‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 53 sur 124 · Portion sphénoïdale de l'os basilaire. §• I · texte numérisé non relu

Portion sphénoïdale de l'os basilaire. §• I

i . Dans la direction du corps de l'occipital on trouve en avant un os très-alongé , légèrement convexe à sa face inférieure, concave à la supérieure. Cet os se termine antérieurement et postérieurement, dans ce dernier sens surtout, par deux branches latérales ; dans sa moitié postérieure j du moins au-delà de son milieu, il est considérablement plus large que dans l'antérieure. Sa face inférieure présente très-généralement en avant des sillons longitudinaux ; la supérieure est concave chez quelques poissons , par exemple les gades; chez d'autres au contraire elle est convexe^ comme chez les murènes.

Postérieurement il s'étend très-loin sous la partie antérieure du corps de l'occipital, dont il embrasse la branche longitudinale et inférieure

avec ses larges branches latérales; son deuxième tiers supporte, d'avant en arrière, cinq os dont trois seulement, peut-être seulement deux, appartiennent au sphénoïde chez les animaux élevés; les autres ont reçu une autre détermination.

Cet os correspond également à un corps de vertèbre, et est incontestablement le corps du sphénoïde., dont la forme alongée est en rapport avec la longueur considérable de la moitié antérieure du crâne.

i. La plus postérieure des trois pièces mentionnées est irrégulièrement quadrilatère , légèrement convexe en dehors, un peu concave en dedans ; elle correspond à peu près au second cinquième de la longueur du corps du sphénoïde. Sa face interne est partagée par une saillie longitudinale en une moitié antérieure et une postérieure; celle-ci reçoit une partie de l'organe auditif, et est ordinairement un peu plus petite que l'autre. La moitié antérieure présente en avant une ouverture considérable pour le passage d'un nerf. Il y a une seconde ouverture de ce genre près du bord postérieur, chez plusieurs poissons , par exemple les carpes.

D'après M. Bojanus, celte lame appartiendrait en toute certitude à l'os sphénoïde, dont elle représenterait la grande pièce latérale, ou sa grande aile; cependant cette détermination ne me paraît rien moins que parfaitement certaine, et cela par les raisons suivantes.

d'anatomie compakée. l\")o Cette opinion a contre elle plusieurs considérations.

La première est la position de cet os. En effet, en haut il est contigu seulement à des os qui appartiennent au temporal, en arrière au corps et à la portion articulaire de l'occipital; la grande aile du sphénoïde touche, au contraire, au pariétal et au frontal, ou au moins à l'un de ces os.

Or les premières conditions sont évidemment celles du rocher des vertébrés supérieurs. L'application de l'os dont il s'agit sur le corps du sphénoïde, chez les poissons, ne permet de rien, conclure , parce que d'une part les corps du* sphénoïde et de l'occipital ne font essentiellement qu'un; que d'autre part cette-circonstance est en rapport avec la forme alongée de toute la tête, mais surtout avec la longueur très -considérable et la grande extension du corps du sphénoïde en arrière.

La seconde considération qui s'élève contre la proposition de M. Bojanus est la part que prend cet os à l'organe acoustique.

La troisième est l'étude de la disposition successive d'avant en arrière. Le rapport de cet os avec plusieurs nerfs, existant chez la carpe, éclaire surtout dans cette recherche. Le plus postérieur, qui est tout à la fois le plus gros, est manifestement une partie du nerf respiratoire qui sort entre la portion articulaire de l'occipital et l'os qui vient d'être considéré. Cette division

474 TRAITÉ GliJNÉR AL

du nerf n'est séparée de l'autre partie que par un pont osseux , mince, existant au bord antérieur de la portion condyloïdienne , et va se ramifier avec elle à la branchie postérieure.

En avant de cette partie nerveuse, on voit sortir de l'ouverture postérieure de l'os un nerf plus petit, distribué aux première et seconde branchies et à la partie postérieure de la membrane palatine. Ce second cordon nerveux appartient au premier , dont il constitue la partie antérieure.

L'ouverture antérieure donne passage à un troisième nerf ayant à peu près le même volume^ qui se rend à la première branchie et à la membrane du palais. C'est sans contredit la partie antérieure du nerf respiratoire; il correspond' vraisemblablement au nerf giosso- pharyngien des animaux plus élevés.

Enfin au devant de l'os en question, entre lui et celui qui le précède, il se trouve un nerf beaucoup plus considérable, qui se porte à la masse musculaire de la face; ce nerf est évidemment le nerf sous-maxillaire.

Or, chezles autres vertébrés, les nerfs pneumogastrique et glosso-pharyngien sortent entre le rocher et l'occipital, le nerf sous -maxillaire par l'extrémité postérieure de la grande aile du sphénoïde, et souvent entre cette aile et le rocher, parce que le trou ovale n'est pas fermé en arrière; la disposition de cet os est donc encore

o'anatomie comparée. 47 5

la même que celle du rocher des autres vertébrés.

On pourrait être tenté d'opposer à ces argumens, empruntés à la distribution des nerfs, la remarque de Bojanus , qui établit que le nerf sous- maxillaire entre par le trou dans cet os; mais on a vu qu'elle n'est pas exacte.

D'après tout cela je regarde cet os comme une partie du temporal , et cette partie est le rocher.

Le second os , qui vient en avant de ce dernier, est, par opposition, incontestablement une portion du sphénoïde, et, d'après toutes les conditions qu'il présentera pièce pour laquelle Bojanus a pris l'os dont il vient d'être question, c'est-à-dire la grande aile postérieure du. sphénoïde ; et si l'on a égard à la comparaison qui en a été établie avec des vertèbres c'est la partie injérieure de Varc de la seconde vertèbre du crâne.

Cet os est également quadrilatère ^ un peu convexe en dedans , légèrement concave en dehors; il est appliqué par un prolongement de son bord inférieur sur une petite saillie qui s'élève communément à peu près du milieu de la face inférieure et du bord externe du corps du sphénoïde. Postérieurement il touche en outre au bord antérieur de l'os précédent , dont il est cependant séparé inférieurement par une

grande lacune; plus haut il est contigu par son bord postérieur, à la'portion écailleuse du temporal ; supérieurement au pariétal ; en avant, à l'os situé au devant de lui sur le sphénoïde , de sorte qu'il reste inférieurement encore entre eux un espace qui donne passage aux nerfs de l'œil.

Tout cela rend cet os évidemment analogue à la grande aile du sphénoïde des autres vertébrés. Le nerf sus-maxillaire, il est vrai, ne le traverse pas, mais il se porte en avant à côté de lui, le long de sa face externe. Il est facile d'expliquer cette disposition par l'étroitesse de l'encéphale et par l'exiguité et la forme alongée du crâne du poisson , par suite et en conformité de laquelle la grande aile du sphénoïde se trouve affaissée en dedans. C'est pourquoi il n'a pas non plus d'ouvertures pour le passage des branches du nerf trifacial.

3. En avant de cette pièce il en existe ordinairement une troisième, tantôt paire, tantôt impaire, mais communément d'un volume considérable. Elle se compose d'une paroi inférieure horizontale , et de deux parois latérales verticales, s'étend un peu en avant, où elle déborde le corps du sphénoïde, dont elle n'atteint pas cependant tout-à-fait l'extrémité inférieure. En arrière elle touche, comme nous l'avons indiqué, à l'aile postérieure du sphénoïde, en

p'aN ATOUTTE COMPAREE. ^77

avant à l'os ethmoïde, en haut au frontal. C'est entre cette pièce et la précédente que le nerf sus-maxillaire et le nerf optique sortent du crâne.

D'après cela cet os est manifestement Y aile antérieure du sphénoïde.

Chez les silures et les saumons, les moitiés latérales de cet os sont unies dans la ligne médiane; chez d'autres, par exemple les carpes. la murène commune (jnurœnophis helend), elles sont séparées.

M. Bojanus prend cet os pour l'aile postérieure du sphénoïde; mais, d'après ce que j'ai dit , il m'est impossible de partager son opinion.

4- Indépendamment des trois pièces du sphénoïde qui viennent d'être considérées , savoir, le corps et les ailes antérieure et postérieure , que l'on peut encore désigner comme les parties inférieures de l'arc de la vertèbre ou les portions articulaires, il y en a généralement d'autres de chaque coté, qui sont séparées des pièces précédentes ou ne leur sont unies que par des articulations mobiles. Elles correspondent aussi par leur position à des pièces qui, chez les animaux supérieurs, font partie de l'os sphénoïde.

Ce sont les ailes inférieures qui représentent vraisemblablement des apophyses transverses de vertèbres.

Ces pièces sont communément des os minces, plats, quadrilatères , assez considérables, dirigés de haut en bas et de dehors en dedans, qui sont situés en face de la région moyenne du corps du sphénoïde, dont ils sont le plus souvent séparés par un intervalle , et qui s'unissent immobilement en avant avec l'os palatin, en arrière avec une pièce latérale descendant du temporal. Chez les anguilles ces os sont fort alongés. Ils manquent à la murène commune ( murœnophis helena ) , dans laquelle ils semblent être remplacés par un ligament alongé, s'étendant de la portion latérale du temporal à l'extrémité postérieure de la pièce sus-maxillaire.

Page 1