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Maxillaire supérieur

Le maxillaire supérieur àç.?, mammifères se partage aussi , très-généralement , du moins

262 TRAITÉ GÉNÉllAL

pendant la plus grande durée de la vie , en maxillaire supérieur antérieur ou intermaxillaire ^ et en maxillaire supérieur postérieur ou susmaxillaire. Ce dernier est, en général , comme chez les reptiles , beaucoup plus grand que l'intermaxillaire, et mérite, par conséquent, d'être pris en considération le premier, d'autant plus que c'est principalement de lui que dépend la forme de la face.

a. Susmaxillaire.

Le susmaxillaire , ou maxillaire supérieur proprement dit , est formé essentiellement d'une branche supérieure , plus ou moins verticale, et d'une branche interne , horizontale , ou palatale. Il est situé , en général , entre le coronal, le palatin, le nasal, l'unguis, l'intermaxillaire , le. cornet inférieur et le vomer.

Son volume considérable et la dcffradation des

autres os le rendent ici, plus que dans toute autre classe des vertébrés , la partie principale de la face, dont il détermine la forme.

Chez les cétacés , le susmaxillaire est trèsvolumineux et surtout long; sa face supérieure est plane ; il est , dans sa moitié postérieure , large, plat et mince ; en avant il paraît faiblement excavé; en arrière il est légèrement cou-

d'anatomie comparée. 265

vexcj il est beaucoup plus étroit mais pliii^ épais dans sa moitié antérieure , et se termine en avant eu pointe; sa face interne présente un enfoncement longitudinal destiné à recevoir l'os intermaxillaire. 11 existe, au-dessous de ce sillon , dans la moitié postérieure de cette pièce antérieure, un autre sillon plus profond^ ce sillon est un indice d'une lame palatale. Cette description s'applique particulièrement aiix dauphins. Chez les cachalots {phjseter)^ il a une largeur plus égale et sa face supérieure est concave. Dans les hyperoodons ^ la partie externe de son tiers moyen estextraordinaireraent haute et convertie en une plaque verticale ; en arrière elle est de nouveau transversale. Chez les haleines il est plus allongé, plus étroitj sa partie postérieure , proportionnellement plus large , est beaucoup plus courte , convexe à sa face supérieure, concave à l'inférieure. Ses bords sont toujours droits , principalement dans sa partie antérieure.

Il recouvre le coronal presque en entier par sa large moitié postérieure ; cette disposition se rencontre chez tous les cétacés f^raw, jes haleines exceptées. Il est contigu, dans la ligne médiane , à son congénère du côté opposé ; à l'exception de la partie antérieure. Chez les mêmes haleines les bords externes des deux susmaxillaires sont beaucoup plus rapprochés l'un de l'autre que les bords corresp^n-

dans des moiliés de la mâchoire inférieure , qui sont beaucoup plus distans. Chez les autres, la mâchoire inférieure est, au contraire, plus étroite que le susmaxillaire.

11 est beaucoup plus court, mais plus élevé, chez les faux, cétacés ; il y est situé au-dessous et au-devant du coronal, et se compose d'une liime externe et verticale et d'une interne et horizontale.

Chez les solipèdes , l'es ruminans et les cochons , le susmaxillaire est plus court , mais plus hautj sa lame palatale est plus large : toutefois l'os a la forme d'un carré fort allongé. Il offre sa plus grande hauteur, chez les ruminans ^ vers sa partie moyenne; chez les cochons^ c'est en arrière qu'il est le plus élevé. Dans celte partie il s'étend verticalement en bas. Chez le tapir et surtout le daman , il est encore plus court et plus haut, et se termine en avant par une extrémité verticale. Il est également court et élevé chez les rhinocéros ; mais en avant , au-devant des dents molaires , il se prolonge en une apophyse peu élevée , qui supporte l'os interm.axlllalre. Cette apophyse est la plus courte chez le rhinocéros d\Afrique , et la plus longue chez le rhinocéros bicorne , chez celui de Java et chez le rh. teichorhinus; elle manque au daman. Le susmaxillaire est un peu plus allongé chez V éléphant; l'apophyse observée chez le rhinocéros

d'aNATOMIE COMPAIUÉE. 265

a une extrémité antérieure , fort élevée , qui supporte le grand intermaxillaire. Suivant M. Wiedemann (i) , les susmaxillaires formeraient, en Las et en dedans , une partie des alvéoles qui reçoivent les défenses des éléphans ; mais je n'ai jamais trouvé ces alvéoles que dans l'intermaxillaire. Le susmaxillaire se termine, eu bas et eu avant , par une lame trèsmince, qui s'applique sous l'intermaxillaire : dans cette connexion , celui-ci reste libre en avant et en dehors ; la plaque, qui prend plus d'épaisseur, le recouvre inférieurement, à l'exception de la partie la plus interne. Il en résulte qu'en cet endroit , c'est-à-dire en dedaas de l'alvéole, les deux os sont superposés l'un à l'autre; ils s'étendent en avant dans la même étendue , mais l'intermaxillaire dépasse un peu l'autre.

11 est très-grand chez V hippopotame ; il y est surtout fort élargi à sa partie antérieure , pour recevoir les dents angulaires.

Le susmaxillaire des monotrèmes est fort long, allongé et peu élevé; dans les échidnés, il est étroit et insensiblement apointi ; dans Yomithorhynque , il est très-large. C'est à sa partie antérieure qu'il offre le plus de largeur; au-delà il est un peu resserré^ puis il s'élargit de nouveau, et se termine par un bord denteléj

(i) Archivfûr Zoologie, II, i, p. 68.

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qui reçoit les interma^xillaires , par lesquels il est dépassé de beaucoup eu avant.

Cet os présente beaucoup de différences chez les édentés ; mais il a toujours une conformation simple, puisqu'il n'est formé que de deux lames , dont Tune est verticale et plus haute, et l'autre, la lame palatale, est horizontale et un peu plus étroite.

Chez les oryctéropes^ les pangolins , les fourmiliers , principalement le tamanoir, le susmaxillaire est extrêmement long et déprimé; sa hauteur est assez égale j elle augmente seulement à quelque distance au-devant de son extrémité postérieure j il est plus court et plus haut chez les paresseux et les tatous ; sa hauteur diminue chez les premiers d'avant en arrière j celte diminution a lieu dans un sens inverse chez les seconds.

Le susmaxillaire des rongeurs est , en général, haut, court et étroit j sa portion palatale est courte en proportion de sa longueur totale : en effet , elle ne s'étend pas aussi loin , ni en avant, ni en arrière, que la portion verticale. Il en naît, dans la région des dents molaires antérieures, une apophyse zygomatique située très-haut, mais courte dans la plupart des espèces j elle se porte en dehors ët un peu en arrière à la rencontre de l'os jugal.

On remarque en cet endroit une différence principale : chez quelques-uns l'apophyse zy-

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gomatique naît par deux racines j l'une d'elles est supérieure et verticale; l'autre est inférieure, horizontale et courte : dans ce cas, l'apophyse est percée d'une ouverture communément fort grande.

Cette dernière conformation se renconî^-e dans les genres hélamjs ^ gerboise, cahiai , porc-épic , rat et loir; la première se trouve chez les castors , les lièvres et les marmotes- Le mus zihethicus forme en quelque sorte la transition entre ces deux groupes j il possède l'ouverture, mais celle-ci est plus petite, et, en outre, la racine supérieure est petite et horizontale, tandis que l'inférieure est très-grande, large et verticale.

Les rongeurs , si on en excepte le castor et V écureuil , se distingueraient, d'après M. Wiedemann (j) , des autres mammifères , par la composition de la circonférence du trou sousorbitairCj qui ne serait pas uniquement formée par le susmaxillaire, mais en outre par l'os jugal, qui y contribuerait en haut. Cette donnée, quiprovientsans doute de ce que cet observateur a observé des crânes à très-grands trous sousorbitaires, est fondée sur une erreur, comme il est aisé de s'en convaincre par l'inspection de ces os , soit dans leurs rapports naturels , soit lorsqu'on les a désarticulés. On peut, du res-

(r) Archivfùr Zoologie, etc., Bd., I, p. 79.

te, être facilement conduit à cette conclusion fausse, à cause de la disposition du segment antérieur de la circonférence du grand trou sousorbitaire chez beaucoup de rongeurs, elquel'on remarque surtout chez les hélamjs : chez ces derniers, en effet, le segment supérieur est formédans sa moitié postérieure, qui en est la plus grande, par la branche frontale de l'os jugal. Mais il y a toujours, même chez ces animaux, au-devant de cette branche, sous la forme d'une baguette étroite, la racine supérieure du trou sousorbitaire,quia distinctementson point d'origine à la portion latérale et verticale du susmaxillairej cette racine est plus large à sa partie supérieure qu'à l'inférieure.

Chez d'antres rongeurs qui offrent cette disposition, par exemple les cabiais, les rats et les porcs -épies , je ne puis m'expliquer l'origine de cette erreur, puisque l'os jugal se termine , très-distinctement , à une grande distance du trou susorbitaire.

Chez ceux-là enfin, où le trou sousorbitaire est plus petit, l'erreur est encore plus apparente.

J'ai déjà fait la remarque ailleurs (i) que l'étendue du trou sousorbiit^ire n'est pas en rapport avec le volume du nerf de ce nom (2),

(1) Dans ma traduction de VAnat. comp. de Cuvier, vol. II , p. 86 , et vol. III , p. 55.

(2) Wiedemann , loc. cit. , p. 79.

d'anatomie comparée. 269

mais dépend du passage du muscle masseter.

Les lièvres oflVent une particularité : chez eux toute la partie verticale de l'os , qui est située au-devant de l'apophyse zygomatique, est formée d'un tissu osseux fort lâche et percé de grandes ouvertures irrégulières.

Chez les rongeurs^ particulièrement le castor, le susraaxillaire reçoit, à son extrémité antérieure, la partie postérieure des dents incisives , qui sont énormes ; cette portion de dents est logée dans une alvéole très-grande, diricrée d'arrière eu avant et de bas en haut.

La conformation du susraaxillaire des kangiiroiis ressemble à celle des rongeurs ; seulement il est moins haut et la partie palatale en est plus complète ; l'apophyse zygomatique se prolonge en bas en formant une longue épine.

Chez les carnivores , et surtout chez les chats, la partie verticale du susmaxillaire est très-haute et courte ; l'apophyse palatale est très-large; l'apophyse zygomatique est verticale ; le bord supérieur en est porté directement en haut : il en résulte que l'os jugal repose en haut entièrement sur elle.

hes singes oui la même conformation; mais le susmaxillaire de plusieurs d'entre eux, surtout le cynocéphale, est plus long. L'apophyse zygomatique , qui offre beaucoup de hauteur a , chez la pluparfd'entre eux, une face tournée en avant et l'autre en arrière; son bord vertical

270 TRAITÉ G/;NÉRAL

est dirigé en dehors. On rencontre, du reste, dans l'ordre des quadrumanes, beaucoup de différences de famille à famille.

Chez les sapajous^ le susmaxillaire est non seulement court , mais la partie de cet os si^tuée au-devant de l'orbite , ou l'apophyse nasale , est très-étroite et presque verticale. La partie postérieure de l'os est très-large ; il en résulte plus d'étendue au plancher de l'orbite. Cette conformation est aussi , dans ce qu'elle offre déplus essentiel , celle de Vorang et de l'homme.

b. Intermaxillaire.

\J intermaxillaire offre des différences qui sont, pour ainsi dire, plus considérables encore que celles du susmaxillaire.

Chez les cétacés ^ c'est une lame simple, considérable, longue et relativement étroite; chez plusieurs dauphins , mais non chez tous, ainsi que, à ce qu'il semble, chez le cachalot, cet os est plus étendu dans le sens vertical que dans celui de la largeur, et se rétrécit insensiblement d'arrière en avant. On lui trouve une partie postérieure, et une partie antérieure , beaucoup plus grande que l'autre ; l'une et l'autre s'unissent entre elles sous un angle obtus, ouvert en avant.

d'anatomie comparée. 271

Cet os est situé en dedans de la partie antérieure et la plus grande du susmaxillaire 5 il ne la dépasse cjue peu en avant , surtout chez les dauphins ; \\ forme ainsi la région la plus avancée delà face. Il ne prend part à la formation de la voûte palatine qu'en avant , où il ne recouvre pas le susmaxillaire.

Chez les autres mammifères , la composition de l'intermaxillaire est très-généralement plus compliquée. 11 se divise en deux branches : l'une est supérieure et descendante , c'est la branche faciale: l'autre est inférieure et horizontale, c'est la branche palalale.

C{\ez les cétacés faux , les intermaxillaires sont encore fort allongés, tout-à-fait comme chez les cétacés vrais ; ils descendent obliquement d'arrière en avant et se relèvent l'un vers l'autre, en haut, et constituent ainsi une sorte de toit. Leur branche horizontale est beaucoup plus courte , et concourt environ pour le quart dans la formation de la voûte palatine , dont elle occupe la partie antérieure.

Dans tous les cétacés faux , mais surtout, chez les lamantins , les intermaxillaires sont supérieurement séparés l'un de l'autre par la narine ; cette cavité est beaucoup plus grande, plus large et plus longue que chez les cétacés vrais. Chez le dugong ces os sont, à cause du grand développement des dents incisives, beau-

coup plus grands et plus verticaux que chez les lamantins. En avant, ils y dépassent toujours le susmaxillaire dans une proportion beaucoup plus considérable que chez les cétacés vrais.

La disposition indiquée est également peu prononcée chez les solipedes. La branche faciale est considérable , fort allongée; elle se renfle fortement en avant, et se continue,so us un a jgle aigu, avec la branche palatale, qui est beaucoup plus petite, très-mince et plus courte. Celle-ci se rencontre avec la branche correspondante du côté opposé ; mais dans sa moitié antérieure elle est séparée de la branche palatale du susmaxillaire par un intervalle considérable.

Les intermaxillaires des ruminans sont encore bien plus petits et plus imparfaits ; la branche palatale n'est pas plus grande que chez les solipedes ; la faciale est , dans toutes èes dimensions , plus petite que chez ces derniers : c'est pourquoi il existe , dans la voûte palatine, entre ces os eux-mêmes et à la limite qui les sépare de la partie antérieure du susmaxillaire, un intervalle beaucoup plus considérable.

Parmi les pachydermes , Vhippopotame et le cochon sont pourvus d'un intermaxillaire large et long. Chez le premier surtout la branche supérieure en est plus épaisse. Il en résulte

D'AJJATOMIE COMPAllÉE.

que rintcrvalle dans la voûte palatine est uu peu plus petit et existe presque entièrement entre les deux branches ; la partie postérieure seule en est fermée par la branche palatale du susmaxillaire.

Chez les rhinocéros bicornes , tant celui d'Afrique que celui de 7«m, l'intermaxillaire est extrêmement simple et petit^ ce n'est qu'une lame quadrilatère , convexe à sa face externe , concave à l'interne. Il est constitué seulement par la partie latérale , et s'applique sur l'extrémité antérieure du susmaxillaire, qu'il dépasse en avant. Les deux intermaxillaires sont séparés, en haut, par un intervalle de neuf lignes, qui n'offre, en bas, que le tiers de cette largeur. Chez le rhinocéros unicorne d'Asie, on volt naître , en arrière du bord supérieur, une apophyse étroite, d'une hauteur considérable, qui manque chez les autres rA//2ocero.y vivans, mais qui, chez le rhinocéros teichorhinus , se prolonge et forme une forte cloison; cette cloison atteint supérieurementles os nasaux. Dans cette espèce et chez le rhinocéros unicorne d'Asie, les intermaxillaires se soudent en bas et en avant.

Chez les éléphans, surtout les élèphans fossiles , les interraaxillaires sont très-grands , longs, hauts en arrière et convexes en dehors; dans leur partie antérieure , ils sont plus lar-

ges , plus déprimés, et forment ici un long tube, qui reçoit les dents incisives.

Ils sont plus courts chez les mastodontes que chez les éléphans .

Parmi les monoLremes ^ les ornithorhjnques offrent une conformation extrêmement curieuse : les os intermaxillaires sont divisés en intermaxillaires supérieurs et en inférieurs. Les supérieurs sont de beaucoup plus grands, plats , formés d'une branche postérieure , longitudinale , plus longue et apointie en arrière , et d'une branche antérieure et transversale , qui est plus courte. La première se porte en dehors ; la seconde se dirige en dedans et en avant. Elle est éloignée de sa congénère de l'espace de six lignes ; ce qui s'accorde avec la largeur du bec, 11 existe , outre cet os, un autre os impair, beaucoup plus petit , qui a la forme d'un huit de chiffre (8). Il a sa plus grande longueur dans la direction d'avant en arrière , et est situé, dans la voûte palatine, au-devant de l'extrémité antérieure de la partie palatale du susmaxillaire, avec laquelle il n'est uni qu'au moyen de la membrane muqueuse de la bouche. Cet os est incontestablement la branche inférieure ou palatale du susmaxillaire , qui , à cause de l'aplatissement de la face , est située dans le même plan que la partie antérieure de la branche supé-

rieure : il s'ensuit que l'intermaxillaire est ici également divisé , de chaque côté , et sans doute và cause de la largeur du bec , en une branche palatale et une faciale , qui ne s'atteignent sur aucun point.

La branche supérieure était connue depuis long-temps. Je crus avoir trouvé le premier l'inférieure en l'an i8i8, au cabinet de Paris; mais j'ai vu plus tard qu'elle avait déjà été décrite par i,*!, de Blain ville (i). Postérieurement elle fut également décrilo et figurée par M. Rudolphi (2). Le premier auteur n'en donna point la détermination ; le second la nomma , à cause de sa position, intermaxillaire externe, par opposition à l'autre, qu'il appela interne,

L'intermaxillaire des édentés est d'une petitesse extraordinaire. C'est sans doute chez eux, les chauve- souris et les rhinocéros , qu'on le rencontre au degré le plus extrême de petitesse. Tantôt il consiste presque uniquement en la branche supérieure dirigée parallèlement en tas; tantôt il n'est formé que par la branche horizontale. Sa branche inférieure, qui est trèspetite, ne s'articule le plus souvent pas en arrière avec le susmaxillaire, ou si cette connexion

(1) Sur la place que la famille des orniihorhynques eldes échldnés doit occuper, etc. Paris, 1812, p. 20.

(2) Jeffé, De omilhorhyiicho paradoxe. Berol. , iSaS, p. 10.

276 TRAITÉ G^NIÇrAL

a iieu, elle est très-luchc et peu solide. Il n'est appliqué sur cet os que par sa branche supérieurej mais chez tous les animaux de cet ordre les branches palatales se soudent sur la ligne médiane. Le plus volumineux des intermaxillaires se rencontre chez les tatous^ où la branche supérieurede ces.os est courte , mais large, et où l'inférieure est petite et étroite. Chez les fourmiliers , les deux branches sont proportionnellement jjlus petites , l'inférieure surtout. Chez le paresseux didactjle, il n'existe, outre la branche horizontale, que le commencement de la branche supérieure ; cette branche a la forme d'une apophyse transversale, un peu plus large et plus grande; elle est dirigée en arrière, et aboutit, par son extrémité postérieure à l'antérieure de l'apophyse palatale du susmaxillaire. ChezVaï, cette apophyse a presque entièrement disparu , et les deux intermaxillaires , entièrement confondus, ne forment qu'une lame rhomboïde, transversale, qui est située au-devant de l'extrémité de la portion palatale du susmaxillaire , et qui ne s'articule d'une manière solide avec aucun des os voisins. Cette lame reproduit dans une exactitude surprenante les conditions les plus essentielles de l'inlermaxillaire inférieur de Xornithorhjnque.

La conformation de Vunau paraît simple au premier aperçu; mais il est extrêmement vraisemblable qu'elle est plus composée.

d'anatomie comparée, 277

Je trouve , en effet , au-tlcvaril des os nasaux, un os impair, proportionnellement trèspetit , ayant la forme d'un carré arrondi , qui complète en avant la voûte de la cavité nasale.

Cet os , qui est un peu incliné en bas vers l'intermaxillaire , dont la description vient d'être faite , existe constamment. Je l'ai trouvé non seulement sur un crâne que j'ai par-devers moi , mais encore sur deux crânes du cabinet d'anatomie comparée de Paris. 11 est difficile d'y voir autre chose qu'une trace de la partie supérieure de la branche montante de l'intermaxillaire : par conséquent, ici comme « chez les cétacés , les branches montantes se touchent dans la ligne médiane , à l'imitation du type des oiseaux et des autres vertébrés. Cette détermination me paraît être la moins forcée qu'on puisse donner de cet os. L'intermaxillaire de Vunau est , par conséquent , divisé, comme celui de Vornithorhjnque ; la seule différence consiste en ce que , chez le premier, la disposition se rapproche davantage du véritable type des mammifères.

Les rongeurs sont, de tous les mammifères , ceux qui out l'intermaxillaire le plus développé ; il y a dans cet accroissement considérable un rapport de conformité avec le grand volume de leurs dents incisives. Sa branche supérieure surtout est très-haute ; elle est eu

général large d'avant en arrière j la branche palatale est , au contraire , très-étroite et assez déprimée.

Chez les Iîèç>res , la branche supérieure est moins considérable que chez les autres ; il en nait seulement un long prolongement en arrière et en haut.

Parmi les animaux à bourse , la branche palatale est un peu plus forte chez les kangurous; l'antérieure est, au contraire, plus faible que chez les rongeurs.

L'intermaxillaire est encore plus amoindri chez les sarigues et les carnivores , par suite de la disparution de sa branche supérieure^ la plus grande partie de celle-ci se glisse, du reste , chez les phoques et les morses , eu dedans , au-dessous du susmaxillaire , de sorte qu'elle parfait beaucoup plus étroite qu'elle ne l'est réellemenl.

La partie qui réunit les deux branches est , chez les morses , très-épaisse , haute , large et transversale dans sa plus grande extension ; elle se prelonge en une apophyse forte et large, en haut et en dedans, à l'endroit où les deux os se joignent l'un à l'autre.

Cette apophyse est évidemment l'épine nasale : il y a ici, par conséquent, contradiction avec l'assertion de M.. Carus (i), qui est pour-

(1) Zootomie, p. lyS,

d'anatomie comparée. 279

tant vraie en général , savoir , « que l'uiter- « maxillaire d'aucun mammifère, l'homme ex- « ceplé, n'a d'épine nasale » .

Je trouve, eu effet , cette conformation sur les crânes de trois morses ; mais elle y varie sous le rapport du degré de développement; ce que l'on remarque toutefois aussi chez, Vhomme.

L'intermaxillaire des chéiroptères est toujours très-petit et peu élevé.

Chez les quadrumanes et Vhomme , il est également très-petit, élevé, étroit, et tout l'os ou presque tout l'os n'est que la branche supérieure.

Indépendamment des conditions qui viennent d'être exposées, il y en a d'autres qui sont surtout importantes : ce sont les connexions de cet os. Nous devons d'abord examiner ses rapports avec le susfnaxillaire : car , en négligeant les différences qui existent sous ce point de vue , on est tombé dans de grandes erreurs. Ainsi, par suite de cette omission, on a été jusqu'à établir un signe distinctif entre l'organisation humaine et celle des animaux, signe qui n'existe réellement pas.

Che,z la plupart des mammifères, et même sans contredit chez tous, les os susmaxillaire et inlerraaxillaire restent entièrement séparés

2O0 TRAITÉ GÉvÉRAL

l'un de l'autre beaucoup plus long-temps que chez Vhomme.

Chez lui, ils se soudent déjà dans le quatrième mois de la vie létale, tandis que, chez tous les mammifères qui me sont connus, ils se montrent isolés et comme os propres, non seument jusqu'à la naissance , mais même pendant la majeure partie de la vie. Sous ce point de vue, on peut dire, avec raison, que, par opposition aux mammifères , Vhomme ne possède point d'os intermaxillaire- mais que, si on l'oppose à tous les vertébrés , il suffit d'examiner le maxillaire supérieur des oiseaux pour reconnaître l'inexactitude de cette loi, quoique les reptiles et les poissons se rattachent , sous ce rapport, également aux mammifères.

Il est encore bien plus inexact de refuser à VhommeVos intermaxillaire, dans toutes les périodes de la vie, puisque non seulement il existe réellement tout- à -fait isolé jusqu'au quatrième mois de la vie fétale , mais qu'on en trouve des traces particulièrement dans l'enfance et souvent pendant toute la durée de la vie. Cette trace est offerte constammment dans l'existence d'une lacune transversale , étroite , qui règne dans la voûte palatine , depuis la dentHncisive externe jusqu'au trou palatin antérieur. Ces traces se voient quelquefois aussi sur la portion faciale du susmaxillaire. Enfin il y a une[preuve frappante de la séparation

d'anatomie comparée. 281

primitive de ces os : c'est un vice de conforiiiaiion de la classe des développemens arrêtés, appelé gueule-de-loup , et qui consiste dans la persistance de l'état de séparation primitif des os qui concourent à la formation de la voûte palatine; ce vice déformation s'observe, toute proportion gardée, assez fréquemment.

Ce n'est pas avec moins d'inexactitude que l'on soutient que les os 'en question sont séparés, chez les mammifères, pendant toute la durée de leur vie : car une foule de faits prouvent qu'ils se soudent non seulement lorsque toutes les sutures s'effacent eu s'ossifiant, mais même que souvent ils se confondeut plus tôt que plusieurs autres os de la tête.

La différence entre l'homme et les mammifères est donc, sous ce rapport encore , purement et simplement graduelle.

Les branches palatales des deux os s'articulent très-généralement l'une avec l'autre dans la ligne médiane. Cette articulation même a lieu dans toute leur longueur chez les édentés , où ces os sont pourtant fort incomplets. Mais cette jonction n'a lieu qu'entre les branches palatales , à l'exception des cétacés et de Vunau, chez lesquels les branches faciales s'atteignent également.

On trouve des exceptions à cette règle : i" chez plusieurs ruminans , particulièrement les chameaux^ chez lesquels les branches pa-

latales ne s'aUeignent pas dans une étendue considérable de leur partie antérieure ; 2» parmi les pachydermes , chez le rhinocéros bicorne et Vunicorne de Java , chez lesquels ces branches s'inclinent cependant fortement l'une vers l'autre 3 chez Vhippopotame^ où elles sont séparées en bas , malgré leur développement considérable, par un intervalle de quatre lignes, et cela dans l'étendue de deux pouces i chez les éléphans , où elles sont assez largement éloignées l'une de l'autre dans le premier tiers de leur longueur j 3° parmi les monotrèmes, chez Vornithorhjnque , du moins quant aux branches supérieures 5 4° enfin chez plusieurs chéiroptères y tant du genre des chauvesouris que de celui des galéopilhèques .

Eu ce qui concerne le degré que présente la soudure de ces os , il n'y a peut-être que des différences relatives à l'âge , quoiqu'il puisse y en avoir aussi qui sont proportionnelles à l'espèce.

Ordinairement il n'y a qu'une suture ; cependant , sur un crâne d'«i' dont toutes les autres sutures sont entièrement effacées , les deux intermaxillaires ne forment absolument qu'une lame ; la même chose a lieu , mais seulement pour les parties palatales, de cet os, chez Vornithorhjnque. Chez le tapir, je trouvai également les deux os lout-à-fait soudés , quoique les autres sutures subsistassent encore toutes.

d'anxN-TOMîe comparée. 283

Il résulte de ce qui précède que les aïs , considérés sous le rapport de la connexion de l'intermaxillaire avec les autres os , et les ornithorhynq aes sous celui de la portion palatale seulement , sont au degré le plus inférieur , et rappellent la disposition des ophidiens et batraciens , puisque leur intermaxillaire ne s'articule pas même d'une manière solide avec le susmaxillaire. Ceux des animaux qui viennent d'être cités, chez lesquels l'intermaxillaire s'unit au susmaxillaire , mais non avec son congénère du côté opposé, sont encore au même degré que Vaï etVomithorhjnçue.

. Après cela viennent les mammifères , où l'intermaxillaire, soudé avec son congénère , ne s'articule qu'avec le susmaxillaire.

Il faut placer dans cette catégorie d'abord tous ceux chez lesquels la division des deuxinlermaxillaires n'est pas complète , ensuite ceux oii ils sont complètement unis. ChezV homme et quelques singes, particulièrement'ie gibbon , Vatèles , le sapajou, chez le tapir et la plupart des rhinocéros, les intermaxiliaires touchent aux susmaxillaires en dehors seulement; ils se joignent en outre, entre eux, sur la ligne médiane.

Chez d'autres, ils aboutissent de plus à l'extrémité antérieure du vomer. De ce nombre sont

les cétacés, plusieurs ruminans , particulière-

meut le chamois , plusieurs phoques , par exemple les espèces hispida et grœnlandica.

Il est digne de remarque qu'il j a quelquefois , sous ce rapport, non seulement des différences de genres et d'espèces , mais même des différences d'individu à individu. Ainsi, sur un crâne de la vache sans cornes, l'intermaxillaire s'articule avec l'os nasal; disposition qui ne «e retrouve pas chez d'autres. Chez le bœuf, la chèvre et le mouton , je l'ai vu plusieurs fois atteindre l'os nasal , mais non chez Vjack , Vauerochs, le bison et les chameaux.

Nous venons d'indiquer déjà des exemples de rapports de connexion plus composés, puisque Vos nasal est venu s'y joindre. Cette disposition se rencontre dans la plupart des ruminans, les solipedes^ les cochons, V hippopotame, Icdaman, les éléphans, les fourmiliers, les tatous, les orjctéropes et les carnassiers. Chez ces animaux , les branches faciales touchent, par'leur Lord supérieur et leur extrémité postérieure, au bord externe des os nasaux. Mais] une conformation insolite a lieu chez le rhinocéros teichorhinus; les branches palatales se confondent en avant, avec les os nasaux. Cette disposition est faite, d'une part, au moyen d'une cloison qui s'élève des branches en question et qui monte insensiblement jusqu'à atteindre le vomer môme, et d'autre part elle est opérée par l'extrémité antérieure des os na-

d'anatomie comparée. 285

saux, laquelle se recourbe en bas. Chez les rondeurs et Véléphant , l'intermaxillaire touche, en haut, par suite de son grand développement, même à l'os coroual.

Chez le dugong et Vaje-aje, le nombre des rapports de l'intermaxillaire paraît être à son maximum; il s'articule, chez le premier, avec tous les os qui viennent d'être indiqués, et, en outre, avec le jugal ; chez le second , il atteint en outre l'os unguis,

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