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SECTION I. — PROCÉDÉS DIVERS

§ 243. Théorie du coUodion sec. — La solution de nitrate d'argent qui imprègne la couche de collodion sensibilisé se concentre en s'évaporant. Il s'y forme alors des cristaux d'iodo-nitrate d'argent (combinaison entre l'iodure d'argent et le nitrate de même métal), qui détruisent l'homogénéité de la couche. De là nécessité, si l'on veut conserver la couche de collodion sensibilisé, d'enlever par un lavage à l'eau l'excès de nitrate d'argent qui l'imbibe. La couche ainsi lavée, une fois sèche, est insensible à la lumière.

§ 244. Collodions préservés. — Les premiers procédés pour opérer à sec sur collodion ont été proposés par MM. Spiller et Crookes. Ils consistent, soit à introduire un sel déliquescent dans le bain d'argent, de manière que la glace reste humide au sortir de ce bain, soit à laver la glace après le bain d'argent et à la couvrir d'une dissolution d'azotate de magnésie.

Après l'exposition à la lumière, la couche d'azotate de magnésie est enlevée avec de l'eau distillée, et l'image développée avec un mélange d'acide pjrogallique et de nitrate d'argent. Le fixage a lieu de la manière ordinaire.

M. Schadbolt fit plus tard usage d'une dissolution d'une partie de bon miel dans trois parties d'eau.

M. Ziegler employa dans le même but un mucilage de graines de lin; MM. John Spiller et Crookes, la glycérine étendue de trois fois son volume d'eau ; le docteur Norris, la gélatine ; M. Maxwell-Lyte, la gomme arabique et la méta-gélatine ; M. Llelewyn, l'oxymel; M. Dupuis,la dextrine; en un mot, une grande quantité de substances, qui ne sont pas susceptibles de sécher ni de cristalliser, ont été proposées successivement. Mais tous ces procédés ne donnent que des collodions ^pTèsefcés.

§ 245. Procédé de l'abbé Despratz. — M. Despratz introduisit dans le collodion un demi pour cent de résine et s'aperçut qu'un tel collodion possédait la propriété de servir à sec après un simple lavage au sortir du bain d'argent. M. Despratz doit donc être considéré comme le premier auteur qui nous ait donné un vrai collodion sec. La théorie de son procédé est simple : il introduit dans le

PROCÉDÉS NÉGATIFS

collodion une substance (la résine) qui forme avec le nitrate d'argent une combinaison argentico-organique translucide analogue aux couches que donnent les vieux collodions. Aussi cette méthode estelle certaine.

Au lieu de résine, M. Dubosq a employé l'ambre; M. Hardwich, la glycirrhizine, etc.; mais au point de vue théorique, ces procédés ne dilFèrent pas de celui de M. Despratz.

§ 246. Procédé Taupenot. — Le procédé au collodion albuminé, indiqué en 1855 par M. Taupenot, ne doit pas être considéré comme un collodion sec, mais comme un nouveau procédé sur albumine, et nous n'en parlerons qu'au chapitre concernant les négatifs sur albumine.

§ 247. Procédé à la morphine de M. Bartholomew. — L'on se sert de collodion iodo-bromuré ou bromuré seul. Ce collodion est versé sur le verre, sensibilisé, lavé, puis recouvert plusieurs fois de

Eau 1 litre.

Acétate de morphine 4 grammes.

Cette solution peut servir plusieurs fois et jusqu'à épuisement; seulement elle se dilue par l'usage, et il faut la renforcer de temps à autre par l'addition de nouvel acétate de morphine.

Les glaces ainsi préparées ne se conservent avec leur exquise sensibilité que fort peu de jours, et il vaut mieux même s'en servir le lendemain ou le surlendemain de leur préparation.

En revanche, il est difficile de distinguer les clichés obtenus par ce procédé des clichés obtenus par la voie humide, tellement leur caractère est harmonieux et beau.

§ 248. Procédé de M. le major Russell. — Dans ces dernières années, M. Russell a publié une méthode de collodion sec si originale, si parfaite dans ses résultats, que nous la décrirons en détail. M. Russell couvre d'abord la glace de gélatine, puis de collodion que l'on sensibilise et qu'on lave comme dans tous les procédés secs. 11 recouvre alors la glace de tannin, pour la laisser sécher ensuite. Elle conserve ainsi sa sensibilité des mois entiers.

§ 249. Procédé Sutton(l). — M. Sutton fait un collodion au bromure seul qu'il sensibilise dans un bain d'argent à 20 7o. La couche est alors lavée et recouverte d'un vernis hygroscopique d'albumine, de glycérine et d'eau. En cet état elle conserve sa sensibilité au moins pendant un jour.

(l) Bulletin de la Société française ^hotograj^hique^ 1873 et 1874.

COLLODION SEC

Au développement, on enlève cette couche par un lavage. Ce développement se fait à l'acide pyrogallique alcalin comme nous le décrirons plus tard,

SECTION IL — PROCÉDÉ AU tannin(I).

§ 250. Préparation du verre. — On couvre les verres d'une couche préalable, afin d'augmenter Vadlièrence du collodion au verre. Or, comme dans les procédés à sec, le développement est généralement long et laborieux, cette adhérence doit être beaucoup plus considérable que dans le procédé au collodion humide.

La meilleure couche préservatrice est une solution de 2 grammes de caoutchouc naUirel dans 100 centimètres cubes de bonne benzine extraite du goudron et 50 cent, cubes de chloroforme. Ce liquide filtré est versé sur les glaces décapées et nettoyées comme à l'ordinaire. On procède comme lorsqu'on verse le collodion, et on laisse bien sécher la couche avant d'y étendre le collodion.

Ces glaces se conservent plusieurs mois dans les boîtes à rainures. Il est toujours bon de les essuyer avec un blaireau avant de s'en servir.

Au lieu de caoutchouc, on peut aussi se servir d'albumine diluée de 4 ou 5 fois son volume d'eau. La gélatine est moins à recommander pour cet objet que l'albumine ou le caoutchouc.

§ 261. Le collodion. — La pyroxiline à l'aide de laquelle on fait le collodion, destiné au procédé sec, doit être de la mrièté intense.

Le collodion pour le procédé sec doit contenir d'autant plus de bromure qu'on le veut plus rapide. On peut même se servir d'un collodion uniquement préparé au bromure à la condition d'adopter exclusivement le développement alcalin.

Formule I.

Pour le développement à l'acide pyrogallique et à l'argent, ou le développement alcalin suivi du développement à l'argent.

Alcool à 40» 500 cent, cubes.

Coton-poudre 20 grammes.

lodure de potassium-cadmium ... 8 »

Bromure de zinc 8 •>•>

Éther 500 cent, cubes.

Total . . Tlitre.

N. B. Le coton-poudre et l'iodure sont introduits dans l'alcool et fortement

(1) La plupart des opérations concernant ce procédé sec sont communes à tous les autres.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

agités. Puis on ajoute le bromure et une fraction de l'éther. On agite de nouveau, et on ajoute le reste de l'éther. Le flacon est fermé, et secoué fortement pendant plusieurs minutes.

Formule II.

Pour le développement alcalin, suivi, s'il est nécessaire, du développement à l'argent.

Alcool à 40° 500 cent, cubes.

Pyroxiline 20 grammes.

Bromure de zinc 20

Étlier 500 cent, cubes.

Total . . Tlitre.

Avant de se servir du collodion, il faut naturellement le laisser déposer au moins 15 jours, et même davantage.

§ 252. Sensibilisation des glaces. — La glace couverte de collodion étant plongée dans le bain d'argent doit y rester d'autant plus longtemps qu'elle contient plus de bromure. Tandis qu'une glace au collodion humide ne doit séjourner au maximum que 2 minutes dans le bain d'argent, une glace au collodion sec doit y séjourner au moins 7 minutes, et 10 minutes même si l'on se sert de collodion au bromure seul.

Pour éviter la lenteur de ce mode de sensibilisation, on retire la glace du bain dès que le liquide argentifère coule en nappe continue

à sa surface, et on la dépose sur une table horizontale, la couche en dessus, pendant 10 minutes.

Alors le liquide argentifère continue son action sur la couche.

L'expérience démontre que le bromure alcalin contenu dans le collodion se transforme beaucoup plus lentement en bromure d'argent que l'iodure. De là, la nécessité de l'opération précédente.

§ 263. Lavages. — Ils se feront d'abord en plaçant les glaces pendant quelques minutes dans une cuve comme le montre la fîg. 116, remplie d'eau de pluie. Après cela on les nettoie à la pissette.

Les lavages doivent être très-bien faits, surtout dans le procédé au tannin ordinaire (développement à l'argent). Mais ce lavage est beaucoup abrégé, si après la première eau de pluie on se sert d'eaux dures de fontaine.

§ 254. Application du tannin. — La glace recouverte de collodion, sensibilisée et lavée, comme il a été dit à l'alinéa pré-

COLLODION ISEC.

cèdent, est plongée dans une cuvette contenant une solution filtrée de :

Eau 1 litre.

Tannin . 50 grammes.

Alcool. . 50 cent, cubes.

Le tannin est d'abord dissous dans l'eau et filtré. Ce filtrage est parfois très-lent. Au liquide filtré on ajoute l'alcool, qui empêche la décomposition du tannin et lui permet de pénétrer plus facilement la couche de collodion.

La solution de tannin peut servir plusieurs fois et jusqu'à ce qu'elle soit épuisée. Mais il faut de temps à autre la renforcer par l'addition de nouveau tannin.

La glace, ayant séjourné 5 minutes dans le tannin, est ôtée de la cuvette et séchée comme il est dit à l'alinéa suivant.

§ 265. Séchage des glaces. — Après que les glaces sont lavées et recouvertes du tannin, il est dans l'usage de les placer contre le mur appuyées sur un buvard (fig. 117), la couche lavée regardant le mur. Mais cette méthode est mauvaise. Il est nécessaire que le dos de la glace regarde le mur, sinon un séchage inégal se produit, et occasionne des taches au développement.

Après ce séchage, il est indispensable de sécher complètement les glaces en les plaçant debout dans un coffre fermant hermétiquement, et contenant un plat couvert de chlorure de calcium en morceaux poreux. Ce point du procédé est très-important, car les glaces qui prennent l'humidité manqueront, plus tard, de sensibilité, et le développement en sera inégal.

Chauffer les glaces pour les bien sécher est pire encore que les employer humides.

§ 266. Exposition à la lumière. — Cette partie du procédé est la plus importante, car c'est de l'exactitude du temps de pose que dépend, non-seulement la beauté du cliché, mais surtout la faculté du développement.

Voici quelques données pratiques, la rapidité du collodion liiimide étant prise jjour unité :

1) Le procédé au tannin ordinaire est 8 fois plus lent ;

2) Le tannin (collodion bromuré seul et développement alcalin) : 3 fois plus lent. Il est bon d'étudier ses objectifs et de se servir d'un petit nombre

Fig. 117. — Séchage de la glace.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

de diaphragmes ; alors la pratique apprend à juger assez vite du temps de pose.

§ 257. Auréoles. — Pour éviter les auréoles, ou doubles contours dans l'image provenant de la réflexion de la lumière sur le dos de la glace, il est indispensable de peindre ce dernier avec une émulsion jaune de gomme-gutte dans l'eau, ou avec un vernis noir composé d'encre de chine, d'eau, d'un peu de miel et de gélatine.

Avant le développement, cette couleur noire est enlevée avec de l'eau tiède.

§ 258. Conservation des glaces sensibilisées. — Les glaces préparées au tannin et au collodion-bromure conservent des mois entiers leur sensibilité à la lumière.

Après l'exposition à la chambre noire, il faut développer aussi vite que possible, car l'impression s'elFace spontanément et souvent en 3 ou 4 jours. Cette impression s'efface totalement rien qu'en soumettant les glaces aux vapeurs de l'acide acétique. Elle se perd aussi très-vite sur les bords des glaces conservées dans des boîtes en bois.

Le mieux est de procéder au développement des glaces le soir même du jour où on les a exposées à la chambre noire, ou au plus tard, le lendemain.

§ 259. Opérations préalables au développement. — Ces

opérations consistent :

1° A recouvrir à l'aide d'un pinceau, les bords du cliché de vernis formé de 2 parties de caoutchouc dissous dans 100 gr. de benzine, de manière que la surface à développer soit entourée d'un cadre gras de 1 centimètre de largeur. Ceci a pour but d'empêcher les liquides de pénétrer entre la couche et la glace.

2'' Ce vernis étant sec, et cela a lieu en moins d'une minute, versez sur la couche un mélange de 1 partie d'alcool et de 1 partie d'eau. Puis enlevez immédiatement cet alcool par un lavage abondant à la pissette et à l'eau de pluie, jusqu'à ce que l'eau coule en nappe bien continue à la surface de la couche.

Cette opération a un double but : celui d'enlever le préservatif (tannin ou autre) et d'augmenter l'adhérence de la couche à la glace. Ce dernier effet est obtenu par l'alcool aqueux. Si on lavait la glace simplement à l'eau, cette adhérence serait beaucoup moindre.

3^ Enlevez en même temps la couche noire qui se trouve sur le dos de la glace.

La couche est maintenant prête à être développée.

COLLODION SEC

§ 260. Développement ordinaire à Targent. — Préparez d'abord les solutions filtrées suivantes :

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