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CHAPITRE IIL

PROCÉDÉS OPÉRATOIRES

Acide sulfurique . . - .

Eau .......

Bichromate de potasse pulvérisé

30 cent, cubes.

30 grammes.

PROCÉDÉS OPÉRATOIRES

(fîg. 102) à large ouverture, dont le bouchon est muni d'un tube ouvert aux deux extrémités et dans lequel se trouve un mélange de rouge d'Angleterre et d'alcool de manière à en faire une bouillie peu épaisse.

Projetez sur la glace quelques gouttes de ce mélange, et à l'aide d'un tampon de papier de soie, ou mieux d'un mor- ^ ceau de vieux linge, nettojez-la en y traçant toujours jj une série de cercles que vous commencerez à l'un de ses '^^â^ angles pour finir à l'angle opposé.

Quand l'expérience vous aura appris que ce frottement est suffisant, enlevez le rouge avec un linge sec, ôtez la glace de la planchette, essuyez-la bien par derrière et sur les côtés ; puis placez-la sur un cahier de papier buvard, pour la frotter une derrière fois avec une peau de daim |îiy^ ou un linge parfaitement sec.

Une glace est bien nettoyée lorsque, condensant l'haleine à sa surface, il n'y apparaît ni lignes, ni points. Un peu de pratique en apprendra plus à ce sujet que tous les préceptes que nous pourrions donner.

§ 221. Albuminage des glaces. — Dan^ beaucoup d'ateliers,

on se borne à nettoyer les glaces au bichromate comme nous venons de l'indiquer, sans les polir au rouge. Mais on les recouvre, quand elles sont sèches, de :

Eau 4 parties.

Albumine battue en neige et décantée .... 1 r

Pour cela, la glace est mise de niveau, l'albumine versée dessus au milieu, et rapidement étendue sur toute la surface de la glace avec une bande de verre. Puis la glace est redressée, l'albumine s'écoule. Il n'en reste qu'une couche infiniment mince. La glace sèche est tout à fait propre, beaucoup plus que si elle était longuement polie au rouge. Cette méthode est très-avantageuse, surtout pour les glaces de grande dimension qui se nettoyent très-difficilement.

On peut d'ailleurs conserver ces glaces albuminées plusieurs mois. Il suffit de les épousseter pour qu'elles soient prêtes à recevoir la couche de collodion.

§ 222. Conservation des glaces nettoyées. — Vous placerez les glaces nettoyées dans une boîte à rainures e% zinc ou en fer-blanc (et non en bois, qui produit de la poussière) en n'oubliant pas de faire à l'extérieur de cette boîte une marque bien visible, et de placer de ce côté, le côté nettoyé des glaces. La boîte en zinc

PROCÉDÉS NÉGATIFS

sera bien ëpoussetëe à l'intérieur avant d'y mettre les glaces nettoyées; on la tiendra fermée, afin d'éviter la poussière.

Une glace ne peut pas être employée immédiatement après le nettoyage, parce qu'elle est électrisée et qu'elle retient alors fortement la poussière qui ne s'enlève pas, même en y passant un blaireau.

§ 223. Extension du collodion. — L'extension du collodion se fait dans le cabinet obscur, parce que la sensibilisation de la glace suit immédiatement. Cependant, ce n'est qu'au moment de la sensibilisation qu'il est nécessaire de fermer complètement le volet.

Le collodion est transvasé avec soin dans un flacon à large ouverture sans bec (fig. 103), ou bien avec bec (1) (fig. 104). Avant de prendre la glace hors de la boîte à rainures, on ouvre ce flacon, dont on essuie parfaitement le goulot.

La glace étant enlevée de la boîte à rainures en la prenant délicatement par un de ses angles, est essuyée légèrement du côté nettoyé à l'aide d'un blaireau à longues soies (~) pour chasser les poussières. Puis on procède à l'extension du collodion.

Fig. 103. Figrm. La glace ABCD (fig. 105) est tenue par

le coin D, et pour éviter l'action de la chaleur des doigts sur la couche de collodion, on interpose au-dessous une feuille épaisse de papier buvard, représenté sur notre figure par un carré pointillé.

Tenant de la main gauche le coin D de la glace (que l'on serre entre le pouce et l'index, le côté DC étant dirigé vers soi), on verse en x le

Fig. lOS. Fig. 106. Fig. 107.

collodion en quantité suffisante sur la glace tenue bien horizontalement. Le collodion s'étend en cercle et couvre les coins B et A. Puis la glace

(1) Ce flacon est quelquefois gradué pour reconnaître la quantité de collodion répandue sur la glace. j

(2) Conservez ce blaireau dans une boîte à couvercle, afin qu'il ne prenne pas la j poussière.

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est inclinée vers AD (fig. 106), puis vers BC (fig. 107), afin que le liquide s'étende bien sur toute la surface de la glace.

Relevant alors la glace verticalement (fig. 108), on laisse écouler le liquide en excès dans un flacon spécial (i). Il se forme dans la couche une série de stries verticales que l'on fait disparaître (^) en inclinant la glace comme le font voir les fig. 109 et 110.

La pratique seule peut enseigner le tour de main pour obtenir une

bonne couche; pour l'apprendre, il faut commencer par de petites glaces pour recourir ensuite à de plus grandes. Pour les glaces de 30 centimètres sur 40 et au delà, on appuie le centre de la glace sur un objet quelconque, une bouteille munie d'un bouchon de liège, par exemple, et on la dirige en la tenant par un angle(3).

Pour obtenir une bonne couche de collodion, il est nécessaire de verser en une fois la quantité nécessaire de collodion pour couvrir amplement la glace en laissant une minute entière le collodion sur celle-ci avant de la relever verticalement. Sinon la couche serait trop mince. C'est là un point très-important, car si la coticlie est trop mince, le meilleur collodion donne des négatifs gris, sans vigueur.

(1) On ne doit pas recueillir le collodion qui a couvert la glace dans le flacon d'où on vient de le verser. Il peut se trouver sur la glace des impuretés qui se mêlent au collodion et empêchent d'obtenir plus tard de bonnes épreuves. Le collodion provenant des excédants versés sur les glaces est, au bout de la journée, versé dans le flacon fig. 98, page 154.

(2) Si le collodion est un peu épais, ces rides ne disparaissent pas complètement. Avec certains coUodions ces rides sont même très-prononcées, mais elles disparaissent lorsque la couche est sèche, et ne font souvent aucun tort à l'image.

(3) Quelques opérateurs recouvrent de collodion les glaces de grande dimension en ouvrant la main et en laissant reposer la glace sur les extrémités des doigts. Ce moyen est mauvais, parce que des taches apparaissent après le développement précisément aux endroits où le contact des doigts a eu lieu.

Fig. 108.

Fig. 100.

Fig. 110.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

Si cette opération est bien faite il ne peut pas se perdre une goutte de collodion. Il faut éviter aussi que le collodion ne coule derrière la glace; mais si cela arrive, il ne faut l'essuyer qu'après la sensibilisation.

Le moment précis où la glace doit être plongée dans le bain d'argent se juge à son aspect, bien entendu quand on se sert de collodion avec excès d'étlier. La coîtcJie j^Tend un aspect mat (l'éther s'étant presque entièrement vaporisé) et condense de l'humidité à sa surface, à cause du froid produit par la rapide évaporation de l'éther. Le doigt apioliciuè sur la partie inférieure de la couclie ne doit pas y adhérer, mais y laisser une légère empreinte.

% 224. Sensibilisation de la couche de collodion. — La

cuvette verticale en verre est très-employée pour cet usage en Angleterre et en Amérique. En France et en Allemagne, on se sert exclusivement des cuvettes horizontales. Nous décrirons donc les deux méthodes.

La glace étant placée sur son support est plongée sans temps d'arrêt dans le bain d'argent où on la laisse un temps suffisant (1). Elle y blanchit lentement, l'iodure alcalin du collodion se transformant en iodure d'argent.

La couche doit blanchir lentement. Si elle blanchit trop vite (ce qui provient de ce que l'on a attendu trop longtemps pour la plonger dans le bain d'argent), elle manquera de sensibilité. Au contraire, la

glace étant plongée trop tôt dans le bain d'argent, la couche se divise par lambeaux.

L'usage de la cuvette verticale est excellent tant qu'il ne s'agit que de glaces de dimension moyenne, par exemple de 21 cent, sur 27 ; au delà, il est préférable de faire usage de la cuvette horizontale (fig. 111). Le bain est versé dans cette cuvette que l'on tient in-

Fig. 111. - Plonger la glace dans le bain d'argent, clinéc. TOUt IC llquldo S'amaSSC

alors d'un côté, et pour ce motif il est bon que les bords de la cuvette soient très-élevés ou munis d'un recouvrement. La glace est posée, la couche de collodion au-dessus, sur la partie du fond que n'atteint

(1) Il importe peu qu'elle y séjourne plusieurs minutes au delà du temps nécessaire. 11 n'en est pas de même de l'inverse.

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pas le liquide. On la retient de la main B avec le crochet i en baleine, de l'autre main A on élève la cuvette. Abaissant alors la glace, on la lâche dès qu'elle arrive en contact avec le liquide et d'un coup on rend la cuvette horizontale en abaissant la main A. Le liquide argentifère couvre ainsi d'un trait toute la glace.

Il est bon de toujours maintenir le crochet sous la glace ; car il peut arriver que, par quelque mouvement involontaire, le crochet ëraille la couche qui est très-fragile.

Quelle que soit la méthode employée, le plus important est de plonger la couche dans le bain sans temps arrêt, sinon il s'y forme des lignes qui gâtent l'épreuve. Ces lignes sont irrémédiables.

Si, après une immersion d'une minute, on relève la glace, on remarque qu'elle présente un aspect huileux, et qu'elle n'est pas mouillée d'une manière uniforme par l'azotate d'argent. Il se forme dans ce cas des veines liquides qu'il importe de faire disparaître, en la relevant et en l'abaissant dans le bain. Quand ces veines ont disparu et que le liquide coule uniformément à la surface de la glace, on l'enlève pour la laisser égoutter pendant quelques secondes dans une position verticale, sur des doubles de papier buvard; puis, la plaçant dans le châssis, on l'expose immédiatement à la lumière.

§ 225. État physique de la couche sensibilisée. — Certains collodions donnent des couches blanches, très-opaques, qui sont extrêmement sensibles. Mais on ne les obtient qu'avec les collodions épais, difficiles à étendre sur la glace. Ces couches sont à cause de cela, striées ou moutonnées, et souvent peu adhérentes à la glace, mais les images qu'elles fournissent sont très-douces et sans intensité.

D'autres collodions, très-fluides, quoique contenant la même proportion de coton-poudre que les précédents, donnent à la surface des glaces des couches très-unies qui, sensibilisées, sont légèrement bleuâtres quand on les compare aux précédentes, et beaucoup plus transparentes. Elles sont très-adhérentes aux glaces, et plus sensibles. Les images développées sur ces couches offrent une grande intensité.

Ces différences proviennent de la qualité du coton-poudre employé à la préparation du collodion. Voyez à cet égard ce que nous avons écrit pages 152 et 153.

§ 226. Recommandations pratiques.

P II est urgent de passer à la surface des bains un morceau de papier avant de s'en servir, afin d'en enlever les impuretés.

2° Le bain d'argent et la cuvette qui le contient, doivent se trouver dans une boîte munie d'un couvercle. Dès que la glace est immergée

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dans le bain d'argent, on ferme le couvercle, qu'on n'ouvre qu'au bout de 2 à 3 minutes pour dégraisser la glace en la relevant et l'abaissant plusieurs fois dans le bain. On évite ainsi les poussières dans le bain et l'action de la lumière diffuse sur la glace.

3° Avant de placer la glace dans un châssis qui n'a pas servi depuis longtemps, il faut ouvrir et refermer avec force la planchette pliante, afin d'en dégager la poussière.

4" On placera la glace dans le châssis, précisément dans le sens suivant lequel elle s'est égouttée. Par derrière on la couvrira d'un coussin formé de plusieurs doubles de papier buvard. On aura soin de porter le châssis fermé, dans l'atelier, en le tenant dans sa position primitive, afin que le nitrate s'accumule à la partie inférieure de la glace, où il est absorbé par le buvard.

§ 227. Conservation de la glace sensible. — Il est impossible de mettre plus de cinq minutes entre le moment où la glace sensibilisée est placée dans le châssis et le développement, sinon les images sont voilées. Si l'on attend dix minutes, le nitrate d'argent se concentre par révaporation et produit au développement des taches irrémédiables.

En été, cet inconvénient est même tel, qu'il est nécessaire de laisser la glace dans le bain d'argent jusqu'au moment précis de l'achèvement de la pose. Alors la glace, dès qu'elle est préparée, doit recevoir l'action de la lumière dans la chambre noire et revenir endéans les deux minutes dans le cabinet noir pour être développée, sinon l'image serait grise et voilée.

Le moyen le plus pratique pour préserver la glace de ces accidents, consiste à lui adosser par derrière un linge qui séjourne constamment dans de la glace pilée.

SECTION II. — DÉVELOPPEMENT ET FIXAGE DE l'iMAGE.

§ 228. Développement de l'image. — La glace étant enlevée du châssis (et tenue dans la position qu'on lui avait primitivement donnée), est essuyée à sa partie inférieure avec un papier buvard, afin d'enlever l'excès de nitrate qui causerait infailliblement des taches.

La couche ne présente aucune apparence d'image, mais on peut la faire apparaître en couvrant la surface impressionnée d'une solution de sulfate de fer. Pour cela, la glace est prise entre l'index et le pouce (fig. 53, page 100), et le sulfate de fer, préalablement placé dans une

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éproiivette à bec (fîg. 112) bien propre, est versé en une fois à sa surface en promenant l'éprouvette de gauche à droite pendant que l'on verse. La glace doit être inclinée comme le montre la tig. 53, de façon qu'elle soit complètement couverte et sans te7nps d'arrêt.

L'image apparaît lentement négative sur le fond blanc de la couclie. Avec les vieux collodions elle apparaît beaucoup plus vite qu'avec les collodions récemment préparés. Quand on relève la glace pour l'examiner par transparence, comme le montre la fig. 113, on peut juger de l'intensité de l'image développée. Si, par accident, il n'y avait plus assez de liquide développateur à la surface de la glace, on pourrait en verser une seconde fois, mais durant tout le temps du développement, il est essentiel de toujours imprimer à la glace un mouvement de bascule, si l'on ne veut pas voir des taches se produire sur l'image.

Quand on juge l'image suffisamment venue, on la lave avec la pissette que nous avons décrite page 101, ou sous le robinet d'une fontaine.

§ 229. Détails pratiques sur le développement. — Comme c'est du développement de l'image que dépend en grande partie la réussite de l'épreuve, nous devons en décrire minutieusement les détails.

C'est le sulfate de fer, mélangé au nitrate d'argent dont la couche de collodion est imprégnée, qui fait apparaître l'image latente formée par l'action de la lumière sur l'iodure d'argent. Or, si l'on mettait trop peu de ce réducteur dans l'éprouvette, le mélange avec le nitrate se ferait inégalement et des taches nombreuses en seraient la conséquence. Pour bien réussir, il faut verser rapidement sur la glace une nappe continue de réducteur plus que suffisante pour la laver, précisément comme le montre la fîg. 53, page 100.

Quand le sulfate de fer ne contient pas assez d'alcool, il ne mouille

Fig. 113. — Développer l'épreuve négative.

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pas la couche, et la solution versée sur la giace se divise en veines qui causent des marbrures noires irréparables. Le remède est simple : il suffit d'ajouter de l'alcool au sulfate de fer.

La quantité d'acide acétique que l'on ajoute au sulfate de fer influe sur les résultats, et plus on ajoute d'acide acétique, plus l'image vient lentement et plus on obtient une image vigoureuse.

En été, quand les images sont sujettes à se voiler, il faut doubler la quantité d'acide acétique indiquée par la formule de la page 167.

Si l'on versait le réducteur sur la glace en commençant par sa partie inférieure, comme le nitrate s'y trouve en excès, il- se produirait infailliblement des taches et c'est pour cette raison qu'il ne faut jamais oublier de tenir la glace, une fois la sensibilisation faite, précisément dans le sens suivant lequel l'égouttement s'est fait.

En opérant de cette manière, le développement marche uniformément, et on peut le suivre en redressant de temps à autre la glace, comme la figure 113 le fait voir. Si on juge le développement suffisant, la glace est lavée ; sinon, le liquide recueilli dans l'éprouvette est reversé sur la glace et le développement continue.

D'ordinaire, par une température moyenne, en une minute l'image est suffisamment venue, mais avec des collodions récemment préparés l'image vient plus lentement. D'autres fois en une demi-minute on doit déjà arrêter l'opération, sinon l'image serait trop noire. L'expérience seule peut ici guider l'opérateur.

Dès que la dissolution du sulfate de fer couvre la glace, le ciel et les parties fortement éclairées du modèle apparaissent sur le fond blanc d'iodure d'argent; quelques secondes après, les autres détails apparaissent à leur tour, et toute l'image prend de plus en plus de vigueur. Quand on n'a pas une longue expérience de cette opération, il est fort difficile de savoir à quel moment le réducteur doit être enlevé par l'eau. Mais si on le laissait trop longtemps l'image serait voilée.

§ 230. Fixage de l'image. — La glace est plongée dans une dissolution de cyanure de potassium jusqu'à ce que tout l'iodure d'argent soit enlevé, ce dont on juge par la disparition de la teinte jaune de la couche, en examinant la glace par derrière.

Le dos de la glace est alors nettoyé à la main, puis la glace est lavée à la pissette pendant 3 ou 4 minutes avec de l'eau ordinaire. On finit toujours par un dernier lavage à l'eau distillée, sinon les impuretés de l'eau pourraient tacher la couche. Enfin la glace est posée debout sur le support à glaces pour sécher.

Le cyanure doit être contenu dans une cuvette verticale afin d'offrir une petite surface d'évaporation à l'air, et de dégager le

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moins possible de vapeurs d'acide cyanhydrique dangereux à respirer. Beaucoup d'opérateurs versent le cyanure tà la surface de la couche à fixer, c'est une erreur qui est souvent fatale à leur santé.

§ 231. Influence du temps de pose. — L'appréciation du temps de pose constitue une des principales difficultés de la photographie. Quand un objet est fortement éclairé ou qu'il présente des couleurs bleues à côté de couleurs rouges, jaunes ou vertes, il faudra nécessairement augmenter le temps de pose, en vertu du principe que nous avons exposé page 167.

Néanmoins il y a une limite à Vexcès de la pose, comme à l'insuffisance de cette pose, et c'est après le fixage que l'on en juge.

Si la pose est trop courte, c'est à peine si les parties noires du cliché se développent et jamais dans les ombres on n'obtient de détails distincts. On a beau iwolonger V action du réductettr, Vimage ne tient 2)as. Dans ce cas, on doit recommencer une nouvelle épreuve.

Si, au contraire, il y a trop de pose, le cliché est rouge et uniforme [solansê)(})\ les noirs n'ont aucune vigueur et un voile gris couvre toutes les parties de l'image. Le développement s'opère aussi en fort peu de temps, et dans ce cas l'épreuve est encore à recommencer.

Nous ne saurions trop engager le lecteur à approfondir ce point de la pratique photographique, car c'est de sa connaissance plus ou moins parfaite que dépend en grande partie la valeur artistique des épreuves.

§ 232. Considérations préliminaires sur le renforeage du cliché. — Le simple développement au sulfate de fer fournit généralement des épreuves qui manquent d'intensité suffisante pour donner de beaux blancs à l'image positive sur papier. Cependant quelques collodinns fournissent des images négatives suffisamment intenses, qu'il ne faut pas renforcer du tout. Mais les bons collodions donnent des épreuves plus faibles, qu'il faut renforcer d'une quantité plus ou moins grande, car un cliché trop faible donne gris au tirage des épreuves positives.

L'appréciation de la quantité dont il faut renforcer un cliché constitue, tout autant que l'appréciation du temps de pose, une des plus grandes difficultés de la photographie, sinon la plus grande. Généralement, on renforce trop les clichés, de là des images dures, heurtées, et d'un aspect vulgaire.

Un clicM tTès-tmnsparent, au contraire, reproduit les moindres

(1) Voyez page 26.

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(leiïii-teintes du modèle. Ainsi, les robes blanches, qui ont la réputation d'être si difficiles à reproduire par la photographie, sont, au contraire, extrêmement faciles. Mais il ne. faut pas, dans ce cas, renforcer le négatif ou le renforcer très-légèrement.

§ 233. Renforçage du cliché au fer. — Quelques opérateurs, dans le but d'éviter le renforçage subséquent, opèrent de la façon suivante.

Le cliché est d'abord couvert de solution révélatrice au fer comme nous l'avons décrit, puis, l'image étant développée, on ne la lave pas du tout, mais on la recouvre de nouveau de solution neuve de fer, à laquelle on ajoute quelques gouttes d'acide acétique cristallisable et de solution d'argent à 2 7o.

Il est nécessaire, pour réussir, de verser d'abord le fer dans l'éprouvette, puis l'acide acétique et enfin l'argent. L'éprouvette est agitée rapidement de la main droite (pendant qu'on tient le cliché de la main gauche) et avant que le liquide ne se troulle^ on en couvre rapidement l'image.

Il est bon de recouvrir abondamment la couche de solution, qui opère alors un léger renforçage le plus souvent suffisant, si le cliché n'est pas voilé.

En tout cas, une fois l'effet produit, le cliché est fixé, lavé et séché. Ce nest que lorsqu'il est tout à fait sec qu'on juge lien exactement de sa valeur comme intensité.

Cette méthode de renforçage au fer, suivant immédiatement le développement, est excellente.

§ 234. Renforçage du cliché. — Le renforçage du cliché peut se faire en pleine lumière. On commence par vernir les bords (1) des clichés avec une solution de caoutchouc dans la benzine. A l'aide de la pissette, on lave alors le cliché. Quand la couche est bien mouillée, on la couvre de la solution d'acide pyrogallique dont nous avons donné la formule page 168, et on en recueille l'excès dans l'éprouvette même de laquelle on l'a versée. Ajoutant maintenant quelques gouttes (2)

(1) Ceci a pour but d'empêcher la couche de se soulever quand on la mouille, et d éviter que les liquides ne coulent sous la couche.

(2) Le compte-gouttes (fig. 114) est excellent pour cet objet. C'est une petite fiole B à tubulure a, terminée par une pointe effilée c. C'est de cette pointe que les gouttes s'écoulent. On s'en sert comme le montre la figure, en fermant l'ouverture a avec le doigt.

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de solution de nitrate d'argent à 2 % dans l'éprouvette que Ton agite de la main droite tout en tenant le cliché de la main gauche (voir encore fig. 113, page 185), on en recouvre le cliché auquel on imprime un mouvement de bascule, comme on le fait pendant le développement.

Dès que le liquide couvre la glace, l'image se renforce. Mais le renforçage marche tantôt rapidement, tantôt si lentement qu'il faut renouveler plusieurs fois le mélange d'acide pyrogallique et d'argent, en rejetant chaque fois ce dernier quand il brunit. Dans tous les cas, il est nécessaire de tenir compte du renforçage subséquent que subit la couche en séchant, et, dès lors, la prudence et surtout une grande habileté sont nécessaires pour produire des clichés irréprochables. Quand on juge le renforçage suffisant, le cliché est lavé et de nouveau fixé pendant quelques secondes au cyanure, parce que l'argent du renforçage reste plus ou moins dans* la couche et se réduit au contact du vernis. Sans ce dernier fixage le cliclié verni devient, avec le temps, heaiùcoup trop intense pour fournir de beaux positifs sur papier.

Au lieu d'acide pjrogallique, on peut encore se servir, pour renforcer le cliché, de la solution de sulfate de fer à l'acide tartrique (mélangée de nitrate d'argent). Voyez la formule page 168.

Le cliché, fixé après le renforçage, est lavé avec soin à l'eau claire, puis placé sur un support pour sécher, ou mieux contre le mur, sa partie inférieure reposant sur du papier buvard.

Quelques photographes recouvrent maintenant le cliché de gomme arabique, pour le préserver de l'action du vernis qui diminue un peu l'intensité. Cela est parfaitement inutile et même dangereux. Car, si le cliché prend l'humidité, la gomme, substance éminemment hygroscopique, se l'assimile, se gonfle, et soulève la couche de vernis. Alors le cliché est perdu.

Quand le cliché renforcé est sec, il est facile de juger de son intensité, si l'on en a l'habitude. Un cliché peut être excessivement léger, s'il a une couleur jaunâtre. Il doit être plus vigoureux s'il est bleuâtre. Mais il arrive, et fréquemment, qu'il est bleuâtre tant qu'il est mouillé, qu'il brunit en séchant, et que, dès lors, on s'est trompé au renforçage, qui est trop vigoureux. Dans ce cas, il sufiît de passer le cliché rapidement à travers une solution de :

Eau 1 litre.

Chlorure d'or 1 gramme.

il bleuit instantanément, et conserve cette couleur en séchant.

§ 235. Renforçage au bichlorure de mercure. — L'on a quelquefois besoin de clichés très-intenses par exemple, dans le cas de reproduction de dessins ou de gravures. Alors on fait bien de

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développer l'image au sulfate de fer additionné d'acide tartrique. Toutefois, voici une méthode de renforçage extrêmement énergique.

Le cliché (dont on a préalablement verni les bords s'il a séché après le développement) est d'abord mouillé à la pissette et plongé dans une solution saturée de bichlorure de mercure dans l'eau distillée. Le premier effet du bichlorure est de noircir l'image, mais, au bout de 2 à 3 minutes, celle-ci blanchit. Le cliché est lavé avec soin, et recouvert d'une solution de

sous l'influence de laquelle il noircit, et gagne énormément en opacité en séchant.

Il existe beaucoup d'autres méthodes de renforçage, mais nous croyons tout à fait inutile de les indiquer, celle que nous venons de décrire étant la meilleure.

§ 236. Enlèvement du voile des clichés. — Il est souvent nécessaire de débarrasser les clichés du voile qui les recouvre. Ce voile en lui-même, ne gâte pas le cliché, parce que, en renforçant énergiquement ce dernier, on peut toujours arriver à en corriger le caractère. Mais alors la retouche du cliché est impossible. Il vaut donc mieux enlever le voile du cliché, afin de le laisser très-transparent. Cette opération doit se faire après le fixage. Elle consiste à recouvrir le cliché de la solution suivante :

Cela se fait en plongeant la glace dans la solution, ou bien en versant cette dernière à la surface de la couche. Mais, dans ce dernier cas, le cliché est souvent attaqué à l'endroit où l'on a versé le liquide.

Au bout de quelques secondes (et quelquefois il faut plusieurs ! minutes), on voit le cliché s'éclaircir et diminuer légèrement d'in- | tensité. On arrête l'action simplement en lavant immédiatement la couche, qu'on peut alors soumettre au renforçage ou laisser sécher.

(1) Dissolvez d'abord le cyanure dans une petite quantité d'eau, puis ajoutez l'iode qui se dissout par l'agitation ; enfin mettez le restant de l'eau prescrite par la formule, puis filtrez. Cette solution sert fort longtemps. Si elle ronge trop, ajoutez lui simplement de l'eau. Si elle agit, après un certain temps d'usage, avec trop de lenteur, ajoutez-y de l'iode.

Eau

Bromure de potassium

100 grammes.

Eau

Cyanure de potassium (^) Iode

1 litre.

10 à 15 grammes.

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