‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 70 sur 83 · Coronal · texte numérisé non relu

Coronal

Le coro^aZ présente, en général, une forme allongée et arrondie ; sa partie supérieure, ou la portion crânienne, est légèrement convexe en avant, concave en arrière et en dedans. La portion orbitairc se continue avec elle , sous un angle plus ou moins ouvert.

Le coronal de chaque côté se forme toujours par un seul point d'ossification , qui , par son accroissement, atteint constamment celui du côté opposé dans la ligne médiane.

La conformation du frontal des cétacés offre des particularités dignes de remarque.

11 est surtout très-grand chez les dauphins,

les cachalots el les hj-peroodons; il y représente line large plaque , obliquement descendante de haut en bas et d'arrière en avant, qui, au-dessous de sa partie moyenne, se recourbe en avant, de telle façon que toute la plaque estexcavée en avant et en haut, et se termine en pointe, llennaît en dehors, au même endroit, une apophyse transverse , ayant la forme d'une pyramide triangulaire tronquée ; cette éminence est l'apophyse zygomatique; plus en dedans existe la portion orbitaire , obliquement dirigée de dehors en dedans et d'arrière en avant, et qui descend verticalement. La partie supérieure de cet os présente, tout à côté de la ligne médiane, un enfoncement considérable, destiné à recevoir les os du nez. Il est plus petit chez les baleines, plus étroit d'avant en arrière et plus large de dedans en dehors. Dans ces animaux il est recouvert çn grande partie par la portion squameuse de l'occipital, et recouvre lui-même la plus grande étendue de la portion postérieure du maxillaire supérieur^ chez les autres, au contraire, il est recouvert par ce dernier os. Il est également étroit d'avant en arrière chez les cétacés faux, et se compose d'une partie postérieure et interne , et d'une antérieure et externe, qui est plus étroite. Celle-ci est située transversalement, et se réfléchit subitement en dehors, par-dessus le maxillaire supérieur, vers

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l'os jugal, mais sans s'artic-iilcr avec lui. L'apophyse zygomatique manque entièrement ou presque entièrement.

La conformation du coronal est semblable chez les ruminans ; mais la portion frontale est plus convexe , la portion orbitaire plus grande et plus concave à sa face externe j l'apophjse zygomatique est plus longue et plus étroite.

Cet os offre, à l'extrémité postérieure de sa face supérieure , chez les ruminans pourvus de cornes ou de bois , un prolongement couoïde d'une longueur variable. Ce prolongement est en général creux, plus long, et renferme une continuation du sinus frontal , chez ceux qui ne changent pas de bois, les antilopes exceptés ; il est, au contraire, sans cavité et ne fournit que la base du bois chez les autres. Il est, dans le dernier cas , ordinairement court et plar. Une exception à cette règle est offerte par le chevreuil des Indes (i) , chez lequel ces prolongemens ont la moitié de la longueur de la tête (2).

La girafe forme le passage des ruminans à cornes à ceux qui sont pourvus de bois ; chez elle la corne , qui n'est d'abord unie au coro-

(1) Allamand dans Buffon. Suppl. , vol. lll , p. 26.

(2) Cuvier. Ossem.foss., IV, pl. v, f. 48.

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liai que par un disque cartilagineux , finit par se souder avec lui(i).

Le frontal des pachydermes est plat , le plus souvent dépourvu d'apophyses considérables ; son diamètre antéro-postérieur est ordinairement plus long que le transversal.

Chez Vhippopotame , il a cependant beaucoup plus de largeur d'un côté à l'autre que de loniiueur d'avant en arrière. La portion fronlaie est excavee , plus petite et moins élevée que la portion orbitaire, qui monte en dehors , en formant un demi-canal dont la convexité est tournée en haut, et qui s'articule, en dehors et en arrière , avec l'apophjse frontale de l'os jugal.

Il est convexe chez tous les rhinocéros à deux cornes. Sa surface est surmontée par des saillies fort prononcées , surtout dans l'âge avancé, et qui dépendent de ce qu'il supporte la corne postérieure : celte disposition est, sans contredit, un rapprochement vers la conformation des ruminans .

Le frontal des monotremes est formé d'une portion orbitaire, qui est petite et verticale, et d'une portion frontale , horizontale j ces portions se joignent à angle droitj il n'y a point

(i) Blumenbach's vergL. Anat., p. 56. — Voy. aussi la note de la page 347 vol. i.

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d'apophyses; à peine y découvre-t-ou une trace de l'apophyse zygoraatique.

Les édentés ont un frontal très-voluinineux, sans apophyse zygomatiquej les portions frontale et orbi taire passent insensiblement l'une dans l'autre, sous un angle obtus. La portion frontale est fort développée.

Le coroual est considérable chez les rongeurs : la portion frontale en est horizontale et très-plate ; la portion orbitaire est verticale et descend de dehors en dedans ; la dernière est peu concave à sa face interne j la portion frontale ue la déborde, en général, que peu ou pas du tout. Chez les lièvres , les portions orbitaires se rencontrent, eu avant , sur la ligne médiane ; les deux coronaux forment ici un canal. La portion frontale se termine en avant et en dehors par deux épines dirigées dans le sens du diamètre antéro-postérieur 3 l'une d'elles est plus longue que l'autre 3 elle déborde considérablement en dehors la portion orbitaire sous la forme d'une lame; cette lame , fortement étranglée à sa base , en avant et en arrière, se termine, à chacune de ces deux extrémités, surtout à la postérieure, par une épine bien marquée.

Le coronal des animaux à bourse est semblable à celui de la plupart des /'o^z^ewr^. 11 n'a ni apophyse zygomatique, ni voûte orbitaire.

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La plupart des carnivores onl la même conformation; mais l'apophyse zjgomatiqne y est fort développée , surtout chez les chats et les ichneiimons ; elle se réunit même à l'apophyse frontale du jugal , et forme avec elle un cercle orbi taire complet. Cette disposition a lieu quelquefois, mais rarement, chez les premiers, comme je le vois sur le crâne d'un jeune felis catus; elle est, au contraire, fréquente, même commune, chez les seconds.

La portion frontale du coronal àQS, quadrumanes est beaucoup plus convexe et plus ver ticale que chez les autres animaux. Elle est cependantencore petite chez les makis; il en résulte une forte saillie transversale , située à l'endroit ou elle se continue avec la portion orbitaire. La dernière est déjà horizontale dans sa moitié supérieure, qui est la plus petite; la moitié inférieure et antérieure est encore verticale d'après le type des mammifères. L'apophyse zygomatique est plus forte etplus large que chez les carnassiers; elle atteint toujours l'os jugal, mais il reste encore constamment un intervalle considérable entre le cercle qui résulte de cette jonction et la grande aile du sphénoïde. Chez \es singes, la portion frontale se recourbe et s'agrandit encore davantage; la saillie observée chez les makis disparait par suite de cela; en même temps la partie verticale de la voûte orbilaire devient considérablement plus peli-

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le, taudis que l'horizontale devient plus grande. L'apophjse zygomaliqne se prolonge considérablement d'avant en arrière, atteint lesphén.oïde et l'os jugal, qui est égaleUient prolongé ; il en résulte que l'orbite est parfaitement fermé à son côté externe. Mais la portion frontale est encoreétroiteetdépriméej elleest aussi fortlongue, et se termine même, chez quelques singes, par une pointe étroite et longue, qui s'interpose entre les pariétaux. Le ^/entoret plus encore les sapajous en offrent des exemples. C'est de cette tendance que semble dépendre la présence d'un os surnuméraire dans la grande fontanelle- circonstance qui est assez fréquente chez ces animaux. J'ai trouvé cet os une fois sur huit crânes de stentor, et trois fois sur vingt et quelques crânes de ^ayt7ayoMj'.

ChezVhomme enfin, le coronal atteint son plus haut degré de développement- sa portion frontaleyprend l'extension la plus grande dans le sens de la hauteur et de la largeur , et présente la convexité la plus prononcée , tandis que la partie verticale de la portion orbitaire disparaît presque tout-à-fait.

Les deux moitiés du coronal restent séparées toujours ou pendant long-temps; mais elles se touchent dans toute leur longueur ,

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