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SECTION IL — IMAGES POSITIVES PAR TRANSPARENCE SUR

COLLODION

§ 217. Procédé Poitevin. — Le collodion peut aussi donner des images positives par transparence et directement à la chambre noire. Déjà, en 1839 et en 1840, MM. Lassaigne etVérignon avaient donné des méthodes pour obtenir à la chambre noire des images positives sur papier. M. Poitevin (l) a suivi une marche analogue avec le collodion, mais ses indications nettes et claires donnent beaucoup plus de mérite à son procédé, que voici.

Une couche de collodion étendue sur le verre et sensibilisée à l'ordinaire, est exposée quelques secondes à l'action directe du jour, puis le nitrate d'argent est enlevé par l'eau pure. La glace bien égouttée est recouverte d'une solution de 3 gr. d'iodure de potassium par 100 d'eau. En cet état, elle est exposée à la chambre noire, en prenant au moins trois fois plus de pose qu'à l'ordinaire. La glace lavée à l'eau est développée à l'acide pyrogallique mélangé de nitrate d'argent. L'image, au lieu d'être négative, est positive par transparence.

Jusqu'ici, au point de vue théorique, aucune explication plausible n'a été donnée de ce procédé curieux.

M. De la Blanchère a remarqué que si, pendant le développement d'un cliché ordinaire, on donnait accès au jour dans le cabinet obscur, l'image négative devenait subitement positive. Ce fait a été souvent observé, mais de même que du procédé de M. Poitevin, aucune explication plausible n'en a été donnée.

(1) Bulletin de la Société française de PTiotograpUe, 1859.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

M. Sabatier a fait voir, de son côté, que si l'on arrête le développement d'un négatif ordinaire au moment où tous les détails ont paru, pour laver la glace à l'eau pure et la replonger dans le bain d'argent(A), l'acide pyrogallique appliqué de nouveau, développe une image positive, c'est-à-dire précisément inverse à l'image développée en premier lieu.

§ 218. Procédé au collodion-chlomre. — L'usage d'une émulsion de chlorure d'argent dans le collodion a été introduit dans l'usage de la photographie par M. Whartman Simpson, en 1866. Ce procédé, n'a pas attiré toute l'attention qu'il méritait. C'est que le collodionchlorure d'argent (comme on l'appelle) est d'une préparation assez délicate. Voici toutefois une formule dont l'auteur de cet ouvrage a eu fréquemment l'occasion d'éprouver la certitude.

I) Chlorure de magnésium cristallisé . . . 5 grammes. Alcool chaud à 90 centièmes 500 cent, cubes.

Filtrez après dissolution et laissez refroidir.

II) Solution précédente 100 cent, cubes.

Pyroxyle 3 grammes .

Éther à 66" Baumé 100 cent, cubes.

Le pyroxyle est d'abord introduit dans la solution L Puis le flacon est fortement agité, et l'éther ajouté par portions successives, en agitant chaque fois fortement.

Laissez déposer ce collodion 15 jours au moins. On peut en préparer plusieurs litres à l'avance, il se conserve bien.

III) Alcool à 90 centièmes 200 cent, cubes.

Eau chaude 8 grammes.

Nitrate d'argent fondu très-finement pulvérisé 8 ??

Dissolvez d'abord le nitrate d'argent dans l'eau chaude, puis ajoutez l'alcool par portions successives, et agitez. Filtrez, laissez refroidir et ajoutez :

Pyroxyle 6 grammes.

Éther 200 cent, cubes.

Quand le pyroxyle est immergé dans la solution alcoolique de nitrate d'argent, fermez le flacon et agitez-le vivement. Puis ajoutez l'éther par portions successives, et agitez chaque fois fortement.

Ce collodion, dit à ï argent, doit rester au repos huit jours avant de s'en servir. Il ne faut employer que la partie claire supérieure et non celle du fond. Même observation à propos du collodion de la formule IL

(1) Un bain alcalin paraît nécessaire pour produire cet effet.

ÉPREUVES POSITIVES SUR COLLODION

Il arrive fréquemment que le collodion à l'argent prend une teinte brune, mais cette couleur ne le rend pas mauvais.

IV) Acide citrique 18 grammes.

Eau bouillante 18 cent, cubes.

Alcool à 90 centièmes 162 »

Dissolvez d'abord l'acide citrique dans la quantité d'eau bouillante prescrite par la formule. Puis ajoutez l'alcool par portions successives et filtrez.

Ces quatre préparations étant faites, voici comment se prépare le collodion-chlorure d'argent.

Collodion (II) au chlorure de magnésium. . 200 cent, cubes.

Collodion (III) à l'argent 200 »

Agitez bien le mélange, puis ajoutez :

Solution (IV) d'acide citrique 4 cent, cubes.

Ammoniaque pure 8 gouttes.

Agitez de nouveau et avec force, et opérez dans un flacon en verre jaune, pour préserver l'émulsion de l'action de la lumière.

Le collodion-chlorure ainsi préparé présente, lorsqu'on l'examine par transparence, une teinte opaline, et n'a pas l'apparence laiteuse des collodions de la même espèce préparés par d'autres formules. Il est bon à l'usage dès le lendemain de sa préparation, et se conserve très-bien. Cependant au bout de quelques mois, il prend une apparence laiteuse, dépose du chlorure d'argent, et est alors hors d'usage.

Il est assez remarquable que le chlorure d'argent, corps insoluble dans le collodion, ne se précipite pas au fond du flacon lorsqu'on prépare le collodion-chlorure.

Les glaces bien nettoyées sont recouvertes du collodion-chlorure (l), comme à l'ordinaire. Mais il est indispensable de les recouvrir d'une couche préalable d'albumine comme nous le décrivons page 179. Après le collodionage, on les met à sécher j^lnsie%iTS heures dans un endroit obscur. Elles présentent un aspect très-légèrement opalin, et la couche semble si légère qu'on pourrait croire, à priori, que l'image que cette couche doit fournir sera sans vigueur. Il n'en est rien cependant.

(1) Ce collodion doit être étendu sur la glace avec une très-grande lenteur, sinon la couche est trop mince, et l'image sans vigueur. On peut même mettre la glace bien horizontalement sur un pied à caler, verser le collodion au milieu de la glace, le laisser s'étendre jusqu'aux bords et laisser la glace sécher spontanément dans la position horizontale. Des rides apparaissent quelquefois sur la couche sèche, mais elles disparaissent après le fixage.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

Les glaces sèches sont mises dans une boîte à rainures, et se conservent indéfiniment. En tous cas, elles doivent être absolument sèches pour fournir de bonnes images, ce que l'on reconnaît en frottant fortement avec le doigt sur un coin de la couche, qu'on ne doit pas pouvoir enlever, même par un frottement très-énergique.

Veut-on se servir d'une glace recouverte de collodion-chlorure, on doit préalablement la fumiger à l'ammoniaque. Pour cela, prenez Une boîte à rainures en bois (correspondant à la grandeur de votre glace), placez-la sur une table, les rainures étant horizontales. Sur le fond de la boîte, mettez un verre de montre contenant de 20 ou 30 grammes de carbonate d'ammoniaque en poudre très-fine mêlé d'un peu de chaux vive. Cette quantité est suffisante pour fumiger l'une après l'autre plusieurs douzaines de glaces.

La glace est introduite à son tour dans la boîte, la couche de collodion en regard du carbonate d'ammoniaque et à dix centimètres de distance. Puis la boîte est fermée, et l'on attend 5 minutes. La glace est sortie et doit alors recevoir immédiatement l'action de la lumière; pendant ce temps, on en fumigue une seconde.

L'action de la fumigation ammoniacale est surprenante. Sans elle l'image manque de vigueur, et se solarisei^) : les noirs, après avoir atteint une certaine vigueur, se métallisent en prenant une couleur olive lorsqu'on les examine par réflexion. Examinée par transparence, l'image, dans les noirs, atteint d'abord une certaine vigueur, puis cette vigueur se perd après une action subséquente de la lumière, et l'image offre un aspect tout à fait particulier, La fumigation ammoniacale évite cette solarisation.

Si l'on tient à conserver à l'image positive par transparence toute la netteté du négatif à copier, il faut procéder de la façon suivante. Sur la glace épaisse B du chàssis-presse ordinaire à ressorts ou à

vis, mettez le négatif à copier A sa couche au-dessus. Couvrez-le de ...u la elace C au collodion-chlorure, la couche en contact avec celle i du négatif à copier. Voici à présent ^, ^ le point important : découpez un

morceau de feutre épais D tout juste de la grandeur du négatif à copier et plutôt un peu plus petit, mais jamais joins grand. Puis mettez la planchette pliante E et fermez les ressorts FG du châssis.

(1) Dr D. V. MoNCKHOVEN, 1869, Phot. Correspondenz et Photog. Mittheil., tome 6, p. -^iS.

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ÉPREUVES POSITIVES SUR COLLODTON

Si vous opériez comme à l'ordinaire, avec un coussin de feutre ou de papier de la grandeur du châssis, comme on a l'habitude de le faire pour le tirage des épreuves positives sur papier, vous transporteriez la pression des ressorts sur les bords de la glace au collodion-chlorure. Alors celle-ci plie au milieu, et jamais l'image obtenue n'est nette. C'est pour cela que le coussin de feutre doit être juste de grandeur, et même un peu trop petit, pour transporter la pression (et le contact des surfaces de verre) au milieu des glaces et non sur leurs bords.

Le châssis est exposé au jour ou au soleil comme on le fait pour le papier albuminé. On suit la venue de l'image de la même façon, et comme nous le décrirons au chapitre des positifs sur papier. L'image est d'ailleurs très-vigoureuse. Quand on la juge d'une intensité suffisante, on la rapporte dans le cabinet noir pour la fixer. L'on peut attendre le soir, et opérer le fixage sur un grand nombre d'épreuves à la fois.

Pour le virage et le fixage préparez les deux bains suivants :

A) Eau distillée 1 litre.

Sulfocyanure d'ammonium 15 grammes.

Hyposulfite de soude 1 »

Versez-j après solution des substances solides, goutte à goutte, en agitant le mélange :

Chlorure d'or et de potassium ... 1 gramme, dissous préalablement dans .... 10 cent, cubes d'eau.

Le mélange est d'abord rouge, mais il se décolore au bout de 2 à 3 heures.

Ce bain de virage peut servir fort longtemps et pour un très-grand nombre de glaces.

£) Eau de pluie 1 litre.

Hyposulfite de soude 100 grammes.

Ce bain peut également servir au fixage d'un grand nombre de glaces.

Le positif sur verre, au sortir du châssis-presse, est immergé directement dans le bain de virage où on le laisse de 2 à 10 minutes suivant le ton plus ou moins bleu que l'on veut obtenir. En été, ce temps peut être réduit de moitié.

La glace est alors enlevée et immergée dans le bain fixateur B où on la laisse de 5 à 10 minutes. Puis elle est lavée avec la pissette ou sous le robinet d'une fontaine pendant un quart d'heure.

Finalement la glace est posée debout contre le mur, sa partie inférieure reposant sur un papier buvard, et cela jusqu'à ce qu'elle soit absolument sèche.

L'apparence de l'épreuve sèche varie du brun au bleu ardoise,

PROCÉDÉS NÉGATIFS

suivant que le virage a été plus ou moins énergique. En tous cas, ïimage est d'une admimUe transjparence, même dans les noirs, et éminemment ^propre aux agrandissements.

Les glaces n'ont pas besoin d'être vernies, car la couche de collodion est d'une ténacité surprenante, et tellement, qu'on a la plus grande peine à l'enlever, même avec un corps dur.

On peut ainsi faire de très-beaux positifs en transparence sur verre opale; positifs pour lanterne magique, épreuves stéréoscopiques, etc.

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