‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 55 sur 83 · IV · texte numérisé non relu

IV

100 TiiAiré génj^;rax

fourmiliers. Le premier est toujours plus grêle que les autres, pariiculièrenieiit dans les tatous pourvus de cinq doigls. Ceux-ci diffèrent des /^z- ^Oif^ à quatre doigts et se rapprochent des fourmiliers. Le moyeu est debeaucoup le plus large chez le tatou géant {dasypus gigas) : il a plus de largeur que de longueur, aussi-bien que le quatrième et le cinquième ; les deux internes sont, au contraire, très-grêles et beaucoup plus longs que les autres, principalement le second. Chez le cabassou , ces derniers sont un peu plus courts et plurs gros , tandis que les trois métacarpiens lés plus externes sont plus longs et plus étroits que chez le tatou géant. Cette conformation est la même dans les pangolins . Le premier métacarpien de Vorjctérope est trèspetit ; le second et le troisième ont une forme allongée et sont les plus longs ; le quatrième et surtout le cinquième sont bien plus petits.

Les paresseux ont des métacarpiens plus longs, élevés et fortement aplatis latéralement. Chez ïaï, il y en a trois grands , ayant à peu près la môme longueur , qui se terminent , en avant, par des irochlées fort concaves à leur milieu j il y a , en outre , deux os métacarpiens latéraux bien plus petits , dont le cinquième est surtout extrêmement imparfait. Il est digne de remarque qu'ils se soudent tous iutiiTiement entre eux, à leur partie postérieure , et avec la rangée antérieure des os carpiens.

d'aN.VTOWIE comparée. 101

L'unau n'a que deux grands métacarpiens , uni sont moins plats que les précédens , et qui, à leur partie antérieure , au lieu d'être concaves, sont convexes; mais sur les deux côtés, iiy en a deux autres proportionnellement plus longs que chez Vaï, quoiqu'ils soient grêles et aplatis. Le mégathérium en a quatre, dont les plus internes sont allongés , étroits ; tandis que les externes sont larges et beaucoup plus courts.

La plupart des rongeurs , des marsupiaux elàes carnii^ores, ont un métacarpien interne, le plus souvent très-petit , et quatre externes, pourvus d'une tête antérieure , ronde , qu'une faible saillie partage «n deux parties latérales , mais seulement, dans sa moitié postérieure. Les deux moyens des quatre métacarpiens externes sont ordinairement un peu plus longs que ceux des côtés ; souvent cet excès de longueur est beaucoup plus considérable.

Dans plusieurs genres, par exemple les chats et les phoques , l'extrémité postérieure de ces os est fort convexe.

Ils se distinguent particulièrement paj la forme de la surface articulaire antérieure et Je volume proportionnel du métacarpien du pouce. La surface articulaire antérieure présente , le plus souvent, chez les carnassiers , une saillie moyenne, plus forte que chez les rongeurs. La

seconde tlifFérence se voit déjà, à rextérieiir, au grand développement du pouce.

Les phoques se distinguent, d'une manière remarquable , des autres mammifères par le volume proportionnel de leurs métacarpiens : en elFel, le volume de ces os diminue considérablement, et sans interruption, du premier au cinquième.

L'extrémité postérieure du cinquième métacarpien offre un très-fort prolongement en dehors, parmi les rongeurs, surtout chez les écureuils , les marynotes , les porcs-épics , les lièvres ^ et, parmi les carnassiers, chez les ours.

Les chauve-souris se, distinguent principalement par la longueur extraordinaire de leurs quatre métacarpiens externes , qui sont trèsfrêles : c'est là surtout la cause de la longueur considérable de leur main. Ces os se rétrécissent fortement de haut en bas , et se terminent par un renflement médiocre. Le cinquième est le plus gros et aplati. Les surfaces articulaires postérieures sont fort convexes , trcs-aplaties iatéralementj les antérieures sont des têtes rondes et.sans division. Le premier présente le volume ordinaire.

Chez V'ornithocéphale de Sœmmerring (i)

(i) Ueber einen Ornithocephalus , Deiikschr. der Munchner Académie. i8iï-i8i2, p. 89.

d'aNATOMIE COMPA«i:E. io5

et le ptérodacty le de Cuvier (i) , il n'y a , au contraire, qii'imseul métacarpien, qui présente une longueur et une grosseur énormes ; il n'est pas encore déterminé; je le considère comme le deuxième. Les autres sont très-courts , comme les doigts qu'ils supportent.

11 y a généralement similitude entre les nié- ■ tacarpiens des quadrumanes et de l'homme et ceux des carnivores : la seule différence consiste dans la disparition, pour ainsi dire complète, de la saillie inférieure et antérieure existant sur la tête antérieure, et dans la profonde excavation creusée de haut en bas sur la surface articulaire postérieure ; disposition particulièrement notable chez l'homme. Il est digne de remarque que le second métacarpien des loris est incomparablement le plus petit , et que le premier est aussi graïld et même plus grand que le troisième.

c. Doigts.

Les os des doigts sont dans le rapport le plus intime avec le genre de vie des mammifères : ils olTrent, par conséquent, des différences bien

( I ) Sur quelques quadrupèdes ovipares fossiles . Annal, du muséum d'hist. nat. XIII, 4^1 •

plus frappantes que les os des autres divisions du membre antérieur.

Les doigts sont , en général , allongés , concaves en arrière, convexes en avant ; les quatre doigts les plus externes sont formés de trois phalanges , le pouce de deux ; ces phalanges s'articulent mobilement, en avant et en arrière, entre elles et avec le métacarpe. Les variations de formes les plus nombreuses et les plus considérables sont offertes parla phalange unguéale, dont la conformation est appropriée, de la manière la plus exacte, avec le mode d'existence de l'être. Le nombre des phalanges qui composent an doigt ne s'élève pas au-dessus de cinq, mais il se réduit quelquefois jusqu'à l'unité.

M, Cuvier établit , il est vrai , que le moindre nombre des phalanges est de trois : il cite pour exemple les. solipèdes (i)- mais les os qu'il considère comme des rudimens de doigts appartiennent au métacarpe , et il n'y a plus , outre ces vestiges, d'autre trace de doigt. Lorsque des doigts manquent, en tout ou en partie, c'est d'abord le pouce qui se dégrade ou disparaît, puis le cinquième doigt, ou tous deux à la fois, ensuite le quatrième , enfin le second j le doigt médian, qui est situé le plus immédiatement dans la direction des os de l'avant-bras, est par conséquent aussi le plus constant; il est

(i) Leçons I , p. 5og.

d'anatomie comparée. io5

. galemeul le plus long dans la plupart des cas.

La longueur proportionnelle des phalanges varie considérablement , mais la troisième est généralement la plus longue , la moyenne la plus courte, et chaque phalange, en général, est plus courte quel'os métacarpien correspondant.

Les cétacés vrais font une exception , remarquable sous tous les rapports , aux conditions générales qui viennent d'être indiquées : leur main est très-allongée, et se compose , ians la plupart des espèces , de cinq doigts , armi lesquels le pouce a , chez les baleines , Jeux phalanges, comme à l'ordinaire. Chez les dauphins, du moins dans quelques espèces, le pouce ne paraît être formé que d'une phalange. Le nombre des phalanges est considérablement augmenté dans les autres doigts. Le doigt médian du dauphin ordinaire m'en présente cinq ; le second et le quatrième m'en offrent chacun quatre. M. Cuvier (i) en figure neuf dans le second doigt du dauphin et cinq dans le troisième. J'ai vu, au muséum de Paris, une nageoire de dauphin incomplète , provenant de je ne sais quelle espèce, présenter au deuxième doigt onze phalanges, au troisième huit , qui diminuent insensiblement de volume; le pouce était composé de trois phalanges, les deux derniers doigts seulement de deux. Chez la ba-

(i; Ossem.foss. , V, i, pl. a5.

leine à bec, le second et le troisième doigts oui chacun sept phalanges; chez la baleine franche , le second et le troisième en ont quatre , celui du milieu cinq (i).

Les phalanges sont , surtout chez les dauphins, très-plates, larges et courtes j elles sont plus allongées chez les baleines et unies presque immobilement entre elles par de la substance fibro-cartilagineuse.

Chez les cétacés fauoc , la conformation se rapproche davantage de la disposition commune; les doigts sont courts; les phalanges , au nombre de trois pour chaque doigt, sont plus longues et plus allongées. Le pouce manque. D'après M. Home, le lamantin n'en aurait que deux dans le second et le troisième doigts , et un seul dans le cinquième ; le dugong en aurait deux dans le troisième et le quatrième , et une seule phalange dans les autres doigts (2) ; mais M. Cuvier (5) admet la première disposition .

Les solipèdes n'ont qu'un doigt, forme de trois phalanges courtes, aplaties et m unies de surfaces articulaires plates . La première est la plus longue, la seconde la plus courte; celle-là est allongée, celle-ci a la forme d'un carré équilatéral. La se-

(1) Cuvier, Zoc. cit., pl. a6.

(2) Philos, tr., 182 r , pl. 20 et 27. (5) Ossem. foss. , V, pl. 19 et 30.

d'anatomie comparée. 107 •

coude est un peuplas large que Ja première. La ï troisième est encore bien plus large; sa face antérieure , oblique , et sa face inférieure , qui est horizontale, se rencontrent, sous un angle aigu , • dans le bord antérieur, qui est semi-lunaire. Ces deux faces réunies se terminent, de chaque eoté, à leur extrémité postérieure , par une apophyse longue et étroite.

Chez les ruminans , il y a toujours deux doigts parfaits ou principaux, qui sont courts, et très-fréquemment deux doigts accessoires, situés en arrière des premiers; ils sont toujours plus courts que ceux-ci et ont souvent une conformation extrêmement imparfaite. Tous sont plus allongés et plus étroits que chez les solipèdes . >

Les doigts principaux des ruminans sont formés constamment de trois phalanges. Les chameaux font encore en ceci le passage aux solipèdes par la largeur plus considérable et l'aplatissement de leurs phalanges. En outre, le . bord latéral de la petite moitié antérieure de la première , et celui des majeures parties anté- : rieure et postérieure de la seconde , se prolon- ; gent sous la forme de fortes apophyses, semblai bles à des ailes, qui augmentent considérableli ment la largeur des phalanges. Les phalanges Il unguéales de ces animaux ressemblent surtout \i à celles des solipèdes; quoique plus petites que l< celles de ces derniers et des autres ruminans ,

TJIAITÉ GÉNÉRAL

elles ont des bords également disposés et sont symétriques. Allongées chez le dromadaire, elles onVenl, chez \q chameau proprement dit| autant de largeur que de longueur. Les lamas conduisent insensiblement aux r«m/;2«72.9; leur phalange unguéale,qui est encore symétrique, est plus grande, plus élevée et comprimée latéralement.

Les phalanges des autres ruminans sont plus courtes- la seconde et la troisième sont étroites d'un côté à l'autre, surtout chez les cerfs , les antilopes et les moutons. La phalange unguéale est plus longue, plus haute , plus pointue, convexe en dehors, plane ou concave en dedans et en bas. Le bord supérieur se termine postérieurement par une éminence arrondie plus ou moins saillante.

Les doigts accessoires offrent des gradations très-différentes.

ho.?, chameaux n'en ont aucune trace ni à l'extérieur ni à l'intérieur.

Les jnoutons, qui en sont également dépourvus, ne possèdent que la partie cornée qui recouvre communément la phalange unguéale j elle est remplie de graisse au lieu de phalanges osseuses, comme on voit aussi quelquefois, chez l'hom me et les animaux, des fractions plus ou moins grandes de membres surnuméraires n'être composées que de peau et de graisse.

Après les moutons semblent venir les bœufs,

d'anatomie compauke. 109

qui n'ont que les deux phalanges antérieures.

Chez les cer/i', ces doigts sont forme's, comme de coutume, ôe trois phalanges : il existe alors, chez plusieurs d'entre eux, un os métacarpien pins ou moins parfait, dont les principales différences ont déjà été signalées (i). Lorsque cet os manque , les phalanges sont beaucoup plus courtes et proportionnellement plus larg-es; quelquefois la première, qui est surtout Courte et étroite, n'a pas, comme de coutume, la forme d'un carré long, mais elle est triangulaire, et se termine en haut par une pointe mousse. On peut dire , par conséquent , qu'abstraction faite de la longueur, elle a la même forme que l'os métacarpien accessoire dans les espèces qui eu sont pourvues. Les cerfs se distinguent , de cette manière, très-manifestement des chevreuils.

Parmi les pachydermes , on trouve deux doigts parfaits chez Vanoplothérium , trois chez le paléothérium et le rhinocéros^ quatre chez le tapir, les porcs, Vhippopotame et le daman, et cinq enfin chez V éléphant.

Le daman forme , d'une manière très -remarquable , le passage des autres pachydermes , pourvus de quatre doigts, à l'éléphant. Il porte en effet, sur le premier métacarpien ,

(i; Voy. p. 95 et 94.

IIO TRAITÉ GÉNÉRAL

line première phalange, seule, très-petite, qui Ji'a pas été aperçue par M. Cuvier (i).

Chez plusieurs des autres il existe, à la vérité, des rudimens d'autres doigts; mais ils font partie du métacarpe, puisqu'ils consistent constamment en une seule pièce osseuse (2).

Le paléothérium ressemble aussi beaucoup aux solipèdes par la conformation des doigts; toutes ses phalanges sont encore bien plus courtes et plus larges : cette largeur est telle , que dans toutes , surtout dans la seconde , la dimension transversale l'emporte de beaucoup sur la longueur. Le bord antérieur de la phalange unguéale est fortement dentelé. Toutes les phalanges unguéales sont symétriques.

Les phalanges de Y anoplothérium sont beaucoup plus allongées, plus étroites, absolument semblables à celles des ruminans.

A V anoplothérium se rattachent les porcs, dont les doigts s'accordent aussi beaucoup avec ceux des ruminans.

Ces os sont moins longs et moins allongés chez le tapir que chez le porc; après lui vient le daman, puis l'hippopotame, ensuite le rhinocéros et l'éléphant. Chez le rhinocéros, tou-

(1) Annal du Muséum, t. III, p. 180. — Osserti. /oss.,n, I, p. i55.

(2) Voy. ci-dessus , pages 96 et 97.

d'aNATOMIE COMPAIUCIÎ. 111

les les phalanges du doigt médian, aiusi que la seconde etla troisième des deux doigts latéraux, ont plus de largeur que de longueur. C'est chez le paléothérium qu'elles sont le plus courtes et le plus larges. Les deux phalanges antérieures de Véléphant et de Vhippopoîanie ont également beaucoup plus de larg- ur que de longueur.

Les surfaces articulaires sont toujours peu prononcées.

Le volume proportionnel et la. forme des phalanges varie considérablement.

Dans le porc, la première est la plus grande, la seconde la plus petite ; l'unguéale est triangulaire et comprimée latéralement. Les deux doigts du milieu sont beaucoup plus grands , surtout plus gros que les doigts latéraux ; ils sont loin de descendre aussi bas que ceux-ci, ce qui lient principalement à la brièveté des os métacarpiens.

Chez le tapir, la première et la seconde phalanges ont le même volume ; celle du milieu n'est guère plus petite. Les phalanges unguéalessont moins comprimées, mais encore pointues; celle du second doigt ( le médian ) est symétrique; celle du premier doigt est tronquée à son côté externe , celles du troisième et du quatrième au côté interne.

Chez les autres, les phalanges deviennentplus courtes de la première à la troisième. L'unguéale

112 TRAITÉ G15:nÉRAL

du doigt médian est symétrique; les autres sont tronquées comme chez le ï«;7/r. Chezle r////2oceros et le paléothérium, la phalange antérieure, ou unguéale, est plus large que les autres ; ce qui est une analogie avec les chevaux. Elle estbeaucoup plus étroite déjà chez le daman, plus encore chezV hippopotame , et au summum d'étroitesse chez Véléphant; elle a une forme carrée dans le premier, triangulaire dans les deux derniers, où elle se termine en avant par une pointe mousse. La phalange unguéale ayant été'perdue, à cause de sa petitesse, lors de la préparation des squelettes, Perrault (i) et Daubenlon (2) crurent qu'elle manquait naturellement.

Les monotrèmes ont cinq doigts parfaits. Dans tous ces doigts, la première et ki seconde phalanges sont courtes et grosses ; l'antérieure est plus longue et plus allongée que les autres. Les deux premières sont surtout très-courtes dans Véchidné , où la première est beaucoup plus large que longue: elleest aussi ici beaucoup plus courte que la seconde ; chez Vornithorhynque, elle est, au contraire , un peu plus longue. Dans l'un et l'autre genre, le pouce est le doigt le plus étroit et le plus allongé.

Les édentés offrent des dispositions fort di-

(r) Mém. pour servir il l'hist. des animaux, III, p. i55.

(2) Buffon , Hist. nat. , XT, p. i55.

d'anatomie comparée. ii5

gues d'iUleution. On remarque chez ces animaux : 1° que le doigt médian est surtout disposé à augmenter en largeur et en grosseur,

particularité que nous avons déjà fait remarquer, en parlant des os métacarpiens ; 2° que les phalanges qui sesuccèdent tendent à se souder entre oiles, ou avec les os métacarpiens, Les phalanges unguéales sont généralement les plus grandes ; chez quelques-uns elles sont fortement recourbées. L'exemple le plus remarquable de ce^ trois conditions se rencontre chez le fourmilier didactjle, qui n'a que deux doigts parfaits, le second et le troisième j le dernier présente , dans t(uites les directions , un excès considérable de développement qui porte principalement sur la largeur et sur la grosseur. La phalange unguéale est surtout très-longue , très-recourbée , terminée en avant par une pointe aiguë j la surface articulaire en est fort profonde. La seconde et la troisième phalanges du troisième doigt semblent être soudées , du moins je ne trouve que deux phalanges à ce doigt; le quatrième n'a qu'une phalange courte, triangulaire et comprimée latéralement. 11 n'existe du pouce et du cinquième doigt que les os métacarpiens correspondans.

l^Q fourmilier à quatre doigts et le tamanoir ont quatre doigts parfaits, et un imparfait, le cmquicme , qui n'est formé que d'une phalange; ce qui est digne de remarque, parce que le

1 l4 tKAITÉ GÉNÉRAL

quatrième doigt du fourmilier didactjle- est disposé exactement de la même raanicre. Le second et le troisième doigts sont les plus longs; le quatrième est un peu plus court. Le troisième l'emporte de beaucoup en grosseur, surtout dans sa première phalange. CJiez le tamanoir ^ il a beaucoup plus de largeur que de longueur : on trouve dans cette es|ièce, et surtout à la phalange unguéale du doigt médian, en arrière et de chaque côté , un demi-canal profond dirigé de la face inférieure en haut, et destiné à recevoir l'ongle. Chez le fourmilier tétradactjle ^ il n'existe qu'une trace de ce demi-canal.

Chez les pangolins et les tatous, le doigt médian est surtout très-développé ; cette conformation se rapproche du type des fourmiliers ; il est très-large et gros. Les premières phalanges sont, en général, courtes et larges, surtout chez les pangolins . Les surfaces articulaires sont partout fort concaves ou convexes. Le troisième et le quatrième doigts sont, chez les pangolins, un peu plus courts et plus étroits ; le pouce et le cinquième doigt , qui sont tous deux parfaits, sont encore plus grêles. Chez le tatou noir^ le second doigt est le plus long , le troisième est le plus gros, le pouce est grêle; le quatrième a plus de grosseur, mais la même longueur ; le cinquième manque. Dans d'autres espèces, par exemple le tatou géant, le pouce et le second doigt sont grêles, les autres sont

i/anatomib compajrjêb. 1i5

larges et épais; le quatrième est très-court, le cinquième l'est encore davantage. Deux phalanges du doigt médian et du quatrième doigt sont soudées, comnre chezle Jburmilîer didactjle [\).

Les phalanges unguéales ne sont pas trèsfortement recourbées ni dans l'un ni dans l'autre : c'est dans les pangolins qu'elles le sont le moins; mais , en revanche, elles ont une longueur et une largeur considérables ; elles l'emportent, en général , beaucoup sur les autres. Chez les pangolins , les phalanges unguéales des trois doigts du milieu se terminent, en avant , par deux pointes latérales profondément séparées ; chez les tatous , au contraire, elles sont terminées par une pointe moiisse , et supportent en arrière, surtout les externes, des gaines unguéales latérales , plus fortes ou plus faibles, qui sont tournées en haut.

* h'orjctérope du Cap n'a que quatre doigts allongés , qui diffèrent peu sous le rapport de la grosseur; le pouce manque tout-à-fait. La première phalange est la plus longue ; la seconde est la plus courte, et de beaucoup. Le doigt médian est un peu plus long que. le second; le quatrième est considérablement plus court, le cinquième l'est encore bien plus. Les surfaces articulaires sont moins prononcées que

(i) Cuvier, Ossem.foss. , V, i,pl. xi.

ïv. 8.

Il6 ^ TRAlTji GÉNÉRAL

chez les animaux précédons : les phalanges un- £];uéales sont droites, hautes, en forme de tuile, et terminées par une pointe mousse.

,L'«î n'a que trois doigts visibles; Vunau en a seulement deux; la première phalange de ces doigts est très-courte et carrée. Chez Vaï elle se soude avec l'os métacarpien plus tôt que chez Vunau. Les deux phalanges antérieures sont , au contraire, très-allongées ; les phalanges unguéales de l'aï, courbes et comprimées, sont beaucoup plus longues que cliçz Vunau; les poulies articulaires sont très-profondes et étroites.

Le mégathérium a trois doigts visibles, et un caché sous la peau ; le cinquième lui manque très-vraisemblablement. Le pouce, comme les deux premiers doigts des autres paresseux, est formé de deux phalanges très-courtes; ses trois autres doigts ont chacun trois phalanges, dont l'unguéale l'emporte beaucoup sur les deux premières, et se distingue surtout par le développement énorme de la gaîne unguéale , qui est fermée dans tout son pourtour, et qui s'étend jusqu'à l'extrémité antérieure de la phalange.

A compter des rongeurs, les phalanges sont généralementbeaucoup plus allongées que dans la plupart des animaux qui viennent d'être décrits jusqu'ici ; elles sont, comme chez ceux-ci, pourvues de surfaces articulaires peu élevées.

D'aNATOMIE COMPARflilE.

Les auiinaux qui vont suivre oui aussi trèsgénéralement cinq doigts parfaits , quoique ]e pouce soit souvent très-court.

Les marmotes et les hjènes fout excepliou à cette règle : il leur manque toute trace de pouce; Vhjène a seulement l'os métacarpien du pouce ; mais il est très-petit.

Le pouce existe chez quelques-uns, mais il n'a qu'une phalange.

La marmote et le cabiai ^ parmi les rongeurs, sout placés dans cette catégorie par M. Cuvier ( i). Le cochon d'Inde possède, en effet, un os plat et arrondi , très-pelit , situé tout contre la surface articulaire du second métacarpien, qui est beaucoup plus long; je serais tenté de le prendre pour le premier métacarpien , s'il n'était attaché , par son extrémité postérieure, à un autre os plus petit, qui, comme il existe outre cela cinq os dans la rangée antérieure des os carpiens, est évidemment le premier os du métacarpe.

Comme M. Cuvier (2) n'attribue qu'un os au pouce, il faut que l'autre lui ait échappé.

Chez la marmote , au contraire, il manque toute trace de phalange du pouce, et les parties prises pour des os du pouce,parM. Cuvier, sont

(1) Loc. cit., p. 3i2.

(2) Leçons, I, 5o5 , 5i2.

Il8 TRAITli GÉNÉRAL

tout autre chose, comme le démontre suffisamment la disposition du hamster (i).

Chez le simia Beelzebut Bmssoîi ^ vraisemblablement aussi chez les autres atèles, le pouce n'a qu'une phalange extrêmement petite et allongée, comme je m'en suis convaincu par la dissection d'un sujet frais. Elle n'a , dans cet animal, qui était long de plus de trois pieds du museau au bout de la queue , qu'une ligne de longueur et de largeur ; elle est située un peu en arrière de l'extrémité antérieure du premier os du métacarpe, sur son bord inférieur, et est tournée vers la paume de la main.

Daubenton (2) déjà avait fait la même remarque pour le coaïta. Mais ce sont là des exceptions rares.

Chez les rongeurs et les carnassiers , c'est ordinairement la phalange unguéale qui est la plus longue, et chez les quadrumanes et Vhomme, c'est la première phalange. La seconde de la plupart des carnassiers et des ro/zg^iir est la plus courte ; chez les quadrumanes et Vhomme, c'est la troisième. Dans quelques chauve-souris^ la seconde phalange l'emporte considérablement sur les autres; dans d'autres , particulièrement la chauve - souris

(j) V^oy. plus haut, page 79.

(a) Buffon, Hist. nat., XV, p. 55.

d'anatomib comparée. -119

ordÙHiii'e et Voreillard , on observe la raênie disposition que dans les quadrumanes.

Ordinairement les os métacarpiens sont plus longs que chaque phalange en particulier : cependant , chez les loris , la première et la seconde phalanges sont plus longues, et chez les makis, l'os raclacarpicn ci la première phalange ont hi même longueur. Les phalanges postérieures des quadrumanes et de l'homme sont surtout plus larges et plus plates que les os du métacarpe.

Les dispositions les plus remarquables sont offertes par les chawe-souris et Vornithocéphale dans le prolongement considérable de leurs doigts, qui sont , en outre , extrêmement déliés; disposition à laquelle font exception ^ non-seulement le premier , qui est formé d'après le type ordinaire, mais encore le second , ces deux os étant très-généralemeut petits. Chez les roussettes [pteropus) ^ le pouce, qni est ici plus long que de coutume , est même considérablement plus long que le second doigt. Cet excès dans la longueur dépend de la première phalange , qui est fortement prolongée, au point de dépasser à elle seule l'étendue du second doigt. Dans les phoques et les morses, le pouce est , par exception , le doigt le plus long; mais il est seulement formé de deux phalanges, comme dans les autres animaux.

Chez la plupart des mammifères, qui vien-

^20 TRAlTIi: GÉNÉRAI-

nciil après les rongeurs, comme chez tous ceux qui sont armes d'ongles, la troisième phalange a presque toujours une courbure qui varie dans son degré ; elle est resserrée latéralement, terminée en haut et en bas par un bord iranchanl; ce bord est fort appoint! en avant, cl d'un côté à l'autre , aussi-bien que de haut en bas.

Une lame mince naît des deux côtés de la partie postérieure de cette phalange , et dans toute sa hauteur, comme chez plusieurs cdentês y chez les carnivores^ les ours et les hlaireauac ; cette lame, qui est dirigée en avant, laisse antérieurement, entre elle et le corps de l'os, un petit intervalle dans lequel s'engage l'extrémité postérieure de l'ongle. Cette gaîne ungoéale est surtout forte et large chez les chats; elle est également considérable chez les blaireaux ; plus faible chez les ours, les hyènes, les coatis et les chiens. Les civettes et les rongeurs , par exemple la marmote et le porcépic, n'en ont qu'une faible trace, qui est présentée par une petite saillie simplement latérale , et qui est très-petite surtout chez la marmote.

. Dans les chats , les hy ènes, les chiens, les blaireaux et les coatis^ cette lame est attachée à toute la partie postérieure de l'os : il en résulte que l'enfoncement existant entre elle et le corps de l'os se trouve ici partout fermé. Chez les ours, il y a au contraire.

iVaNATOMIE COiVIPAKÉC. 121

une laciuu! on hanl : elle résuke de ce que les deux moitiés latérales ne s^Viii (jue disposées en forme de pont au-dessus de la base de l'os; ce qui entraîne nalurellemenl une perte de solidité pour la griffe. Ce n'est que dans l'âge avancé que cet intervalle diminue ou s'oblitère quelquefois. Dans le jeune âge, les deux moitiés latérales ne s'atteignent même pas, mais elles sont séparées supérieurement l'une de l'autre de toute la largeur de l'os.

La phalange unguéale des chiens est faible, peu recourbée, non aplatie, et divisée en avant en deux pointes latérales courtes.

- Les troisièmes phalanges existent dans les chauve- souris et Vornithocèphale , mais elles sont très-grêles , allongées et apointies , à l'exception de celle du pouce.

Chez les quadrumanes et Vhornme , les phalanges unguéales sont plus étroites que chez les autres; elles ont plus de largeur d'un côté à l'autre que de hauteur; en haut, elles sont allongées, au milieu un peu étranglées, et en bas, ou en avant , elles s'apointissent en s'arrondissant.

' B. Os des membres postérieurs.

^ Les Os des membres postérieurs sont formés,

122 TRAJTÉ GÉNÉRAL

dans les mammifères, dont il faut excepter les cétacés, de leurs quatre portions principales , comme dans les autres classes.

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