‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 66 sur 83 · IV · texte numérisé non relu

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pilai a une étendue modérée; il est peu élevé el large chez les marmotes , le plus souvent quadrilatère et arrondi chez les autres; chez les lièvres , il offre en haut, comme dans les monotrèmes , un prolongement étroit.

La forme de la partie squameuse de l'occipital offre une singularité remarquable chez l'alaclaga ( dipus jaculus ) et le gerboa ( d. sagitta ). Elle se termine supérieurement par deux apophyses quadrilatères considérables, qui embrassent l'os interpariétal , situé en avant et au-dessus d'elle; ces apophyses, tout à coup plus étroites , se portent en dehors pardessus le tympan, et s'unissent sur celui-ci avec une branche semblable, qui estleprolongement de la partie postérieure de la portion écailieuse du temporal.

Cette particularité provient du grand développement de l'apophyse mastoïde et du tympan. 11 est du reste fort digne d'attention que, nonobstant la modification de la forme des os, la loi des connexions ait été suivie avec la plus grande exactitude , tandis qu'au premier abord on aurait du s'attendre à ce que les os communément unis eussent été séparés par l'interposition de la portion mastoïdienne. 11 est remarquable que le mannet (helamjs cafer) n'offre aucune trace de cette disposition : elle a été empêchée, sans doute, par le développement encore plus considérable du tympan.

D'ANATOMIE CÔMPAlu'iE. 2l3

Les (inimaujc à bourse s'accordent , dans les conditions essentielles , avec les rongeurs, principalement par la disposition plane et verticale de la portion squameuse de l'occipital.

Dans les kangurous , l'apophyse mastoïde est , en proporticm , aussi longue que dans les cochons; chez les autres, elle est courte. Le troH occipital est arrondi j les condjles sont un peu plus arrondis que chez les rongeurs.

Les carnivores varient considérablementi Chez les carnivores amphibies, la partie squameuse de l'occipital est grande , large , a la forme d'un triangle obtusangle ; elle est un peu convexe, et présente, au milieu, un relief plus ou moins considérable , surtout chez les morses. Le corps de l'os a une largeur extraordinaire, spécialement chez les /^Ao^wej; il j est plus large et plus mince que chez tout autre mammifère. 11 présente, sans doute par suite, de cette circonstance, très-généralement chez le phoque, mais jamais chez le morse, une ouverture centrale, arrondie, considérable, qui fait souvent un tiers de sa largeur et se trouve ordinairement le plus rapprochée de son extrémité postérieure. J'ai trouvé cette ouverture dans les espèces : phoca vitulina , groenlandica , hispidaatcristata; mais non dans les espèces barbata, ursina et mitrala , bien que le corps de leur occipital soit d'une largeur considérable. C'est chez les/^A. vitulina ei-his'pida qu elle es6

toujours lapins grande, et chez le phoca cristata elle est aussi conslamment la plus petite j le ph. groenlanclica leur est Intermédiaire sous ce rapport. Elle est, eu outre, arrondie chez le ph. vitulina et hispida; dans le ph. groenlandica., elle est, au contraire, plus allongée et étroite.

Indépendamment de cette ouverture moyenne et unique , qui rappelle celles qui existent constamment chez les hélamjs et quelquefois chez les cétacés , je trouve, sur quatre crânes de ph. vitulina et sur trois crânes de ph. crisiata , en outre une autre, arrondie , plus considérable, de chaque côté, en dehors et au-devant de la partie supérieure du condyle. Le phoca groenlandica la présente quelquefois^ les autres n'en ont aucune trace. Cette ouverture a exactement les mêmes forme, position et étendue , que celle dont il a été fait mention chez V ornithorhynque . Chez le phoca cristata, ces ouvertures ne sont également que très-petites.

J'ai trouvé plusieurs fois , chez le phoca groenlandica , en haut , dans la partie squameuse de Toccipital, de petites lacunes, résultat de non-ossification.

Les condyles sont larges , très^voisins do la direction transversale ; ils se rencontrent presque dans la ligne médiane , au moyen d'un prolongement antérieur , étroit. Les apophyses articulaires , qui sont constamment plus abaissées elles-mêmes qiïfe les apophyses mas-

D'aNATOMIB comparée. '215

toïdes niauquent ou sont très-petites j dc'S^rte que le temporal descend plus bas que les apophyses mastoïdes. Le trou occipital est arrondî daus les morj-ei"; dans les /?Ao^we^, surtout le ph. groen/andica, il est très-large et peu prolongé.

Les digitigrades ont un petit occipital , qui n'est pas convexe à sa face postérieure^ il est , au contraire, très-coucave dans sa partie squameuse, principalement chez les chats. L'oeeipital des chats et des hyhnes est pourvu, dans son milieu, d'une crête longitudinale, à la place de laquelle il y a, chez les chiens , ime protubérance arrondie , comme trace de l'émi nence cérébelleuse moyenne; il est dirigé de bas en haut et d'avant eu arrière. Chez les chiens, il y a une partie sincipitale moyenne , longue et étroite, qui s'étend en avant, entre las' os pariétaux, et dans la ligne moyenne, à la face supérieure du crâne. Les surfaces articulaires ressemblent à celles des phoques ,:mai\s elles sont plus droites; les apophyes mastoïdes sont plus longues et plus fortes; elles débordent en bas la portion mastoïdienne du temporal. Le trou occipital a la forme d'un carré dont les côtés sont presque égaux ; le corps est plus étroit, plus gros, jamais perforé. . .

Les genres ursus, mêles, procjon et nasûa, qui sont voisina, ressemblent beaucoup aux précédents sous le rapport de l'occipital. Les ours, surtout l'ours hlanc^ ont une crête longiludi-.

- '-il6 TRA.lTiî GÉNJiRAL

Wtle lyoyeuiK:, très-forte, à la jjlace de laquelle Sifilève,, chez les ratons ( procjon) et hshWireùnx (mêles) , une protubérance semblable à celle des chiens. La crête existe à la partie supérieure chez les coatis {nasuà).

Le hérisson a la portion squameuse de l'occipital très-verticale; mais il se détache de sa portion^supérieure une petite lame, qui fait avec l'os uii angle aigu , et qui est située dans le plaii de la face supérieure du crâne. La surface dj.1 yeste de la portion squameuse est inégale ; on ;y remarque deux forts enfoncemens latéraux et une crêle moyenne ; le trou occipital est très-grand ; il a la forme d'un triangle arrondi.

, , L'occipital , et surtout sa portion squameu- S)ej,(:€st très-^arge dans la taupe. La portion squameuse présente en haut une forte éminence moyenne et deux éminences latérales; elle est très-distinctement séparée des parties articulaires par un enfoncement transversal. Le -trèu occipital est très-étendu et oblong. Les surfaces articulaires, qui descendent presque dans toute la longueur de ce trou , sont longues , mais étroites et peu élevées ; elles ne convergent presque pas.

Xjcs chauve-souris se distinguent de tous les autres mammifères par l'étendue énorme du trou occipital, qui est arrondi cl vertical. La portion squameuse lest peu élevée, très-mince^

d'anatomie comparée. 217

Ion convexe j les condjles sont presque transversaux^ le corps est étroit.

La portion squameuse des quadrumanes est très-considérable ; elle n'est pas fort convexe , si ce n'est dans une très-petite partie de son étendue, qui constitue la partie supérieure et qui est de forme triangulaire j elle est inégale, marquée d'empreintes musculaires^ en bas et au milieu elle offre une protubérance arrondie dans la direction longitudinale , bosse qui correspond à la portion moyenne du cervelet ; il n'y a point d'apophyse mastoïde distincte.

Le trou occipital est petit, arrondi 5 il est beaucoup plus situé à la face inférieure du crâne que dans les animaux précédemment indiqués ; les condyles sont également petits, allongés ; leur face articulaire est convexe et fortement tournée en dehors, surtout chez les babouins; ils ne convergent pas fortement en avant j le corps de l'os est étroit.

Chez V homme enfin, la portion squameuse, qui a la forme d'un triangle arrondi, l'emporte sur toutes les autres parties de l'occipital dans une proportion qui est supérieure à celle de toute autre espèce de mammifère. La partie supérieure a éprouvé en effet une augmentation de volume extraordinaire, telle qu'elle égale la partie inférieure; elle est fort convexe, et offre, en général de faibles empreintes musculaires, à l'exception d'une crête longitudinale inférieure.

L'empreinte cérébelleuse manque; elle est même le plus souvent remplacée par un léger enfoncement.

Une érainence cruciforme partage la face interne en deux enfoncemens : ces cnfoncemens constituent les fosses cérébrales, qui sont à peu près égales. Ce n'est que dans la moitié inférieure de sa branche verticale que cette érainence forme communément une saillie falciforme; dans ses autres parties, elle est au contraire large et concave. Le corps de l'os est petit et épais. L'apophyse masloïde manque à la partie articulaire ; il n'en existe presque point de traces. Le trou occipital est petit et oblong; il est situé presque tout-à-fait horizontalement et à la face inférieure du crâne. Les condjles , qui convergent faiblement , sont allongés; ils correspondent à la moitié antérieure du trou occipital , et ont leurs surfaces, encroûtées de cartilage , presque entièrement tournées en bas : c'est pourquoi l'articulation est beaucoup plus mobile que chez les singes et que chez la plupart des mammifères en général.

b. Portion sphénoïdale.

La portion sphénoïdale des mammifères se

d'anatomib gompakée. 319

divise presque toujours fort distinctement en une moitié postérieure et une antérieure. La première est formée du corps, des grandes ailes et des ailes inférieures : on peut lui donner le nom de sphénoïde postérieur. La seconde moiiié, qui est formée des petites ailes ou ailes antérieures , peut-être appelée sphénoïde antérieur.

La portion sphénoïdale de l'os basilaire des cétacés vrais est large et assez longue , mais mince; les grandes ailes sont très-petites, peu ou point convexes et transversales. La face inférieure en est légèrement concave d'un côté à l'autre. Les apophyses ptérygoïdes inférieures sont longues , élevées, convexes en dehors, concaves en dedans; elles augmentent le développement de la face inférieure de tout l os basilaire , eu se joignant postérieurement à la paroi latérale du corps de cet os. La fraction postérieure de la portion sphénoïdale est plus longue , mais beaucoup plus mince et encore plus convexe de dehors en dedans que l'antérieure , qui s'étend de haut et bas. C'est surtout à sa partie inférieure qu'elle s'incurve fortement eu dedans ; elle s'applique , • laus celle région, de dehors en dedans, et par .^on bord interne, contre l'os palatin, et forme ainsi la partie externe de l'extrémité postérieure de la voûte du palaiis. Dans les baleines., les hjperoodons et les cachalots (^phjseter) ,

2 20 TRAITli GÉNlillAL

elle est unique et simple , comme la partie postérieure ; dans les dauphins en général, elle est , au contraire , divisée en une lame interne et une externe , qui sont fort distantes l'une de l'autre. Chez les cachalots et les hjperoodons, elles semblent se rencontrer toutes deux, sur. la ligne médiane , en arrière des os palatins.

De ces différentes parties, le corps du sphénoïde postérieur se soude de très -bonne heure avec l'occipital , tellement que je ne trouve plus la moindre trace de séparation chez un jeune dauphin commun. Le sphénoïde antérieur en est «éparé ; il est , au contraire, soudé avec le vomcr, l'ethmoïde et le coronal , si bien que les limites de ces os ne peuvent être indiquées. Les ailes inférieures, à ce qu'il paraît , restent séparées chez tous les cétacés , pendant toute la durée de leur vie. J'ai trouvé, en outre, dans l'individu mentionné , que la pièce antérieure était séparée de la postérieure même sur les côtés , 2° et que les ailes postérieures étaient isolées du reste de l'os, sous la forme d'os très-petits j mais dans les autres crânes de cétacés que j'ai eu occasion d'examiner et dont les os sont unis, je n'ai pas pu apercevoir celte séparation.

CheilQS, ruminans et les solipèdes, le sphénoïde postérieur est un peu plus petit que l'antérieur; ses ailes, surtout, sont plus faibles.

D'aNATOMIE comparée. 221

Les ailes inférieures sont longues et étroites (l'un côté à l'autre. Le sphénoïde antérieur supporte, en bas et en avant , de chaque côté , une lame plus large, mais plus courte, dirigée en avant, qui ressemble aussi aux ailes inférieures, et par laquelle il touche, en haut, au coronaljil offre, en outre, au milieu une apophyse arrondie, qui est surtout forte chez les ruminans.

Dans les porcs ^ les grandes ailes sont desprolongemeus à peine sensibles des ailes inférieures , qui sont énormes , larges d'un côté à l'autre et très-étroites d'avant en arrière. Le corps est très-petit. Le sphénoïde postérieur ressemble extraordinairement aux parties articulaires du corps de l'occipital , et cette ressemblance dépend de la longueur des ailes inférieures et de la petitesse des ailes supérieures.

Le sphénoïde des tapirs aune conformation semblable.

Chez le daman , le sphénoïde est beaucoup plus parfait que chez le cochon , par suite du développement beaucoup plus marqué de ses parties latérales. Les apophyses ptérygoïdes sont plus courtes, mais plus larges, et sont formées d'une lame externe, transversale, et d'une interne, dirigée d'avant' eu arrière. Le sphénoïde postérieur est un peu plus volumineux que l'antérieur.

Chez les rhinocéros , il est court d'avant en

arrière ; les ailes supérieures sont petites ; les inférieures courtes, mais élevées.

Ce qui a été dit ci-dessus (i) au sujet de la détermination de la forme s'applique également aux monotrhmes . Le sphénoïde y est, en général, plat, déprimé, large et long. La paroi postérieure du corps de la pièce postérieure fait une saillie forte et verticale dans la cavité du crâne. Les ouvertures destinées au passage des branches du nerf trifacial sont énormes. Les apophyses ptérygoïdes , absolument séparées . sont grandes, situées horizontalement d'avant en arrière, à côté des os palatins; et un peu en arrière de l'extrémité de ces os, elles se recourbent en dehors, sous la forme de crochet.

hesédentés offrentplusieurs particularités. Le sphénoïde postérieur est un peu plus grand que l'antérieur 3 les ailes sont un peu plus volumineuses que chez les animaux considérés jusqu'ici.

Chez quelques-uns , particulièrement le tamanoir et le fourmilier à quatre doigts , mais non celui à deux doigts , les apophyses ptérygoïdes inférieures se rencontrent , à la face palatine , dans la ligne médiane , comme cela a lieu chez quelques cétacés qui offrent généralement, par la conformation de ces pièces osseuses, un rapprochement vers cette réunion; el-

yi) Voy. pages 208 et 209.

d'anàtomie comparée. 225

les se prolongent trcs-consîdérablement en arrière : il en résulte que la voûte palatine s'étend presque jusqu'au trou occipital. Chez le fourmilier à dcuoc doigts , elles se portent aussi fort en arrière , mais ne s'atteignent pas dans la ligue médiane. Elles sont , du reste , oujours très-déprimées. Le corps du sphénoïde postérieur est très-large, surtout chez les -paresseuoc.

Le sphénoïde de la plupart des rongeurs est fort allongé dans son corps ; le postérieur est toujours un peu plus grand que l'antérieur. Les

ailes inférieures du postérieur sont constamment très-grandesj chezplusieurs, comme les hamsters et les cabiais^ elles sont aplaties latéralement ; chez d'autres, comme les hèi'res ^ les gerboises et les hélamys, elles sont très-larges, distinctement partagées en une lame externe et une interne , qui sont séparées par une fosse profonde.

Chez le castor ces lames sont séparées dans toute leur hauteur; la lame interne est prolongée en un long crochet, dirigé en arrière , qui s'unit postérieurement au tympan ; il reste entre elle , le tympan et le corps du sphénoïde , une ouverture considérable, exactement comme chez les oiseaux.

Dans quelques-uns, par exemple les lièvres, la pièce antérieure se prolonge également en bas; elle s'y termine par deux larges lames, qui

ii24 TRAITÉ GÉNÉRAL.

sont. même plus longues et |3lus larges que les ailes inférieures du sphénoïde postérieur, et ne forment d'abord , en haut , qu'une seul»3 lame.

Les grandes ailes ne so.ut pas , dans ce genre , beaucoup plus considérables que les petites ; mais elles sont plus fortes que chez la plupart des rongeurs. Chez le cochon d'Inde, elles sont surtout petites et séparées du corps par une ouverture énorme. Elles sont aussi très-petites dans le hamster.

Les ailes antérieures et les postérieures sont toujours unies par une suture dans toute leur largeur.

Les trous optiques sont confondus eu un seul, chez quelques-uns , comme les lièvres et les hélamjs; ils sont séparés chez la plupart des autres.

animaux à bourse oui, en général, une grande ressemblance aveç les rongeurs. Chez les kangurous , la lame interne de l'aile inférieure , qui est conformée comme dans les lièi^res , se divise inférieurement en deux apophyses plates, plus raprochées l'une de l'autre.

Les trous optiques sont également ici confondus, de manière à ce qu'il n'y en a qu'un.

Chez les carnif^ores, les ailes postérieures du sphénoïde s'éiendent très-fortement dans toutes les directions ; elles montent , par là , plus haut que de coutume, à la face latérale du cj âne, et donnent au sphénoïde postérieur une

D'aNATOMIK comparée. 2 20

prépondérance très-forte sur l'amérieiir, dont le volume absolu est aussi plus petit, du moins si on le compare à celui du même os chez les runiinans , les soUpèdes et le plus grand, nombre. des rongeurs. Les apoplijses ptérygoïdes sont petites, déprimées , triangulaires, dirigées en arrière; chez les chats ^ ce sont des crochets longs et pointus, qui alFecteut la même direction.

Les phoques se distinguent des autres carn^Vorej- particulièrement par l'aplatissement et Jalargeur delapartie moyenne, parle développement restreint des grandes ailes , par le fort développement des ailes antérieures , par la petitesse , l'aplatissement ,1a position horizontale , la direction en avant des ailes inférieures, et, en outre , par l'existence d'une lacune latérale considérable dans la partie postérieure de la région moyenne de la pièce antérieure ; lacune qui sembleprovenir seulement d'un défaut d'ossification.

Chez le hérisson , l'aile inférieure est trèslarge et divisée en deux lames par une fosse profonde ; dans les taupes et les chauvesouris, c'est une lame unique, peu prolongée.

Les quadrumanes OTil beaucoup de ressemblance avec les carnivores, à cela près que i° Je sphénoïde antérieur est plus large d'avant eu arrière , qu'il supporte , à son milieu , une lame verticale considérable, dirigée en bas et

en avant; que 2» les grandes ailes sont beaucoup plus volumineuses; et que S» enfin , les ailes inférieures sont toujours formées de deux lames larges , dont l'interne se recourbe inférieurement eu forme de crochet.

La conformation de Vhomme ressemble à la précédente ; seulement les grandes ailes sont plus plates et plus larges de dehors en dedans; les ailes antérieures sont plus petites , surtout plus étroites d'avant en arrière, et ne touchent ordinairement pas aux grandes ailes, comme cela a lieu chez la plupart des autres animaux, et même encore chez les (quadrumanes.

§. if6.

L'os basilaire offre des différences de développement qui sont relatives au nombre des pièces osseuses, au mode et à l'époque de leur soudure entre elles.

Sous le premier rapport , c'est un des os les plus composés : car la portion occipitale est constituée au mo\nsipar quatre pièces connues; la portion sphénoïdale, par au moins sep/ pièces, savoir, le corps , les ailes postérieures et la lame interne des ailes inférieures pour le sphénoïde postérieur , et les deux ailes antérieures pour le sphénoïde antérieur. La portion occipitale se forme plus tôt que la portion sphénoïdale. Dans l'une et l'autre, les parties

latérales naissent avant les parties moyennes ; dans la première on voit d'abord se former la partie squameuse, puis les parties articulaires; dans la seconde les grandes ailes se montrent les premières , puis les petites ailes , ensuite les lames internes des apophyses ptérjgoïdes, enlîn le corps.

Le nombre des pièces de la partie squameuse de l'occipital est augmenté tardivement, chezquelques animaux, par exemple les chiens, par l'os interpariéial , dont il sera parlé plus loin.

Le nombre des points d'ossification de l'os basilaire offre peut-être encore d'autres différences. Chez Vhomme, la partie squameuse de l'occipital se forme, au moins, de deux pièces situées l'une au-dessus de l'autre, qui sont primitivement divisées, du moins très-fréquemment, en deux moitiés latérales séparées, et auxquelles s'ajoutent quelquefois une ou deux paires d'autres pièces (i). Chez d'autres animaux, au contraire, j'ai trouvé cette partie provenant d'un point d'ossification unique. Le corps du sphénoïde postérieur est constitué, çh^tV homme, par une pièce moyenne et par deux pièces laté-

(0 J.-F. Meckel ùber die Zwickelbeine am menschl.chen Sch^del. Bdtrœge zur vergl. Anat. , vol. î , cah 2, p. 54. (Sur les os wormiens qui se rencontrent sur e crâne de l'homme, dans les Mém. d'anal, cony^ pnree , de V auteur.)

raies, à la place (.lesquelles il ne paraît y avoir tju'une pièce cliez les animaux. La petite aile, chez V homme , se compose également d'une picceexterne et d'une interne plus petite et plus étroite; chez les animaux elle ne m'a présente qu'une seule pièce.

Les pièces qui entrent dans la composition de \ occipital ne se soudent pas partout de la même manière, surtout parce que les parties articulaires ou se confondent dans la ligne médiane, ou son t séparées en bas par le corps, ou en haut par la partie squameuse. Elles ne s'unissent jamais , à ce que je sache , à la fois en haut et en bas dans le même animal. Elles sont , au contraire , isolées supérieurement et inférieurement chez \ homme ^ les quadrumanes^ du moins Xç.'s, singes; chez les carnivores^ notamment dans les genres chien ^ chat^ mustele elphoque; parmi les eJc/z^ej, chez les tatous et les paresseux , et parmi les pachydermes , chez les cochons. Dans beaucoup d'autres animaux, elles sont séparées inférieurement par le corps; mais supérieurement elles se touchent dans une hauteur plus ou moins considérable , sous la partie squameuse. Cette disposition a lieu surtout chez les solipèdes , chez plusieurs ruminans ^ principalement le cerj\ le cerf du Gange, le chevreuil, vraisembiablement dans tout le genre cervus , chez le chamois, les chèvres^ les moutons; parmi les

D'aNATOMIE COMPARKR. 2'J()

rongeurs , chez lés écureuils , les lièvres , les hamsters, les cochons d' Inde ; parmi les pachydermes^ chez V hippopotame -j-p^Ymi les animaux à bourse, au moins chez les sarigues, et très-vraisemblablement aussi chez les kangurous.

Il est beaucoup plus rare de les voir unies inférieurement et séparées supérieurement. Je n'ai jusqu'ici remarqué cette disposition que chez les cétacés, particulièrementles marsouins ( delphis ) et les monodons.

La seconde conformation semble , par conséquent, coïncider avec une largeur ou un aplatissement plus considérable de la région postérieure du crâne , tandis que la première disposition se rencontre avec l'étroitesse de la

même région.

Sur le crâne , long de plus de six pouces , d'un jeune dauphin commun, les pièces articulaires se rencontrent en bas , dans la ligne médiane, par les bords internes de leurs surfaces d'articulation; le corps de l'os ne prend aune part à la formation du condyle.

Celui-ci ne commence qu'à un dqmi-pouce environ au-devant de leur réunion et en avant du milieu du trou occipital -, en arrière il est tin peu embrassé par les parties articulaires. Je trouve une disposition entièrement semblable sur le squelette d'un «arwa/ nouvellement ,iié, et sur le crâne d'un vieux sujet j'en ren-

23o TRAITÉ QÉNÉRAL

coutre encore des traces; il est vraisemblable qu'elle existe généralement.

En haut, les apophyses articulaires sont, au contraire , largement séparées dans tous les deux. Cette disposition se rattache, vraisemblablement, au fort développement transversal de la base du crâne, surtout dii corps du basilaire. Les grandes lacunes qui existent dans la partie inférieure de Poccipital des phoques, de Yornithorhjnque et de Vhélamjs café r , en sont fort vraisemblablement des indices.

Les différences de temps sont de deux espèces : elles sé rapportent ou à la succession ou à la promptitude de la réunion des pièces primitivement séparées.

"Les premières ne sont pas aussi rares qu'on pourrait se l'imaginer.

Ainsi chez V homme, les singes, et au moins chez quelques carnivores , la partie squameuse et les pièces articulaires de l'occipital se réunissent entre elles long- temps avant de se souder au corps; chez les ruminans , les cschons , V hippopotame, peut-êtrechez les pachydermes en général, la fusion entre le corps et les parties articulaires s'opère, au contraire, plus tôt.

Le développement plus considérable de la partie squameuse semble, d'après cela, déterminer la première succession dans la soudure des pièces ; un développement plus faible pa-

D'ANATOflJl.K COMPARÉE. 'ijls

rait , au coulraire , favoriser le second mode.

La portion sphcnoïdale oiFre aussi des dififérences à cet égard.

Aiusi, chezr/iommeel las quadrumanes, les liiiles supérieures et le corps sont encore séparés [pendant un laps de temps considérable, tandis que la lame ptérygoïdienne interne est soudée ^depuis long-temps aux premières; l'inverse a ilieu chez plusieurs carnivores , principalement lies chiens, le morse, chez les ruminans, les cétacés et Y ornithorJLynqUe. Dans la plupart des mammifères, surtout les rongeurs, les ruminaiis et les cochons , les parties latérales des >sphéuoides sont confondues entre elles ou avec lie corps même déjà long-temps avant la naissance.

Les principales portions elles-mêmes de l'os Ibasilaire offrent dç grandes diflérences sous ce irapport.

Chez l'homme , les sphénoïdes antérieur et ipostérieur se soudent ensemble beaucoup plus, nôt qu'avec le corps de l'occipital j chez la pluipai t des autres mammifires , au contraire , ipeut-être chez tous, le sphénoïde postérieur se •confond avec l'occipital bien plus lot qu'avec le sphénoïde antérieur; différence qui tient peut>èire au développement de la^ pièce antérieure ♦lu sphénoïde » qui est fort considérable chez les seconds. Chez le lamantin,]iis sphénoïdes se soudent entre eux ei avec le corps de l'occipiial

plus tôt que celui-ci ne s'unit aux parties articulaires; l'inverse a lieu chez le dugong {i).

11 est fort diOQcile d'expliquer les différences que l'on remarque sous le rapport de la promptitude avec laquelle s'opère la fusion des pièces osseuses; tout ce que l'on peut dire à ce sujet se réduit à ce que certaines pièces qui se soudent promplemeut chez les uns ne se réunissent que forttard, ou peut-êtrejamais, chezd'autres,sans que l'on puisse donner pour cause de celte particularité la place que l'animal occupe dans la série des mammifères. Ainsi les sphénoïdes antérieur et postérieur de la plupart des mammifères restent séparés presque toute la vie , tandis qu'ils se soudent de bonne heure chez Vhomme. Les lames internes des apophyses ptérygoïdes s'unissent très tard chez les animaux précités, quelquefois pas du tout par exemple chez les c<?^(2ce.y et les monotremes ; chez Vhomme^ au contraire, ils sont confondus lomg-temps avant la naissance. ' '

De cetle différence dépend aussi celle dans le nombre des pièces osseuses qui composent l'os basilaire pendant la majeure partie de la vie. Chez Vhomme seul ^ toutes les parties semblent déjà de fort bonne heure se réunir en un- tout unique. Chez la plupart des mammifères, les sphénoïdes antérieur et postérieur

(i) Cuvier, Osseni.foss. V, i,p. 247 et 263..

d'anatomie comparée. 233

restent distincts presque toute la vie. Chez les cétacés et Vornithorhynque, les parties supérieures des sphénoïdes etl'occi pilai se soudent, il est vrai, entre eux; mais il est extrêmement vraisemblable que, du moins, les ailes inférieures, et chez les premiers peut-être aussi les cornets, restent isolées pendant toute la durée de la vie, puisque sur les crânes de sujets vieux, dont les sutures sont du reste entièrement ossifiées, on voit ces mêmes parties encore tout-à-fait libres. Les pièces qui sont destinées en général à se confondre lorsque le développement est régulier se soudent très-communément beaucoup plus tôt chez les autres mammifères que chez Vhomme. Cela résulte de ce qui vient d'être dit sur la fusion latérale des pièces du sphénoïde. Les pièces de l'occipital des animaux se confondent également beaucoup plus tôt que chez rhomme : l'assertion que ces différentes parties restent séparées plus long-temps chez les mammifères que chez l'homme (i) est, par conséquent, en pleine contradiction avec la nature et n'est vraie que poiir les parties que nous avons indiquées. Cette particularité est remarquable en ee que la plupart des mammifères font, aussi sous ce rapport, le passage entre le mode de développement de l'homme et celui des oiseaux.

(i) Car us, loc. cil., p. i6S.

IRAITÉ GÉNÉRAL 2. Temporal.

Le temporaires mammifères se partage aussi en une partie supérieure et une inférieure ; eu d'autres termes, la portion écailleuse ou la portion crâuieiiiie, et le corps ou la portion acoustique. La portion écailleuse est toujours plane, ou convexe à sa face externe, concave à l'interne; elle détache de sa face externe l'apophyse zygomatique, qui se dirige en avant et s'unit trèsgénéralement à l'os jugal en appliquant sur ce dernier son extrémité antérieure. A la racinede celte apophyse on trouve la surface articulaire, qui est encroûtée de cartilage, et destinée à recevoir le condyle delà mâchoire inférieure. La portion acoustique a , dans la plupart des animaux mammifères , la forme d'un triangle arrondi 3 elle fait inférieurement, par la caisse du tympan , une saillie plus ou moins forte audessus de la surface du crâne, et s'ouvre en dehors , en arrière de la surface articulaire, par l'orifice externe du conduit auditif osseux.

Cet os se forme insensiblement de la portion écailleuse , du cercle du tympan , qui se prolonge en dehors pour constituer le conduit auditif, et du rocher, qui forme le reste de la portion acoustique. Ce dernier os se soude plus

d'anatomie comparée. 235

loi avec le cercle du tyiupaa qu'avec la porliou iccailleiise. Il existe , en outre ,. un quatrième (OS, l'os styloïde, qui n'est nullement général, içt qui, peut-être chez l'homme seul, se confond

aussi avec les autres.

Les différences du temporal sont très- :nombreuses; elles sont relatives i° à la part «qu'il prend à la formation de la cavité crâ- ;nieune , 2° aux attaches dos muscles qui vont idu tronc à la tête, 3° à ses usages pour la foncilion de l'audiiion, et 4° pour ceux de la masti- 1 cation. Je ne considérerai ici le temporal que :sous les deux premiers rapports; il sera plus à, ] propos de le considérer sous les deux autres ]points de vue à la section des organes de l'ouïe içt delà digestion.

La portion écailleuse est extraordinairement

• déprimée chez les cétacés.;, elle est, presque

• droite , en général petite , de sorte que l'apophyse zjgomatique, qui est courte, épais- :se, légèrement convexe en dehors et concave ' en dedans , la déborde considérablement en : avant. La portion acoustique est plus grande

• que la portion crânienne, qui est , chez les baleines, un peu plus hatite que chez les autres. La cavité articulaire , allongée , superficielle et

'Çorrcspondanle à loulo la longueur de l'apo-

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