IV
4o4 TRAITÉ GÉNÉRAL
étendue plus pelile. Les différences relatives à ces particularités sont surtout intéressantes , en ce que. chez quelques animaux, on voi t plusieurs oschevauchautlcs unssurlesautres, etque, chez d'autres mammifères, ces os ne se touchent que par leurs bords ; il résulte de cette circonstance qu'une partie de ces os ne prend pas une part immédiate à la formation de la périphérie de la tête, mais que les parois ne sont, que par places, plus épaisses et formées d'une couche double. On peut, par conséquent, dire avec raison que la substance osseuse , qui , chez les premiers , est employée à l'agrandissement de la tête, existe déjà chez les derniers, mais n'est pas encore employée.
Les preuves à l'appui de cette assertion sont fournies également par l'étude du crâne et celle de la face ; l'observation du premier est plus féconde encore que la considération de la seconde , parce que les os qui se recouvrent lorsque l'encéphale n'est pas développé considérablement s'écartent lorsque cet organe prend plus de développement.
Les os du crâne qui présentent surtout ces particularités sont la portion squameuse de l'occipital, celle du temporal, et le pariétal, qui n'est, en effet, également qu'une portion squameuse. Celle circonstance coïncide, comme on voit, parfaitement avec l'explication émise cidessus , puisque le cerveau se développe en
D'aNATOMIË COMPARÉK. 4û5
haut, en avant, et sur les parties latérales.
Il est , au reste , fort ordinaire que ces os chevauchent un peu les uns sur les autres, aux endroits où ils se touchent. On remarque le plus souvent cette disposition entre la portion écailleuse du temporal et le pariétal ; c'est pourquoi la suture qui les unit a reçu, de préférence , le nom de suture écailleuse : en effet, la partie supérieure de la portion écailleuse du temporal, même chez V homme , est considérablement éloignée, par le pariétal, de la face intérieure du crâne, puisque cette ^listance comporte souvent un demi-pouce. Quand on examine l'extérieur , on croit voir que la portion écailleuse prend part à la périphérie du crâne dans toute son étendue; mais en examinant la chose plus attentivement, on trouve le contraire; ce qui établit une grande ressemblance entre plusieurs mammifères et reptiles. En effet, chez les cétacés , les solipèdes , les ruminans et les cochons , la partie inférieure du pariétal s'applique entièrement sous la portion écailleuse, qui est petite, à tel point que
celle-ci est tout-à- fait déjetée en dehors, et offre, à sa face interne, des inégalités destinées à l'articulation de cet os avec le pariétal. A sa partie inférieure , la portion écailleuse du temporal est exclue, de la même manière, de la cavité crânienne , par l'aile supérieure du sphénoïde postérieur. Les chiens offrent une disposiiiou
4o6 TRAITÉ GÉNÉRAL.
analogue; mais comme leur portion écailleuse est plus développée, elle est libre dans une plus grande étendue. iHhez les phoques^ la portion écailleuse prend une part encore plus considérable à la surface intérieure du crâne, et le pariétal à la surface extérieure. Chez les rongeurs, la moitié postérieure de la portion écailleuse est généralement, comme la remarque en a été faite, déjetée au-delà du tympan et du pariétal; la moitié antérieure , au contraire , n'est pas ainsi éloignée du cerveau.
Après le temporal, il faut citer le pariétal et la portion squameuse de l'occipital , qui se recouvrent plus ou moins de la même manière.
Celte disposition se montre au plus haut degré, à ce que je sache, chez les cocAon^; la pièce postérieure du pariétal se place au-devant des cinq sixièmes supérieurs au moins de la portion squameuse de l'occipital. La portion articulaire de cet os est aussi, chez les mêmes animaux, presque entièrement exclue de la surface interne du crâne , par la partie postérieure de la portion écailleuse du temporal . Les autres pachydermes offrent, sans doute, des rapports semblables.
Après les pachjdermes viennent , autant que s'étendent mes recherches , les morses , chez lesquels la partie postérieure du pariétal se place au-devant des deux tiers supérieurs de la portion squameuse de l'occipilalj disposition dont on ne trouve aucune trace chez les
d'anatomie comparée. 407
phoques, qui sont pourtant fort voisins des morses.
Chez les phoques, et chez presque tous les autres mammifères qui n'ont pas été mentionnés, la portion squameuse de l'occipital est située en dehors ; quelquefois, au contraire , comme chez le castor, il y a une partie considérable et recourbée de cette portion squameuse qui se glisse au dessous de l'extrémité postérieure du pariétal.
Nous avons déjà fait voir que la tente osseuse du cerveau est due fort vraisemblablement à un pareil chevauchement des os , principalement des pariétaux et de la portion squameuse de l'occipital. Un argument de plus à l'appui de cette manière de voir est l'extension de la tente osseuse jusque sur le rocher, chez les chats, etc., parce que, chez d'autres animaux, c'est précisément la portion écailleuse du temporal qui est refoulée en dehors par le pariétal.
Ordinairement le pariétal constitue une plus grande partie de la face interne du crâne que de l'externe • cependant , chez le castor, line apophyse considérable de cet os s'applique sur l'extrémité postérieure du coronal.
Le frontal , les ailes du sphénoïde et l'ethmoïde concourent également dans une grande partie de leur étendue à former les surfaces externe et interne, quoique, par suite de leur petitesse et de la position avancée du premier, ils ne
prenneni, en général, qu'une part médiocre à Ja formation de la cavité crânienne. Cependant chez les cétacés l'ethmoïde et le coronal chevauchent l'un sur l'autre plus qu'ailleurs.
Les os de la face offrent , à cet égard peu de différence. Les plus frappantes sont présentées , parmi les cétacés , par les genres dauphin , monodon , hjperoodon , phjsètre; les baleines font exception. La moitié supérieure de leur susmaxillaire, qui en est la plus grande et la plus large, s'applique presque sur tout le coronal , tandis que chez les autres animaux elle n'j touche que dans une petite étendue et ne le recroiivre pas.
Les nasaux se comportent ici de la même manière à l'égard du coronal , et les lacrymaux relativement au susmaxillaire.
C'est également ici que nous devons considérer la texture , la consistance et l'exactitude des articulations, et examiner les conditions que présente la fusion d'os séparés primitivement. Sous ce rapport , on peut comparer : i^les divers os, 2° les difïérens ordres de la classe des mammifères.
Les os de la tète des mammifères se touchent, en général, étroitement et sans présenter de lacunes, si ce n'est aux endroits qui don-^
d'anatomie comparée. 409
nenl passage à des vaisseaux et des nerfs , et aussi à des muscles ; disposition rare, si elle a lieu jamais.
Les exceptions à cette règle sont rares et se rencontrent, chez la plupart des cétacés, dans la région de runguis(i); chez plusieurs ruminans, au point de réunion des faces supérieure et latérales de la portion faciale (2)5 chez quelques rongeurs et marsupiaux; chez le hérisson, à la voûte palatine (3). La plus haute expression de cette disposition se rencontre chez ^û!^et Vornithorhy nque ; elle consiste dans la séparation de l'intermaxillaîre inférieur d'avec les os voisins. 11 semble aussi exister constamment chez le lamantin , un intervalle entre le pariétal, le temporal et l'occipital.
Le nasal de plusieurs ruminansy particulièrement des chamois , serait-il mobile à cause de la laxilé de ses articulations , et cette circonstance serait-elle une trace de la mobilité de la mâchoire supérieure que l'on observe chez la plupart des autres vertébrés?
Ce sont les os du cra/ze qui me semblent, en général , se souder entre eux les premiers , et avant ceux de la face, surtout dans leurs portions squameuses. Les cétacés fournissent la
(1) Voy. plus haut p. 296.
(2) Id. p. 358 et 5^9.
(5; Id. p. 509 cl 3 10.
meilleure preuve à l'appui de mon assertlou ; mais les singes el les carnivores la prouvent aussi d'une manière très-distincte. Ce qui rend surtout cette circonstance remarquable , c'est que , 'chez les oiseaux , il y a aussi plusieurs vertèbres qui commencent à se souder et présentent la soudure la plus forte dans celles de leurs parties qui constituent l'arc , et que les moitiés de l'arc des vertèbres , considérées isolément, se soudent également entre elles beaucoup plus tôt qu'elles ne s'unissent au corps de la vertèbre.
La soudure commence très-généralement à la partie postérieure du crâne ; l'occipital est le premier à s'unir en haut avec le pariétal ; chez les cétacés , ce même os se confond aussi avec le coronal. La fusion des pariétaux avec l'occipital s'opère également bien plus rapidement qu'elle ne s'effectue entre ces os eux-mêmes , comme je le vois très -distinctement chez les phoques. En même temps , ou un peu plus tard, on voit les portions squameuses de l'occipital et du temporal s'unir entre elles , ainsi que les pariétaux d'abord entre eux, ensuite avec la portion écailleuse du temporal et avec le coronal. Le même type est suivi à la face; ordinairement la fusion s'opère fort tard entre le susmaxillaire et l'intermaxillaire, et en dernier lieu entre les deux moitiés de la mâchoire inférieure , qui , chez
d'anatomie compakéb. 411 beaucoup d'animaux , restent même séparées lout-à-fait.
Ce sont les carnivores chez lesquels tous les os de la tête se confondent , ce me semble , le plus tôtetdeia manière la plus parfaite: en efîet, 'j'ai entre les mains plusieurs crânes de chats ^ de chiens , d'ours, de blaireaux, surtout de martes, dont tous les os sont soudés, à l'exception des moitiés du maxillaire inférieur. Cependant, chez les cétacés même, les os supérieurs du crâne se confondent également de bonne heure , et Véléphant offre peut-être aussi un exemple d'oblitération hâtive des sutures.
C'est chez les rongeurs que la séparation des os paraît se conserver le plus long-temps.
2. Les mêmes os ne s'articulent pas toujours ensemble, quoiqu'il résulte, d'une part, de plusieurs faits cités lors de la description des os en particulier, que leur rapport de position réciproque est fort généralement le même, nonobstant les différences de formes les plus considérables; et que, de l'autre, ces différences de connexion ne sont pas très-grandes , parce que les os qui aboutissent les uns aux autres , dans une étendue plus considérable , se touchent presque toujours.
a. La portion occipitale du hasilaire tou-
che très-généralement, en avant, au pariétal , par le bord supérieur de sa partie squameuse.
Une exception à cette règle est offerte par les animaux , chez lesquels l'interpariétal se place au-devant de tonte la largeur de la partie squameuse. Cependant celle exception n'est plus aussi considérable quand on considère que l'os interpariétal, dans le cas où il ne reste pas constamment séparé, se soude à l'un des deux os. Alors même que l'interpariétal est très-large, il y a une petite partie de la portion squameuse de l'occipital qui s'applique à côlé de lui contre le pariétal , comme cela se voit chez les dasjpus sagitta et jaculus.
La partie inférieure du bord de la portion squameuse de l'occipital el des portions articulaires s'applique à la partie postérieure de la portion écailleusedu temporal et de la portion acoustique, ou du moins à ceîle-ci. 11 est rare que le grand développement de la portion acoustique l'empêche de s'articuler directement avec la portion écailleuse du temporal; dans ce cas même , les deux os s'articulent par une apophyse longue et étroite qu'ils s'envoient réciproquement (i).
En bas, le corps du basilaire , s'unit par ses parois latérales , à la face interne du ro-
(?) Yoy. p. 21^..
d'anatojmie comparée. 4.1 3
cherj cette articulation est très-intime chez les rongeurs, les marsupiaux et les carnassiers: elle l'est moins chez Vhomme et les ouadrumanes ; moins encore chez les pachydermes, les ruminans, les solipèdes et les cétacés.
Les ailes supérieures du sphénoïde postérieur aboutissent toujours , en haut , à la portion écailleuse du temporal , eu arrière , à sa portion acoustique , et en avant , à la partie inférieure de la portion frontale du coronal.
Lorsqu'elles sont plus développées , comme chez Vhomme, les carnassiers , les ruminans et les cétacés , les ailes supérieures du sphénoïde s'interposent même entre le coronal et la portion écailleuse du temporal- elles atteignent, de la sorte, une apophyse qui naît de l'angle antérieur et inférieur du pariétal, et qui se porte à leur rencontre. Chez les ruminans , au contraire , où elles sont peu développées , tandis que les ailes antérieures le sont beaucoup , elles ne touchent pas au coronal.
Le corps de l'os aboutit, en haut, à la lame verticale de l'ethmoïde , en bas au vômer. Les ailes inférieures sont en contact avec le palatin ; leur extrémité inférieure et leur bord postérieur sont, le plus souvewt, libres. 11 est rare que la lame ptérygoïde interne touche, par son extrémité inférieure, postérieurement à la portion acsoutique du
4l4 TRAITÉ GÉNÉRAL
temporal ( i ) , comme cela a lieu chez le castor , ou que les extiémités inférieures des deux apophyses ptérygoïdes se réunissent sur la ligne médiane, comme chez le tamanoir et le fourlier à quatre doigts (2).
Le sphénoïde antérieur aboutit supérieurement au côté, et, en avant, au bord postérieur de la portion orbitaire du coronal; au milieu, à l'ethmoïde , et , tout-à-fait en dehors , d^ns une étendue variable, à l'aile supérieure postérieure.
Lorsqu'il a pris un développement considérable, il atteint en arrière et en dehors le pariétal la portion écailleuse du temporal, par le moyen de l'aile antérieure. La première disposition se remarque chez les ruminons \ toutes deux chez plusieurs rongeurs , particulièrement chez le castor et le lièi^re.
D'après M. Cuvier (3) , le sphénoïde de ces animaux ne loucherait pas au pariétal. Cela paraît ainsi quand on examine le crâne seulement à l'extérieur ; mais , à la face interne , il s'applique , chez le castor, à toute la moitié inférieure du pariétal.
h. Le fem/?om/ s'articule constamment, par sa portion écailleuse, en haut, avec le pariétal;
(1) Voy. p. 22^ et 55ï .
(2 ) Id. p. 225.
(5) Leçons , vol. II, p. 20.
d'anatomie cùmpar/:e. 4i5
par la même portion et la portion acoustique , en bas, avec l'occipital - eu avant, avec la grande aile du sphénoïde. 11 reçoit, en outre , le condyle de la mâchoire inférieure. Les différences relatives à l'articulation de cet os avec le basilaire ont déjà été indiquées.
11 arrive , par suite du peu d'étendue de la grande aile du sphénoïde ou du pariétal , ou par suite du développement plus considérable du frontal , que le temporal at-> teint, en outre, le coronal, dans la plupart des singes et des édentés, chez les rongeurs et les solipèdes, mais non chez les ruminans ^ pas même le chameau. La différence entre les deux derniers ordres dépend de la forme du pariétal et du coronal.
Il s'unit très-généralement , par son apophyse zjgomatique, avec le jugal. Il n'atteint pas cet os chez les paresseux^ les fourmiliers , le tanrec et les musaraignes .
Chez les cétacés et les solipèdes , il aboutit, indépendamment du jugal, à l'apophyse zygomatique du coronal ; chez les derniers , il louche même au susmaxillaire.
c. Les pariétaux s'unissent entre eux dans la ligne médiane; en arrière, avec l'occipital; en bas, avec le temporal ; en avant , avec le coronal, et en outre, chez plusieurs animaux, comme la remarque vient d'en être faite, aussi avec
4l^> TRAITÉ GÉNÉRAL
le sphénoïde ; articulation qui a lieu de diverses manières.
d. Le coronal est toujours conligu , en arrière, au pariétal ; en bas, au sphénoïde et à l'ethmoïdej en avant, à lunguis et au nasal.
Son articulation avec l'ethmoïde est masquée à l'extérieur, sur les côtés de l'orbite , par l'absence de la lame externe de l'ethmoïde : au lieu d'atteindre ici cet os , il aboutit, chez la plupart des mammifères , à un autre os. En effet, tantôt l'aile antérieure du sphénoïde , forte et dirigée d'avant en arrière, se porte plus en devant; tantôt le lacrymal s'agrandit ; tantôt l'extrémité postérieure du maxillaire supérieur s'intercale entre les deux derniers os et s'étend jusqu'au coronal, comme chez les solipèdes et la plupart des rongeurs.
En avant et en haut, le maxillaire supérieur atteint le plus souvent le coronal , en passant entre l'unguis et le nasal ; mais cette articulation n'existe ni chez les solipèdes , ni chez les ruminans^ et seulement dans une trèspetite partie chez le cochon. Elle offre le plus d'étendue chez les cétacés , particulièrement les dauphins. Les différences relatives au susmaxillaire et à l'intermaxillaire ont déjà été exposées plus haut (i).
(0 Voy. p. a4i, 24?..
d'anatdmie comparée. 417
Le coronal s'applique, en outre, au temporal, chez plusieurs animaux , comme la remarque en a été faite.
Sur les limites qui séparent ses portions frontale et orbilaire, il s'unit avecle jugal pour former la paroi postérieure dans un grand nombre de mammifères , savoir , chez \ homme , les quadrumanes, quelques carnassiers y Vaje-aje , V hippopotame et les ruminans. Chez les autres, il n'atteint pas cet os, ou bien il s'articule , comme je l'ai déjà dit , avec l'apophyse zygomatique du temporal.
e. Les connexions de Vethmoïde n'offrent pas de différences dignes de remarque. Le plus souvent sa portion interne est recouverte parle lacrymal et le susmaxillaire , ou, plus rarement, par la lame latérale, qui est extrêmement analogue à l'unguis. Chez quelques ruminans seulement , il est sans connexion et occupe la partie antérieure de la face , parce qu'il existe un intervalle entre plusieurs os (1.).
/. On peut dire presque la même chose des os de la face • les différences peu considérables qu'ils offrent à cet égard ont été indiquées , sous le rapport qu'elles offrent avec les os du crâne, soit dans le paragraphe précédent, soit lorsque nous avons fait la description des os de la face en particulier. Ces différences sont surtout relatives au rapport qui existe entre le
(i) Voy. p. 538 et 559.
4i8 TRAITI^ GÉNÉRAI-
susmaxillaire et l'intermaxillaire; elles s'appliquent également au jugal, à l'uuguis et au nasal , ainsi qu'au palatin, au cornet inférieur et au vomer.
F. Ouvertures de la têle.
La plupart des ouvertures de la têle des mammifères ont été indiquées en décrivant les os en particulier; mais pour en donner un aperçu plus facile à saisir, nous croyons à propos de les exposer ici dans leur ensemble. Ces trous sont , le plus souvent , des voies ouvertes au passage des vaisseaux et des nerfs; ils résultent plus rarement d'un défaut d'ossification sur divers points; ces absences de substance osseuse déterminent souvent des lacunes dans un os ou entre plusieurs os *.
Les ti'ous de la base du crâne suivent, d'après les recherches de M. Serres, la même règle de formation qi:\e celle admise de tout temps par la généralité des anatomistes à l'égard des ouvertures du rachis. Celte règle, M. Serres la nomme Loi de conjugaison. A l'effet de trouver les preuves sur lesquelles elle repose, cet anatomiste a d'abord étudié comment se forment les trous qui perforent la base des apophyses transverses des vertèbres cervicales ; il a obtenu les résultats suivants :
« Ce trou n'existe pas, dans r7iom777e, à l'état osseux jusqu'au septième et huitième mois. Sur chacune de ces vertèbres, on aperçoit au lieu qu'il doit occuper une échancrure formée par la partie antérieure de l'apophyse transverse. Cette échancrure est convertie en trou par une
d'aNATOMIB comparée. 4ig
Nous avons déjà cité des exemples de la deruière espèce : ainsi nous avons décrit des lacunes siégeant notamment dans l'occipital , chez les cétacés (i), les phoques (2) et les rongeurs (5)j dans le palatin, chez ies sarigues (4) et le hérisson (5). Quant aux intervalles qui séparent des os voisins, particulièrement le pariétal, le temporal et l'occipital , il semble, au contraire , que le lamantin offre une lacune constante entre ces os; ce qui est remarquable parce que cela indique la persistance d'un degré d'organisation inférieur. Mais dans le cas le plus ordinaire les os se touchent par leurs bords.
Il convient sans doute de ne pas séparer ribandelette fibro-cartilagineuse qui, de l'un desbords de l'e'chaucrure, se porte sur l'autre. Du septième au huitième mois de la vie ute'rine, ilse de'veloppe un noyau entièrement distinct de l'apophyse transverse et du reste de l'os ; ce noyau prend uu tel accroissement qu'il forme à la naissance une pièce de trois lignes et demie de long, qui , en six ans, se posant sur les bords de l'ouverture, complète le trou destiné à l'artère vertébrale. Après la
(i; Voy. p. 204.
(2) Id. p. 214.
(3) Id. p, 21 1.
(4) Id. p. 5 10.
(5) Id. p. 555.
goureusement dans la description les ouvertures vasculaires et nerveuses qui perforent le
naissance, il se développe une série de points osseux dans le centre de chacune des bandelettes fibro-cartilagineuses j ces points se convertissent en pièces droites qui, applique'es sur l'e'chancrure, opèrent le même efif'etquecelles que nous venons de voir pre'ce'demment. Qui ne reconnaît dans ces pièces les rudiments des côtes cervicales?
« Les trous de la base des apophyses transverses re'sultent donc de la conjugaison de l'apophyse avec la pièce qui repre'sente les rudiments des côtes cervicales. »
Au crâne, M. Seures a suivi le de'velopperaent de la même loi. Le trou condj-loïdien est , au quatrième mois, une e'chancrure du condj^Ual qui s'applique au basial. ( Exemples : V homme , le chien, le chat, le cheval, le veau, Vdne, le mouton, le cerf, le chevreau. ) Le grand trou occipital est évidemment formé de plusieurs pièces. Deux vertèbres composent le sphénoïde; les trous de la postérieure sont les trous maxillaire supérieur, maxillaire inférieur et sphéno-épinéux; ces trois ouvertures sont encore des trous de conjugaison. Le trou rond résulte de la réunion des deux échancrures présentées par les bords en regard des deux pièces dont se forme la grande aile du sphénoïde, lesquelles se réunissent vers le quatrième mois. Le trou ovale se forme plus tard. Il est dû, comme le précédent , au développement d'un point osseux particulier qui se joint promptement à la base des deux pièces précédentes réunies, et produit l'apophyse épineuse. Enfin une petite languette osseuse se détache en arrière de ce trou et vient foriner une réunion analogue au trou sphéno-épineux. ( Têtes de certains hydrocéphales.) Dans le cheval, Vdne, le lièvre et le lapin, les trous maxillaires supérieur et inférieur résultent de la juxla-position du sphénoïde antérieur contre le pos-
^ D' AN ATOMIE COMPARÉE. 421
crâne et la face , parce que ces trous passent insensiblement les uns dans les autres , et que
térieur. Ce qui formé chez Vhomme la fenle sphe'noidale repre'sente des trous chez Vdnon et le cheval, parce qu'il se de'tache de la partie ante'riçure et interne de l'apophyse pte'rigoïde une languette osseuse qui, se dirigeant vers la base de la petite aile, donne lieu à une ouverture, sur l'embryon du mouton comme chez Vhomme. Dans le chat^ les deux trous sont sur la même ligne ; la grande aile est fendue dans la partie moyenne jusqu'au cinquantième jour de conception; en se re'u^ nissant par sa base, elle forme le trou rond, et par son sommet le trou ovale.
Le trou oculaire re'sulte de l'adossement de l'apophyse d'Ingrassias , qui est la première développe'e et qui repre'sente une ëchancrure, contre le corps du sphe'noïde ante'rieur, dont les noyaux osseux se manifestent du quatrième au sixième mois. Dans les hydrocéphales, cpelquefois ces pièces restent e'carte'es.
Chez un cheval^ au quatrième mois de conception , re'union encore incomplète; sur le chat et sur le chien , chacune de ces apophyses, développe'e isolément, vient s'adosser par sa base à une petite languette osseuse qui repre'sente de chaque côté le corps très mince du sphénoïde antérieur.
Sur le lièvre et sur le lapin., jusqu'au milieu de la vie utérine, les apophyses optiques sont très-larges, leur échancrure est demi-ovale; en arrière, leur extrémité présente une apophyse qui vient s'appliquer contre celle du côté opposé; en devant, l'extrémité antérieure de l'échancrure s'applique contre sa congénère, de telle sorte qu'il n'y aurait qu'un grand trou circulaire jusque après la naissance, si une petite lame fibreuse ne venait d'avant en arrière le diviser en deux.
Les trous orbitaires in ternes, les trous déchirés antérieur
422 I RAITÉ GÉNÉRAL
plusieurs d'eulre eux sont situés entre ces deux portions de la tête ; enfin , parce qu'un grand nombre d'entre eux correspondent à diverses
et postérieur, les fentes sphe'noïdale et sphe'no-maxillairesont trop évidemment des ouvertures de conjugaison.
Le trou sous-orbilaire re'sulte chez Vhomme de la re'union de trois pièces : « l'apophyse montante ou nasale du susmaxillaire, qui est situe'e en dedans et qui concourt à sa formation, par le bord mousse qui la termine en dehors et en bas; le malaire, qui y prend part en dehors au moyen d'un petit sommet arrondi j et en haut la partie ante'rieure de la lame orbitaire. Ces pièces , entièrement isole'es au troisième mois, le sont souvent encore aux sixième et septième mois; les sutures s'effacent quelquefois fort tard. »
Sur Vembrj'on du cJiat^ au quatrième mois , l'apophyse montante et le malaire s'envoient un prolongement en arcade , au-dessous de laquelle se trouve le trou. Sur le lapin , au quinzième jour, le trou est divise' dans sa partie ante'rieure par un hiatus de se'paralion existant entre ces deux pièces, qui vont le fermer. Même observation sur le mouton. Sur un embryon de cheval^ M. Serres a remarqué une division qui suivait la direction du canal, formé comme le trou par la conjugaison des pièces du susmaxillaire.
Trou palatin antérieur, pièces de formation : quatre chez l'homme, savoir ; i» au-devant, les parties internes et postérieures des deux pièces incisives; 2° en arrière, les parties antérieures et internes des deux pièces palatines.
L'extrémité du rachis opposée à la tête diffère aussi. Le sacrum a présenté comme celle-ci une loi générale dans la formation des ouvertures qui le perforent, mais avec quelque diâ"éren ce dans les détails. « La présence des trous sacrés en devant et en arrière, qui a lieu parce que les côtés sont employés à l'articulation des os coxaux, a nécessité,
d'anatomte comparée. 4^5 portions des mêmes vaisseaux ou nerfs, des derniers surtout.
1° Le trou occipital, qui est l'ouverture la.
dit M. Serres, une double conjugaison; et pour que cette doubleconjugaisons' effectuât, il a fallu de nouvellespièces dont la présence n'e'tait pas exigée pour la construction desautres vertèbres. Kerkring avait déjà reconnu que les vertèbres sacrées avaient chacune une pièce de développement que ne possédaient pas celles des autres régions. Quel est le but de cette pièce? Si elle vient se surajouter aux vertèbres sacrées à cause de la modification que subissent les trous de conjugaison , on voit tout de suite qu'il faut autant de pièces que de trous; et, en effet, elles se trouvent sur les quatre premières vertèbres sacrées ; s'il n'y a que quatre trous sacrés, etc. »
La loi observée pour les trous qui perforent les cavités osseuses est vraie aussi pour les canaux qui en parcourent l'épaisseur, 11 n'y a également que des canaux de conjugaison.
Canaux médullaires des os larges. i° Au centre de chaque os large on voit, l'os étant encore membraneux, un canal creusé pour les faisceaux vasculaires, disposition visible sur le poulet au cinquième jour; i" sur le fémur d'un embryon humain de quarante jours, deux lignes osseuses légèrement aplaties, occupant le centre de l'os, et séparées par un raphé, pièce apparente sur le milieu , et beaucoup plus sur les extrémités des lignes. Au cinquantième jour, les lignes sont réunies au milieu, séparées encore aux extrémités. Sur le pçulety à la fin du huitième jour de l'incubation, l'hiatus de séparation est très visible aux extrémités ( mouton, veau). Le chevreau paraît être l'animal qui conserve le plus long-temps les traces de cette séparation.
Canal plérigoidien. Jusqu'au troisième mois de la vie utérine chez V homme, nulle trace de ce canal. Au
plus reculée , a déjà été décrit complètement. 20 Des trous ou canaux concljloïdiens , qui
milieu de ce mois commence à paraître la pièce destinée à le compléter; elle est alors dimuente , flottante sur le cartilage; vers le sixième mois, elle se réunit à l'externe par sa partie moyenne, formant ainsi la goûttière ptérigoïdienne destinée à l'insertion du muscle.
Du septième au huitième, elle forme sa jonction en bas avec le corps , en se déjetant un peu en dedans , de manière à élargir le canal qui est compris entre les deux lames ptérigoïdiennes et la partie latérale du corps du sphénoïde. Cette pièce tenue à l'état rudimentaire chez la plupart des mammifères explique le peu de développement et souvent même l'absence du canal ptérigoïdien. M. Serres l'a trouvée développée isolément chez l'embryon du veau^ sur celui du cheval^ et sur le sphénoïde d'un jeune ours. Le même anatomiste a vu sa réunion incomplète à la lame externe de l'apophyse ptérigoïde. C'est suivant M. Cuvier l'os omoïde d'HÉnissANT, et le palatin postérieur de Schneider.
Canal auriculo-mastoïdien. « Il est formé comme le trou par deux pièces distinctes. Jusqu'à la naissance, ce canal reste à découvert sur la face antérieure du rocher. A cette époque, les deux pièces réunies qui ont formé son ouverture s'avancent et viennent à la rencontre d'une autre contre laquelle sont adossés les osselets de l'ouïe. La gouttière qui jusque là existait sur la face antérieure du rachis se trouve ainsi recouverte par €n haut, et le nerf, au lieu d'être à nu, est encaissé dans un canal; en cet endroit, l'aquêduc pénètre dans la caisse du tympan , et forme uq arc au-dessus de la fenêtre ovale; sa paroi postérieure est formée par les pièces de formation du canal demi-circulaire horizontal ; l'antérieure doit sa naissance à une lame isolée , espèce de cornet allongé qui s'applique au-dessus de la
d'anatomie comparée. 425
lui succèdent eu avant, Vantérieur, qui donne passage au nerf hypoglosse , existe trcs-géné-
fenètre ovale, et recouvre le nerf jusqu'à sa sortie de la caisse par le trou stylo-mastoïdien. Tantôt ce canal est entièrement fermé à la naissance quelquefois la lame concave qui le complète n'est pas entièrement appliquée contre la paroi osseuse de la caisse qui en forme la partie postérieure. Le canal est ouvert jusqu'aux deux tiers de la gestation. »
Canaux sus-maxillaires. Le canal sous-orbitaire doit sa formation à une lame distincte qui forme une partie de la voûte du sinus maxillaire. Placée entre les pièces de l'apophyse montante et la pièce malaire, elle vient se juxtaposer contre celle-ci, d'où résulte d'abord eu arrière une rainure, et en devant un canal produit par une petite lame qu'envoie la pièce orbitaire au susmaxillaire. Au milieu de ce canal se trouve l'orifice de l'antérieur, formé aussi, comme le précédent, par la réunion de la partie inférieure des pièces malaire, nasale et orbitaire , et se dirigeant vers la base de l'apophyse montante du susmaxillaire. Il est très-long chez la plupart des animaux.
Chez le cheval , le veau , le mouton , la chèvre et le cerf , il commence au-dessous de l'orbite et au-dessus des alvéoles des grosses molaires ; il est formé par deux lames se courbant l'une vers l'autre, et ne se réunissant que très-tard. Ce premier canal, long de huit lignes chez le cheval, le veau et Vdne, vient se mettre bout à bout d'un autre développé dans la grande pièce du sus-maxillaire , et formé de la même manière par deux lames, l'une droite, l'autre gauche, qui convergent l'une vers l'autre au-dessus de la base des alvéoles, et constituent ce canal jusqu'à son issue par le trou dont il a été question. Sur le chien, le chat et le renard, le canal est ouvert dans l'orbite au lieu de l'être au-dessous^ les
ralement et est ordinairement unique. Cependant chez les cétacés , du moins les dauphins
lames se re'unissent plus promptement aussi; d'ailleurs le me'canisme est le même que chez le cheval et le veau.
Canal nasal. Très-complique' chezl'homme , il estlere'sultat de la conjugaison de plusieurs pièces déformation.
1° Il existe une pièce particulière, trouve'e par M. Serres , isole'e sur un embryon de trois mois , et dont la suture de réunion avec l'apophyse montante est longtemps visible après la naissance. Cette pièce , couvexe ♦;n dehors, creusée d'une gouttière en dedans, commence ce canal; elle en forme la paroi anle'rieure.
2° La rainure de l'os unguis se forme de sa partie postérieure et supe'rieure; le milieu du canal re'sulte de la jonction de la partie inférieure de l'unguis , de la partie antérieure interne de la lame orbitaire du susmaxillaire, et de la partie moyenne de l'apophyse monjtante du même os; enfin l'extrémité de ce canal est formée par la petite* apophyse pointue de l'os lacrymal, par une petite apophyse du canal inférieur, et par une profonde cannelure creusée à la base de l'apophyse nasale du susmaxillaire. C'est le canal de conjugaison le plus compliqué de Vhomme.
Chez les mammifères il est beaucoup plus simple, quoique très-grand, et surtout très-évasé à ses embouchures dans l'orbite; il est formé dans sa totalité par deux lames qui, en dedans , se roulent l'une sur l'autre, s'unissent d'abord par une suture en harmonie , et ensuite se confondent si intimement qu'il n'existe aucune trace de leur séparation primitive. Ce mode de formation est très-sensible chez le cheval^ le veau^ Vdne^ la chèvre et le mouton; il l'est beaucoup moins chez le chat et le chien. Ce n'est que peu de temps après la naissance qu'on rencontre les lames nasales distantes et non réunies.
d'anatomie comparée. 4^7 et le narwal, il n'y a , dans cette région, que plusieurs ouvertures indéterminées. Il est sur-
Canal palatin antérieur. Le bord interne de chaque susma\illaire offre une gouttière obliquement dirige'e d'arrière en avant et de haut en bas • ces deux gouttières, en s'appliquant l'une contre l'autre, forment le canal palatin ante'rieur. Ce canal est si court chez la plupart des mammifères, qu'il n'est de'signé que sous le nom de trou incisif.
Canaux palatins postérieurs. Quelquefois uniques , d'autres fois doubles ou triples, ces canaux sont forme's par la re'union de la partie ante'rieure du palatin avec la partie poste'riéure du susmaxillaire; dans le cas où il y en a plusieurs, l'ante'rieur est toujours le plus considérable. Le canal palatin postérieur est très-long chez les mammifères. ( CAev'aZ, dnon, veau, mouton, cerf, chien , chat. )
Canaux du maxillaire inférieur. Il y a deux canaux qui sillonnent la profondeur de cet os jusqu'à la cinquième ou sixième anne'e; dans l'embryon de deux mois et demi à trois mois, il affecte la forme d'une gouttière au fond de laquelle se trouvent les germes des dents. Cette gouttière est forme'e par deux lames , l'une ante'rieure et l'autre poste'riéure, qui se sont re'unies infèrieureraent comme celles du vomer. La lame postérieure, e'chancre'e en bas, forme par son application contre l'autre une gouttière qui se convertit en canal par un prolongement qui sort de l'une et de l'autre ,^ et se reploie infe'rieurement. Ce canal temporaire, situé au-dessous du grand canal dentaire, a une existence accommodée à celle des vaisseaux qui le remplissent. Tant que ces vaisseaux persistent, le canal est très-distinct. Aussitôt que ces vaisseaux deviennent inutiles et s'atrophient, le canal diminue et s'efface enfin complètement, de manière que chez l'enfant de sept à huit ans il n'y a
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tout grand el il offre même l'étendue la plus considérable , d'après mes recherches , chez Vornithorhjnque; mais il est extrêmement probable qu'il s'y confond avec le trou condjloïdien antérieur et avec le trou déchiré postérieur. Après cet animal vient le tamanoir. Parmi les autres animaux les carnassiers présentent le plus petit, On ne peut attribuer (i) qu'à une faute typographique ce que M. Cuvier écrit de l'absence du trou condjloïdien antérieur chez Véléphant.
3" Le trou condjloïdien postérieur, voie de communication entre les veines extérieures et
qu'un seul canal dentaire comme chez l'adulte. Ce dernier, qui jîersiste pendant toute la vie et qui survit même dans l'extrême vieillesse à la chute des dents, a une formation peu différente du précédent. La lame postérieure ferme , en s'appliquant par son extrémité postérieure contre l'apophyse coronoïde , le trou dentaire et l'entrée du canal du même nom ( embryon de cinq à six mois). Il n'y a à cette époque aucune alvéole distinctement formée j lorsqu'elles se forment, les deux lames maxillaires, en se réunissant en bas comme le vomer, constituent le fond du canal et la gouttière qui, à celte époque, le représente ; du septième au huitième mois, il se manifeste une lame osseuse longitudinale, criblée, comme celle de l'e'thmoide, de plusieurs ouvertures qui livrent passage aux vaisseaux et nerfs dentaires; cette lame, passant par-dessus la gouttière, for^e la paroi supérieure du canal en le complétant. 11 est le plus souvent terminé à la naissance. Cette lame
(0 Anal. comp. , 11,54.
d'anatomie comparée. /^.yq les inlérienrcs de la tête, est aa contraire fort inconstant sous le rapport de la forme, de la position etde l'étendue. Quelques-unes des ouvertures précédemment mentionnées chez les cétacés lui correspondent incontestablement. A l'exception de Vhornme, chez lequel il manque souvent aussi, ainsi que des singes et des ru~ minans , il m'est arrivé rarement d'en trouver des traces chez les autres animaux, du moins à l'intérieur. Il existe au contraire dans plusieurs ordres, surtout chez les carnivores , à la même place, mais dans l'intérieur du crâne, un canal formé en dehors par l'apophjse articulaire , en
n'est pas continue depuis l'entrée du canal jusqu'à sa terminaison : c'est, au contraire, une succession de demi-cloisons qui s'envoient réciproquement les cloisons de formation des alvéoles. Ces demi-cloisons se rencontrent, se re'unissent, et forment successivement la paroi supéneure du canal en laissant des ouvertures et des trous de conjugaison. Ce mécanisme est très-vjsible chez Yhomme, chez le chat, le chien, mais syrtout chez le veau; l'embryon du cheval le présente également fort développé.
Les loges alvéolaires commencent à se former. De la base de chaque cloison part un prolongement horizontal qui se dmge vers un semblable qui se détache de la . cloison voisme; quelques uns sont unis, et le canal est i terme en cet endroit^ d'autres ne se présentent pas en- ' core , et le canal est ouvert aux endroits qui leur correspondent. Ces canaux ne sont, comme ceux précédemiinent exammés, que des canaux de conjugaison. Serihes , loc. cil.