une surface articulaire commune, qui est située au-devant de l'apophyse transverse à laquelle la côte s'attache par son tubercule.

2° Tandis que , chez les autres animaux , la première côte, ou plusieurs des côtes les plus antérieures, ne s'attachent pas au sternum, on ne rencontre jamais cette séparation, à l'état normal , chez les mammifères , si ce n'est peutêtre chez rai(i) : car la première côte de cet animal s'insère toujours ,au sternum par un fort cartilage. Il est digne de remarque, cependant, que c\iezVho?nme la racine antérieure de l'apophyse trans verse de la dernière vertèbre cervicale naîtpar un pointd'ossification propre, qui se soude, à la vérité , communément avec le reste de la vertèbre, mais qui quelquefois reste séparée et se prolon£{e souvent considérablement, sans cependant s'insérer au sternum.

Il y a, en revanche, ordinairement une ou plusieurs côtes postérieures qui ne s'appli-^ quent pas même contre les côtes précédentespar leurs cartilages trop peu développés.

Les côtes naissent toujours , surtout d'une pièce principale , qui détermine toute leur longueur , à laquelle il s*ajoute plus tard plusieurs

(i) Voy. ci-clç3sus , p. 385.

d'AXATOMIK COMPAÏUÊE. 45 1

points d'ossificalion propres , savoir, à la lêle, au tubercule et à l'extrémité antérieure.

D'après M. Blumciibacli , les côtes n'auraient jamais d'aphopliyses semblables (i); cependant j'ai toujours trouvé très-positivement cette disposition, non seulement chez l'homme, mais encore chez plusieurs animaux , tels que les éléphans , les soUphdes et les porcs ; cette remarque est surtout vraie , d'une manière générale , pour la tête de la côte.

Les principales différences que présentent les côtes d es mammifères sont relatives au nombre , à la forme , au volume et au mode de conneocion .

1. Nombre. Le nombre des côtes coïncide avec celui des vertèbres ihoraciques j les différences qui ont trait à cela ont, par conséquent , déjà éié indiquées lors de la description de la colonne vertébrale.

2. Forme. Les côtes des mammifères sont toujours plus ou moins allongées, arquées, un peu renflées à leurs extrémités antérieure et postérieure. Les antérieures et les postérieures sont plus couiles que celles du milieu, mais ordinairement elles se rétrécissent des premières aux dernières. La première côte des tatous^

(i) Geschichte der Knochen , p. 548.

4^2 TRAITÉ GÉN/iRAL

du zemmi [mus tjphhis), du chrysochlore du. Cap, est surtout large en proportion des autres', et principalement vers son extrémité inférieure. Chez les chauvcrsouris , cette côte est égalemeut très-large, mais son cartilage, qui est ossifié, l'est encore beaucoup plus, La première côte de ces animaux est, en outre, relativement aux autres côtes, beaucoup plus courlô que chez d'autres mammifères.

Une particularité fort digne de remarque est offerte par le cavia cobaja: il existe au milieu du bord antérieur de sa première côte une apophyse considérable , égale au sixième environ de la longueur de la côte, mais plus étroite que cet os , et qui se dirige en haut, en avant et en dedans. Les autres espèces du genre n'offrent aucune trace de cette conformation.

Les galéopithèques font exception à la règle d'après laquelle la côte la plus antérieure estla plus large. La première et la seconde sont, chez ces animaux , les côtes les plus étroites j quoiqu'elles soient aussi , comme de coutume , les plus convexes de toutes. Lairoisième côte est un peu plus large. A compter de celle-ci, les cô-^ tes deviennent subitement plus longues et considérablement plus larges; elles prennent alors insensiblement plus de longueur vers le milieu du thorax, et diminuent ensuite un peu de longueur, malsnon de largeur; il en résuite que la dernière côte est beaucoup plus longue, et sur-

d'an^atomie comparjêe. ^55 tout plus large que la première. Les côtes moyennes, pariiculièrement, se prolongent-à leur partie postérieure et inférieuré, par une apophyse assez considérable, qui règne dàns une grande partie de leur longueur, et qui à quelque ressemblance avec l'épiphjse costale des oiseaux. Les loris ont une conformation analogue.

Plusieurs autres animauxprésentent des rapports semblables. Chei. Vhippopotame , la première côte est la plus étroite , la dernière la plus larges celles du milieu leur sont inLermediaires , eu égard à cette dimension. Chez le rhinocéros , la partie supérieure de la première côte est plus étroite qu'à la plupart des autres^ sa partie inférieure est, au contraire , la plus large. Les autres côtes , les dei- :-nieres surtout, qui sont très-étroites. , diminuent considérablement d'épaisseur de haut en bas..

Il en est de même des premières cotes des , . echcdnes , des/ourmi/îers, des marmoties des . galeopùhèçues et de la plupart des çuadrLma-

: ' T'' 1 r T' le plus

i grand nombre des autres , puisque , si on en ex-

.<ceptetout au. plus l'extrémité inférieure , elles

.•sont aucontraire,communémentplus étroites qu elles . Chez les mmzW, lapiupart des côtes • r^^^."^^ Pl"s larges que les antérieures, i< du moins que la seconde et la troisième , qn m. ' 1

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