‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 59 sur 83 · Fémur · texte numérisé non relu

Fémur

luefémiiresi toujours un os fort, terminésupé-

phénomène qu'il a caractérisé sous le nom de loides cavités articulaires, et qu'il exprime en ces termes : «Ensuivant, dans les différens âges, le développement des os , oci voit que toujours soitdeux soittrois pièces, ou points osseux, se réunissent et se confondent ensemble pour former une cavité. Telle est la loi générale de formation des cavités articulaires , qu'elles soient vastes et profondes comme les cotyloïdiennes , superficielles et étendues comme les glénoïdales ; qu'elles effleurent à peine la surface articulaire de l'os comme celles du corps de l'atlas et de J'enclume j ou que , placées sur l'extrémité de certains os , comme les phalanges des doigts, elles soient circonscrites dans un très-petit espace : le principe est toujours le même j toujours deux pièces au moins concourent à leur développement. »

Quant à la cavité cotjdoîdienne en particulier, M- Serres admet que dans l'homme , où le fond n'en est complètement ©ssifié qu'à la quinzième ou vingtième année, elle résulte du concours de quatre pièces, et non de trois, comme on l'avait adopté jusqu'ici 5 nombre d'élémens que l'on avait seulement signalé dans la composition de l'os coxal des didelphes , et que M. Serres établit être général, « Cette quatrième pièce, analogue de Vos marsupial, arrondie, occupe tantôt un intervalle laissé en haut de la, cavité pour la réunion des trois pièces ; d'autres fois, élancée hors de cette cavité, elle vient se porter à la partie interne du pubis , au point de jonction des muscles pyramidaux. Chez le cheval et Vdne, elle est plus développée : elle a la forme d'un triangle

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rieiirement par une tête arrondie qui est tournée en dedans; son extrémité inférieure présente une poulie articulaire, concave dans sôn milieu. La tète est supportée par un col, au-dessous duquel se trouvent deux émlneuces, line de chaque côtéj

enchâssé entre le pubis, l'ile'on et l'ischioti. Chez le chat et le lapin, elle est encore plus de'velbppe'e, »

La cavité gléjioïdale n'est pas non plus simple : elle est forme'e de deux ou de trois pièces, suivant que les animaux sont pourvus ou prive's de clavicules. Dans ces derniers, la pièce claviculaire vient former le troisième élément concourant à constituer la cavité' j de'couverte faite par M. Gèoffroy-Saint-Hilaïre , sut^ un jeune poulain, et à l'occasion du travail de M. Serres. Cessant d'être une pièce du premier ordre, et quittant la place qu'elle occupait au sommet et sur les parties late'rales du thorax, elle vient couronner le haut de la cayite' gle'no'idale du scapulum. Cette cavité' est ainsi forme'e chez le cheval: i° da scapulum j 2° du coracoïde, pièce arrondié~ qui en compose le tiers supe'rieurj 5" du claviculaire ^ pièce très-conside'rable , et cbmple'tant le haut de cet os; Sur Vdne : coracoïde rentre' beaucoup plus en avant dans la cavite'j claviculaire beaucoup plus volumineux et plus de'jete' en arrière. Sur le mouton : scapulum et coracoïde concourant seuls à la formation de la cavité'; claviculaire très-petit, stirmontant le sommet du cora'coïdei Chien, renard: à quelques nuances près, même conformation. Le coracoïde du chat s'avatice beaucoup plus que chez les pre'ce'dens sur le scapulum. Sur le phoque : claviculaire à peine sensible; coracoïde tellement rentré qu'il constitue la moitié de la cavité, dont le scapulum forme Pautre. Dans le lapin on trouve les trois pièceson les rencontre également dans lepigeon; \esgrenouilles les présentent toutes trois au même degré de développe- IV. 10.

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l'externe ou le troc/iahtev est communément pins grande et située plus haut que l'Interne

ment. La composition binaire a clé vérifiée par M. Ser- HES sur l7/omme,sur un singe {marikina) et sur le phascolonie. Ce n'est qu'à la deuxième année que le coracoïde s'ossifie dans l'homme ; le scapulum pre'cède de beaucoup. En faisant mace'rer la cavité' gle'noïdale d'un enfant de sept ans , le coracoïde se sépare de la partie supérieure, et le scapulum n'offre .plus qu'une cavité' tronquée .par le haut.

La cavité' articulaire du radius et du cubitus avec l'humérus se développe ainsi qu'il suit : dans l'homme, vers la cinquième anne'e, on trouve dans le cartilage de la tête du radius deux centres d'ossification dans la partie moyenne; l'externe paraît quelques jours avant l'interne ; tous deux forment plus tard une pièce centrale qui envahit tou t le cartilage. Au cubitus, au lieu de simples grains , il y a des pièces plus distinctes : la première est celle qui forme la base même de la cavité, et qui es^tsuper^^osée à la tige même de l'os, lequel, échancré dans cette partie , vient ainsi concourir à son développement. En arrière de cette échancfure, une pièce particulière, très- volumineuse , vient se superposer à l'os ; M. Serres la nomme articulaire , à cause de son usage. Son développement commence, de la septième à la huitième année, par un noyau qui occupe le milieu du cartilage, et qui -s'étend ensuite dans tous les sens. Des rainures établissent souvent à l'état adulte la distinction des trois pièces qui forment l'articulation dans l'enfance.

Chez les animaux , les deux cavités articulaires du radius et du cubitus se réunissent : cette fusion est remarquable dans les pachydermes, salipèdes, ruminans, rongeurs et carnassiers. Dans le chat, lé radius est femonté au niveau de la cavité sygmoïde du cubitus , dans laquelle on aperçoit la suture de la pièce articulaire au-

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ou le trochantin. Le corps du fémur est oïdinaiiement uu peu arqué en avant, concave en

dessus de laquelle est l'apophyse ol^cranienne. Chez le sauvegarde , le radius remonte encore plus haut , mais la pièce articulaire vient former la partie supe'rieure de l'articulation .

Dans tous les animaux , cette cavité' est forrae'e de la re'union de deux ou trois pièces : M. Serres a trouve' la confirmation de ce mode de formation en e'tudiant l'os^ . sification des os du carpe et du métaicarpe, des phalanges . et des doigts. A la fin de la troisièine anne'e , on rencontre, dans la partie moyenne du cartilage qui termine l'extre'mité supe'rieure de chaque doigt , deux points d'ossification, l'un d'un côte', l'auti e de l'autre : ces deux points se re'unissent avec assez de jjromptilude^ cç qui

• donne lieu à une ligne osseuse , allongée transversalement, qui règne dans la moitié' du cartilage. L'ossifica-

: lion se de'veloppe successivement des premières phalaniges aux secondes, et en dernier lieu sur les troisièmes, ; par deux points isple's sur toutes. Quelquefois il y a trois : points d'ossification pour former la cavité articulaire de la première phalange du pouce et sur celle de la seconde

• du gros orteil. Le semi-lunaire offre deux points d'ossi- : fication fort près l'un de l'autre , mais très-isole's; l'ap- ; parition de ces points a lieu de la troisiëm'e à la quatriè- 1 me année. Au scaphoïde , e'galement forme' de deux,

points fort distincts, l'externe est celui qui paraît le •premier j il est plus volumineux que le second, qui ne .•se manifeste que quelques semaines plus tard. Entre ces

• deux points , on en trouve souvent un troisième : ces : trois points d'ossification correspondent aux trois fa- . çettes de la face convexe , et par conse'quent aux trois, ■ cunéiformes. [Serres, Mérh. sur L'os léogénie, couronné I par l'Académie des sciences. ] • . '.

■ { N. cl T. )

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arrière, et, dans la plupart des cas, plus étroit que les deux extrémités j il est prismatique et triangulaire; sa disposition est telle que le plus tranchant des angles est dirigé en arrière, elles deux autres , qui sont plus mousses , en avant et latéralement. Une conséquence de cette dis^ position est que les trois faces se continuent, les unes avec les .autres , par les deux angles latéraux, d'une manière plus insensible que les faces latérales ne se joignent par le premier angle. Son rapport avec les autres os du mê-r me membre offre, ainsi que nous avons déjà eu l'occasion de le voir pour l'humérus, des différences fort considérables. Il est très-généralement l'os le plus gros ; il est plus long que l'humérus, mais plus court que les os de l'a jambe; il est même plus court que le pied , quoiqu'il soit communément plus long que chaque fraction de ce dernier eh particulier.

Les points d'ossification de cet os se développent très-généralement du corps, delà tête, de la pièce inférieure, qui est commune aux deux condyles, du trochaiiter et du trochaiitin.

n est uni avec les os des hanches par une capsule articulaire, communément très-forte, fortifiée à l'intérieur par le ligament rond, qui, du fond de la cavité cotyloïde, s'étend au milieu de la tête, où il s'insère dans un enfoncement particulier. A son extrémité inférieure, il s'articule, très-généralement, par une capsule

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large en avant, étroite en arrière, avec le tibia seulement et avec la rotule. On trouve aussi généralement dans l'intérieur de cette capsule les deux ligaraens croisés et les ligamens semilunaires que nous avons déjà décrits (i) les uns et les autres.

Les cétacés n'ont, comme on sait, ni fémur, ni aucune des portions suivantes du membre ; la description particulière de cet os commence, par conséquent, chez les solipèdes.

Le fémur des solipèdes est court, mais trèsgros ; il n'a pas de col ; la tête est petite et est creusée d'un enfoncement très-grand et profond, destiné au ligament rond, qui est court, mais extrêmement épais. Le trochan tin manque presque en entier ; le trochanter est fort considérable, plus élevé que la tête et partagé en une moitié antérieure et une postérieure. 11 part de la moitié postérieure une crête assez large , qui , un peu au-delà de la partie moyenne de l'os , fait une forte saillie en dehors , puis cesse tout à coup. L'extrémité inférieure est très-grosse j elle est divisée en deux moitiés , dont l'antérieure est une Irochlée étroite, destinée à la rotule, et dont la postérieure et inférieure' offre deux condyles étroits et séparés par une fosse profonde , qui s'articulent avec le tibia.

Le fémur des ruminans et des cochons est

CO Vol. II, p. 467 et 468.

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beaucoup plus long, plus mobile, plus grêle; le irochanter est plus pelit; la saillie externe de la crête, ou ligne âpre, manque.

Chez la plupart des autres pachydermes , le fémur est .plus large et plus semblable à celui du cheval; à l'exception du daman et surtout àeV éléphant, qui ont un fémur grêle et allongé. Cet os est particulièrement digne de remarque chez les rhinocéros ; on trouve toujours à sa partie moyenne une forte saillie externe, ayant sa pointe dirigée en haut; chez le rhinocéros unicorne , elle s'éteud presque jusqu'au trochanter, au moyen d'une apophyse longue et pointue ; le rhinocéros bicorne la présente beaucoup moins développée.

Le ligament rond manque à plusieurs pachydermes , par exemple , aux éléphans , aux rhinocéros et à V hippopotame .

Chez les monotrèmes , le fémur a une longueur moyenne; il est presque droit , un peu concave en ayant, convexe en arrière. Le trochanter et le trochantin, qui n'atteignent pasla tête, ont presque le même volume; ils sont trèslarges et plats; ils se continuent avec deux fortes crêtes ; ce qui rend la partie supérieure de l'os beaitcoup plus large que la partie inférieure. Les extrémités articulaires sont le plus remarquables; la tête est sans enfoncement, parce que le ligament rond manque également, et

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le condyle externe présente, au bas de^sa face externe, une facette encroûtée de cartilage, qui s'articule avec la tête du péroné.

Dans les échidnés , l'os est beaucoup plus large, à cause du développement considérable des crêtes, surtout de l'externe j la crête interne descend en outre jusqu'à l'exirémilé inférieure; l'externe occupe , au contraire , les deux tiers supérieurs de l'os. Chez Vornithorhjnque , les Jeux crêtes ont la même longueur et n'existent que sur la moitié supérieure de l'os. ^

Le fémur des édéntés est en général médiocrement long ; il a une largeur considérable , parce qu'il part du trocbanter une crête, qui règne dans toute la longueur de l'os.

Chez les fourmiliers , les paresseux et le mégathérium, il est surtout aplati, d'une largeur uniforme, et le trocbanter et le trochan-. tin sont peu élevés.

Les tatous ont surtout un trocbanter fort développé ; il se détache du milieu du bord externe une forte apophyse, qui est dirigée eu dehors.

Le ligament rond manque chez les paresseux.

Les rongeurs offrent plusieurs différences.

Chez plusieurs, par exemple V écureuil , la marmote et le castor^ le trochantin est fort développé , ainsi que le trocbanter,' qui déborde la tête articulaire.

Ordinairement ce dernier se continue en

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bas avec une crête plus longue ou plus courte, le plus souvent large , qui s'étend communément jusqu'au milieu de l'os.

Dans le castor cet os est très-large; le trochanter et le trochantin sont développés ; ou trouve, à la partie moyenne de l'os, la saillie mentionnée chez le tatou.

Chez lé mannet ( helamys cafer)., le trochanter est énorme; il dépasse de beaucoup la tête , qui n'a pas d'enfoncement pour le ligament rond.

Le phascolome , parmi les marsupiaux , a un fémur d'une grosseur considérable ; le trochanter est plus petit que la tête ; chez les kangurous , au contraire , il est plus grand , plus allongé et plus élevé, surtout chez le kangurou rat et le kangurou élégant. La surface articulaire inférieure est large ; la fosse qui la divise n'est pas très-profonde. L'enfoncement destiné au ligament rond manque au kangurou géant.

Les rtïammiferes amphibies ^ parmi les carnivores^ ont le fémur très-court, plus court que tout autre mammifère ; il est en outre trèsplat et large, surtout à ses extrémités supérieure et inférieure. Le trochantin manque entièrement; le trochanter est, au contraire , trèshaut et très-large , principalement chez les phoques.

Le fémur des quadrumanes et de Vhomme pst considérable, et le trochantin est fort déve-

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loppé. Le trochaQler aussi est fort, mais il ne s'élève guère ou pas du tout au-dessus de la tête. Le col du fémur est très-long, principalement chez Vhomme. Chez les carnassiers et les quadrumanes , le trochanter est fort concave à sa face interne , plus que chez Vhomme; il est surtout long et large dans la taupe.

L'enfoncement destiné au ligament rond manque chez quelques singes , principalement le pongo , Vorang-outang , le chimpansé , et aussi vraisemblablement chez les gibbons.

Dans les chéiroptères, la face ordinairement antérieure est tournée en arrière, et l'extrémité inférieure est dirigée en dehors. Cette disposition est sans doute liée à l'extension plus considérable de la membrane du vol. La tête est très-développée ; et se trouve , relativement au corps , dans la même direction entre le trochanter et le trochantin, qui sont d'égale hau-^ teur. Tous l'os est grêle et presque droit.

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