‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 76 sur 83 · Cornet inférieur · texte numérisé non relu

Cornet inférieur

Les mammifères possèdent généralement les os conchoïdes , que l'on nomme aussi cornets inférieurs, par opposition à l'ethmoïde.

Ils sont situés aussi généralement à la face interne du susmaxillaire et communément aussi à celle du palatin. Ils ont la forme de lames contournées dont la convexité regarde en dedans , et qui s'avancent plus ou moins dans la cavité nasale, dont elles augmentent considérablement la surface. Les cornets semblent manquer chez les cétacés , quoique l'on soit fondé à présumer que les os décrits plus haut (i), et situés à l'extrémité postérieure des palatins, ne sont autres que les cornets. Il faudrait admettre de plus dans ce cas que les os en question se seraient portés plus en arrière que de coutume. Comme

(i) Voy. p. 219 et 220.

ils louchent communément aussi aux os palatins, leur position ne serait pas contradictoire à cette détermination. Une autre circonstance qui militerait en faveur de cette opinion, c'est que, dans cette hypothèse, on aurait le nombre ordinaire des os de la face , et que les ailes antérieures du sphénoïde existeraient déjà chez ces animaux. Cependant l'opinion que nous avons émise plus haut nous paraît plus exacte ; elle s'accorde davantage avec la forme et la position des os en question.

La description ultérieure de ces os sera donnée avec celle de l'organe olfactif.

i5- Vomer.

Le vomer est toujours fort peu étendu dans le sens vertical; il est triangulaire ou quadrilatère , d'autant moins élevé qu'on l'observe plus antérieurement; il forme les parties antérieure et postérieure de la cloison nasale; sa situation est entre la lame verticale de l'ethmoïde, l'épiue du sphénoïde , les susmaxillaires et les palatins. Le vomer est, en outre, fort simple et mince d'un côté à l'autre. Il est, dans la plupart des animaux , soudé de bonne heure avec Pelhmoïde et le sphénoïde. Il est surtout fort développé chez les cétacés. Souvent, si ce n'est d'une manière constante, le vomer de ces ani-

d'aNATOMIE CÙMPAnj&E. 3l5

maux oflie uu intervalle qui occupe la plus grande partie postérieure de sa longueur et qui partage cet os en deux moitiés latérales larges et épaisses. La partie antérieure, qui n'esi pas divisée, paraît à découvert à la face supérieure de la voûte palatine. Elle est située en arrière et entre les parties antérieures des portions palatales des os maxillaires.

Il est aussi fort développé chez les ruminans; mais lia moins d'épaisseur et plus de hauteur, et est formé , dans toute sa longueur, de deux lames latérales, qui renferment une gouttière profonde. Il se détache inférieurement, iramédialenient au-devant de l'extrémité postérieure de chaque lame latérale , une apophyse considérable, verticale et allongée, qui manque aux autres animaux, ou affecte, lorsqu'elle existe, une position horizontale.

En général , cet os est plus allongé et plus déprimé chez les animaux que chez Vhomme.

i4' Maxillaire inférieur.

Deux caractères distinguent la mâchoire inférieure des mammifères : 1° elle est au plus formée de deux moitiés qui se correspondent parfaitement d'un côté à l'autre; 2° elle présente une surface articulaire, convexe, non di-

•^l4 TRAITf; GÉNÉRAL

visée , par laquelle elle s'articule mobilemeui avec la portion écailleuse du temporal. 11 existe toujours , en outre, dans la région postérieure de sa face interne, une ouverture par laquelle entrent les nerfs et vaisseaux maxillaires inférieurs, et, en avant, à la face externe ^ on trouve une autre ouverture plus petite, d'où sortent ceux de ces nerfs et vaisseaux qui sont destinés à la peau et aux muscles de la lèvre inférieure. La mâchoire inférieure se forme de deux moitiés latérales, dont chacune est composée primitivement d'une pièce postérieure et externe, plus grande, et d'une pièce antérieure et interne, plus petite.

Les différences qu'offre cet os se rapportent à la forme , au volume proportionnel, et aux rapports de connexion de ses deux moitiés entre elles et avec le temporal.

Les principales formes du maxillaire que l'on observe dans les différens ordres de la classe des mammifères sont les suivantes.

Les dauphins , parmi les cétacés , ont les moitiés de la mâchoire inférieure longues et d'une forme triangulaire , fort allongée ; elles se dépriment insensiblement d'arrière en avant et se rencontrent sous un angle très-aigu ; elles ne sont formées , dans leur partie postérieure ,

d'anatomie comparée. 3i5

que d'une lame externe , convexe en dehors et concave en dedans. A Iqur partie antérieure il s'y joint une lame interne ; il existe entre celleci et la lame externe une cavité qui disparaît petit à petit par le rapprochement et la réunion des deux lames. Cette cavité , et la fosse que présente la partie postérieure , sont remplies d'une grande quantité de graisse. Le bord postérieur est presque vertical, très-peu convexe, et supporte, dans sa moitié supérieure, une surface articulaire légèrement convexe, regardant directement en arrière. Le plus grand diamètre de celte surface est dans la direction de haut en bas et de dedans en dehors. Immédiatement au-devant de cette surface articulaire s'élève (i)

(0 Le développement de t'apophyse coronoïde et de quelques autres e'minences de la tête a , comme celles des autres os du squelette, e'te' l'objet des observations de M. Serres : il y a trouve' la confirmation de la loi dont nous avons déjà fait mention , et qu'il institua sous le titre de loi des éminences .

D'après cet anatomiste, l'e'minence coronoïde sur un embryon humain de deux mois est entièrement se'pare'e du corps de l'os par un cartilage interme'diaire d'une demi-ligne de largeur et fort mince. A deux mois et demi , et souvent à trois, l'apophyse coronoïde est distincte du corps du maxillaire par une rainure, une espèce d'engrenurc interme'diaire. Sur quelques gravures de crânes hydrocéphales, on observe cette pièce comme de'membrée du maxillaire infe'rieur : c'est le coronoïdien Au crocodile, d'après M. le professeur Cuvieh, et de Vépisoslée spatule, suivant M. le professeur Geoffroy-Saint-Hilaire. L'e'-

TRAIïi: Gî'oNÉRAL

l'apophyse coronoïde , qui esl un peu plus déprimée et au-delà de laquelle le bord supérieur du maxillaire descend oMiquement en avant. La conformation du dauphin du Gange est fort digne de remarque; elle s'accorde parfaitement avec celle de la face de cet animal. Les moitiés de la mâchoire inférieure sont, dans leurs deux tiers antérieurs , appliquées étroitement l'une contre l'autre, et constituent une lame unique de peu d'épaisseur : les rangées de dents des deux

piphyse coronoïde est dëjà réunie au quinzième jour, chez le lapin; an dixième elle est entièrement se'pare'e.

Il est encore une autre apophyse que M. Serres a le premier signalée comme se de'veloppant d'une manière isolée à la mâchoire inférieure : c'est l'apophyse mas&étérine. Cet anatomiste y fut conduit par l'observation d'une rainure qui, sur un embryon humain de deux mois, lui parut dépasser la partie pos'te'rieure et inférieure de la mâchoire du reste de l'os : l'épiphyse était dentelée et juxtaposée comme la partie écailleuse du temporal. M. Serres la considère comme l'analogue du supplémentaire ou marginaire de M. Cuvier. Quant à l'analogue de. V angulaire , M. Serres ne l'a jamais observé chez l'homme; mais il rapporte l'avoir rencontré dans le fœtus de. lapin au dixième jour.

Les autres épiphyses d'insertion que M. Serres signale à la tête sont : i " l'épiphyse zjgomatique du temporal, qui commence le développement osseux du crâne : cette apparition a lieu du vingt-cinquième au quarantième jour de la vie utérine j du cinquantième jour au soixantième, un cartilage la sépare de l'os zygomatique; dans les quinze premiers jours du troisième mois, l'épiphyse et la portion écailleuse présentent encore la $uture, indice de leur réu-

d'aNATOMIE COMPAllÉE. 3 17

côtés sont ainsi placées l'une contre l'autre. Elles sont en outre , dans toute cette étendue, beaucoup plus déprimées que de coutume. Cette diminution dans la liauteur s'opère d'une manière égale 3 leur partie postérieure offre , au contraire, tout à coup une hauteur beaucoup plus considérable, qui n'est amenée par aucune transition. Les physètres présentent la même conformation.

Les moitiés du maxillaire inférieur des ba~

nion. 2° L'ëpiphyse mastoide, qui commence au quatrième mois de l'embryon, sous la forme d'un ou de plusieurs noyaux isolés de toute autre partie du tempoi-al; elle vient ensuite s'adosser à la portion pierreuse de cet os, et concourt à former le canal demi-circulaire horizontalà terme et chez des hydrocéphales, la suture est encore visible. 'S'>Ué^i^\v^septérygoïdienne, qui n'est autre que l'apophyse ptërygoide interne : cette apophyse est , au quatrième mois de la vie utérine, une pièce de rapport qui vient se joindre à l'externe. 4° L'apophyse sljloïde : tout le monde sait qu'elle n'existe qu'après la naissance.

M. Seures indique également comme confirmation de la loi de développement deséminences articulaires en général les observations qu'il a faites sur celles de la tête.

La démonstration que le co«c(7/e de la mâchoire inférieure était épiphysé a été fournie à M. vSerres par un enfant rachitique : chez cet enfant, l'ëpiphyse du condyle ressemblait à celle de la clavicule humaine du côté interne. Cette pièce était évidemment l'analogue de V articulaire du crocodile suivantM. Cuvier et de Vépisostée spatule de M. Geoffroy-Saint- Hilaire; les côtes sont épiphysées à chaque extrémité. [M. Serres, loc. cit. ]

leines sont de simples arcades de peu de hauteur, fort convexes à leur face externe , concaves à l'interne, qui augmentent insensiblement un peu de hauteur , dans la direction d'avant en arrière.

La mâchoire inférieure du lamantin et du dugong a beaucoup plus de hauteur; la branche ascendante, qui est haute et horizontale antérieurement, se sépare à un angle droit. L'apophyse coronoïde est déprimée; le condjle , transversal.

En avant, les deux moitiés sont confondues dans une grande étendue et forment les côtés d'une gouttière qui descend obliquement d'ar rière eu avant.

Chez le lamantin d'Afrique^ et plus encore chez le dugong, la partie antérieure des moitiés du maxillaire est fortement recourbée en bas : il en résulte que le bord inférieur de l'os est fort concave.

Chez les ruminans et les solipcdes , les portions ascendante et horizontale ont leurs limites distinctes. La hauteur de la première égale à peu près la moitié de la longueur de la seconde; mais elle est beaucoup moins'large qu'elle, dans la direction d'avant en arrière. L'apophyse coronoïde , qui est longue et étroite , et qui se recourbe en haut et en arrière, est située immédiatement au-devant de la surface articulaire.

d'anatomie comparée. 5 19

Celle-ci est deux fois et au-delà plus large de dehors en dedans que d'avant en arrièie ; sa partie centrale est un peu concave j les latérales sont convexes. Le bord postérieur est légèrement concave en haut, un peu saillant en bas, et se continue, sous un arc peu convexe, avec le bord inférieur de la branche horizontale. Celle-ci se contracte un peu , en avant des dents molaires , dans la direction de haut en bas et de dedans en dehors; elle s'épaissit ensuite de nouveau plus en devant , oîi elle supporte les dents incisives et s'unit à celle du côté opposé, sous un angle aigu.

Les cochons, parmi les pachydermes , ont la portion montante moins haute et plus large ; l'apophyse coronoïde est beaucoup plus courte et plus éloignée du condjle ; celui-ci est plus étroit de dehors en dedans et plus large d'avant en arrière que chez les ruminans . L'angle de la mâchoire est formé comme chez ceuxci j la branche horizontale est plus haute et plus épaisse.

La mâchoire inférieure des ai\x\ï:e,s pachydermes, Vhippopotame excepté, est plus courte et plus haute; sa branche ascendante est plus large. Cette remarque s'applique particulièrement aux éléphans : chez V éléphant d' Asie et celui d'Afrique , la mâchoire inférieure, dépourvue de dents incisives , forme , en avant et au milieu, un prolongement concave à sa

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face supérieure. V éléphant d'Asie présente le prolongement le plus long et le plus étroit j chez \elephantus priscus , au contraire, il est très-court, ou manque tout-àfait. Le maxillaire inférieur de V hippopotame est énorme dans toutes ses dimensions. Son volume le cède peu à celui du reste de la tête. Il offre postérieurement , en dehors et en bas, dans la longueur de la branche montante , un fort prolongement , et , en avant, il est extrêmement élargi pour recevoir les dents angulaires, qui sont énormes. Les apophyses sont également très-prononcées.

La disposition de la mâchoire inférieure varie beaucoup chez les édentés ; cependant la plupart d'entre eux, comme les pangolins, les fourmiliers et les tatous, s'accordent entre eux et avec les monotremes , qui en sont voisins. La branche ascendante y est, en général, peu étendue d'un bout à l'autre, mais elle est Iongue dans la même proportion ; l'apophyse coronoïde est faible et fort éloignée du condyle; tout le maxillaire inférieur est mince et long 5 ses deux branches se rencontrent sous un angle aigu et sont appliquées en avant l'une contre l'autre, dans une étendue considérable.

La mâchoire la plus mince est celle des échidnés; l'apophyse coronoïde , qui est située vers l'extrémité antérieure du tiers postérieur, est la plus petite que l'on rencontre dans tous

d'aNATOMIF, comparée. 521

ces animaux - elle est plus grande chez Vorni- ^^oMj^ /2(7/fe, beaucoup plus reculée en arrière et partagée en une moitié externe et une interne; la mâchoire inférieure descend d'abord d'arrière en avant , puis s'élève de nouveau pour se déprimer au-delà une seconde fois. Les deux branches s'unissent entre elles au commencement de leur tiers antérieur; au-delà elles s'aplatissent, se recourbent fortement en dehors et s'écartent de nouveau l'une de l'autre.

Chez les fourmiliers , le condjle est appliqué sur la partie postérieure et la plus élevée de la branche ascendante. Celle-ci, au point où elle se confond avec la branche horizontale, forme un angle très-prononcé en arrière. L'apophyse coronoïde , qui est considérable, est située beaucoup plus bas que le condjle; elle se trouve, en proportion de la longueur de la mâchoire inférieure, beaucoup plus en avant que chez l'omzYAorAj/z^we.

La partie antérieure de la mâchoire est recourbée en bas.

C'est chez les tatous- que l'apophjse coronoïde a le plus de hauteur et est située le plus ' en arrière; il n'y a point de saillie à l'angle de la mâchoire (i),

(.) Sur l'individu de l'espèce du tatou géant déposedans le cabmet de M. Cuvier , la saillie n'est pas moins prononcée que sur le tamanoir, etc. ( N-. d. T )

rv.

52a TRAITÉ GÉNÉRAL

La forme du maxillaire inférieur des paresseux est toute différente. Il est court, trèshaut dans toutes ses parties ; la branche ascendante est aussi large que haute, semblable à rborizontale. L'apophyse coronoïde et celle de l'angle sont fort considérables. Les deux branches horizontales ne se rencontrent pas sous un angle aigu , mais elles se recourbent l'une vers l'autre dans leur partie antérieure.

11 est encore plus court et plus haut chez le mégathérium; il se prolonge, en avant, d'une manière un peu analogue à la disposition des éléphans, en une gouttière déprimée et étroite, dont la concavité est tournée en haut,

La mâchoire inférieure de la généralité des rongeurs se prolonge à sa partie postérieure. Elle y forme , dans ce sens , un angle extraordinairement allongé, étroit, pointu et dirigé en arrière. Elle est assez haute ; son condyle est fort convexe de dehors en dedans^ sa portion molaire est haute et épaisse ; la partie incisive, qui est située au-devant d'elle, est plus déprimée , arrondie et unie à celle du côté opposé dans une étendue considérable de sa longueur. La branche ascendante est forte, plus ou moins verticale, concave à sa face interne, convexe à l'externe; elle est surtout forte chez le rat des dunes ( mw^ maritimus). Le irou menionnier est toujours très-petit.

La mâchoire entière est constamment très-

d' AN ATOMIE COMPARÉE. SgS

giaude en proporlion , principalement aussi chez le rat des dunes , dont la hrauche ascendante est aussi haute que le crâne.

Une disposition caractéristique de cet ordre est surtout une forte saillie , convex,e en bas , concave eu haut, située à la face interne, qui, de l'extrémité antérieure , s'étend , au moins , jusque vers les molaires postérieures , et qui doit son origine à la cavité alvéolaire des dents îiicisives. Cette saillie est surtout énorme chez les hélamjs et le rat des dunes , où elle s'étend jusqu'au condyle.

Le condyle n'est pas le même partout ; il est, le plus souvent, allongé, étroit, et présente sa plus grande longueur d'avant en arrière, particulièrement dans les genres lièvre^ cabiai, marmote^ hamsterdécureuil; dans les genres hélanijs, rat, castor,porc-épic, il est, au contraire, plus court et plus large, presque quadrilatère.

L'apophyse coronoïde varie. Chez quelquesuns, par exemple les rats, le castor, In marmote, le hamster et Vécureil, elle est très-longue, située immédiatement au-devant du condyle , qu'elle dépasse considérablement. Elle est très-courte chez le rat des dunes.

Chez d'autres, particulièrement les gerboises, elle est placée fort en avant, beaucoup plus bas que le condyle, et elle est séparée du bord alvéolaire par une gouttière profonde.

Elle manque presque entièrement aux hélamjs^ aux lièi^res et aux cabiciis.

Â.u-dessous du condyle il s'élève , chez les gerboises , une cminence considérable , à la face externe de la branche montante.

Chez quelques rongeurs , notamment les loirs et les gerboises , on trouve , dans la base de l'angle , qiii est fortement prolongée en arre et en haut , une ouverture arrondie , fort étendue, qui perce l'os de dehors en dedans. Cette disposition est très-rare; je ne l'ai trouvée , outre les genres précités, que chez quelques animaux à bourse, savoir, les kangurous et les phascolomes. Cette ouverture est plus grande chez les rongeurs , plus petite mais plus dégagée chez les phascolomes.

Chez les sarigues et les carnassiers , la branche montante est également fort considérable , mais elle doit ce grand développement moins à l'apophyse de l'angle, qui est beaucoup plus petite, qu'à l'apophyse coronoide, qui est haute, très-large et située immédiatement audevant du condyle, qu'elle dépasse beaucoup. L'apophyse de l'angle se recourbe fortement en dedans chez les sarigues.

La longueur proportionnelle de la branche horizontale varie. Cette branche est , en général , d'autant plus courte que le mammifère est plus rapace : ainsi , chez les hjènes et les

d'ainatomie comparée. 325

ckats , elle est beaucoup plus courte que chez les chiens et les sarigues.

L'apophyse postérieure de l'angle disparaît chez les singes ; l'apophyse coronoïde se raccourcit ; kî condyle s'élève considérablement chez plusieurs , surtout chez r.eux qui ressemblent davantage à l'homme. Les Izçranches horizontales sont bien moins allongées ; elles sont unies entre elles par une ligne courbe. Cette sorte d'arçad,e est plus prononcée chez Vhommeqiie dans aucun autre mammifère, La branche moQiauie de V homme est considérable et dépourvue d'apophyse à l'angle j l'apophyse coronoïde est faible et déprimée.

Chez les sarigues., les carnassiers,., les singes et V homme , la surface du condyle offre sa plus grande longueur d'un côté à l'autre 3 elle est plane dans cette direction et convexe d'avant en arrière.

De tous les animaux V homme est le seul chez qui le bord inférieur de la mâchoire se porte en avant du bord supérieur; et c'est dans la race caucasienne que cette disposition est le plus prononcée.

Chez les mammifères , la mâchoire inférieure se compose, au plus, de deux moitiés latérales séparées; chacune d'elles me paraît naître par un point d'ossification unique.

Le nombre des ordres dans lesquels les deux moitiés latérales ne se soudent pas est

526 TRAIT/i GÉNÉRAL

supérieur à celui des ordres où ces moi liés se confondent,

11 faut ranger dans la première classe les cétacés, h l'exception du dauphin du Gange et du lamantin; lés ruminans , en en exceptant tous les chameaux ; les monotrèmes; les fourmiliers et les tatous, parmi édentés ; , puis les rongeurs, les, marsupiaux, les carnivores et \eîi makis. A la seconde classe appartiennenl les solipèdes; parmi les ruminans, tous les chameaux , même le genre auchenia les pachydermes; les paresseux , le mégathérium et le^ pangolins , parmi les édentés; le morse commun {trichechus rosmarus), parmi les carnassiers; enfin les chauvesouris, les j'Z77g-e5 et Vhomme.

Chez ceux où la séparation des moitiés latérales de la mâchoire inférieure est dans la règle, elle continue à subsister, alors même que les autres os , primitivement séparés , se soudent entièrement. Je trouve ainsi cette séparation sur des crânes parfaits de blaireau, de marte et de loutre, dont toutes les sutures sont complètement elFacées , à l'exception de celles situées entre le tympan et les os voisins. Il est

(0 Voy. Mechel ùber den im Skelet ausgesprochenen Uebergang von den Wiederkœuern durch die Kameele zu den Einhufcrn (Sur le passage que le squelette des chameaux forme entre celui de« ruminans et celui des solipèdes). Archiv fùr die Physiologie. Bd 8, S. i •

d'anatomie comparée. 5^7

digne de remarque que ce soieul précisément les tympans et les moitiés de la mâchoire inférieure qui soient séparés , parce que celle disposition rappelle les rapports de connexion des mêmes os dans les trois classes des vertébrés les plus inférieures , chez lesquelles les deux moitiés de la mandibule , ou les os qui composent ces moitiés , sont^également désunis. Cette longue persistance de la séparation des deux moitiés de la mâchoire inférieure est, du reste, d'autant plus curieuse que leur fusion s'opère de très-bonne heure chez les mammifères où elle doit avoir lieu , et même chez plusieurs vertébrés des classes inférieurès.

Il y a peu de différence relativement au mode de connexion de cet os avec le temporal. Cette articulation est opérée , très-généralement, au moyen d'unp. capsule assez lâche, qui est limitée et restreinte par des fibres longitudinales , surtout à sa partie externe , et qui est intérieurement partagée en deux moitiés par un fibro-cartilage mince ; de ces deux parties l'une est supérieure, l'autre est inférieure. Ce fibro-cartilage manque chez Vornithorhjnque. Les cétacés n'ont, à la place de la capsule, que de la substance fibreuse (i).

(r) Hunier in Philos, trans. Vol. LXXVll, p. 584-

Le^ caractères les plus généraux de la tête des mammifères ont été indiqués plus haut(i) : nous n'allons donc exposer ici que les modifications de sa forme générale d'après les divers ordres.

A. Surface extérieure.

Les cétacés présentent une conformation toute particulière.

Leur tête, qui est fort allongée, représente une pyramide à cinq cotés , dont la base est formée par la paroi occipitale et le sommet par l'extrémité de la face. La portion crânienne a beaucoup plus de largeur que de hauteur et de longueur^ la face est, au contraire, très-longue et étroite. Chez les dauphins ^ que nous considérerons d'abord, la paroi postérieure delà tête, constituée par la partie supérieure, et qui est la plus grande de l'occipital , monte obliquement en haut et en avant.

Le trou occipital, qui est vertical, est situé dans l'exlrémité inférieure de cette paroi.

La paroi inférieure est simple^ elle est, considérée en général, conçave d'avant en arrière

(?) Voy. p. ig5, etc.

d'anatomie comparée. 029

et d'un côlé à l'autre. En arrière de sa partie moyenne on voit les orifices postérieurs des fosses uasales , qui sont séparés l'un de l'autre par la cloison et conduisent à la cavité nasale , qui est dirigée de bas en haut. En arrière et en dehors on trouve le tympan ; il constitue une légère saillie et présente une forme arrondie et allongée. Pins loin , on rencontre la fosse temporale et l'orbite, qui forment une cavité commune , puisqu'elles ne sont séparées qu'à l'extérieur par l'apophyse zygomatique du coronal. Comme l'orbite n'offre ici aucune trace de plancher, on volt la face inférieure de sa voûte. Au-dessous de l'orbite , entre son extrémité antérieure et l'apophyse zygomatique du temporal , est située l'arcade zygomatique , qui est étroite. Au-devant de l'orbite , la face se resserre brusquement sans gradation , et constitue une sorte de bec. - A partir du point culminant du crâne qui coïncide avec l'extrémité supérieure de la lace postérieure de la tête, point dans lequel l'occipital, le pariétal et le cofonal se rencontrent et forment une protubérance, à partir de ce point, dis-je, la face supérieure de la lete présente un plan presque vertical jusqu'aux orifices antérieurs des fosses nasales; orifices qui sont ici supérieurs. Cette face est beaucoup pl us convexe fJans son milieu qu'aux parties latérales. Les oriiices des fosses nasales eux-mêmes sont petits, et

55o TRAITÉ GÉNÉRAL

forment , réunis , une ouverture quadrilatère, à angles arrondis, complètement partagée par la cloison nasale; au-devant de cette ouverture les maxillaires se renflent et constituent une tubérosité allongée.

Au-delà de ce point la région supérieure delà face s'incline suivant une pente beaucoup plus douce.

Les f^ces latérales de la portion crânienne sont très-hautes et fort convexes ; leur forme générale est arrondie. La fosse temporale et l'orbite sont limités en haut par un toit , qui s'élargit d'arrière en avant, et qui est constitué par le susmaxillaire et le coronal. La fosse temporale est assez profonde. H y a deux arcades zygoraatiques. L'une est postérieure ; elle est plus courte , mais plus large , dirigée de haut en bas et d'avant en arrière ; elle est formée par l'apophyse zygomatlque du coronal et celle du temporal ; ces deux apophyses se rencontrent à la partie moyenne de l'arcade. La seconde arcade zygomatique est horizontale ou recourbée en bas, plus longue , mais plu'3 étroite ; elle est formée par l'apophyse zygomatique du temporal et par le jugal. La première est évidemment une répétition de la conformation des vertébrés inférieurs (i). La face, aussi loin qu'elle est formée par les os supérieurs, est dépriaiée-j sur-

(i) Voy. vol. II, p. 74^ et 749.

d'anatomte comparée. 35 1

lont en avant ; l'addition même de la mâchoire inférieure, qui est également déprimée, n'augmente pas beaucoup sa hauteur.

Chez les baleines, la tête est plus allongée que chez les autres cétacés; la direction de sa face postérieure s'éloigne plus de la verticale que chez les dauphins. Elle est un peu concave chez les baleines , légèrement convexe chez les dauphins. Le trou occipital est petit dans les premières et dans le cachalot. Cette petitesse est teWe que, sur un crâne de balœna boops, long de quinze pipds, ce trou n'avait pas quatre poucesT de diamètre, dans quelque sens qu'on le prît 5 il est, au contraire , très-grand chez les dauphins. La fosse temporale a un peu moins d'étendue chez les baleines que chez les dauphins. Dans ceux-ci la mâchoire supérieure est un peu plus large que l'inférieurej dans les baleines, au 'contraire, l'inférieure est trois fois plus large que la supérieure , quoiqu'elle soit débordée , dans sa partie antérieure, par les fanons. Les apophyses zygomatiques du temporal se portent presque directement en dehors, chez les baleines; elles se dirigent plus en devant chez les dauphins. Les os frontaux sont situés presque entièrement sous la partie postérieure du susmaxillairf , chez les dauphins. Ils en sont tout-àfait recouverts chez les phjsètres; chez les baleines , ils sont entièrement libres. Les orih-

ces supérieurs des fosses nasales ne sout pas situés , comme chez les autres mammifères^ à l'exlrcmité antérieure de la face ; ils se trouvent à sa partie supérieure fort en arrière; disposition beaucoup plus marquée dans les dauphins que dans les haleines. Les orifices inférieurs ou postérieurs des fosses nasales sont situés, chez les dauphins beaucoup plus en avant que chez les haleines^ chez lesquelles ces orifices sont placés immédiatement au-devaut du trou occipital.

La conformation de la tête du dauphin du Gange est surtout digne de remarque. Au crâne , les condyles ne sont pas , comme chez les autres , rapprochés à leur partie inférieure ; ils sont, au contraire, séparés par un large intervalle dans toute leur longueur. La partie squameuse de l'occipital donne , de chaque côté, origine à une crcte élevée, qui est dirigée en haut et en avant. Entre ces crêtes il règne une fosse profonde.

Dans la région pariétale , le crâne offre une légère convexité, et non une dépression comme chez les autres.

La face est, dans cette espèce, surtout allongée ; les intemiaxillaires , les susmaxillaires et le vomer sont confondus; ils forment une sorte de bec long , étroit et aplati , qui est proportionnellement développé en hauteur. Les susmaxillaires ne sont pas plats à leur partie su-

d'anatomie comparée. 335

périeure ; après avoir atteint lîi coronal , en cet endroit , ils se portent fort en dedans et en haut, et se touchent presque par leurs Lords internes. Le bord antérieur et libre de celte pièce osseuse est fortement dentelé, sa face interne se compose d'un tissu cellulcux et spongieux. La cavité nasale, étroite et non divisée chez les autres cétacés, est, dans l'espèce qui nous occupe, fortement élargie eu haut et en avant par la cavité spacieuse qui se trouve en cet endroit.

La tête du cachalot (phjseter) et de Vhjperoodon a quelque ressemblance avec celle du dauphin du Gange. Elle se distingue de celle des dauphins en général, principalement par la hauteur du crâne et par la compression que cette partie présente d'avant en arrière, par la verticalité de la portion squameuse de l'occipital, le raccourcissement de la face et la concavité de la face supérieure de la région faciale de la tête. Ces conditions sont surtout frappantes chez Vhyperoodon : les susmaxillaires de ces animaux s'élèvent au côté externe de leur partie postérieure, dans une direction verticale et sans gradation , de manière à constituer une lame arrondie; disposition d'où résulte une fosse profonde. Cela est moins prononcé chez le cachalot : aussi la face y est plus large et la fosse plus superficielle.

Chez le dugong et le lamantin, la conformation de la tête s'éloigne moins que chez les au-

1res cétacés de celle des autres mammifères . Le crâne est moins vertical encore; 11 est allongé, moins comprimé d'avant en arrière, plus plat et plus étroit; lescondyies sont plus élolgnésl'un de l'autre; la fosse temporale a plus de longueur; cette fosse et les orbites ne sont pas couverts à leur partie supérieure. Les orifices supérieurs des fosses nasales sont davantage placés su rie devant, principalement cliezle lamantin. L'arcade zjgomatique est forte, large, plus ou moins convexe à sa face inférieure. Chez le dugong, la portion faciale monte d'abord , puis elle descend tout à coup considérablement , en passant au-devant de la mâchoire inférieure. Elle est, dans celte espèce, à cause du grand développement des dents incisives, beaucoup plus étendue que chez le lamantin, où elle est à la fois plate, déprimée et plane.

La tête des solipedes et des ruminons se distingue, d'une manière tranchée et sans transilion, de la forme précédente, par le peu de hauteur et la disposition oblongue du crâne, ainsi que par la hauteur de la face, qui est tout à la fois fort longue. La face postérieure delà tête est étroite et concave; elle monte assez verticalement en haut et se continue , sous un angle droit, avec la face supérieure et les faces latérales , en présentant une crête plus ou moins développée à sa partie supérieure.

A la face inférieure, la portion crânienne ne

d'anatomie comparée. 335

forme environ que le quart ou le cinquième du toui; les orifices postérieurs des fosses nasales sont, par conséquent, situés fort en arrière,

La partie moyenne fait une forte saillie ar.dessus des parties latérales : il en résulte que toute la face inférieure du crâne est convexe. Les arcades zygomatiques correspondent aux extrémités du plus grand diamètre transversal. La paroi inférieure de l'orbite n'existe qu'eu avant, oii elle est formée par l'extrémité postérieure du susmaxillaire. La face palatine est assez plane 3 elle présente uue diminution considérable et subite de largeur, en avant des dents molaires, surtout chezles chameaux et les solipèdes. Les trous intermaxillaires qui existent dans cette portion contractée sont, en général, énormes chez les ruminans ; les chameaux sont , des animaux de cet ordre , ceux qui les présentent au moindre développement. Ceux des soliphdes sont encore plus petits.

La face supérieure du crâne est légèrement convexe ; elle offre sa plus grande largeur audessus des orbites. Au-devant de ceux-ci elle devient beaucoup plus étroite , et offre le plus souvent une inclinaison des deux côtés, qui est cependant presque nulle chez les chamois; audevant des os nasaux, elle se dilate de nouveau, pour se terminer enfin par un autre resserrement. L'ouverture nasale , qui est située en cet endroit , est très-grande , allongée , et

descend verticalement de haut en bas et d'ar rière en avant. Il existe, chez le chamois , un intervalle fort considérable entre la face supérieure et la latérale , par suite de la séparation des os nasaux (i); cette lacune s'élargit d'avant en arrière et laisse apercevoir la partie antérieure de l'ethmoïde et les cornets inférieurs.

La face latérale de la tête, quand on la considère conjointement avec la mâchoire inférieure, est fort haute; seule elle est déprimée. Le crâne j est également convexe ; les faces latérales se continuent avec la supérieure eu s'arrondissant insensiblement. La fosse temporale et l'orbite se confondent, et ne sont limités qu'extérieurement par un pont osseux. Chez les ruminans , la partie supérieure de cette barre osseuse est. formée par la longue apophyse zygomatique qui descend du coronal ; l'inférieure l'est ^ au contraire , par l'apophyse frontale de l'os jugal ; tandis que les solipedes oflrent encore , d'une manière fort remarquable, le type des cétacés : en effet, chez eux, l'apophyse zygomatique du coronal se prolonge jusqu'à l'apophyse zygomatique delos temporal.

Malheureusement je ne puis dire comment se comportent à cet égard les chameaux: car,

(i) Voy. , ci-dessus , p. 290.

d'axatoîwis comparée. 55 j

sur trois crânes de dromadaires que j'ai entre les njains , le jugal et le coronal sont soudés complètement , quoique le temporal soit parfaitement isolé de l'un et de l'autre (i).

D'après M. Cuvier (2) , la différence indiquée n'aurait pas lieu; les soliphdes différeraient des rumin'ans seulement en ce que chez eux il descend une apophyse du coronal au corps du jugal, tandis que, chez les ruminanSy l'apophjse monte du jugal au coronal. Mais le premier regard jeté sur un crâne de cheval fait voir l'inexactitude de cette assertion (3).

Les orbites forment un cône , dont la hase coïncide avec leur extrémité antérieure, et le sommet avec l'extrémité postérieure et inférieure. Ils sont plus complètement couverts à ; leur partie supérieure chez les ruminans que

(1) La collection de M. Cuvier renferme une tête de jeune chameau qui ne laisse aucune espèce de doute à ce sujet. Le cAa/Tzeàu, diffère du cheval : l'apophyse zygomatique de l'os des tempes n'y dépasse pas le jugal, et n'a aucune connexion avec Vos du front. ( JY. d. T. )

(2) Leçons, II, p. 64.

(5) Les pièces du cabinet de Paris équivalent certainement à une publication : on y trouve une tête de jeune .poulain, chez laquelle la disposition indiquée' par M. Meckel est confirmée; il suffit donc de dire que la préparation dont il s'agit est exposée à l'étude dans le cabt net de Pans pour ne pas douter que l'inexactitude commise ne soit réellement réparée. (i^V. d. T. ). 1/.

chez les solipèdes; leur base, qui n'existe que dans sa partie antérieure, est également plus grande chez les premiers; elle est formée , en général, dans Vuti et l'autre ordre , en dedans, par la portion postérieure du lacrymal, en dehors par l'os jugal, qui, chez les solipèdes, sont appliqués sur le susmaxillaire ; chez les chameaux ces parties sont couvertes par le susftiaxillaire lui-même. La partie postérieure de la paroi inférieure et toute la paroi postérieure manquent, à l'exception du pont osseux précédemment indiqué.

La moitié antérieure ou faciale des faces latérales a la forme d'un carré long; la moitié postérieure, plus grande, qui renferme les dents molaires, a beaucoup plus de hauteur que l'antérieure.

La première se termine en pointe : cette forme résulte de l'inclinaison insensible du bord supérieur, dans la direction de haut en bas et d'arrière en avant, sur le bord inférieur, qui est droit.

La seconde offre diverses conformations particulières chez plusieurs ruminans. 11 existe, plus généralement, entre le coronal, le nasal, le lacrymal et le susmaxillaire , un intervalle qui n'est fermé que par une membrane. La forme et l'étendue en varient considérablement. C'est chez les chamois qu'il olFre le plus

d'.watomie comparée. 539

d'étendue ; les fissures mentionnées y sont fort allongées; elles sont limitées , en dedans , par le nasal , en arrière par le coronal, en dehors par le lacrymal et le susmaxillaire ; elles sont tout-à-fait ouvertes en avant. Le mo«^/ZoA2, plusieurs variétés de moutons, surtout celles à plusieurs cornes et les antilopes, ont une conformation semblable; seulement l'intervalle est plus court et n'est large qu'à sa partie postérieure. Chez les cerfs , l'intervalle est plus court , beaucoup plus large , triangulaire ou quadrilatère.

Dans les chèvres, il est plus petit que chez les cerfs; il correspond seulement à la région posté neure de ces os, parce que le susmaxillaire et l'os nasal s'appliquent l'un contre l'autre dans

lamajeurepartiedeleur longueur. Cetintervalle est enfin beaucoup plus petit encore chez le c^ameau; le nasal ne concourt pas à sa formation. Il est, par conséquent, digne de remarque que je raietrouvé,chezle /amrt, presque aussi étendu que chez les cer/i. Il manque communément à d'autres , principalement aux moutons et aux bœufs.

J'ai déjà fait mention d'une autre disposition insolite : je veux parler de l'excavation considérable creusée dans l'os lacrymal (i).

Parmi les pach)^dermes , les cochons ont le

(i) Voy. p. 2g3 et 294.

54 O TRMTÉ Gl'îNÉRAL

plus de ressemblance avec les animaux précédens. Leur tête est plus allongée , plus étroite et plus haute en arrière ; la portioq faciale en est proportiomiellemeut plus grande; la face postérieure monte plus verticalement de bas en haut et d'avant en arrière^ de sorte qu'elle se continue avec la supérieure sous un angle aigu. Cette dernière descend verticalement de ce point jusqu'à l'extrémité antérieure. Chez le cochon commun et le safiglier du Cap-Vert (sus œthiopicus) , les extrémités des deux fosses temporales sont séparées par une surface large; chez le bahiroussa , elles aboutissent à une forte crête sincipitale. Les faces latérales de la tête se distinguent, d'un côté, par la hauteur proportionnellement moindre de leur partie postérieure et la hauteur plus considérable de la partie antérieure , ce qui tient au développement plus fort des dents antérieures; et de l'autre côté, par la conformation plus imparfaite de l'orbite, dont le cercle est loin d'être fermé postérieurement et dont le plancher manque tout-à-fait. Il est digne de remarque que le pécari, qui a d'ailleurs tant d'analogies avec les iitminans ^m'an offert les apophyses frontale et zygomatique, qui tendent à former le cercle orbitaire , beaucoup plus longues qu'elles ne le sont chez les autres cochons.

D'ANATOMIK COMPAIUÎK. 34.1

Unedisposition propre aux çochonsalquï est en harmonie avec la forme allongée de leur lête consiste en ce que les apophyses du temporal,! le jugal, les ailes inférieures du sphénoïde et la partie postérieure du susmaxîllaire, au lieu d'être droits , se dirigent obliquement de haut en bas et d'arrière en avant. Cette disposition , prononcée au plus haut degré chez le sanglier d'u^- /riçiie, est à son minimum chez le cochon cerf (^babiroiissa).

La face inférieure se dislingue surtout par l'étroitesse et la compression latérale de toutes lesparlies,principalement des portions acoustiques du temporal, qui sont plates et se prolongent considérablement en avant.

Le crâne des rhinocéros a beaucoup de hauteurj il n'est ni très-long ni très-large, parce que le susmaxillaire a autant de hauteur que de longueur, surtout dans sa partie postérieure. La face postérieure , qui est très-large, monte, à partir du-trou occipital, très-obliquement d'arrière en avant , chez le rhinocéros . d'Asie, et dans le sejis inverse chez le rh. tei- . chorhinus.

Le crâne est fortement comprimé dans ses régions temporale et pariétale. La face supérieure descend d'abord très-verticalement chez le rhinocéros unicorne, un peu moins chez celui à deux cornes. Au-delà, il y a un enfoncement qui est beaucoup plus long et plus pro-

04'i ■ ' ÏRAITÉ GÉNÉRAL

nonce chez Viinicorne. Vlus loin encore existe, chez le même , une protubérance rugueuse, et deux chez le bicorne. Ces protubérances sont destinées à recevoir les cornes : l'antérieure, qui existe seule chez Vunicorne , appartient à l'os nasal^ la postérieure fait partie du coronal. La face, en outre, est large; la largeur en est même beaucoup plus considérable que celle du crâne. Les nasaux, recourbés en forme de crochet , débordent la partie antérieure du susmaxillaire , dont ils sont séparés par un large intervalle. 11 faut en excepter le rhinocéros teichorhinus ^ où l'os nasal est uni aususmaxillairepar une cloison osseuse, qui s'étend insensiblement aussi jusqu'au voraer et partage les deux cavités nasales d'une manière complète; disposition que l'on ne voit chez nul autre animal. L'orbite et la fosse temporale ne font qu'une cavité; il y a pour tout indice de séparation une faible apophyse frontale de l'os jugal. L'apophyse zygomatique est longue, haute, obliquement dirigée de haut en bas et d'arrière en avant ; elle est, par suite de l'é^roitess du crâne , éloignée par un intervalle assez con sidérable de sa paroi latérale. La voûte palatine occupe à peu près la moitié antérieure de la face inférieure de la tête.

La tête du daman est surtout plus courte , sa portion crânienne est plus haute et plus arrondie; la faciale est moins haute, parce que les

d'anatomie comparée. 343

nasaux ue s'élèvent pas autant; elle est, du reste, formée d'après le type commun. La fosse temporale et l'orbile sont à la vérité confondus et forment une cavité d'une étendue moyeuue; mais les apophyses du jugal et du coronal, qui sont tournées l'une vers l'autre , s'approchent presque au contact.

Le crâne du tapir descend verticalement eu avant; il est très-déprimé à sa partie antérieure. La face postérieure est étroite , peu haute, fort concave. Les pariétaux et les moitiés latérales de la portion squameuse de l'occipital se portent, chez le tapir d'Amérique ^ fort verticalement les uns vers les autres , pour former une crête convexe en haut et pas très-tranchante; chez le tapir d'Asie , ces os forment , au contraire, une large surface sans éminence.

Les nasaux, qui sont courts, constituent une saillie qui dépasse seulement la partie postérieure de la large ouverture nasale; ces os sont fort éloignés de l'extrémité antérieure de la face. C'est là le caractère distinctif de la tête du tapir. L'arcade zygomatique est forte et descend verticalement en avant. Les limites de l'orbite et de lafosse temporale, dont l'étendue est médiocre dans le sens vertical , sont, indiquées par des apophyses un peu plus fortes que chez le rhinocéros, mais beaucoup plus faibles que chez le <:7a/na«.

Le crâne des [éléphans est arrondi, court;.

344 TllAlTÉ GÉNÉRAL

très-haut et large. Sa face posiérieiyre monte en se voûtant de bas en haut et d'arrière en avant; la supérieure descend verticalement.

L'orbite et la fosse temporale sont peu prononcés, et nullement séparés ; l'apophyse zygomalique est droite. L'ouverture nasale , qui est large, est située fort en arrière et en haut ; les os nasaux, très-petits, ne la débordent presque pas. Le susmaxillaire et l'intermaxillaire, celui-ci surtout , etpar suite la partie de la face quecesos représentent, sont prolongés enavant en forme de bec; ce qui lient au développement considérable des dents incisives. La voûte palatine s'étend presque jusqu'au trou occipital.

\J hippopotame a une tête longue et peu haute ; la portion crânienne en est beaucoup plus large que la faciale , à cause de la saillie considérable que Tarcade zygomatique fait en dehors ; néanmoins la partie antérieure de la face se dilate, de nouveau , fortement , par suite de l'ampleur des alvéoles, destinées aux dents angulaires ou laniaires, qui se portent en dehors. La paroi postérieure de la tête est largp, et verticale ; le bord supérieur de l'occiput dépasse môme l'inférieur en arrière. La faCe supérieure est assez plane; elle est fort concave dans la région orbitaire, à cause de la saillie considérable que les parties orbilaires da coronal font en haut et en dehors. L'orbite, qui est profond, n'est séparé qu'en dehors delà

d'anàtomie comparée. 345

fosse temporale 5 celle délimitalion fesl opérée par un cercle qui n'est pas môme complet daus le jeune âge ; en haut, ces cavités sont limitées parla paroi postérieure du demi-canal que forme le coronal. Ce n'est qu'en avant et en dedans que l'extrémité postérieure du susmaxillaire forme un plancher orbitaire.

La voûte palatine, qui est étroite, entre pour trois quarts dans toute l'étendue de la face inférieure de la tête.

Les monotrèmes ont un crâne très -arrondi, dépourvu de crête et petit , proportionnellement à la face. L'orbite et la fosse temporale sont confondus; la dernière est assez grande. L'arcade zygomatique est haute et droite. La face de V ornithorhjnq ue est irès-large , surtout en arrière, où la partie correspondante aux dents molaires forme, des deux côtés, une saillie très-détachée et considérable; son extrémité antérieure présente aussi une largeur remarquable, qui résulte du grand écartement des os intermaxillaires. Elle est, en outre, très-peu élevée, et sa hauteur diminue peu à peu et dans une proportion notable d'arrière en avant. 11 existe à son extrémité antérieure, par suite du grand écartement des susmaxillaires , un intervalle triangulaire , vaste , qui règne dans toute sa hauteur; les orifices extérieurs des fosses nasales ne correspondent qu'a une très-petite partie de cette lacune.

La face supérieure delà lete, qui esl très-longue , décrit une pente insensible et non^îiiterrompue dehaut en bas et d'arrière en avant. L'inférieure esl également très-longue et fort excavée principalement en arrière. Les orifices postérieurs de la cavité nasale , qui a une grande longueur, mais peu de hauteur, sontsituésà peu de distance au-devant du large trou occipital.

La conformation s'écarte moins de la disposition la plus générale chez les échidnés ; la face est plus courte, beaucoup plus étroite, et diminue de largeur d'arrière en avant 5 l'intervalle entre les susmaxillaires, qui ne sont pas séparés antérieurement , est beaucoup plus petit. Une chose digne de remarque, et qui rappelle surtout la conformation des chéloniens, est que la partie postérieure, et la plus grande, de l'arcade zygomatique, se prolonge tellement en haut, qu'elle constitue un toit qui est soudé supérieurement avec la paroi latérale du crâne (i). Celte élévation considérable porte vraisemblablement sur la portion de l'arcade qui est formée par le temporal.

Les édentés offrent également des dispositions extrêmement variées.

Chez \qs fourmiliers ^ surtout le tamanoir, la tête est étroite, peu élevée, extrêmement allongée; la forme de la face se rapproche beaucoup de celle d'un bec.

(i) Voy. p. 257.

D anatGmie comparée. 347

La face postérieure est peu haute ; elle est un peu disposée en forme de toit; des empreintes musculaires la rendent rugueuse et inégale. La supérieure présente une convexité égale d'avant en arrière; sa moitié postérieure, qui est la plus grande, a une largeur uniforme, et double de celle de la moitié antérieure. Les faces latérales sont légèrement convexes en arrière; viennent ensuite les fbsses temporales, qui sont plates, et les orbites, dont la séparation d'avec les régions voisines n'est indiquée qu'en haut par le moyen d'une saillie faible et convexe : car il n'y a ni voûte, ni plancher, ni aucunes traces de cloison ou de délimitation par une arcade zygomatique. La face inférieure de la tête se distingue surtout , chez le tamanoir et le tamanduai, par la lon- •gueur de la voûte palatine, qui est encore augmentée par la soudure des apophyses ptérygoïdes, qui sont courtes et plaies. Une conséquence de cette disposition est que l'orifice postérieur de la cavité nasale est situé immédiatement au-devant du trou occipital. Chez le fourmilier didactjle, Iqs ailes inférieures , . beaucoup plus longues et s'étendant presque jusqu'à l'extrémité postérieure de la tête, ne s'atteignent pas; mais elles se portent l'une vers l'autre, en présentant à la rencontre l'une de l'autre une saillie. Les os palatins , beaucoup plus courts , se terminent déjà à la partie

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