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CONCLUSION

L'avantage de préparer à l'avance la solution iodurante et le collodion normal ne consiste pas seulement dans la facilité de conserver indéfiniment le collodion, ce qui n'est pas le cas du collodion ioduré, mais cet avantage consiste surtout dans une sensibilité plus grande par les jours sombres de l'hiver.

Dans le bain d'argent, ce collodion donne des couches bleuâtres, translucides, tandis que les collodions ordinaires donnent des couches blanches et opaques.

SECTION III. — LE BAIN d'argent négatif. § 206. Formule du bain d'argent négatif.

Eau distillée 1 litre.

Nitrate d'argent fondu blanc 80 grammes.

lodure de potassium 1/2 »

Acide nitrique pur 2 gouttes.

Pesez d'abord l'iodure de potassium, introduisez-le dans une éprouvette et dissolvez-le dans quelques gouttes d'eau. Puis ajoutez le nitrate d'argent et le quart de l'eau prescrite par la formule. Agitez bien le liquide avec une baguette de verre, ajoutez le reste de l'eau et les 2 gouttes d'acide nitrique. Filtrez. Alors le bain est prêt à l'usage.

Le but de l'addition de l'iodure de potassium au bain d'argent est de le saturer préalablement d'iodure d'argent, que, sans cela, il enlèverait aux couches de collodion sensibilisé. On peut aussi, avant de se servir la première fois du bain, y abandonner pendant une heure une glace recouverte de collodion ioduré et alors supprimer l'iodure de potassium.

Quand le bain vieillit par un usage répété, il abandonne une partie de l'iodure d'argent qu'il tient en dissolution, sous forme de petits cristaux d'iodo-nitrate d'argent, qui criblent les images de trous blancs. Le même effet arrive en été quand les bains d'argent s'échauiFent, parce que l'iodo-nitrate d'argent est moins soluble à chaud qu'à froid.

Pour corriger ce défaut, ajoutez au vieux bain son volume d'eau distillée et filtrez avec soin. Additionnez-le de 8 grammes de nitrate d'argent pur pour chaque 100 centimètres cubes d'eau ajoutée au bain.

Le bain d'argent s'épuisant lentement par l'usage, il serait bon,

PROCÉDÉS NÉGATIFS

suivant quelques auteurs, de le renforcer de temps à autre, après en avoir déterminé le titre. Pour notre part nous ne le conseillons pas, parce que le titrage des vieux bains prouve qu'ils ont perdu tout au plus un pour cent de nitrate d'argent et que cette diminution n'exerce aucun elFet fâcheux.

§ 206. Influence de la qualité de l'eau. — Les eaux dures ne peuvent pas être employées pour dissoudre le nitrate d'argent parce qu'elles donnent une solution laiteuse à cause des sels calcaires qu'elles contiennent. L'eau de pluie peut servir à cet usage, mais elle contient souvent des matières organiques qui rendent le bain sujet à produire des épreuves voilées. L'eau distillée elle-même offre souvent cet inconvénient surtout celle qui provient de la condensation de la vapeur perdue des machines à vapeur. L'eau de pluie est meilleure que l'eau distillée de la dernière provenance, à la condition de ne pas être recueillie pendant les pluies d'orage. Elle est dans ce cas ammoniacale. Les pluies fines, longtemps soutenues, donnent une eau trèspure, surtout si on ne les recueille pas au commencement, mais après que les toits ont été bien nettoyés par les premières eaux tombées.

§ 207. Changements qui s'opèrent dans le bain d'argent. — Un bain d'argent récemment préparé donne d'ordinaire une grande sensibilité aux couches collodionnées que l'on y plonge, et donne lieu à des images très-claires. Successivement il perd ces qualités, surtout en été, et produit des épreuves constamment voilées.

C'est que le bain se charge lentement de matières organiques, soit par les poussières atmosphériques, soit parce que le collodion contient lui-même des matières organiques nuisibles, qu'il introduit dans le bain.

Beaucoup de photographes rendent alcalins les bains d'argent en les additionnant de solution de bicarbonate de soude, puis les exposent plusieurs jours consécutifs au soleil. La matière organique est alors éliminée, et l'on voit les parois du flacon qui contient le bain se couvrir d'argent réduit. Filtré et rendu légèrement acide (par l'addition de quelques gouttes d'acide nitrique), le bain est de nouveau prêt à servir. Ce remède est excellent. Mais le procédé suivant est plus simple et plus expéditif.

Dissolvez 1 gramme de permanganate de potasse cristallisé dans 100 grammes d'eau. La solution est d'un rouge foncé et doit être conservée dans un flacon bouché à l'émeri.

Ajoutez goutte à goutte de cette solution au vieux bain d*argent(i)

(1) Si le bain d'argent était acide, il faudrait le rendre légèrement alcalin en l'additionnant, goutte à goutte, de soude ou de potasse caustique, ou au besoin d'ammoniaque, quitte après la filtration du bain purifié, à l'additionner d'une ou de deux gouttes d'acide nitrique par litre.

PROCÉDÉ NÉGATIF AU COLLODION

et agiiez-le chaque fois vivement, jusqu'à ce qu'il prenne et conserve une légère teinte rose. Filtrez-le, et la solution passera incolore à travers le papier.

L'explication de ce procédé est simple. Le permanganate de potasse produit par double décomposition avec le nitrate d'argent un sel d'argent rouge, qui se réduit de suite au contact des matières organiques telles que la résine, l'albumine, etc. Ce sont précisément des matières analogues contenues dans le collodion, qui causent le plus souvent les épreuves voilées.

Les bains d'argent se chargent aussi d'alcool et d'éther, et alors le développateur produit des veines huileuses sur les couches. Il suffit d'abandonner les bains pendant 24 heures dans une cuvette plate que l'on couvre d'une feuille de papier à filtrer, pour que l'éther et l'alcool s'évaporent suffisamment.

§ 208. Acidité du bain d'argent. — Un bain d'argent neutre au papier de tournesol produit fréquemment des épreuves voilées et des images très-intenses. L'addition à un tel bain de 2 ou 3 gouttes d'acide nitrique dilué corrige souvent le premier défaut, et toujours le second. Dès que les images sur collodion sont, après le développement, jugées trop intenses, ajoutez quelques gouttes d'acide nitrique au bain d'argent, et les épreuves suivantes seront beaucoup plus douces et moins intenses.

SECTION IV. — DÉVELOPPATEURS ET FIXATEURS.

Pour développer et fixer les négatifs au collodion deux substances sont employées : le sulfate de fer et l'acide pyrogallique.

Le sulfate de fer, en solution convenablement étendue, fait apparaître l'image lentement, de manière qu'on est maître d'en arrêter l'action à un moment donné. Mais V intensité de l'image est quelquefois insuffisante, et l'on est obligé de la renforcer. L'acide pyrogallique exige une pose plus longue à la chambre noire, mais l'image développée a, du premier jet, une grande intensité.

Voici les formules généralement employées ;

Développateur,

Eau 1 litre.

Sulfate de fer (1) 30 grammes.

Alcool 30 centim. cubes.

Acide acétique cristallisable 25 »

(1) M. Meynier a proposé de remplacer le sulfate de fer ordinaire par le sulfate double de fer et d'ammoniaque, corps très-facile à préparer et qui possède la propriété

PROCÉDÉS NÉGATIFS

On dissout d'abord le sulfate de fer dans l'eau, puis l'on ajoute l'acide acétique et finalement l'alcool.

Cette solution doit être préparée fraîchement, tous les jours si l'on travaille couramment, sinon il faudrait exposer les glaces à la chambre noire un temps double ou triple.

Dès que la solution a deux ou trois jours de date, elle perd de ses qualités.

Ponr h renfoTçage :

Acide pyrogallique 1 gramme.

Eau distillée 300 cent, cubes.

Acide acétique cristallisable(i) .... 30 ??

L'eau est d'abord additionnée d'acide acétique, puis versée sur le filtre en papier dans lequel on place l'acide pyrogallique. La solution passe limpide et incolore, bien entendu si l'eau est pure.

Ce liquide se décompose lentement en s'assimilant l'oxygène de l'air. Il brunit au bout de quelques semaines et parfois en quelques heures. Il peut encore servir dans cet état, pourvu qu'il ne se soit pas décomposé trop loin, ce dont on juge par sa transparence. Une fois opaque et boueux, il doit être jeté. L'acide pyrogallique qui a servi à développer une épreuve, ne peut, dans aucun cas, être employé une seconde fois.

§ 209. Développateur pour clichés de gravures, reproductions. — La formule suivante nous a le mieux réussi :

Eau 100 grammes.

Sulfate de fer 5 n

Acide tartrique 1 »

Cette solution s'emploie à la manière ordinaire, en l'appliquant sur la couche de collodion au sortir de la chambre noire. Elle n'agit pas immédiatement comme le sulfate de fer ordinaire, et l'image n'apparaît qu'au bout de trente ou quarante secondes, en prenant de plus en plus d'intensité sans qu'il soit nécessaire de recourir à un renforçage subséquent. Généralement les noirs sont très-intenses, et les blancs ou parties transparentes du cliché sont absolument exempts de voile, ce qui est très-avantageux quand on reproduit des gravures.

de ne pas se décomposer au contact de Tair. Ce sel agit, du reste, comme le sulfate de fer ordinaire, mais ne permet jDas une pose à la chambre noire plus courte. On l'emploie dans notre formule, à raison de 50 grammes au lieu de 30 de sulfate de fer ordinaire.

(1) On peut remplacer les 30 grammes d'acide acétique de cette formule par I gramme d'acide citrique et 10 d'alcool (M. Gaillard), mais les clichés ont généralement une coloration bleue perméable à la lumière (MM. Bareswill et Davanne).

PROCÉDÉ NÉGATIF AU COLLODION

§ 210. Le fixateur. — Les photographes de profession se servent I de cyanure de potassium (à la dose de 20 gr. par litre d'eau) pour i fixer les images négatives sur collodion. Il agit plus vite, s'enlève ; plus facilement sous un filet d'eau et occasionne moins de taches que ï'hjposulfite de soude jadis employé pour le même usage.

La solution de cyanure s'altère à l'air en se transformant en carbonate de potasse. Cette transformation s'opère même dans des flacons bouchés. Il ne faut donc pas en préparer trop longtemps à l'avance. I Le cyanure de potassium est un poison violent. Cependant il est certain qu'on s acclimate à ses effets (l). Il ne faut pas, toutefois, se servir de solutions concentrées, car elles agissent beaucoup plus activement sur l'économie animale que les solutions étendues.

Beaucoup de photographes se servent d'une solution de 100 gr. d'hyposulfite de soude par litre d'eau, pour fixer les clichés au collodion. Mais ce fixateur, qui ronge moins que le cyanure, exige un lavage prolongé pour être enlevé. Si ce lavage est imparfait, l'inaltérabilité du cliché est compromise.

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