SECTION I. — ÉPREUVES POSITIVES SUR COLLODION (PAR RÉFLEXION
§ 211. Le collodion. ~- Un collodion, pour être apte à fournir des épreuves positives directes, doit posséder les caractères que nous
(1) Il est de fait qu'une personne, non habituée au cyanure, est sujette à des maux de tête lorsqu'elle se trouve un certain temps à côté d'une cuvette contenant une solution de cyanure de potassium, alors qu'un photographe ne ressent rien.
Il faut cependant être prudent dans le maniement du cyanure, surtout si l'on a de légères blessures aux doigts. Il y a des exemples terribles de l'effet de ce poison, et nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs d'en restreindre l'usage dans les limites les plus étroites.
PROCÉDÉS NÉGATIFS
avons énoncés en parlant de la décomposition du collodion. Le meilleur est celui que l'on obtient en mélangeant un vieux collodion avec un collodion neuf. Voici une formule qui donne d'excellents résultats :
Quand on veut préparer le collodion positif et que l'on ne possède pas de vieux collodion, on se procurera du coton-poudre préparé à haute température, variété intense, et l'on adoptera la formule suivante :
Ce collodion n'est, d'ailleurs, bon à être employé efficacement que 8 à 10 jours après sa préparation.
Les collodions rouges sont meilleurs que les collodions incolores ou jaunâtres; c'est l'inverse pour les collodions négatifs.
§ 21 S. Bain d'argent. — Le bain d'argent que nous avons prescrit pour négatifs convient aussi pour les positifs. Il doit présenter une réaction acide légère, mais non forte, comme quelques auteurs le croient. La seule recommandation à faire à propos du bain d'argent, c'est de l'exposer au soleil quand on ne s'en sert pas. Ce qu'il faut, en effet, éviter dans le bain d'argent pour positifs, c'est la matière organique dont nous avons parlé, page 166, et qui se produit ici d'autant plus vite que le collodion que l'on emploie est plus décomposé. Tenir le bain d'argent très-légèrement acide et le conserver en pleins rayons solaires, favorise le dépôt de la matière organique. Cela est surtout nécessaire parce que le moindre voile sur l'épreuve en détruit la beauté.
§ 213. Le développateur. — Les épreuves positives sur collodion peuvent être divisées en deux classes : l'une ayant des blancs mats; l'autre ayant des blancs brillants et plus ou moins métallisés. Ces deux classes d'épreuves sont obtenues par des développateurs divers. Ainsi les épreuves à blancs mats sont développées rapidement avec une solution contenant beaucoup de fer. Les épreuves brillantes
Vieux collodion .
Coton-poudre . .
Éther ....
Alcool ....
lodure d'ammonium
100 cent, cubes.
1 gramme.
50 cent, cubes.
50 n 1 gramme.
Coton-poudre . .
Alcool à 840 . , , Éther à 620 . . .
lodure d'ammonium Bromure de cadmium
1 gramme.
50 cent, cubes.
1 gramme.
ÉPREUVES POSITIVES SUR COLLODION
sont, au contraire, développées avec une faible solution, rendue moins active encore, par l'addition d'acide nitrique. Voici les formules pour deux solutions types :
N*» 1. Pour lianes mats.
Sulfate de fer 6 grammes.
Eau 100 cent, cubes.
Acide acétique ordinaire 8 n
Alcool 6 r
Nitrate de potasse 1 gramme.
N" 2. Pour blancs hrillaiits et métalliques.
Sulfate de fer 2 1/2 grammes.
Eau . . 100 cent, cubes.
Acide acétique ordinaire 2 »
Alcool 3 n
Nitrate de potasse 1 gramme.
Solution de nitrate d'argent 1 cent. cube.
Acide nitrique 5 gouttes.
Dans ces formules, les sels solides sont pulvérisés et dissous dans l'eau, après quoi on ajoute les autres ingrédients. On fera bien attention de ne pas ajouter d'acide nitrique directement au sulfate de fer solide, car ce dernier serait oxydé et transformé en sulfate de peroxyde qui n'est pas un développateur.
L'effet des acides acétique et nitrique est de préserver les noirs et de rendre les blancs plus brillants. Le nitrate de potasse et le nitrate d'argent produisent aussi ce dernier effet. L'alcool est ajouté pour que la solution coule facilement sur la plaque sans se séparer de la surface et sans produire des taches graisseuses.
Les formules données ci-dessus ont été confirmées par la pratique ; la seconde surtout est à recommander.
L'exposition dans la chambre noire, en employant le développateur N° 2, doit être plus longue d'un cinquième qu'en employant le N'* 1.
Le développateur N*' 1 fait paraître l'épreuve beaucoup plus vite que le N'' 2. Il faudra donc surveiller avec plus de soin la venue de l'image. Aussitôt que tout a paru, on inonde la plaque d'eau. Il est important de faire ce lavage au moment juste, car la beauté des noirs en dépend souvent. Beaucoup d'opérateurs, en employant un développateur qui fait paraître l'image rapidement, donnent une exposition un peu plus longue qu'il ne faut, et arrêtent le développement par le lavage avant que l'image ait eu le temps de devenir grise. Cette pratique est fortement recommandable, mais elle exige de l'expérience.
PROCÉDÉS NÉGATIFS
Elle produit des images d'une couleur sale et verdâtre, quand le développateur N° 2 est employé.
Le dëveloppateur N'' 2 fait paraître lentement. En l'employant, il est nécessaire de donner un temps de pose exact et de développer jusqu'aux extrêmes limites.
§ 214. Le fixateur. — L'image, étant développée, est lavée à grande eau et fixée au cyanure de potassium (3 gr. par 100 d'eau), après quoi elle est de nouveau lavée avec soin et séchée spontanément ou à la lampe.
L'hyposulfite ne doit pas être employé pour cet usage, car il donne des blancs grisâtres (i).
L'image qui était à peine visible au sortir du bain de fer, empâtée | comme elle l'était par l'iodure d'argent en excès, se découvre complètement dans le cyanure.
Les épreuves positives sur verre sont d'une merveilleuse finesse, et, bien réussies, possèdent un aspect fort agréable.
§ 215. Vernissage. — Le vernis à employer, formé de 8 grammes de bitume de Judée dissous dans 100 cent, cubes de benzine, est \ versé, soit sur la couche, soit sur le côté opposé. Dans le premier cas, après le lavage au cyanure, la couche sera recouverte d'une solution aqueuse de gomme arabique, et, après dessication, du vernis au bitume que l'on y étend comme du collodion. — Sans la gomme, le vernis pénètre la couche, et donne à l'image une couleur grise, jl Au lieu de verres blancs, on fabrique exprès pour ce procédé des verres violets d'une couleur très-agréable. Ces verres colorés évitent j l'usage du vernis noir; mais, si l'on n'a que du verre blanc, il faut j bien y avoir recours. i
§ 216. Positives sur plaques de fer, toile cirée. — Les
épreuves positives peuvent se faire, non-seulement sur verre, mais encore sur des plaques de fer mince et léger, enduit d'un côté de gomme-laque; de l'autre, d'un vernis noir et brillant. Ce procédé, très-employé en Amérique, y a reçu le nom de Melainotyjpe. La plaque se nettoie comme le verre ordinaire et la méthode opératoire ne difi'ère en rien de la précédente, l'image est aussi moins sujette à s'effacer. Ces épreuves sont fort jolies et peuvent s'envoyer dans une lettre comme une carte de visite ordinaire.
(1) Quand on désire une couleur blanche bleuâtre, après le fixage et le lavage, on i immerge la glace dans une solution aqueuse de bichlorure de mercure à la dose de 2 pour cent. L'image y noircit d'abord, puis blanchit. On enlève le sel de mercure ! par l'eau. Les épreuves ainsi modifiées ont un ton froid fort peu agréable.
ÉPREUVES POSITIVES SUR COLLODION
Une épreuve sur verre peut être transportée sur toile cirée, mais il est bon de se servir d'un collodion un peu plus épais qu'à l'ordinaire, afin que la couche se détache plus facilement.
L'épreuve, au sortir du bain de lavage qui suit le cyanure, est im- I mergée dans une cuvette horizontale contenant de l'acide sulfurique i étendu de dix fois son poids d'eau. Au bout d'un certain temps, la couche se soulève. A cet instant, la glace est enlevée prudemment et mise à plat sur une table, après avoir été bien égouttée.
La toile cirée légèrement chauffée est appliquée sur la glace en frottant vivement avec la main sur le côté opposé afin d'en faciliter l'adhérence avec la couche. La toile cirée peut alors être enlevée, car la couche de collodion portant l'image est fixée à sa surface.