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Temporal

Sur le côté de l'os basilaire, et en partie entre ses portions sphénoïdale et occipitale, on trouve les pièces osseuses qui , chez les vertébrés supérieurs, se réunissent insensiblement en un os unique et constituent le temporal. Ces pièces existent toujours de chaque côté en nombre assez considérable, etseparlagent en deux sériesj'une supérieure et l'autre inférieure, qui sont unies entre elles d'une manière mobile , et dont la supérieure concourt à la formation des parois du crâne, l'inférieure descendant, sous la forme d'une lame large , en avant et en dehors , des

d'aîtatomik comparée. 479 branchies à l'a mâchoire inférieure, avec laquelle elle s'articule par ginglyme.

«. Portion crânienne du temporal.

La portion crânienne du temporal se compose essentiellement d'une pièce inférieure , qui est le rocher, et dont il a déjà été question plus haut ; elle est en outre formée de deux ou trois pièces supérieures qui se suivent d'avant en arrière.

Les conditions essentielles du rocher ont déjà été indiquées. Cet os n'offraut pas de différences dignes de remarque , je passe aussitôt à la description des os qui lui sont supérieurs. Des trois os supérieurs , le moyen et l'antérieur font certainement partie du temporal ; le postérieur , dont il a déjà été question plus haut (i), appartient peut-être au temporal, peut-être à l'occipital, peut-être n'appartient-il même ni à l'un ni à l'autre et forme-t-il un os propre ?

l, La forme de cet os est le plus souvent triangulaire. Une de ses faces concourt à former la surface intérieure du crâne; elle est verticale chez quelques poissons, par exemple, la carpe, où l'os est élevé; horizontale chez

(i) Voyez pag. 4G6, 467.

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d'autres, par exemple Y anguille, où l'os est aplati de haut en bas. Il existe , en outre , trois faces extérieures : une latérale, une postérieure et une supérieure, qui concourent toutes à la composition de la surface externe du crâne. Les faces supérieure et postérieure passent l'une dans l'autre sous un angle droit, qui est même aigu chez les congres. Dans le premier cas cet angle s'élèveordinairement vers son milieu, et produit une apophyse considérable.

Cet os offre , à l'angle de réunion qui existe entre la face supérieure et l'interne, une facette articulaire rugueuse, par laquelle il est contigu à l'épine, ou crête de l'occipital chez la plupart des poissons , par exemple les cyprins ., les ésoces , les gades , les congres; chez d'autres, au contraire , nous noterons en particulier l'anguille vulgaire ( murœna anguilla ) , il se confond , dans la ligne médiane , avec l'os de même nom. Cette soudure me semble résulter du défaut de la portion squameuse de l'occipital, qui manque quelquefois, du moins chez Y anguille. En bas, cet os s'articule avec l'os précédent, en dehors avep le rocher, en avant avec le pariétal.

Il est extrêmement vraisemblable que c'est, chez les animaux supérieurs , une partie de la portion squameuse de l'occipital; il correspond alors à une pièce osseuse de l'homme , assez souvent séparée irrégulièrement du reste de la portion squameuse, et située entre elle, le lem-

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poral et le pariétal ( t), piè^ce qui est sans cloute normale à «ne certaine période de la vieembryonique. Si cet os correspond, en effet , à un os anormal de l'homme , la dénomination (l'o.niww//Vn, proposée par M. Bojanus ( Isis , 1818, p. 502 ),est très-bonne; mais on lui peut objecter, avec raison que ce n'est pas le seul point sur lequel il se rencontre des os wormiens. Quoique la dénomination ({'occipital supéjie::r. donnée par M. Cuvier, soit blâmée par M. Bojanus, je pense que si on y joignait l'épithète de latéral, elle serait préférable à la première, s'il n'était pas plus utile d'en choisir une autre.

2. L'os situé au devant de ce dernier se trouve entre lui, la portion articulaire et la portion épineuse, ou crête de l'occipital, le pariétal, la pièce du temporal qui suit en avant, et le rocher. Il est formé d'une paroi supérieure et d'une inférieure, dont la première est horizontale; la seconde, qui descend plus ou moins obliquement en dedans, a la forme d'un triangle alongé; elle constitue l'extrémité postérieure de la face supérieure et latérale du crâne; elle reçoit dans sa partie interne, où elle a le plus d'épaisseur» la

(1) J'ai rapproché plusieurs cas de ce genre dans mon A natomie pathologique , vol. I , et j'en possède un nombre considérable.

portion supérieure du labyrinthe, et s articule vers son extrémité antérieure, par son bord externe, avec la partie postérieure du bord supérieur de l'os carré.

Je regarde cette partie comme la portion mastoïdienne du temporal.

Chez les murènes proprement dites ( murœnqphis ), il existe , au lieu de renfoncement articulaire destiné à l'os carré , une suture formée de cavités et d'éminences verticales très-serrées; au-delà de cette suture on rencontre, à la vérité, dans la portion écailleuse , une surface articulaire arrondie ; mais il y a une surface semblable qui se retrouve à l'extrémité postérieure de l'aile postérieure du sphénoïde.

Il existe un rapprochement de cette organisation dans les murènes , où l'on voit au milieu de cet os un petit enfoncement articulaire , rond , largement séparé de celui qui se trouve sur l'os antérieur.

Chez plusieurs poissons , par exemple l'orphie {esox belone) , le brochet de mer (sp1i\ rœna spef) , le muge céphale (mugil cephalus), X anableps letrophthalmus, la face postérieure du crâne se termine supér ieurement , des deux côtés , par une plaque alongée qui est formée par cet os ou par celui qui précède. Elle est horizontalement dirigée en arrière , et plus large Ici qu'en avant. Elle est très-remarquable chez les sphjrènes , où elle est formée de douze os

d'anatomfp: comparée. 4^3 minces, costiformes, entièrement séparés les uns des autres.

3. L'os supérieur et antérieur est situé entre celui qui vient d'être décrit , le rocher, le sphénoïde postérieur , souvent le coronal , le pariétal et l'os malaire. Il fait partie de la région antérieure des parois supérieure et latérale du crâne; il est, dans la plupart des poissons, triangulaire, apointi en avant, et présente, à la partie ' externe de sa face inférieure, un enfoncement longitudinal , considérable, qui se continue avec celui de la pièce précédente , et sert à recevoir le bord supérieur de l'opercule.

Cet os est très-petit chez les murènes et les murénophis ; il se présente seulement comme un appendice externe et court de l'os précédent ,, offrant un enfoncement articulaire et arrondi à sa face inférieure, qui ne touche ni au pariétal ni au frontal ; ce défaut de connexion est encore augmenté par l'absence de l'os malaire.

Cet os me paraît être l'analogue de la portion écailleuse du temporal.

bm Portion articulaire du temporal.

La portion articulaire du temporal, à cause

de la forme qu'elle affecte dans cette classe et dans les deux classes suivantes , a reçu le nom d'as carré ; cette portion varie plus que la portion crânienne du même os , sous le rapport de la forme, du volume et du nombre des pièces qui la composent.

Elle a cependant toujours, plus ou moins, la forme d'un carré long ; elle est plus grande que la portion crânienne, et se compose au moins de deux pièces, une supérieure et une inférieure, unies entre elles par une suture écailleuse.

La disposition la plus simple est offerte par les murènes et genres voisins ; il faut seulement remarquer que cette organisation, plus simple, est en effet supérieure à celle qui est plus composée, puisqu'elle rattache ces animaux aux reptiles, chez lesquels cette collection d'os diminue insensiblement , jusqu'à ce qu'elle finisse par se confondre avec la portion supérieure ou crânienne du temporal. Nous allons donc considérer d'abord les organisations plus compliquées.

Cette portion d'os offre un développement considérable chez la plupart des poissons.

Sous le rapport du volume, ce sont peut-être les syngnathes où elle offre le plus de grosseur. Chez ces poissons la majeure partie de la mâchoire inférieure n'est pas formée par l'os sousmaxillaire proprement dit, mais par la portion qui nous occupe. La pièce la plus supérieure est

d'ànatomie comparée. 4§5

petite , el forme à peine la trentième partie de toute Ja collection, qui se compose de plusieurs pièces alongées, se recouvrant les unes les autres de dedans en dehors , soit en entier, soit en partie.

Lorsque l'organisation est plus composée, on trouve jusqu'à six pièces, comme, par exemple, chez les carpes et les brochets.

Parmi ces pièces , les deux postérieures et supérieures sont ordinairement les plu3 fortes. L'une d'elles , plus constante que la seconde , a une forme alongée et présente à son bord supérieur une surface articulaire, arrondie et longue, par laquelle elle s'articule avec les pièces du temporal qui sont situées au dessus.

Elle offre également à son bord postérieur , non loin de l'extrémité supérieure, une surface articulaire arrondie, convexe, destinée à la pièce supérieure de l'opercule. Elle devient plus mince inférieurement.

En arrière et un peu en dehors d'elle, est située une seconde pièce, également considérable, concave en avant, convexe en arrière, qui se distingue des autres par une série d'ouvertures se succédant régulièrement de haut en bas, et i destinées au passage des canaux mucifères ; cette ipièce s'unit à l'os précédent et à quelques-unes des pièces inférieures par le moyen d'une suture.

Après le premier os, on rencontre, en bas et

en avant, un troisième os, styloïde , beaucoup plus petit que celui-ci, sur l'extrémité inférieure duquel il s'appuie.

Entre ces deux os on trouve , du moins chez les carpes , une pièce discoïde encore plus petite et plus plate.

Au devant de la partie inférieure du premier os et de l'os styloïde, sont situées, l'une au dessus de l'autre, une cinquième et une sixième pièce osseuse; toutes deux sont aplaties; l'inférieure de ces deux pièces présente une surface articulaire, convexe d'avant en arrière, concave de dehors en dedans, par laquelle elle s'articule mobilement avec la pièce de la mâchoire inférieure qui vient après. Ces deux pièces touchent en avant, par le moyen d'une suture, aux pièces qui composent les ailes du sphénoïde.

La même disposition règne chez le saumon , à l'exception du plus petit os, discoïde, qui manque.

Chez ces derniers poissons et chez les poissons mentionnés précédemment, la pièce styloïde est très-petite; chez la morue, au contraire, qui possède les cinq pièces ordinaires, elle est extrêmement considérable; elle égale en volume les deux pièces inférieures réunies.

Chez les trigles , la pièce la plus postérieure remporte considérablement en développement; elle recouvre extérieurement les trois pièces antérieares, à l'exception de la supérieure qui est

I>'aNATOMIE comparée. 4^7 très-petite, la styloïde étant , au contraire, fort développée. La surface de la pièce supérieure et de la postérieure elle-même , et celle de la plupart des os des régions supérieure et latérale de la tète sont fort rugueuses. La pièce postérieure forme, en outre, avec la supérieure, une partie du pont large qui constitue la face latérale de la tête , comme une couche externe, parallèle àl'interne, qui est représentée par les os ptérygoïdes et palatins. C'est cette disposition qui permet que, chez ces poissons, la pièce en question soit également contiguë au large os malaire qu'elle est loin d'atteindre sans cela.

Chez les silures le nombre de ces pièces est beaucoup moins considérable; ils n'ont que les deux pièces supérieures, postérieures ; et l'inférieure , qui s'articule avec la mâchoire d'en bas , est ici proportionnellement plus volumineuse qu'ailleurs.

Cette disposition conduit à celle qui nous est offerte par les murènes et genres voisins.

Chez les murènes, la plus inférieure des pièces postérieures existe encore; elle est même fort large. Chez la murène commune (murœnophis helena), non- seulement on ne la retrouve plus, mais la pièce inférieure même est ordinairement petite, de sorte qu'elle semble aussi sur le point de disparaître. La supérieure, qui est proportionnellement fort volumineuse, présente son apophyse articulaire , très-saillante et des-

cendant très-bas à cause de l'opercule. Mais ce qu'il y a de plus remarquable sur cette pièce, c'est la (lisposilion du bord supérieur, dont la plus grande partie offre une suture dentelée , interrompue seulement, dans le troisième douzième de l'étendue de ce bord , par un renflementsupportantune éminenee articulaire, transversale et arrondie; il en résulte qu'il n'est que très-peu mobilement uni aux os correspondais du crâne. Cette condition, aussi bien que la disparition de la pièce postérieure et l'extrême petitesse de la pièce inférieure, établit évidemment des rapprochemens remarquables entre l'organisation de ces poissons et celle des reptiles, surtout des salamandi%es et des ophidiens.

D'après M. Bojanus (1) il n'y aurait, des pièces qui viennent d'être représentées comme entrant dans la composition de l'os carré, que la première et l'os styloïde, ou la troisième pièce, qui appartiendraient véritablement à cet os; la seconde, ou la postérieure inférieure appartiendrait à l'opercule, par conséquent à la mâchoire inférieure ; une ou les deux pièces antérieures et inférieures , ou les quatrième et cinquième pièces feraient partie de Tos ptérygoïde. Plusieurs circonstances semblent, à mon avis, militer contre celte opinion en ce qui concerne la première pièce, savoir : l'absence absolue de

;>) Ixisi 1818 , p. 5o/,.

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connexion de cette pièce avec les os de l'opercule, (condition présentée dans quelques espèces, mais surtout d'une manière évidente par les sitares) et l'existence d'une suture qui la fait confondre, au contraire, avec les deux autres os, de manière à former avec eux une même plaque. Chez les trigles, elle s'unit étroitement, il est vrai, par sa partie postérieure avec l'opercule , et se trouve dans le même plan que lui ; mais en revanche, sa connexion avec les pièces de l'os carré est beaucoup plus solide ; elle est presque confondue avec l'os styloïde, et est. exactement unie aux autres pièces qu'elle recouvre. Elle disparaît aussi chez la murène commune (murœnophis helena), et néanmoins l'opercule coïncide par sa forme avec l'os des murènes , qui est encore formé des trois pièces ordinaires de l'opercule.

Que les quatrième et cinquième pièces appartiennent également à la portion temporale qui nous occupe ; cela résulte, très-évidemment sans doute, de la circonstance qu'à l'extrémité inférieure se trouve toujours la surface articulaire destinée à la mâchoire inférieure. Si la pièce dont il est question était l'os ptérygoïde, celuici se serait intercalé entre la mâchoire inférieure et le temporal ; ce dernier n'opérerait plus la connexion entre le crâne et la mâchoire inférieure, conséquence qui est trop contraire à l'analogie de tous les autres animaux pour qu'elle soit admissible. Même dans les cas où cet os se

49° TRAITÉ GKNÉRAL

partage en deux , je ne regarde pas la pièce supérieure comme une partie de l'os ptérygoïde , parce que celui-ci est représenté par une lame placée au devant de cette pièce.

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