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SECTION III. — ACHÈVEMENT DU CLICHE

§ 237. Vernissage. — Le vernis qui s'applique à chaud (voyez vernis, page 84) est celui qui convient le mieux.

Il s'applique lorsque la couche est sèche. On l'étend comme du collodion ordinaire à la surface de la glace très-légèrement chauffée ; puis, l'excès de vernis écoulé, le cliché est fortement chauffé au-dessus d'une flamme à gaz. On doit éviter que la couche ne s'enflamme.

Cette opération est assez délicate, car si la glace est trop froide, la couche de vernis, au lieu d'être transparente, se gèle; toutefois le cliché n'est pas gâté pour cela, mais il est moins résistant au frottement. C'est surtout pour les glaces de grande dimension que le vernis à la gomme-laque est difficile à étendre.

§ 238. Appareils propres à la retouche des clichés. — Il

est bon d'affecter un cabinet spécial à la retouche des clichés. Voici la disposition que l'on adopte généralement.

Dans le mur OP du cabinet, mur qui doit regarder en plein le nord pour éviter les rayons solaires, on perce une ouverture AB à un pied au-dessus du niveau du plancher FG.

Cette ouverture AB a une largeur de 120 centimètres et une hauteur d'un mètre. Elle est munie d'un châssis en bois contenant un verre d'une seule pièce.

A l'intérieur du cabinet, est disposé un châssis en bois CDE, présentant à sa partie supérieure CD, convenablement inclinée, une glace finement dépolie. Une glace étamée HI est placée à l'intérieur; de manière à réfléchir le jour extérieur sur la glace dépolie. Tout l'appareil est fait d'une telle manière, que le retoucheur puisse s'asseoir devant, ses genoux se plaçant sous le châssis DE.

Sur le verre dépoli CD se trouvent des cartons épais dans lesquels on découpe les dimensions diverses des clichés que l'on doit retoucher.

Généralement la dimension en largeur que l'on donne au pupitre à

Fig. 115. — Coupe du pupitre à retouches.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

retouches est un peu plus grande que 1 mètre, afin que deux retoucheurs puissent y prendre place l'un à côté de l'autre.

§ 239. Des ustensiles nécessaires à la retouche des clichés.

— La retouche des clichés se fait au crayon, ou bien au pinceau, et dans les bons ateliers de photographie à l'aide des deux à la fois.

Les crayons employés sont ceux de Faber. Les plus durs sont les meilleurs, et la pointe doit en être effilée avec soin. Le crayon sert surtout à la retouche des demi-teintes dans la figure.

Pour boucher les trous, placer des noirs sur le cliché qui se traduisent en blanc sur l'image positive sur papier, le carmi% pur, tel qu'on le trouve dans toutes les boîtes de couleur, est généralement employé.

Les pinceaux doivent être en blaireau, et extrêmement fins.

§ 240. Comment se fait la retouche. — Dans certains ateliers le cliché est d'abord gommé, et c'est sur la couche gommée que l'on retouche. Puis, pour protéger la retouche, on vernit le cliché gommé.

Cette méthode est mauvaise, parce que l'intensité de la retouche change complètement par l'action du vernis.

A Vienne, et notamment chez MM. Luckhardt, Angerer, Székély, etc., le cliché n'est pas gommé, mais simplement verni. C'est sur la couche de vernis que la retouche se fait.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce point : nous indiquerons immédiatement comment le cliché se retouche.

Il faut tout d'abord rejeter, pour vernir le cliché, tous les vernis tendres, tels que les vernis au benjoin, à la sandaraque, et même à l'ambre. Les vernis à la bonne gomme-laque sont les seuls bons. Ils prennent difficilement la retouche (i), il est vrai, mais cette retouche tient fortement, et le cliché ainsi verni peut supporter un nombreux tirage.

C'est avec la pointe effilée du crayon qu'il faut égaliser tous les défauts du cliché. On commence par une teinte légère en faisant avec le crayon des lignes dans un sens, on renforce la teinte en promenant

(1) On peut faciliter la retouche en frottant préalablement l'endroit à retoucher avec le vernis suivant :

On en imbibe légèrement une touffe de coton, et l'on rend l'endroit à retoucher localement mat. Alors le crayon prend avec facilité, bien entendu tant que la surface est collante. Une fois absolument sèche, le crayon prend de nouveau difficilement.

Toutefois ce moyen de faciliter la retouche des clichés n'est pas nécessaire, elle se fait très-bien sur la couche dure de vernis.

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PROCÉDÉS OPÉRATOIRES

le crayon dans un autre sens, et ainsi de suite. C'est surtout sur le visage que cette retouche se fait. On a ainsi le moyen d'adoucir les ombres trop dures, les rides, etc., simplement en passant plusieurs fois le crayon sur la partie correspondante du cliché.

Beaucoup de retoucheurs arrangent tant et si bien le cliché que le portrait est gâté au point de vue artistique. Et cela se conçoit. Pour bien retoucher un cliché, on ne doit effacer que les accidents de la figure comme le peintre le fait, et non point en dénaturer le caractère. Mais le retoucheur, qui entend rarement grand'chose au caractère anatomique d'une figure, efface tous les plis apparents du visage, sous le singulier prétexte d'en égaliser les teintes, de sorte que souvent toute la ressemblance est enlevée.

Nous devons donc donner aux photographes le conseil de retoucher les clichés le moins possible, s'ils veulent rester dans le vrai.

Les Itmières dans les robes, les accessoires, etc. se mettent au pinceau enduit de carmin.

Le reflet blanc dans les yeux s'enlève en grattant la couche de vernis au canif. C'est avec la pointe du canif que l'on produit les noirs aigus, que l'on atténue à l'aide du carmin, si c'est nécessaire.

§ 241. Renforçage local au collodion à l'aniline. — Quand les clichés sont très-transparents, de manière que les moindres détails dans les robes se reproduisent sur l'épreuve positive sur papier, la figure et les mains du modèle viennent si noires que le photographe pourrait croire son cliché perdu.

Dans du collodion simple, non ioduré,M.Luckhardt verse quelques gouttes de rouge à l'aniline (l), de manière à donner à ce collodion une teinte comme l'encre rouge. Il fait d'ailleurs plusieurs bouteilles de collodion de moins en moins rougis par l'aniline.

Cela étant, il juge de comhien il faut intensifier localement la figure et les mains (et souvent d'autres parties de l'image), et il choisit le collodion rouge convenable. Il le verse sur tout le dos de la glace, et il le laisse sécher un quart dlmire. Puis, avec un petit morceau de bois, il enlève le collodion, en ne laissant couvertes que la figure, les mains, et les autres parties qu'il veut protéger. Au bout de deux heures, ces parties rouges sont devenues dures.

La couche de collodion à l'aniline est transparente et très-égale.

On sait que les personnes dont la barbe ou les cheveux sont blonds, ou d'un blond rougeâtre, se plaignent toujours d'avoir la barbe ou les cheveux oioirs sur leur portrait photographique. Ceci n'a rien d'éton-

(1) Fuchsine dissoute dans l'alcool.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

nant, si l'on réfléchit que les teintes jaunes se traduisent en noir en photographie.

Or, si Ton couvre ces parties sur le dos du cliché de collodion rouge à l'aniline, elles viennent, sur le positif sur papier, beaucoup moins noires que si le cliché était imprimé sans la couche locale rouge.

Le photographe a donc, de cette manière, un moyen certain de corriger l'effet de la lumière, et s'il l'emploie convenablement, désormais les personnes blondes ou rousses ne se plaindront plus que la photographie les reproduit comme si elles avaient les cheveux bruns ou noirs.

§ 242. Renforçage local à l'aide du papier végétal ou d'un vernis mat. — Le collodion à l'aniline a le défaut de changer de couleur sous l'influence de la lumière : il devient beaucoup moins absorbant et perd ainsi de son eflet.

On le remplace avantageusement en couvrant le dos du cliché d'un vernis mat dont voici la formule :

En variant la dose de sandaraque le degré de dépoli de la couche de vernis varie. Ce vernis s'applique à froid, et sèche rapidement. La formule suivante convient encore :

La quantité- de benzine détermine la finesse du grain.

Il est facile avec la pointe d'un canif d'enlever le vernis là où l'on veut produire des noirs plus intenses sur le positif sur papier, et de retoucher au crayon ou à l'estompe, là où l'on veut produire des blancs sur ce même positif.

Pour les paysages, on peut même produire ainsi des eflets dégradés dans les ciels ou même y dessiner des nuages.

Pour les négatifs de grande dimension, on peut remplacer la couche de vernis mat par du papier végétal.

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Benzine .

Alcool . .

Sandaraque

de 13 à 30 grammes.

400 cent, cubes 50 »

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Ether. .

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18 grammes 4 „ 200 cent, cubes

de 50 à 150

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