‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 82 sur 83 · O TRAITÉ GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

O TRAITÉ GÉNÉRAL

dedans par un pont osseux; ce canal conduit d'arrière en avant dans le sillon destiné à loger le sinus transverse, et d'en-bas dans le trou déchiré postérieur : il en résulte qu'il semble ici plus porté en dedans.

4° Entre la portion articulaire de l'occipital et le rocher on trouve le trou déchiré postérieur, qui est droit ou dirigé de dehors en dedans et d'arrière en avant : c'est l'ouverture de communication commune à la carotide interne et aux trois avant- derijiers nerfs encéphaliques. Ce trou n'est dans aucun animal aussi considérable que dans l'homme et les cétacés ; chez les derniers, il occupe la position la plus antérieure , ce qui tient probablement à ce que leur crâne est comprimé d'avant en arrière, 11 est irrégulier dans les deux ordres indiques , et mérite , par conséquent , le nom qui lui a été imposé. Dans les autres mammi' feres , il représente , le plus souvent , une ouverture allongée ou arrondie , qu'un pont osseux partage souvent en plusieurs autres de dehors en dedans. Il est surtout petit chez les ruminans , mais il semble y être remplacé par une grande ouverture située entre le pariétal et la portion squameuse de l'occipital.

50 Entre le rocher, l'aile postérieure du sphénoïde et le corps du sphénoïde postérieur ou de l'occipital , on trouve le trou déchiré antérieur, qui reçoit la carotide interne à sa

sorlie du canal carotidien • souvent il se confond, en avant, avec le trou ovale du sphénoïde; il est, eu outre, fermé par de la substance fibro -cartilagineuse.

Lorsque le rocher est grand et allongé , lorsqu'il s'étend fortement en dedans et qu'il s'applique , par conséquent, par son sommet, au corps du basilaire, il sépare le trou déchiré antérieur du postérieur; mais lorsque cet os est court, les deux trous sont confondus. La première disposition se remarque chez l'homme et V ornithorhjnque ; la seconde est remarquable surtout chez les soUpecles et les cétacés. Chez plusieurs animaux, ce trou est entièrement ou presque entièrement oblitéré par suite du développement considérable que le rocher prend en bas et en dedans : cet os s'applique en effet non seulement au corps du basilaire, dans une grande longueur et d'avant en arrière, mais il atteint même l'aile postérieure du sphénoïde. Celte disposition est surtout très-générale chez les carnivores et les quadrumanes .

D'après M. Cuvier (i), il manque aussi aux ruminans ; cependant je le trouve chez ces animaux, et il est chez quelques-uns même plus considérable que le postérieur.

Il manque tout-à-fait à plusieurs rongeurs ,

(i j Loc. cil. , p. 49'

surtout au cochon cT Inde ^ et presque entièrement à Vécureuil. Indépendamment du cabiai, du porc-épic , du lièf^re et de V agouti, chez lesquels M. Cuvier signale avec raisou l'existence de cette ouverture assez considérable , je la trouve aussi chez le castor.

Ce trou manque, au contraire, aux marmotes , tant à celle des Alpes qu'au monaoc [arctomjs mo/2«x) , auxquels il est attribué par M. Cuvier, qui paraît avoir pris pour ce trou le trou ovale du sphénoïde.

11 semble exister un antagonisme déterminé entre le trou ovale et le trou déchiré antérieur, relativement à la présence de celui-ci en général , et de son étendue en particulier. Eu effet, lorsque le trou ovale est grand , le trou déchiré antérieur manque ou s'oblitère ; lorsqu'au contraire le premier n'estpas fermé à sa partie postérieure, le second existe etse montre plus grand.

6« Le canal carotidien est situé ou dans le rocher, ou entre cet os et la grande aile du sphénoïde j dans ce dernier cas , il forme seulement la partie externe de la portion antérieure du trou déchiré; dans le premier cas, son orifice antérieur s'ouvre en cet endroit. Lorsqu'il est creusé dans le rocher, il monte , en se voûtant, de bas en haut et d'arrière en avant ; lorsque cela n'a pas lieu , il monte plus verticalement. Il parcourt, en général, chez

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Vhomme et les singes, une partie considérable du rocher • mais il y a beaucoup de différence, à cet égard ; quelquefois même , quoique cela soit très-rare, la paroi inférieure en manque complètement 5 du moins cette particularité m'est offerte par plusieurs têtes à hommes.

M. Cuvier(i) fait remarquer seulementpour les carnassiers que leur canal carotidien est moins contourné et plus court que chez les animaux précédens. Je le vois, en effet, sur seize crânes de phoques de différentes espèces , traverser toujours le rocher. Je trouve la même chose sur la plupart des crânes de chiens; mais souvent il n'y a chez eux aucune trace de ce canal , si ce n'est une échancrure à l'extrémité antérieure du rocher. Plusieurs de ces animaux , particulièrement les ours , leblalreauet le morse, réunissent les deux conditions; chez eux le canal chemine tout-à-fait en bas dans le rocher , en ligne directe et d'arrière en avant ; son extrémité antérieure est visible à l'extérieur du crâne , et il entre de là dans le trou déchiré antérieur.

Chez les cétacés , les ruminons , les solipèâes , la plupart àes pachydermes et des rongeurs, il se confond tout-à-fait avec le trou déchiré.

(1) Leçons, II, 5o.

Les ouvertures du spliénoïdc qui donnent passage aux branches du nerf irifacial et aux nerfs qui se rendent à l'organe de la vue sont : 70 le trou omle , 8" le trou rond, 9° la Jîssurc sphéno'klcde, 10° le trou optique, et 1 le canal vidien ; elles varient considérablement sous le rapport de la forme, de la position et des délimitations qui les isolent les unes des autres.

D'après une loi générale les ouvertures séparées dans les ordres élevés se confondent plus ou moins et de différentes manières dans les ordres inférieurs.

Chez \ homme et les quadrumanes , tous ces trous sont exactement séparés les uns des autres. La même chose a lieu chez la plupart Aes, carnassiers , principalement les plantigrades et les digitigrades , de même chez les fourmiliers, et, autant que je puis voir, aussi chez les cétacés.

D'après M. Cuvier (i) , le trou ovale se confondrait avec le trou rond chez plusieurs , notamment chez les phoques , les ours , le blaireau , et chez le vampjre parmi les chéiroptères; cependant , dans le fait , ces deux trous sont toujours séparés. Il s'opère au contraire,

(1) Leçons , II , 48-

d'anatomie comparée. 45.5

chez le morse et les pJioques en général , une fusion entre la fissure sphénoïdale elle irou rond, qui ne sont, en effet, que peu séparés chez les autres animaux j disposition qui pourrait conduire à admettre qu'ils j sont également confondus, surtout chez les ours et le blaireau. Je n'ai jamais vu le trou ovale uni aux ouvertures antérieures; en revanche, le trou rond est confondu avec la fissure sphénoïdale, chez les ruminans ^ les solipedes ^ les pachydermes ^ et parmi rongeurs , chez le castor^ la marmote, les cabiais et le porc-épic.

D'un autre côté, le bord postérieur du trou ovale se montre assez souvent incomplet ; il se confond alors avec le trou déchiré antérieur. Cette disposition se manifeste quelquefois chez \ homme, mais rarement et comme anomalie. Elle est , au contraire , régulière chez les qitadrumanes , plusieurs rongeurs , surtout les porcs-épics , les castors et les lièvres , chez les pachydermes , les solipedes et les fourmiliers . Chez les solipedes il n'est souvent pas même indiqué par une échancrure. Dans i' homme, les carnivores , les ruminans , surtout les chameaux, chez plusieurs rongeurs , particulièrement les genres cabiai , écureuil et marmote, il est, au contraire , complet et exclusivement contenu dans le sphénoïde.

Le Irou optique est presque toujours séparé des autres, surtout de la fissure sphénoïdale. IV- • 28.

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Je trouve cependant chez le kanguroit que le pont étroit qui sépare ces deux ouvertures n'est pas complet en bas et en avant. Chez Vornithorhjnque , il constitue seulement une espèce de golfe dans le pourtour externe de la fissure sphénoïdale. D'après Desmoulins (i), il manquerait aussi chez la taupe; mais je trouve, immédiatement au-dessus de l'ouverture qui correspond à la fissure sphénoïdale et au trou rond , un pertuis très-fin, qui est l'origine d'un long canal ; ce canal se termine au-devant de la selle turcique; il est, sans contredit, la voie qui donne passage au nerf optique.

Les trous optiques des deux côtés sont , en général, séparés l'un de l'autre par la partie moyenne du sphénoïde antérieur, qui est situé entre eux ; ils se dirigent , sous la forme d'un canal plus long ou plus court , obliquement de dedans en dehors et d'arrière en avant. Mais lorsque cette partie moyenne du sphénoïde se recourbe fortement en avant , et que les trous se rapprochent pkis près l'un de l'autre , ils se confondent comme chez plusieurs rongeurs ^ notamment le lièvre, en outre chez le kangurou et le cochon. Ils représentent alors une ouverture triangulaire dont la base est en arrière , et dont le sommet, formé par la partie moyenne du sphénoïde antérieur, est en avant.

(i) Magcndie, Journal de pJrysiol. , t. IV, p. roi.

d'anatomie comparée. 4.57

Plusieurs rongeurs , par exemple le cabiai et le porc-épic, en outre les solipèdes , les ruminans et les carnassiers, particulièrement les ours , les coatis , les chiens et les chats , offrent un rapprochement très-distinct vers cette organisation. Quand on considère leurs trous optiques dans la direction transversale , on peut voir à la fois à travers tous les deux , quoiqu'ils soient plus écartés l'un de l'autre et que la partie moyenne du sphénoïde soit moins fortement projetée eu avant.

L'étendue de ces ouvertures est en rapport direct avec le volume des nerfs qui les traversent ; elle dépend aussi de leur réunion ou de leur séparation.

La fissure orbitaire, seule, et plus encore lorsqu'elle est unie au trou rond, est ordinairement

la plus grande deces ouvertures; après elle, vient le trou rond oule trou optique. Acause du grand développement des organes de manducation des animaux , leurs trous ovale et rond sont, en général, proportionnellement au trou optique, plus grands que chez V homme; cet excès de dimension est d'autant plus prononcé que chez plusieurs d^entre eux, par exemple les ours et genres voisins, les marmotesel les hérissons, le trou optique a une étendue absolue peu considérable. La conformation des quadrumanes ressemble cependant beaucoup à celle de l'homme. La forme de ces ouvertures, môme en faisant

absiraclion des modificaticns que l'on remarque lorsqu'elles seconfondent, n'est pas partout la même.

Les trous optiques ont dans la plupart des mammifères un peu moins de hauteur que de largeur, même chez Vhomme^ mais surtoutcliez plusieurs rongeurs, par exemple le castor.

La fissure sphcnoïdale, qui , chez V homme, est allongée et dirigée obliquement de bas en haut et de dedans en dehors , représente déjà chez les singes et plus encore chez les autres mammifères une ouverture arrondie ; ce qui est fort curieux comme ressemblance avec d'autres ouvertures nerveuses qui s'observent sur des vertèbres et sur les os vertébriformes de la tête. Cette forme est surtout distincte chez les carnassiers , principalement les chiens , les chats., les ours , les coatis y les blaireaux, les martes , moins chez les phoques et le morse; elle l'est également chez les solipèdes , les ru~ minans et les pachydermes. Chez les cétacés cette fente est au contraire allongée, étroite; mais elle affecte une direction opposée à celle qu'elle a chez V homme.

Les ouvertures qui marquent, à la face, le trajet du nerf Irifacial , surtout de la seconde et de la première branche , sont 1 2° le trou sphéno -palatin; i le canal sphéno - palatin , mieux canal palatin , ou canal maxillo-pakitin; i4° le canal sous - orbitaire ; i5° le

d'anatomie comparée. 459

trou intermaxillaire ; 16» le trou ethmoïdal ouorbitaire interne; 1 7° le trou /renia Ion susorbitaire; el 18" le trou malaire onjugal. Les quatre premières de ces ouveriares correspondent à la seconde brandie du nerf, les autres à la première branche; les premières sont de toutes les plus considérables et les plus variées.

Le trou s phéno -palatin forme en haut une échancrure dans la branche montante de l'os palatin 3 il conduit de rorblte dans la cayiié nasale , et donne passage aux nerfs du nez. Le canal palatin est situé à une petite distance en arrière ou au-dessous de ce même trou ; il est formé supérieurement par l'os palatin , inférieurement, tout-à-fait ou en grande partie, par le sus-maxillaire ; il se termine en arrière à la voûte palatine par un ou plusieurs orifi- ■ces , qui constituent les trous palatine postérieurs. Plus en devant on trouve le canal sous-orbitaire , qui se termine à la région antérieure de la face par le trou sous-orbitaire. A la partie la plus antérieure de la voûte palatine on rencontre le trou intermaxillaire .

Chez tous les animaux, V homme et les singes exceptés, les terminaisons et les origines de ces voies de communication sont libres, même sur les têtes non désarticulées.

Chez les animaux , le trou sphéno-palatiu et et le trou palatin postérieur et supérieur sont situés , le plus souvent , à l'extrémité anlé-

rieiire de la paroi interne de l'orbite, fort en avant de la fissure sphénoïdale et du trou rond, dont ils sont les continuations, quant au irajet des nerfs. Plus en devant et en de-; hors d'eux existe le canal sous-orbitaire , qui se dirige en droite ligne d'arrière en avant. Le canal palatin affecte une direction oblique de haut en bas et d'arrière en avant, ou tout-àfait horizontale. ChezV homme et les singes, la disposition de ces voies de communication est plus compliquée et plus cachée , parce que le maxillaire supérieur est situé plus en arrière , que la grande aile du sphénoïde se développe en dehors dans le sens de la largeur , que le palatin et l'aile inférieure du sphénoïde descendent verticalement en arrière en se superposant et en se plaçant l'un à'côté de l'autre. Il en résulte que le trou sphéno - pala lin est situé immédiatement au-dessous et au-devant du trou rond , fort en dedans , et qu'il est masqué par le maxillaire supérieur et l'aile descendante du sphénoïde ; 2° que le canal palatin , qui est situé en arrière et au-dessous du trou rond, et dont l'origine est également cachée , descend verticalement dans la plus grande partie de son étendue^ 3° qu'il existe une autre fissure, la fissure orbitaire inférieure ou sphéno-maxillaire^ qui part de l'extrémité inférieure de la fente sphénoïdale et se dirige en dehors et en bas, entre le maxillaire supérieur

d'ana-tomie comparée. 44i

et l'aile dusphénoïde. Le milieu de cette fissure est traversé par le sillon sous-orbitaire , qui se porte en avant , par-dessus le corps du maxillaire supérieur, et qui, le plus souvent, se convertiti seulement à sa partie antérieure en un canal aboutissant à la région antérieure de la face par le trou sous-orbitaire.

Outre les conditions indiquées , ces ouvertures offrent encore les différences suivantes.

Chez les cétacés , le canal palatin est trèscourt, étroit, et n'existe que dans sa partie inférieure. 11 ne semble pas avoir d'autres orifices propres que le supérieur, le postérieur et l'inférieur, à moins qu'on ne veuille regarder comme tels quelques petits orifices situés eu haut à la base des os palatins et des ailes inférieures du sphénoïde. La disposition du canal sous-orbitaire et de ses orifices antérieurs est tout-à-fait particulière. 11 existe dans le susmaxillaire , immédiatement au-devant et audessous de l'endroit qui chez les dauphins, etc., s'applique sous le coronal , deux ouvertures très-grandes , situées à la même hauteur, qui se succèdent de très-près. L'ouverture postérieure est dirigée en haut et en arrière, l'antérieure en haut et en avant • celle-ci se divise ordinairement, dans son trajet, en deux canaux. 11 est facile de prendre ces ouvertures , à cause de leur position , pour des trous susorbilaires, ce qu'elles ne sont réellement pas.

442 TK\ITÉ GÉNÉRAL

Chez les riuninans ^ les solipedes et les cochons , le irou sphéno-palatln , le trou palatin postérieur et supérieur, et l'origine du canal sous-orbitaire , sont situés à peu de distance les uns des autres ; dans les deux derniers ordres, ils se trouvent dans un enfoncement infondibuliforme commun , qui a le plus de longueur chez, les cochons : les solipèdes forment ainsi le passage de ceux-ci aux riitninans . L'origine du canal sous-orbitaire est libre chez les chameauor, , tandis que chez les autres ruminans en général elle est masquée par le lacrymal. Ce canal a chez tous ces animaux une longueur considérable ; il parcourt au moins la moitié postérieure du maxillaire supérieur. Chez quelques ruminans , par exemple le cerf^ le chevreuil et le bœuf \ il s'ouvre même en avant de la dent molaire la plus antérieure.

Uornithorhjnque,i^diVm\ les monotrèmes, a un petit trou palatin et sphéno-palatin commun , qui correspond au milieu de la dent molaire. Le canal palatin est très-court j le canal sous-orbitaire , qui prend son origine non loin au-devant de lui, est beaucoup plus large, mais il est également court j son extrémité antérieure se termine par un orifice externe , situé dans la paroi latérale du maxillaire supérieur, et un orifice interne et inférieur, plus petit, que l'on trouve à la face palatale.

Uaï et Viincia, parmi les cdcnlés , oui le

d'anatomie comparée.

iroii sphéno-palaliii plus graud que le trou paJalin postérieur et supérieur; ils sont places immédiatement l'un au-dessus de l'autre. Le canal sous-orbitaire , très-étroit et court , principalement chez Vaï, se trouve fort en devant. Cbez les fourmiliers , toutes les ouvertures sont situées à la même hauteur, les unes eu arrière des autres, et tout contre le bord inférieur ' de la paroi latérale de l'orbite. Le canal sousorbitaire, qui n'est pas long, est situé un peu plus en dehors et même à la face inférieure du maxillaire , au-devant de l'orbite.

Le trou palatin est divisé en plusieurs autres 3 ils sont le plus reculés en arrière. Lé canal sous-orbitaire et le trou sphéno-palatin ont le même diamètre , qui est considérable.

Chez les rongeurs, le trou sphéno-palatin et le trou palatin postérieur et supérieur sont souvent placés fort eu avant, par exemple chez les cahiais et le castor, où le premier est situé dans la région de la molaire antérieure ; dans les autres , il se trouve à peu près au milieu de toute la série des dents molaires. Ces deux trous sont peu considérables et ordinairement lout-à-fait confondus , par exemple , chez les lièvres et les cahiais. Le canal palatin est, en général, extrêmement incomplet • sa partie rnuyenue manque : il en résulte que ses moitiés supérieure et inférieure sont séparées. Le canal sous-orbitaire prend natu-

rellemeul son origine près des deux autres ouvertures. Ses variétés de capacité ont déjà été indiquées (i). Elles offrent les plus grands extrêmes , puisque ce canal est extraordinaireinent étroit chez quelques animaux de ces ordres, par exemple le castor, tandis que, chez les autres, il a une largeur excessive , comme par exemple chez le porc-épic.

Chez les kangurous , parmi les marsupiaucc , les orifices postérieurs sont situés fort en avant j chez d'autres, par exemple les phascolomes^ le trou palatin se trouve fort en arrière et le canal est si court , qu'il rcérite à peine le nom de canal.

Chez les carnassiers , les deux ouvertures postérieures sont situées , en général , vers l'extrémité postérieure de la série des molaires ; chez le morse , elles se trouvent beaucoup plus en arrière. Elles sont toujours immédiatement l'une au-dessus de l'autre, surtout chez les phoques^ tout à côté du bord inférieur de l'os palatin; ici également le canal est presque réduit à un trou.

Le trou sphéno -palatin est constamment beaucoup plus grand que le trou palatin ; il est surtout énorme chez le morse.

Le canal sousorbitaire est court, mais le plus souvent large; le plus large se trouve, d'après;

(i) Voy. p. 267 et 268.

d'anatomie comparée. ^5

mes recherches , chez le blaireau et le morse, chez lesquels il est , toute proportion gardée presque aussi large que chez quelques rondeurs; c'est chez les ours qu'il offre le plus d'étroitesse.

Les makis , parmi les quadrumanes , s'accordent beaucoup avec les animaux précédens. La disposition des singes et de Vhomme a déjà été indiquée d'une manière générale. Les différentes ouvertures ont, chez eux, à peu près la même grandeur, qui est moyenne. Chez la plupart des singes, le canal sousorbitaire se divise fréquemment déjà dans l'orbite en plusieurs ca- naux, et se termine , en avant, souvent par quatre à cinq orifices • disposition qu'on rencontre aussi chez Vhomme , mais rarement , et qui, à ce que je sache, ne se retrouve chez aucun autre animal , les cétacés exceptés.

Le trou intermaxillaire ou le trou palatin antérieur, mieux le canal intermaxillaire, est toujours situé immédiatement en arrière de l'extrémité antérieure du maxillaire supérieuril conduit de la cavité buccale à la cavité du nezsa partie antérieure estformée par l'intermaxillaire, la postérieure parle susmaxillaire. 11 est très-généralement plus long d'avant en arrière que d'un côté à l'autre ; il est fermé de toutes parts et composé de deux moitiés, en ce que les branches internes de l'intermaxillaire s'adossent l'une à l'autre, dans la ligne médiane. Ce

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trou contluîl le plus souvent, à cause da peu de hauteur de l'intcrmaxillairc , immédiatement de la cavité nasale à la buccale ; chez quelques animaux, parlicullèreraent les e/ephans, les singes élevés et Vhomme, il constitue, au contraire, un canal long, obliquement dirigé en haut et en arrière. Les carnassiers, surtout les ours et genres voisins, font le passage à cette dernière conformation j ils offrent une lame osseuse considérable qui se détache de la branche interne de l'intermaxillaire et qui monte verticalement.

Ce trou manque chez les cétacés vrais; mais il arrive quelquefois , par £xemple chez le dauphin nésarnack, que les intermaxillaires s'écartent l'un de l'autre à leur partie antérieure.

Parmi les cétacés faux, le dugong \e présente petit et situé fort en arrière j il est grand et placé fort en avant chez le lamantin , chez lequel ses deux moitiés latérales se confondent sur la ligne médiane , à cause de l'absence de la branche interne de l'intermaxillaire.

Il est en général fort considérable chez les ruminans; cependant, chez les chameaux, il est petit. Il est aussi très-long, mais étroit, chez les solipèdes. Chez les cochons , parmi les pachydermes , il est plus arrondi et plus petit, mais encore assez considérable; chez le sanglier du cap Fert, il est plus petit que chez

D*ANATOMIE COMPARÉE. [^r^rj

les autres. Chez \c daman , il est proportionnellement plus considérable et large; les deux trous sont fort éloignes l'un de l'autre. Chez les rhinocéros vivans , il y a un trou intermaxillaire énorme , tout-à-fait sans division ; chez le rhinocéros teichorinus , il est au contraire plus petit et divisé.

Dans le tapir, il est étroit, mais allongé. "L' hippopotame paraît avoir deux petits trous interiuaxillaires de chaque côté, l'un interne et l'autre externe , dont le premier est plus grand et situé plus en avant que le second. M. Cuvier (i) attribue également deux trous intermaxillaires à cet animal. Mais il ne possède, en elFet, qu'un trou intermaxiîlaire, car le trou externe est situé entièrement dans le maxillaire supérieur et conduit au canal palatin; il est beaucoup plus grand que les trous palatins postérieurs proprement dits.

Parmi les monotrèmes , V ornithorhjnq ne l'offre d'une étendue beaucoup plus considérable que tout autre animal; il y a la forme d'un M; il a peu dehauteuret est largement ouvert en avant, ce qui tient à ce que les deux branches faciales de l'intermaxiilaire.ne s'atteignent pas. Chez Véchidné , il est beaucoup pins petit, allongé, sans division, et clos en avant.

(i) Ossem.foss., I, p. 286.

448 TJIAÏTÉ GÉNÉRAL

Il est petit chez les édentés. Chez l'ai", il est partagé en deux moitiés latérales, il est vrai; mais il y est ouvert en avant, à cause de la petitesse de l'intermaxillaire. Chez Vunau, il est un peu plus grand et fermé. Chez les fourmiliers , ses deux moitiés se confondent en arrière , à cause de la petitesse de la branche interne de l'intermaxillaire. C'est sans doute chez les tatous qu'il est le plus petit de tous les animaux; il y est à peine sensible, trèséloigné de celui du côté opposé.

Dans les rongeurs , il est , en général , de moyenne grandeur , très-étroit et allongé ; il est situé fort en arrière , à cause du grand volume de rintermaxillaire.il est énorme chez les lièvres , très-large même en arrière. Le trou intermaxillaire àes carnivores n'est , en général , pas très-grand. Il y a , sur les crânes de tous les animaux de la famille des ours , indépendamment des deux trous qui existent ordinairement et qui sont entièrement séparés , un trou moyen, qui correspond toujours à la partie postérieure du trou latéral. Ce trou est surtout prononcé chez le coa^£ et l'oMr^ blanc; Wq&I plus faible dans les genres blaireau, procjon, chez l'ours brun (ursus arctos) et Vours noir. Les martes n'en offrent que de faibles traces.

Chez le morse, tout le trou intermaxilllaire est à peine visible.

d'anatômie comparée. 449

Nous avons déjà indiqué les conditions dignes de remarque qu'offre le trou intermaxil laire chez les chéiroptères ^ particulièrement \ts chauve- souris (^i).

Chez les singes inférieurs , il est plus grand que chez beaucoup de carnivores; chez les siriges supérieurs et Vhomme , il est plus petit et ordinairement sans division, mais le plus souvent il n'est simple qu'à sa partie inférieure.

Le trou orbitaire interne est l'origine d'un canal par lequel un rameau de la première branche du nerf trifacial passe de l'orbite dans la cavité nasalej ce canal se termine par un ori-^ fice existant dans les os nasaux j ce même nerf sort de cette ouverture pour se ramifier dans la [peau extérieure du nez. Ce trou est situé, dans la plupart des animaux, en bas , dans la portion orbilalre du coronal , ou entre elle et l'aile antérieure du sphénoïde , ou dans cette dernière ; car il est rare que la lame externe de l'ethmoïde forme la paroi interne de l'orbite : cela n'a lieu , en effet , que dans les ordres élevés.

Le trou frontal ow. susorbitaire manque trèsgénéralement, ou ne présente, tout au plus, qu'un demi-canal, chez les makis, les carnivores, les marsupiaux, les rongeurs, les édentés et les monotremes .

(i) Voy. p. 356.

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