TRA^PÉ GÉNÉRAL
l'avant -bras, et aux seconds un rapportavec la conformation des os métacarpiens et des phalanges. En effet, la diminution du nombre des os de la dernière rangée ne se rencontre que i dans les cas où la quantité des os métacarpiens et des phalanges se trouve réduite.
Le carpe des cétacés , qui est court , mais large , est formé d'os arrondis , très-plats dans la direction de la face dorsale à la face palmaire , et qui sont dépourvus de saillies. 11 y en a ordinairement cinq, disposés sur deux rangées, trois dans la supérieure et deux dans l'inférieure.
Le plus antérieur de la première rangée me parait formé du scaphoïde et du trapèze , par la raison qu'il supporte la totalité du premier métacarpien et la majeure partie du deuxième. 11 est le second sous le rapport du volume. Le plus considérable est le suivant , qui correspond à la partie postérieure du radius et à l'antérieure du cubitus. Cette connexion me fait présumer qu'il résulte de la réunion du semi-lunaire et du pyramidal. Le troisième est situé au-dessous de la moitié postérieure du cubitus, et s'articule avec le cinquième métacarpien. Je crois, d'après ce rapport, que c'est l'os unciforme qui s'est porté en haut.
D'ANATOftTIB COMPARÉE. 67
Les deux os de la seconde rangée, qui, ainsi que Je dernier, sonl, les plus petits, cOrrespou dent aux deuxième, troisième et quatrième métacarpiens, situation relative qui me porte à les prendre pour le trapézoïde et le grand os.
J'admets; avec MM. Cuvier (i) et Rudolphi (2) , qui ne donnent pas. la détermination des os carpiens , cinq de ces os dans les dauphins et la baleine à bec , bien que la forme arrondie et la position élevée de deux autres os, qui, d'après cette manière de voir, sont les métacarpiens du pouce et de l'index, puissent aussi les faire considérer comme des os appartenant au carpe. Dans ce cas , l'antérieur de ces deux os serait le trapèze , le postérieur serait l'unciforme- l'os qui, d'après l'opinion précédemment émise, a été oonsidéré comme l'unciforme, serait le pyramidal, le second ne serait que le semi-lunaire, et le premier seulement le scaphoïde. D'ailleurs, d'autres cétacés, et principalement la baleine franche, possèdent en effet sept os carpiens, quatre dans la ran gée supérieure et trois dans l'inférieure , avec cinq os au métacarpe (3).
La question de savoir quelle est la disposition propre aux cétacés faux ne peut être ré solue que pour le lamantin et le dugong. Le
(i) Anat. comp. I , p. 3o6.
(2J Abliand. der Berliner Akademie. 1826-21 , p. 56. (5) Cuvier, Ossemensfossiles.Y, i , p. 58o, pl. 26, f . 971.
6^8 TllAIT/i GÉNÉRAL
lamaniin [i) ipossède six os carpiens , disposés sur deux rangées ; les trois supérieurs semblent être le scaphoïde, , le pyramidal et le semi-lunaire ; les trois inférieurs seraient , dès lors , le trapèze et le trapézoïde réunis , le grand os et l'os crochu.
Quant au rjtina , Steller dit seulement que sou membre antérieur est formé de deux os, le carpe et le métacarpe (2); et Rafiles (3) établit, relativement au dugong, que ses os carpiens sont complets jusqu'aux dernières phalanges; ce qui ne dit pas plus que les ligures qu'il donne de cet animal. 11 résulte, de la description plus exacte de M. Cuvier (4) que le dugong a quatre os carpiens, deux dans chaque rangée, qulsemblenl avoir le même volume.
Il existe une grande ressemblance entre les solipèdes et les ruminans . Les premiers ont sept os au carpe , quatre dans la rangée supérieure , trois dans l'inférieure. Les chameaux en outlemême nombre ; les autres ruminans, au contraire , n'ont très-généralement que six os carpiens , dont deux seulement dans la rangée inférieure. Leur carpe est étroit; sa hauteur égale presque sa largeur.
Les os de la rangée supérieure sont plus
(1) Cuvier, Annal, du mus. XIII, p. 290.
(2) Loc. cit. , p. 520.
(5) Phil. tràns. i82i,p. 17g.
(4) Ossemens fossiles. V, i, p. xx.
d'anatomie comparée:. 69
grands que cieiix de l'inférieure : les premiers sont hauts et étroits d'un côté à l'autrcj les seconds très-déprlinés , larges et discoïdes. C'est chez les chameHiioc que ces conditions sont le plus prononcées- L'os pisi/orme est très-considérable, haut, arrondi, comprimé surtout latéralement. L'os le plus interne de la seconde rangée des chameaux et des solipèdes est situé eu arrière du second, avec lequel il se confond chez les autres ruminans. Cet os est le trapézoïde ; le trapèze manque entièrement chez tous ces animaux.
Les pachydermes offrent sept ou huit os carpiens, qui ont peu de hauteur.
La première rangée en renferme constamment quatre ; la seconde ne se compose, chez quelques-uns, que de trois.
Le squelette du pécari^ au cabinet de Paris, ne m'en a même offert que deux, et ses doigts accessoires étaient beaucoup plus petits que ceux des porcs; disposition qui , si elle était coDslante , serait très-remarquable par sa <îoncordance avec celle des ruminans , Cependant, il y a trois de ces os , comme dans tous les porcs, chez un jeune pécari que je conserve dans de l'alcool.
La seconde rangée des os carpiens du porc se compose, suivant M. Cuvier(i), de quatre os, dont le plus interne, ou le trapèze, est très-pe-
(i) Leçons. I, p. 5o6,
7t> TUAITji GÉNÉRAL
tit; je dois dire cependant que je n'en ai jamais trouvé au-delà de trois , dont le plus interne est le moins développé. Le pécari ne se distingue nullement des coc/io«j ordinaires par une petitesse plus considérable du dernier os.
Il y a aussi trois os dans la seconde rangée du carpe, chez le daman et le rhinocéros, Le scaphoïde est étroit, le semi-lunaire plus large; le pisiforme , qui est allongé , est en rapport avec le cubitus.
Les trois os de la seconde rangée augmentent de volume de dedans en dehors. Le troisième est l'unciforme , qui est en rapport avec le deuxième et le troisième doigts, et pourvu d'un crochet considérable.
Chez le daman , la partie externe de cet os supporte le quatrième métacarpien ; chez le rhinocéros, il y existe un petit os triangulaire qui n'est vraisemblablement pas un os surnuméraire , comme l'admet M. Cuvier. , mais un rudiment du cinquième métacarpien : ce qui mêle fait croire, c'est qu'il est appliqué sur l'os crochu, et qu'il s'unit au troisième métacarpien, os qui est réellement le quatrième .
Un autre os semblable , mais qui est externe , plus grand, plus plat, et situé sur le scaphoïde et le premier os de la seconde rangée, est ou le rudiment du .premier métacarpien , ou celui du véritable premier os de la seconde rangée.
d'anatomie comparés. 71
Le carpe de V hippopotame est plus cauri et plus large que celui du rhinocéros. La rangée supérieure contient ses quatre os ordinaires. Le pisiformc cstlongeten rapport avec le cubitus. Le scaphoïde est le plus grand et le pins large.
Bien que cet animal n'ait que quatre doigts, la rangée inférieure se compose de quatre os, qui augmentent de volume de dedans en dehors. Le plus interne et le plus petit est allongé et un peu recourbé ; il est en rapport seulement avec la face interne du second os j l'externe s'articule , comme de coutume , avec les deux derniers doigts 5 avec le dernier cette articulalion n'a lieu que dans une très-petite partie.
Le tapir a aussi quatre os dans la seconde rangée ; de ces os le plus interne s'articule à la fois avec le premier os métacarpien , qui est à proprement parler le deuxième.
Chez Véléphant le carpe est, par une exception rare, la fraction la plus longue de la main ; il en forme les deux cinquièmes. 11 se compose de huit os. Le scaphoïde est allongé d'avant en arrière; sa partie postérieure est plus pointue; il est à peine uni avec la^ partie la plus externe du radius par une petite facette articulaire. Le semi-lunaire, au contraire, est volumineux ; il s'articule avec la partie externe du radius, quil'emportedebeaucoup en étendue sur l'interne. 11 est également plus étroit à sa partie postérieure. Le pyramidal est encore
plus fon; il est plus large en arrière. L'os siforme est volumineux, allongé, mais il ne déborde pas les autres os ; il s'articule avec le euhitus.
Le premier os de la rangée inférieure n'est pas uni à la rangée supérieure; il n'est joint qu'avec le second os de sa propre rangée. Il supporte le pouce. Ces os augmentent de volume du premier au quatrièflie; chacun d'eux sert de base à un doigt; le quatrième correspond à deux.
Les surfaces articulaires supérieures des trois os les plus internes de la' première rangée sont légèrement concaves ; celles des os delà seconde rangée sont presque planes.
Le carpe des monotrhnes est très-large et court ; il se compose de huit os, partagés en quatre pour chaque rangée.
Le plus interne est un os surnuméraire , triangulaire, apointi en arrière; il est appliqué sur la partie inférieure de l'os suivant et se prolonge en arrière sous l'extrémité antérieure du radius. Le scaphoïde et le semi-lunaire sont confondus; ils forment une poulie articulaire, excavée, et destinée au radius; le pyramidal, qui est large et plat, réuni au pisiformc , correspond seulemeat au cubitus , avec lequel il s'articule par une poulie Lien plus plate.
Le pisiforme est assez long et épais ^ mais il
d'ajjatomle comparée. 70
n'est à beaucoup près pas aussi long que chez plusieurs animaux voisins du dernier ordre.
Les os de la rangée antérieure, ou digitale, 5ont surtout larges et courts d'avant en arrière; le cuboïde (le plus externe ) est petit; les autres ont à peu près le même volume.
La largeur du carpe des édentés l'emporte aussi beaucoup sur sa longueur. Parmi les fourmiliers^ le ^rand fourmilier ç^x. le fourmilier à
^^^a^^e ^fo/g■^^ofîrent positivement huit os carpiens.
Le scaphoïde est ici le plus volumineux ; le trapézoïde est le plus petit , si on en excepte un os surnuméraire de la première rangée, qui est situé en dedans.
Le pisiforme est fort allongé, volumineux, semblable à une phalange ; mais il n'est pas aussi grand chez ces derniers que le présente le fourmilier à deux doigts.
■ L'os crochu a aussi une apophyse forte, mais plus courte. . ,
Il supporte le tiers externe du troisième et la ; totalité du quatrième métacarpien.
Le cinquième métacarpien s'articule seulei ment tivec le quatrième.
Chez le tamanoir, le scaphoïde n'est projponionnellement pas aussi grand que chez le jfourmilier à quatre doigts.
Le scaphoïde et le semi-lunaire sont arti-- (culés avec le radius par une surface convexe
74 TRAIxé GÉlffÉUAI.
commune j Le pyramidal l'est avec la pointe du cubitus par une surface très-concave.
M. Cuvier (i) n'attribue au fourmilier didactjle que six os , quatre dans la première rangée et deux dans la seconde , qui correspondraient au deuxième et au troisième doigts. Mais il en existe véritablement quatre dans la seconde rangée.
Le plus externe, qui est le plus volumineux, est aplati d'avant en arrière , long de haut en bas ; il ne correspond pas uniquement ni entièrement à l'os métacarpien du troisième doigt, puisqu'il ne reçoit que la moitié externe de cet os, et qu'il supporte, en outre, en avant, le quatrième, et en dehors le cinquième de ces os. Le second os , qui est quadrilatère et beaucoup plus petit, sert de base à la moitié interne du troisième métacarpien et à la moitié externe du deuxième. A sou côté interne existent les deux os qui n'ont pas été aperçus. Le premi?.- de ces os , le plus petit , triangulaire et plat , supporte en avant le deuxième et le premier métacarpiens : cet os est sans doute le irapézoïde. En arrière, il s'articule avec un os considérable , fort allongé , dirigé en avant et en dehors, qui est peut-être le trapèze, ou un os propre, qui aurait de l'analogie avec l'os faiciforme de la taupe.
Les tatous offrent des différences très grau-
(i) Leçons, 1 , p.5o5.
D'ANATOMIE COMP^\JliE. 75
des , et dont quelques-unes sont dignes de remarque.
Les tatous à quatre, doigts ont les huit os ordinaires , parmi lesquels le pisiforme est petit. La disposition est autre chez ceux à cinq doigts. Le tatou à six bandes {dasjpus seoccinctus ) a un pisiforme beaucoup plus grand j le pyramidal, qui est volumineux, refoule l'os crochu en dedans et atteint le cinquième métacarpien; le trapèze et le trapézoide sont confondus; au bord externe il existe un petit os surnuméraire. Chez le tatou géant ( dasjpus gigas), la disposition est semblable; il n'existe qu'une différence qui consiste dans l'isolement l'un de l'autre du trapèze et du trapézoide .
Chez le tatou à douze bandes {dasjpus duodecimcinctus) , au contraire, le trapézoide est soudé avec le second os du métacarpe (i).
Le pangolin a sept os carpiens , parce que le scaphoïde et le semi-lunaire sont confondus.
Le carpe des paresseux est étroit ; il a presque autant de longueur que de largeur. 11 n'est composé que de six os, quatre dans la première rangée et deux dans la seconde. Le scaf hoïde est l'os le plus considérable ; mais il n'est pas aussi volumineux que chez les pangolins et les fourmiliers. Je ne crois pas devoir
(1) Cuvier, Ossem.foss. V, 1 , pl. xi , p. , 1 . D'après le texte, le trapézoide serait même soudé avec Je pre-. mier métacarpien ; mais la figure ne l'indique pas.
admettre avec M. Cuvier (i) que cet os s'est confondu avec le premier de la seconde rangée, par la raison qu'il a exactement la forme accoutumée , et surtout la même que chez les fourmiliers y qui pourtant possèdent le trapèze, et que je ne lui ai jamais trouvé plus d'un point d'ossification.
Cetos se recourbe en avant et en dedans, el se porte j en passant au-devaiit du premier os de la seconde rangée, vers le métacarpe; il s'articule avec le semi-lunaire par une surface articulaire qui est convexe. Le pyramidal présente du côté du cubitus une surface plate, dirigée obliquement.
Le pisl forme est petit et arrondi.
La rangée antérieure n'est formée que de deux os : un interne , plus grand, qui correspond vraisemblablement au irapézoïde , peutêtre aussi au trapèze etau grand os; l'autre est petit et externe ; c'est l'os crochu , mais il n'a pas de crochet ici.
Uunau possède sept os, parce que le trapézoïde est isolé.
Le carpe des rongeurs n'est, en général, pas bien large; chez les jnarmotes, il offre cependant une largeur considérable.
(i) Ann.dumus. V, p. 197. Du reste, M. Cuvier avait ici déjà rectifie tacitement l'erreur qu'il avait comtnise précédemment {Leçons. I, p. 5o5.) , en prétendant que l'ai n'avait que cinq os carpiens,à cause de l'absence du pisiforme.
d'anatomïe comparée. 77
La première rangée des os carpiens des ro/zgeurs se compose communément de trois os, parce que le scaphoïde et le semi-lunaire se sont confondus en un seul, qui est volumineux.
Cette disposition est oiïerte surtout par les genres marmote, castor, écureuil^ rat, cahiai et porc-épic.
Chez les lièvres^ elle est, au contraire, formée de quatre os 3 toute la différence consiste dans la séparation exacte de ces os les uns des autres.
Le pisiforme est ici , en général, allongé et proportionnellement fort considérable, surtout dans les marmotes .
Il est toujours tourné en bas ; il s'articule très-généralement avec le cubitus.
L'os unciforme n'a pas de crochet considérable.
En dedans du pyramidal , entre cet os , le scaphoïde et le premier métacarpien, on trouve, chez les marmotes^ un os triangulaire, un peu plus considérable , qui est , sans doute , le trapèze. En bas et en dedans suivent les deux derniers , dont le premier est également triangulaire et un peu plus grand que le trapèze ; le second , qui est appliqué sur lui et le scaphoïde , est étroit, allongé, plat et fortement recourbé en bas et en avant. Ces deux os représentent peut-être les deux phalanges du pouce. Ils pourraient être aussi des os surnuméraires : du moins on les rencontre
yo TRAITÉ GÉNÉRAL
chez plusieurs autres animaux, qui ont, outre ces os, encore les phalanges du pouce.
On peut cependant citer à l'appui de l'opinion émise , d'une part , l'absence simultanée des os du pouce , de l'autre , la concordance exacte entre eux et ces os , sous le rapport du nombre , er enfin la circonstance qu'ils forment, au côté interne de la paume, une saillie séparée, quoique dépourvue d'ongle. M. Cuvier les a aussi regardés comme des rudimens du pouce (i) , après les avoir décrits peu auparavant (2) comme des os anomaux et surnuméraires. Je me suis parfaitement convaincu de l'identité de ces deux espèces d'os par la dissection attentive que j'en ai faite chez des individus qui étaient entiers et intacts.
Mais la structure d'autres rongeurs rend invraisemblable l'opinion d'après laquelle ces os Stjraient des phalanges du pouce.
11 existe , chez le cochon d'Inde , indépendamment du petit os surnuméraire moyen de la moimote, un autre os long, dirigé en bas et en dehors , qui repose sur le scaphoïde et qui correspond au dernier os de la marmote. Il y a, en outre, en avant, deux osselets , qui semblent être le métacarpien et la première phalange du pouce. On trouve aussi , chez le hamster, à la place des os qui ont été décrits
(1) Leçons. I , p. 5o5.
(2) Ibid., p. 504.
d'aNATOMIE œMPARÉE. 79
chez la marmote, en amcre du pouce, qui est formé de ses trois os ordinaires , un os considérable , allongé et plat , qui se recourbe pardessus le tendon du fléchisseur , et d'oii naissent une partie des petits muscles du pouce. Le mannet {helamjs cafer) (i), qui a un pouce complet, possède également en l'endroit dénommé deux os, dont l'un, qui correspond à celui du hamster et du cochon d' Inde ^ est appliqué sur l'extrémité interne du scaphoïde , s'étend jusqu'au bord externe de la patte, et sert de base, en avant, au second, qui est considérable et aplati,
H résulterait de ce qui vient d'être exposé que l'opinion la plus exacte serait peut-être de considérer ces os comme la partie interne et ossifiée du ligament palmaire.
La rangée antérieure des Oâ carpiens se compose, chez les rongeurs^ de quatre à cinq os; le dernier nombre est le plus fréquent.
\Jos crochu, ordinairement le plus volumineux de tous, et le grand os, correspondent aux trois métacarpiens les plus externes et sont
(i) Le genre helamjs a e'te' forme' , par M. F. Cuvier {Ann. du Mus., t. XIX), de l'espèce de rongeumovaxnée auparavant Z/ètre sauteur, gerboise du Cap , jerhua capensis , Sparkmaimn ; mus cafer, Pallasj dipus cafer, ' Gmelin^ aermanneije , par les Hollandais. En contrac- I tion de la dernière de'nomination , M. Cuvier donne ù I l'espèce connue le nom de mannet.
toujours séparés. On trouve en outre , chez le paca et le porc-épic , un os qui, parce qu'il supporte le métacarpien de l'index, ne peut être que le pyramidal. Mais cliez plusieurs rongeurs, particulièrement les lièvres, V agouti, le cochon d'Inde, le castor, le hamster, Vécureil et les rats , il y a , entre cet os , le grand os et le scaphoïde , un petit os triangulaire, qui n'est pas hors de rang , mais qui correspond très-peu aux deux métacarpiens. Chez les marmotes , les rats et les helamys , il sort davantage de la ligne des autres.
Mes recherches m'ont convaincu que M.
Cuvier refuse à tort l'os surnuméraire à l'agoiiti{i).
On trouve dans cet ordre très-généralement le trapèze , mais il est aplati et petit.
L'os surnuméraire en question n'existe pas chez le porc-épic, comme M. Cuvier en fait déjà la remarque (2); on y trouve , en revanche, au bord cubital , un autre petit os arrondi , entre l'unciformc et le cinquième métacarpien , que nous reverrons aussi chez quel'ques carnivores . Cet os a également été indiqué par M. Cuvier ; mais cet analomiste n'a pas aperçu un autre os qui existe ici au côté interne. Il est très-grand, un des plus considérables des os carpiens j il s'étend en tra-
(1) Loc. cit. , p. 5o5.
(2) Loc. cit. , p. 504.
D' AN ATOMIE COMPARÉE. 8l
vers depuis le bord radial presque jusqu'au bord cubital , en passant sous les tendons des fléchisseurs ; il touche à l'extrémité postérieure du premier métacarpien , et paraît être , comme il a déjà été dit , le ligament palmaire propre, qui se serait ossifié. On trouve au-dessous de lui , immédiatement sous la peau, deux grands disques cartilagineux, minces , qui sont séparés à peu près vers le milieu du carpe, et qui semblent appartenir à l'aponévrose palmaire.
Quelques auteurs, comme MM. Blumen-^ bach (i) etCarus (2), ne s'expliquent pas sur l'origine de la multiplicité des os du carpe.
D'après M. Cuvier (3), l'os surnuméraire de la seconde rangée , situé entre le trapézoïde et lescaphoïde, estle résultat de la division du premier. Une cite point d'argument à l'appui de son opinion, en faveur de laquelle on pourrait alléguer la position de cet os insolite dans la seconde rangée, comme nous l'avons fait remarquer chez l'agouti, le cochon d'Inde et les lièvres ! mais je crois devoir admettre , avec plus de raison , une autre détermination : cet os est , ou la partie antérieure et externe du scaphoïde, qui s'est isolée, ou cette partie et
(r) Gesch. der Kiiochcn , p. 409.
(2) Zootomie,]). 188.
(5) Loc. cit., p. 3 02.
une portion seulement du pyramidal. Prenons quelques animaux poiîr exemple , les chats entre autres : on voit Irès-disiinctement chez ces animaux une apophyse du scaphuïde , dont la forme est exactement celle de l'os surnuméraire, se placer entre l'os trapézoïdc et le grand os j les animaux pourvus de l'os surnuméraire, au contraire, sont privés de cette apophyse du scaphoïde, et la pkce qu'elle occupe est remplie par l'os surnuméraire. La dernière opinion est sans doute la plus exacte, puisque, quand cet os existe, le pyramidal est plus petit que de coutume.
Le nombre des os de la première rangée est augmenté d'une manière particulière chez les polatouchcs ; il y existe de plus un os allongé, très-considérable , ayant presque la moitié de la longueur de l'a-vant-bras, qui est attaché sur l'os pisiforme , et qui s'étend obliquement en haut et eu arrière , à l'extrémité de la membrane du vol (i).
Chez les phascolomes et les kangurous , le scaphoïde et le semi -lunaire sont confondus en un os unique d'un volume considérable ; le pisiforme est développé , mais moins que chez la plupart des rongeurs. L'os formé du scaphoïde et du semi-lunaire est plus petit que le
(i) Daubenton, dans BiifFon , Hist. nat. VIII, ii5, pl. 24. ,
d'anatomie çomparjêe. 85
py ramidal , chez les kangurous. Le dernier présente ici aussi une face concave , destinée à recevoir la surface articulaire du cubitus.
Chez les kangurous , la rangée antérieure est formée de quatre os, dont les surfaces articulaires antérieures sont très-concaves et sont disposées pour recevoir les têtes arrondies des os métacarpiens; de cette forme résulte ici une mobilité considérable.
Je trouve le même nombre d'os chez les sarigues , qui se distinguent particulièrement par la petitesse du pisifornie.
L'os scapho-semi-lunaire des carnivores , qui existe communément chez ces animaux, €St considérable; il présente, en haut et en dedans, une convexité à laquelle succède, en dehors, une concavité, puis une convexité nouvelle. Le stylet du radius s'enfonce dans la concavité; il en résulte une charnière. Le bord de l'os, qui est dirigé vers le métacarpe , se prolonge en dehors , surtout chez les chats; il y forme une forte apophyse, qui se place entre le pyramidal et le grand os.
Le pisiforme est considérable dans l'ordre des carnivores^ si l'on excepte les phoques; mais il y est plus petit que chez la plupart des rongeurs ; il forme , avec le pyramidal , une surface concave, qui reçoit la pointe du cubitus.
La rangée antérieure n'offre communément