I . Os basilaire
Tu'os basilaire des mammifères peut aussi être partagé en portion occipitale et en portion sphénoïdale : la première est seulement , toute proportion gardée , plus grande , en général , que chez les autres vertébrés , parce que sa partie supérieure, qui représente l'arc , est beaucoup plus étendue et plus convexe. Il en résulte qu'elle perd , par suite de ce développement, sa ressemblance avec les vertèbres, quoiqu'elle y soit encore bien plus marquée que dans les autres os de la tcte.
d'anatomie comparée .
a. Portion occipitale.
La portion occipitale est très-grande ; c'est incomparablement le plus grand os du crâne dans les dauphins , parmi les cétacés. Sa partie squameuse , réunie aux parties articulaires , qui sont aussi proportignuellement très- considérables , est arrondie, assez étendue d'un côté à l'autre et de haut en Las, eu général très-convexe, mais plus ou moins concave dans la ligne médiane , surtout chez le dauphin marsouin [ delphinus delphis). Cette disposition fait qu'elle offre deux renflemens latéraux dans sa moitié supérieure, qui en est la plus grande. A la face interne , une forte saillie falciforme correspond à cet enfoncement; cette saillie s'étend jusqu'à une petite distance de l'extrémité supérieure du trou occipital , et se bifurque inférieurement en deux lignes transversales , moins saillantes, qui se perdent insensiblement en dehors. Le corps de l'os est très- volumineux 3 il est surtout large et extrêmement mince; sa face inférieure est très-concave ; les deux côtés de cette face se prolongent, en outre, dans tôute leurlongueur, en formant deux apophyses latérales étendues, verticales; ce qui donne à cette région la forme d'une fosse large et profonde.
Le trou occipital est situé à l'extrémité inférieure de la face postérieure ; il est grand, arrondi , se terminam en haut par un angle mousse ; les surfaces articulaires qui sont situées à côté du trou, dans toute sa hauteur, sont grandes, plates, larges et très-verticales!
On rencontre souvent, sans que cette disposition soit constante, dans plusieurs régions de cet os, des espaces d'une étendue considérable où l'ossification ne s'est pas opérée. Ces absences d'ossification sont surtout fréquentes à la partie squameuse; mais on en observe quelquefois aussi sur le corps.
Il n'y a point d'apophyses pour les muscles, ou du moins elles sont peu marquées.
La partie squameuse des hjpéroodons et des phjsètres est beaucoup plus verticale et un peu plus étroite. Elle est plus étroite encore chez les baleines, chez lesquelles elle est dirigée très-obliquement de bas en haut et d'arrière en avant. Dans tous , le trou occipital est beaucoup plus petit que chez les dauphins.
Les ruminans et les solipèdes ont un occi pi tal étroit, et en général de peu d'étendue. La partie squameuse se rétrécit insensiblement vers le haut; elle est partagée, à l'extérieur, en une moitié supérieure et une inférieure, dontla dernière est beaucoup plus grande que la première. Ces deux portions se continuent l'une avec l'autre,
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SOUS un augle presque droit : la moitié inférieure forme la paroi postérieure du crâne j la moitié supérieure constitue la partie postérieure et moyenne de la paroi supérieure du crâne. La moitié inférieure est verticale , légèrement concave sur les côtés; elle offre , dans le sens de la ligne médiane , une éminence prononcée à des degrés variables , se prolonge en bas et de chaque côté, et se termine par une apophyse musculaire longue et verticale, qui dépasse inférieurement la surface articulaire ; cette apophyse lient lieu d'apophyse mastoïde. Le corps de l'os est étroit , convexe à sa face inférieure, concave à la supérieure. Les condyles sont volumineux, et formés d'une moitié supérieure , verticale , et (d'une moitié inférieure, horizontale : ces deux 1 portions se rencontrent un peu au-dessus de la iface inférieure du crâne, et sont, en dehors, I très-profondément séparées des apophyses masitoïdes. Le trou occipital est arrondi. Souvent lies condyles se rapprochent , en bas et en iayant , au point de se toucher presque immé- «diatement. Cette disposition est moins pronon- (cée chez les chèvres et les moutons ; elle est nnarquée de la manière la plus évidente chez Ues chameaux , où les condyles ne sont sépairés que par une rainure très-étroite, à peine llarge d'une ligne. Ce fait est digne de remar-
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que, comme indice d'un rapprochement vers l'organisalion des oiseaux.
Parmi les pachydermes , les cochons sont trcs-voisins des ruminans et des solipèdes ; seulement tout l'os , principalement à sa partie squameuse, est plus étroit, plus élevé, plus vertical; il est même dirigé d'avant en arrière et de bas en haut 3 il présente un enfoncement unique , sans crête longitudinale ; il s'élargit de iDas en haut , et est formé uniquement de la partie verticale ; la partie supérieure horizontale manque , ou Lien est employée à la formation de la verticale. Sa face interne est rugueuse : cette circonstance dépend de ce qu'elle est appliquée , en majeure partie, à la face postérieure des pariétaux. Les apophyses mastoïdes sont énormes j elles occupent un tiers de toute la hauteur de l'occipital; le corps est plus étroit et plus gros. Les condyles ressemblent aux précédées ; mais ils sont plus éloignés l'un de l'autre à leur partie inférieure. Le trou occipital est extraordlnairement petit et triangulaire ; il a son sommet dirigé en haut.
Toutes les conditions précitées sont marquées au plus haut degré chez le sanglier du Cap-Vert ( sus œthiopicus ). C'est chez le Gochon-cerf {habirussa) que la partie squameuse offre la concavité la plus profonde.
d'anatomie coivirARKE. 207
Les tapirs ont beaucoup de ressemblance avec les piécédens ; ils en difl'èrent en ce que i la partie squameuse de leur occipital est encore 1 plus concave , surtout chez le tapir d'Amérii que; supérieurement elle se recourbe en avant, let contribue un peu à la formation de la face ; supérieure du crâne. Chez le tapir d' Améritque , la partie squameuse forme une crête (étroite , très-élevée ; chez le tapir des Indes lelle constitue une face beaucoup plus large : • ce dernier a par conséquent plus de ressem- Iblance avec le crâne des cochons. Les apophy- :ses mastoïdes sont plus courtes.
La partie squameuse de l'occipital du daman «est plus large et convexe, un peu dirigée d'aririère en avant et de bas en haut ; elle ne prend (<ju'une très-petite part à la face supérieure du (crâne. Le corps de l'os est plus allongé , plus tétroit, que chez les pachydermes précédensj les iapophjses mastoïdes sont médiocres; les cou- (djles plus plats , moins verticaux ; le trou oc- (çipital est plus grand.
Chez les rhinocéros , la partie squameuse test plus étroite, toujours haute j chez ceux à lune corne, elle monte verticalement de bas en lhaut et d'arrière «n avant; chez le rhinocéros [bicorne, au contraire, tant celui d'Afrique que (Celui d'Asie , elle est située verticalement; et (chez le rhinocéros trichorhinus fossile, elle se
porte, dans une direction toiit-à-falt opposée à la première , et très -obliquement , de bas en haut et d'avant en arrière ; le trou occipital est petit; les condyles sont élevés, transversaux, fortement saillans , très -rapprochés l'un de l'autre inférieurement; le corps olFre, à sa face inférieure, une crête longitudinale.
Chez V hippopotame , la partie squameuse est beaucoup plus large que haute et verticale ; elle est située, on peut dire, tout-à-fait dans laparoi postérieure du crâne, qu'elle constitue. Le trou occipital est deux fois aussi large que long ; les condyles sont situés transversalement et peu saillans; le corps est d'une largeur médiocre ; les apophyses mastoïdes sont courtes.
t)ans les éléphans , la partie squameuse de l'occipital est large , haute , verticale , convexe en général , fortement concave en bas et au milieu ; elle s'étend jusqu'au sommet de la tête. Les condyles sont arrondis ; ils couvvergent peu en avant ; le corps de l'os est étroit, concave à sa face inférieure ; le trou occipital est petit , plus large que haut.
Chez les monotrèmes , la forme de l'occipital , et particulièrement ses limites , ne peuvent pas être indiquées avec précision , à cause de l'ossification hâtive de ses sutii-
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res (1). II. est cependant considérable, surtout large ; la partie squameuse est renflée des deuxcôtés, puis concave, et ensuite pourvue d'une légère crête longitudinale ; le trou occipital est très-étendu et se prolonge en haut dans une petite étendue. Les condyles, peu verticaux, et dans une direction très -rapprochée de ia transversale , sont presque au contact en dedans et en avant ; ils sont considérables. Le corps de l'os a surtout une grande largeur. On observe , en outre , deux lacunes rondes, très-étendues, qui sont situées entre le corps et les parties articulaires , ou peut-être seulement dans celles-ci. Je n'ai pas pu déterminer, par la raison déjà indiquée, si elles appartiennent seulement à l'occipital, ou à la fois au temooral.
L'occipital des édentés est volumineux ; la
(i) La trace de la suture qui unit l'occipital aux os panëtaux et temporaux est parfaitement distincte sur le squelette de Véchidné épineux rapporte en iSaô, par M. Garnot , du port Jackson , et déposé dans la collection de Paris. On voit que l'occipital s' étend à peu près jusqu'au point leplns élevé de la tête de l'animal; que les portions supérieure et inférieure se continuent d'une manière insensible j que l'os occupe environ le tiers de la longueur de la tête; qu'il est limité sur les côtés par les temporaux , qui le dépassent aux extrémités du diamèire transversal; qu'enfin les trous ci-après indiqués appartiennent entièrement à l'occipital.
partie squameuse en est arrondie, large, divisée eu deux moitiés, une supérieure et une inférieure, qui se continuent sous un angle obtus chez les paresseux ^ et chez les autres sous un angle presque droit.
Chez le tatou , la moitié supérieure est beaucoup plus petite que chez les autres. Le corps est irès-large j les condylcs sont plats, larges, arrondis , séparés par un grand intervalle en bas. Le trou occipital est arrondi. Il n'y a point d'apophyse mastoïde.
Les rongeurs offrent plusieurs différences. La partie squameuse est , en général , peu élevée , large , plus ou moins verticale ; elle se recourbe en haut et en avant , seulement dans une très-petite étendue et sous un angle droit : elle forme , par conséquent , la paroi postérieure du crâne. Les lièvres offrent une disposition particulière. La partie squameuse se dirige d'abord en haut et en arrière, et se porte ensuite en avant, sous un angle droit. Sa moitié inférieure est pourvue d'une crête longitudinale déprimée ; la supérieure présente , de chaque côté d'une concavité moyenne, superficielle et très-large , un enfoncement considérable, au-delà duquel on observe, en dehors, une légère éminence , qui se termine en se confondant avec l'apophyse mastoïde. Celte saillie ne donne, le plus souvent, naissance qu'à une apophyse mastoïde médiocre, qui est sur-
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tout très-faible dans les écureuils, et qui ne dépasse que peu ou point les condjles, même chez les autres rongeurs.
Les condjles sont, en général, étroits, allongés, très-rapprochés l'un de l'autre sur la ligne médiane; ils vont presque jusqu'à se confondre dans quelques genres , par exemple chez le câblai ei le castor. Quelques rongeurs, les câblais et les lièvres , ont des condyles presque verticaux dans leur moitié supérieure, qui est la plus grande; chez d'autres, au contraire, ils sont presque transversaux, par exemple le castor, \ écureuil, la marmote et Vhélamjs. Le corps de l'os est , dans la plupart des animaux de cet ordre, aplati et large; sa face inférieure est un peu convexe chez Vécurcull , beaucoup chez les câblais , à peu près plane chez le lièvre; elle est un peu concave chez la marmote, et extraordinairement excavée chez le castor, comme M. Wiedeman (i) déjà en a fait la remarque. Je vois, sur deux têtes à!hélamjs caferque']e possède, une particularité digne de remarque: c'est une ouverture arrondie et considérable , située dans le corps d,e l'os à quelque distance au-devant du trou occipital. L'existence de cette ouverture est vraisemblablement en rapport avec le grand développement de la portion acoustique du temporal. Le trou occi-
(i) Archiv.fûr Zool.,'Qà., I, i,p, 74.